ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. ^.^6/. 2.^. ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. SEANCE PUBLIQUE DU 20 AOUT iSzS, ?^ ■>:■* DIJON, 'FRA?,TIN , IMPRIMEUR DU ROI ET DE L' ACADEMIE. 1825. ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET BELLES-LETTRES DE DIJON. SEANCE rUBLIQUE DU 20 AOUT l825. vr^-*>.rvr»/'>rvrvr^.rvr jyi* Earbier DE Reulle, President a la Cour royale de Dijon , Chevalier de la Legion d'lionneiir, President de i' Academic, ouvre la seance et dit : Messieurs, Lorsque cliaque annee I'Academie ouTre a ses concitoyens les portes du temple des Muses, tout ce que I'Eglise, la Magistrature et le Barreau ont de plus eminent et de plus distingue se presse dans cette enceinte pleine (6) de tart cle souvenirs. Des militalres qui ont ajoute de nouveaux tropliees a ceux cle notre antique Monarchle augmentent I'eclat de cette brillante reunion. L'elite entiere d*une cite eclalree semble se rennir ici pour y ren- clre un culte de respect aux homines qui ont lionore la patrie. Fiers d'etre Fran<^ais et d'appartenir a no- tre noble province , les habitans d*une vllle ini^enieuse conteinplent avec orgueil ces bus- ies, monumens d*une immortelle illustration. Ah! si ma foible voix, si cette voix qui sol- ^ iicite , Messieurs , toute votre indulgence , pouvoit celebrer dignement les grands hom- ines qui nous entourent, s'ilsdaignoientfaire 3 ) La po^sle lyrique, cet elan du genie qui le transporte et I'eleve jusqu'aux spheres ce- lestes, ces chants consacres a la Religion et k la gloii^e , devenus des chants d'impiete et de delire, ne celebrolent plus que la licence, n'inspiroient plus que la fureur. Qu'a-t-on besoin de savans ? s'ecrierent d'autres Omars en condamnant Lagrange a Tostracisme, en conduisant Lavoisier al'echa- faud.... Les sciences alors meprisees etpour- suivies se couvrirent d'un voile de deuil j elles se turent jusqu'a des temps meilleurs. Pardonnez , Messieurs, si j'ai cru devoir remettre sous vos yeux ce triste naufrage de la civilisation et des lettres. Mais j'avois a de- montrer que celles-ci sont toujours en raisou de la situation morale et politique des peu- ples , et qu'elles suivent toutes les phases de leur perfectionnement ou de leur decadence. Pour appuyer cette verite , il est en eff et di- gne de remarque qu'apres la longue et I'unes- te absence de la Religion et de la royaute, lorsque la France fut enfln ramenee a une sorte d'ordre par lalassitude du malheur et a la soumission par la force, cette lueur de raison, cette aurorede jours pluscalmes fut I'epoque heureuse du premier ouvrage digne d'eloge qui depuis long - temps eut paru. Eclatant _ ( i4 ) coinme I'lris ce signe de reconciliation , le Genie du Christianisme s'of frit a notre ad- mirationjet sous la plume d'un eloquentecri- valn , la Religion de nos peres , telle que sou divin Auteur , sembla sortir du tombeau. II appartenoit au talent de M. de Chateau- briant de consoler cette vierge eploree, de la venger des outrages de quelques insenses qui affectoient de lui preferer les absurdes folies dupolytheisme : nouveauxJidiensquiosoient representer le Christianisme comme une secte intolerante , un fanatlsnie obscur, incapable de donner du mouvement a la pensee et d'ex- citer aux grandes actions ; tandis que dans les sciences, les lettres et les beaux-arts, il est le type des sentimens eleves, la source des inspirations sublimes , comme dans la vie so- ciale ou privee , des plus nobles devouemens et des plus genereux sacrifices. Sous le rapport du style de ce bel ouvrage , qui ne sait qu'on a fait un reproche a son auteur d'avoir mis trop de couleur etde poe- sie dans un sujet grave et severe? Mais cette critique etoit-elle done fondee?Avoit-on bieii considere que le but de cet ouvrage etant de faire ressortir les beautes du Christianisme et d'en inspirer I'amour , cetoit par la grace des formes etpar d'innocentes seductions qu'il (i5) fallolt attaquer rindifference et saisir le sen- timent; qu'au temps ou il fut ecrit il falloit, pour le f'aire gouter a des hommes tout k la fois incredules et legers , semer de fleurs la route du sanctuaire, et, si j'ose m'exprimer ainsi, leur offrir la manne celeste dans un Tase d'or ? Honneur done au noble Pair egalemenc enflamme de I'amour de la Religion , de la patrie et de la royaute. Qu'il soit loue d'avoir le premier releve I'arche sainte. Mais en lui of'frant ce juste tribut de notre admiration , ne nous dissimulons point que sous le rap- port du style son ecole ol'lie des dangers. Nourrie de la lecture des Anclens et des beau- tes sublimes de I'Ecriture, Tame ardente et sensible de M. de Cliateaubriant, I'elevation de son genie et I'erainence de son talent, auto- risent cliez lui des liardiesses qui presque tou- jours pour ses imitateurs ne sont que des te- nierites. II fautles ailes de I'aigle pour s'ele- ver a tant de hauteur; et c'est ainsi que, laute de mesurer leurs forces, tant d'ecrivains se- duits par les ricliesses d'une prose poetique sont tombes dans le vague et I'aflectation ,et qu'ils ont substitue Temphase et I'enflure k I'elegante et noble simplicite qui distinguent les ecrivains du dlx-septieme siecle. (>6) Si rambltion d'imiter I'auteur d'Attala a pu egarer quelques-uns de nos prosateurs, il existe encore d'autres causes qui nous ont eloignes de ce naturel , de cette clarte et de cette noble simplicite , caractere du bel age des lettres en France. On les reconnoitroit, je crois, dans le faux gout qui domina pendant les dernieres annees du siecle de Louis XV, etdontla Revolution futle complementj dans I'attraitdela nouveautesi contagieux en Fran- ce , et dans I'Jnvasion de la litterature etran- gere qui y a introduit le genre romantique donttantd'ecrivainssesontmalheureusement enthousiasmes. Pour quelques-uns deces poe- tes, leDieu de laluiniere,Apolion,avieilli,et ie chantremelancoliquede Fingalestaujour- d'liui leur inspirateur. Mais vaporeux com- me les ombres qu'ils evoquent et poursuivent dans le vague des airs, leurs vers, quelle qu'en soit I'harmonie, ne sont souvent quefroidset obscurs, ils etonnent sans emouvoirj on peut en admirer Tartifice , mais cette ideologic ca- dencee ne laisse rien pour la raison et pour le coeur. Toutefols , Messieurs , malgr^ ces heresies litteraires, il n'est pas moins certain , et nous almons a le dire, que nous devons au retour de ixos Rois , u leurs yertus ainsi qu'a. leurs ( '7 ) institutions un grand noinbre d'ecrivains re- marquables qui presque tous devoues aux sai- nes doctrines se pressentdanslacarrlereetsui- vent une sage et meine direction : gages pour I'avenir deTentiere restauration deslettres qui cliaque jour s'ameliorent avec les progres de I'ordre social 3 contraste lieureuxde notresie- cle avec celui qui I'a precede. Loin denons cependant,loinde notre pen- see d'attaquer aucune memoire et d'appeler Tanatheme sur tant d'auteurs qui nous ont trop long-temps egares. Comblen de remords n'auroient-ils pas eprouves s'ils eussent con- temple les deplorables ef'fets de leurs funes- tes ouvrages! Pourquoi d'ailleurs les rappe- ler ? Nombre d'entre eux ont ecrit sur le sa- ble : oublies et bannis de nos bibliotheques, leur mediocrite et I'ennui qu'ils inspirent sont de puissans antidotes. Laissons done en paix ces ombres vulgalres. Quant aux ecrlvains coupables dont la memoire a survecu , justes envers le talent nousreconnoitrons qu'ils nous font admirer de tres belles pages dans de per- nicieuses collections; qu'ils offrent des mo- deles d'invention , de gout , de style et de cri- tique lorsqu'ils ne sont pas saisis du delire de rimpiete ou de la fievre de la revoke, lors- qu'ils n'affectent point le cynisme et rimmo- ( i8 ) rallte. Mais en est-on mollis k craindre pour ii'etre pas ton jours crlminel? Quelques beau- tes que renfermentleurs ouvrages, peuvent- elles en compenser le danger ? Ne les abor- dons qu'avec choix et prudence, defendons- nous de leur seduction et craignons conime Ulysse le chant de la Syren e. Mais en nous bornant ici a deplorer les abus de Tesprit, les erreurs du jugement et trop souvent peut- etre les f'autes du coeur , demeurons a jamais convaincus qu'en depit des nombreuses re- iinpressions que lesrestesd'un parti s'efforcent de reproduire , la posterite impartiale et se- vere reprouvera ces funestes ouvrages et re- I'usera a leurs auteurs I'encens coupabledont leurs contemporains se sontplus a les enivrer, Ce n'est done point ainsi que Ton doit as- pirer a. la celebrite : elie ne s'attaclie solide- ment qu'aux bons et utiles ouvrages j on ne I'atteint que par de constans efforts, par le choix, Timportance, I'interet du sujet , la sagesse des principes et la purete de la dic- tion. S'il pouvoit m'etre permis d'adresser quel- ques conseils , je dirois aux jeunes poetes : "Voulez-vous etre places au temple de nie- moire? Homere et Viroile orneiit son sane- tuaire 5 efforcez-vous d'en approcher. Leurs ( '9) chants ont inspire le Tasse , Milton , Le Ca- moens. Pourquoi les Muses fran^aises se- roient-elles seules exclues de la gloire epique ? Deja dans la Henriade nous les avons vues preluder. Choisissez , comme les grands maitres , des sujets hero'iques et religleux^ de tout temps la poesie fut consacree a la Religion. C'est ainsi que le Parnasse est pres de rOlympe et que les Grecs plac^rent les Muses aupres des Dieux. II est dans I'ame de riiomme une idee predominante , soit que dans ses croyances religieuses I'erreur I'egare ou la verite I'e- claire ; c'est qu'il ne peut rien de veritable- ment grand , sans le secours et le concours d'un ^tre superieur. Aussi voit-on qu'un des principaux ressorts de I'epopee, fut et sera toujours la Religion. Mais descendus de ces hauteurs ou crai- gnant de les aborder , peut-^tre pref erez- vous cueillir quelques fleurs sur les bords du Permesse. Heureux alors d'y rencontrer les Graces, suivez leurs pas, melez-vous aleurs jeux ; raais toujours sachez les respecter : elles sontchastes, elles sont vierges; n'effarouchez point leurpudeur. Dans votre amour pour les horames aspirez- Yous k les rendre plus heureux et meilleurs? ( 20 ) Gardez-vous de Tesprit de syst^ine. Ce mot seul doit insplrer la defiance : car dans sa veritable acception ,loin d'exprimer tine idee positive, il ne signilie que la presomption d'liii etat de clioses moins imparl'ait que Ton pretend essayer : or , en morale comme en politique tout essai a ses dangers. II est des principes sacres qui doivent rester in varia- bles, des lois que Ton doit suivre, des con- ditions et des "hierarchies qui, dans un Etat bien ordonne , doivent etre reconnueset res- pectees. C'est sur ces bases que sont assises la Religion et la patrie : ebranler ces f'onde- mens, c'est vouloir renverser I'une et I'autre. Seroit-ce que saisissant le burin de I'histbi- re , vous pretendez en retracer les fairs, en rappeler les legons? Que votre style soit pur, elegant et rapide 5 mais sur-tout soyez vrais. La verite est tout k la fois la conscience de I'historien et I'ame de I'histoire. N'en alterez jamais I'esprit par des applications vicieuses , des reflexions malignes , des inductions per- fides; mais que sobres dans vos reflexions, elles soient tonjours saines et judicieuses. C'est ainsi que vos lecteurs obtiendront de I'histoire tout le fruit qu'ils ont le droit d'en attendre. A^oulez-vous rccueillir des suffrages flat- ( 21 ) teurs et laisser apres vous d'honorables ves- tiges ? Ne vous contentez point de parler seiilement a riinagination et a i'esprit ; mais efforcez-vous d'arriver jusqu'a I'ame. C'est la qu'il vous faut penetrer pour y iixer des sentimens durables. Enfifi je dirois a tous : De quelque nature que soit votre talent , n'eu faites jamais qu'un salutaire usage. Courage , jeunes ecrivains : tout ce qui est bon n'est point dit encore j tout ce qui est bon a besoin d'etre repete. J'ai cherche, autant que ma foible voix pouvoit me le per- mettre , a exciter votre emulation en vous oflrant de grands modelcs ; je me suis efforce de vousetre utile en vous signalantceux que vous devez eviter. Je sais qu'en pla<^ant sous vos yeux tant d'objets digues de votre culte , en interessant pres de vous les sciences et les lettres, en par- lant ainsi a votre esprit et a votre coeur, on doit en obtenir les plus lieureux resultats. Car , comme le dit si bien le bon et estimable Bernardin de Saint-Pierre , cc Si dans V-j^e viril la vertu est souvent le fruit de la rai- son, dans la jeunesse elle est toujours celui du sentiment. » Espoir de notre avenir , vous pour qui je ( 22 ) me sills plu a tracer ces lignes , ah ! ne perdez point, ne consumez point vos beaux jours dans de vains plaisirs et dans une inutile oisi- vete ! Cultivez vos talens, agrandissez vos connoissances , consacrez-vous a la gloire. La Religion et la morale , les sciences , les lettrcs , les beaux-arts , vous en offrent les palmes. Hatez - vous de les meriter. Conti- nuez a votre pays le liaut degre d'estime dont il jouit atant de titres. Mais, souffrez que je le repete : pour obtenir ce noble succes, que la sagesse soit votre guide, la vertu votre mobile , et I'etude votre moyen. Apres le discours de M. le President, le Secretaire a dit : Messieurs, L'Academiea toujours attache le plus grand prix a pouvoir cha jue annee , conformement ason reglement, rendre compte deses travaux au sein d'une reunion aussi brillante , aussi eclairee et qui a tant de droits a sa recon- iioissance. Si depuls deux ans elle a ete pri- vee de cet avantage, que Ton n'en attribue point la cause iun ralentissement de z^le et d'activite. Toujours penetree du but de son institution, toujours fidele aux principes dont ( 23 ) €lle s'honore et aux doctrines litteraires les plus saines, tou jours passionnee pour tout ce qui tend a developper, accroitre et enri- chir le domaine des sciences, des lettres et des arts; T Academic a continue ses travaux avec autant d'ardeur que d'exactitude j mais des circonstances imprevues i'ont forcee de differer jusqu'a ce jour a vous en I'aire part. D'un cote, I'on sait que les palnies decernees aux vainqueurs dans les concours quel'Aca- demie propose , sont I'un des plus beaux or- nemens de ses seances publiques; malheu- reusement elle I'ut obligee en 1824 d'ens:a, Tel est le recit de M. Dnrande, et telle est Tune des principales causes qui ont fait dif'fe- rer la seance publique. L' Academic, apres avoir, par I'organe de son President, paye le tribut de ses re- grets a la perte d'un si bon Roi , et presente riiommage de ses felicitations a son digne Successeur , a repris le cours de ses travaux, et les a continues jusqu'ace jour. Le compte qui va en etre rendu offVira le resultat de tout ce qui a occupe I'Academie depuis le 20 aout 1823, epoque ou Tanalyse des travaux precedens vous a ete soumise. Ce compte est divise en deux parties distinc- tes : I'une regarde les sciences , et I'autre les lettres. COMPTE RENDU DES TRAVAUX > DE L ACADEMIE DES SCIENCES, ARTS ET EELEES-XETTRES DE DJJON. PARTIE DES SCIENCES. AKNEES 1824 ET 1^2.5, r.EDACTEUR, M. VALLOT, DOCTECR MEDECIK. M ESSIEURS , L'Academie , en puLliant le resultat de ses travaux , acquitte line partie de la dette qu'elle a contractee dans I'interet de la scien- ce , et pour I'utilite de ses concitoyens 5 leur approbation sera sa plus douce recompense. De mon cote si j'ai accepte de I'Academle riionorable mission de rediger la notice de ses travaux pour la partie des sciences , c'est que j'ai moins consulte mes talens que mon zele. Heureux si mes estimables confreres ne jugent pas mes efforts indignes de leur fcienveillant accueil I ( 27 ) AGRICULTURE. L'importance bien connue de Tagiiculture et la protection speciale que lui accorde le Gouyernement, nous engageront a presenter d'abord une esquisse des travaux de la Com- mission permanente qui s'occupe de cette partie. La Commission, consulteepar M. le Prefet sur la nature et le produit des recoltes du Departement, s'est empressee chaque annee de transmettre a cet administrateur tons les renseignemens qu'elle a pu recueillir a cet egard, soit par elle-meme, soit aupres des agriculteurspris liors de son sein. En general il est resulte de ces renseignemens, que le bas prix des cereales, suite necessaire de leur abondance, continue a menaccr les cultiva- teurs d'une diminution progressive dans leur revenu. Cette grave consideration commande la recherche de nouveaux debouches , de nouvelles consommations des cereales , et SLir-tout I'introduction de nouvelles cultures. Illz sec. Pour contribuer a remplir ce but, la Coin- mission d'agriculture a fait demander an ( ^'8 ) jardin dii Roi, et en a re^u des graines de di verses varietes de riz sec des nioiita2;nes d'Himala dans le Napoul j mais, par snite dii retard mis a. cet envoi , les grains n'ont pu parvenir a leur maturitc, malf-re tons les soins qu'on lenr a donnes. Un parcil envoi, fait par la Societe d*encouragement de Lon- dres, n'a pas f'ourni de resnltatsplus lienreux; et nous savons que des I'annee 1774? I'Aca- demie avoitregude M. Bouillet, du rizblanc, qui n'avolt pasiionplusi'eussl. La Societe cen- trale d'agricultnre du departement de laSeine- Inferieure n'a pas ete plus lieureuse ( Seance puhUque du 3o mai 1821 ) : et celle de Ver- sailles annonce que ce riz donne des produits moins avantagcux que celui cultive par irri- gation. {Memolres 1820/7. 97.) Nousferons observer a cette occasion que le riz cultive par notre Commission d'agricultnre n'etoit point Tepeautre, triticiunspelta, Linn., prone ces annees dernieres , comme riz sec de la Cochinchine ct sur lequei M. de Saint-Araans a public une notice tres curie use. Vavot. An mois d'avril 1820 , M. Tilloy , pharma- cien, a communique a i'Acadcmie, un pro- ( 29 ) Cede par leqiiel il a retire, des capsules seclies de pavots, de ropiumetde Ja morphine tres purs 5 aucun cliimiste, avant lui,n'avoit pu en isoler ce dernier principe. M. Tilloy, mem- Lre de la Commission centrale d'agriculture du departement de la Cote-d'Or, se propose de continuer ses recherches sur les pavots cultives dans ie terrain que cette Commis- sion a loue , soit pour f'aire de nouveaux essais d'agriculture • soit pour repeter les di- verses experiences qui peuvent tendre au perl'ectionnement de I'agriculture dans le Departement. Culture de la Gaude et du "Pastel. M. Guichard a fixe I'attention de la Com- mission sur les avantages , qui resulteroient pour notre Departement, de la culture de la Gaude et du Pastel ,plantes tinctoriales, dont le produit dedommageroit amplement les cultivateurs,des legeres avances qu'ils seroient forces de f'aire. Le has prix de nos grains en- gagcra sans doute quelques-uns de nos pro- prietaires a essayer la culture de ces plantes sur line eclieile assez grande pour qu'on puisse avoir des donnees exactes sur les be- nefices qu'elles promettent. ' (3o ) Greffe de la vigne. On salt generalement que la vigne,renou- velee par la methode ordinaire (la plantation), n'est en plein rapport qu'^ la 6^ ou la 7^ an- nee. Frappes de cet inconvenient, plusieurs agriculteurs ont cherche des moyens de re- nouvelieinent,qiii missent plus promptement la vigne a fruit. La greffe atteint parfaite- ment ce but : pratiquee dans le Medoc, mais jusqu'a present inconnue ou inusitee en Bour- gogne , elle y a ete introduite , il y a peu d'annees , par notre confrere M. Bonnet, dont I'Academie de Dijon deplore la perte r^cente. Les essais de cet industrieux a«^ri- culteur ont eu lieu dans une de ses vignes de Brochon, et ont eu le succes le plus com- plet. Par cette methode, que plusieurs pro- prietaires de la Cote Dijonnaise commencent a adopter , on a non-seulement I'avantage de jouir des la premiere annee, mais encore celui de pouvoir substituer a un plant de mauvaise qualite , un plant de qualite supe- rieure. M. Bonnet avoit essayc plusieurs methodes de greffer, a I'effet de s'assurer de celle qui offroit le plus d'avantages ; mais nous n'en connoissons paslesresultats.llseroit blen im- portant pour notre pays qu'un proprictaire A (3i ) de vignes intelligent , voulut bien reprendre ces experiences utiles. Oles de Toulouse, La Commission a essaye d'introduire, dans notre departement,la race d'oies des environs de Toulouse, d'Agen, etc., variete qui se recommande par sa grosseur , la delicatesse de sa chair et Tabondance de sa graisse. Elle a eula satisfaction d'avoir vu reussir plusieurs des oeufs qu'elle avoit fait venir, et d'ap- prendre que son exemple a ete suivi par un asriculteur des environs delaville. Poudre anti-cjiarbonneuse . Le deslr manlfeste par les agriculteurs , de prevenir, dans la culture des cereales, le developpement des cryptogames parasites intestinales, qui les alterent si fortement, a stiniule la cupidite de plusieurs droguistes. Une poudre dite anti-charbonneuse , par M. Nicolet son inventeur, a ete soumise a I'examen de la Commission : elle n'a pu en fixer les suffrages 5 en effet, cette poudre , d'apres I'analyse qui en a ete faite , n'est qu'une modification de celle deja reduite a sa juste valeur par la Commission i^Seajice pu- blique 1619, /?. 22). (32) Mazars. Chaque annee cle nombreux insectes de- vastent nos vergers : parmi les plus redou- tables on doit distingiier ceux designes en Bourgogne sous le nom de mazars ( man- geurs).Quelquesauteurs(tels que Beguillet , OEn o logie, p. 199;Fre]viiet, Moyens de dim /- nuer le ver appele vulgairement inazar ) , qui en ont parle, croient avec le vulgaire qu'il n'y en a qu'une espece , et I'attribuent aux mauvais ventsj tantot au Sud-ouest,tant6t hlai moLseure ou lai mazoure , c'est-a-dire, anNord-ouest.Mais 11 suffit de suivre ledeve- loppement des larves, toujours cachees, soit dans les boutons a fruit, soit dans les feuilles roulees , pour s'assurer qu'elles appartien- nent a de nombreux lepidopteres, a plusieurs coleopteres, a quelques dlpteres , etc., etc. M. Vallot a suivi le developpement d'une des larves qui ronge I'interieur des fleurs de pommiers, en s'opposant a leur epanouisse- ment, et il en a obtenii le charanson des ■poinjneSfCzirciilIo pomorum, Linn. La notice qu'il en a redigee a ete iniprimee par ordre de la Societe royale et centrale d'agriculture dans les Annalcs de U agriculture fran raise ^ -i"" sdrie , torn, XI , /?. d'] — 7 1 . (33) Apres avoir sign ale ces sortes d'ennemis, xl seroit tres avantagenxcle s'opposer a leurs ravages. Ce motif a eiigniie, a Jiverses repri- ses,plLisieursSocietescl'agriciil!;nre,nationales et etrangeres, a proposer nii piix a J'auteiir du meraoire qui indiqueroit les moyens les plus surs et les plus efficaces pour detruire ce fleau. Si des me moires out ete adresses, aucun d'eux n'a merite le prix, et la question est restee non resolue. On pent se rappeler les notid)reuses recettes, pronees d'abord, plongees ensuite dans I'ou bli d'ou on les exhu- me de loin en loin, et s' assurer ainsi de leur inefficacite mille foisconstatee. Comment par ces moyens detruire des oeufs dont la peti- tesse les derobe souvent a I'oeil , ou dont le siege les soustrait aux regards ? Ces recettes peuvent-elles atteindre des larves dont la plus grande partie ecliappe aux perquisitions, par le lieu qu'elies occupent? Peuvent-elles de- truire les chrysalides dont le plus grand nom- bre reste cache, et les insectes parfaits a qui lenrs ailes donnent la facilite de se porter dans un lieu autre que celui ou on les pour- chasse? CochrjiiUe dii Hosier. Les rosiers , cultives dans les terrains oni- brages et humides , sont sujets a une sorte de (34) L^pre blanche ecailLeuse , qui leur est tres nuisible. EUe est designee par quelques jar- diniers sous le nom de Tunaise du rosier ^ suite de son analogie avec celLe de I'oranger; et par quelques autres sous le nom de Blanc, qu'ils ne conf'ondent pas avec le Blanc fon- gueux ysoxte di* Eryslphe qui se remarque sur les feuilles. M. V allot a decrit exacternent I'insecte apode jaune orange, qui se trouve sous Vecaille patellifbrme blanche , a stries transversales. II fait reraarquer la couclie soyeuse sur laquelle I'insecte repose, eta la- quelle il adhere par un fii sortant de sa trom- pej apres beaucoup d'autres details sur cet insecte , il termine en signalant les lacunes qu'offre Thistoire de ce curieux insecte, dont on pent debarrasser les rosiers en les brossant. Duvet de Cachemire. La multiplication des insectes est un fleau qui se lie a certaines dispositions atmosplie- riques ; et si I'homme ne pent entraver la marche de la nature , il peut en multiplier et en repandre les bienlaits. C'est ainsi que la Commission est redevable, au zelede M. Ter- naux, de plusieurs echantillons de Duvet, dit de Cachemire , accompagnes d'un certain ( 35 ) nombred'exemplaires d'une Clrculalre ecrite par cet industrieux manufacturier. Pour se- conder les vues de ce genereux citoyen, la Commission s^est empressee de transmettre cette circulaire a des proprietaires auxquels leur gout pour le perf'ectlonneraent de Tart agricole et leur fortune considerable per- mettent de se livrer a ce nouveau genre de speculation. Brole m^canique . Tout le monde connoit les inconveniens des routoirs, et leur danger pour la salubrite des lieux ou ils sont etablis : depuis long- temps on desire,pour les remplacer,un proce- de simple et a la portee de toutes les fortunes. Diverses tentatives ont ete faites; mals I'em- barras de la manipulation , rinsufiisance des machines proposees jusqu'^ ce jour, ont for- ce de reconnoitre rimpossibillte de se passer durouissage.M.Laforest,s'annongantcomme devant fournir un procede qui en dispensera, a envoye a I'Academle des echantlllons de produits qu'il declare avoir obtenus ^ I'alde de sa brole mecanlque, mals sans faire con- noitre cet instrument. Les commissaires nom- ines a cette occasion ont fait un rapport que Ton trouvera a la suite du Compte rendu. (36) Lait considej^d dans ses alterations physio-' Logiques. M. Vallot a lu uiie notice assez etendue snr le lait considere dans ses alterations pliysiologiques ; il lie se dissimule pas riin- ' perfection de ses reclierches; et s'il les a com- iiiuiiiquees a Ti^cadeinle , c'est iinlquenient pool' engager Jes naturalistes et les agricul- teurs a s'occuperdecet objet sur lequelonn'a encore rien de positif , ni de satislaisant. i" Le "Lait rouge Q%\. connu depuis long- temps 5 niais on ignore la cause de ce mode de coloration : on sait seulement qu'il a don- iie lieu a des fables ridicules, et a des supers- titions pitoyables. Quelques agronomes, en attribuant cet eflet a une inaladie du trayon, qui alors est plus tendu, n'ont peut-etre si- gnale qu'un resiiltatj c'estades observations precises a pron oncer. 2." Le Lait jaune est produit, dIt-on,par les fleurs de populage , Caltha palustris^\Ai\, , man gees ])ar les vachesj mais cette cause est plus que don tense. 3*^ Le Lait bleu est observe depuis long- temps dans les departemens de la 8eine-In- ferieureetdu Calvatlos. MnljTre lestravauxde MM. Serain,CliabertetFromage, on en igno- \ ( 3/ ) • re encore la veritable cause. Suivant qnel- ques agriculteurs, il faudroitl'attribueralaja- clntlie^ houppe, Hyacinthuscornosus, Linn, mangeeparles vaches. Lejoncfleuri, Butomus umbeLLatus y Linn. , dont la culture avoit ete conseillee par un agriculteur anglais, rend le lait plus tenu et d'une couleur tirant sur le bleu. 4" Le TLait vert, dont Christ. Franc. Paulini a parle , paroit etre simplement le lait bleu. 5^ Le Laitnon coagulahle est produit par I'ingestion des gousses de pois verts et par celle des menthes. 6° Le Lait ainer est fourni par les vaches lorsqu'ellesniangent de rabsyntlie,^r/^/7z/5/<^ absinthium y Linn., du lailron des Alpes, Sonclius alpinus , Linn. 5 des f'euilles d'arti- chaut , Cynara scolymus , Linn. 5 et paries chevres, qui ont mange une grande quantite de pousses de s\\ie2iVi,Sambucus nigra, Linn., de fannes de pommes de terre , Solanum tube- rosujTi , Linn. 7° Le Lait a gout de sagre a ble , fourni par les vaches du liaut Canada , nourries de na- vets au lieu de squach , n'est rappele ici que pour souvenir. 8^ Le Lait a gout defumier. Dans les payS du Nord , lorsque les vaches man gent du va- ( 38 ) raire, Veratrunip leur lait contracte un gout de fninier. 9" Le haitalliace. Cette sorte de lait n'est que trop connue ; on sait qu'elle est due aux plantes a odeur d'ail man gees par les vaclies, et le nombre de ces plantes est assez conside- rable. 10° luiQ Liait sans gout, ^\.i\ovi.X,\Q beurre,qui en provient, est couleur de plomb, est fourni par les vaches qui mangent de la prele fluvia- tile , EquisetuTTi Jluviatile , Linn. 1 1*^ Le Lait Sucre dies paturages voisins du Pila, dans les Landes , est fourni par les va- ches qui brontent le trefle des Hautes-Alpes, Trifbliurn alpinum , Linn. iQi** Le Beurre rouge. Cette couleur est donnee au beurre par le jus de bales d'asper- ge ; mais on ne sait pas encore si les echan- tillons de beurre , qui , sur nos inarches, of- frent quelquel'ois cette couleur , la doivent constamment a cette cause. HISTOIRE NATURELLE. L'histoire naturelle,ne se composant que de faits laciles a verifier, devroit off'rir la plus grande certitude dans les details qu'elle oflre; mais le contraire arrive; c'est ce qui a inspi- re a M. Vallot le desir d'eclaircir plusieurs points obscurs de cette science et dc com- ( 39 ) muniquer a I'Academie le resultat de ses re- clierches. BOTANIQUE, B-iciriy Lycopode^ etc. Un ouvrage , tres rare, de Jean Du Choul , intitule : De varia quercus historia, etc., contient des recherclies curieuses , dont les unes ont ete confirmees par des observateurs modernes, tandis que d'autres ont ete repe- tees seulement d'apres la confiance inspiree par un auteur qui dit avoir vu. Ces der- nieres ont amene une sorte de confusion a laquelle M. Vallot a remedie en determi- nant , d'une maniere certaine , plusieurs plantes mentlonnees par Du Choul, et rap- portees d'apres son assertion parDalecliamp, lesBauhlns, Parkinson, Raj, Tournefort, etc. Ainsile Glans cerri^dont parle Du Choul, est le gland et la cupule du velani, Quercus cegi- lops y Linn. Le genus castaneos incognitum , appele par Tournefort, L R. H., p. 684, Cas- tanea humllis racemosa, designe le ricin, Ki- cinus communis ylAnn. Le Glans Indiae est le noyau d'un fruit d'ahouai , Cerbera ; et Vher- ha deserta est, a n'en pas douter, le lycopode a ixi^ssueyLy cop odium clavatum, Linn, Tous les botanistes peuvent s'assurer par eux- memes de I'exactitude de ces determinations (4o) en comparant les descriptions et les figures donnees par DuChoul,aux plantes designees, qu'aucunbotaniste,jusqu'acejour,n'avoitre- trouvees dans i'ouA'rage de I'auteur lyonnois. Subiilaire de Dillen. Ija SulDulaire, decrite par Dillen , etoit re- gardee coinine n'existant pas on comme n'e- tant qu'iine espece (Vlsoetes nial decrite. M. Vallot a deinontre fjne cette plante est la Littorelle des etangs, Vlantago uniflora y Linn. \ ct que les petites cornes, designees dans la figure de Dillen, p-ar Icslettiesa et^^ n e son t que des polypes, Hydra viridis^ Linn . meconnus par cet auteur , malgre ce que Leuwenoeck en avoit deja dit dans les Fhil. trans. , n° 2^3. Uredo de la Scille. On cultive dcpuis plusieurs annees dans les serresdu jardin botanique de notre ville , un pied de scille maritime, ScilLa jjiaritima , Linn . , qui cliaque annee nous oflre constam- mcnt des fleurs , rendues steriles par la pre- sence d'un uredo M. Masson en a entretenu rAcadeniie. Cette cryptogame intestinale a du rapport, par le lieu ou elle se manifeste, avec V uredo des antheres , situe , comme on (41 ) le salt , dans la fleur de la lichnide dioique ; mais elle en difi'ere essentiellement par sa couleur verte, etse rapprochede la nieile, ob- servee par Aimen dans la fleur de la jacinthe a h.ouY>pe, Ilyacint/ius comosus , Linn. Ecidium et uredo nouveaux, M. Vallot a fait connoitre I'ecidium de la moscatelline, OEcidium adoxae^W diW.y et I'u- redo du celeri , Uredo apii , Vail., dont la presence au mois d'octobre, sur les I'euilles de cette plante potagere, fait dire aux jardi- niers, qu'elles sont brulees. Sphdrie massette. La singtiliere production, appelee Splierie massette, decrite et figuree par Reaumur, Mf^m. ins., torn. IV, p, 382, tab. 26, fig. i5 — 18, et mentionnee par Sq,o}^oY\ , Entom. Carniol. , p. 289 , n° 768 , merite d'apres M, Decandolle, Fl.fr., torn, 2., p. 290, n° 778, d'attirer de nouveau I'attention desobserva- teurs. M. Vallot I'ayant trouvee sur le dactyle pelotonne,D^c^y/i^«^/o;7z^r^/^^Linn.,s'estas- surequ'elleest denature vegetale, par son mo- de d'accroissemen t et par I'odeur tres pronon- cee de champignons qu'elle repandj il a re- marque a sa sii,rface les oeufs de forme dc ba- telet de papier, indiques par Reaumur , d'ou etoient sorties des larves qui vivoient aux depens de cette plante ; mais il n'a pas ete plus lieureux que Reaumur, qui n'apu obte- nir I'etat parfait de I'insecte. La maniere dont lalarverongela Spherie massette, et le cylin- dre dans lequel elle se tient, s'opposent a ce qu'elle sorte sa tete par Torilice des loges, qui n'existent plus dans les endroits occupes par le cylindre, comme I'annonce M.Berger , ci- te par M. Decandolle. Spherie du Unge. Une autre production, dont aucun bota- nlste n'a parle , se trouve sur le linge sale conserve dans un lieu renlerme. Cesontdes taclies noires, indelebiles , qui se presentent sous la forme d'un tubercule de la grosseur d'un grain de navette , et a la longue lais- sent une petite ouverture dans le tissu , a la place qu'elles occupoient. Cette production gate et detruit le linge 5 elle a fixe I'attention de M. Vallot, qui I'ayant suivie dans son developpement, I'a reconnue pour une cryp- togame , a laquelle il a donne le nom de spherie du linge, Sphaeria lintel. Vail. Le moyen d'en prevenir I'existence , con- siste a etendre le linge sale dans un endroit aere et a ne point I'entasser, ( 43 ) Scammonde de Montpellier, Laurler rose. La propriete dont jouissent certaines plan- tes, de retenir les insectes qui vienneiitse re- poser sur quelques-unes de leurs parties, a fixe depuis long-temps la curiositedes natu- ralistes \ mais elle n'a gueres ete observee que sur des plantes exotiques,et specialement sur V Apocynum androscemlfolium ^el la Dlonaea muscipuia, C'est un des motifs pour lesquels cette espece d'apocin et la dionee sont si re- cherchees-M.Vallot a remarque que la scam- moneede Montpellier, Cynanchum Monspe- liacuTTiy Linn. , et le laurier rose jouissent des memes proprietes; les leurs de la premiere de ces plantes retiennent, par la trompe, les mouches. Muse a radicum, Linn. , qui vien- nentles sucer. Get effetn'est pas, comme on pourroit le croire, le resultat (\!\xn miel em^ poisonne ; mais il est produit par la compres- sion de I'extremite de la trompe dont la tige est quelquefois roulee en spirale, par suite de la rotation exercee par I'insecte pour es- sayer de se degager. ZOOLOGIE. Crap auds dans les pierres , les arbres , etc. Une question fort importante relative a Texistence des animaux vivans tronves , sni- vant plusieurs observateurs , dans divers corps solides , a ete agitee il y a trois ans ; la Societe linneenne de Paris en a fait un sujet de prix.M.Vallota communique arAcadeniie line partie du resultat de ses recherches,don t le but a ete de demontrer la source de I'erreur et les f'aits reels qui ont contribue a I'entretenir. II a extrait de sa Z ooenstereologie , envoy ee au concoursouvert par la Societe linneenne de Paris, vingt-quatre recits differens examines dans le plus grand detail , et ou tous les faits sont discutes. « La maniere dont lis sont « exposes , la logique severe qui semble les cc reduire k leur juste valeur, ont merite a. « I'auteur une distinction flatteuse. 33 R^p- port a la Societd linneenne , 28 decembre 1824. M. Vallota prouve que ces recits, tres nombreux , sont fbndes les uns 3ur uii jeu de mots ou sur des expressions I rees da langage dcs alchimistes j les autres sur des observa- tionsouincompletes ou mall'aitesjd'autressur une maniere vicicusede s'exprimer; d'autres enfin sur une supercherie. A la premiere division appartiennent les re- cits deFulgose,d'Agricola, (dont XdiRana ve- nenata est tantot le cobalt arsenical, d'autres foisunepyriteefilorcscente; et a I'occasionde eette deniiere substauce, M. Vallot parle des mots igneiis ^ ignlfere, clu coco fossil e, pierre de merveille, oeuf clu soleil , des oeufs petri- fies, etc. ) , les recits de Colombus , de Go- ropius Becanus , du sieur Dumoutier, de Bacon, de Felix Plater, de Leibnitz, de Jo. ArmandBrunner, du conseiller de Lamarre , de Plot, cite par Luid, de Bradley, du sculp- teur Leprince , de Sillirnan , des mineurs Anglais , etc. , recits tous fondes sur I'equi- voque du mot crapaud , employe dans una dixaine d'acceptions differentes , airisi que le prouvent les exemples rapportes par Pau- teur. Nous nous bornons ici a rappeler que le mot crapaud est usite par les ouvriers pour designer les defauts ou les cavites qui se trouvent dans les pierres \ que le mot vif^ en latin vivus , est remplace a tort par le mot vivant; et que dans le style des ouvriers crapaud -z^z/'indique une geode tapissee de cristaux brillans , comme chat indique des lilons quartzeux, etc. Aux observations incompletes ou mal faites, appartiennent les recits de Pare, de M. Lan- dreau , du proprietaire de Bombino , etc. Ces recits extreraement vagues manquent de precision , ils n'olfrent aucun de ces details positif's quiindic[uent aux lecteurs le moyen de repeter I'observation ; et en liistoire na- turelle un fait n'est admis comrae constant ( 46) qu'autant qu'il peut etre revu par tout ob- servateur, depourvu cle prejuges et doue de connoissances sufflsaiites. Un recit n'est avere qu'autant qu'on y trouve indiques les moyens propres a. retrouver les falts ; or , les recitsdont nousparlonsnepeuvent faire nai- tre laconviction, parce qu'ils n'ont point d'ac- cord eiitre eux, et qu'ils rappellent trop les plules mervellleuses de poissous , de cra- pauds, d'insectes, et meme celle de cliiens arrivee k Darmstadt le 5 mai dernier. Aux reclts bases sur une nianiere vicieuse de s'exprimer, appartiennent ceux de Jean Pill et de Ginanni. Le premier annonce que le crapaud etoit dans un bloc de pierre, tan- dis qued'apresla description, qu'il donne, on reconnoit que le reptile avoit simplement hiverne dans une fente de ce m^me bloc. Le second auteur parle aussi d'un crapaud qui avoit hiverne dans un champ emblave. Aux recits fondes sur une supercherie , appartient incontestablement celui fait par Guettard. Ce savant a ete evidemment la dupe de ruses ouvriers , ce qui n'auroit pas eu lieu si, comme Grignon, il eut eu le soin de s'as- surer du fait par lui-meme. II auroit du etre en garde centre les supercheries , sur-tout apres avoir rapporte un recit de Guillaumc de Neuf brige , relatif a un crapaud , portant Tine petite chaine d'or au col , trouve dans le milieu d'une pierre massive ! ! La superclierie,f'aite a Guettard,rappellela dent d'or, la ruse de la comtesse d' Alais, la Li^ thogr. Wirzeburg, et une f'oule d'autres mys- tifications faitesaplusieurs savans, dont quel- ques-uns moururent du chagrin d'avoir ete pris pour dupes, et sur lesquelles M. Vallot donne des details etendus : aussi d'apres les experiences d'Herissant , de Grignon , d'Edwards , etc. , qu'il rapporte , il conclut que les lois pliysiologiques , qui regissent les corps organises, s'opposent a ce que jamais crapaud (reptile) vivant ait ete trouve et puisse se trouver dans les blocs de pierre , comme le pretendent les auteurs dont on invoque le temolgnage. Qu ant aux crapauds v Ivans trouve s dans des troncs d'arbres f les faits, qui y sont relatifs, rediges de maniere a paroitre merveilleux , sont f'ondes sur I'habitude qu'ont les cra- pauds de se retirer quelquefois dans des trous d'arbres pour y passer I'hiver; et sur la ne- gligence des observateurs a s'assurer de la disposition des copeaux detaches , et dans la cavite desquels le crapaud s'etoit niche. Cest ce que prouvent la reunion et Texamen (48) des fnits de cette nature rapportes par diffe- rens auteurs. ILicorne, M. Vallot a lu (iB mai 1825) tine note relative a la non-existence de la licorne. L'anteur fait observer que la licorne n'a ete vue par aucun naturaliste, que son existence est attestee seulement par des esclaves igno- rans , ou par des paysans superstitieux (jui ontvu de profil des antiiopes. D'ailleurs com- melescornesnepeuvent se former que su run tubercule osseux des os frontaux, et jamais sur la suture qui les reunit, il faut regarder la licorne comme un animal fabuleux , jus- qu'^ ce qu'oii en possede un squelette pre- pare sans supercherie ; car il faut se rappeler le squelette de I'animal de Quedlimbourg , decritpar Otto de Guerick, et reproduit par Leibnitz ; le renard arnie dont Duhamel a entretenu I'Academie des sciences en iy4-3 * et beaucoup d'autres animaux factices , tels que lesbasilics, 1 hydre de Hambourg, etc. Generation spontan^e, M. Vallot a lu des j^efexions contre I'liy- poth^se de la g^nd ration spontanee {\^^ juin 182.5). Cette hypothese, combattue avec tant de succesparles experiences de Redi, paroxt (49) reprendre faveur pour les derniers degres de rechelle vegetale et ariimale. Les etres mi- croscopiqties sont trop petits pour qu'on puisse faire sur eux des experiences dlrec- tes ; niais la nature si constante et si re- guliere dans sa marclie , nous fournit des preuves d'analogie auxquelles on ne pent rien opposer. Ainsi, par exemple, quoiqu'on. ne voie pas les cochenilles femelles de la vigne, du p^chei', du rosier, etc., se trans- porter a de tres grandes distances sur des arbres analogues, faut-il admettre pour elles une generation spontanee ? Non , parce que le vent, les aniinaux on d'autres ageiis servent de rnoyens de transport aux oeufs et nieme aux animaux , ainsi que M. Vallot I'a vu dans une niouche domestique, al'une des pattes de laquelle etoit attacliee la pince cancro'ide, Vhalanglunicancroides , Lin. qui, de cette maniere , etoit transportee dans di- vers endroits. MEDECINE. Les etablisseniens , consacres au soulage- inent de riiumanite souff'rante , sont f'aits pour attirer I'attention et pour engager tons les pliliantropes a signaler les ainelioratioQS dont lis sont susceptibles. Mu par ces divers 4 (So ) motif's, M. Vallot a lu iine Notice sur VHo- pitaL general de Dijon. (i5 decembre 1824)* Dans la premiere partie de cette notice , I'auteur indiqne lesnombreux etablissemens de bienfaisance qui existoient autrefois dans iiotre ville; et il donnedes details sur chacun d'eux.C'estainsiqueron apprend I'existence 1^ D'unhopital pres I'eglise de Saint-Mar- tin 3 2° D'un autre situe devant le grand por- tail de I'eglise de I'abbaye de Saint-Benigne. C'est dans I'un de ces hopitaux , et peut-etre dans tons les deux , qu'Alethe de Montbard , mere de saint Bernard , alloit soigner les malades. 3*^ II y avoit un liopital dans i'abbaye de Saint-Etienne. 4° Les Riche en fonderent un dans le voi- sinage de la Chapelotte , et le mirent sous la direction de Tabbe de Saint-Benigne, ce qui Ta fait designer a tort sous le nom d'Hopital Saint-Benigne » 5° Eudes III , due de Bourgogne, fonda riiopital du Saint-Esprit. 6^ Quelques clianoines reguliers de I'ab- Layede Saint-Etienne fonderent X Oustau de Notre-Dame y sur la place Charl^onnerie. 7° Au faubourg Saint-Pierre etoitriiopitai (5i) de la Madeleine ou la Maison Dleu, appelee aussi hopital de Saint-Jean de Jerusalem. 8"^ L'hopital Saint-Fiacre , dans lequel en 1789 il y avoit encore des soeurs. 9^ L'hopital Saint- Jacques, dontune porte se voit encore dans la rue du Petit-Potet, Outre ces eta!)Hssemens, il y avoit plu- sieurs Leproseries, savolr : 1^ Celle au fau- bourg Saint-Nicolas j -z^ celle des Argillieres au faubourg Saint-Fierre; S'^celledel'Etans- I'Abbe oa de Saint-Benigne 5 4*^ une Mala- diere sous lesmoulins Bernard; 5" la Malade^ ri^ construite en File, au faubourg d'Ouclie. Apres avoir fait I'liistorlque de chacuii de ces etablissemens , et inuicjue de quelle maniere ils ont tons ete fondus dans le grand liopital general, I'auteur parle des avantages de la situation de ce dernier, de la salubrite et de la proprete de ses salles, de la distribu- tion des lits dans lesquels les maJades ont constamment ete seuls. II indique les di- vers perfectionnemens qui ont eu lieu dans le service. C'est a eux qu'il faut attribuer la disparition des petits Champignons a pe- dicule , sur les fanons qui servoient a Fap- p areil d'une jambe fracturee, decrits dans les Nouw mem. Acad, de Dijon y 1783 , 2^ se-^ mestre ^ p. 200 , champignons que Mery ( 50 axoitxus ja.dish.VIloiel-'Dieu, Jc£. Paris, ^lyoy f p. 63, et sur I'espece desqucls les botaiiistes lie s'accorclent pas. A cette occasion , M. Vallot rappelle Topl- nion par laquelle on cllsoit (|ne les ulceres des jambes guerissent pins diliicileinent a. Dijon qu'aParis, tandis que les operations de trepan reussissent niieux a Dijon qu'a Paris. Gui de Chauliac avoit dit la meme cliose d'Avi^non • Pierre Borel , de Castres ; Fo- dere I'a repete de Nice , de Strasbourg, du niont Saint-Bernard. Bacon avoit dit aussi que les plaies de tete sont plus dilficiles a guerir en France , et les ulceres aux ja;nbes en Angleterre ; et M. Virey dit que les cephalalgies etles plaies de tete se guerissent plus dillicilement sur les terrains eleves du Bassigny , parce qu'il y a toujours un raptus considerable vers le cerveau. Ces observations generales de localites ont amene M. Vallot a parler de la pustule ina- ligne, decrite pour la premiere Ibis en Bour- gogne, oil on la disoit seulcnicnt endemique, par ]e docteur Lorrin , agrege au college de Dijon. Ce medecin , quia public sdiDisserta- tiojL sur la peste en 1721 , n'a ete cite par aucun. des auteurs qui ont traite clicz nous de la pustule nialigne, afibction origin^ire. ( 53 ) sulvant Pllne, cle laGaule Narbonnalse (i), commune aux environs de Castres (2,) , a Millau (clepartement de I'Aveyron) (3), dans le Basslgny (4) , etc. , etc. M. Vallot a fait remarquer que les abus reproches a notre hopital , sont loin d'etre aussi nonibreux et aussi graves, que ceux qui existent dans les liopltaux de Lyon et dans ceux de Bordeaux (5) , abus dont les remedes ontete,enio2Z,etsont, en 1825, lesujetdeprix proposes par la Societe de medecine de cha- cune de ces deux vllles ; il signale une ame- lioration iinportante dans la substitution do niatelas aux lits de plumes , dont les incon- veniens sont reconnus depuis long- temps. II demontre I'impossibilite de prevenir les erreurs de regime, dont les malades se rendent victimes, soit par leur obstination , soit par la complaisance coupable des personnes dn dehors qui viennent les visiter. Malgre cette impossibjlite, le zelc de I'administration et (1 ) Darluc , Hist. nat. de la Provence , torn. I5 p. 1 25, J 26, 329. (2) P. Borelli, cen?. II, obs. XII, p. ii4' (3) Pougens, Diet, de medecine, torn. IV, p. i47^' (4) Virey, Journ. compl. du Diet, des sciences raed.j 182 1 , torn. IX, pag. i 4j } 5. (5) Journ. compl. des sc. med,, 1821 , torn. IX. (54) la constante solllcitude pour rexecution du bien qui aiiiine son president, obvient au- tant fju'il est possible a cet abus. Plusieurs observations de medecine ont ete coinmuniquees k I'Academie. Amaurose artificielle . M. Vallot a rapporte un fait, qui con- court a proiiYcr I'identlte de vertus dans les plantes de la meme famille. II a vu una goutte de sue propre de stranioine en arljre , JJatura arborea , Lin., lancee dans I'oeil d'un jardiiiier, produire une amaurose, suite de la paralysie ^\\ nerf optique et de I'excessive dilatation de I'iris. C'est I'effet que produit I'extrait de Bel!adone. Des lotions d'eau fraiche, fiequemmeiit reiterees, ont sui'fi pour dissiper cet accident, au boutdetrois jours. E/fet de contrevers. M. Vallot (i8 niai 1825^ rapporte plusieui's observations, d'apres lescjuellesil s'est assure que la decoctumde Semen contra etde Mousse de Corse, admlnistree le soir, fait dix minutes apres, apercevoir la flamme des cliandelles jaune et verte. II ra])porte en meme temps une observation relative a un partlculicr qui, apres avoir mange ducliou, s'apergoit d'une (55) odeur musquee, toutes les fols qu'il s'expose au grand air, en sortant de son appartement. Cet effet depend d'abord de la relation qui existe entre les membranes niuqueuses de Festomac et des narines , et ensuite de I'odeur musquee que la decomposition developpe dans le chou. Vogissemens uterins. Une observation deM. Andry, communi- quee a I'Academie royal e de medecine , le 4 Janvier dernier, founiit a M. Vallot , doc- teur medecin , I'occasion de lire (ii niai 1825 ) , une Notice siir les vagissemens ute- rlns, Le rapprocliement de plusieurs faits pareils, cites par divers auteurs , ramene la question a son veritable etat, et prouve que les lois de la physique et celles de la physio- logie ne permettent pas a un foetus de vagir, tant qu'il est renferme dans I'uterus. Les te- moins, oculaires ou auriculaires, qui rappor- tent ces faits , ont ete la dupe d'une super- clierie , comme on pent le conclure du recit de I'un d'entre eux : « Quelqiiefois, dit-il , cc I'enfant fait des cris avec de tels efforts , cc qu'on yoit I'estomac de la femme en cou- « dies s'enfler, comme si elle devoit etouf- ( 56 ) « fer. 55 Journ. des Savans , 1686, p. i47' Z)ict. des nierv. de la nat. ^ torn. I, p. 441. Ce recit iiaifne laisse plus de doute sur la scene de ventriloquisme, que le teinoin rap- porte,sans s'en douter. Ce genre de super- clierie, connu jadis dans I'Orient, employe cliez les Esquimaux, au Groenland, etc, est encore usite chez les Arabes. On salt de quelle maniore les oracles de Delplies etoient ren- dus : aussi Diderot en a-t-il profite pour faire un roman satirique contre les systemes de Ferrein et de quelques autres membres de I'Academie des sciences. Les scenes, dont Robertson , Fitz-James et aujourd'hui Comtc, nous ont amuses ctnous amusent encore , ne laissent plus de doute sur la facilite de tromper les sens, lorsque la reflexion ne vient pas rectifier les perceptions causees par des sensations erronees. jLpitre a la douleur. M. Deluc , correspondant a (jQr\^Ne. , a envoye e\ I'Academie une Epitre a la dou- leur physique qu'il considere physiologique- ment. II la rcgarde comme contribuant a la conservation de I'individu. Elle est en elfet la sentinelle vigilante que Dieu a placee pour avertir Tindividu du danger qui le menace. ( 57 ) Syflenliam (i) , Haller(2), Gosseaume(3)etc., avoient deja emis une opinion analogue. Observations de mSde cine, M. Naville, cliirurgien aBourgnenf, cor- respondant, adresse a I'Academie (9 juin 1824 ) des observations , 1" Sur la ma re he comparative de la vac- cine pendant les annees 1822 et 1820. Cette nialadie s'est developpee, phis rapidement en 1822, a cause de I'elevation de la temperature. 2" Une variolette prise pour une petite - vercle , malgre la diFference qui existe entre la inarclie et la duree de ces deux maladies. 3*^ Sur une hemic oniLilicale (exompliale) op ere e par la ligature du sac et de lapeau; operation qui aujourd'hui est generalement abaudonnee et remplacee avec succes par iin bandage approprie. 4^^ Sur des hemorragies supplenientaires du Jlux menstruel. Les f aits, rapportcs par M. Na- ville, sont a reunir a ceux,deja. trcs noml^reux, consignes a ce sujet dans tousnos recueils de medecine, M. Lavernet pere, cliirurgien a Chassagne, (i) Opera , torn. I, p. 3o6. (2) Elem. pliys. torn. 5 , p. S'j^. (3) Acad, de Rouen j 1806, p. 22—26. (58) envoie a. rAcademie une Observation sur une grossesse extra- uterine y dont le produit a ete rendu par ranus ( i5 juln 1825). Ce fait est a ajouter a ceux consliriies dans les fastes de la medeclne ; il rcssemble a celui rapporte par LIttre , et a celui plus ancien rapporte par Guillaume deKiva, etc. M. Andriot, docteur medecin a. Fontaine- Fran caise, transmet a r Academic I'observa- tion d'un homme de 3o ans , qui atteint d'une legere fievre tierce legitime , succomba au Lout de cinq jours , pour avoir voulu se debarrasser de sa fievre en prenant des bols composes avec des araignees et leurs toiles. Aussltut une ardeur brulante se manifeste a. I'estomac 5 quelques lieures apres , survient nne paralysie de la vessie, du rectum et des membres abdominaux , et le malade suc- combe. Quelques instans avant sa mort, le malheureux avoua son imprudence au me- decin. Sa femme , qui avoit use du meme moyen curallf , mais a une plus foible dose , eprouva pendant long-temps des douleurs iVentrailles quiamenerentunefaussecouche. Cependant elle estguerie. Pulsse la connoissancc de ce fait prevenir de nouveaux mallieurs ! M. Salgues, docteur meJecin, communi- (59) que a rAcademle clifierentes observations cle medecine , dont nous allons donner les no- tices. i" Observation d'un coup de sang a la peau. (8 juin 1825 ). Une filie, grosse de quatre niois, se pre- sente k M. Salgues avec une intumescence generale de toutes les parties dii corps : la peau , d'un rouge tres fonce , etoit turges- cente , fortement injectee , douloureuse , plus cliaude et plus dense que de coutume 5 les conjonctivesetla muqueusedes levresetoient dansle meme etat. Le pouls etoit petit, mou , a peine perceptible, et la respiration courte , precipitee, orthopneique. La maladese plai- gnoit d'une tension generale, qui s'opposoit a la iibre flexion des membres , mais sans douleur. Une abondante saignee fit disparoitre tres promptement tous ces accidens , suite peut- etre de I'emploi de quelques medlcamens in- cendiaires , ce dont il a ete impossible de s'as-^ surer. Quoi qu'il en soit, on ne peut mecon- noitre dans le cas present une sorte de raptus du sang , un veritable coup de sang vers le systeme capillaire. M. Salgues fait observer que le noni d'a- poplexie cutanee donne a cette maladle,n0 ( 6o ) convient pas ; il propose de la designer sous le nom cV/iemorm^se dermoidale . Cette mala- die est fort rare, et M. Covitanceau,inedecIii distingue, qui apubliesur elle uii meaiolre, n'a eu sous les yeux qu'une sluiple plileg- masie de la peau et du tlssu cellulaire sous- cutane'jCOQipliqueeoudependanted'une autre plilegmaslederappareilgastrique,alnsiqu'on peut s'en assurer en comparant les deux fa its. Dans cette nialadie le moyen de guerison le plus assure est la saignee \ les applications emolilentes sur lesorganes sonffrans, ou les bains, augmentent I'injection et determinent constamnient des accidens graves et meme la niort, ainsi que le prouve le fait d'un jeune confiseur qui , frappe d'un coup de sang dans toutes les membranes muqueuses de I'appa- reil nasal , perit en inoins de quatre lieu res pour avoir dir'ge sur les parties souflrantes des fumigations d'infusion de lleurs de su- reau. 2^ Observation (Pun rhumatlsnie a}°I ) _ qu'on lit a la tete de son Memolre , et qui est ainsi enoncee : ISec a novls sum nee ab antiquis ; utrosque ubi veritatem eoLiint , sequor, Klein 5 1'auteur du n° 7 , passant ra- pidementsur Jesysteinede Brown, dit en par- lant de la doctrine de M. Broussais , qu'il lui trouve la plus grande analogie avec celle du contre-stimuUsme y deja lie lui-nieine au sys- teine ecossais. Et cependant il pense qu'ello doit avoir une puissante influence sur les destinees futures de la Medecine ; mais il se delie de sa trop grande simplicite , en ce qu'elle tend a priver I'art de beaucoup de inedicamens heroiques, dont les proprietes incontestables sont I'ondees sur Tobservation. Selon lui, elle n'a rien change au traitement des fievres inflainmatoires , n'a fait faire au- cun progres a la therapeutique des fievres interinittentes , et n'a que peu avance le trai- tement des hemorragies. Au reste , il croit que ]a Medecine physiologique , sans I'adop- ter dans tons ses points , paroit , si on lui fait subir quelques modifications, destinee k devenir dominante en Europe. Lorsquun grand mouvement est imprimd aux sciences , s'arreter c'est reculer , le repos cest la mort. Telle est I'epigraphe qu'on trouve a la tete du Memoire n** 8, et que ( io^ ) Tauteur a tiree de son propre onvrage. II dispose son snjet en trois livres, sous-di vises cliacun en plusieurs sections. II ouvre sa maiclie par des considerations snr la physio- logic generale, traite des lois de la sensibi- lite et de 1 irritabilite , parle des decouvertes faites depiiis pen d'annees sur Ic systcme iier- veux, passe a {'exposition de la pathologic generale et de la pathologic speciaic , exa- mine legereinent la doctrine du contre-sti- mulisme , s'etend da vantage sur celle de M. Broussais , qu'il n'adopte cependant pas dans son enticr , hasarde un essai de classi- fication relative aux irritations iiastro-intcs- tinales , et termine son Memoire par I'expo- sition des maladies a^'gnes dont les nouvelles doctrines medicales ont ref'ait la theorie,sans exercer d'ailleurs une influence sensible sur leur traitemcnt ; de celles dont elles ont lieureusement modlfie latheorie et regularise le traitement ; et enfin de celles dont le trai- tenienta eteentiereinent chance. Cetouvraae ofl're la preuve d'uiie vaste erudition dans son auteur ; mais conime il n'entre, pour ainsi dire, dans aucune discussion , il nepeut etre considere cjue comme I'historien de toutes les decouvertes qui ont precede ou prepare les nouvelles doctrines medicales. ( io3 ) Le Memolre n° 9 ayant pour eplgraplie cette espece d'aphorisme ; Organorum do- lentium eccpressioj, sit tibi morbus , est ecrit dans un bon esprit 5 mais I'auteur paroit ne point assez connoitre les doctrines medica- les qui ont precede la Medecine pliysiologi- que , pour les bien comparer entre elles. II a fait en consequence et mal-a-propos un. expose succinct de toutes les maladies , telles qu'elles sont exposees dans la nosographie de M. Pinel. On peut dire la meme chose de celui qui apour objet la doctrine deM. Brous- sais , sur laquelle il s'est beaucoup trop eten- du. Mais il semble avoir mieux compris,que lesautresconcurrens, les intentions de I'Aca- demie , puisqu'il a fait suivre son expose de "vingt observations , toutes a la verite d'apres I'esprit du systeme medical physiologique , et manquant maiheureusement d'objets de comparalson. On voit dans le Memoire n^ 10 , dontl'epi- graplie est cette sentence de Baglivi : Medi- cina noTL ingenii humani partus est , sed temporis fdia , la preuve de I'avantage que promet Tesprit d'observation dans le traite- ment des maladies aisiues. L'auteur est bien reellement un ancien medecin , puisqu'il a consigne dans son ouvrage sa methode de traitement suivie avec succes dans toutes les epidemles qu'il a ete a portee de voir pen- dant une serie de trente annees , tant aux armees que dansle pays qu'il habite aujour- d'hui. Sa metliode consistoit dans une heu- reuse combinaison des moyens antiplilogis- tiques avec les moyens toniques, et lui pro- curoit to^jjours une pleine reussite. II nous apprend lui-ineme que dans une epidemiequi eut lieu en 1821, les premiers malades, traites par de jeunes meJecins , d'apres la metliode de M. Broussais, perirent presque tons , par suite de coUiquation , apres avoir lutte long- temps en vain contre les efforts de la maladie. II pense que I'auteur de cette metliode est alle un^eu trop loin en ne voyant par-tout que des inflammations , et qu'il abuse par consequent des moyens propres a les com- battre. Tel est, Messieurs, le petit aper^u que vos Commissaires ont pense qu'il etoit suf- lisant de vous donner sur les dix Memoires qui voussont parvenus pour le concours du prix de Medecine que vous avez propose pour la seconde fois en 1820 , et qui devoit etre decerne dans votre seance publique du mols d'aout 1824. Aucnn de ccs Memoires n'ayant rempli les intentions de I'Academie , _ ( io5 ) _ .^ puisqu'ils ont omis ou neglige tous cle four- nir des observations comparatives, f'aites dans des cas analogues , et d'apres I'esprit de systeme ou la methode de chacune des nou- velles doctrines medicales , seule base sur laquelle I'Academie pouvoit asseoir son ju- gement ; dans cet etat de clioses , le prix ne pouvant etre adjuge , et la question presen- tant encore de grandes dilficultes , nous vous proposons de la retirer du concours. Mais comineparmicesMeinoires,il en est plusieurs qui sont d'un merite incontestable , et de- celent dans leurs auteurs des homines aussi instruits que judicieux , nous vous deraan- dons une mention honorable en laveur des n''^ 7 , lo et 5 , et de noter d'une distinction particuliere les nP^ i et 8. COMPTE RENDU . DES TRAVAUX » DE L ACADEMIE DES SCIENCES , ARTS ET BELLES-XETTRES DE DIJON. PAKTIE LITTERAIRE. ANNKES 1824 ET iSiS. Messieurs , La partie litteraire des travaux de T Aca- demic depuisvotre derniere seance publique, peut, pour I'etendue et la dlverslte des ob- jets, rivaliser avec la partie des sciences qui vous a ete soumise par M. le docteur Vallot. Arclieologie , liistoire politique , liistoire litteraire, biographic, morale, poesie, telles sont les principales branches sur lesqueiles se sont exerces ceux qui , pour repondre a. I'appel que rAcademiefalta tousscs merabres soit resiJans soit non-residans , ont desire lui donner un temoignage de leur zele et de leur empressement a concourir a scs tra- vaux. Vous avez regu avec reconnoissance les I ( 107 ) fruits deleurs vellles, vous les avez apprecies, et vous avez decide qu'ils feioient partie du present Compte rendu, les uns par extralts, les autres en entier : c'esLce Compte, Mes- sieurs, qui va etre mis sous vos yeux. Archeologie. Exposons d'abord , en suivant Tordre le plus naturel , ce qui regarde rarcheologie. Tout ce que nous avons a vous presenter sur cetobjet, etant le resultat des travaux de la Commission permanente des antiquites, nous ne pouvons mieux faire, Messieurs , que de placer ici I'extrait de ces travaux, redige ])ar M. Maillard de Chambure , son secretaire- adjoint. C'est le 2 mai 1824, que cette Commission lormee dans le sein de 1' Academic , a ete ins- tallee parM. de ReuUe, president, qui, dans un discours d'ouverture , a developpe le but et les avantages de la science des antiquites. La Commission , apres avoir elu pour sou president particulier , M. Baudot, notre con- frere , a de suite commence ses travaux dont voici la serieetles resultats. II existoit epars dans les archives de I'Aca- demie , dans ses jardlns et dans les cours de I'hotel de la Prefecture, un ei'and nombre d'objets. precieux d'antiquite arraches k la ('o8) destruction par la Commission archeologique dans toute I'etendue du Departement. Dcs membres de la Commission ont procede au classement de ces objets. Les antiques sont deposes dans des armoires et dans la galerie de rAcademie ; un catalogue raisonne en a ete dresse par MM. Baudot et Maillard de Chambure. Les objets de sculpture ont ete disposes en avant et sous le vestibule de I'escalier du Mu- see, par M. de Saint-Memin, conservateur de cet etablissement et membre de la Coin- miss'on (i). Enfin les memoires, les renseignemens, les instructions et la correspondance avec les arrondissemens, ont ete places aux archives de la Commission et mis en ordre par le se- cretaire -adjoint. Pendant le cours de cette annee , la Com- mission a re^ude MM. deCourtivron, Baudot et Maillard de Chambure plusieursmedailles et monnoles en argent et en bronze, des fi- (i) Un inventaire en sera dresse double par M. le president de la Commission et M. le maire de la ville qui en reconnoitra la propriete comme appartenant a PAcadeniie , et remettra h la Commission une clef du vestibule du musee oil ces objets sont deposes. ( 109 ) bules et des ecliantillons losslles trouves dans ranclenne Sequanie. Elle compte au nombre des decouvertes faites par ses membres etses correspondans : Une excavation dont on n'a pu determiner I'ori^ine, trouvee pres de Charrey et d'ou M. de Charrey, membre de la Commission , a retire un cercle de f'er dont les extremites se rejoignent par deux crochets , un bloc de verre cliatoyant,et une pierre informe d'une espece inconnue dans ce canton. M. Bourree , correspondant aChatillon , a decouvert sur le mont-Lassois ou Saint-Mar- cel, pres Chatillon, de precieux restes d'an- tiquite (i). Plusieurs bas-relieis, des statues mutilees , un autel a demi brise , des paves de marbre, des medailles trouvees en cet en- droit , annoncent Texistence d'un lieu jadis considerable et ont nierite de fixer particu- lierement I'attention de la Commission. M. Morelot , correspondant de Tarrondis- sement de Beaune,afaitpart de la decouverte faite pres de Beaune de treize pieces de (i) Cette decouverte confirmecellescjul ont ete faites precedemment par M. Bourree, sur la meraemontagjie, et mentionnees dans le ComptQ rendu de I'Academio' ^ annee 1823, pag. 68, 6c^. ( '1°) monrioie a I'effigie tie Plenri V, roi cVAngle- terre , et de ses conjectures a cet egard. Le mejiie corresj)ondant a rendu couiptedes fouilles qu'il a fait executer dans un an- cien cimetlere situe pres dc Pommard a trois quarts de lleue de Beaune, dans un lieu de- sign e par Pasumot sous le nom de Lucune et qui ne presente plus aujourd'hul que de ra- pes vestiges de constructions. On y a trouve pres d'une Fontaine sur le bord d'un bois, plusieurs cadavres reconverts de laves for- niant une voute grossiere au-dessus d'eux ; en poursuivant les fouilles on a rencontre les fragmcns d'un vase lacrymatoire en verre, et plusieurs pierres sculptees representant des Gaulois tenant a la main une bourse ou un gol3elet 5 ce qui donne lieu de croire que cet endroit servit jadis de sepulture k quelque bourgade voisine dont I'liistolre et le nom sont egalement oubJies atijourd'hui. M. de Charrey a annonce que des pion- niers travaillant pres de la voie romaine qui tendoit h Langres, ont trouve un petit pa- iiier en fdigrane d'or , travaille ainsi que son couvercle , avec autant de gout que de deli- catcsse. II est a regretter que le Maire de cette Commune , lorsque ces objets precieux lui ont ete prcscntcs, n'en ait point prevenu _( "I ) la Commission qui les eut sauves du creuset auquel ils ont ete impitoyabiement livres k vil prix (i). M. Morelot , en transmettant a la Commis- sion plusieurs renseignemens utiles sur les reparations qui pourroient completer la res- tauratlon de la colonne de Cussy , a fait con- noitre que Tadjudicataire des travaux ordon- nes par M. Seguier, alors prefet de la Cote- d'Or, avoit trouve au pied de la colonne un cadavre et non loin une tete de Junon bri- see et enfouie a cote d'une medaille de Cons- tantin. M. Morelot a tire de ce rapproche- ment I'induction que la colonne de Cussy avoit essuye une mutilation lors de la proscription du culte des faux Dieux sous Constantin. II voit d'ailleurs dans la decouverte recente de plusieurs medailles de Crispine, de Marc- Aurele et de Faustine , trouvees au pied de ce monument , une preuve que son existence (i) L'Administration a pris les plus sages mesures pour prevenir de semhlables destructions; eile a invite MM. les maires et MM. les cures k donner avis a la Commission de toute espece de decouverte d'antiquites. (Voyezla lettre de M. le Prefet, du 8 septembre 1819.) Un semblableavis a ete donne auxorfevres du departe- ment. (Voyez JMdmoriai adfni'nistrau/Ci.e 182O} p.295 ) (112) ne remonte pas a I'epoque assignee par feu M. Girault dans la dissertation qu'il a publiee a ce sujet. On dolt encore a M. Morelot un memoire sur laligiie des signaux qu'il suppose avoir existe entre Aiise et Bibracte. II croit avoir 811 ivi les vestiges des phares de communica- tion sur les montagnes de Bar-le-Regulier , Chatellenot, Creancey, Soussey, Charny , Beurisot, Arnay , la Roclie-Vanneau , etc., toutes distantes I'une de I'autre d'environ deux lieues, portee ordinaire de la vue sim- ple , et sur lesquelles s'elevoient ces machi- nes si admirablementperf'ectionnees depuis , quoique la description que nous en a laissee Vegece semble ^tre celle d'un telegraplie com- bine deja d'une maniere bien ingenieuse. M. Baudot a decouvert a Navilly et a. Ebarres pres Pagny sur les bords de la Saone plusieurs epingles de tete dont il a donne le dessin et la description. M. Jules Reraond, correspondantde I'ar- rondissement de Seniur, a envoye plusieurs fragmens d'agraf'es en ler, plaquees d'argent cisele, et les debris d'une lame d'epee trouvee dans un tombeau a Tlioisy-la-Berchere , can- ton de Saulieu. A Geyrey , des ouvricrs ^tant occupes a dt^- (n3) blayer un terrain au-dessus cle la fontaine au couchant et pres du vieux chateau , I'un d'eux a trouve un petit belier en bronze, d'ecviron quatre pouces de hauteur sur sept de lon- gueur ; cet objet d'anti([uite a ete communi- que a la Couimlssion par son president, M. Baudot, qui en etoit depositaire. Des tombeaux antiques ay ant ete siguales sur la couimune de Colloiiges, canton de Genlis, M. Mjillard de Cliambure aete char- ge par la Commission de se transporter sur les lieux pour suivre cette decouverte. II resulte du Rapport et des dessins qu'ii a presentes a la Commission, que I'on a retire de ces tom- beaux une lame d'epee, lefer d'un poignard, plusieurs agrafes, une medaille de Constan- tin petit bronze, une amethyste percee , de la forme et de la grosseur d'une petite aman- de , enfin quelques fragmens de marbre com- mun et grossierement polls. M. Baudot, dans un Memoire sur les dif- ferentes societes qui ont ete successivement chargees par le Gouvernement de veiller a la conservation des monumens des arts existant dans le departementdelaCote-d'Or, arappele lesdepredationscommisesdepuisi79ijusqu'en. 1790, dans les celebres monastdresde( iteaux et de la Chartreuse de Dijon, la destructioii 8 ( ii4) ^e la rotondecle Sairit-Benigne etcelle de tant d'avitres inonuiiiens precieux pour les arts comme pour I'liistoireo Le zele et le courage de MM. Devosges, Antoine et Pincede ue pouvolent opposer qu'une foible resistancQ a laf'ureur des destructions. Cependant nous devons a leurs ei'fbrts genereux plusleurs objets d'arts qu'ils deroberent au marteau re- volutionnaire dont la rage ne fut arretee que par le decretdu iBoctobre 1792, qui institua la Commission des monumens, trop tot ar- retee dans ses utiles travaux par les decrets des 6 juin, 24 octobre 1790 et 4 juillet 1794* Dans le cours de cette derniere annee , M. Robert de Bezuotte , membre de I'Aca- demie et administrateur du Departement, fit un Bapportsur la formation d'un musee a creer a Dijon , pour y reunir les monumens des arts provenant des etablissemens suppri- mes et du mobllier des emigres. Un autre academlcien, M. Devosges pere,se cliargea de ce choix 3 etpeu de temps apres, ia Com- mission des monumens ayant ete remplacee par la L onimission temporaire des aj^ts etdes sciences qui fut composee de quatorze mem- breschoisis par Cales alorsen mission a Dijon, on vit successlvement les objets les plus pre- cieux venir cherclier vm abri dans le local qui ( n5) avoit ete dispose a cet efiet dans I'liotel de I'lntendance. Les bas-reliefs de Boncliardon ^ le portail de Notre-Dame , les sculptures de Sambin , le superbe orgue de Saint-Beni- gne, les tombcaux de Pierre Odebert, d'Odi- net-Godran , de Legouz de la Bercliere , durentleur conservation aux efforts de cette Commission, que tant de travaux utiles ne purerit sauver elie-meme; dissoute le 26 juii- let 1795 par un arreteduDirectoire du Depar- temeut, le bien qu'elle avoit commence resta interrompu , et aucune autorite speciale ne fut chargee de le cojitinuer, jus ni'en 1819 , epoque de la creation des Commissions ar- cheologiques qui sont appelees a poursuivre la noble taclie que ces Commissions teaq^o- raires n'avoient pu qu'cbanclier. M. Malllard de Chambure a recueilli daus un Mernoire quelques traditions populaires de i'AuxoIs,qui I'out conduit a la decouverte de phisieurs monumens antiques qui n'a- voient point ete siguales jusqu'ici. Les habi- tansdu village de Villaines-les-Prev6tes, can, ton de Montbard, arrondissemeut de Semur, racontoient une legende merveilleuse qui , confondant les siecles, les lieux etles noms, attribuoit a sainte Christine I'erection d'une liaute pierre de forme pyramidale servant de llniite aux villages de Jeux, Genay , VIserny et Villaines j selon les Iiabitaiis du pays, la Saintc, pour terminer les difflcuhes qui s'e- toieiit elevees sur la delimitation du terri- toire de ces villages, avoit place cette pierre enorme au lieu ou on la voyoit encore en 182,0. Des fouilles faites dans les environs ont fait reconnoitre dans ce monument un Peul- van , obelisque di uidlcpie eleve sur une tom- Lelle ou motte funeraire dont I'exislcnce n'etoit point encore connue. Sur une montagne voisine, nommee dans le patois du pays come rocais , mont de la Roche, on montroit quelques ])ierres infor- mes et amasseessans soin. La tradition rap- portoit ([ue ces debris etoient ceux du Chateau Rouge, ancienne forteresse ruinee par un mauvais genie pen de temps apres la prise d'Alise. Les fouilles que I'auteur du Memoire y a fait executer ont mis a decouvert d'epais- sesfondations, des degres brises, et au milieu d'une grande quantite de briques romaines, plusieurs clous en fer ayant de liuit a qua- torze ponces de longueur, une clef de meme metal , une midaille roinaine que son etat d'oxidation n'a pas permis de reconnoitre, et une petite monnoie gnulolse en argent. Ces deux decouvertes confirment Topinion ( "7 ) emise clans ce Memolre et a Tappul de la- quelle Tauteur a presente a la Commission la topograpliie archeologiqne dii Vagus Alexlens'is , que cepays, I'uri des plus riches de la Eourgogne en monumens de la haute antiqulte, merite sous ce rapport, de la part des savans comme de celle des autorites loca- les, une attention particuliere. C'est encore dans cette partie du Departe- ment que M. Maillard de Chamhure a decou- vcrt Ics traces du culte special que les Man- dubiens rendoient au hoeuf Apis. Herculequi etoit adore dans toutes les par- ties desGaules, dit M. Maillard, avoit un temple dans la ville d'Alexia dont 11 etoit regarde comme le f'ondateur. Cet Hercule gaulois(i) etoit fds d'Isis et d'Osiris, Divinltes egyptiennes connues dans les Gaules long- temps avant Tarrivee des Phoceens. De la. les noms d'Isis et d'Osiris , donnes aux deux rivieres (2) qui entourent Alexia, la ville d'Herculej de la I'explication du monument dont les mines ont ete trouvees sur le Mont- (i) Diodore de Sicile. Ammien Marcellin , liv. xv. Ladon. Aiiliq. iffidiior. (2) L'Ose et rOserain qui traversent la pb.ine des Larmes en avant d'Alexia. 'Atj::o1s dans ^'emplacement d'Alexia. En tra- \alliant aux fcuilles ordonnees par M. Se- giiier, a'.ors Pref'etde la Cote-crOr et membra de TAcadeinle, on rencontra au milieu de debris de colonnes et de plerres talllees, les qiiiitre pieilsd'nn Loenf reposant chacun sur un 03!if", des pateres, des IVa^mens de vases , des cendreset des ossemens d'animaux. li etoit I'aciie de jnger par ja rennion de ces dili'ereris objets (pie ces mines etoient cellcs d*un temple on d'un autel consacre a queljue Div'nite avec laqnclle ce boeuf", dont les pie 's etuient poses sur des ceuf's, devoit av:)ir cjuelqne rapport. L'auteur de ce Memoire donne de ce mo- Kuraont rcxpiication snivante. On sait, dit-il, qu'Osiris ayant ele tne par Typbon , les pre- tres F^f^yprlens ciiar^es de lui rendre le cnlte puLJ'c nui bii avoit ete decerne, presente- rent aux E^^yptiens un boeuf noir si etrange- menl; tiiarque qu'il fut aussitot adore comme Osiris lui-meme, (jui, disoit-on , etoit rendu soPsceMe forme a Tamourdeses peuples (i). (i) V. Scrvius , V. 699, lib. VIII Jffineid. — Valer. Flac( . lib. IV Argonaut. — Pers. satyr. 5, v. i85. — Turneb. liv. X3vvr. — Isidor. lib. 11, Etymolog. cap. 21. •— S'.'xt. Propert. lib. Ill, eleg. 10. — 'Clem. Alexandrin. lib. 1 Stromat. — Claudian. De raptu, lib. 11. Etc. De sorte que sa f'emme Isls ou lo etant ado- ree sous la figure d'une vaclie , lui-meme le fut sous la figure du boeuf Apis. Hercule leur fils apporta dans les Gaules et particu- lierement a Alexia le culted'Osiris-Apis, ou Resapis , qui fut tellement en lionneur par- mi les Mandubiens, qu'ils en regurent le surnom de Buteaux, de /S^o- Qg'-o- Dieu boeuf, adorateurs du Dieu boeuf dont I'image se trouvoit placee sur les monuinens publics et dans les temples. On connoit ces vers de Ladone : Qiiare Aiexienses vulgarl cogno-. mento appellentur Buteaux. Bos fuit a Phariis siimmo celebratus honore Gentibus : ipsum etiam sibi iinxit Alexia numen /^5<3" ()gOO* antiquum , inde tenet per secula nomen. On retrouve d'aillenrs dans plusleurs usa- ges modernes des habitans de I'Auxois des vestiges de ce culte du boeuf Apis. Seinur qui devint la capitale des Mandubiens apres la destruction d'Alexia , avoit encore au xv® siecle une association connue sous le noni de la confrairie du boeuf, composee de trois compagnies tirees des faubourgs des Veaux , des Bordes, et du Bourg voisin. Tons les ans , le jeudi apres la Pentecote, ces compagnies conduisoient troi§ boeufs en procession aiix ( 120 ) Cannes oii Ton cliantolt une grand 'niesse. Les trois boeiifs restoient aux religieux qui donnolent aux trois cheis cle la conlrairie seize livres dix sons. On sait dii reste quelle etoit la veneration des Gaulois jiour I'linage du tai'.reau : cc t animal etoit encore dans le "v^ siecle i'ubjet d'un culte particnlier,com!ne le pronve la tete de tanreau en or trouvee dans le toniljeau de Chilperic; c'ctoit I'idole favorite de ce prince. Cette idolatrie existoit dans I'Anxois qnand Jullen I'apostat vint dans les Ganles. Lcs villages et les carrefonrs des clieinins etoient ornes des simulacres d'A j.is, et ces j)ierres d'un volume conside- rable se retrouvent jus jne dans le i5^ siecle ou le penple les des'gnoit encore sons le nom de pierres de Seraspan. Loin d*abolir le culte des idoles, on sait ([ue Julien fit rouvrir leurs temples en 36 1 ft qn'il rendit lui-meme un cnite particnlier a celles de I'Egypte, prin- cipalement a Isis et a Osiris. 11 lit graver le boeul" A[)i3 sur des medaiiles f rappees a Cons- tantinople avec la kgende Securitas reipu- bllcae y et se fit representer sur d'autres avec sa fesnine lielene, sous la figure de Serapis et d'lsis Faria. Le long sejour (jue Julien lit dans les Ganles et I'estime que les habitans iaisoient de lui y perpetuerent le culte d'Apis ( >20 dans les lieux ou comine a Alexia il existoit deja , et le mirent en lionneur dans ceux meme ou comme dans I'AIsace il n'existoit pas encore. (V. Bandltri, Nundsm, imper.y torn. II, pn.g. 235. Pour ce qui est des oeufs qui servent de bases aux pieds d'Apis , on sait que roenf etoit chez les Anciens I'image du nionde , et c'est dans ce sens que ce boeul" etoit place sur des oeufs , pour enseigner que le pouvoir d'Osiris, d'Apis ou du Soleil, (c'etoit la meme Divinite sous des noms differens) s'etendoit sur tout I'univers. Les Gaulois avoient d'ail- leurs une grande veneration pour les oeufs. On connoit leur idolatrie pour lefameux oeuf angiiinum , et ce trait de I'empereur Claude cpii fit mourir un chevalier romain du Dau- phine parce qu.'il portoit un de ces oeufs dans son sein en vue de gagner un proems qu'il avoit. M. Maillard de Cliambure n'lieslte pas ^ conclure de ces reflexions que le culte d'Apis etabli dans les Gaules et particulierenient a Alexia dans les temps les plus recules y a sub- slste jusqu'a I'entiere abolition du paga- nisme , et que c'est a Osiris pere d'Hercule que les Mandubiens erig^rent un autel ou un temple , de meme qu'ils donnerent a deux ( 122 ) cle leiirs rivieres les iioiiis cVOsIris et d'lsis^ pere et mere clu f'ondateur d'Alexia. Dans un autre Meinoire sur les antlquites du Fagus Alcxiensis,'^\. Maillard de Cham- bure a clierche a. suppleer au silence des his- torlens snr le sort d'Alexia et sur celui de Yercingetorix apres la victolre de Cesar. Pour ce qui est du heros gaulois , un seul auteur , Dion Cassius, qui vivoit pres de trois sieclcs apres I'evenement, et dout Tiniidelite est d'ailleurs connue, a dit que Cesar, apres avoir eminene Yercingetorix a Rome, I'avoit fait perir dans la prison ou il etoit renf'erme. Pour detruire cette assertion , I'au- teur du Memoire rapporte les propres paro- les dc Cesar (jui dit dans ses Commentaires qu'il donna un prisonnier ^ chacun de ses soldats en maniere de butin , a ta reserve des Eduens et des Auvergnats , esperant par-Ki regngner leur pays. Or , eut-ce ete un moyen b'en elficace pour se concilier I'aniitle des Auvergnats, que de f'aire perir un prince qui jouiss'oitparmi eux de la plus haute conside- ration tant a cause de son illustre naissance que de ses grandes qualites personnelles ? Cesar etoit trop prudent pour ne pas sentir comblen la mort de ce chef lui susciteroit d'ennemis. (123) Quant a I'lncendie et a la ruine d'Alexia par Cesar, Florusdont la fiJelite n'apuechap- per a to us lessoupcons, est le premier qui en ait parle. L'abbe Richard et d'autres ecri- vains modernes ont adopte, il est vrai , I'opi- iiion de Florus 3 inais ils n'ont fait que co- pier tine erreur sans pouvoir la consacrer. Cesar conservoit des desseins de paix avec les Eduens; et il eut sans motif incendie de sangfroid une de leursplus florissantes cites! II dit lui-raeme que tout le butin des soldats vainqueurs fut cette distribution qu'il ieur iit des prisonniersgaulois 5 et Ton veut qu'il ait abandonne au pillage une ville assez con- siderable pour recevoir comme il nous I'ap- prend une garnison de 8o,ooo hommes ! On objecteroit en vain que lors meme que Cesar eut incendie Alexia, il ne I'eut pas avoue dans ses Commentaires ; on connoit sa vera- cite a cet egard. Ilraconte sans en rien degui- ser la destruction de Genabum , le massacre du senat de Vannes et celui de 4^,000 Bitu- riges , etc. Toutefois il est certain qu'Alexia n'eut pas tou jours des vainqueurs aussi gene- reux que Cesar. Ses mines attestent plusieurs violensincendies. Mais quelle en futl'epoque? Ici M. Maillard de Chambure fait remar- quer qu'il a decouvert sur 1' emplacement ( '24 ) cV Alexia clenx couches de charbon et cle cen- dres separees par line couche de rulries et de debris. La premiere de ccs couches est vaste et pen epaisse , ce sont les restes d'une ville ctendueet coiistruite en plerres eten niarbre; la seconde est moins etendue et plus epaisse, elle provient d'une cite moins vaste et ou les constructions en hois etoient en. plus grand iionibre. Pour lixer I'epoque de ces deux in- cendies, I'auteur du Memoire faitremarquer que les meilailles d'Antonin qui representent le retablissement du temple d'Auouste avec I'indication de la 2,2^ puissance tribunitienne (TR. P. XXII) etant les dernieres dans I'or- drechronologique quel'on ait jamais trouve^es sous la premi ''re couclie de charbon , on peut rapporter le premier inceiidie a Tan de Rome 914 et de J. C. 160. Apres cette catastrophe, ajoute-t-il, Alexia rcsta long-temps ensevelie sous ses mines ; on n'a trouve que quelques raedailles de Marc-Aurele , peu ou point des onze empereurs qui lui succederent. Mais eel les de Maximien trouvecs en c;rand nom- hre sous la seconde couche do charbon , sem- Llcnt avec d'autres circonstances prouver la reconstruction d'Alexia vers le milieu du 3*" siccle. Elle I'ut embellie par les Gordiens dont les medaiiles ontete rencontreesdans los (,25) fonilations cl'nn cirque et dans celles cTun eti- bllssement thermal. Plus tard on volt encore Texistence d'Alexia comaie vllle irnportante, attestee par des nionu^nens numisinatl(|ues sons Tlieodose en 395. Ce f ut sur la fin de ce siecle on plutot an milieu du suivant, qu'A- lexia fut incendiee de nouveau , probable- ment par les Hunsou les autres Barbares qui fondirentdu Nord sur le Midi a la suite d'At- tila. II lul f'allut pres d'un siecle pour sorllr line seconde fols de ses mines; ninis on la retrouve deja en 534 > sous Tbeodebert, an iiombre des cites ou Ton battoit monnoie , et en 590 sous le regne de Gontran, roi de Bourgogne et d'Orleans. II paroit qne vers ce temps denouveaux mallieursfirentdescen- dre pour ]a dernlere fois cette ville du rang qu'elle occupoit dans les Gaules ; elle se de- peupla peu-a-peu; et vers la fm du ix^ siecle, il n'y restoit plus , selon le moine Heric, que quebjueshabitations qui vinrentseconfondre sous Louis XI, avec le bourg eleve sur le pen- chant de la monta^ne en I'honneur de sainte Heine. Au reste on ne sauroit douter, selon M.Maillard deChanibure, des destruction ssuc- cessivesqu' Alexia asuijiesades 6po;juesrecu- lees, lorsqu'on examine ses mines avec atten- tion. £neifet on suit encore sur la partie N. O. ( 126) du plateau cle la montagne et dans nn prolon- geinciit de cinq a six cents pas par le N. E. et leS. O., les restes d'une innraille constrnite dans le moj^en age avec les pierrcs calcinees desmursderanti'.[uex41exia,etdontlahauteur est en dedans de sixaneuf pleds eta I'exte- rieurde vingt-cinq aquarante pieds. M. Baudot, president de la Commission , s'est occupe dans un Memoire dont il a In sculement Tintroduction , de la description liistoricpie des antiquites celtiques, romaincs, du bas empire et du moyen age , composant le musee lapidaire de I'Academie. Aussitot que I'auteur aura mis la derniere main a cet ouvrage interessnnt, en s'cmpressera d'en rendre uncompte detaille. Tels sont, Messieurs , les travauxde votre Commission des antiquites depuis votre der- nier Compte rendu. Cette Commission en ta- chant de justifier les csperances qu'on en avoit congues, en faisoit naitre de nouvelles. Son influence conservatrice s'etendoit jnsque dans les moindres cantons, ou des correspon- dans,dont le zele egale I'instruction , sur- veillent les fbuilles et les decouvertes, pro- tegent contre I'ignorance et la cupidite les precieux debris des temps j^asses, et dir'gent ( 127 ) les loisirs des liabltans de la campaign e vers la recherche des inonumens eiifouls dans le sein de la terre. Secondee par la genereiise cooperation de M. le Prefet et du Conseil general , la Com- mission. pouYoitse promettre de rempllr dans toute son etendue la noble tache qui lui est confiee, et dont jnsqu'ici elle s'est toujours montree digne. Comliien auroit-elle a re- gretter que I'autorite superleure persistaC dans I'intention qu'elle a manifeste'e de refu- ser rallocation votee par le Conseil general pour les travaux archeologiques dans le de- partement de la Cote-d'Or ! Le Secretaire de ri^cademle a presente h la Commission un Memoire sous le litre de IXecherches sur les Danses des Morts , sur leur origin e presumee , et particu lie re merit sur cette question : Les Auciens ont-ils con- nu ces sortes de danses ? L'auteur considere les Danses des Morts comme monumens his- toriques, religieux, litteraires , et comme monumens des arts, dans les xiv^, xv^ et xvi^ siecles. Son Memoire devant etre imprime dans le present Compte rendu des travaux de I'Academie , nous n'en donnerons point ici Tanulyse. ( ^^8 ) HISTOIRE. Des antlquites a riiistolre proprement elite la transition cstnaturellc, sur-tont quand elle s'accorde assez avec I'ordre clironologique ^ et le point historiqtie qui va nous occuper a donblenient droit a nous interesser, puis- qu'il y est question du berceau de nos pre- miers a'ieux, et de I'origine du nom bourgui- GNOx , celebre par tant de souvenirs. M. Bechet, secretaire perpetuel de I'Aca- deniie de Besancon , a fait liommage a celle de Dijon ({'une Dissertation sur I'origine et le nom des Boiirguignons. Apres avoir etabli que les Bourguignons laisoient partie de la vaste confederation qui lutta si long- temps centre les forces de Rome, M. Becliet cherclie par quels motifs Tacite et Strabon qui ont decrit la Germanic avec tant d'exactltude, ne font aucune mention des BuTgundiones. Cluvier I'attribue au peu d'importance qu'avoit alors ce peuple encore a son berceau ; mais Pline qui vivoit vingt ans avant Tacite, les nomme et les place en tete de la premiere division de la Germanic. Mais Strabon et Tacite s'etendent tous deux sur un pcuple qu'iis nomzuent Semnones et ( 129 ) dont Pline a son tour ne parle en aiicune fagoii. Quelle peut etre la cause de ces deux omis- sions ? Les peuples ne perissent pas comme les individus , tout-i-coup et tout entiers. Ce- pendant que sont devenus les Semnones et leurs cent cantons si puissans du temps de Tacite? Qu'etoieut les Burgundlones avant Pline qui les met deja a la tete des cinq divi- sions de la Germanic? D'oii vient rpi'apres Tacite et Ptolemee , on ne parle plus de ceux- la. , et qu'avant Pline nul ecrivain ne men- tionne ceux-ci ? M. Becliet repond a toutes ces questions par un seul mot. Selon lui les Semnones n'ont perdu que leur nom 5 et celui de Burgun- diones en le remplagant, n'a fait que desi- gner cet ancien peuple meme par une deno- mination absolument equivalente. Ce peuple aux cent bourgs, qui falsoit par- tie de la confederation sue vique, et dont Cesar nous a le premier revelel'existence etlenora, celui que Tacite nous presente sous le noiu de Semnones comme fierde sescent cantons et de sa grande puissance, etoit, selon M. Pe- chet , un seul et meme peuple, designe tan- tot sous un nom, tantot sousun autre, et dont le nom que lui donne Cesar, Pagi centum ^ 9 ( i3o ) n'estqne la traduction litterale de son nom germaniqne (i) Burghunden (Pagi-centum) adopte par PUne , qui en y ajoutant une de- sinence latine en a fait le nom de Burahiui' dioncs, C'est pourquoi I'on ecrivit d'abord Jiur les sujets cc qui parlent le plus al'imagination ne sont cc pas les plus faciles a peindre ; et corame le cc nom de chevalier, le seul nom de trouha- cc dour est proprement une merveilie que cc tous les details ne peuvent surpasser. » La vie errante et aventureuse des trouba- dours oflroit a M. Foisset des details d'un vif interet. Le plus souvent il laisse les contemporains nous retracer ingenuement ( '36) cette naive hospitalite des siecles que noiTs nomnions barbares. II se complait a nous pehidreces poetescherls de rios aieux « s'eii « allans par les doujons et ])ar Jes cours re- cc sioiiir les princes j meslans cjtielqnef'ois des cc fabliaux qui estoient contes faicts a plaisir, « aiusi ([ue des novelles j des servantois aussi, « esquels ils reprenuient les vices, aiusy cc qii'en dessatyres; des chansons, lais, vire- cc lai-, sonnets, ballades; traitans voulun- « tiers d'ainour et paii'ois a I'honneur de « Dieu ; remportans de £Trandesrescompen- cc ses des seigneurs qui souventefois leur c* donroieiJt jnsqu'aux robes qu'ils avoient « vestues; iesquelles cesjugliors (jongleurs), « ne failloient de porter aux autres cours , a BIOGRAPHIE. La Biograpliie est encore de I'histoire; et Tanalyse suivante d'un article de ce genre presente aTAcademie par M. Foisset, prou- vera que I'liistoire litteraire conteraporaine ne lui est pas inoins Ikmiiiere que I'ancienne. M. FoissET a lu successivement a I'Aca- (i) Programme (?e la fete des fleurs, publie par le& Idainteneurs du gai savoir a Toulouse en i323. (i46) cleriiie sa notice sur le cardinal de Retz , qn'il sulfit de nomiuer ; celles qu'il a consa- crees anx deux Rucelldi ^ deux ecrivalns du sang de Leon X et dlgnes tous deux de leur ran<^ et de leur slecle ; enfin celles de notre docte compatriote Saumaise , dont le noni est reste le noni propre de I'erudition , et de Tavocat- general Servan , dont le barreau frangais gardera long-temps la memoire. La Biograpfiie universelle , en recuelllant ces notices, leur a reserve d'autres suffrages que les notres, et les usages de FAcadeinie ne nous permettent de jnger ici que la notice sur Bernardin de Saint-Pierre , dont elle a eu seule la confidence et qui ne sera point rendue pu!:>lique. Nous laisserons parler ici un de nos confreres, dont le jugement est absolument le notre, M. Lorain. « On ne sauroit, dit-il, analyser un article biographi- que.Ilnoussuflit de vous dire que M.Foisset, dans un genre cjui, pour etre prive de toute seduction, nen. a pas moins de graves dlffi- cidtes, saittoujours dissiinuler la secheresse d'une note chronologique, I'aridite des dates, des titres d'ouvrages, par la variete des for- mes, la nouveaute des tours ou des expres- sions, et je ne sais (juelle precision de jnge- mens litteraires qui ne laisse point apercevoir ( U7) _ leur extreme Lrlevete. Le biograplie possede aussi i'art de faire ressortlr en peu de mots les circonstances les plus decisives de la vie dont il est le href historieii. AI113I , dans cette notice, on volt rapiJement, et comme detaches de tout le rcste , i'enfance curieu- se et in([uiete de Bernaidln, ses gouts ro- manesques, ses ])etites meditations solitai- res, et je ne sais quoi de singulier qui fait pressentir sa destinee; puis , bientot, cette vie aventureuse et agitee, remplie par les voyages, la guerre, I'amour, les reves et les bons ecrits. Tour-a-tour irrite contre son college , contre la mer et ses iles ; passant de cliez les jesuites , ou un entliouslasme reli- gieux le poussoit dans les rangs des mission- iialres , a I'etude si positive des matliematl- ques; ofiicier des ponts et chaussees , blesse, destitue, il court a Make se battre contre les Turcs. Trompe dans cet espoir, sans emploi, sans amis, sans ressources , il vend secrete- ment ses habits , se refugie en Hollande et fuit bientot cette terre commerciale pour chercher fortune a la Cour de Catherine II. Sous une souveralne absolue , dont il aurolc pu , dlt-on, devenlr I'amant, honore d'un grade et d'une gratification, il ecrit snr I'af- franchissement des serfs et presente le plan ( 148 ) d'une republlque , renvoie son brevet, re- fuse la fille d'un des generaux de la Czarine et se mele aux troubles de la Pologne. Pri- sonnier, tourmente d'un amour illustre et orageux, 11 traverse iaPrusse, la Saxe, toute PAllemagne, sans se fixer nulle part. De- eoute du continent, il veut civiliser Mada- sascar, tente en vain de reformer le repime interieur de File de France, et revient a Paris avec moins d'illusions et non moins de pau- vrete. Joue par une coterie celebre , il s'isole de son siccle, 11 aime Rousseau avec passion, il ecrit, et arrive a la revolution fran(^aise avec une belle reputation litteraire. II tra- verse ces temps funestes avec lionneur , fait entendre une voix eloquente et morale au milieu de la depravation contemporaine, et meurt charge d'ans et de gloire, lien myste- rieux de deux litteratures diverses. Je ne fais , Messieurs , que dire sechement ce que M. FoissET a orne autant que le permettoit la nature de son travail. Vous avez trouve dans sa notice la peinture fidele et variee des differentes situations de Bernardin de Saint- Pierre, une appreciation juste et eloquente de ses divers ecrits , des anecdotes piquantes sur des personnages celebres , enfin des aper- ^us pleins de finesse sur I'influence de ses ecrlts. Rlenn'est omis de ce qui doit vivement caracteriser rhomme, I'ecrivain , le mora- llste. Mais ce qu'il faut louer sur-tout , c'est que M. FoissET ait admire franchement Bar- nardin de Saint-Pierre , queJque difference qu'il puisse y avoir entre les opinions du pliilosophe et celles de son biographe. Une vie aussi passionnee,une ame aussi ardente , aussi susceptible , a sans doute des erreurs a se reprocher, des inconsequences a se I'aire pardonner ; mais M. Foisset a ete recon- noissant des emotions deiicieuses que chacun. de nous a puisees dans les bons ouvrages de Bernardin : ii ne traite done severement au- cune de ses croyances, aucune de ses actions; il craint d'attaquer le coeur de I'ecrivain puis- sant qui a si bien trouve le cliemin du notre. Ce que ses ennemis ont dit,il ne le croit pasj ce qu'iJs ont conteste, il le prouve ; ce qu'ils ont soupconne, il le blame; ce qu'ils ont calomnie , il le justifie. II s'est pr^>?erve jusqu'au scrupule de cette critique basse et malliabile qui, parson injustice meme, con- sacre et augmente cliez tons les caracteres nobles les reputations qu'elle vent ebranler. » Quelques citations trouvent naturellement ici leur place. « En calomniant le caractere « de Bernardin , dit M, Foisset , renvi© (i5o) cc meme n'a pas ose refuser ses eloges a ses «c oiivrages. Anssi susceptible, mais plus « Iieureux que Voltaire lui-meme, ii a trouve cc la posterite dans ses coutemporains ; et sa cc gloire litteraJre passera de la generation « preseiUe a celJe qui nons succede, aussi pu- ce re , aussi ent'ere cjue ses ])remiers adinira- « teurs nous I'avoieut transuilse. LaRevolu- « tiou , en sej)arant vioJemment ie passe de La beaute n'est done point uniquement chose de mode et de fantaisie 5 car elle est en rapport avec notre nature , et il y a dans notre nature quelque chose d'immuable , ( ,58 ) quelquecliose qulcoiibtitue riiomme et qu'il ne pent detruire. La mode change, dit M. RiAMBOURC , la faiitalsle passe ; mais la na- ture , maitrisee quelqnef'ols, modifiee le plus souvent , corrompue , dopravee a certaines epo(jucs^ n'est jamais totalement aneantie. II y a done dans le beau quelque chose de reel etde fixe. Uue chose n'est pas belle des qu'il se trouve un sot qui i'adinire. Mais elle est belle si elle plait ^ un grand noaibre d'hommes j non parce qa'elle leur plait, niais parce qu'elle est manifestement en rap- port avec leur nature, avec ce qu'ils ont de conimun dans la maniere de j tiger et de sentlr. Du reste il est des beautes de p^isieurs ordres et de plusieurs genres : de la ceLte infinie diversite d'opinions parmi les hom- ines. Chacun se decide et se passionne en. cela suivant ses dispositions individuelles, c'est-a-dire , suivant le rapport qui existe entre les objets et sa nature propre ; car les: liommes, quoiqu'ils se ressemblent tons par le fond de leur nature, se distinguent tons les uns des autres par une physionomie par- ticuhere. Ainsi, bien qu'il y ait dans le I)eau1 et dans le sentiment du beau quelque cho- se d'immuable comme il y a dans la na- tnre humalne un fond coinmun auquel tons les homines partlclpent, le gout aclmet des preferences personnelles, des nuances rela- tives , et la beaute ne doit pas etre circons- crite d'une maniere trop absolue. II y a plus. Le meme lioinme ne pent pas toujonrs jnger de la meme maniere , parce que sa nature se modifie avec I'age. II est , dit encore M. RiAMBOURG , des beautes pour les dif'ferens Iiommes, des beautes pour les differens peu- ples 5 elles sont sd?urs , mais elles ne sont pas une seule et unique beaute. II ne faut done pas se hater de condamner les beautes que I'on nomme locales et qui reposent sur des prt^juges nationaux, snr des croyances populaires , sur des rapports dont riiarmonie ne pent etresentle par-tout. Mais il faut se garder de les confondre avec ces monstruosites sur lesquelles une longue habitude pent faire illusion a tout un peuple, Les beautes locales frappent moins fortement le sens general , mais elles ne le blessent point : ce qui choque le sejis general n'cst autre qu'une discordance que notre nature repousse , qui des-lors n'a aucun rapport avec elle et n'a rien de commun avec la beaute. Mais si la beaute, meme relative, a ses conditions , le gout qui la discerne a done ( i6o ) des rejrles. Le sentiment livre h lul-meme est vai^ue etqnelqnef'oistroinpeur. Pour pre- ciser ses impressions, pour s'assurer de leur justcsse, il fant que I'esprit compare et rai- sonne. Plus nos moyens de connoitre s'eten- dent, plus le gout s'epure} et c'est alors que I'esprit u'oljservation , cherchant la cause de rjjnpression que le l-eau fait sur notre ame , la rapporte a des princlpes fixes et invaria- Lles , j)uises dans une etude approfondie de iiotre nature. Ainsi s'eleve Tautorite des re- gies qui certes n'ont rien d'arbitraire , puis- qu'elles reposent sur la connoissance intime de tout ce qui est immuable dans I'homme. Elles ne creent pas le beau; mais elles nous enseignent a le mieux connoitre 5 elles le degagent des defauts qui le deparent ; elles assurent le gout contre I'lHusion des disposi- tions individnelles. C'est la raison qui les ap- plique; mais c'est du sentiment qu'elle les a revues. Craignons toutefois de ne pas assez distin- guer le gout et la raison. On pent avoir beau- coup de gout sans se douter des regies , et raisonner juirfaitement sur les regies sans avoir le moindre gout. Pour porter un juge- ment sur, il f'aut etre done tout-a la-i"ois d'un tact delicat et d'un esprit juste et orne : car , ( i6. ) pour repondre en deux mots a toutes les dif- ficultes que notre confrere presente en com- niengant son memolre, le gout est un senti- ment que la nature seule peut donner et que la raison doit ensuite eclairer et conduire. Telle est enef'fetlaconclusion des reflexions de M. RiAMBOUKG. Vous regretterez sans doute , Messieurs, dans le resume que nous hasardons, cette clarte d'exposition qui dis- tingue a un si haut degre notre confrere et qui nulle part n'est plus remarquable que dans son trop court memoire sur Le Beau, M. Vallot fait part a TAcademie de Kd^ Jlexions sur le r^cit d^un songe rapporte par le P. Androl et repetS par Dom Calmet. L'auteurdemontre que la source de ce recit est Tanecdote relative au songe extraordi- naire de Jean Carre, membre du Parlement de Bourgogne. Cette anecdote, consignee par Philibert de Lamare dans son ouvrage sur les freres Guyon , a ete denaturee par le P. Androl : ce Celestin a brode le recit et I'a rendu meconnoissable en y rattachant des details extraordinaires , fruits de son imagi- nation. Dans cette notice, M. Vallot a eu pour but de confirmer I'opinion ou il est, que les recits les plus etranges ont toujours ( '62 ) nne base reelle, et qu'en la deconvrant on dissipe le merveilleux a Tadoption dm^uel les homines sont si encliiis. PO£SIE. M. Bressier que rAcademie se fellclte de compter aujourd'hul au nombre de ses raem- bres resldans , vous a presente , Messieurs , dans son discours de reception , des reflexions pleines d'interet sur la nature de I'apologue , genre dans lequel il a obteriu des succes bien connus. Parlant d'abord de la poesie en ge- neral : cc Quel esprit delicat, quelle oreille sensi- ble a riiarmonie n'en connoissent pas les charmes ! cc Son origine remonte a celle de la civilisa- tion : souple et se pretant a tous les tons, elle exprime tour-a-tour les accens de la joie, les plaintes du malheur, les plaisirs de la vie champetre, les orages des passions 5 elle ce- lebre les vertus , foudroie les vices, et par line destination bien plus glorieuse et vrai- ment digne d'elle, fait retentir la voute de nos temples des liymnes et des cantiques con- sacres a la louange de rEternel. cc Mais comme rien n'est a I'abri des atta- ques de Ten vie et du dedain de la mediocrite, ('63) la poesie a eu aussi ses detracteurs. Quelqiies esprits froids et retrecis n'y ont vu qu'une dlfficulte vaincue et I'art d'arranger des mots dans un ordre convenu. ccOui,sans doute , Racine et La Fontaine onlarrangS les mots de leurs divinsouvrages, conime Raphael et Rubens les couleurs de leurs tableaux, coinme Michel-Ange et Per- rault les pierres de leurs temples et de leurs colonnades. « Cette dlfficulte k vaincre,cette peine que necessite la construction d'nne phrase exacte et correcle, en observant les lois du nombre, de la mesure et de la rime , tournent au pro- fit de Tecrivain, quand il devient prosateur : on reconnoit dans ses periodes I'harmonie dont il a contracte I'habitude , comme la li- queur la plus commune qu'on met dans un vase ou une essence precieuse a ete renfer- jnee auparavant, en exhale le douxparfum. cc En tourmentant,pour ainsidire,sapensee pour la soumettre aux regies de la versifica- tion , le poete trouve plusieurs mani^res de la rendre ; il fait sans s'en apercevoir des decouvertes dans I'art d'ecrire , et sa prose s'enrichit par les obstacles qu'il eprouve h developper ses idees en vers. « 11 ne cultive done pas un art futile, celui ( i64) qui , fatigue d'un travail sec et abstrait , se clelasse quelques instans dans le commerce des Muses : il y trouve une distraction aussi profitable qu'elle est douce. Qui pourroitlui en fa ire Tobjet d'un reproche? Comment de- fendre au voyageur qui a marche une grande partie du jour dans les sentiers escarpes d'une montagne aride, de s'arreter dans un vallon riant, qu'il trouve sur son passage ? cc Je n'ignore pas, IMessieurs, que je plalde une cause qui est dejagagnee dans vosesprits: ce n'est pas dans la patrie des Crebillon et des Piron , ce n'est pas au sein d'une societe qui compte parmi ses membres plusieurs fa- voris d'ApoUon, que I'liomme d'affaires qui s'occupe de vers a besoin d'apologie. cc II ne seroit pas plus difficile de justifier la preference (ju'il donne au genre de I'apolo- gue ; de tons ceux que I'art des vers embrasse, c'est celui qui semble particulierement lui convenir. cc Ce petit poeme resserre dans un cadre etroit doit tenter I'auteur dont le travail est souvent interrompu, et qui est force de de- rober en quelque sorte les momens auxquels ilpeut s'y livrer. Mais il a bien d'autres avan- tagcs pour le seduire : descriptions, dialo- l^ue , epigrammes fines , plaisanteries deuces, (^165) morale severe, quede choses dans son do- maine ! Le compositeur varie a son gre le rliythme, le tonetla couleur; nouveaii Pro- tee , il prend toutes sortes de formes : f ami- lier ou sublime, tantot il se joue au milieu des fleurs, tantot il prend un vol liardi dans les nues. « Vous n'attendez pas, Messieurs, que j'es- quisse ici la poetique de la fable : chaque auteur s'en fait une suivant la nature de son talent ; je me borneraia une seule remarque sur les deux principaux systemes de compo- sition suivis par les fabulistes. cc Les uns creentleursujet, pretent a leurs personnages des actions analogues a leur ca- ractere veritable ou de convention, pour en tirer le conseil utile qui a ete I'idee mere de leur travail : ils composent la fable pour la morale. « Les autreSjObservateursattentifs de la na- ture et de la societe , s'emparent de la plus legere circonstance que le hasard leur pre- sente ; ils la retracent en Tembellissant de quelques ornemens accessoires, et s'appli- quent ensuit^ k en deduire une moralite. des Grecs et cles Romains , de Tillustre ecole de Pytliagore, et de tant d'autres sages qui fnrent aussi de puissans leglslateurs r Je ne parle pas des Hebreux, cliezqui cette alliance de la Religion et de la poesie fut si excellente et si profonde que leurs croyances antiques semblent, pour alnsi dire, enivrees de tous les parfums de la poesie. Et voila pourquol, sans doute, on a toujours cru, meme au sein de I'antiquite pa'ienne , qu'on ne pouvoit etre poete sans etre inspire par je ne sais quoi de divin 5 tant la poesie et la Religion sont attacliees I'une a I'autre par un lien in- tinie , eternel ! La poesie. Messieurs, apres avoir cree les empires et donne des lois au monde , seduit et f'ortifie I'intelligence de riiomme , ne de- voit pas se separer de son ouvrage, Compagne assiduede la civilisation, meme alors que son role est devenu moins important, elle s'inte- resse aux progres des royaumes , celebre la gloire, ranime les nations fletries, entrame les homines au combat, et ^ait toujours don- ner des liymnes de deuil ou d'alegresse aux inalheurs ou aux prosperites des peuples. II n'estpas un seul sentiment genereux qu'elle n'eveille ; pas un seul mouvement de vertu qu'elie n'aille clierclier jusqu'au fond de ( ^74)^ notre coenr, pas un seul Jevouement qu^elle lie conseille , pas une grancle action qu'elle n'excite et qu'elle ne couronne. L'histoire de la poesie , Messieurs , c'est l'histoire de Tunivers. La poesie embelllt la vie de rhom- me , se mele a toutesles fetes; elle parle aux Dieux , elle nous parle des Dieux , anime et releve les beaux-arts k la tete desquels elle marche en souveraine , jette ses fleurs sur I'autel , invite au devoir et a I'lionneur; et pretant sans cesse son eloquence persuasive anx chants nationaux, consacre a jamais les grandes epoques des siecles et les imperls- sables souvenirs du courage et de la vertu. C'est alnsi, Messieurs, que cette definition, inoderne est d'autant plus vraie , qu'on Tap- prof bnd it davantage : La poSsie est tout ce qu'lly a de plus intime dans Vhomme. C'etoit done un sujet immense que le sujet de prix propose par TAcademie de Dijon : La poesie cdLe brant les grands evenemens ets'as- sociant aux fetes publiques , dans les temps anciens et dans les temps modernes, Une telle matiere etoit digne, il est vrai, d'ins- pirer de beaux vers : mais aussi quels ecueils a eviter ! La simple meditation des termes du concours rappelle d'abord a I'esprit assez d'idees generales, assez d'apercus purement I tlieoriques , pour conteiiir le gcrme d'un ou- vrage plein d'interet. Que sera- ce, sidessorn- mites metapliysi([ues d'un pareil snjet , on descend aux falts particuliers , a I'exaraen des details, an clioix des evdnemens et des Jetes?\je poete dedaignera-t-il rapplication pour s'arreter a des verltes plus vastes et plus independantes ? II risque de devenir frold et obscur. Se jette-t-il dans les peintures liistoriques ? Quelle inepulsable variete d'ac- tions, de chants et de fetes ! L'auteur sait-il se borner, cominencer et fmir ? Parlera-t-il de notre poesie sacree, qui a des elegies pour toutes les douleurs et des cantiques pour tons les triornplies? de la poesie orientale, ou des reclierches nouvelles decouvrent tant de beautes et d'lmagination? de la poesie chez les Grecs, ou elle faisoit en quelque sorte partie des institutions publiques ? de la poesie cliez lesRomains, ou les mer veil les en furent plus tardives, comme si elle ne devoit eclore chez eux que pour les consoler de la perte de leur liberte ? des poesies septentrlonales qui chanterent d'une voix vigoureuse et quel- quefois toucliante, les combats, les senti- raensducoeur, les lieros et les Dieux : Enfin, avant d'arriver a nos jours et a la perfection poetique de I'Europe inoderne , I'auteur ne (176) ^ donnera-t-Il point un sourire a cette muse,' tour-a-tour si naive et si gracieuse, si gaie et si elevee, qui, nourrissant les feux de I'a- mour et de la clievalerie , jette un eclat sin- gulier sur les temps du moyen age , juste- ment appeles les temps heroiques de notre histoire? Etles prodiges de poesie de I'ltalie nouvelle, de la France et du reste de I'Eu- rope? Et cette lutte recente ou de nouveaux Grecs et d'anciens chretiens promettent au Christian isme et aux lettres des siecles de splendeur, et trouvent aujourd'liui, comme aux temps de Tliemistocle et de Pericles , des heros pour les mener a la victoire , et des poetes pour pleurer lamort des guerriers ? Qui pourra se saisir assez vivement du sujet, par des images rapides , par une conception brillante, pour contenter a la fois les sou- venirs des liommes lettres et les exigeances du genre lyrique , qui doit clioisir avec tant de gout et executer avec tant de feu ? II etoit permis , Messieurs , de desesperer du succes du concours. Cependant, telle est la puissance et inspiration d'un grand sujet, que le talent y trouve naturellement sa place. Les concurrens no rempliront pas , sans doute, I'ideal que chacun de nous s'est cree; mais seroit-il juste de liiniter I'essor du genie? ( 177 ) II ne s'assujettit point a notre impatience; il est libre dans sa force , et de bons vers doi- vent I'absoudre du reproche d'avoir trompe des esperances individuelles. C'est dans ces dispositions que FAcademie a aborde le jugement de ses deux concours. Dans le premier , onze pieces de vers etolent destlnees k son examen. Huit ne lui ont point paru meriter de fixer son attention : elle n'en dira done rien. Qu'on juge de leur f'olblesse bizarre par ce trait de I'une d'elles, qui parle de I'Apocalypse , parce que , re- marque I'auteur, le livre de I'Apocalypse a celebre un grand evenement ^ la lin du Monde. Trois places seules etolent dignes d'une attention serleuse : I'une, sous le n^ 2,, porte cette epigraplie : Sic honor et nomen divinis vatibus atque carminihus venit. La seconde, sous le n'^ 7, porte pour epi- graplie : Digniim laude virum musa vetat mori. La troisleme , sous le n*^ 11, porte seule- tinent ces mots : Musa vetat mori. Le n^ 2 a envisage son sujet sous une forme [elegante et rapide. Son style est vlf , hard! sans neoioglsme. II appartlent a une excel- lente ecole de poesie ; il unitpresque toujours 12 ( >78 ) la purete de la diction aTeclat et^la jnstesse des images. C'est nn talent bientot mur , au- quel de grandesesperances doivent s'attacher. L'ode commence : Que me sert de dormir sur le sein de la gloire, De promencr par-tout mon char victorieux, Si nul poete , airae des cieux , Dans ses chants immortels n'ilhistre ma memoire? Ah ! pourquoi loin du mien s'eleva ton berceau , Homere ^ dieu de I'harmonie? Poiirquoi ton sublime genie N*a-t-il pas de ma gloire allurae le flambeau? Ces genereux regrets tourmentoient Alexandre : II manquoit une lyre a I'^clat de son nora j Et son coeur demandoit , jaloux d'Agamemnon ^ Une Iliade pour sa cendre, Cedebut noble etslmple,vif et liarmonieux, promet encore de plus belles strophes. Parlant de la poesie : De leurs exploits sans cesse elle entretient la terre. Quel triomphe, en effet, pour les guerriersd'Homere, Quand ses vers voyageurs de cites en cites, Sur la lyre etoient repetes! Les vallons de Tempe, les rives du Permesse Repondoient aux accens de la foule en ivresse; Les vents portolent aux cieux les noms de ceshei'OSj Et le cygne argente jouant parmi les roses Aux bords de I'Eurotas ecloses, Pour ecouter ces chants , sVrretoit sur les eaux. (179 ) Ainsi , lorsque ties iiuits la pale souveraine Fait luire a i'iiorison son cliar silencieux^ Rassemble pres du golfe , ou, telle qu'unerelncj Naples leva un front radieux, Le peuple cliante en choeur Jerusalem conquise, Renaud , Argant , Tancrede, et leiirs vaillans exploits, Et le sage Bouillon , sur le croissant qu'il brise , Deployant I'etendard ou rayonne la croix. Le zephire se tait , I'onde reste attentive , Le Hot plus doucement vient gronder sur la rive, Et les sons prolonges de ces joyeux concerts Se perdent lentement au sein bruyantdes mers. Pills le poete cliante les prodlges cle la lyre de Tyrtee , et par une transition naturelle , la lutte memorable et glorieuse que soutient cle nos jours la Grece nouvelle : lutte clire- tienne , a laquelle les peiiples chretiens, et la France la premiere , dolvent noblement s'in- teresser , et dont nul Iiomme , ami de la gloi- re litteraire , ne pent se rappeler les vicissi- tudes , les desastres et les victoires sans y me- ler en soupirant le nom et la mort de lord Biron. Permettez-moi, Messieurs, de louer le poete par de nouvelles citations. Les Germains sont soumis ; les coursiers de la Thrace Bondissent maintenant sous le joug de Cesar, II triomplie dans Rome j et la muse d'Horace (.8o) Sur le cliemin sacre guide a pas lents le char. Ecoiitez les sons de sa lyre , Les coeiirssont pleiiis d'un doux delirCj Les cris s'elevent jusqu'aux cieuxj Pres du lieros la muse vole j Avec Ini monte au Capitole, L'ombrage de lauriers et rend graces aux Dieux. Qiiand les chars, dans Elis, devorant la carriere, Soulevoient a longs flots i'olynipique poussierej Qtiand les cestes pesans, avec peine elances , Voloient aux pieds de la barrierej Ou qu'enfin les lulteurs , I'un sur I'autre presses, Dans I'arene , en tombant, rouloient enlrelaces, Fille auguste du ciel , l)rillante poesie , Cest toi qui presidois a ces concours joyeux : Tu versois aux rivaux ta coupe d'ambroisic, Et tu parois de fleurs le front victorieux ! Pour secouer ton joug, la Sibylle ecumante De ses cris inspires ebranloit Ips autels , Et ton souffle qui la tourmente Reveloit par sa voix les destins des mortels. Ton fer sacre frappoit la victime expirante , Dans les temples des Dieux tu repandois I'encens, Ta flamme sur les monts egaroit la bacchante , Et les bois de Dodone exhaloient tes accens. A des jeux plusbrillans tu vins t'asseoir naguere, Lorsque Louis, du tr6nc epuisant les splendeurs, Dans Versaille , etonnoit la terre De sa pompe et de ses grandeurs. Les muses a I'envi lui rendirent hommage j ( i8i ) Mais , a I'heure fatale ou tous ces monumens Tomberoot engloutis dans iin commun imufragej Ta voix , encore jeune, et dominant I'orage , Retentira pour lui sur I'ablme desans. DepareilsverspressoienteloquemmentrA- cademieclecouronnerunouvrage si reniarq Lia- ble. Cependantplusieursendroits foibles, une strophe presqu'entierement defectueuse , la troisieme, deparent raalheureusement cette bonne composition. L' Academic a pense en- core que le poete avoit consacre au lameiix chant de la Marseillaise nn eloge pen mesure. Ellen'apointeconte,dansson jugement,lapar- tialitede I'opinion.Elle salt quelle prodigieuse influence ce chant celebre a eue sur les armes frangaises. A Dieu ne plaise qu'elle repudie jamais le noble patrimoine de la gloire mili- taire de ia France! Mais elie a cru que le souvenir de cette chanson guerriere , d'ail- leurs moins remarquable par la poesie elle- jneme, que par I'air raagnifique qui I'accoin- pagne , se lie trop intimement a. des souve- nirs douloureux, a des exces peu ou biles , pour qu'il soit possible , a une epoque si voi- sine de nos victoires et de nos malheurs pu- blics , de separer dans leur cause et dans leurs effets rentliousiasme guerrier et i'en- thousiasme revolutionnairede laP/larseiliaise. ( ,82 ) Enfin Tauteur a neglige de demander des inspirations anos poesiessacrees. Cette lacune a paru trop importante pour que, jointe aux reproches qui precedent , elle permit d'ac- corder au poete le prix dont ii a d'aiileurs si nianifestement approche. L'ode , n** 7 > se recommande aussi par de grandes qualites. Malheureusement elle s'est asbujettie a une marche didactique qui glace et decolore le sujet. Malgre la lenteur de son plan, le poete qualifie avec rapidite et tme lieureuse variete de ton plusieurs poemes epiques, le regne d'Auguste et les poesies des troubadours. Devant des cohortes timides, Lasses de dix ans de travaux , Je vois des guerriers intrepides Fuir lachement vers leurs vaisseaux. Mais soudain , bouillant de courage, S'elance au milieu du carnage Un fier et superbe lion. Achille paroit, Hector torabe, Et tout entiere dans la tombe Avec lui descend Ilion. Des murs bnulans de sa patrie Emportant son pere et ses Dieux, A travers une onde en furie , S'avance un monarque pieux. Deja toucliant Ics rives sombres 3 ( i83) Enee interroge les ombres Qui lui revelent ses destins : En vain Junon arme la terre; Le heros enchaine la guerre Aupres du berceau des Romains. Soutien de la cause commune, Pompee, a I'ombre de son nom , Centre Cesar et la fortune Oppose et les Dieux et Caton : Mais trop grand e pour etre libra , La reine orgueilleuse du Tibre, Rome, a son tour, doit obeir. Pompee en vain reprend I'epee ; Pharsale condamne Pompee : II fuit, et Caton va mourir. Quel bras , arbitre de la terre , Fermant le temple de Janus, Des mains du Parthe tributaire , Recoit les drapeaux de Crassus? Au bruit des banquets et des fetes , L'Aigle sur ses foudres muettes, S'endort fatigue des hasards. J'entendsla maitresse du raonde , Au milieu d'une paix profonde, Repeter le nora des Cesars. Loin du beau ciel de la Provence , Loin de vos premieres amours, Partez , erifans de la Durance, Joyeux et naifs troubadours. Allez, voyageurs et poetes, Promener de fetes eji fetes ( i84 ) Vos ell an sons et votre gaite, Et chens des preux et des belles ^ Celebrer sur vos luths fideles Et le courage et la beaiite. Ces vers oii Von trouve k la fois de la force et de I'elegance , de la precision et de la grace , des images tour-a-tour grandes et douces, assuroient a cet ouvrage la seconde place dans I'estime de TAcadeinie , et font ■vivement regretter que I'auteur , outre le facheux contraste de belles strophes et d'ex- tremes negligences, n'ait point evitelesfautes auxquellesle conduisoitinfailliblementlade- fectuosite de son plan. Un debut eleve , plusieurs strophes a re- tenir, un ton noble et prophetique , avoient fait esperer d'abord que I'ode , n^ 1 1 , reu- niroit tous les suffrages et parviendroit a la couronne. Malheureusement, I'auteur fati- gue de ses premiers vers , tombe subitement au-dessous de lui-meme , et se traine ainsi jusqu'a la iin de sa piece. Mais, sans oublier que le poete a laisse son ceuvre imparfaite , jouissons du moins des beautes peu commu- nes qu'ila repandues dans plusieurs strophes. Quand le tigre , assoiivi dans le sang de sa proie y En disperse dans i'air les niembres palpitans, Quelquefois il s'arrete , et contemple avec joie (^85) Les restes decliires de ses festlns sanglans.' Tel, arretant enfin sa course vagabonrle , Aiix travaux des humains insiiltant d'lin sourls, Et, penche siir sa faux, le destructeur dii monde En contemploit un jour les augustes debris. cc Les siecles, dans leur course insensible etrapldej Incessainment pousses dans la nuit du chaos , Ne laissent apres eux qu'un bruit vague et timide , Semblable au bruit d'un flotmourantsous d'autres flotS;^ Le genie, exile du sejour du tonnerre , En vain confie au marbre un leger souvenir j L'Helicon est muet, et I'honinie sur la terre Au-dela du tonibeau n'aura point d'avenir. Qu'etes-vous a mes yeux, pyramides altieres, Sable vain , que niou soufile un jour dispersera? J'arraclierai du ciel ses tremblantes luniieres} L'univers est a moi , I'univers perira. L'orgneilleux roi des airs, qui cliancelle et s'egarcj Sans force et sans eclat, un jour aura vecu... » II dit : Phebus I'entend. Sans repondre au barbare, Pliebus inspire Homere , et le temps est vaincu. Plaisirs des demi-DieuxI Solennit^s d'Atliene! D'Orphee et d'Amphion reveillant les accords, line cythare en main, I'auguste Melpomene D'un peuple genereux exalte les transports. Peuples, appiaudissez aux enfans du genie I lis tienuent en leurs mains le sort des nations ; Tyrtee, au son vainqueur de sa male harmonie, Vitsuccomber Messene ecfuir ses bataiUons. ( i86) Comme aux jours du })rinteinps, la terre rejouie iJoit a I'eclat iles f'eurs iin doux enchantt^ment, Des pompes de Corinthe ou des jeux d'Olympie^ La lyre d'Apollon fut toujours I'ornement. Les heros font vole r I'olympique poussierej lis seront conronnes de lauriers solennels : Mais I'oubli les attend au bout de a carri^re... Prends ta lyre, Pindare, et qu'ils soient immortels! Vous avez admire , Messieurs ', vous re- gretterez avec rAcaclemie que la verve du poete ne I'ait pas soutenu plus long-temps. Combien nous aurlons desire que Tune de ces pieces , toutes trois remarquables k des litres bien diflerens, eut d'abord enleve tous les suffrages par une plus grande perfection ! Mais I'Academie , en leur refusant la cou- ronne , avoit trop bien apprecie les ricliesses de son premier concours, pour renoncer a I'esperance de couronner plus tard les vers qu*elle ne pent quelouer aujourd*liui. Aussi le meme sujetfut-il maintem', et la valeur du prix augmentee. Elle se llattoit alors que la strophe viciei.se, quelquesendroits negliges, et I'eloge, imprudent peut-etre , de la Mar- seillaise, disparoitroient de I'ode n° 2; que le meme poete se hateroit de cliercher dans nos livres saints des inspirations nouvelles qu'il meritoit si bien d'y puiser. L'Academie se flattoit que le n" 7 , en conservant les char- ( 18/ ) mantes stroplies que vous avez entendues , corrlgeroit la lenteur clesesperante de son travail lyri que 5 que len^ ii retrouveroit des forces pour acliever glorieusement satache; et qu'ainsi , dans cette seance solennelle , libres de choisir entre les rivaux d'un double concours, nous pourrions couronner un ou- vrage plus parfait et plus dignement recom- pense. Ces esperances n'ont point ete remplies. Des trois poetes honorablement accueillis a la premiere epreuve , qui devoient nous rapporter leurs vers avec des corrections que les remarques de I'Academie leur rendoient moins dif'ficiies, un seul s'estrepresente, mais si peu different de lui-meme,que I'Academie a du persister a ne lui accorder qu'une simple distinction. Le seul cliangement, dont on puisse le feliciter , c'est d'avoir reproduit avec plus d'elegance uu liommage a. la muse du Tasse : Au bruit d'une oncle qui murmure , Sous des berceaux de myrtes verts , TJn jeune hei'os, sans armure j Dortoublie de I'univers. Tout-a-coup le fer etincelle , Un guerrier s'avance et I'appelle; Renaud I'entend, baisse les yeux j Et s'arrachant des bras d'Ariaide, ( iB8 ) Ressaisit le glaive homicitle j Et court Jelivrer les saints lieiix. Mais ce leger merlte ne pouvoit faire ou- blier I'absence de gout et de toute poesie dans un asscz grand nombre de vers, et sur-tout dans la strophe ou Marengo et 1 rocadero s'e- tonnent de rimer ensemble. On ne doit pas non plus tenir compte a. I'auteur d'avoir cru reparer de graves negligences en substituant aux noms de Jemmape et d' Austerlitz , qui ter- minoient autrefois son avant-derniere strophe, les noms plus recens d'Angoul^me et de Cadix. Dix autres ouvrages, nouyellement arrives, out paru si vulgaires desla premiere lecture, qu'ils n'appeloient pas meme un serieux exa- iiien. Enfin, une douzieme piece, re^ue der- nierement par I'Academie , avec cette epi- graphe : Le Gdnie est le Dieu des ages , a seule merite les honneurs d'une discussion lon^ue et aniniee. Ce ditliyrambe n'a point echappe au re- proche, applicable d'ailieurs a tons les con- currens, d'avoir oublie le cote philosophique du sujet, pour parcourir, comme une bril- lante galerie , la plupart des litteratures an- ciennes et modernes. On devoit lui reprocher aussi de Tembarras dans le debut, quekjucs ( i89) defauts de transitions , un sens parfois equi- voque, et des ef'fets pen gradues. Mais il auroit fdllu se montrer plus offense des imperfec- tions de Touvrage que touche de son merite, pour ne pas s'accorder a reconnoitre au poete un talent veritable quoique obscurci par plusieurs taclies. EUes sont rares du moins dans ces vers, ou les inspirations du sentiment religieux secondent si puissamment les elans de la muse lyrique. Caclie-nous , muse de Lesbos , Les pleurs que tu repands surle lutli d'Eolie; Brise, heureux chantre de Theos, Brise cette corde amollie 5 Et vous , qui, parmi les festins, Vous hatez d'epuiser un vulgaire delire , Silence!. Vos accords n'auront d'autres destins Que le destin des fleurs qui ceignent votre lyre... Silence ! n'entendez-vous pas L'echo des temps lointains retentir et vous rendre Les chants de Ja patrie et le bruit des combats.... Qui,sur le coursdes ans,vers noussemblentdescendre Comme un vaisseau que guide une puissante main, Des siecles emportant la poetique cendre Et les destins du genre humain ? Ecoutez ! Ecoutez !... Guerriere , prophetesse, Vierge amante , reine , pretresse , La muse de Sion , en tous temps, en tous lleux, Chante, pleure ou benit , I'oeil tourne vers les cieux : ( '9° ) Aux Hebreux fugitifs ouvre les raers profontles, Suspend le flot li(jui'!e ainsi qu'un mur d'airain, Conduit Israel par la main Dans le sentier ou mugissoient les ondes; Puis, lorsque Pharaon y pousse avec ses chars Ses soldats , ses coursiers, ses flottans etendards Surmontes de leurs Dieux iinmondes, D'un souffle elle abat ces remparts, Et , comnie un plomb rapide ou la pierre qui tombe, Le plonge fremissant dans I'abyme des niers, Sur lui , comme un filet , etend les flots amers, L'engloutit dans sa tombe ! Mais, au bruit murmurant de I'onde et des zephirs, J'entends gemir des voix, s'exhaler des soupirsj L'Euphrate a vu s'asseoir a Pombre de ses rives, Les filles de Sion et les tribus captives ; Elles pleurolent loin du Jourdain... Au saule echevele leurs harpes suspendues Languissoient detendues. cc Plutot que de chanter pour un maitre inhumain, cc Disoient-elles , grand Dieu ! que ma harpe brisee, cc Livree au cours des flots, ne rende plus de sons; cc Que ma langue a jamais glacee cc Perde le souvenir de nos saintes chansons I 55 Deja , des rives du Jourdain , le poete nous transporte dans le palais du roi de Perse, au milieu de la desolation qui suit une grande infortune. Les Grecs ont triomphe du grand roi. ( 191 ) De longs cris de douleur ces palais se rempllssent, Des femmes, des vieillards, confusement gemissent. O fils de Darius !... tes destins ont change ! Car, c'est lui que je vois, dans sa detresse amere y Le front baisse, muet, presenter a sa mere Ce carquois vide , helas I qui ne Pa point venge I Acethommageau genie guerrier d'Eschyle succ^dent, dans une brillante enumeration, les louanges d'Homere, de Pindare et de Tyrtee. La strophe, ou est caracterise le poete de Thebes , nous paroit remarquable par sa rapidite : A travers la poudre olympique, Lancez, pressez, pressez Vos coursiers lialetans; Le laurier qui ceindra votre front hero'ique Restera vert pour tous les temps. Du geste et de la voix Pindare vous anime 5 Elevez vers le ciel un regard radieuxj Le poete a nomme le vainqueur magnanime 5 Le vainqueur est I'egal des Dieux. Cette plage sanglante, affreuse, inhabitee, Qui done y conduisit le silence et le deuil? Sparte aiguisa son glaive aux accens de Tyrtee : La Messenie est au cercueil! Ces beaux noms rappellentun peuple qui, de nos jours, recommence ses destinees et sa gloire : O tombeauxoublies I Poussiere de Mt'ssene I ( ^92 ) Qiioi ! ne vous eveillez-vous pas?..r Quels guerriers , quels heros descendus dans la plains, Aiix flots du Pamisus, tout poudreux , hors d'haleine. Lavent le sang qui teiut ieurs bras?.., Des artres escarpes du Taygete sauvage Un chant belliqueux est parti. Ce cri de la vengeance a peine a retenti y Vousavez brise I'esclavage, Fllsd'Helle, vous chantez, enivres de carnage : cc lis etoient vingt contre iin j ils ont pourtant pali : cc lis sont tombes devant les braves de Souli. cc Leur coursier sait hennir et ne sail pas corabattre j cc Leur balle sait siifler et ne sait pas abattrej cc Ont-ils notre secret, pour etre les vainqueurs? cc Portent-ils la patrie et le Christ dans Ieurs coeurs? » Le poete revient sur ses pas ', il nous fait assister au berceau et aux triomphes de la grandeur romaine : Mais la muse m'entraine aux champs de Lavinie 5 J'aborde avec Enee et ses Dieux Phrygiens. Un cygne harmonieux redit, dans I'Ausonie, L'exil fortune des Troyens. Rome se cache encor sous lechaume d'Evandi'e , Le Tibre coule encor sans nom. Mais de gloireun bruit sourd deja se fait entendre. .. Ces bords enfantent JVdars, attendent Scipion, Ce Romain dont lefer, de la triste Didon Abattra les remparts, dispersera la cendre. Triomphe ! triomphel Komains! Au Capitole , Horace a fait fremir sa lyrej ( 193 ) Cesar, au cliar vainqueur, encliaine les Germalns Et le Breton, dompte par I'aigle de I'Euipire... Triomphe! triomphe ! Romdius... BientotTauteur nous entraine dans la nou- velle Italie. Pendant la nuit Ilenciense, Quand le bruit de la rame ebranle seul les airs , On entend une voix lente et melodieuse S'elever tont-a-coup dii sein caluie des mers. | La jeune jfillt! de Venise Chante dans son esquif les croises valeureux, Et I'iufidele en vain luttant contre nos preux , Et Tancrede, et Bouillon , et Solynie conquise ; Elle chante, et du nioins ce noble souvenir Qu'elle vient d'eveiller sur la lyre du Tasse, En consolant I'lieure qui passe Lui laisse oublier I'avenir. Ces vers, qui caracterlsent si blen les habi- tudes poetiques de I'ltalie moderne , promet- toient une peinture animee des fetes et de I'esprit chevaleresque du moyen age. Le concurrent a en effet celebre les Troubadours. Mais il nous semble avoir mieux reussi dans ces vers d'une touche ferme, ou il deplore I'indigence des chants nationaux parmi nous; Et toi , quels souvenirs t'emprnntera ma lyre? O noble France ! n'as-tu pas Assez de gloire, de combats Pouranimer un iuth q^ue la patrie inspire?.., i3 ( 194 ) Montre-mol quels grands noms ou qxiels fails eclatans Ta muse a ravis a I'histoire , Et couronries, pour toi , des rayons de sa gloire.... Aux bords emus du Rhin , je la vois, je I'entends Guider d'un cri vainqueur des escadrons flottans. Sous lesyeuxde Louis s'elancer dans les ondes Et troubler le vieux fleuve en ses grottes piofondes... Je la vois, s'attachant aux pas du grand Henri, Enlacer son laurier au panache d'lvry ; Je la vois, dans nos jours de verdge et d'alarmes, Bacchante , ivre k la fv)is et de sang et de larmes, Au bruit sourd du tambour precipitant ses pas , Enivrer de ses chants d'invincibles soldats; Ou, sur le pont fumant d'un navire sublime , Epouvantaiit les mers d'un cri de liberie, Braver 1' Anglais , les feux, la mort avec Herte Et disparoitre dans I'abyme... Mais quoi! n'altends-tu pas des efforts plus heureux? Ou seront tes Eschyle (i)?ou furent tes Homere?... Etla Gr^ce , si chere aux Dieux, Fut-elle ou plus feconde ou plus illustre mdre?... Toutefois,malgrelesdefautsquenousavons slgnales , rAcademie ne pouvoit balancer long-temps. Elle savoit que les societes litte- raires ne peuvent couronner un ouvrage qui presente des f antes graves et peud'ensemble; mais elle savoit aussi que sa mission n'est pas (i)Toutcs les tragedies d'E.schylesontnationales;ce n*est que isous ce rapport que je le considcre ici. ( Note ds I'auteur.) ( .95 ) moins d'encourager le merlte, que de conser- ver le gout. Elle devoit done hautement prefe- rer a une ceuvre foible, mals correcte, un chant inegal, mais souverit distingue. Elle ne pou- volt laisser passer sans un honneur public, un travail vigoureux, original, ou de tres beaux vers rachetent toujours les defauts le moins contestes. Elle a done unanimement accorde an n" 12 un accessit avec une me- daille de 200 fr. Par cette decision conciliante, par une cen- sure f'ranche des fautes qui revelent un talent jeune encore, nous avons voulu , Messieurs, rester fideles aux preeeptes d'une saine litte- rature, et donner a la fois d'utiles conseils et de salutaires exhortations au merite qui si- gn ore et qui pent s'egarer, sans risquer par une austerite de critique , de priver un poete inconnu du succes et de Temulation qui lui sont si necessaires pour devenir meilleur. C'est ainsi que, dans Tinteret des lettres dontle depot nous est confie, nous adoucirons toujours notre justice rigoureuse par des fa- veurs indulgentes , pour retenir la jeunesse, amante des vers, dans les routes du beau, pour apprendre aux poetes naissans h. respec- ter le gout et a se rendre, les premiers, se- veres a eux-memes dans leurs compositions ( 196 ) poetiqncs. Par-tout ou vous rencontrerez le beau, de quelque forme qu'il soit revetu, yous enlavorlserezla creation independante, en meine temps cjue , fernies dans vbs princi- ])es comme dans votre justice , vous repous- serez inexorablement tout ce qui vous parol- tra faux ou corrompu. Et ce noble but que nous proposons avec confiaiice a la jeunesse, que nous nous pro- posons a nous-memes, nous n'enserons point detournes par le mepris de I'ignorance , par les sarcasmes de la mauvaise foi. Si des plai- santeries dedaigneuses, bien etranges sur cette terre qui doit d ses souvenirs litteraires la plus grande partie de sa gloire, nous accu- soient de sacrifier des travaux serieux a des etudes legeres j sans rappeler cette foule de grands hommes de tous les temps, de tousles pays , dont nous desirerions pouvoir suivre les traces , et qui, tous, joignoient des occu- pations graves et solides a I'amour passionne des belles-lettres, nous aimerionsmieux clioi- sir un exemple parmi nous 5 nous redirfons a la malignite oublieuse ce que disoit I'un des plus grands ecrivains du dernier si^cle en louant son illustre devancier k TAcademie frangiise : « Ce savant f'aisoit ressouvenir la cc France de ces temps ou les plus aus teres ( 197 ) « maglstrats consommes comme liii dans I'e- cc tude des lois , se delassoient des fatigues « de leur etat dans les travaux de la littera- ndanle Eoanilie en flots ambres sa liqueur odorante. KcposoHb-nous dans res bosquets, Dit I'etrangor, ici dcit finir mon voyage } Oix trouvcr un plus doux ombrage? Au go de mes desirs, je vais boire a longs traits A cette source enchanteresse } E'le ne linra jamais , Et mes jours coukrout daus une longue ivresse* ( 201 ) ^ Blent6t ilvolt aupres de lui Un importun, le sombre enniu, Qui fletrit ce qu'il touche et va courant la terre Pour faire aux voluptes la guerre, Le voyageur surpris appellele plaisir j Et prive meme du desir, D'une main languissante il cueilloit une rose; Mais... terrible metamorphose ! Les fleurs se changent en serpens Qui, dressant tout-a-coup leurs tetes renimeusesj Lui font des morsures affreuses; L'iufortune succombe au milieu des tourmens. Je deplorois sa destinee, Quand je vis arriver un nouvel inconnu Dont la tete etoit chauve et la main decKarnee 5 De vieux lambeaux couvroient son corps ademi-nu, Seule divinite que j'encense, 6 Fortune I Ne ferme plus I'oreille a ma pl.iinte importune y Disolt-il d'un ton suppliant, C'est en tes faveurs que j'esp^re ; Cette vierge au regard severe Ne me conduiroit pas dans ton palais brillant. A peine il achevoit cefte ardente priere , Ses "voeux sont exauces , je le vois qui sourit, Son front ride s'epanouit ; Dans la plaine serpente une large riviere Qui roule avec ses flots ce precieux metal Si recherche par I'homme , a Phomme si fatal, L'avare a cet aspect se precipite , il volej Vingt adorateurs dePlutus, L^inl'autre se heurtant, poussant des cris confuSj, S'embarquent avec lui sur le nouveau Pactole. ( 202 ) Quelle ardeurl Au travail comme ils sont empresses f lis ont presque epuise les richesses de I'onde, Auciin d'eux n'est content etne dit : C'est assez. Mon inconnu sur-tout , que le hasard seconds, Accumule des monceaux d'or En plongeant ses deux bras dans une fange immonde» Mais tandis qu'attentif et penche siir le bord II veut saisir sa proie, il tombe dans I'abyme. Ses compagnons joyeux partageoient son tresor, Du fleuve qtii venoit d'engloutir sa victime , Quand les flots tournoyoient encor.^ Cependant I'auguste immortelle Du dernier voyageur qui se rapproche d'elle Se rapproche a s^ n tour, et lui tendant la main : Ami y dit-elle , viens , c'est la foi qui t'appelle , Pour ne pas t'egarer voici le seul chemin. L'etranger, sans repondre al'oracle divin, D'un air respectueux s'incline, Et soumis, resigne, monte sur la colline. D'abord il s'avance d'un pas Mai assure, tremblant j son ame est alarmee, Et les rochers aigus dont la cote est formee Offensent ses pieds de'icats : Mais plus il approcKe du terme , Plus son front est serein et sa demarche ferme, II revolt du flambeau de plus vives clartes. Circonspect autant qu'intrepide, Les yeux attaches sur son guide , Sans s'ecarter jamais, it marche a ses c6tes. Enfin sur le sommet de la haute montagne, Dans un ocean lumineux, Le prudeut voyageur et sa noble compagne ^ ( 203 ) A ines yeux eblouis disparoissent tous deux. O favori du ciel , m'ecriai-je , sans doute C'est toi qui du bonheur as su trouver la route. Attends-nioi, je te suis , je vole sur tes pas. A ces mots je m'elance.... Helas! De I'aurore trop diligente TJn rayon vient frapper ma paupiere pesante, Je m'eveille en sursaut, agite de terreur, Et mon premier regard demande la lumiere Qui , dans sa penible carriere ^ Guidoit le dernier voyageur. LA BROCHURE ET L'IN-FOLIO. Fable, Quoi ! te Yoil^ bouquin poudreux ! Eh ! par quelle etrange aventure ? Dit un jour d'un ton dedaigneux Au grave in-folio la legere brochure. Je te croyois parmi les morts \ Qui te rendit a la lumiere , Toi, dont les vers et la poussiere Depuis cent ans rongent les bords? Radoteur suranne, dans le siecle ovi noussommes^ Tu veux eclairer les esprits, Ignores-tu done que les hommes Aujourd'hui savent tout sans avoir rien appris ? lis lisent quelquefois mes feuilles fugitives , Mais ne vont plus fouiller dans les vieilles archives Ou dorment les ecrits de leurs tristes aieux^ Hidicules pedansj gens superstitieux. ( 204 ) Tout Tennuyenx fatras de la science antique De nos jours n'est plus de saison } L'erudition est gothique , Disserter est de mauvais ton. Peu de r jisonnemens , beaucoup d'enthousiasme j Le persidage, le sarcasme, Un ton deciiif et tranchant, Voila pour reussir les routes bien connues. Qnand on les suit fide'.ement, Un journal en credit porte Pouvrage aux nues , Le public est dans I'engoument j Le libraire fait sa fortune ^ Jamais de critique importune j Cliucun dit : L'auteur est charmant. J'admire I'insigne folie De I'ecrivain pesant qui t'a donne la \iej Fuyant les plaisirs et le bruit , Dans une solitude ecartee et profonde II vivoit separe du monde^ Pallssoit au travail, meditoit jour et nuit. Le sot! il ignoroit I'art facile d'ecrire; A mon aimable auteur je coute peu d'iustans ^ Et pour me composer il faut le menie temps Dont on a besoia pour me lire. Je n*irai point sans doute a la posterite j Eh I q'j'importe une longue et sterile memoire? Un livre est assez bon , quand il est acbete j Un debit rapide est ma gloire y Et la vogue d'un jour mon immortalite. L'ia-folio pouvoit confondre C'it avorton audacirux , II deJaigiia de lui repondre. ( 205 ) Un savant connoisseur fit justice a tous deux" Lisant par goiit les bons ouvrages Par desoeuvrement les pamphlets, Du frivole opuscule il parcourt quelques pages, Bailie et le jette a son iaquais. Mais dans I'in-folio, noble fruit du genie, II apprend , lecteur assidu , A devenir un jour I'honneur de sa patrie , A bien seryir son prince , a cherir la vertu. =a A L'ACADEMIE DES JEUX FLOR AUX, POUR LE 5" ANNIVERSAIRE SECULAIRE DU 3 MAI iSs^. Par J\l. Charles Brugnnt y associe correspondant de I' Academic, Le printemps vient d'eclore, il va s'evanouir; De srs parfums d'un jour I'homme mortel s'enlvre; Dans le vallon d'exil I'homme est presse de vivre, Comme la fleur d'epanouir, Toutefois , passager rapide ^ En traversant son court chemin, II voudroit graver de sa main Son vain nom sur Tairain solide. II veut Par la vague emporte ^ 11 voue a la celebrite Sa folle ambition trompee ^ Oujette a la posterite Le fer sanglant de son cpee. Ah ! plus heureux cent fois qui , des destins ami ^ Abandonnant sa barque au courant qui I'entraine ^ A I'immortalite vient aborder sans peine, Comme un voyageur endormi, Heureux, si la Muse divine Sourit a son doux souvenir, Et le nommant ^ I'avenir, Pour lui sur sa lyre s'incline ! Qu'il soil redit heureux encor I Car avec nn nouvel essor, Grandit sa memoire anoblie. I Ce qu'ont chante vos levres d'or. ( 2^7 ) O Muses, jamais ne s'oublie ! Ainsi , chaque printemps, vos soins religieux Consacroient a Linus un hommage fidele . Linus qui sut monter la lyre paternelle Sur un ton plus harmonieux, Une plaintive melodie Sur votre Helicon le pleuroit j Et la corde qui soupiroit Rejouissoit son ombre amie, Aux jours de vos solennites ,. S'avancoient de jeunes beautes^ Qui pour lui du lait funeraire Epanchoient les flots argentes En chantant I'hymne anniversaire. Vousattendez de nous cet hommage immortel, Vous, Linus oublies, doux rivaux des trouveresj Vous qui dressiez jadis au milieu de nos peres Aux Muses leur premier autel. Bardes des vieux chA.teaux, revenez m'apparoitre j Venez, vous que fetoit le toit hospitaller, Gaisconteurs, dontlesnoms sontaussi beaux peut-etr© Que le beau nom de chevalier. Venez ^ sur vos lyres fideles , Avec simplesse nous dirons Les combats des puissans barons Etles amours des damoiselles. Nous verrons , assis aux tournois j Chevaliers loyaux et courlois Rompre noblement une lance ; ( 208 ) Belles sourire a leurs exploits Et tressaiilir a leur vaillance. Venez; je suis vos pas.. . Mais quels sont ces guerriera Dont Tescadron bondit et roule avec murmure? Ou vont-ils tous garnis de leur pesante armure, Aussi fiers que leurs destriers? Aucun seigneur ne les rassemble Pour punir un vassal felon ; Mais un tournoi de haut renom Les fait tous accourir ensemble. A cet appareil des combats, A I'acier qui brunit leur bras , Au cimier qui hut sur leur tete, On croiroit qu'ils vont au trepas, Et pourtant ils vont a la fete. Oh ! que j'erre avec vous... Comme j'aime ces tours Qui menacent de front la paisible vallee! Ce vieux manoir au bout de cette longue allee I Ces fosses auxlarges contours! Une gentille chatelaine, Dans ce tant gothique sejour, Languit et se meurt chaque jour ; L'amour fait sa vie et sa peine. « Ouvrez... Ouvrez!... n'ayez d'effroi, cc Et ne sonnez pas le bef froi ; cc Dame, nous venons vous apprendre cc Que votre ami vous tient sa foi... tc Et qu'il vous plaise encor Tattendre. » Charmes des temps passes, pour la Muse si douxZ I^ioble siecle des preux j raoeurs de cUevaleriej ( 209 ) Lyre des troubadours, lyre de la patrle I Souvenirs, ou m'entralnez-vous? J'evoque en vain votre presence ^ Menestrels aimes des ayeux! On n'entend plus vos chants joyeux De I'Adour jusqu'a la Durance. Ces bords ont oublie vos airs, Sirventes malins, gentils vers, Gais tensons, ballades plaintives; Et la Garonne au sein des mers A roule vos lyres naives, Oublie! Qu'ai-je dit?Non, dans ces memes lieux Votre temple estdebout et vous regnez encore, Tels que ces rois anciens que chaque siecle honore , Conime des envoyes des cieux, TJn poetique areopage Legue a d'immortels successeurs Votre sceptre pare de fleurs Et feconde votre heritage. • Vous aimer, est presqu'un devoir: Et, soumis a votre pouvoir. Tout mortel que la Muse inspire Offre aux maitres du gai savoir Le chant virginal de sa lyre. Et moi, qui sur mon luth penche souvent mon front, Reveur au souvenir des temps que je revere , J'ai dit : Je chanterai leur hymne seculaire, Et leurs ombres me souriront. H ( 210 ) MA CONVALESCENCE. Par M. Charles Brugnot, associe correspondani de I'Academie. Je rends grace au Seigneur, il m*a rendu la vie.». Aucun prinlemps n'est sans appas. Amis , pi>sez des fleurs sur ma tete fletrie 5 Li mort ne les fanera pas. C ir la harpe clierie ou la plainte soupira Va ffeniir encor sous mes doigts , Et, pres de vous , amis, je n'ai point sur ma lyre Chante pour la derniere fois ! Je dois done parcourir cet exil plein de clmrmes Qu'on nomme vallon de douleurs ; J'y repandrai sans doute encore quelques larmes j Mais j'y veux cueillir quelques ileurs. Si le Dieu Tout-Puissant m'avolt, h6te severe, Ravi la coi!pe du festin ; S'il eAt tari mes jours comme I'eau passagere Que boivent les feux du matin; J'anrois dit : Accej)tez ma jeunesse , 6 mon maltre ! Si je n'ai quVlle a vous offrir, Seigneur , c'est a vos yeux une vertu peut-^tre D'etre si jeune et de mourir ! Mais sa main m'alfraiirhit de ces crapes fun^bres Qui ni'alloient couvrir pour toujours. Les jours resplendissans qui chassent les tcnubres ^ U mes amib ^ sent de beaux jours I ( 211 ) Je vous reverral, vous qnlm'aimez, vous que j'airae> Et dans vos longs embrtissemens, 3Douce amitie , cirai-je , 6 bien pur, bien supreme! Je vis! Rfccols mes premiers chants! Je reverrai nos monts couronnes <3e verdure - Les domes murwurans des bois , Le doux mai qui , donnant I'eveil a la nature ^ Du poete eveille la voix. Je reverral les jours de la pensive automne y Jours que j'adore et que j'attends , Ou I'hymen doit m'offiir une blanche couronne, Plus belle que fleurs du printemps. RECHERCHES Site les danses des morts ^ sur leur origlne presumee ^ et particuli^rement sur cette question : Les Ancle ns ont-ils connu ces sortes de danses ? Prdsentees a I' Academic ( section d'antiquites) le 24 avril 1825, par M. Peignot. II est peu de sujets litteraires, historiques ou archeologiques, quelque singuliers ou meme bizarres qu'on les suppose, qui ne soient du ressort de reruduion, et qui par cela raetne ne meritent de fixer Tattentlon des curieux , au moins pour quelques instans. Celui dont je vais avoir I'lionneur de vous entretenir est de ce genre, c'est-a-dire que tout en se f'aisant remarquer par sa singula- rite et sa bizarrerie, il ne m'a pas paru indi- gne d'etre mis sous vos yeux. J'ai ete d'au- tant plus porte a en f'aire I'objet de quelques recherches, que ce sujet, tenant aux moours et a I'esprit religieux des xiv^, xv^ et xvi^ siecles , est maintenant tres peu connu; que les monumens en sont aussl rares qu'ils etoient jadis multiplies, et qu'il n'existe en France aucuu ouvrage qui lui soit specialement con- ( 2'3 ) sacre. Ce snjetest la Danse des morts. Que ce titre, Messieurs, ne vous effrale pas, ou du moins qu'il n'entraine apres lui aucurie prevention clef'avorable dans votre esprit : car si d'un cote le mot mort presente une idee triste, lugubre et pen propre a figurer surla scene academique 5 d'un autre cote le mot DAis^SE doit vous rassurer , puisqu'il of'f're a riraaglnation quelque chose de vif , de gai , de leger, qui ne s'accommode point mal au ca- ractere f ran^ais . J'espere qu'il en sera d es deux mots composant ce titre , comme de deux me- taux qui, isoles , sont d'une valeur commu- ne, et qui, amalgames , f brment un troisieme metal moins commun que les deuxautres. La DANSE DES MORTs, eu general , a beau- coup occupe nos aieux , et c'est parce qu'elle occupe maintenant tres peu leurs petits-ne- veux, que j'ai esquisse ce memoire, non par motif" d'edification, quoique le fond en soit tres moral , mais comme simple ol-jet de cu- riosite et de discussion litteraire. Donnons d'abord la definition ou plut6t I'explication de cette danse5 car il est presumable que beaucoup depersonnes ignorent ce qu'on en- tend par cette denomination. Les DAiNSES DES MORTS , daus le principe , etoient d'immenses tableaux de soixante a qua- ( ^a4 ) trevingts pieds cle longueur, et quelquefois plus, surliuit a dixde hauteur, peints sur les murs des eglises , dans les cimetieres, dans les cloitres, sur les ponts , etc. Les premieres dan- ses connues remontent au xiv*^ siecle. La mort yetoitrepresenteesouslafbrraed'unsquelette, sautant, dansant et entramant avec elle d'un air inalin, des personnages de tout sexe, de tout age, de toute condition. Pape, empe- reur,roi, juge,niilitaire, medecin, homines, femmes, riches, pauvres, vieillards, enfans, tout le monde est en action dans ces peintu- res 5 et I'artiste a saisi le moment uu I'inflexi- l)le coryphee , dans une attitude comique , appelle et entraine chacun a son hal. 11 est represente dans chaque peinture autant de fois qu'il y a de personnages. Cesontces ta- bleaux que Ton a designes sous le nom de DANSES DES MORTs. Ou cu trouvoit jadis dans la plupart des villes de TEurope , sur- tout en Alleirinpneet en Suisse. Lors de la decouverte de la gravure et de I'imprimerie , on a reduit ces im menses peinlures en peLits dessins sur le papier , et on en a fait des recueils en tout genre. Tls ont ete souvent reimprimes; etce- pendant lis ne se voient plus guere que dans les cabinetsd'amateurs. J'ai pense, Messieurs, que ce sujet ^toit proj)re a piqucr la curio- ( 2l5 ) Site sous le rapport de son anciennete , de sa slngularite et de son but moral. * Par son anciennete , il doit interesser tout ami des arts, puisque des le xiv*" siecle, il appartenoit deja a lapeinturoet peut-etre a la sculpture, et qu'on le retrouve parmi les premiers essais de la gravure au xv^ siecle. D'ailleurs il presente les costumes du temps pour tous les etats. Si on Tenvisage sous le rapport de la singu- larite et de la bizarrerie, on conviendra que rien n'est plus original que I'idee d'amalga- luer deux objets aussi disparates, danser et MOURiR • et cela, dans des images sensibles ou peintures qui provoquent a la fois le rire et la meditation , la gaite et reffroi. Mais ce qu'il y a de remarcjuable dans ces tableaux en general , c'est le talent avec lequel les artistes ont exprime les sensations qu'eprouvecliaque individu de tout sexe, de tout age , de tout etat, en passant de la vie a la mort. lis ont parfaitement saisi les differentes nuances de la douleur, de la crainte, des regrets et de Tin difference , selon le rang que les person- nages qu'ils ont mis en scene tenoient dans le monde 3 et ce qui est encore plus extraor- dinaire , c'est d'avoir su donner a cliaque squelette, sur-tout dans la tete, quoique de- (2l6) ponrvue d'yeux,de bouche, etc.,une expres- sion et unephyslonomlecaracteristique, ana- logue a celle do Tindividu iju'il entraine. Quant an but moral et religleux, il frappe an premier coup d'oeil. Qui pent douterqu'on ne se soit propose, dans ces representations , tontes grotesques qu'elles sont, de rappeler anx liommes la f ragilite de la vie , I'indispen- sable necesslte de mourir, I'incertitude de I'henre fatale , et I'inflexibilite de la mort qui ne respecte ni age, ni sexe , ni condition? Cest ce que prouvent encore ])lus clairement les diverses inscriptions morales dont on ac- com])agnoit cliaqne scene des dif'lerentes danses de morts ; et ces inscriptions d'un style singulier et quelquef'ois caustique, ont ete composees , traduites et publiees dans toutes sortes de langues , en fVangais, en allemand, en latin, en anglais, en italien, etc. 11 est done evident que les danses en ques- tion , d'apres leur anciennete , leur singula- rite , leur but , et considerees comme monu- niens des arts , des lettres et de la morale vers la lin du moyen age, meritent bien que Von s'occupe de leur origine presumee, de leurs dif'ferentes especes, de leur adoption cliez presque tons les peuples de I'Europe , de leur histoire litteraire, et cnfin du sort qu'elles ( 21/ ) ont eu dans les deux derniers siecles; sort commiin a toutes les clioses liumaines , qui estdedlsparoitre insensiblement, apres avoir jete quelque eclat sur la scene du monde. Mais, Messieurs, ces details historiqucs , £issez etendus , excederoient de beaucoup les homes d'un simple me moire j je me restrein- drai done a deux ou trols questions relatives a ce sujet, qui meparoissentplus appropriees au genre academique; et le surplus sera Fob- jet d'un travail special qui verra le jour dans quelque temps. Examin on s d'a bord si les i^nciens ont eu sur la mort quelques idees analogues aux notres sous le rapport allegorique qui nous occupe; s'ils nous ont laisse quelques traces de la ma- niere dont ils la representoient ; et s'ils se sont aussi avises de la f'aire danser. Ensuite nous ^tablirons nos conjectures sur Torigine des DANSEs DES MORTS dans les temps modernes; et nous chercherons quelle pent avoir ete la source de cette bizarre conception. Premiere question. Les Anciens ont-ilsre- presente la mort sous la forme d'un squelette? Quoiqu'il reste piusieurs moriumens antiques ou Ton voit des squelettes (i), la plupart des (i) Winkclminn en a indique un (lans sa Descrip^ tion. des pierres gravces du baron dc Stosch. Tlorcuce, ( =^'8 ) arclicolognes sont assez d'avls que jamais la iiiort n'a ets, coinmc diviiiite, representee cliez les Ancieiis sous cette forme ; hien plus il est certain que Les Grecs et les Romains ne lui ont jamais eleve ni temple ni autel. Ce- penclant 11 n'eii est pas molns vrai que pour se famlUarlser avec ce lugubre objet , lis en parloient souvent dans leurs chants lyrlques et bacchiques, au milieu de leurs plalslrs et ineme de lenrs f'estlns ou quelquefols lis fal- solent apporter un squelette. Mais ce sque- lette n'avolt nl faux, nl aucun attrlbut des- tructeur 5 ce n'etolt (ju'un simple avertlsse- nient de ce que devenolt I'liomme apres la 1 ■-.-■-- — 3y6o , in-l^ fig. II y en a encore pliisieurs autres. Buonarotti en cite aiissi clans ses Osservazioni sopra alcuni frammenti di vasi a/itichi di vetro , trovati ne* cimiteri di Roma. Fiorcnzc , 1716, pet. in- folio , fig. Ficoroni, dans ses Gemmae antiquoe litter atae aliae- que rariores ,exc. Ixomae , 1757. gr. //z-4° fig. ; etGori, dajis son A'luscum etntscum , etc. Tlorentiae , 1737 , 3 fo/. in-foUf fig«5 et dans son A'Tiiseum florentinum ,etCt Florentine , 1731-66, 13 'vol. in fol. fig. ( V. les 2 vo!. des picrres gravees) en ont mcntionne plusieurs. Mont- faucon, dans son Antiquitc cxpliquee y Paris, 1719 et 1724? i5 vol. in-fol , fig. , parle d'une tete de mort placee sur un roclier , au-dessus du Styx represent^ comme l«s aulres lleuvesj etc, etc. etc. ( 219 ) inort, et de la necessite, seloii eux, de met- tre a profit la vie pendant le temps qu'on avoit encore a en jouir. C'est ce que nous prouve tres clairement le passage suivant de Petrone racontant Torgle de Trimalcion* que ce fleau desola la France. La contagion attaquoit pliitAt les jeunes gens que lesrieillards j elle s'annoncoit par des iunieurs sous les aisselles ou dans I'aine , et le malade ( 233 ) sont dues a des pestes violentes, elles ponr- roient encore etre beaucoiip pins anciennes, car des 954, il y en eut une terrible en Ecosse. En 994, parnt nne contagion tres desas- treuse, dite mal des ardens ^ qni pendant plusienrs annees depenpla la France, I'-^l- lemagne et I'ltalle. Notre roi Hu^nes Capet en fut victime le 24 octobre 996. L'An^le- terre fut encore ravagee en 102.5, puis en 1247. Vint ensuite en 1^46, 1'effroyablejy^^/*? perissoit le second ou le trolsieme jour. En ]348 , elle infesta particulierement les bords du Rhin et PAlle- magne : i 6,000 personnes moururent dans la seule ville de Strasbourg. Cette cruelle epidemie fit les plus grands ravages en Italia apres plusieurs tremblemens de terre tres desastreux; elle n'epargna ni villes, ni villages, ni le moindre hameau. EUe fut suivie de la famine 5 per- sonne ne se trouvoit pour cultiver les terres, tous les labonreurs avoientete moissonnes. Boccace, temoin de ses degats en Italie ( il est mort en 1376) , les a peints avec autant de verite que d'energie. II a remarque I'ex- Ireme facilite avec laquelle les animaux la communi- quoient aux hommes,et reciproquement. La consterna- tion des babitans etoit a son comble; la sociele tomba en Italie dans une complete anarchie; les lois perdirent leur force 5 et, chose inconcevable ! des hommes de tout rang et de tout age s'abandonnerent a toutes sortes d'exces , etc., etc. ( '34 ) noire dont nous avons parle et qui fit le toui' clu globe. Elle lut suivie, en i367, d'nne pestc tres meurtriere a. Paris et a Londres. Une epidemie violente eclata en Eur«^pe Tan aSjo : nous en parlerons plus has 3 enfin il y eut encore une forte contagion en Angle- terre en 1379. Telles sont toutes les pestes les plus remarquables en Europe avant Tan- nee i383, date de la premiere danse des morts connue. (^uoique Xd.peste noire ait ete la plus notable, nous persistons a penser qu'ellen'a aucun rapport a I'origine de cette danse; et nous nous arreterons plus volontiers a I'epi- deinie de 1373 qui, outre qu'elle est plus rap- procliee de i383 , avoit dans sa nature, c'est- a-dirc dans les elTets qu'elle produisoit sur les malade^ , quelque chose qui tenoit sinon a la danse, du moins a des mouvemens tres "vil's du corps. En effet on raconte que, dans cette contagion, « une frenesie singuliere /\j. Au reste , comme nous venons de Ic dire , il pent y avoir eu de ces sortes de danses avant i3S3 ; mais elles n*auront point precede 1073, si I'epidemie de cette annee, par ses ef'fets sur les malades, a fait naitre I'idee de representer la mort en- trainant ses viclimes en dansant. Telle est la conjecture que nous liasardons avoit fait les plus grands ravages a Rome 5 la moitie ie la poptilalion avoit disparu sous ce fleauj le reste des liabitans etoit dans la plus grande consternation. On con- sulta I'oracle. Le Dieu bien persuade qu'une diversion joyeuseetagreable etoit iemoyenle plus propreadissiper la terreur et I'abattement des citoyens , ordonna pour remede le carmen y la poesie la plus gaie , la plus ainu- sante et la plus propre a adoucir I'esprit. On fit done \enir d'Etrurie des histrions qui , au son de leur flute , executerent des danses, capables, disoit-on, d'apaiser la colere des Dieux, mais qui, dans le fond, n'avoient d'autre but que celui de distraire les esprits et de leur faire oublier le fleau qui venoit do frapper leurs conci-» toyens. (Extrait de notre Traitd du luxe et de la somp" tuosite des Komains dans leurs theatres ). ( 237 ) Sur I'origine des danses des morts j elles sont dues aux pestes et aux epldemies qui ont ra- vage I'Europe. II nous semble qu'on clierche- roit en vain a leur donner une autre origine. Ce qui confirme cette opinion , c'est que ces danses qui par la suite se sont beaucoup mul- tipliees, ont ete pour la plupart executees dans des villes au moment ou le pays venoit d'etre expose au fleau en question. Arrivoit- il dans une contree quelque mortalite par suite de contagion, aussitot on en perpetuoit le souvenir par une danse de morts peinte dans I'endroit le plus apparent et le plus fre- quente de la principale ville de la contree. La nomenclature clironologique des danses executees en grand sur lesquelles nous avons eu des renseignemens , prouveroit notre as- sertion 'y mais ces details, ainsi que beaucoup d'autres relatifs a toutes les especes dedanses de morts , nous entraineroient trop loin et excederoient les bornes d'un simple me- moire. Nous nous arretons done ici, ayant rempli notre principal but qui etoit de don- ner une idee de ces sortes de danses, de prouver qu'elles ont ete connues des Anciens, et de rechercher quelle en a pu etre Torigine cliez les modernes. ( 238 ) Nous ajouterons cependant que le silence garde par les ecrivains f'ranqais sur cet objet , nous ay ant paru uue lacuna dans Phistoire dcs monumens des arts, des moeurs et usa- ges, et de I'esprit religleux vers la fin du moyen age , nous avons tache de la rempllr parun travail special que nous allons publier sous le tltre de Recherches sur les danses des morts , cojisiderees sous le rapport his" torique y litteraire et bibliograpliique . Cet ouvraae renfermera de nombreux details sur ces dlfferentes danses, particulierement sur celle de Bale , sur celle d'Holbein et sur celle que Ton nomme simplement macabre. On y trouvera aussi des notices etendues sur les editions de toutes les danses soit gravees, soit imprimees 5 sur toutes les imitations que Ton en a faites , sans oul^lier la danse aux AVEUGLEs 5 sur Ics differeus livres de prieres des XV® et xvi^ siecles , qui sont enricliis de la DANSE DES MORTS 5 eofiu sur les tableaux et gravures isoles ou la mort est representee dans une situation analof^ue a eel le des d anses. Des citations curieuses tirees des diflerens ouvrages ou se trouve gravee la danse des morts, rendront un peu moins aride ce li- vre , qui, comme objet d'erudition, ne sera ( 239 ) tire qu*a petit nombre cl'exemplaires sur pa- pier velin fm d'Annonay, avec gravures(i). (i) A la suite de ce traite sur les danses Jes morts, se trouvera un autre morceau qui tientegalement a I'e- rudition^ c'est une^«a/;^jecr/V/^z/e etraisonnee detoutes les recherches publiees jusqu*d ce jour cur I'origine et Vhistoiredes cartes djouer. Les ouvrages taut Irancais^ qu'italiens, allemands et anglais , qui traitent de cette matiere^etdont quelques-unsnesontque des opuscules^ sont devenus fort rares, et memo fort chers j on a done cru faire una cliose utile et enmeme temps agreable aus amateurs ^ en reunissant dans un meme cadre le resume de ceque cliacun de ces traitesienfermede plus curleux et de plus interessant. On n'a pas raeme neglige de sim- ples opinions inserees dans des recueils. Les auteurs dont on a analyse les essais sur les cartes a jouer, sont le P. Menestrier, le P. Daniel, I'abbe Bullet, Sainte-Foix, le baron de Heinekeuj I'abbe Bet- tinelli, I'abbe Rive, Court de Gebelin , Breitkopf, Jansen , M. Ottley , et M. Singer, dont I'ouvrage an- glais (du plus grand luxe) est tres rare en France. Le volume ( de 4 a 5oo pag. ) renfermant les deux traites en question paroitra dans le courantde decembre a Dijon cheaM.Lagierjlibraire, eta Paris inenie maison. nI:crologie. L'Academle, depnis sa dernlere seance pubil([ne, a perdu plusieurs de ses meinbres aux<'|uels elle a paye le juste Iributde ses re- grets. Parini les membres residans, elle a eu ^ de[.'lorer la perte de M. Couturier, professeur de belles-lettres au College royal de Dijon , decede le 20 novembre 1824. Et tres recemment elle vient encore de per- dre M. Mathieu, ingenieur arcliitecte, inort le 10 octobre 1825. Parrni les meinbres non residans , ses re- grets se portent sur M. Petltot , directeur ge- neral de rinstruction publique , mort le 7 avril i825; M. le baron Denon, membre de I'lnstitut de France, mort le 27 avril 18255 M.Foyet, architecte a Paris , mort le...» decern bre 1824 ; M. Thouin, naturaliste, professeur admi- nistrateur au Jardin des plantes, mort a Paris le 27 octobre 18245 M. I'abbe Mermet, anclen censeur des etu- des , mort a Saint- Claude, le 27 aout 1825. Parmiles membres associes correspondans,' nous comptons M. Maquart, homme de lettres , mort a Paris le octobre 1825. La mort vient encore de frapper M. le comte de Lacepede, membre de I'lnstltut et ineoibre honoraire regnicole de notre Aca- demie , mort le 6 octobre 1825. L'Academie s'est empressee d'exprimer ses regrets sur la perte de ceux de ses membres qni sont morts avant ia seance publique du 20 aout dernier (1823); elle niettra le meme em- pressement a remplir ce devoir a Tegard de ceux qui sont morts depuis cette seance. Pour ne point depasser les limites dans lesquelles I'Academie est forcee de circons- crire ses publications annnelles, ellene don- nera cette annee que cjuatre notices necro- logiques : celles de MM. Brenet, Coutu- rier , Petitot et Denon. Les autres seront inserees dans le Compte rendu qui suivra celui-ci. NOTICE Sur M. Brenet, par M. le docteur Salgues. C'est le besoin de soustraire ses semblables a I'oubli du tombeau, qui porte riiomme a consacrer la memoire de ceux qui ne sonti 16 ( M^ ) plus. II lui semble qu'il prolonge leur exis- tence en vivant avec leur image , en revell- lant leur cendre , en conversant avec leur ombre. C'est sur-tout devant I'urne de ceux qui se sont devoues pour leurs concitoyens, qu'il s'attendrit avec plus de cliarme. La reconnoissance alors vient se meler a la douleur, et Tame est Lien plus profon- dement emue, quand elle est penetree a la fois par deux sentimens aussi purs , aussi legitimes. La louange est ici d'autant plus vraie, que les morts n'ont plus rien aredou- ter des passions contemporaines, L'espace im- mense qui les separe de nous, rend leurs ju- ges inaccessibles a I'envie et a cette foule de petits interets qui influent trop souvent sur les decisions des plus sages. Par principes, comme par devoir, la plus f ranclie impartialite dirigea done notre plu- me, dans Teloge que nous allons vous faire de I'un des medecins praticiens les plus dis- tingues de notre epoque , enleve I'an dernier k la ville de Dijon. Henri-Catherine Brenet dont le nom vient se placer avec orgueil, pres de eel ui des Maret, des Durande , des Leroux, naquit a Moissey, departeraent du Jura, le 2.3 novembre 1764. ( 243 ) Toutes les fois qu'on loue les morts , I'lia" bitude ou la vanite veulent qu'on commence par les louer de leurs ancetresj comma si I'horame superleur, a dit Tun de nos philo- sophes, avoit besoin d'une origlne ; comme si celui qui ne Test pas, etoit releve par un merite qui n'est point a lui. Les genealogis- tes ne compterontpas d'liommesil lustres par- mi les aieux de M. Brenet. II fut celebre par lui-meme -, sa famille etoit lionnete , et de bonne heure elle lui insplra I'araour de toutes les vertussociales ; c'est assez pour lui et pour nous. A dix ans il entra au college de Dole, ou ii etudia avec une rare distinc- tion. L'excellence de son esprit, son amour pour retude,sapersplcacite,lefirent prompter raent remarquer de ses superieurs, et en par- ticulier de I'abbe Jeantet, professeur distin- gue de mathematlques, esprit profondet d'une instruction sollde.L'amitie d'unsage,a ditun Ancien,est un bienfait des Dieux. Le jeune Brenet ne tarda pas a le reconnoitre. Charmes Tun de 1 'autre , le maitre et I'eleve se vouerent tine affection reciproque qui ne se dementit jamais, etque le jeune ecolier sut habilement mettre a profit. M. Brenet dut sans doute k une lieureuse organisation, la rectitude de ( 244 ) scs idees, ct cct esprit d'ordre et d'analyse que ron remarquoit en lui 5 mals ce seroit aussl meconnoitre I'influence d'un enseigne- ment superieur, que do ne pas lui attribuer une partie des inerites qu'il developpa dans la suite. Parvenu k I'age oules homines font clioix d'une profession, I'instinct de Tetude le decida pour la science qui of'f're le champ le plus vasteaux meditations philosophiques. L*Universite de Besancon brilloit alors d'un eclat qui n'etoit surpasse que par celui des grandes ecoles de Montpellier et de Paris. Rougnon, France, et Tourtelle, par des vues profondes et ingenieuses a la fois , cherchoient dans leurs legons a degager la niedecine des entraves de la routine et des prejuges de I'empirisme. Pendant deux annees, M. Brenet s'y nourrit avidement de leurs excellens preceptes. On prevoit aise- ment les honneurs qui attendoient un eleve aussi studieux, sous des maitres aussihabiles. Deux fois en effet, il obtint de ces succes qui font palpiter vivement un jeune coeur , et qu'au milieu de la gloire militalre, I'un de nos plus grands hommes ne pouvoit compa- rer qu'a I'enivrement de la victoire. Deux Universites lameuses en France, fixoient alors les regards de toutc I'Europe. ( =45 ) Delamure , Fouquet, Barthez piiblloient la gloire de celle de Montpellier jusqu'aux ex- tremites du monde civilise. Celle de Paris avoit ses Ferrin, ses Louis, ses Rouele , ses Yicq-d'Azir et ses Portal. Le jenne Brenet se decida pour la capitale, ou son esprit actif esperoit,non sans raison, trouver des ressour- ces plus multipliees et des objets plus propres a le satisfaire. II y f'lit ce qu'il avoit ete a Dole et a Besancon , plein d'ardeur pour I'e- tude , le modele de ses condisciples, et rami de ses maitres. Regu medeciii dans TUniver- slte qui I'avoit initie aux niysteres de son art, ilrevint dans ses foyers, theatre trop circons- crit pour son talent. II tarda peu a s*en aper- cevoir et a se fixer a Dijon. Tout devoit en ef'fet attirer son attention sur cette ville. L'im- portance de sa situation , sa renommee litte- raire et scientifique, la presence ha1)ituelle d'un grand corps de la magistrature , etoient autant de moyens de seduction qui devoient I'y attirer. II s'y etablit done en 1790 , epoque fameuse d'une regeneration politique qui fixoit alors I'attention du monde entier. L'u- sage vouloit que pour acquerirle droit d'exer- cer la medecine dans cette ville , on se fit agreger au college de sesmedecins. II soutint en consequence une seconde these, devant ( M6) les Durande , les Dechaux , les Rodot et no- trevenerableettressavantdoyen,M.Antoine. Sa dissertation portoit pour titre : Exlste-t- il plusienrs metliodes de traltement contre les exantlicines iebriles ? sujet vaste et qui pretoit a la controverse. Aussi, la discussion fnt-elle vIve, animee et fort honorable pour le reclplendaire. On assure meme que I'un de ses plus savans examinateurs lui annon- ^a des- lors les grands succes qu'il obtint par la suite. M. de Montigny, maire de Dijon , frappe I'un des premiers d'un si rare merite, prit plaisir a publier par-tout son habllote. Cette heureuse circonstance decida]>eut-etre autant de la fortune inedicale de M. Brenet , que I'etendue de ses connoissances et la vi- gueur de son talent. Elle le mit de bonne lieure en rapport avec les personnes du rang le plus eleve , et sa reputation toujours crois- sante ne tarda pas a se repandre dans le pu- blic , mode de progression moins ordinaire , mais infinimentplus rapide que celle qui s'e- tend du public aux premieres classes de la societe. A cette epoque, un mouvement general fut imprime aux esprits. On detruisoit tout, pour tout reconstruire. Mais la revolution fran- ca isc , qui ne vouloit d'abord que la reform© des abus, fut bientot entrainee a de grandes etfatales erreurs qui devoientplus tard epou- vanter I'Europe. M. Brenet avoit un trop bon esprit pour ne pas comprendre que rimmen- se developpement donne aux f'acultes intel- lectuelles du plus grand nombre , que des moeurs et des besoins nouveaux , appeloient imperieusement des reformes dans nos insti- tutions. Mais avec une opinion essentielle- ment monarchique et qui ne varia jamais , il repoussoit, comme il repoussa toujours , ces ecarts qui rendirent la France un objet d'lior- reur et de pitie aux yeux des autres peu- ples. Dans ces temps difficiles, ou la vertu ne fut pas toujonrs courageuse , il cleploya line energie qu'on ne sauroit trop admirer. I.orsque les clrcon stances le forgoient a hitter contre les reformateurs pour defendre les interets d'une liberte sage , ceux de la morale et de la religion, alors si cruellemen t compro- mises , il s'exprimoit avec une hardiesse qui plus d'une f'ois dut faire trembler sa I'araille etsesamis. Un caractere aussi indepenJant devoittoutredouterde ceux qui gouvernoient, oupki tot, qui decimoient la France. M. Brenet tarda peu en effet a etre enfermeau chateau de Dijon, ou se trouvoient alors les person- nes de la province de Bourgogne , les plus (248) distinguees par leiirs vertus , leurs talens , on leur riaissance. 11 coiiserva dans cette retraite forcee, sa galete et son iiupassibilite stoYcpie, bien cjii'il ne se dissimulat pas le funeste ave- nir qui lui etolt prepare. Mais il ne voulut pas f'aire nn sacrifice inutile ; et ce fut encore pour servir les siens , qn'il cherclia a tromper la vigilance de ses geoliers. 11 s'ecliappa en ef'fet, et se retira dans le Jura. A peine est- il arrive dans riiumble chaumlere qui lui avoitete preparee par raniitie, qu'il apprend que les hopitaux de sa ville d'adoption sont en proie aux ravages d'une epldemie cruelle qui n'epargnoit ni I'age , ni le sexe. Plus courageux que Galien et Sydenham qui, dans une pareille conjoncture,abandonnerent in- dignement le poste de I'honneur et de I'liu- manite, on le vit courir aux lieux ou etoitle danger , ne demandant pour garantie de sa liberte , (pie les sermens de gens qui se jouoient de tons les principes les plus sa- cres. A peine est-il arrive, qu'on ne le vit plus qu'au milieu des morts et des mourans. M. Brenet est j)ar-tout et ne s'arrete que lorsque par les soins les plus assidus et par des methodcs de traitement sdgement combinees, il est parvenu a mettre un frein au lleau qui devoroit une population cons- ( 249 ) ^ ternee de ses pertes journalieres. Temoins cles services signales qu'il venolt de rendre a la chose publique , les proconsuls de la Con- vention , par Tin glorieux privilege , Texcep- terent de ia proscription generale et firent cesser des cet instant les persecutions nagneres diriaees contre lui. Un caractere aussi beau , line conduite aussi no blementdesinteressee, que n'eussent pas desavouee les liommes de PlutarquCjinit le sceau asa renominee. Hnfin arriva le 9 thermidor, jour de repos et d'es- perance. Les Fran^ais delivres de leurs bour- reaux purent alors se rapprocher sans crainte et se redire leurs peines et leurs souff'rances passees. On se rappela sur-tout les services rendus par le docteur Brenet, son devoue- ment et le zele qu'il avoit deploye dans les circonstances les plus orageuses. Cliacun a, I'envi vouloit I'avoir pour medecin , bien que Di j on possedat a ce tte epoque des hommes d'uu inerite transcendant et d'un rare savoir. L'A- cademie de Dijon reorganisee en 179B I'appela dans son sein^ et il en eut ete I'un desinernbres les plus illustres, side plus graves interets ne I'eussent diverti des travaux acadeiniques. L'hopital le compta aussi dans ce temps parnii ses premiers inedecins , et la memoire des pauvres n'a pas oublie son deyouement pour ( 25o ) eux. Pendant plus de vingt ans 11 garda cette preeminence pratique qu'en vain on auroit clierche a lul disputer. Partager la f'aveur publlque eut ete pour lui une sorte de de- clieance , dont son esprit naturellement un peudominateurneseseroit point accommode. II n'y eut que les evenemens inattendus de 1814 qui purent le determiner a abandonner nn theatre ou il avoit constamment joue le premier role. Des-lors la politique absorba tons ses instans , et cette etude devoit d'au- tant plus lui plaire que de bons esprits ont pense et prouve que la science des gouver- nemens etoit infiniment simplifiee par la science de I'liomme. Avec un esprit aussi eleve, une opinion e£ des principes aussi fortementprononces en fa- veurdu gouvernement legitime et monarchi- que,M. Brenet,en i8i5, pouvoitdifficilement Tester etranger aux iriiportantes modifications politi(jucs qui venoient de preparer de nou- velles destinees pourTEurope, et qui repla- ^olent enfin notre patrie sur des bases beau- coup plus durables. Les armees du continent inondoient notre territoire , et de la con- duitequ'adopteroientlesChambresalloitpeut- etre dependre le sort de la France. Dans une circonstance si eminemment critique, le gou- ( 25l ) vernenient en appela a la sagesse et a la pru- dence des electeurs. II leiir demanda des liommes devoues a la cause royale, eniiemis de la fraude, inaccessibles a lacrainte on a la seduction , et dont le patriotisme Taldat a sauver I'Etat d'une mine qui paroissoit alors presfju'inevitable. M. Brenet qui, pour le de- partement de la Cote-d'Or, etoit rjionirae integre et le royaliste par excellence, flxa sur lui les regards et fut design e pour sitger dans la Chambre des Deputes dont la France attendoit son salut. Nous ne dirons pas ce qu'il y fut. La memoire de tons en conserve le souvenir. Le roi trouva en lui un siijet loyal, et la France un mandataire fidele qui defenditavec lionneur sesplus cliers interets. La discussion du budget lui fournit sur-tout I'occasion de montrer cette inflexibilite de prlncipes qui le caracterisa dans tous les tein])S de sa vie. II ne monta jamais alors a la tribune que pour faire valoir tout ce qui pouvoit consolider I'autorite royale , mainte- nir la stabil ite du trone, commander le respect des droits et des proprietes de tous , et pour repousser de toutes ses forces, de la France regeneree , des liommes etrangers par leurs habitudes au nouvel ordre de choses. Lors de la dissolution de cette Cliambre, le ( 252 ) Miiiistere s'opposa a la reelection cl'un ci- toyen d'une vertii aussi ri^^lde et aussi pas- sionne ponr la verite ane pour son roi et sa patrie. Mais en 1820, M. Brenet fut rappele sur la scene politique. Dennis il a constain- ment siege a la Cliambre cles Deputes on il jonissoit d'une grande consideration. Deux fois encore il fut appele a presider les colleges electoraux de Dijon et de Chatillon. II dut ce clioix honorable an sentiment d'estime que le monarque ne pouvoit refuser a son carac- tere, sentiment qui se montra d'une maniere plus eclatante encore lorsque la nouvelle de samaladie vintretentir jusque sur les marches du trone. Mais sans vouloir suivre plus long- temps M. Brenet dans sa carriere politique , exami- nons-le de nouveau dans une science a la- quelle il dut ses veritables titres de gloire. Il est des medecinsqu'flippocrate compare avec raison a de mauvais pllotes. En effet , les fautes de ces derniers s'apercoivent ra- rement lorsque le vent est favorable 5 dans le cas contraire , s'ils sont surpris par une tempete furieuse , on voit bientot que c'est par ignorance qu'ils ont lalsse perir le vais- seau. Cette sage comparaison du vielllardde Cos ne sauroit aucunement s'appliqucr k ( 253 ) M. Brenet. Ses luraieres, la finesse cle son tact et cle ses apergus , ont eclate dans des circon stances difficiles et tres propres u niettre en evidence toutes les ressources de son esprit. Disons-le cependant : c'est moins jDar line etude assidue des oracles de la me- decine , que par une meditation constante des grands secrets de son art , c[u'il merita sa reputation. Probablement qu'il pensoit que la lecture ne fournit guere que des opi- nions et des hypotheses ou un bon esprit a peu de chose a recueillir. Aussi cherchoit-il ses livres dans sa tete, pour reproduire une pensee de Fontenelle (i). Personne plus quo lui ne porta a un plus haut degre les talens qui caracterisent le vrai medecin. II avoit le coup d'oeil d'une Justesse et d'une promp- titude etonnante. C'etoit pour lui une sorte d'inspiration dont la force et la clarte lui demontroient la verite. Aussi des qu'il avoit (i) Bichat, dont le nom est si celebre , ne dut tons ses succes qu'a de semblables habitudes. Si je suis alio si vite , dlsoit ce grand hoinme peu de temps avant sa mort, c'est que i'ai peu lu ; les livres ne doivent etreque le memorial des fails 5 or , en est-il besoin dans une science ou les materiaux sont toujours pres de nous; oil nous avons en quelque sorte les livres vivans des niorts et des malades? ( 254 ) concn etadopte un plan de traitement, il le suivolt avec la Constance qui n'appartlent qu'anx medecins dignes de ce nom. C'etoit un des traits distinctifs des Baillou, des Fer- iiel , des Fouquet , des Fizes , des Borden , des Corvisart. Par son inllexibilite il rassuroit ses malades an lieu de les alarmer, et leur courage redoubloit en proportion de ses ri- guenrs. Malgre Jes nombreux succes qu'il devoit i\ ce plan de conduite et qui fliisoient en quelque sorte croire k son infaillibilite en nicdecine, il accordoit peu de pouvoir a cette sjience sur la marche et Tissue des maux qui aiflii^ent I'espece humaine. Au reste cette cj ovance ne lui etoit pas particuliere. Elle lui el4 a sa pa- trie , a sa famllle et a ses nombreux amis ^ par une raaladie qui est en quelque sorte I'a- panage des liommes superieurs. Depuis quel- ques annees il etoit tourmente par une affec- tion goutteuse , qui quoique legere, donnoit <^ependant des inquietudes a ceux qui I'ap- prochoient. Le 1^^" mai 1824, il eprouva a la suite de travauxtres assldus, un mouvemenC defievreet quelquesdouleurs detete. Cepen- dant son malne lui paroissant pas grave , il ne voulut point moderer son activite liabi- 17 ( 258 ) tiiclle. II oublioit alois cju'elle etoit liors cie proportion avec ses forces physiques, sin- guliereiiient alterees depuls quelque terups. Le lendemaiii, la maladie ayant iait de nou- veaiix progres , on ne put se dissiander que M. Brenet etoit atteint d'une cephalite aigue. Aussitot les medecins les plus renommes de la capitale accourent pres de leur confrere. Tous veulent lui porter les premiers soins. Un instant ils pensent que la science triom- pliera d'une apoplexie qui etoit devenue irn- minente. Vainespoir! La maladie etoit incu- rable, et le 3 mai, apres une agonie de plu- sieurs heures, il ne restoit plus de M. Brenet que les souvenirs de sa vie. Ainsi finit un homme de bien, clier a ses compatriotes , dont il fut le consolateur et I'ami ; qui con- serva une noble independance dans un temps ou cliacun flechissoit devant Tinjustice et I'oppression , et couroit au devant de la servi- tude ; qui fut desinteresse lorsque le coGur de tous etoit desseche par Tego'isme , et qui legue pour noble heritage aux jeuiies mede- cins ses successeurs, Texcmple d'une vie ho- norable et rem|)lie par la pratique des plus nobles vertus (i). (i) M. Brenet etoit aiissi associe de la Societe royale de medecine et membre de la Le«^ion d'honneur. (259) KoT^CE sur M. Couturier; M. Jean Couturier est ne a Dijon le 23 avril 1768. II reponclit par d'excellentes etudes aux soins de M. Nicolas Couturier, son pere , greffierauparlement, qui ledestinoital'exer- cice de la profession d'avocat. Les premiers pas du jeune Couturier dans cette carriere , donnoient des esperances lorsque la Revolution vint les renverser , et sa fortune avec el les. Reduit ^ tirer parti, d'une autre maniere, du fruit de ses etudes, il se £t instituteur ; et la confiance que ses principes religieux inspiroient, lui procura un grand u ombre d'eleves. Mais il ne tarda pas a etre en butte aux: persecutions de gens qui ne professoient pas ces memes principes. Des commissaires charges d'inspecter I'ecole de M. Couturier, le prirent en Jlagrant delit , par la decou- verte qu*ils lirent d'un CatSchisme parmi les livres classiques dont il faisoit usage , et un arrete municipal lanca un interditsur son etablissement. II resta ferme jusqu'a la chute du Dircctoire j mais cet acte revolutionnaire ( 2(?0 ) fut impulssant pour empechcr rinstltnteur de donner secretement ses lecons dans les liiaisons particulieres oil I'appeloit la con- fiance des peres de famille. Cependant Buonaparte s'empare du pou- voir et promet a la France des jours meilleurs. XJne illusion qui ne pouvoit naitre que chez des ames honnetes, leur fait des-lors entre- voir le retablissement du monarque legitime et le triomplie de la Religion. Enflammeparcetespoirconsolant, M.Cou- ^turier publia une epitre en vers bientot re- clierchee avec tant d'empressement , qu'en molns de quinze jours trois editions en fu- rent faites et epulsees. Dans cette epitre, adressee a Buonaparte, le poete invitoit le consul a retablir la Reli- gion. II eut la satisfaction devoirse realiser, par le concordat , le voeu qu'il avoit ose faire entendre. An merite de sahardiesse dans les circons- tances ou se trouvoit la France , I'epitre a. Buonaparte rennissoit un merite litteraire •qui fut apprecie par les person nes meme dont elle contrarioit le plus les opinions. Un ecrivain periodique , tout en persiflant Tau- -teur sur les pleux conseils qu'il donnoit au maitre de la France , ne put se refuser a louer ( 2^1 ). son ouvrage sous le rapport du talent poe* trque dont il etoit empreint. Plus tard, M. Couturier, dont tin premier pas vers le bien de son pays ne remplissoit pas sufiisamment les voeux , concut I'idee d'uneseconde epitre au consul pour Tinviter, sans detours , a relever le trone des Bourbons. II la terminoit par ce trait remarquable : « Consens a devenir le second de la France, cc Et tu seras le premier des mortels. 3j Mais cette piece ne I'ut point mise au jour; sa lecture ne depassa point le cercle des amis de I'auteur ; toutefois elle finit par n'etre plus un secret pour le public. M. Couturier, devenu libre enlin de rou- vrir son ecole , reprit les penibles fonctions d'instituteur qui faisoient sa seuleressource; puis il ne tarda pas a etre appele a la tete du college de Gray (Haute-Saone), en quality de directeur et a y occuper en meme temps la chaire de rlietorique. II remplissoit ces fonctions , lorsque le 8 juin 1808 , I'Academie de Dijon I'admit an nombre de ses associes non residans. > Apres I'organisation de I'universite , il fu't rappele a Dijon , pour occuper au lycee de cette ville, les modestes fonctions de prof'es- seur de troisieme. Nomme en i8i5, apres les cent jours," administrateur provisoire de cet etablisse- xnent devenii college royal, il trouva les de- tails dont il etoit charge trop opposes a ses habitudes et a ses gouts , pour desirer sa no- mination au poste de provlseur. Apres trois mois d'exercice de Tadministration qui lui avoit ete corifiee , il accepta la place bien. moins lucrative de professeur de rhetorique du meme college , avec la perspective d'une chaire dans la Faculte des lettres : perspec- tive qui a fini par s'evanouir devant lui. Fixe a. Dijon, M. Couturier chercha , en frequentant les seances de I'Academie, et en lui payant de temps en temps sa part du tri- l)ut que lui doivent ses membres, a justifier son admission au sein de cette compagnie ; mais ses travaux academiques furentbornes a quelques pieces de poesie presques toutes de circonstances , et a deux opuscules en prose (i). (i) Voici , outre ses deux Epitres a Buonaparte , ce quo I'on connoit des productions litteraires de M, Couturier : I. Ode imitee du psaume 70 ( Ut quidy Deus, repu^ listi in Jinem?) sur les impietes commises en France. i8oOi ( 263 ) D'apres Ics idees sur Tamour de la gloire que M. Couturier a developpees dans son II. Epitre sur I'Eglise , presentee au pape Pie VII. 1800. III. Priere pour Louis XVIII , tiree du! psaume 1 9 {Exaiidiat te Dominus). IV. Couplets a S. A. R. Madame, duchesse d'An- gou!eme ( aujourd'hui Dauphine ) , sur son retour en France. Les memoires de I'Academie mentionnant d'autres pieces, dont voici la liste. V. Epitre a M, Daru. ( Seance publique du 8 avril i8i3). VI. Discours sur les avantapes que les orateurs et les poetes peuvent tirer de la lecture et de I'etude de la lit- teraj;ure des Hebreux. {IhideriL). VII. Ode aux souverains coalises, eu 1799, adressee aux puissances alliees lors de leur entree en France en 18 J 4- (^Seance publique du 3o mars 1816. ) VIII. Ode aux puissances alliees reunies a Paris, en 1814. ilbid.) . ■ IX. Ode h. madame de Vannoz , sur I'amour de la gloire. ( Lue a la seance particulicre du 26 mai 1816). X. Ode sur lemariage de Charles-Ferdinand d'Artois, due de Berry , avec Marie-Caroline-TIierese> princesse de Naples. {Seance publique du 3o avril 1817). XI. Ode sur la niort du prince de Conde. (Lue a la seance publique du 4 juillet 1818 , et imprim.ee page io4'io6 du proces-verbal de cette seance). ( 264) epitre a marlame de Vannoz (i), il n'est pas etonnant qu'il ii'ait pas cherche a se creer line renonimee par des travaux litteraires , ou plus nombreux ou plus importaiis. D'un autre cote, en se laissant entrainer par son gout pour la poesie , notre coni'rere eut craint de derober aux devoirs de son etat €t aux pratiques rel'gieuses auxquelies il se XII. Memoire sur Piiistnictlon publiqiie, dedie aux parens chretiens. In 8°, Dijon, 181 5. — 2^ Edition, xevue et angmentee. Dijon, 1818. In-8* de nS pages. ( Seance publique du 4 juiUet 18)8.) (1) Dans IVpitre a madame de Vannoz, le poete entre en matiere par des reflexions generales sur les divers sentimens qui animent i'honime; il Ics envisage ensuite *ous leurs differens degres de force et sous la direction tju'ils peu"vent prendre : il conclut que leur exaltation ou leur mauvaise direction en determine I'abns , et il regarde V amour de la renommee apres la mort , couime 3a suite de Tabus du sentiment de I'immortalile de notr6 arae. Malgre les preuves qu'il donne , le poete se defie de ses propres conclusions 5 il les soumet a madame de Vannoz, dont le talent est bien connu , et il la i>rie de lui communiquer ses reflexions sur un sujet aussi abs- trait. Dans cette piece, I'auteur a encadre avec beau- coup d'adresse, quelquespassagesdes poesies de madame de Vannoz. Tel est le compte rendu de VEpitre sur I'amonr de la gloire ) dans la seance publique du 3o avril 1817. ( 265 ) livrolt clans la solitude qu'il s'etoit creee an milieu du inonde , des inslans qu'il pensoit Jeur apparlenir toutentiers. Des long-temps atteintd'une maladie chro- nique qui, pendant les dernieres annees de sa -vie , avoit presque entlereraent absorlje ses facultes physiques et morales, M. Couturier s'est eteint le 20 novembre 1824 , laissant sa nombreuse famille sans fortune, etemportant ses regrets, comme ceux de toutes les person- nes qui Tavoient connu. C.-N. Amanton. , Notice sur M. Petitot. II est des hommes qui desireroient passer sans etre aper^us,mais qui,malgre leur modes- tie, ne peuvent derober a I'estime et a la recon* iioissance,et leur ardent amour pour le bien,et lasolidite de leursprincipes, et la lermete de leur noble caractere,etleurs talenssuperieurs, et leurs nombreux et importans services. C'est en vain qu'ils fuient la multitude et qu'ils s'eflbrcent de retrecir le cercle dans le- quel ils se placent; leur vie, quelque courte qu'elle soit, leur fait toujoursrencontrer des amis qu'ils servent, des accidens qu'ils sup- portent avec calme et courage, des circons* ( !266 ) tancescllf'iiclles au-dessusdesquelles lis s*ele- vent,clesloisirsqu'ilssavent laborleusenieiitet glorieusementremplir, et bientot mali^re eux, fles temoins parlent,denoiicent a la reriommee les titresde celui qui veut se cacher,et riioinine de bien , le coeur droit , Tesprit sage et eclai- re , le litterateur habile est connu ; aussitot , ses relations s'etendent, la societe reclame Ses services. 11 a beau resister .on I'eleve successivement et tonjours malgre luij il repete sans cesse qu'il n'est point propre aux affaires : et cliacun des emplois toujours plus importans qu'on lui impose semble n'a- voir pour lui aucune difficulte ; tant son es- prit juste et son caract^re ferme savent Ics eviter ou les aplanir ! Tel est Tabrege de la vie trop courte, quoi- quesi bien remplie,de Claud. -Bern. Petitot^ de Dijon, mort a Paris le 6 avril 1825, age de 53 ans. Apres avoir fait ses etudes au college de Dijon , il fut envoye a Paris on ses talens et son devouement aux bonnes doctrines ne tar- d^rent pas a. etre dlstingues ; il en donna des preuves multipliees dans une suite d'ar- ticles publics dans les ecrits peripdiques de cette epoque. II y avoit deja du courage a res- ( 267 ) pecter hautement ce qui alloit etre foule aux pieds : la Revolution coiiiraencoit. Bientot M. Petitot fut arrache a la modes- to carriere que I'amour du bien lui avoit fait embrasser, pour aller montrer une autre es- pdce de courage, celui de porter avec resi- gnation, on pourroit niemedire avec dlgiii- te, le fardeau d'une profession absolument opposee a ses gouts. II faut I'avoir connu pour mesurer toute la force d'ame qui lui a ete necessaire pour etre soldat sans se plain- dre , et pour conserver rneme dans une posi- tion aussi penible son esprit assez libre pour cliercher au milieu des camps quelques de- dommagemens dans tout ce qui avoit jus- qu'alorsfaitle cliarme de ses etudes. Au reste le danger n'e toit rien pour lui , il ne s'en oc- cupoit que pour ceux qui etoient a ses cotes, et qui, tout incapables qu'ils etoient d'ap- precierun liomrne aussi distingue, sentoient neanmoins et respectoient sa superiorite. Heureusement cette cruelle epreuve ne fut , pas de longue duree : M. Petitot eut bientot la liberie de reprendre ses habitudes, et il revint a Paris. Bien que les premiers travaux auxquels il s'adonna a son retour annon^assent qu'il ( 268 ) pouvoit se distlnp^uer dans des genres dlf'fe- rens, il fit pour lui-meme ce a qnoi il etoit. assez generalement porte , il se jngea severe- ment, trop sevcrement peut-etre ; il aban- donna nne bran die de litterature dans la- qnelle il eut pu obtenir anssi des succes, et se livra sans reserve a la critique et a I'liis- toire. Les ouvrages qu'il a publics dans ccs deux genres , et dont la reputation bien etablle ne pent que s'accroitre avec le temps, annon- cent et la purete de son gout, et la solidite de son jugement, et son immense erudition, et la passion toujours ardente et jamais un seul instant satisfaite qui I'entrainoit vers le tra- vail, lors meme que ses forces s'y refusoient. Telle etoit la facilite et I'activite de M. Petitot que ses productions litterairesles plus importantes n'ont ete ce|iendant que le fruit des loisirs qu' i sav( it; se creer au mi- lieu des emplois publics qu'il remplissoit de- puis plus de vingt ans. A peine en effet les troubles de la Revolu- tion furent-ils calmcs qu'il fut cliarge de re- or^aniser les colleges de Paris. 11 fut ensuite cree inspecteur general des etudes par M. de Fontanes ii (jui il avoit rendu d'importans ser- vices dans des circonstances ou Ton nc pou- Voit en attendre que cle la part des amis si ra- -res qui resseinl^lent a. M. Petitot. Depuis la restauration il fit successivement partie de la commission royale de I'instruction puljlique, et du conseil royal de i'universite , et il fut enfin promu k la direction genera! e de I'ins- truction publique , poste eminent qu'il ne dut qu'a la juste confiance qu'il inspiroit, aux longs services qu'il avoit rendtis, et a la con- noissance parfaite du corps dont il devoit partager exclusivement la liaute administra- tion avec le Ministre. Deja il remplissoit avec sa facilite accou- tumee ces liautes I'onctions lorsque ses forces entierement epuisees par I'exces du travail laisserent un libre cours a la maladie dont il etoit depuis long-temps atteint , et il termi- na sa carriere comme il I'avoit parcourue , en chretien resl2;ne et ferme sans ostentation. II laisse deux lils dont il a ete le seul ins- tltuteur , et une epouse digne de Ini qui leur rappellera ses exemples et ses legons. Personne ne connutmieux que M. Petitot ce en quoi consiste I'amitie j aussi il eut de veritables amis dont ilpartagea les sentimens : «on exterieur qui etoit froid et meme severe au premier aspect caclioit un cocur suscepti- ble d'un attachement vif et solide , ct une de- ( 270 ) licatesse exauise qui lui f'aisoit toujours de- vinerce qu'il lailoit faire pour doubier leprix de ses services, L'Universite a fait en lui une bien grande perte, et le vide qu'il laisse dans le cceur de ses amis ne pourra jamais etre rempli. BERTHOT. M. Petltot a laisse un grand nombre d'ou- vrages qui attestent I'excellence de son jnge- ment, la purete de son gout, et une ardeur ponr le travail, qui sans doute a contribue a. abreger sa carriere. D^s 1794 j il concouruta. la redaction d'un journal sur I'instruction pu- blique 5 ensuite il s'essaya dans Part drama- tique ; mais une tragedie qu'il donna au thea- tre Fran^ais {Geta et Carac£7//a),n^3ijantY)3.s eu tout le succes qu'il en esperoit, il renon- ^a a ce genre de composition et se livra a. une etude approfondie des dilTerentes parties de lalitteratureet particulierement des chefs- d'oeuvre de la scene f"ran(^aise. Elle ne Tem- peclia point de fournir de temps en temps des articles dans plusieurs journaux, princlpale- ment dans le Mercure ; il s'y montra tou- jours le defenseur des plus saines doctrines, et contribua avec les La Harpe, les Fontanes, Ics Dussaiilt , au retablissement des princi- pes d'ordre, de morale, etde gout litteraire ( 271 ) centre lesquels Inttoierit encore les partisans fffrenes cle la Revolution et de ses exces. On doit a M. Petitot : OEuvres dramatiques du comte Alfieri , trad, de I'italien. Paris 1802, 4 '^oL in-^"^. C'estla seule traduction qui existe de ce cele- bre tragi que. Hepertoire du TlK^dtre Franrais , ou Re- cueiL de tragedies et de comedies restees au Thedtre depuis Rotrou. Paris xBo3 — i8o5, 23 vol. z/z-8",fig. Cette collection precieuse, a laquelle a eu part M. Fievee, est accom^ pagnee pour chacjue piece, d'excellentes no- tices remarquables par leur exactitude et le Lon esprit quiy regne. Une seconde edition, auementee des chefs-d'oeuvre de Beaumar- dials, Collin d'Harleville, Duels et Le Fevre ( en tout 123 pieces ) , a paru en 1817 — 19, 2.5 vol. in-B^, fig. ; et de suite a ete publle le HSpertoire du 3^ ordre, avec un discours preliminaire de M. Petitot. Paris, 1819 — 1820, 8 vol. in-S^. Grammalregenerale etraisonrieede Poi't- Royaly avec un tres bon discoursprellmlnaire. Pa/is J 1803 , in.-S'\ OEuvres choisies etposthumes de la Harpe, Paris, 1806, 4 iJoL in-^^ . On y trouve nn. tres beau morceau sur la Religion , qui mal- ( 272 ) lieureiisement n'est pas termini. Quant a la prophetie deCazotte, c'est LaHarpe qui en est I'auteur, et qui ne I'a redigee que long- temps apres les evenemens , et nieine apres sa conversion. D'lctlo Tina ire abrege de la Bible , de Chompre , nouvelle edition tres augmentee. Paris y y'^oj y in- 12; 1809, i/i-iz. OEiivres de Racine avec les variantes et les imitations des auteiu^s grecs et latins , Paris, 1807, 4 "Vf^l" in-?)', Comnie cette edi- tion est stereotype, on en a raultiplie les ti- rages. OEuvres de Moliere avec des reflexions sur chaciine de ses pieces. Paris, i8i3, 6 vol, in-Z^ , edition egaleinent stereotype dont on. a fait plusieurs tirages avec de nouveaux li- tres. T)e I' initiative des lois, ou Reflexions sur les assemblees deliberantes. Paris, 1814, in-8^ Collection complete des Me moires relatifs a I'histoire de France depuis le r^gne de Philippe Auguste , jusqu'au commencement du xvii^ siecle ; avec des notices sur cliaque auteur et des observations sur cliaque ouvra- ge, Paris , 1819 — 1825. ( En juillet 1825 ont paru les 4^^ et 46^ ^ol* ^^ cette iinportante (=73) collection, in-8° ). Ceci forme la premiere vSerie, qui touclie a sa fiii 5 elle aura environ 5o vol. in-H^, Collection des Memoires relatifs a riiis- toire de Trance , depuis lavenement de Henri IV , jusqu'a la paix de Paris y con- clue en 1 763; avec des notices sur chaque au' teur et des observations sur cfiaque ouvrage, Paris, 1820 — 1825. (En juillet 182.5, ont paru les 43^ et 44"^ vol. de cette collection, in-^^), Ceci forme la seconde serie, qui ap- proclie egalement de sa fin. Elle aura le meme nombredevolumes a peupres que la premiere. Une partie interessante de cette seconde se- rie est la collection des memoires iriedits et authentiques dti cardinal de Richelieu. En general un excellent esprit de critique, une srande moderation , et un talent distlnijae se sont fait remarquer dans les nombreuses no- tices, notes et coramentaires dont M. Petitot a enrichi ces grands tableaux histoiiques , si interessans par la variete des temps, des lieux, des circonstances, des faits particuliers, et meme du style. iS ( ^n ) Notice sur M. le baron Denon. M. le baron Dondnique- Vivant J^^^os y ne le 4 jail V ier 1 747 a Ch alon -sur-Sa6ne,en Bour- gogrie, aujourd'liui I'une des trois priiicipales viilesdu departement de Saone-et-Loire , est iiiort a Paris, le 27 avril 1825, dans la soixan- te-dix-neuvieme annee de son age. M. Denon , dont le pere portoit le titre d'ecuyer, commen^a sa carriere par en- trer dans les Pages de la chambre du Roij il suivoit celle des armes, lorsque Sa Majeste le nomma d'abord gen til ho mine ordinaire , puis secretaire d'ainbassade. Ce fut sous ce dernier titre qu'il accompagna a Naples M. le baron de Talleyrand , ambas^adeur pres Sa Majeste le Roi des Deux-Siciles j ii y resta nienie revetu du caractere de charge d'affai- res, en Pabsence de Pambassadeur. On pretend que dans le cours de sa mission, ce diplomate, alors connusous le nom de che- valier Denon, encourut la disgrace de lareine Marie-Caroline, et que cefutcette circons- tance qui le determiiia a se retirer aVenise. Ce qu'il y a de certain , c'est que dans cette noble cite, M. Denon, par la constante gaiete de son esprit, par la fecondite de son imagi- nation , et par son penchant a fronder les ri- dicules, obtiiit beaucoup de succe§ de societe. ( 275 ) M. Denon , aspirant toiitefbis a des avan- tages plus solieies et plus durables, mit k profit le sejour assez long qu'il fit saus le beau ciel de I'ltalie , pour agrandir ses con- iioissances et pour se perf'ectionner dans I'art du dessln , objet de son gout dominant. Lorsque la Revolution eciata , M. Denon en adopta I'esprit ; mais 11 ne participa ja- mais a ses exces j et si on le vit former qnel- ques liaisons avec des revolutionnaires mar- quans,ilne le fit que dans I'intention louable de sauver autant de victimes qu'il pourroit en soustraire aux eff'ets de leurs f ureurs. M. Denon fut I'un des hommes les plus distlngues entre ceuxquiprirentpart, comma artistes oucommesavans, a la fameuse expedi- tion d'Egypte.C'est aluitjuenousdevons una partie de ce quinousenrestepeut-etredeplus interessant ; car parmi les monumens de dif- ferens ages, qui couvrent cette terre antique, bien peu paroissent avoir ecbappe a ses cu- rieuses et constantcs recliercbesj ses savans crayons que nedecourag^rent pas lesmarches forcees, les bivouacs, les privations de tout genre a travers les sables brulans du desert; que n'intimlda m^me pas le feu d'un ennemi toujours present quoique fuyant sans cesse ; ses savans crayons , disons-nous , en ont fait la precieuse conquete, et le burin en a repro- ( ^1^^ ) dult un grand noinbre clans un jonrnal , dont le style, pittoresque coinme les objcts qu'il retrace, rend la lecture fort attachante. Aussi cet ouvraf^e , public sous le titre de Voyage dans la basse et la haute Egypte pendant les canipagnes dii general Bona- parte , a-t-il obtenu un succcs prodlgieux tant en France que cliez I'etranger. M. Denon etant revenu a Paris avec Bo- naparte , ce general parvenu an pouvoir su- preme , lui confial'administration des Musees et celle de la Monnoie des Medailles. Ce f'ut sous la direction de M. Denon qu'on executa les medailles destinees a consacrer la nie- juoire des liauts faits de I'epoque , et que Ton \it s'elever la colonne triompliale de la place Yen do me. Lorsde lapremiere restauration,le Roi qui connoissoit personnellement M. Denon, et qui, protecteur tres eclaire des arts, appre- cioit sa superiorite dans les parties d'admi- nistration dont il se trouvoit charge, le con- firma dans ses emplois. Peut-etre sans la desastreuse revolution des cent jours, qui fit tant d'inlideles a la f'oi ju- rec, M. Denon seroit-il mort en fonctions j mais il f'ut du nombre des courtisans qui re- porterent Icurs liommages au deserteur de ( "^ll ) rile d'EIbe. Aussi le Roi rentre cle nouveau dans ses droits, lui donna-til cette f'ois des successeurs , I'un , M. le comte de Forbin , dansladirection des Musees royaux; Tautre, M. le baron de Puymaurin , dans celle de la Monnoie royale des Medailles. Malgre cette disgrace qu'onne saurolt taxer d'injustlce , M. Denon, qui etoit de I'lnstl- tut, f Lit , par I'ordonnance de Sa Majeste , du 21 mars 1816, nomme membre de I'A- cadeinie royale des Beaux-Arts, section de Peinture. L'Academie de Dijon le comptoit, depuls le 3 j uillet 1 79B, parmi ses associes non residans. II etoit ofKcier de I'ordre royal de la legion d'honneur, et decore de I'ordre de seconde classe de Sainte-Anrie de Russie, et de I'ordre de la Couronne de Baviere. On a de M. Denon les ouvrages suivans : I. Voyage eii Sicile, Paris , imprim. de Didot I'ame , 1788 , grand in-^^ . II. Voyage dans la basse et la haute Egypte , pendant les campagnes du general Bonaparte. Paris, imprim. de P. Didot I'aine, an X-1802, deux vol. tres g-rand in-f'ol. avec 141 planches (1). — Le meme voyage. Parisj^ (1) A quelques exemplaires, on a ajoute, 1° le por* Uait (leM. Denon, d'apres Isabey j grave par lui nienju ( ^7^) p. Ditlot I'aine , an X-1802, in'4^ , et les planclies en 1 vol. in-foL. atlant. — Le meme 'voyage, sans planches. Paris, imprim. de P. Diil<)t Tame , 3 vol. in-12. (1). III. Discours sur les rnonuniens d'antl- quite arrives d'ltalie , prononce le 8 ven- demialre an XII, a Tlnstitut. Paris, Didot I'aine, zVz-iB ^ p^r. pap. vel. IV. ISious devons ajouter ici, pour la part qu'y a M. Denon : Voyage de Henri S'wi/i^ a la maniere de Rembrandt; 2* Teau-forte de labataille des Pyramidesj 3^* la planche i4i ? double. Cette der- uiere planche est tine copie de I'original sur papyrus trouve dans la main d'une momie j elle a ete decoupee et collee avec beaucoup de soin sur du papier blanc. Tel est du moins I'exeraplaire decrit sous le n° y83 du Catal. de liv. prec, de M. Bozerian I'aine, I/i-8° f Paris ,1811. Dans le Catalogue des livres rares etprccieux , etc., du cabinet de M. d'OuRCHEs, //z-8° , Paris, 1811 , le Voyage dans la basse et haute Egypte est classe sous le n° 1 195, avec cette npte : cf Exemplaire d'epreuves choi- « sies, et auquel on a ajoute un j)ortrait de M. Denon « grave par lui-meme , epreuve avant la lettre et 6 fig. « doubles (les planches io4? 'o5, 106, j 08, 110 et « 111, ausai gravees par M. Denon, premieres epreu- « ves ) , avec des differences. 35 (1) On a fait a Londres , en i8o3 , nne edition du Voyage dans labasse et la haute Egypte j en 2 volumes ( ^79 ) hurne dans les deux Sidles ,ert\ 777 , 1778 , 1779 et 1780, traduit de I'anglais par ua voyageur Frangais ( De la Borde ) , avec des notes tres curieuses , un extrait du journal d'uJi voyage de M. Denon , deux belles cartes geographiques et des tables genealo- giques de dil'ferens souverains. Paris , de rimprim. de Didot Taine, 17855 5 vol. in-^^ , gr. pap. d'Annonay (1). in-/^° avec un volume de planches. Cette edition, qui a ete donnee par M. Peltier , differe de celle de Paris , d'abord dans le texte qui renferme des corrections assez nombreuses et qui est mis dansun nouvel ordre^ ensuite le second volume est augmente d'un appendice tres etendu , contenant des relations particulieres et des me- moires publics par differens officiers et par des savans qui ont fait partie de Pexpedition. Mais si ces augmen- tations donnent quelque prix a I'edition de Londres j elle est fort inferieure a celle de Paris pour Pexecution typographique, et sur-tout pour les plancbes, qui de i4i ont ete reduites a 6o. H a ete fait en meme temps una edition avec un texte anglais (Voy. Manuel du libraire et de V amateur de livres , par M. J. Ch. Brunet. 3^ edit. torn, i^'j P^g* ^'4)' (i) Le 'voyage de M. Denon , dont il est ici question, est un voyage de Bayonne a Marseille 'y il contient iSy pages et termine le 5^ volume du Voyage de Henri Swinburne. (Voy. le Catalogue de la bibliothkqus d'un amateur [ M. Ant- Aug. Renouard], torn. 4> pag, 20). ( 2Bo ) "'De ces diverses productions dc M. Denon , la jjlus iiiiportaiite sans donte est son f^oyage 'dans la basse el la haute Egypte. Get ou- Vra^'re , (jui cornpte par.ni ses noinhreux soiis- cripteurs , presrpie tous les sonverains et les princes de rEurope, a penetre par-tout, et par- tout il joult de la plus grande est'une. V Les persunnes qui ne sont pas a portee de recliei'cher dans I'edition in- f olio y qui est des long-tcinns epulsee et dont le ])rlx est tres e'eve, les figures qui raccomnngnent , peu- vent au moiiis prendre une idee de la mul- titude d'ubjets sur lescpiels P/L. Denon aexerce ,ses crayons , en lisant I'edition //z-i2,, et sur- .tout la preface ou respire le gout le plus vif pour riilstoire nionuinentale de la haute an- tiquite. Ce niorceau est lui-mSuie un tableau anime et plein d*interet, de ce qu'offrent de plus curieux et de plus etonnant en ce genre les contrees que M. Denon , tour-a-tour des- sinateur et soldat , a parcourues avec une ardeur et un courage que rien n'a pu ni attiedir , ni intimider un seul instant. C.-N. Amanton. CATALOGUE JDes ouvrages dont il a ete fait hommage h. l^Acadeniie depuis Le 24 aoilt i^2.?>fjus- qiiaii 16 novembre 1825. ouvrages composes par des membres de l'acadejmie (1). 1 . Ljettres Bourguignonnes, ou Correspondance sur divers points d'liistoire litteraire , de biographie , etc. j parM.C.-N. Amanton. Dijon.) iSsS, m-8°. 2. Commentaire sur le Code penal, par JVT. Carnot , Conseiller a la Coiir de cassation, Paris , 1823-1824 7 ^ i>ol. in-4°. -^ Rapporteurs fM.M.,B.iAmBOV B.G y Fois- SET et Lorain. 3. Essai sur la fievre jaune d'Amerlque , par M. Tho- mas ^ secretaire de la society medicale de la Nouvelle- Orleans. 1823, in-8^» -^ Rapporteurs ^^M. Antoine et Protat. 4- Refutation de I'ecritde M. le due de Rovigo, etc., relatif a la raort de Mg*^ le due d'Enghien , etc. , par M. Macquart, 3^ edition. Paris, 1823, in-6°. (i) On a aussi compris dans ce catalogue quelques ouvrages ancieiis, dont un membra residant a bien vouiu enriclxir la bi« bliotheque de 1' Academic . ( 282 ) 5. Notice sur M. Girault , par M. C.-N. Amanton. Dijon , 1 823 , in-8°. 6. Annalesde I'agriculture franca ise, par MM. Tessier etJ^osc. ParzSfdc'cembre 1823.— -Juin 1825. 3i n°*in-8°. 7. Annuaire du departement de la C6te-d'0r , pour 1824 J par feu M. Girault, presente par M. Girault fils. Dijon J 1823, in-\i. 8. Lettre a M. C.-N. A****** sur un ouvrage inti- tule : Les Poetes francais depuis le xii* siecle jusqu'i Malherbe 5 par M. P ; et notice sur les Euvres de Lovise Labe Lionnoize, parM. C.-N. Amanton. Dijon, 1824 , in-8^ . 9. Quelques ideas sur la rage , etc. , par M. Bouvler, medecin du garde meuble de lacouronne, Manuscrit^ ia-6^. Rapporteur , M. Antoine. 10. Observations sur le passage de M. Millin a Dijon^ avec des recherches historiques sur les antiquites de cette ville et de ses environs, (par M. Baudot, juge au Tribunal de premiere instance de Dijon). Dijon , 1808, zn-8". — Rapporteurs f MM. Gueneau-d'Aumont ^ DE CoURTIVRON et PeIGNOT. 1 1 . Dithyrnmbe a S. A. R. Mg' le due d'Angouleme, par M. Mollevaut, membre de I'Institut. Paris, 1824) />/-8\ 13. Maison de saint Bernard a Fontaine-les-Dijon , par feu M. Girault. Dijon, 1824, in-\i. i3. Meraoire sur la pretendue greffe columelle , par M. Thouin , membre de i'lnstitut , /«-4°» "~ Rappof teur , M. MoRLAND. i4« Le pliilosoplie a table. Piece de vers , par M. Clia- tillon £ls , membre correspondant. Paris, i824) in-8^ » Rapporteur f M. Gueneau de Mussy. ( 283 ) i5. Traduction francalse des fables de Pliedre , par M. Toussaint, mss, in-?)° .-^ Kapporteurs , MM. Gue- NEAU DE MUSSY Ct LoRAIN. 16. Notice necrologique sur M. Brenet , membre de la Chambre des Deputes et de TAcademie de Dijon. Par M. C.-N. Amanton. Dijon, 1824, in-%°. 17. Notice historique sur le docteur Jenner, par M. Louis Valentin, D.-M. 3* edition. 1824, /tz-S". — Rapporteur , M. Salgues. 18. Essai historique et philosopbique sur les noms d'hommes, de peuples et de lieu , par M. Eusebe Sal- verte. Paris , 1824 > 2 vol. in-8°. — Rapporteur , M. Peignot. 19. Rechercbes statistlques sur la ville de Paris et le departement de la Seine. Recueil de tableaux (statistl- ques) dresses et reunis , etc., etc. (Par M. Villot y archiviste de la ville de Paris). Paris, 1821 , in-8° y plus 40 tableaux de diverses grandeurs ^ Paris, 1823 y in-li^ compose de discours et tableaux. — Rapporteurs, MM. Amanton et Peignot. 20. Rapport fait a I'Academie des sciences de Paris y par MM. Chaussier et Percy, surle nouveau moyen du docteur Civiale pour detruire la pierre dans la vessie. Paris , 1824 , m-8°. — • Rapporteurs , MM. Vallot y Protat et Antoine. 21. Notice necrologique sur M. I'abbe Volfius , par M. C.-N. Amanton. Dijon, 1824, in-8^. 22. Observations sur la rechercbe des objets d'antiqui- te, dans le departement du Puy-de-DAmej par M. I'abbe Lacoste. Clermont , 1824 ^ /Vz-8°. — Rapporteur, M. Peignot. a3. Physiologic de Thomme , par M. Adelon. Paris, ( 284 ) 1820. 4 'vol. inS'^. — Kapporteurs ) INIM. Antoine ) Salgues et Vallot. 24. Rapport fait a la societc Linneenne de Paris, sur le fossile trouve au Long-Rocher dans la fontaine de Fontainebleau. Par M. TJiiebaiit de Berneaud. Paris , 3824, in-8^. — Rapporteurs f JVIM. Sene et Vallot. 25. L'Abbaye au bois , conte, par M. Guillaume. Scsancoji , 1824 , z/z-8°. — Kapporteur , M. Peignot. 26. OEuvres inediles de Grosley, edition originale , coUationnee sur son manuscrit et augmentee d'articles biographiques , de remarques et d'un discours prelinii- nairCjparM. L.-M. Patris-Debreuil. Paris ,C.-F. Pa- tris , i8t2, 3 -vol. in-8^ nf portraits. 27. E[)hemerides de P. -J. Grosley, membre de plu- sieurs academies, ouvrage historique mis dans iin iiou- vel ordre, corrige sur les manuscrits de Pauteur et aug- mente de plusieurs morceaux inedits , avecun precis de sa vie et de ses ecrits, et des notes, par M. Patris De- breuil , editeur. Paris, aSii , 2 vol. in-8°. 28. Discours prononce par M. Patris Debreuil lors de I'inangnration du buste de Grosley. Troyes , in-S'^. 29. Melanges de biograpliie, d'economie politique et de critique morale et litteraire, parM. Patris-Debreuil. 2yoyes , 1824, in-8°. — Rapporteur , M. Peignot. 30. Rapport sur I'etablissement et les premiers tra- vaux du conseil de salubrite de la ville de Lyon. Par jyi. Grognier. Lyon , 1824 , in'I\°. — Rapporteurs , MM. Sene et TiLLOY. 3i. Observations sur la peinture siir vcrre , etc. > par M. Alexandre Lenoir , z>z-8». — Pi^apporteurs , MM. Devosge et Peignot. 32. Do la geUline , des qs et dc son bouillon , par ( ^85 ) M. Cadet-de-Vaiix , 1818 , in-i'i. -— De la goutte et du rliumatisme, par le meme , 1824^ in-ii. — Kap- pOlteur^ M. DuRANDE. 33. Conservation flu mout soustraita la fermentation, spiritueuse , par M. Cadet-de-Vaux. 1819, in-ii. — Rapportejir , M.de Gouvenain. 34. De I'economie alimentaire du peuple , par M. Cadet-de-Vaux. i8i4} in-d>° . — Rapporteur , M. DuRANDE. 35. Evvres de Loviize Labe Lionnoise , ( editeur, M. Breghot du Lut; , etc. Lion^ 1824 , //z-8°. — Rap- porteurs , MM. DuRANDE et Amanton. 36. OEuvres de M. MoUevaut (18^ tome), 1824, ///-1 8. 37. Fables par M. B (Bressier ) , Dijon, 1824 j /Vi-12. — Rapporteurs, MM. Foisset et Lorain. 38. Le corps et I'anie, piece de poesie , par M. Fran- cois de Neuf-Chateau. Paris, 1824 , i/z-8°. — Rappor- teur, M. Bressier. 3^. Description et usage du pantoeraplie , par M. de Saint-Mesniin , mss. , impriine depuis, in-^° pi. — Rapporteurs , MM. Gueneau-d'Aujmont , Salgues et Durande. 4o. Quelques considerations sur les soins a donner aux femmes pendant le travail de I'accoucheinent, par M, Cliaussier. Paris , 1824, in-2)^. — Nolice historique sur M'"^ Cliapelle , sage-fenime en chef de la maison d'accouchement , par M. Cliaussier , 1823 , //z-8°. — • Considerations sur les convulsions qui attaquent les femmes enceintes, etc. , par M. Chanssier, 1824? in-8'^, — - Recueil de memoires , consultations et rapports sur deux objets de medecincj ttc.j par M. Cliaussier^ i824j ( 286 ) znS^. — Rapporteurs , MiM. Antoine , Salgues et UuRANDE. 41. Observations et reclierches sur la cyanose ou ma- ladie bleue, par M. E. Gintrac, D.-M. Paris, J824, 1 fo/.inS^ — Rapporteurs , MM. Vallot et Antoine. 42. Le Paiito<»ia])he perfectionue , par M. F. de S. M. (Dijon), 1824, in-8^,/^. 43. Eloge de M. de Pressigny , archeveque de Besan- con, par M. Bechet, secretaire perpituel de TAcademie de Besancon. (Dans le Compte rendu de la seance pu- biique de cette Academicj du 24 aox^t 1824, /V/-8'^). — • Rapporteurs, MM. Gueneau d'Aumont et Plignot. 44' De la fixi e et de I'invariabilite des sons musicaux, par M. De la Saleite , in-3'>. — Rapporteur , M. de MlSSEIVY. 45. Adieux de lord Byron a la Grece, par M. Ch. Brugnot, Paris, Firm. Didot , in-3°. 46. Description des en\irons de Paris , consideres SOUS les rapports topographique, hlstori(jue et monumen- tal. Par M.. Dofinet. Paris^ 1824 7 i vol. in-S" ^Jig. — • Rapporteurs f MM. de Saint-Mesmin et Amanton. 47. Le testament de Louisa Labe. Envoi de M. Bre- gliot du Lut. Lyon, 18245 ^^2-8°. 48. Notice sur Bordes, poete lyonnois , par M. Peri- caudaine, Lyon, ///-8°. 49. Kecherches sur le cuUe de Bacchus, symbole de la force reproductive, par M. Kolle , bibliothecaire de la ville de Paris. Ouvrage qui a reniporte le prix de I'Academie des inscriptions et belles-lettres, en 1819. Paris, \S2./\j3 vol. in-H'^. — Rapporteurs, MM. Baudot et Maillard de Chambure. 50. Chemical essays, principally relating to the arts ( 28/ ) and manufactures of the british dominions, by S.imuel Parkes, etc. , the second edition. London, 1823, 2 vol, in-^\fig. 5i . Pieces de vers, par M. de Labouisse. — Happor" teuT y M. Bressier. 52. Dialogues, conteset autres poesies, par M. Brif- faut. Paris f 1824, 2 vol. in-id. — Rapporteurs , MM. FoissET et Lorain. 53. Observations sur les polygenes etoiles, par M. Le- vy , professeur de mathematiques aRouen 5 1824, iVz-S**. ^- Rapporteur f M. Gueneau d'Aumont. 54. Flore de la Haute-Loire, parM. Arnaud, D,.M. au Puyj 1825, in-S^. •— Rapporteurs, M.M.. Durande et Vallot. 55. Origine astronomique du jeu des echecs , expli- quee par le calendrier egyptien, etc. , par M. Villot. Paris, 1825, in-3'^ ,-— Rapporteur , M. Gueneau- d'Aumont. 56. Eloge de Louis XVIII , par M. Patris-DebreulU Paris , 1816, in-S°. — Rapporteurs , MM. Gukneau DE Mus&Y et Amanton. 5'/. Memorial religieux ou Choix de pensees sur la Religion et sur I'Ecriture Sainte, par G. P , in-iS, 58. Tableau synoptique de la meihode botanique de Tournefort ; — idem de celle de Linne ; — idem de celle de B. et A. L. Jussieu ; — idem de celle de M. Durandfj •— plan et divisions d'un coiirs de zoonomiej — tab'e synoptique des solides organiques; — table synoptique des humeurs ou fluides animaux 5 — etc., etc. Ces ta- bleaux in-fol. atl. envoyesparM. le docteurChaussier, 59. L'Octavius de Minucius Felix , nouvelle traduc- tion par M. Pericaud de Lyon j avec ie texte en regard* ( 288 ) JLyon, 1823, zVz-S". — Rapporteurs ^ MM. Am Anton et Bressikr. 60. Notice sur LeiJrade, Agobard et Amolon, arcVie- veqiies Ue Lyon , par M. A. Pericaud. Lyon, 1826 , l/l-b . 61^ Avis ail public siir Pemploi raisonne des sangsues, par M. Pictjuet, D.-M. Saint-Claude , i835, in-12., •— Rapporteur y M. Antoine. 62. La Clieuiise, conte, et les derniers adieux du poett-, elf'gie, par M. IN. Chatillon. Paris, i825, inS^. — Rapporteur , M. FoissET. 63. Numismata aurea imperatorura augustorTim et cajs.niin, auctore Foy Vaillant. Parisi,, \6()j^ in-fol. fig. — Faniiliaj romanae quae in antiquis numismalibus rcptriuiitur, in-fol. j fig' Marmora taurinensia , etc. ^ 17/^7 J 2 vol. in-i\^. Ct^s trois ouvrages ont cte offerts a I'Acadeniie par M. Baudot, menibre residant. 64. Observations of the apparent distances and posi- tions ol "8j double and triple stars, etc., by J.-F. Hers- chell,etc. London, 1825, in-/^° ^ fig. -^ Rapporteur, M. GuENEAU d'AuMONT. 65. Notice sur les bains de Saiiit-Gervais et sur un reraede nouveau pour la gangrene. Par A. Mathe-y , D.-M. , in-S°. Rapporteur, M. Salgues. 66. Notes sur les bierres economiques, par M. Boscj /«-8°. — Rapporteur , M. de Gouvenain. 67. Notice bibiiograpliique sur les editions et traduc- tions francaises des oenvres de Ciceron. Par M. Brealiot du Lut et Pericaud. Paris, 1825 , in-^°. — Rappor- teur y M.. Am ANTON. 68. Principaux syslemes de notation musicale usites ou proposes chez divers peuples tant ancieiisquemoder- ( 289 ) Jves, etc. , par M. Raymond. Turing 1824 , /«-4° , pi, -^Rapporteurs , MM. Travisini et Peignot. 69.Ecole royale forestiere, coursd'histoire naturelle, arboretum for estier. Essai d'une classification des arbres, arbrisseaux et arbnstes qui composent les forets de France. Par M. Masson-Four , professeur. Nancy , 1825, m-b°. — Rapporteurs , MM. Vallot et Gui- CHARD. 70. L'incognito (en vers), par M. N. Qh.a.\.i\\on. Paris, idaSjinSo. ENVOIS DES SOCIETES CORRESPOND ANTES. ' ; 1. Notice des travaux de la Soci4te royale de mede- cine de Bordeaux, etc., i8i3.~-Idern, 1824} — idem, 1825, par M. Dupuch-la-Pointe, secretaire general. Bordeaux, "b parties , in-d>°. — Rapporteur , M. An- TOINE. 2. Proces-verbal de la seance publique de I'EcoIe royale secondaire de medecine de Bordeaux, tenue le 27 aoiit 1825, etc. Bordeaux , inS". 3. Compte rendu des travaux de la Societe royale d'agriculture , histoire naturelle et arts utiles de Lyon , annee 18235 — idem, annee 18245 — idem, annee 1825. Lyon, ?> parties, in-8'*. — Rapporteurs, MM. Morland elDE GoUVENAIN. 4. Compte rendu des travaux del'Academie des scien- ces, arts et belles-lettres de Lyon; pour le premier se- mestre, par M. Regny ; pour le second semestre, par M. Achard-James. Lyon, iu-8''. — Rapporteur , M. Bressier. 5. Memoires de la Societe royale d'Arras pour Pen- 19 ( ?^9^ ) couragement des sciences, lettres et arts. ^Arai , 1823, in-S". — Rapporteur , M. Morland. 6. C(impie rendu de la seance publique de la Societe royale d'Arraspour I'encouragement des sciences, lettres et aris , du 26 aofit 1824. Arras f in-8". Rapporteur ^ M. DE GoUVENAIN. 7. Memoires de la Societe centrale d'agriculture et des artsdu departementde Seine-et-Oise, annee 18205 — identf annee 1824 j — idem, 1825. xxv^ annee. Versail^ les , 3 parties, in-S'^. Rapporteur, M. de Gouve- NAIN. 8. Societe centrale d'agriculture et des arts du de- partement de Seine-et-Oise. Memoire sur ies pommes de terre , faisant suite aux differens rapports faits a, la Societe, parM. de Jouvencel. Versailles , 1824, in-fol. Rapporteur , M. de Gouvenain. 9. Memoires et rapports publies par la Societe royale et centrale d'agriculture de la Seine, annee 1822J— • idem, annee 1823 \ — idem, annee 1824. Paris ,?> par' ties, in-8®. Rapporteur , M. de Gouvenain. 10. Rapports lus a la Societe royale et centrale d'a- griculture, sur les concours pour la traduction des ou- ■vrages relatifs a I'economie rurale , etc. , par MM. Co- queret-Montbrun et Gerard. Paris, 1824, in-80. — Rapporteur f M. de Gouvenain. 11. Programme de la Societe royale et centrale d'a- griculture, relatif aux prix proposes sur le parti que pourroient tirer les agriculteurs des animaux qui meu- rent de maladies, de vieillesse, ou par accident. Paris, 1826 , iu-8°. 12. Programme de la seance publique de la Society royale etcentrale d'agriculture, du 10 avril iSaSjin-S". ( 291 ) Annuaire de la Societe royale et centrale d'agricul- turej pour 1825, in-12. i3. Rapport sur lesconcours pour des observations et des raemoires de medecine veterinaire, par MM. Desplas- Sicard , etc. Paris ^ in-8°. — Rapporteur f/Ni. Protat. 14. Rapport lu a la Societe royale et ceutrale d'agri- culture, dans la seance du 10 avril 1825 , sur ie con- cours pour des observations et des" memoires de me- decine veterinaire pratique, Paris, 1825, in-8°. 1 5. Recueil de memoires etautres pieces de poesie et de prose de la Societe des amis des sciences, a Aix. ^iXf 1823, in-8°. — Rapporteurs f MM. de Courti- VKON, DuRANDE Ct AmaNTON. 1 6. Seance publique de la Societe des amis des scien- ces a Aix. Aix, 1824, in-S". — Rapporteurs, MM. GUENEAU d'AuMONT et DuRANDE. 17. Annales de la Societe d'agriculture, arts et commerce du departement de la Charente. AngoulS- me , tomes v, vi et vii , 1823, 1824 et 1825 , 20 n iri-8°. — Rapporteur , M. de Gouvenain. 18. Recueil agronomique de la Societe des sciences et agriculture du departement de Tarn-et-Garonne, Montauban , i823, 1824 et 1825, tom. iv , v et vi , 21 n°*, in-8°. — Rapporteur , M. de Gouvenain. 19. Journal d'agriculture, lettres et arts, redige par les membres de la Societe d'emulation et d'agriculture du departement de I'Ain. Bourg , 1823, 1824 et 1825 , 24 n°% in-8°. — Rapporteur, M. de Gouvenain. 20. Proces-verbaux des seances publiques de 1' Aca- demic des sciences , belles-lettres et arts de Besancon , du 24 aoiit 1822, du 24 aoi\t i823, du 28 Janvier 1824, du 24 3^out 1824 et du 24 aout 1825. Besancon f S par" OS ( ^9^ ) ticsy in-8«. — happortcurs, MM. Guenkau de Mussy> Lorain, Salgues, Gueneau d'Aumont el Peignot. ai. Archives gmerules de mcdecine , 18247 ^ "^°* f in-8\ 11. Cnhipte renJu le 6 decembre 1820, des travaux de I'Atadeniie des sciences, arts et belles-lettres de IMacon. — /'/e^/t pour 1824. Macon , '2. parties , 111-8". — Rapporteurs i MM. GtENtAU d'Aumont, Lorain" ei IMoHLAND. 23. Proces-verbal dela seance piibliqiie de la Societe d'.jgriculture , de commerce et arts, de Boulogne sur mer , annee 1823 5 — Compte rendu des travaux de la ineme societe. Boulogne ^ 1826, 1 vol. iii-4*'. — Hap' porteur , M. de Gouvenain. 24. Seance publiqne de la Societe centrale d'agricul- ture dii departement de la Seine Inierieure , tenue le 22 octobre 1823, — idem pour i824« liouen , in- 8". — Rapporteur y M. de Gouvenain. 25. Extraits des travaux dela Societe centrale d\igri- culture de la Seine-Inferieure. Rouen , torn, iv, v et VI, j823 — 1825. 19 n°% in-8°. — Rapporteur , M.. de Gouvenain. 26. Compte rendu de la stance publiqne de la Societe ]ibre d'cmulation de Rouen, tenue le 9 juin i823. Rouen , in-8°. — Rapporteur , M. Moiiland. 27. Precis analytique des travaux de I'Academie royale des sciences, etc. , de Rouen, pendant 1824. Rouen, in-^^. RapporteurSy^lM.Y allot el Peignot. 28. Journal des proprietaires ruraux pour le midi de Ja France, redige paries membres de la Socioie royale d'agricullure de Toulouse , de decembre 1820 au moi« ( 293 ) de septembre 182,5. Toulouse , 22 n** m-80. — 2?(3p- porteur y M. de Gouvenain. 29. Seance publicjue de la societeroyale d'agricuUure de la Haute-Garorine , teniie le 1824? seance publi- que de la xneme societe, tenue le 24 juiu 1825. Tou- louse, \n-^° .'— Rapporteur f M. de Gouvenain. 30. Ephemerides de la Societe d'agriculfure dti de- partement de I'lndre. Chdteauroux ^ i833, in8".— Rapporteur , M. de Gouvenain. 3i . Annales de la Sotiete royale des sciences, arts et belles-lettres d'Orleans. Orleans y torn, v, vi etvii, 1823 — 1825, 22 n^'S in-8°. 32. Journal de la Sociele des sciences, agriculture et arts du departement duBas-Rlun. Strasbourg, 1824- 1825 , in-8". — Rapporteur , M. V allot. 33.Memoires de la Societe des sciences, agriculture et arts de Strasbourg, 1823, 2 vol. in-8'^. — Rappor^ teurSf MM. Gueneau d^Aumont et Peignot. 34. Annales de la Societe d'agricuUure , sciences , arts et belles-lettres du departement d'Indre-et-Loire , Tours , f!CAout 1823 au mois de mai j825. 22 n°* , ill. go. — Rapporteur , M. de Gouvenain. 35. Journal d'agriculture , de medeclne et des scien- ces accessoires , fulsant suite , etc., dans le departement de I'Eure. Evreux , 1824-1825, in-S''. — Rapporteurs , MM. Vallot et Salgues. 36. Journal d'acrlculture et des arts du departement de PArriege , public a Foix. Foix , 1825 , torn, iii et IV, in-8®. — R^apporteurs , MM. Vallot et de Gouvenain. 3/. Compte rendu des travaux de la Societe dess (=94) sciences inedicales du depiriement de la Moselle , par M. Chaumas. Seance du 6 niai 1824. Metz , in-8°. — Rapporteur , M. Vallot. 38. Seance publifjiie de la Soci^te des lettres , scien- ces et arts de Metz , tenue ie aojuin 1825, in-8°. — Rapporteurs f MM. ButssiER et Amanton. 39. Seance publiqne de la Societe d'agriculture, com- merce , sciences et arts du departement de la Marne. Chdlons-sur-Manie f annee 1 824) inS'^ .— Rapporteur, M. DE GoUVENAIN. 40. Transactions of the society instituted at London, for the encour>igenient of arts, manufactures and com- merce. London f 1823, 4'^ "^^^^ ^^'^ifir^- — Idem, London y 1824, 4"^^ '^ol. wx-^^ ^ fig. '—' Rapporteur , M. GUENEAU d'AuMONT. 41 • Meraoires of the astronomical society of London. London, J 825, in-4° , pi. — Rapporteur ^ M. Gue- NEAu d'Aumont. 42. Recueil des travaux de la Societe d'amateurs des sciences, etc., de Lille. LAlle , 1824, in-8°. — Rap- porteurs y MM. Vallot et Durande. 43. Expose desdifferens objets qui ont occupe la So- ciete d'agriculture de Dole, dans ses trois dernieres se- ances Dole, 1824, in 8°. — Rapporteur , M. DE GOUVENAIN. 44« Bulletins de la Societe academique d'agriculture etc. , du departement de la Vienne. Poitiers y 1824- 1825 , in-8^. — Rapporteur f M. de Gouvenain. 45. Journal de la section de mcdecine de la Societe academique de la Loire-Liferieure. Nantes , livraisons de fevrier a juirt i825, in-8^. — Rapporteur , M. Antoine. (295) 46. Recueil de I'AcacIemle des jeux floraux. Toulouse, 1825, in-8". — Rapporteur, M. de Reulle. 47. Bulletin de la Societe de geographic , torn, iit , n°* 21 et 22. M. DE LA RoQUETTE , redacteur. Paris , 1825, in-S". 48. Rapport fait a la Societe d'agriculture des Vosges, seance du 4 decembre 1824? sur les avantnges de la broie mecanique de M. Laforest. Epinal, in-S". — Rapporteur , M.. de Gouvenain. 49. Rapport sur le prix relatif a Papplication aux exploitations rurales , d'un moulin able, par M. Hum- blot-Conte, Extrait du Bulletin d'encouragement. Paris, 1824, in-8". 50. Recueil agronomlque , public par la Societe cen- trale d'agriculture du departement de la Haute-Sa6ne y etablie aVesoul. Vesoul, torn. i. 7*^ et 8*^, 9^ et 10^ li- vraisons i823-i824« Tom. 11. I'^et 2'' livraisons 1824, 3^ et4^ livraisons 1825, in-8°, ^—^ Rapporteur , M. de gouvenain. Envois divers. 1 . Annales europeennes, et de la Societe de fructifica- tion , publiees sous la direction de M. Rauch. Paris, XI* — xxxiii^ livraisons. 1823 — i825. 22 n°* /«-8°. ^—Rapporteur , M. Morland. 2. Memoire sur la saccharification des fecuies,par M. Dubrunfaut, in-S°. '— Rapporteur, M. Grasset. 3. Operations tnilitaires de Mg"^ le due d'Angouleme; de I'emploi des loisirs d'un soldat. Paris , in-3°. Rap- porteur, M. de Courtivron. 4. Discours qui a remporte le premier accessit au ( 296 ) jiigement del'Academle de Dijon, en iSzS, par M. Ro^ belot , in-S°. 5. Notice des estampes exposees a la Libliotheque cUi Roi, par M. Duchesne. Pan's, ///-8°. — Rapporteurs , MM. Devosge et de Charrey. 6. Menioire sui" une medaille de Cos representant Esculape , par M. Pierquin , in b°. — Observations d'une affection Tenerienne degeneree , par le meme au- teiir, //z-8°. — Rapporteurs^ MM. Antoine , Mor- XAND et de Charrey. 7. Essai sur I'agriculture dans le Jura , par M. Gaye- tan , D.-M. uLons-lw-Saulnier , iri-8°. — Rapporteurs^ MM. MoRLAND, SAlGUESet GuiCHARD. 8. Vers sur le sejour de Mg*" le due d'Angouleme a Bordeaux, par M"'^ Vien, in-S". 9. Quaire opuscules de M. Herpin , 1 ° sur les terrains incultes 5 2° sur les experiences a peu de frais a fair& dans I'agriculturej 3° sur une nouvelle fontaine filtrante domestique; 4° sur la description de plusieursnouveaux instrumens poiir ameliorer les vins , in- 12. et in-8^. — Rapporteur , M. de Gouvenain. 10. Discours en vers sur la necesslte d'abolir la peine demort,par M. Valantjavec d'autres pieces , //f-8°.— Rapporteurs , MM. Foisset , Lorain et Gueneau de MuSSY. J 1 . Description des machines et precedes specifies dans les brevets d'invention , de perfectionnenient et d'importation , dont laduree est expiree, par M. Chris- tian, dirocteur du conservatoire royal desarts etmetiers. Paris , 1820 — 1825 , 5'^ , 6^ et 7^ ^uoi. in-/^"*, 12. Lettre des heritiers de leu Paul Mascagny, au comte de Lasleyrie , in-^° . ( 297 ) iS. De la chaux consideree comme engraisdes terres, par M. le baron de Chaulieu , prefet de la Loire , in-8^» "-• Happorteur, M. de Gouvenain. J 4" Memoire sur les effets des pompes du systeme de M. Arnollet, dans leur etat de perfectionneraent au a^"^ Janvier iSaS, in-8°. —Rapporteur, M. Gueneau d'Aumont. i5. Memoire siir la macliine ecossalse a battre les grains. Paris, 1824, //z-8". — Rapporteur, M. de Gouvenain. 16. Rapport sur une presse propre a retirer le miel des gateaux de cire, 1823 , //7-8". — Rapporteur , M. DE Gouvenain. 17. Resume des experiences faites pour constater la bonte du procede de M. le comteDescars, pour la con- servation illimitee des grains et farines. — Paris ^ mars 3824, in-8^. — Rapporteur , M. i:)e Gouvenain. 18. Compte rendu a Son Exc. le Ministre de Tlnte- rieur du voyage fait en Angleterre , par M. Duchesne axne , pour examiner diverses collections d'esfampes, publiquesetparticulieres. Paris, in-8'^ . — Rapporteurs, MM. Devosge et Peignot. 19. Recueil de pieces publiees par la compagnie sani- taire contre le rouissage actuel des chanvres et lins, et pour leur preparation par la nouvelle broie mecanique de M. Laforest , etc. y avec une boete renfermant des echantillons du chanvre , papier , chenevottes , etc. , obtenus par le nouveau procede, //z-8°. — Rapporteurs, MM. SenejTilloy et Vajllot. 20. Exposition de 1823. Rapport du jury central sur les produits de I'industrie francaise. Par/j, 1824? in'S°. 21. Rapport du jury central sur les produits de Tin- dustrie francaise. Paris, 1824 > 1 vol. in-8". (298) 22. Tralte de natation , par M. de Courtlvron fils , 2^ edition. 1834^ //z-i3. 32. Archives historiqiies et statistlques du departe- ment du Rhone. Lyon, 1824 et 1825, ies quatre pre- mikres livraisons , in-8^. 24» L'oenologie, poeme di'lactique en quatre chants, par M. T de Macon. Paris, 1820, //i-i2. — Stan- ces contra les delracteurs de M. Delarnartine, par le m^me auteur. — Rapporteurs , MM. Gueneau de MussYet FoissET. 25. Temoignages authentiques d'Europe , d'Asie et d'Araerique en faveiir de la presse colombienne , par G. Clymer. Londres, 1822, in-8^ ^Jig: ( Deux exem- plaires dont un eu anglais et I'autre en francais). 26. On the use of the moxa,etc. , par le baron Larrey, trad, en anglais par M. Robley Danglison. Londres , 1822 , 1 vol. in-8°. 27. Plantes cryptogames du nord de la France , par M. Desmazieres, fascicule 1 5 1825, in-Ii^. — Rappor- teur y M. MoRLANO. 28. La fdusse communion de la reine , soutenne au moyen d'un faux , etc., par I'auteur des raeraoires se- crets et universelsdela reine de France. Paris, novertibre 3824, //z-8'*. ---Rapporteur, M. Peignot. 29. Memoire sur la fabrique du niagasin central des inventions nouvelles, etc. , par M. Quentin-Durand , seconde edition. Paris, 1825, in-^°. —- Rapporteur f M. DE GoUVENAIN. 30. Observations baroraetrlques faites a Toulouse par M. Marc Victor , extrait du Compte rendu de I'Aca- demie de Toulouse, etc, in-8°. — Rapporteurs^ MM. Valtot et Gi/ENEAU d'Aumont. ( ^99 ) 5i. Memoires sur les routes anglaises dites routes der M. Mac-AJam, par sir Bierley. Paris ^ 1824, in-%^ . 32. Statistique oenologique de I'arrondissement de Beaune , par M. Morelot , D.-M. Paris y 1825, //i-S". —'Rapporteurs , MM. de Gouvenain, Vallot etSiNE. 33. Assemblee generale annuelle de la Societe de la morale chretienne. Paris, 182.5 ^in-ii°.'— Rapporteurs ^ MM. FoiSSET et RiAMBOURG. 34. Journal hebdomadaire des arts et metiers , de la fabrique et de la mecanique pratique, des decouvertes y inventions, etc. , et de I'economie manufacturiere , ru- rale et domeslique de I'Angleterre. Avec une bibliogra- phic des ouvrages publics en Europe sur I'industrie. torn, i*^"^, i^'^cahier. Paris, 1825, zn-8°. 35. Recherche sur I'emploi des sels neutres dans ies analyses vegetales , et application de ce procede a I'o- pium^ par Saint-Robinet , secretaire de la chimie me- dicale. Paris, i8z5 j in-8'^, 36. Des avantages d'une assurance generale contre Pincendie, etendue a tons les immeublesde la France, sous le contr6le des Chambres. Paris, 1825, in-8°. 37. Le Producfeur , journal de Industrie, des scien- ces et des beaux arts. Paris, chez Sautelet , 1825, n°^ 1 , 2 et 3, in-8°. (Le h° 3 a ete envoye en double exemplaire ). 38. M. Toussaint , au nom de M. Bonier , fait liom- mage a I'Academie d'un herbier de la C6te-d'0r y re- cueilli et compose par M. Bonier lui°meme. ( 3oo ) DU GROUPE DE FIND ARE. L'Aca'leinie a decide, dans sa seance du 12 j.mvier lP25 , que le beau groupe en platre representant la MdRT Dt PiNDAHE, ( doiit M. Petitot, sculptcur Dijon- uais, domicilie a Paris, a fait don a I'Academie, et qui jusqii'a cem 'Hient aete dans la salle des seances), sera , sur la deraande motivee de plusieurs membres , trans- porte au Musee de la ville , niais avec line inscription jiortant que ce groupe appartient a I'Academie ; il a ele decide en outr - que ce transport et la reconnoissance du dep6t, par M. 'e Maire de Dijon, seroient mentionnes au proces-verbal , ainsi que dans le Coinpte rendu. Le transport a eu lieu le 18 Janvier 1825 , ainsi qu'il est constate dans I'ecrit suivant , depose dans les archi- ves de I'Acac'emie : cc Le Maire de la ville de Dijon , reconnoit qu'un ct groupe en platre representant la mort de Pindare, cc appartient a I'Academie de Dijon , qu'il est depose « au Musee de ladite viUe, et qu'ilsera rendu au corps « academique, a premiere requisition de son President. « Dijon ce 18 janvier 1825. Signe , T. L. C. Courti- a VRON. » Pour extrait conforme, Le Secretaire de V Academie , G. Peignot. LISTE T)es membres de V AcadSmie des sciences ^ arts et belles-lettres de Dijon. AouT 1825 (1). PROTECTEUR. Son Altesse Royale Monseigneur LE DUG DE BOURBON , PRIJNCE DE CONDJ&. BUREAU. President: M. Barbier. de Reulle. Vice-President : M. Antoine. Secretaire: M. Peignot. Secretaire- Adjoint : M. Foisset. JBib/iothe'caire : M. Garde des Mc dailies : M. Conservateur des Collections d* liistoire naturelle : M. Vallot. (l) SiGNES POUR LES DECORATIOWS. Ordre royal et militalre de Saint-Louis- (C. ^ ) , Commandeur. ^ , Chevalier. Ordre royal de la Legion d'Honneur. ( G. C. ^ ) , Grand'Croix. ( O. * ) , Omcier. ( G. ^ ) , Graiul-Ol'ficier. ^ , Cheralier. (^* ^ )j Commandeur, , ( 302 ) CONSEIL D'ADMINISTRATION. President : M. Durande. M. RiAaiBOURG. M. De Gouvenain. M. Antoine. Secretaire : M. Gueneau-d'Aumont. COMMISSION PERMANENTE D' AGRICULTURE formee dans le sein de V Academie. President : M. Grasset. M. Ranfer , baron de Breteniebe. M. le marquis de Courtivron. M. DE Charrey. M. Sene. M. MoRLAND. M. GuiCHARD. M. Vallot. M. TiLEOY. Secretaire : M. de Gouvenain. COMMISSION PERMANENTE DES ANTIQUITES formee dans le sein de I' Academie, President : M. Baudot. M. le marquis de Courtivron. M. DE Charrey. M. Febvret de Saint-Mesmin. M. Peignot. Secretaire : M. Gueneau d'Aumont. Secretaire- Adjoint : M. Maileard de Chambure. academiciens honoraires residans. M. Le Compasseur, Marquis de Courtivron I^ * , ancien Colonel de cavalericj Maire de Dijon. i4 ^^^^ ( 3o3 ) M. Ranfer , Baron de Breteni^re ^ , Premier Pre- sident de la Cour royale. 24 Janvier 1816. M. RiAMBOURG ^, President de Chambre i la Cour royale. 24 Janvier 1816. M. le Chevalier de Berbis #, Depute de la C6te- d'Or a la Chambre des Deputes des departemens. la Mai 1822. A rbier de Reulle ^, President de Chambre a. la Cour royale. 5 Juin 1822. ACADEMICIEMSHONORAIRESREGNICOLES. S. Em. M.g' le Cardinal de Lafare, Archeveque de Sens et d'Auxerre, Commandeur de I'Ordredu Saint- Esprit , premier Aum6nier de Madame la Dauphine, a Paris. ^^ Janvier 1779. M. le Comte de Tocqueville (O. ^), Commandeur de POrdre du Merite Civil , dit de la Couronne de Baviere; de POrdre de PAigle-Rouge de Prusse, de seconde classe; ancien Prefet de la Cote-d'Or, Maitre des requetes au Conseil d^Etat, prefet du departe- mient de la Somme, a Amiens. 6 Mars 1816. ACADEMICIENS HONORAIRES :^TRANG£RS, S. A. R.lePrince Auguste-Frederxcd'Angleterre, DUG DE SUSSEX, a Londres. i3 Ma/i8»8. M. le Baron de Zach , de la Societe royale de Londres, Correspondant de I'Institut royal de France ( Acada- mie des Sciences) , a Genes. 16 Decembre 1784-. Lord Hollajjd, a Londres. 6 Mai 1818. ACADEMICIENS RESIDANS. M. Renaud, Inspecteur de I'Academie royale univer- sitaire. A. L. (CI. des Sciences). 16 Juillet 1778. M. DuRANDE ^ J Chevalier de POrdre de St.-Micli<;lj ( 3o4 ) docteuren medecine , JVlerabre (Je la Commission administrative clcs hospices et tie I'adminislration du Mont-de-Pieti". (CI. des Sciences et CI. des Bel- les-Lettres). 16 Ju'ui 1785. M. Antoine, Doctenr en medecine, Professeur a I'E- cole second.iire de medecine, medecin consultant de la Chiinibre des pauvres. ( CI. des Sciences). 31 De~ cembre 1786. M. Vallot, Doctenr en medecine, Professeur- Adjoint d'Histoire naturelle ;i la Faculte des Sciences , et des Sciences physiques au College royal 5 Directeur du service des epidemies du departeuient de la C6te- d'Or, charge de I'arrondisseraent de Dijon; Medecia en chef du Grand-Hopital j Professeur a I'Ecole se** condaire de medecine , et de Botanique au Jardiii des Plantes. (CI. des Sciences). 26 Janvier 1792. M. DE GouvENAiN , A.-L. (CI. dcs Sciences ). 3 Juil- let 1798. M. More AND, Docteur en medecine, Professeur d'His- toire naturelle a la Faculte des Sciences, et de Bota- nique au Jardin des Plantes ; Professeur a I'Ecole se- condaire de medecine. (CI. des Sciences et CI. des Belles-Lettres). 3o Novembre 1798. M. Charbonnier. (CI. des Sciences). 3o Novemb. i 798. M. C.-N. Am ANTON *, Avocat ala Courroyale, Con- seiller de Prefecture du departeraentde la C6te-d'(3r, Ju"esuppleantau Tribunal de premiere instance. (CI. des Belles-Lettres). 2 Decembre 1799- M. PoNCET , Avocat a la Cour royale , Professeur a la Faculte de Droit. (CI. desBellci,-Leitres).22 ^tt/Z/ef 1802. M. Naigeon , Professeur de de&sin a I'Ecole des Beaux- ( 3o5 ) Arts. A. L. (CI. des Beaux-Arts), z De'cembre 1802 J M. leComte Charbonnel (C.^) (G, * ), Lieutenant- General des arxnees du Roi, (CI. des Sciences). 21 Avril i8o3. M. Berthot *, Inspecteur-General de I'Universite de France, Recteur de PAcademie royale universitaire. Doyen de la Faculte des Sciences, Professeur de Ma- thematiques a la merae Faculte. (CI. des Sciences). 7 JuilUt i8o3. M. Protat, Docteur en medecine. (CI. des Sciences et CI. des Belles-Lettres). 7 Juillet i8o3. M. Devosge , Directeur de I'Ecole des Beaux- Arts, et Professeur de peinture a la meme Ecole. (CI. des Beaux-Arts). 11 Marsx^od. M. GuiCHARD, Pharmacien. (CI. des Sciences). 21 Janvier 1807. M. Proudhon , ancien Batonnier de I'Ordre des Avo- cats , Doyen et Professeur de la Faculte de Droit. A. L. ( CI. des Belles-Lettres). 17 Juin 1807. M. Travisini , Mdkre de Chapelle de la Cathedrale. A. L. (CI. des Beaux- Arts). 14 Juin 1809. M. Peignot, Inspecteur de I'Academie royale univer- sitaire. ( CI. des Belles-Lettres). 8 Decembre i8j3. M. BoRNiER , Professeur de sculpture a I'Ecole des Beaux-Arts. (Cl.desBeaux-Arts). 6 ^Sep/eOT^re i8i5. M. Gueneau-d'Aumont, Secretaire de la Faculte des Sciences, Professeur de physique a la meme Faculty et au College royal. (CI. des Sciences et CI. des Belles-Lettres). 24 Janvier i8i6. M. GuENEAU DE MussY 4^ , doyen de la faculte des lettres , Professeur de litterature grecque a la meme Faculte. (CI. des Belles-Lettres). 3i Janvier 1816., ( 3o6 ) JVT. Nault ^ , ProGureur- General en la Cour royale. A. L. (CI. dfs Belles-ljettres). 21 Fevrler 1816. M. Gra!^set J (CI. des Sciences ). So JJScembre 1818. M. FoissET, Avorat ^ la Cour royale. (CI. des Belles- Lettres ). 28 Juin 182c. JVI. Perkenet de Charrey , ( CI. des Belles-Lettres et CI. des Beaux- Arts). 8 mai 1822. M. liLLOY, Pharmacien , Merabre du Jury medical du dei)artement de la C6te-d'0r. ( CI. des Sciences ). liJuillet 1822. M. Lorain , Avocat a. la Cour royale. ( CI. des Belles- Lettres ). 24 Juillet 1822. M. Salgues , Docteur en medecine. (CI. des Sciences). 24 Juillet 1822. M. Sene, Docteur en medecine , Professeur de chimie a la Faculte des sciences. ( CI. des Sciences ). 7 Aout 1822. M. le Marquis d'Arbaud-Jouques m (O. * ), deco- re de la plaque de I'Ordre de Charles III d'Espagne, Prefet du departement de la Cote-d'Or. (CI. des Belle— Lettres). 7 Mars 1823. M. Baudot, Juge au Tribunal de premiere instance. (CI. des belles-Lettres). 28 Janvier i37.^. M. ToussAiNT , ConsiTvateur de la Bibliotheque publi- qiie de la ville de Dijon. (CI. des Belles- Lettres). j o A^ai 1824. M. Bressier, Dirertpur de Penregistrement etdes do- maines. (CI, des Belles-Lettres ). 3 Decembre 1824. M.Febvhet de Saint-Mes.min, Conservateur du Mu- see. (CI. des Beaux-Arts). 29 Decembre 1824. ( 3o7 ) ACADEMICIEJNS NON RESTDANS. M. Adelon, Docteuren medecine, agrege a la Faculte de meilecine de Paris, menibre titulaire de I'Acade- mle royale de medecine, a Paris, i"' Decembre 1824- M. Ancelot ^, Homme de lettres , Peusionaaire da Roi , a Paris. 26 Decembre 1821. M. Ch. Babbage, de la Societe royale de Londres et de celle d'Edimbonrg, Secetaire de la Societe astro- nomique de Londres, etc. , a Londres. 7 jJout 1822. M. Balbis , Docteur en medecine , ancien Professeur de botaiiique a la Faculte de medecine de Turin , etc. , a Lyon. 8 Avril 1807. M. le Due de Bassano ( G. C. ^), grand'croix de rOrdre de Suint-Euenne de Hongrie , grand'croix de rOrdre de la Fidelite de Bade 5 de I'Ordre de Saint- r Andre de Baviere, de I'Elejjhant de Danemarck, du Soleil de Perse, et de I'Aigle noir de Priisse j de rOrdre royal de Saxe et de I'Aigle d'or de Wurtem- berg, ancien Ministre-Secretaire d'Etat , a Paris.... M. Bastard, Professeur de botanique , a Angers. 24 Fi^'rier 181 3. M. Bechet, secretaire perpetuel de I'Academie royale des sciences , belles-lettres et arts de Besancon, etc. a Besancon. xli AvriL x^ib, M. Boinvilliers , Correspondent de I'Institiit ( Acade- mic des Inscriptions et Belies-Lettres ) , a Versailles. 24 Juillet 1822. M. Bosc ^, Membre de I'Institut (Acad, des Sciences, CI. des Sciences physiques), Associe libre de I'Aca- demieroyale demedecine,etc.,aParis. "h Juillet 1798, ( 3c8 ) M. BauviER ^, Medecin du Garde-Meuble de la Cou- ronne, a Paris. 22 Aout 1798. JVI. Breghot du Lut, Avocat du Roi, membre de I'Academie royale des sciences, belles-lettres et arts et du cercle litleraire de Lyon ^ k Lyon. 8 Dtcem- hre i824. M. BRiFFAUTjhommede lettres, a Paris. 16 Mars 1825. S. S. le Due DE Brissac (C. ^ ) , Pair de France, che- valier des ordres du Roi , ancien Prefet du departe- ment de la C6te-d'0r, 4 Paris. 1^ Juin 1812. M. Carnot ^ , Conseiller a la Cour de cassation, ^ Paris. 23 Juin 181 3. M. le Chevalier Ca uchy ( O. ^ ) , officier non comman- deur de I'Ordre du Saint-Esprit, Garde des archives de cet Ordre , et des registres de la Chambre des Pairs , etc. , a Paris. 24 Juin 1812. S. S.leComieCHAPTAr (G. * ), Chevalier de I'Ordre de Saint-Michel , Pair de France, Membre de I'Instilut (Academic des Sciences), etc., a Paris. 19 Juin 1784* M. Chaussier *, Chevalier de I'Ordre de St. -Michel > Professeur honoraire de la Faculte de medecine de Paris , Membre de Plnbtitut (Academic des Scien- ces), Membre titulaire de I' Academic royale de me- decine , etc. , a Paris, i^ Novembre 1776. M. le Comte Nlaxime de Choiseui, - Daillecourt 4i y Membre de I'Institut (Academic des Inscriptions et Belles-Lettres ) , ancien Prefet du departement de la C6te-d'0r, a Paris. i3 Scptembre 181 5. M. Colin , Professeur de chimie a I'Ecole royale mili- taire de Saint-Cyr , a Saint-Cyr. 12 y^m/1820. M. CosTE , de I'Academie royale des Sciences, Belles- Lettres et Arts de Besancon , a. Besancon. 26 Juillet 1809. (3o9) S. S. le Comte Daru (G. C. * ), Pair de France ; 6e I'Ordre royal et militaire de I'Aigle-Blanc de Pologne; Commandeur de I'Ordre de Saint-Henri de Saxe ; IVIembre de I'Institut ( Academie fran^aise ) , etc. , a Paris, ii^vri/ iSo4- M. Humphry-Davy, professeur de chimie, secretaire de la Societe royale de Londres,a, Londres. 5Aout\ 824 . M. Delcuos ^, Capitaine de premiere classe au Corps royal des ingenieurs gcographes, Employe aux opera- tions de la Carte de France, a Paris. 29 Novemhre 1820. M. Desfontaines i^, Membre de I'Institut (Academie des Sciences), Professeur de botanique au Jardin du Roi , a Paris. 3 Juillct 1 798. M. le Baron des Genettes ( C. 4> ) , Medecin en chef des armees , Membre du Conseil de sante au Minis- tere de la guerre, a Paris. 14 Mars i8io- JVl. Despres , Conseiller honoraire de I'Universlte royale, a Paris. 39 Deccmbre 1824. M. Desvignes , Mailre de Chapelle de I'egllse metro- politaine Notre-Dame de Paris, etc., a Paris. 26 Avril 1820. M. Du Chanoy ^, Docteur- Regent de I'ancienne Faculte de Medecine en TUniversite de Paris, ji NEars 1 779* M. le Comte Francois de Neufchateau ( G. ^ ) , Membre de I'Institut (Academie francaise), Pre- sident de la Societe royale et centrale d'Agricuhure scant a Paris , etc. a Paris. 18 Janvier 1765. M. Fremiet-Monnier, a Bruxelles. 4 Afa/ i8o5. M. Gasse (^Stephana) ^ Correspondant de I'lustitut royal de France ( Academie des Beaux- Arts ) , a Na- ples. 22 Novembre 1809. M. Gicehn ) Docteur en medecine , Secretaire perpe- ( 3io ) tuel de la Soclet^ des Amis des sciences , des lettresj de I'agriciilture et des arts d'Aix ( Bouches-du- Khoiij^), a Aix. 2 Novembre 1809. M. GuiLLAUME, Jiige an Tribunal de premiere ins- tance de Besancon, Secrt'taire-Adjoint del'Academie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de la. meme ville, a Besancon. 22 Mars 1820. M. Guillemot ^^ anci( n Ingenieur en clief des Fonts et Chaussees du departement de Saone-et-Loire , a, Paris. 3 Juillct 17^,8. !RI. I'Ahbe Hemmer, Secretaire perpetuel de la Societe meteoroL^gic^ue , etc. , a Manheim. 10 Novembre 1783. M. Hee^nandez , Professeur a I'Ecolc de medecine navale , a Toulon. 4 Janvier 1809. Sir Herschel (J.-Fr.-W.), de la Societe royale de LondreSjde celles d'Edimbourg et de Goettingue, Se- cretaire de la Societe a^tronomique de Londres , a Londres. 7 Aout \^ii. M. le Chevalier HuzARD ^ , Chevalier de I'Ordre dc Saint-Michel , Membre de I'lnstitut ( Academie des Sciences), Inspecteur-General des Ecoles royales veterinaires, etc., a Paris. 22 Aout 1798. M. Jacotot, Professtur de litterature a I'Universite de Louvain , a Louvain. 22 Aout 1798. M. KuiiN, Professeur d'anatojnie a Leipsick. 26 Jan- vier 1 792. M. Auguste DE LabouYsse , Horame de lettres a Cas- telnaiidary. 26 Mai 1824. M. le Chevalier LANDRiANi,a Milan. 21 Juilleti'jbS. M. DE Lasalette*, Marechal-de-Camp d'Artillerie, a Grenoble. 1^' Mars 181 5. (3ii ) M. Leearbieb. aine, Membre de I'Institut (Academie des Beaux- Arts), a Paris, ii y^vril iSo/^. M. Legrand ^ ^ J decore de divers ordres etrangers , marechal-de-camp du corps royal du geniejenretraite, a Vosne presNuits. 28 Novembre i8o4' M. le Chevalier Lenoir ^ , Administrateur des mo- iiumens de I'eglise royale de Saint-Denis, de la So- ciete royale academic|ue des Sciences de Paris , a Paris, 2 Decembre 1818. M. Lesage , Jnspecteur des Ponts et Chaussees , a Va- lence. II Janvier 1807. M. Lesueur * , Chevalier del'Ordre de Saint-Michel, Surintendant de la niusi<[ue de la Chapelle dn Hoi , Membre de I'lnslitut ( Academie des Beaux-Arts), a Paris. 26 Juillct 1809. M. le Comte Maret ^, ancien Conselller d'Etat , a Paris M. Martin, Doctenr en medecine, ancien President de I'Acadexnie de Lyon , a Paris. 19 Fevrier 1812. M. Masson-Fou r , professeur a I'ecole royale des Eaux et Forets , a Nmcy. \i yhril 1809. M. Masuyer, Professeur de chiniie niedlcale a la Fa- culte de medecine de Strasbourg. 23 Decembre 1784. M. M0L1.EVAUT , Membre de I'Institut (Academie des Inscriptions et Belles-Lettres ) , a Paris M. Parkes (Sam.) , Membre de I'Institution royale de la Grande-Bretagne , des Socieles linneenne et geo- logique de Londres, a Londres. 24 Juillet 1822. M. A. Pericaud , membre de I'Academie royale des sciences, belles-lettres et arts et du cercle litteraire de Lyon , a Lyon. 4 ^^1^^ 1825. M. Persoon, Naturaliste, a Paris. 3 Decembre i833. (3l3) M. PtANCHE, Pharmacien, Membre titulaire de I'Aca- demie royale de medecine , a. Paris. 24 Fevrier i8i3. M. QuATREMiRE DE QuiNCY (O. ^ ) , Chevalier do I'Ordre de Saint-Michel , Membre de I'Institut ( Aca- demiedes Inscriptions et Belles-Lettres et Academic des Beaux-Arts ) , Secretaire perpetuel de celle des Beaux-Aris , a Paris. 8 Aout 1821. M. Radet, Homme de lettres, Pensionnaire du Roi , a Paris. \^ Novembre 1802. M. le Chevalier Riboud pere # , President honoraire a la Cour royale de Lyon ; Correspondant de I'Insti- tut (Academic des Inscriptions et Belles-Lettres), Secretaire perpetuel de la Societe d'emulation et d'agriculturede I'Ain, etc., a Bourg. \^ Janvier 1781 . M. RorLE , Bibliothecaire delaville de Paris. 2 Mars 1825. 3VI. Saissy, Docteur en medecine , a Lyon. 20 Novem- hre 181 1 . M. Salgues (J.-B.), Homme de Lettres, a Paris. 23 Juillet 1823. JM. SAMoioLowiTz , Docteur en medecine, de la Societe royale d'Edimbourg, etc., a Cherson. \5 Aoiit 1782. M. Seguier ( 0.^),ancien prefetde laC6te-d'0r,Prefet du departement de I'Orne, a Alen^on. 12 Juin 1822. M. Suremain de Missery, ancien Officier au Corps royal del'arlillerie,de la Societe royale academique des Sciences de Paris, etc., aBeaune. 23 Juillet 1789. M. le Chevalier Tessier ^, Chevalier de I'Ordre du Saint-Esprit , Membre de I'Institut ( Academic des Sciences), honoraire de I'Academie royale de medecine , etc. , k Paris. 3 Juillet 1 798. M. Thiebavd de Berneaud , Sous-Bibliolhecaire a ( 3.3 ) la Bibliotlieque Mazarine, a Paris. J\ Janvier i8i5. M. le Chevalier Valentin ^, Chevalier de i'Ordre de Saint-Michel , Docteur en medecine , ancien Profes- seur et medecin en chef des Hopitaux irancais en Amerique , associe nou residantde I'Academie royale de medecine , k Nancy. 18 Janvier i8o4' M. Van Mons , Professeur de chimie , a Bruxelles. 18 Janvier j8o4« M. Vaucher , Ministre du Saint Evangile et Profes- seur de botanique , a Geneve. 6 Decembre 1809. M. Vauquelin *, Chevalier de I'Ordre de St. -Michel , Membre de rinstitut (Academic des Sciences ) , Pro- fesseur-Administrateur du Jardin du Roi,etc., a Paris. 3 Decembre 1802. ASSOCIES CORRESPONDANS. M. AiKiN ( Artliur) , Membre de la Societe linneenne, Secretaire de la Societe pour I'encouragement des arts, manufactures et commerce de Londres, a Lon- dres. 18 Mai 1818. M. Amoreux , Docteur en medecine, a Montpellier, 1 5 Juillet 1 790. M. Arnaud Paine, Docteur en medecine , auPuy. i^"^. Avril J 818. M. Artaud , Directeur du Musee , a Lyon. i3 Janvief 1808. M. Audibert-Caille , Docteur en medecine , a Bar- gemont. 28 Jiiin 1809. M. Balme , Docteur en medecine, a Lyon. 4 Aoiit 1819. M. Baumes, Professeur a la Faculte de medecine de Montpellier. 23 Janvier j 783. ( 3i4 ) M. Berriat-Saint-Prix , Professeur a la Faculte de droit de Paris, i ' "^ .\Jai i8i j . M. BouCHARLAT, anc en professetir aux ecoles mili- taires et a I'Atlienee de Paris, menibre de la Societe royaleacadeinique des Sciences, etc. a Paris. 5 Juillet 1820. M. Brug.mann , Docteuren pliilosoplue , aGroningue. 27 Mars 1783. JM. Brugnatelli , Professeur d'Histoire naturelle, a. Pavie. 29 No.emhre 1820. M. Brugnot , Regent d'liumanites , au College de Troyes. ij Juilltt lyo.?.. M. Brunei,, ancien Directeur de PAcademie de Be- ziers, a Beziers. i^*" Mars 1792. M. Beurard, aiirien ingenieur des mines du Palalinat, etc. , a Paris. 18 Novemhre 1802. M. Cadet de Vaux, Associe libre de la Societe royale et centra'e d'agricullure , etc. , a Paris. 6 Janvier i8o3. M. Champollion-Figeac , Secretaire de la Soc/ete des Sciences et des Arts de Grenoble , a Grenoble. 3 Avril vZo^. M, Chasle de Latouche , de a Societe des Sciences, Artset Belles-LetLres de Macon, a Belle-Isle-en-Mer. 26 Mai 182.4. M. N. Chatillon, Ilomrae de lettres , a Paris. 24 Decembre iSao. M. Ch^ze , Docteur en medecine, u Clialon-sur-Sa6nc. 20 AoUt 1823. M. CoiNDET, Docteur en medecine, a Geneve. 18 Fe- -vrier 1818. (3i5) M. Colby, Membre de la Societe royale , a Edlmbourg, 18 Ma/ 1818. M. CoLLY£R , Membre <3e la Societe philosopblque , k Londres. 28 Janvier 1818. M. CuRWEN, Membre du Parlement d'Angleterre. 18 7k?a/)8i8. M. D£LAMARTiNEaine,de la Societe des Sciences, Arts et Belles-Lettres d^e Macon, a Macon. 4 Aout ij()i. M. Deluc (J. -A. ), a Geneve. 24 Juin 1818. M. Desgranges, Docteur en medecine, a Lyon. 18 Aout 1791 . M. Desormes-Duplessis, manufacturier, a Verberie. 14 Juin 1800. M. Devilly (L. ), Membre de plusieurs Societes sa- vantes, a Metz. 20 Janvier 1823. M. DoDWEL , a Londres. i4 Janvier 1818. M. DoNET , ingenieur-geographe , a Paris. \o Aout 1825. M. Dubois, anclen Chef de division au Ministere de i'lnterieiir, a Paris. 22 Aout 1798. M. DuHAMEE ^, Membre du Conseil general des mines, Inspecteur- General, a Paris. 18 Novembre 1803. 4 M. Feron, Docteur en medecine, a Paris. I'i.JS/Iarsx^xd. M. Feytou , Bibliolliecaire de la ville de Langres, a Langres. i3 Aout I'jQS. M. Francois, ancien Chirurgien de la Marine, a Auxerre. 14 Aoiit ij3S. M. Gaebot, Docteur en medecine , ancien Depute aux Etats-Generaux,a Saint-Maurice»le-Girard. 29 Jan- vier J 789. (3i6) M. GiNTRAc , docteur en medecine a Bordeaux. 19 Janvier 1825. M. GouLEt, Archltecte , a Paris. iiJuillet i8o3. M. GRiooiiY ( OUnthus) , Meinbre de la Societe phi- losophique de Londres, a Woolvich. 28 t7a//c/er 1812. M. Gkognier, Professeiir a I'Ecole royale d'Economle ruraleveterinalre de Lyon ; Secretaire de la Societe royale d'agriculture , histoire natiirelle et arts utiles de la meme ville, a Lyon. 16 Mars 1821. M. Grunwald, Chevalier du Lyon belgique, Docteur en medecine, a Bellevaux, pres Bourbon. 12 Avril 1782. M, DE Haldat, Docteur en medecine, Professeur de chimie , Secretaire de I'Academie des Sciences , Lettres et Arts de Nancy, a Nancy. 23 Mai i8o4' M. Hazard-Mirault, Secretaire-General de I'Athe- nee des arts , etc., a Paris. 27 Janvier \Z\q). M. HuBAUD, de I'Academie de Marseille, a Marseille. 5 Juillet 1820. M. HuRTREL d'Arboval , Amateur de Part veteri- naire, a Montreuil-sur-Mer. i^^ Mai j8i6. M. Lacoste de Plaisance , Professeur de physique et d'histoire waturelle , k Clermont-Ferrand. 22 Avril 1807. M. Lamoureux {Justin)^ Siibstitut du Procureur du Roi pres le Tribunal de premiere instance, a Nancy. 24 Aoilt 1808. M. Larche, Docteur en medecine, a Paris. 9 Mai 1821. M. Lavallee , ancien Secretaire du Musee , a Paris. 1 1 Avril I 8o4« M. Lemaistre ^, ancien Inspecteur- General des (3i7) poudres et salpetres, membre de la Societe royale des antiquaires de France , etc. , k La Fere. i8 Novem- bre 1802. M. Levy, professeur de mathematlques , k Rouen. i3 avril 1825. M. Lombard , de la Society royale et centrale d'agri- culture, a Paris. i3 Janvier \j2)5. M. Mallet-Butini , Homme de lettres, k Geneve. \5 Juillet 1 790. M. Maillard de Chambure ills, Avocat a la Cour royale J a Dijon. 5 Janvier 1825. ]Vf . Marchant, Docteur en medecine , membre de I'A- cademie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Besancon. /\ Fevrier 1800. M. Matthey, Secretaire de la Socidte de Medecine, a Geneve. 22 NIars 1820. M. MoNTFALCON , Doctcur en medecine, a Lyon. 16 Avril 1823. ~ M. CSsar MoREAu , Eleve vice-consiil de France en Angleterre, a Londres. 12 Novembre 1817. M. MoREAU DE JoNNES *, Corrcspondant de I'lnsti- tut (Academic des Sciences), etc., aux Antilles, ou a Paris. 26 Novembre 1817. M. MoRELOT, Docteur en medecine, correspondant de la Commission des antiquites departementales formee dans le sein de PAcademie de Dijon, de la societe royale des antiquaires de France, etc. a Beaune . . . .... 1825. M. Naville , Docteur en medecine , au Bourgneuf. 20 Aout 1823. M.Opoix , Inspecteur des eaux minerales , a Provins. 9 Avril J 780. (3.8) JM. Patris-Debheuil, liomme de lettres , Juge de paix , a Troyes. 20 avriL iSai. M. Perolle ^ Professeur d'anatomie, k Toulouse. 19 Juillet 1793. M. Edouard Petit, Docleur en meJecine , a Corbeil. 19 Aout 1818. M. Petitot, Statuaire, a Paris. 23 Decemlre 1802. M. Pettigrew, de la Societe philosophique , a Lon- dres. 28 Janvier 1818. M. PicQUET, Docteur en medecine , decore de la grande medaille d'or du Merite-Civil d'Autriche y membre correspondant de la Societe de medecine pra- tique de Montpellier et du cercle medical de Paris, etc., a Saint>Claude. 12 Decemhre 1804. M. PoNCE, Graveur, a Paris. 21 Juillet i8o3. M. Ramet, Statuaire, a Paris. 24 Aout 1808. M. Raymond, Prefet , et Professeur de mithemati- ques speciales au College royal de Chamhery 5 de PAcademie royale de Turin , de celle de Goettingue, etc. , a Chamhery. 17 Juin 1807. M. Revolat, Docteur en medecine, h. Bordeaux. 16 Mars 1808. M. Richard de la Prade , Docteur en medecine , Professeur de mt^decine clinique, a Lyon, jo Aoui 1808. M. RiCHEROLLE, ProfcsseuF de rhetorique, a Avalon. 22 Mars 1820. M. Rochet, a ViUey-sur-Tille. 3o Novembre 1798. M. Eusebe Salverte , Homme de lettres , a Paris. 3 AoUt 1801. M. Silvestre ^, Secretaire perpetuel de la Societe (3i9) royale et centrale d'agricuUure, a Paris. 8 Janvier i8o3. ^ Sir John Sinclair, Baronnet, fondateur de la Societe d'agriculture de Londres, a Londres. 19 Aodi 1818. M. TjizENAS (de Montbrison), Homme de lettres , a Paris. 22 Aout 1821. M. Thomas , Secretaire de la Societe raedicale de la Nouvelle-Orleans. 24 Decenibre 1823. M. Thomassin (O. * ) , Docieur en medecine , anclen Chirurgien en chef des armees, aBesancon. 21 Aou£ 1783. M. TouRNON, Docteur en medecine , a Toulouse. 20 Avril 1812. M. ViLLOT, archiviste de la ville de Paris, a Paris. \^^ Decemhre \8'2.^. M. Waisse , Inspecteur des postes , au Mans. 23 No- vembre 1808. PROGRAMME DES PRIX PROPOSES POUR 1826 ET 1827. PRIX D ELOQUENCE POUR 1826. L'Academie propose pour sujet du prix d'eloquence , (qui sera decerne en 1826) : cc Saint Bernard et Bossuet compares dans En rapprochant ainsi deux grands hommes, deux Peres de TEglise, deux noms d'uneegale puissance dans nos souvenirs, TAcademie ne demande point aux concurrens un parallele symetri(jue ; elle s'est promis un tableau ani- me de deux siecles pleins de foi et de vie , ou paroitroientsur le premier plan deuxhommes diversement superieurs, qui semblent a eux seuls representer la croyance catliolique en ces temps ou les croyances religieuses etoient aux yeux de tous le premier interet des peu- ples. IJ ne sufiit pas delouer de tels hommes, il Ikut les peindre 5 il faut montrer comment ( 321 ) toute leur vie honore la France , non moins que la province qui les a vus naitre. Le prix est une medaille d'or de la valeur de 3oo fr. Les memoires doivent parvenlr francs de port , au President de I'Academie avant le 1^^' juillet 1826. Chaque memoire doit por- ter une epigraplie repetee dans un billet ca- cliete qui renferme le nom de I'auteur. Les membres residans sont seuls exclus dii concours. Les concurrens doivent eviter soigneuse- ment de se faire connoitre dlrectement ni in- directement. L'Acadeinie declare qu'elle ne rend point les memoires envoyes ; seulement elle en fait delivrer une copielorsque I'auteur la demande , et a ses frais. PRIX BE MEDECINE POUR 1827. Un des plus puissans secours que la Mede- cine ait a sa disposition , celui sans lequel un grand nombre de maladies resisteroient k tous les autres moyens therapeutiques que Part pourroit leur opposer , c'est incontesta- blement la saignee. Cette liemorrhagie arti- ficielle, pratiquee par les plus anciens mede- clns dont les noms soient arrives jusqu'a nous^ 21 ( 322 ) remonte a la plus haute antiquite. EUe a ete employee dans tous les siecles, dans tons les pays : on en retiouve Tusage dans les deux Mondes,chezpresque tous lespeuples, meme \es plus sauvages 5 et son utillte generalement reconnue en a, pour alnsi dlre,consacre I'em- plol. On Jie doit pas cependant dissimuler que si elle a eu des partisans outres k qui I'on pent reprocher avec justice d'en avoir fait un deplorable abus , elle a de meme rencontre des detracteurs qui avec aussi peu de raison I'ont entierement rejetee. II faut neannioins convenir que ceux qui ont su evi- ter ces deux extremes et qui ont fait usage de la saignee avec prudence et discernement, n'ont eu qu'a s'applaudir des succes qu'ils en ont obtenus. Mais aujourd'hui que Ton pa- roit avoir assez generalement adopte une me- tliode nouvelle qui se rapproche beaucoup pour les effets de celle dont on a justement condamne rabus,l' Academic deDij on, frappee des variations auxquelles est encore su jet I'em- ploi de la saignee dans le traitement des ma- ladies, et desirant voir mettre iin a cette es- pece d'instabilite par I'etablissement d'une regie iixe, propose pour sujet d'un prix qui sera adjuge danssa seance publique de 1827, la question suivante : (323 ) cc Indlquer, d'apres robservatlon cliniqne «c et les connoissances anatomiques , quelles « sont, dans les maladies aigues et clironi- «c ques, les circonstances qui doivent faire ct preferer la saignee locale, solt par les saiig- cc sues, soit par les ventouses scarifiees, a la cc saignee generale , et reciproquement ; et cc quel est, dans les memes circonstances, «c le lieu d'election pour I'emploi des dif'fe- cc rentes especes de saignees ? 3> Le Prix consistera dans une medaille d'or de la valeur de 3oo fr. Les memoires doivent parvenir francs de port au President de I'Academie avant le i^^ juin 182,7. Les autres conditions du con- cours sont les memes que celles qui sont an- noncees cidessus pour le prix d'eloquence. D TABLE DES MATIERES. Pages. ^ J SCOURS d' ouverture de la seance par JSl, Barbier de Reulle , president . 5 Preliminaire des Comptts rendus ... 22 COMPTE RENDU. Fartie des sciences y redigee par J\I, le docteur V allot 26 AGRICULTURE. Tiiz sec 27 Pavot. Trocede par lequel M, Tilloy a retire des capsules s^ches de pavot, de I' opium et de la morphine tres purs. 28 Culture de la gaude et du p astel ; obser- vations de M. GuicHARD surcet ob- jet 29 Grcffe de la vigne 3o Oies de Toulouse 3i JPoudre anti-charbonneuse 3i JSlazars 82 Ccchenille du Rosier 33 J)uvet de cacheniire 34 Broie mecanique de M. La forest . . 35 Lait considere dans ses alterations phy- siologiques par M. V allot 35 HISTOIRE NATURELLE. Bolanique. Ricin , Lycopode ^ etc, . . 39 Subulaire de Dillen ^o TJredo de La Scille 40 Ecidium et Lire do nouveaux 41 ( 325 ) Spherie massette 4^ Splierie du linge 4^ Scamonnee de MontpeUier , Laurier rose 4^ ZOOLOGIE. C rapauds dans lespierres ylesarbreSyetc, 4^ Licorne 4^ Generation spontanea 4^ MEDECINE. Notice sur V ho pital general de Dijon , par M. V ALLOT 5o Amaurose artificielle 54 JLffet de contrevers 54^ Vagissernens lUerins E>S lipitre a la douleur , par M. Deluc. . 56 Observations de niSdecine par AI. Na- riLLE 5/ — par M. Lafernet y — par M. An- DRTOT 58 — par AI. Salgues 5^ — par M. Sablairoles ; — par 31. Cheze 73 CHIMIE APPLTQUEE AUX ARTS. Sur la pj^oduction du gaz nitreux pen- da7i.t la fermentation du sucre de betieraves y par M. Tillot 78 COMMERCE. JDecouverte d'un proceddpourprevenir ioute espdce de fraudes en fait de lettres de change , par 31. de Gou^ VENAJN 81 Table de pes ante urs specijiques , etc., par ie uieme « 81 ( 326 ) Happort sur les produits de la Broie mecanique rurale , (de M. Laforest) lu a la seance du 18 niai 1825 .. . 82* llapport fait a P Academie par M. An- TOiN E , au noTTi de la Commission chargce de I'examen des memoires qui untconcouru pour le prix de me- decine en 1824 87 COMPTE RENDU. Tartie litteraire 106 ARCHEOLOGIE. Anal'wse des travaux de la Commission permanente des antiquitds , par M. jSTaillai(d be Chambure 107 Memoire de M. Baudot sur les diffe- rentes societes , successiv ement char- gees de veiller a la conservation des nwnumens des arts dans le departe- ment de la Cote- d' Or ii3 JSIe moire de M. Maillard de Cham- bure sur quelques traditions popu- laires de I' Auxois ii5 — — du meine , sur le culte special que Les Mandubiens rendoicnt au ba^uf Apis 117 du ineine , sur les antiquitds du Pa- o-usAlexiensis 122. HISTOIRE. Dissertation sur I'origine et le nom des JSourguigJions, par J\I. Bechet, . . 128 HISTOIRE L/TTERAIRE. Considerations sur la langue et la litte- rature des Troubadours , par M, (327) FoiSSET. i3i . ■ BIOGRAPKIE. Notice sur Bernardin de Saint-Pierre , par JM, Foisset 1^6 Du BEAU ET DU GOUT, par M, Ic president RlAMBOURG 154 Reflexions sur le recit d'un sonfre rap- parte par le P. AndroL et repete par D. CalmeTj par M. Fallot . . . . 161 POESIE. Reflexions sur la po^sie etsur la natu- re de I'xipologue , par JSF.Bressieb.. 162. Le laboureur jardinier , fable , par J\d[. Mjiessier. ii\ 'j|>i\^ w . 168 ^Rappoj^tfait par. M. Lorain , au nom de la. Commission ,chargee de I'exa- men des pieces de poSsie qui ont con- ; couru pour le prix de 1^2.^ 171 Les.cinq voyageurs ^ allegorie (en vers) par M. Bresster 19B La brochure et V in-f olio ^ fable , par M. .Rressier. , 2o3 A I'Academie des jeux floraux , pour le. cinquikme anniversaire seculaire duomai \:)ii\, par ]\I, Brugnot. . 2.06 Ma convalescence J par JM. Brugnot. 210 Recherches sur les danses des morts , sur leur origine presumee , et particu- Uerement sur cette question : Les An- ciens ont- i Is connu ces sortes de danses , par M. Peignot 212 FiECROLOGIE 24o ( 3-28 ) ISotwe sur M. B re net ^ par.M. le doc- Leur Salgues 241 JSotice sur J\I. Covturieu , par M. Am AN TON 259 I^Oiice aur M. Vet i tot , par M, Beet JUT 2/^5 Notice sur Al .Denon ^par jM. Amanton. 274 CATALOGUEdesouvragesdoni ila etc fait ho/nuia^e a I/Acacle/nie depuis le 24 Uyjilt \.o'>.'dfjusqu'au 1 6 novenibre 1 826 . 281 Ouvu:ges cujriposSs par des Jiiembres de I.' Acadchnie 281 Envois des Societes correspoiidantes , . 289 :J£nvois divers 2^5 LisTF. des nienibres de L'Acadeinie. . , 3oi Bureau 3oi Conseil d^ administration 3oa Commissioii permanente d' agriculture. 3o^ C crnndssion pernianente des antiquities. 3o2 Academiciens honoraires residans, . . 3o2, '^ Accideiniciens lionoraires regnicoles. . 3o3 AcatiSmiciens lionoraires etrans^rers . . 3o3 Academiciens residans 3o3 Acadcmiciens non residans 307 Associes cojrespondans , 3i3 Programme des pria: pour 1826 et 1827. 320 Table des Tjiatieres 324