g.qqic. p JOURNAL DE PHYSIQUE, D E^^tiffi I M I E , D'HISTOIRE NATUPvELLE ET DES ARTS, AVEC DES PLANCHES EN T AILLE-DOUCEj Par J.-Cl. DELAMl^THERIE. NIVOSE AN VIII. TOME L. A P A R I S , Chez J.J. FUCHS, Libraire, ruedesMalhurins, n?.5D4. AN YlII DE LA REPUBLIQUE ( 1 8oO V. St, ) JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C H I M I E, D'HISTOIRE NATURELLE ETDESARTS. DISCO URS PR^LIMINAIRE; Par J. -C. Delametherie. MATH^MATIQUES. I A p L A c E , dans sa mScanique celeste , a envisage le syst^me u luonde coinme un grand prohleme de mecanique , dont il cherche et donne la solution. C'est pourquoi il a traite , dans le premier livre , des principes generaiix de I'equiiibre et du inouvement. II donne une demonstration rigoureuse du principe de la decomposition des forces. II traite eiisuite des mouvemens d'un corps solide de figure quelconque. II donne les condi- tions da inouvement des fluides , et il en fait I'application aux mouvemens des eaux de la mer et k ceux de I'atmosphere. II determine ensuite quelle doit etre la force qui aglt sur les corps celestes , pour que leurs mouvemens soient tels que I'oh- servation les prosente. Les lois de Kepler le conduisent direc- tement au principe de la pesanteur universelle ; c'est- k-dire , que Taction qu'exercent les corps celestes les uns sur les autres est en raison directe de leurs masses , et inverse du quarry de leurs distances. ■ Les developpemens nouveaux qu'il donne meritent t.nUe I'attention des gcometres. Fossoiphroui a traite du principe des forces yirtuelles en A 2 d geoinetrc iiisti uit. '\ 4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIOIIE ASTRONOMIE, Hei'scliel a publle ses observations sur les satellites de Jupiter. II a determine la duree de leurs jours , oix revolutions sur leur axe. Le premier tourne sur son axe en un Jour 18 heures a6' d" . Le second tourne sur son axe en trois jours i<} heures 17' y". Le troisieme tourne sur son axe en sept jours 3 lieures 69' 6". Le quatrieine tourne svir son axe en seize jours 18 henres b' \" . II a ensuite cherclie k determiner le volume de ces astres ; mais il n'a encore pu y parvenir d'une maniere rigoureuse. On pout senlement conclure, dit-il , que Le p)remier satellite est plus gros que le second. Le second est le plus petit de tons. Le troisieme est beaiicoup plus gros qu'aucun des autres. Le quatrieme est a.-peu pres de la grosseur du premier. Cavendish a fait des experiences pour determiner la densite de la terre. Son appareil consiste en une balance de torsion , coiiime celle de Coulomb, composee d'un levier de bois, long de 2,6 metres , et suspendu par un fil mince de metal. A chaque extiemite est attache un petit globe de fer ou de cuivre. On place vis-i-vis ce glolje d'autres masses de plombde o,32 metres de diam^tre, qui exercentune attraction sur les premieres. Calcidant ensuite celte attraction relativement aux masses de plonib et a I'attraction de la terre , il en conclut que la density uioyenne dvi globe est &. celle de I'ean comme S\ est a 1. Maskeline , d'apres I'attraction de la montagne de Schehllien , avoit conclu que la densite de la terre est a. celle de I'eau comme 4 i est a 1 . , Le francais Lalande neveu, continue avec perseverance son. catalogue des etoiles de notre hemisphere. 11 I'a deja porte h. quarante-neuf niille. Schroeter a mesure les nionta^nes de la Lune et de Venus par le moyen de I'ombre cju'elles projettent sur ces astres. II a en- suite compare leurs hauteurs i celles des montagnes de la terre. Voici un precis de son travail. C;hindio-Roca , la plus haute montagne de la terre, n'a que 32CO toises. La lune, qui est 49 fois plus petite que la terre, a des mon- tagnes qui ontplus de 4 mille toises de hauteur. ET D'lIISTOIRE NATURELLE. 5 Venus , qui est plus petite que la terre d'un neuvieme , a des montagnes qui Out aj uiille toises de hauteur. Berthoud a fait voir qu'il seroit plus avantageux d'employer dans I'usage civil le temps inoyen que le tt-mps vrai. On ne seroit pas obliged de retoucher sans cease aux horloges et aux monties, dont les inouvemeus uniformes ne peuvent representer que le temps moyen. On placeroit dans le calendrier une table, ou on verroit chaque jour la difference qu'il y a entre ces deux temps, et on pourroit toujours avoir recours k la meridienne pour savoir I'heure vraie, puisduc par le moyeu de la table on ajouteroit ou on retranclieroit pour avoir le vrai temps moyen. Bouvard a fait un grand travail sur les mouvemens de la June. II a calculi les eclipses rapportees j'ar Ptolemee , et celles observees ^lar les Arabes. Toutes ces eclipses , comparees avec les observations modernes, lui ont donne — la" 2.1 de correction pourle mouvementsynodi(pie , et8' 34" S pourl'ano- malie nioyenne. Ce qui s'accorde singulierement avec les re- Sultats que le calcul a donnes a Laplace. Les astronomes fran^ais ont enfin termine la grande operation de mcsurer Tare du meridien depuis Dunkerque jusqu'a Ear- celoune. lis y ont porte une telle precision qu'on ne peut y supposer aucune erreur sensible, d'autant plus que leurs re- sultats sont absoluinent coiiformes k ceux que les mesures precedentesavoient donnes , conime uous aliens le dire. II resulte de leur travail que le (juart du meridien terrestre, c'est-k-dire , Tare du meridien compris entre I'equateur et le pole nord, est de 2.,56i,3jo modules ( ils. out employe ce mot pour exprimer une regie de platine de 12 pieds ou 2 toises) ce qui fait 5,1112,740 toises. Le metre est la dix millionieme partie de cette quantite , c'est-a-dire, que la longueur du metre est de tVoVo's? parties du module. Et en rapportant ceci aux anciennes mesures , le metre vrai et definitif est de 44'^ tsVo lignes de la toise du Perou (c'est-a- dire , celle qui a servi aux academiciens fran^ais pour mesurer le degre au Perou). La temperature de cette toise etant sup- posee de iS" du thermometre de Reaumur, ou 16 ^ du thermo- juetre centigrade. Ainsi le metre est de 3 pieds 1 1 ■/—- lignes. lis ont ensuite calcule la longueur du degre aux differentes € JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE )a.titudes qu'ils ont mesurees. Voici les longueurs qu'ils ont doiiuces : le degre est Modules. ToistS. Entre Dunkerque et Paris a la latitude moyenne de 49** 56^ 3o" 28538 ou SjojG Entre Paris et Evaux , k la latitude moyenne de 47° 3o' /i6" 28533 ou 57066 Entre Evaux et Carcassonne , a la latitude moyenne de 44" 4^' A"- 28489 ou 56978 Entre Carcassonne etMontjouy, a la lati- tude moyenne de 42° 17' ■io" 28473 ou 56i)^ft Cette longueur de Tare du nieridien , est la meme que celle que les observations avoient determinee auparavant. Voici ce que dit Lalande dans son astrononiie , 3^ edition, n°. a66i. « En observant avec soin la distance au zenith des memes « etoiles^ a Paris et a Amiens, avec un secteur, onatrouve « t° i' i3" de difference dans toutes les hauteurs entre deux cc points, dont la distance conclue de la precedente etoit de « 58333 toises. II ne reste done plus qu'ii faire la proportion c'est- ^ -dire , fut elevee de 36°, et son poids augmente de, 2'/.3 grains. ll cbercha ensuite quel effet calorifiqne auroient produit sur 6 onces on 3466 grains d'eau ci i3 degres , 2.28 grains d'eau bouillante , c'er.t - a - dire , quelle seroit la temperature dii melange. r !• ^1 f 1 5456 V 13 + 528 V So , r hn apnliriuant la tormule on a ^-^—~ — • = ly 16 pour ■1 1 i 3456 + 22S ' 1 la temperature du melange. Done I'eau bouillante n'auroit produit que 4 degres ~^\ de rechauffement sur les 6 onces d'eau a la temperature de ij". Tandis que la mAine quantite d'eau on vapours a la tempe- rature de (jo degres les a rechaulTees de 36" : done I'c ff'ct calo- rifiqne de la vapeur est environ huit fois et demi plus consi- derable que cehii de I'eau bouillante a poids egal. Mais le volume de la vapeur est environ 1800 fois plus B 3 12 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE consklerahle que celiii de I'eau bouillante. 11 y a done environ 212 fois plus de feu dans un volume d'eau bouillante que dans un volume egal d'eau en vapeurs. 11 fait ensuite difterentes ap])lications de ces principcs, mais particuiierement aux pompes a feu. 11 determine leurs dilFerens degres de force , suivant I'etat de compression oil se trouvent les vapeurs aqueiises. Le docteiir Carradori a fait plnsleurs experiences pourprouver, contre le sentiment de Hassenf'ratz , que la neige ne contient point d'oxygene. 11 a pris de la neige qu'il a ent'ermee dansune liole J de m micre qu'clle ne put point absorber d'air. Lorsque la neige fut fondue , il y mit un petit polsson , qui pdrit anssitut. Celte experience a cu constanuucnt le nieme succes. Or , j'ai prouve , dit-il , dans les Annales de clilmie et d'lilstoire natu- relle de Pavie , qxie les poissons ne pourroient vivre dans de I'eau qui ne contient point d'oxygene , et qu'ils absorbent I'oxyg^ne : d'ou il concliit (pie la neige n'en contient point. Hassenfiatz a sontenu sa premiere opinion. II paroit que c'est egakment I'opinion de Humboldt, qui pensc qne I'air qui se degage de la neige contient plus d'oxygene que I'air atmospherique. PeroUe rapporte dcs experiences sur la diversite d'intensite des sons dans les differens gaz , lesquelles paroissent contraires a cel'ies de Priestley, Cliladni et Jacqtxin Ills. Maunoir et Paul , a Geneve , ayant inspire du gaz hydrogcne sans en etre incouiuiodes , furent fort surpris lorsqu'ils voulurent parler que leiir vols etoit devenvie grelc et flutee. Perolie a donne des experiences relatives a la propagation du son.- 11 fait voir que I'air n'est pas le milieu dans leqnel lessons se pro[)agent le mieux. 11 se bouclie les oreilles avec du papier niache , et en approche ensuite une montre : il n'en n'cntend point les Lattemens. 11 eloigne la montre , et la met en contact avec un petit cylindre de bois , dont I'autre extremite vient communitpier a une des parties exterieures de la tete qui pro- pagent le son , par exemple , aux parties cartilagineuses de I'oreille, et il entend le battement de la montre. 11 snspcndit sa n.ontre au milieu d'an bocal , et il observa le son qui parvenoit jusqu'a lui. II remplit pour lors Ic bocal d'eaii. Le son devint beaucoupplus vif. (Les joints de la montre avoient ete lutes ). 11 posa sa montre sur differens corps, tels que des boisj de? tables de marbre. . . II observa que ce dernier transmettoit foi- ET D'HISTOIRE NATURELLE. i3 Llement les sons , tandis que les premiers les transmettolent avec plus ou moins de force. 11 en conclut que la resonnance des instrumens , tels que violons , harpes , clavecins . . • depend de cette propriete qu'ont les bois de traiisnietlre les sons ; Que les edifices batis en niaibre , en pierres sent raoins so- nores , parce que ces corps transmettent moins les sons. Lamarck a observe que les sons se propageoicnt dans le vide , dans I'eau , et ii travers les corps les plus soHdes. On entend les canons de Toulon a Monaco, c'est a-dire , a plus de 25 lleues, ou 12 a i3 myrianietres , en se coucliant a terre , tandis que ccs uierucs sons se propagent dans I'air a une distance bien moins considerable : d'ou il conclut , 1". Que I'air commun dans lequel nous \ivons n'cst point la matiere propre du son,puisque malgre sa grande transparence ce fluide est encore trop grossier pour penetrer librement les masses des corps qui ont plus de densite que lui , f'aculte dont jouit evidemmentla matiere propre du son. a". Qu'il existe un fluide invisible, tres-subtil, singulierement elastiquej d'une rarite extreme , penetrant facilement tons les corps , repandu dans toutes les parties de notre globe , et con- sequemment dans son atmosphere. 3°. Que ce meme fluide est la cause essentielle du ressort dont I'air atinosplieri(jue parcut jouir ; que c'est aux vibrations commviniquees au iluide subtil dont il s'agit , vibrations qui se transmettent avec celerite a travers differens milieux , meme a travers des milieux solides , qu'il faut rapporter la cause imme- diate du son et du bruit par rapport a nous. 4''. Que le Iluide subtil qiii constitue la matiere propagatrice du son est parfaitement le meme que \e feu e there , dont j'ai demontre I'existence dans mes differens ecrits , et qu'on pent aussi le regarder comma le meme que le Jluide ^there dont a parle Newton , si ^ toutes les facultes bien reconnues de ce fluide Ton n'y joint pas la supposition par laquelle Newton attribue a ses viljrations une vitesse plus grande que celle du mouveinent de la lumiere. Dralet a fait un travail interessant sur I'arpenfage. II y a deux mani^res d'arpenter : a , c'est d'avoir egard seulement a la sui face d'un terreiu ; ce qu'on appelle arpenter par dtheloppc- ment ; b, ou avoir egard seulement a la maniere , dont les plantes croissent , en s'elevant toujours verticalement ; et pour iors un ten tin incline ne cuntient pas plus de plantes, dit-on , j4 journal de physique, de ciiimie que n'en contiendroit sa base horizontale : c'est ce qu'on appelle arpentcr par ciilteliation. L'anteur fait voir i" que I'arpentage doit etre fait par de- vtloppement , c'est-^-dire que rarpeiiteur doitinesurer la surface du terrain. C'est ce qu'on lui deniande. 2°. Qu'un terrein incline contient r(^ellement plus de plantes que sa base horizontale , et qu'elles y vegetent avec plus de force, parce qu'elles sont en contact avec une plus grande masse d'air, etque leursracines ont une plus grande masse de terre dont elles tirent leur nourriture. Neanraoins ia surface d'un terrein incline ne nourrit pas autant de plantes, qu'une surface egaled'un terrein lioriz(jntal. Ainsi on doit faire une grande difference de ces terreins dans I'esti- ination de leur valeur. Pictet avoit observe que I'air comprim^ dans la machine da compression produit, lorsqu'ils'echappe , un froid considerable, et que meriie , lorsrju'on a eu soin d'introduire un peu d'eau dans la machine , cette eau , emportee par I'air , se depose en glace autour du robinet. Baillet rapporte un lalt analogue qu'oa voit dans les mines de Schemnitz, en Hongrie. II y a une ma- chine analogue h la fontaine de Plerou , consistant en une co- lonne d'eau de 4° a. 5o metres de hauteur qui comprime I'air d'un reservoir. Get air passe sur une autre colonne d'eau infciieure, laquelle il force il s'elever du fond des mines. Si, lorsqus toute I'cau est elevee , on ouvre le robinet pour donner issue t\ I'air , il s'echappe avec une grande violence. Les ouvriers quelrjutfois pour s'amuser presentent a cet air leur chapeau , on lour lionnct. Cet air emporte une portion d'eau , qui aussitot convre le chapeau d'une couche de glace. Voici I'explication qu'il donne do ccfait : L'air condense an cinqnieme on nieme au sixieme de son volume, a perdu de son calorique. Nean- moins il a dissout une plus grande quantite d'eau. Aussitot qu'on ouvre le robinet, cet air si comprime , se dilate, reprend le calorique qu'il avoit perdu , 11 I'einprunte de I'eau qu'il tenoit en dissolution , laquelle aussitot se trouve congelee. Tremery a confirme Topinion de ceux qui pensent que I'elcc- tricite se propage dans le vide. II a parfaitement purge d'air le haut du tube d'un barometre. II a ensuite tire une etincelle par lemoyen d'une verge metallique. Le lluide electrique a passe dans le vide , et tout I'intdrieur du ^ barometre est dcvenu lumineux. Tabbroni a examine la nature des alcarazzus d'Espagne. Ce ET D'lIISTOIRE NATURELLE. i5 sont (les vases dc terro ties - poreax. On les remplit d'eau , la- quelle suintant peu a peu mouille la surface exteiieuredu vase. Cette cati en s'evaporaiU absorbe dii calorique, ct produit un assez grand {'roid, qtii rafralchit I'eau conteiiue interieurement dans le vase. AIR ATBIOSPIIERIQUK. Humboldt a piddie le resultat de ses ohservatlons sur la nature do I'air atinospiiihiqiie ; elles lui ont pronve que la piirctc de cet air varioit beaucoup. Voici un precis de ses observations : 1°. La qnantite d'oxygene conteime dans I'air atmospherique, dirninue k raison des nuages, des brouillards, de la pluie ct de la neige ; et elle augmente dans un temps sec ct serein. Apres line grande pluie, reudiouietre n'indique dans I'air atmospherique (jue 0,264 ^^ 0,259 d'oxygene. la pluie ayant cesse, le bleu du ciel reparoit, ct I'euclio- metre marque 0,2.84 d'oxygene et va jusqu'i 0,290. Les experiences de Read aiinoncent uiie combinaison entre I'oxygene et I'electricite. Nous ignorons encore si la charge elec- trique de I'atmosj)here influe sur sa purete. Buch recueiliit de I'air du Gisbeig a. oBcjo pieds d'elevation. Humboldt trouve cet air assez inqiiir. II marque a reudiouietre 0,026 moins d'oxygene que celui de la plaiiie; ce qui conliriue, ce que nous savious deja , que I'air des hautes montagnes est plus impur que celui pris k une moindre elevation. La purete de I'air varie au point que I'auteur a vu depuis novembre jusqu'en avril 1797, reudiometre annoncer depuis 0,290 d'oxygene , jusqu'a 0,206. Mais I'air atmospherique ne contient-11 que de I'oxygene, de I'azote et de I'acide carbonique r il paroit probable k I'auteur, qu'il s'y trouve aussi une portion d'hydrogene qui se combine avec I'azote, et que nous n'avons aucun moyen de reconnoitre. Humboldt areciieilli de I'air dansle cratere du pic de Tenerife a 1904 toises d'elevation. II n'y a trouve que 0,19 d'oxygene. 11 faut observer que ce cratere ne jette plus rien. L'air pur de la plaine au pied du pic contient 0,278 d'oxygene. L'aii de la raer , a 10" So'de latitude, contenoit plus de OjOa d'oxygene. Cette observation confirme que l'air pris sur la mer contient plus d'oxygene que celui qui est sur terre. X6 JOURNAL DE PHYSIQUE, I)E C II I M I E M]iT£R:60L0GIE. Bouvard continue de faire , h I'Observatoire , les observations metereologiques , avec beaucoup d'exactitude. II a trouve k Paris la declinaison de I'aiguille aimantee de 22" i5'. Et Tinclinaison de 70° 35/. Coulomb employe mi nouveau proced^ pour trouver I'incli- naison de I'aiguille : et il estiiue quelle est a Paris de 68" ip^. Humboldt a fait des observations interessantes sur raignille aiinantee. Voici le resultatde ses observations sur rinclinalson. La force raagnetlque se mesure par le norabre d'oscillations que fait I'aiguille dans une minute. L'inclinaison est en degres du cercle divise en 4°o parties. Latitude. Longitude. Iitdinaison. j Force magtietis de quarante! Cavanillcs contuiue son ouvrage intitule : Icones plan- la ram. Thuilliera. donne unenouveile edition de la Flore des environs de Paris. tllYSIOLOGlE viCETALE. Dcsfontaines a donn^ un raeinoire sur la culture eties usages evaporee , a ete disscus avec partle egale d'uree cristallisee dans cinq fois son poids d'eau distillee. On a mis cette disso- E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. « lution dans une capsule de porcelaine , qu'on a couvert d'lia papier pour en ecarter les corps etrangers , ec qu'on a li vre a I'eva- poration spontanea. En quelques decades , il s'y est forme des cristaux octaedres tr^s-reguliers , d'une couleur brune rongeiitie. Du sel ammoniac , ou muriate d'ammoniaque , traite de ineme , a cristallise en cubes , tandis qu'il cristallise ordlnaire- ment en octaedre. « C'est done un fait bien prouve , dit-i! , que I'uree dis- soute dans la meme eau que les deux sels ci-dessus , modiiie et renverse leur forme naturelle en se combinant avec chacuu d'eux , et en penetrant les lames de leurs cristaux. C'est done 4 elle qii'est due la forme octaedrique que prend le sel marin dont on sature I'urine humaine. » Haiiy a decrit differens cristaux , tels que ceux du cinabre ou mercure sulfure , du sulfate de strontiane , de I'arragonite ou spalth calcaire cristallise en prisme hexagone qui se trouve en Arragon. Nousferons connoitre ces differens travaux. DES VOLCANS. Kirwan a donnc un beau memoire siir V ctat priniitif du globe , et la catastrophe qui lui a succede. II peuse, comme moi , que le globe a ete forme par cristalHsation. En parlant des montagnes , il dit que les montagnes volcaniques , telles que le Vesuve, I'Etna. . . . existolent anterieiirement aux erup- tions des volcans , et que les feus souterrains se sont allumes dans leur interieur. G.-A. Deluc a attaque cette derniere partie de I'opinion de K.ir^\an. II pense que le foyer des feux souterrains est a une crande profondeur, et que les montagnes volcaniques , telles que le "Vesuve, I'Etna, les Isles-Ponces, . . . ont ete f'ormees prin- cipalement par les matieres rejetees par les volcans , et accu- mulees aux environs. Breislak a donne une topographic physique de la Cam- panie. II y a reconnu le premier, en 1793, un volcan eteint , qui paroit avoir ete beaucouji plus considerable que le Vesuve , et qui approclie presque de I'Etna. II s'appelle Rocca- jMontflna. II suppose , avec Gioenij la premiere origine du Vesuve au fond de la mer. II a observe une source de petrole au fond de la mer, au pied du Vesuve, a un peu moins d'un mille de terre. Quand les gouttes de cctte substance s'elevent a la super- ficie de I'eatx, ellesy fbrment des taches parfaitement rondes de F 2 44 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE trois k qualre ponces de cl'iam^tre et d'un brun jaiiiiatre. Une source de petrole aiipres du V^suve pourroit servir a un faiseur de systcme. En coinbinant ce plienomene avec d'autres sources de petrole dans le voisinage des Appennins, et avec les cliarbons i'ossiles de Benevent et de Gii'one , auxquels rien n'einp^clie d'attribuer une extension sous terre , on peut se figurer sous le Vesuve un reservoir immense de bitume , qui s'ailume par une fulmination electrique , ou par quelqu'autre cause in- connue. La combustion durera tant que la masse du reservoir ne sera point consum(5e , elle pouira se repeter cliaque fois qu'une nouvelle cause d'incendie agira de nouveau sur une nouvelle quantite de bitume. La France est aujourd'hui peu suJeMe aux tremblemcns de terre , qui ont du y etre autrefois fort communs, a en juger par le nonibre considerable de volcaiis eteints qu'on y rencontre. Cependant le 6 pluviose dernier on essuya un leger tremble- men t de terre dans tout I'Ouest de la France , depuis Rouen jnsqu'^ Bordeaux. Ces niemes regions furent egalement ebran- lees en iy55 , lors du tremblement de terre qui renversa Lis- bonnc. Neanmoins on ne connoit de volcans eteints dans ces cantons fju'aupres de Treguier. Le 3() prairial il y a eu un terrible tremblement de terre a Acapidco : des terreins ont ete culbutes ^ et le port a ete comble. (Publiciste, 11 Ijrumaire). Salmon a donne un beau meinoire sul- I'origine des basaltes ■volcani(|ues. Les uris , tels que la plus grande partie des natu- ralistes li-an^ais, les regardent comnie un produit du feu, comme une fusion ignee. D'autres savans , parmi lesquels on doit compter le celebre Werner , pensent que les basaltes sont in- contestablement deposes par les eaux. Salmon entreprend de concilier les deux hypotheses , et avance qu'ils sont le produit d'une liquefaction a(iuoso-ignee. L'eau r(^duite en vapeurs, par exemple, dans la machine de Papin , acquiert un grand degre de chaleur, et qiii seroit caj)able de reduire en fusion pi usieurs substances qiii exigent un assez haut degre de chaleur pour fbndre. Toutes les vapeuis volcaniqnes , toutes les fumarolles contiennent une tres-grande quantite d'eau. II pense que plusieurs des substances qui sont contenues dans les basaltes, telles que le feldspath , I'augite, I'liorneblende , les zeolites , les micas, y ont ete enveloppoes accidentollement, tandis qu'elles ^toient liquides. Mais il croit qullen est plusieurs ET.D'HISTOIRE NATURELLE. 45 autreSj telles que les leucites , qui ont ete fondues avec le ba- salte, et ont ensuite cristallise £ part , et sc sont separees de la masse par les lois desalfinites. Buch pense de meme. II ne doute point que la leucite ii'ait cristallise dans la masse raSme du basalte , dans I'instant de sa liquidite. Les portions de horneblende, ou de basalte , qu'on trouve dans le centre de plusiaurs cristaux de leucite , pa- roissent a ces deux naturalistes une preuve convaincante de leur opinion. DES FOSSII.ES. G.-A. Deluc a examine j dans l2s rocliers de la perte du Rhone, la lentioulaire nuinisroale et la belemnite. II regarde la lentioulaire coiame I'os d'une espece da seche. Les natura- listes la regardent ordinairement comma une espece de corne d'ammon. II a la merae opinion sur la belemnite. « Ce fossile , dit il , a ^te tr^s-vraisemblablement I'os d'un poisson mol. " La numismale se trouve en Europe , en Egypte, aux Indes , aupres du Gange, dans le Ben^ale. II a trouve au Mont-Saleve, aupres de Geneve, une vis pe- trifiee , semblable k celles qu'on ti-ouve a Ermenonville. 11 a observe des pliollades dans les colonnes du temple de Serapls , pres de Pouzzol : elles sont dans une partie de la colonne , elev^e aujourd'liui de 27 pieds au-dessus du niveau des eaux de la mer. Il suppose que par un trernblement de terre ce temple s'est abaisse dans les eaux ; que les phollades se sont nichees dans les colonnes , et qu'un nouveau trernble- ment de terre les a placees au lieu ou elles sont. Faiijas a commence a donner la description des fossiles qu'on trouve dans la ujontagne de Saint-Pierre pr^s Maestricht. Ce sont dif'f'erentes coquilles et un grand nombre d'ossemens. On y a trouve des niachoires entieres de plus de quatre pieds. On les croit appartenir k des crocodiles. Elles sont gravees dans ce journal. U a aussi decrit des carafjaces de torlue , qu'il a re- connu appartenir a des tortues connues : c'est la torlue f ran che de Lacep^de J testudo mydas. Linn. Ceci confiruje de plus en plus que parmi les fossiles on trouve les debris d'animaux vivans. Denis Montfort a donne un memoire sur une espece partl- culiere de corne d'ammon fossile , qui se trouve aiix environs 46 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE tie Rouen et ailleurs. EUe n'est point toiirnee en spirale comme les comes d'aiumon ordinaires j mais elle est formee en vis et en spirale. Viliars a trouve des bois fossiles sur la montagne de Laus, au canton d'Oisans , ^ la hauteur de aSao metres; c'est-a-dire , k 85o metres au dessus de la ligne la plus elevee qu'atteignent aujourd'hui les arbres. Ceux qu'on y trouve fossiles sont des trembles , des bouleaux , des melezes. DE LA G:6oLOGIE. Baillet a rapporte une observation « qui confirme, dit-il , ce que Uelametherle assure avec Huinbolclt , que les eaux qui se trouvent dans I'interieur des mines viennent toujours des couches superficielles. " Dans les mines de charbon d'Anzin , pres Valenciennes, et celles d'Oniche pres Douay, le sol, a sa surface jusqu'a loo k 200 metres ^ est compose de terreins d'alluvions, sables, craies , marnes. . . On trouve ensuite une couche de glaise de 20 metres. Au-dessoiis sont les couches de . houillc. . . Lorsqu'on creuse ces puits, on est inonde par les eaux pendant qu'on travaille dans les sables, les craies, les marnes; mais des qu'on est parvenu k la couche d'argile ou de glaise , on etablit le picotage , et on cuvele le puits dcpuis cette glaise jusqu'au jour , c'est-a-dire, qu'on batit le puits en planches et madriers , qui arretent les eaux qui viennent des sables. Elles ne peuvent traverser les couches de glaises , et on. ii'a plus d'eau au-dessous de ces glaises. G.-A. Deluc a examine I'opinion des naturalistes qui pre- tendent que /es tortens ont creusd les coupures des rochers ok Us ont leurs cours. II rapporte piusieurs observations qui pa- roissent lui prouver le contraire. Les eavix des torrens les plus rapides n'exercent qu'une foible action sur les rochers qui leur servent de lit. On a trouve k Argenterill , proche Paris , des marnes cristal- lisees en prismes reguliers. Grossart-Virly rapporte avoir vu k Sheffield , en Angleterre , des morceaux d'argile cnite , informes a I'exterieur , et presen- tant dans leur cassure des prismes corame ceux des basaltes. Bertrand a donne tin nouveau developpement a son opinion geologique. 11 suppose toujours que le globe de la terre a dte primit'ivement une masse glactle. 11 regut avec le mouvement , la lumi^re , la liquidity , la chaleur et la vie. h'eau vierge ET D'HISTOIRE nature LLE. 4; et fdcondee engeiidra la tcrre calcaire vierge par une \italite minerale , source de tou'.es les vies orgnni sees. 11 y eut ensuite differentes catastroplies qui ont produit tons les phenoraenes posterieurs , de la maniere dont nous I'avons expose prece- demment. Maisonneuve a observe que des montagnes scliisteuses du departement de la Lozere sont recouvertes par dcs bancs hori-^ zontaux de grcs de plusieurs pieds d'epaisseur. La base de ce gres est du quartz. Dans le temps, dit-il , que les eaux recou- vroient les montagnes granitiques superieures , elles degrad^rent ces montagnes , et en charierent les debris dans le sein des raers. La partie argileuse sedepouilla la premiere , et forma les couches schisteuses. Les gres vinrent se deposer par-dessus. Buch a examine la formation des granits. « Les geologues les plus eclaires , ditil , paroissent etre con\enus mainlenant de donner le riom de granit exclusivement a cette roche com- posee de quartz, de feldspath et de mica, qui, d'apres toutes les observations, paroit la plus ancienne connue, et celle qui forme le fond de la surface du globe. Mais qu'on ne parle done point de granit forme de smaragdite et de jade, de laves a base de granit » On volt que ce celebre naturaliste pense que c'est a tort qu'on a donne le nom de granit ^ toutes pierres composees de plusieurs substances cristallisees. 11 n'appelle granit que celles qui sont composees de quartz de feldspath et de mica. C'est I'opinion que j'ai toujours soutenue : et j'ai donne le nom de granitdides a toutes les autres pierres aggregees , cristallisees , composees de substances differentes que le quartz, le feldspath et le mica. Buch examine ensuite la maniere dont est forme le granit; Plusieurs geologues celebres ont cru qu'il etoit forme par couches. J'ai toujours soutenu que le vrai granit n'etoit point par cou- ches , et qu'il n'y avoit que les granits veines , les kneis , les schistes micaces, qui fussent par couches. Buch a la meme opinion. II pense que le vrai granit n'est point par couches j que c'est cclui qui fait la base des montagnes, et qui se trouve dans les plaines, tandis que le granit des hautes montagnes , telles que les Hautes-AIpes, se rapproche davantage dcs gi-anits veines et des kneis : ce qui a fait croire ^ tort que le vrai granit etoit par couches. Enfin Buch pense, ayec moi, que les montagnes ont ete 48 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE fbrmees par cristallisation , et qu'elles ne sent qu'unc reunion de masses cristallisees. « On peut presque assurer sans heslter , dit-il , que le granit que je desirerois noinnier par excellence la roche cristallisee , n'est jamais en couches. Le tout est un assemblage de cristau* reunis par la nienie force cristallisante , et toute la montagne de granit n'est ellememe qii' un gros cristal : grande idee Dela- metherie qui devient convaincante, quand on examine atten- tivemeut la nature du granit, et quand on le compare avec la roche de sediment. » II fait ensuite voir que ces montagnes n'aurolent pu ^tre formees nl par soulevement, ni par affalssement ; «car, dit-il, sur ces granits primitifs, il a et6 depose des couclies reguli^res d'autres substances , telles que des roches schisteuses. Ces couches ne s'eievent nieme qu'a line certaine hauteur : quelquefois on ne les trouve que d'un cote de la montagne , et il n'y en a point de I'autre cote. « Le porphyre, par exemple, est excesslrement frequent du cute de ritalie , et il s'y ^leveades hauteurs tr^s-considerables. On trouve , par exemple , ces roches a plus de quatre inille plcds de hauteur entre Bolzano et Brixen en Tirol : il manque absolument du cote de I'AUemagne et de la Suisse. Ce cote , au contraire , abonde en pierres raagnesiennes, en serpentines sur-tout : elles sont tres rares du cote de I'ltalie. Si la chaine s'etoitformee par un soulevement ou des affaissemens , d'ou vien- di-olt done cette difference entre la disposition des roches aux deux cotes ? Ne devroiton pastrouver le meme ordre, la raeme quantite de matieres d'un c6te que de I'autre f Ne devroiton pas trouver les roches recentes k une hauteur aussi considerable que les plus anciennes ? Car, en supposant cel!es-ci, ayant une fois ete horizontalemcnt couvertes par les premieres , en s'elevant ou s'abbaissant , elles devoient bien s'elever sur celles qu'elles couvroient deja. « Tout cela parojt bien prouver que la chafne du milieu, le noyau granitique , s'est elevee sous sa forme actuelle du temps de sa formation mSme ; et il s'ensuit presque imroediatement, que toute chaine de montagnes primitive ( et les chaines cal- calres ), ne se formerent ni par un souldvement ni par un abbaissement de ses cotes , mais par la force reunie de la gravi- tation et de la cristallisation. » L'idee de la formation des montagnes par soulevement ou par afiaissement , est entierement ubandonneej et presque tous les geologues E T D' II I S T O I R E N A T U R E L L E. 4., geologues convieniieiit qu'elles ont ete I'oriiiees a-pcu-pres telits que nous les voyoiis aux Llt'graclatlons pr^s, qu'elles ont epion- "vees posterieureincnt par Ics tiimats, les pliiies II faut excepter quelques cas partlculiers, oii des commotions souterreines, on autres causes locales ont souleve, ou fait af- faisser qvielques uiontagiies. Voila. done la grande vcrite de \aL formation de la terre et de ses montai^nes par cristallisation enti^reineut reconnue. Duhaiuel fils a fait des observations interessantes sur la tna- niere doiit est coaipose le pic du niidi de Bigorre dans les Pyrenees. 11 a vu que: •^ 1°. Cette montagne est formee enlierenient de roches primi- tives par couches tres-distinctes et continues , inclinees de 6o a Bo degres , et s'elevaiit vers la cliaine geiierale des Pyrenees. Nous Savons que la ineiiie chose a lieu dans toiites les hautes montagnes, dout ks couches se reinvent constamnient vei^s le centre principal de ces montagnes. 2°. Les lits inftiiieurs , c'cst-a-dire ceux dont on appercoit les tranclies sur le revers septentrional du pic, depuis sa base du cote de la valice de Canipan , jusqu'au soniinet , lui ont pani uuiiiuement formes ile roche calcaire , dans laquelle alternent plusieurs fois la roche de corne (corneene), et peut - etre le trapp. 3". Les lits superieurs , qui recouvrent iramediatement les roches calcaires ci- dessus, sont les gneis micaces ct la roche grana- tite. Ces deux especes de plcrre fbrment la pointe occidentale, et line parlie de Fariete du pic. 4". Au-dessus des gneis repose unc grande quantite de lits alternatifs de roche calcaire, de trapp, de roche de corne, et quelquefois parmi eux des couches de granits. Ces bancs gane- raleraent pen epais forment la face meridionale du pic, et des- ccndent a-peu-prcs comine elle. 5°. La disposition des roches de corne a cela de remarquable , qu'elle afl'ecte souvent entre deux couches planes de roche calcaire, des plis et replis multiplies qui leu r donnent une appa- rence tres-bisarre. 6°. Le granlt existc dans les lits superieurs dans plusieurs etats, comme filon , comnie couche , et comine parlie constituante de plusieurs roches calcaires; mais , dans ce cas, il ne se trouve gucres qu'a la surface, comnie s'il etolt depose peu apres le rapprochement des molecules calcaires. tome VII. NIVOSE an 8. G 5o JOURNAL D E PHYSIQUE, D E C II I M I E Jens Esmarck a voyage en savant iniiieralogiste dans leBannat, en Transihanle et en Hongiie, pays si riches en filons motaU iMines. II les decrit avec exactitude , et en explique la formation suivant la theorie de Werner, qvii, comme Ton sait , vent que les iilons aieiit ete dcs fen les faites posterieuremeiit, et remplies de niineraux. Mais les faits rapportes par I'auteur font voir que ce systeme ne peut gucres se sontenlr ; car i\ Schetnnit?, il y a des Iilons de 3o h. 35 metres d'epaissenr. A Kremnitz, le. prin- cipal fdon a jnsqu'a 200 metres d'epaisseur. L'autcnr fait voir que c'est une reunion de plus de vingt Iilons divises . par des cioisons qui appartiennent a la roclie. Mais venous aux mines de Felsobauya en Transllvanie. « Ces mines , ditil , sont dans un gfes k grain fin , ct :\ ciment argileux. Le principal filon se dirige de Test i I'ouest , ets'incline en sens contraire de la monta;2i;e du nord an sud , sous im angle de 46 k 70 degres. II renlerme les memes substances que les fdons de la seconde epoque a Kapnik ( c'cst i dire de la galene , de la blude noiratre , des pyrites sulfureuses , dans un quartz jjrun , et dans un petrosilex qui passe i I'etat d'ar- gile endurcie ), et do plus du sulfate de baryte , de I'antimoine, et du sulfure rouge d'arsenic. L'auteur regarde ces dernieres substances comme introduites dans le fdon posterieurement a sa premiere formation. Sa largcur varis depuis un metre jus- qu'a trente : mais lorsrpi'il devient aussi large , il est cloi- sonne, et alors moins un filon unique que la reunion de plu- sipurs scissures paralleles , sa disposition ressemljle beaucoup a celle du fdon dit Gegen-Cottrs a Gersdorff en Saxe. Lagangue et le niinerai de plomb fbrment differentes couches paralleles aux salbandes dn filon. M Un second filon coupe le premier obliqncmeht, tan t pour la direction que pour I'inclinaison. Sa puissance est plus de trois metres. II appariient a une epofjue differente. Sa gangue est un petrosilex gris. Les mincrais qu'on y trouve sont de i'argent rouge avec un pcudepyr'ite, mais p(jint de plomb. « Enfin , il fiiut rapporter k une troisieme epoque postericure aux deux autres , I'origine d'un filon qui se dirige du noid au sud, s'incline a Test, ne contient que des scliistes alumineux, et en traversant le premier filon Iici comninniquc sa str'iUtc. » L'auteur suppose ici trois epoques, et peutetre quatrc pour l'ori<.Mne de cesfilons de Felsobauya. Le premier filon, qui a jus- qu'a 3o metres d'epaisseur, et une inclinaison de 4^ a 70 degres E T D' n I S T O I R E N A T U R K L L F,. 5i n'apu ^tre forme dans I'Jiypntliese de Werner dans ces positions; car une fente, sous un angle de 45 degres, n'auroit pu subsister sans rpic le toit eut retonibe sur le jiuir. II faudroit done supposer que : 1°. La monlagne avoit une autre position. Elle s'est fendue, le filon s'y est depose; ftensuite elle s'est inclinee. 2°. Le second fdon coupe celui-ci oLliqueinent : il faiit done encore snpposer une autre fente de la montagne ; ce second filon s'y est forme, et elle s'est renversee une seconde fois. 3°. A une troisieme epoque, s'est forme un troisieice filon qui court du nord au sud. Mais celui-ci , en traversant le premier filon , lui communique sa sterilite. Ceci suppose qu'il a detruit en partie le premier. Toutcs ces hypolhese ne sauroient etre admiscs. Ensupposant, au contraire , avcc moi la formation de ces filons avec la masse meme de la montagne, tout s'expliijue facilement. ' Les matieres metaliiques dlssemiiiees avcc les substances pier- reuses se sont separees par la loi des ainnitos, et out cristallise en dlfierens filons. Je ne uie pas que quelqucs filons n'aient ete formes postdrieu- rement aux uiontagnes. L'auteur cite lui-meme un fait qui conCrme ce que nous savons a cet egard. II a observe a Scliemnitz, anpres du Puits-Saint-Andre , un lilon entier rempli de bois charbonise a 36o metres de j^rofondeur. On y a trouve aussi des coquilles. Humboldt , dans le voyage qu'il fait autoiir du morde, etendra beaucoup nos connoissances geolnglques , parce qu'il generalise ses observations. Voici celle qu'il me marque de Cumana , sur le pic du Teyde , vulgairement connu sous le nom de pic de Tcndrijc. « Le pic de Teyde, eleve de 1904 toises , est une dnorine montagne basaltique qui paroit reposer sur de la ])ierre calcaire dense et secondaire. C'est la meme qu'avec jjeaucoup de pierre a fusil on trouve nxi cap INon en Afrique, la mome a Cadix , a ]a Manclie, en Provence; la meme sur laquelle rcposent les ])asaltes de Saint-Loup pres d'Agde , et ceux du Portugal. \ ou:5 voyez avec quelle uniformite le globe est construit. LesAr.ores, les Canaries , les Isles du cap Vert ne paroissent etre que la continuation des formations basaltiqucs de Lisbonne. " Les flots amenent aussi , et jettent par la cote d'Afrique , sur les jjords du Tenerife , des granits , des syenites , et le scbiste inicace granltique qMe nous avons vu au Saint-Gothari, daus Ga 52 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C H I M I E le Salsboiirg II est a supposer que c'est dc ces roches qne consiste la haute crete de I'Atlas , qui se prolonge a I'ouest vers les cotes de Maroc. « La basalte dont lo pic est coiistnut n'est pas seulement du basalte contenant de I'olivin feuillete et ci-istaliisc, la cliri- solite des volcans ; mais sur-toiit vers la cime , il y a dr-s cou-' dies de porphyrochicfcr de Werner, ou d'un autre porpliy.re ;\ base d'obsidiennc. Le porpliyrocliief'er est feuillete, soiiore, ^ demi-transparcnt sur Ics bords , forme d'liiie base vene tres- dure , ayant de I'affinite avcc le jade , et enchassaiit des cris- taux de feldspath vltrevix.n DE LA CIIIMIE DES MINERAUX. Dize a fait voir que I'acide nitrique fournissoit un moyen tres-sur d'analyser le laiton , et d'en separer le zinc du cuivre. Son procede consiste a faire dissoudre le laiton dans I'acide nitrique. 11 ajoute ensuite du plomb a la dissi^lution. L'acide nitrique ayant plus d'af'fiuite avec ce metal qu'avec le cuivre , dissout le yilonib et en est precipite sous sa forme metallique ; inals le zinc a plus d'afiinite avec I'acide nitrique que le ploinb : ainsi il n'est point precipite. Ces experiences kii ont fait Toir que le laiton du commerce contient cuivre 0,87, zinco,i3. 'Le Jaiton prepare a. Geneve pour Ics roues d'echappement , contient cuivre o,j5 , zinc , o,i5. Les monnoies de laiton des anciens contiennent cuivre 0,^3, Ptain 00,4, zinc 00, 3. Les proportions varient pen. Ce sont i'etain et le zinc qui donnent de la durete au cuivre dontles ancient faisoient leurs amies. On avoit cru qu'ils avoient I'art de ti empei- le cuivre ; ce qui n'est pas. On a donne un procede ecoiiomique pour decomposer le sel ri:aiin. 11 consiste a calciner ce scl avec des pyrites dans des fours analogues a ceux ou I'on cuit la chaux. Crell a decompose I'acide boracique , et en a retire du charbon. Giiyton - Morveau a fait sur I'acide succin'que des expe- riences qui lui ont prouve que cet acide doit ^tre ranga dans la classe de ceux qui se detruisent par une nouvelle combi- naison de leur b;ise, et se resolvent en gaz acide carbonique, gaz liydrogene carbone et en carbone ; ce qui confii uie qu'il est de la nature des acides vegetanx. Vauquelin a decouvert quelques nouvelles propriett's de la strontiane et de la barj'te. Les cliimistes, dit-il, ont reconnii E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 53 dans ces 3"eox tcrres plusieursproprictes analogues u celle dts alkalis^ telles cjuelasaveur acre et brulaiite , la soliibilile dans I'eau , la cristallihilite , le changeinent en verd qu'eiles font eprouver anx coideurs bleucs de quclqnes vagctaux. Je vais exposer qnclmies autres de leurs proprietes , qui ies rapprochent encore plus cles suBstances alkalines. II a niele de la strontiane avec de la silice , de I'alumine , ct Ies a expos^es a un feu violent , il a rcconnu qu'il y avoit conibi- naison cles deux terres, et que la strontiane avoit perdu tine partie de ses qvialites. La strontiane bouillie avcc I'alumine se condnne cgalement. La baryte cliauffee avec la silice, il y a combinaison. La baryte bouillie avec I'alumine, il y a condjinaison. La baryte ou la strontiane versee dans une dissolution de savon, la dccoinposent , et s'unissent avec I'liuile. Tons ces laits lui font conclure qu'il peut se faire des coriibi- naisons de la strontiane et de la baryte , avec differentes autres terres ; 2,°. que la strontiane et la baryte doivent ctre rangees avec Ies alkalis plntot qu'avec Ies terres. L'azote, suivant une nouvelle decouverte dfe Girtanner, est compose d'oxigene, 0,07. D'hydrogene , o^S. Voici ce que ni'en ecrit Van Mons. Lettre de Van Mons a J.-C. Delametherie. Mon honorable confrere, je m'empresse de vous transmettre la nouvelle que Girtanner a decompose l'azote , et I'a reduit en hydrogene et oxigene dans la proportion de 0,^3 du premier, et 0,07 du dernier. II s'ensuivroit que l'azote , I'ammoniac , I'eau , I'air atmosplierique etc. , sont des composes de ces deux principes dans des proportions variees. En aralysant I'air, on ne separe pas, niais on compose le gaz azote, par la soustrac- tion d'unepartie d'oxigene aulluide hydro-oxigene, qui constitue cet air. C'est peut-etre la raison pour lacjuelle la comljustion est ])lus vive dans le gaz oxigene pur , ou non engage dans une combinaison hydrogene. L'argile est la substance qui decom- pose le mieux fair atmospherique en azote ; ce qui est assez d'accord avec Ies experiences de Van-Humboldt. Cette propriete de I'argile explique la necessite de sa presence dans Ies ni- trieres artificielles ; elle fait soupconner que Vieg!eb et Vurzer ne se sont pas tout a fait trompes , en croyant convertir la Si JOIjRNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE Vapcur aqueiise en gaz azote. Vons avez dii remarquer dans rues experiences siir cette conversion , que je ne me leudois pas bien raison de la grande quantite de gaz qu'ii m'est sou- vent arrive de recueillir. Les pluies d'orage seroient un nioycn que la nature s'est menage pour depouiUer I'air atmospheriquie d'un exces d'oxi- gene qu'y versent sans cesse les plantcs , en coaibiiiant nne partie des deux gaz qui le composent en eau. Ce qui est sur, c'est que le melange uniforme de deux tlviides de densite aussi diflerente que les gaz azote et oxigene , m'a toujours fait soupconner une union de ces deux gaz. Enlin, si la ddcouverte de Girtanner se soulient , elle rendra raison de la disparition de la presquc tolalite de I'azote pendant la decomposilion du nitre par le feu. M. Girtanner persiste a tenir I'liydrogene pour radical de Tacide muriatique ; niais cet acide hydrogenique contient moins d'oxigcne que I'eau. Les experiences que j'ai oppo.sees a nion ami (Mem. de I'lnstitut national, torn. I ^ pag. 06 ct44- )> 'en- doieiit toiitcs on a oxigener ce liquide , ou k desoxigencr I'aclde. Je STiivois une marche opposee , niais qui m'etoit indi- quee par Girtanner meme, lequel regardoit alors I'acide muria- tique comnie de I'eau oxigence. Trommsdoift n'avolt pas tort de me dire (Annales de chimie, tome XXXII), qu'il y auroit eu peut-etre plus d'espoir de uecovivrir les radicaux desacides iuilecomposes , en tacliant d'oxigencr que de desoxigener ces substances. Je ne connois pas encore les experiences de M. Girtanner; mais j'ai deja fait passer un melange de gaz hydrogene et oxigene dans la proportion indiquee , sans obteuir de gaz azote Agreez mes salutations amicales. J.-B. Van Mons. fi Humboldt a repete ses experiences sur I'absorption de I'oxy- ene par les terres simples lorsqu'elles sont humectees ; el les ui ont toujours donne les memes resultats ; ensorte qu'on pent regarder cette absorption corame une verite incontestable. L'air atmospherique (|u"il a employe contenoit environ 0,26 d'oxi- gene. 11 en a mis quatre a cinq ponces en contact avec environ autant de pouccs cubes de terres arrosees d'eau disliilee. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 55 Les flacoiis etoient fcnnes par des bouchons uses a I'emeril , et souvent plonges sous I'eau. L'aii- en contact avec I'eau dis- tillee , ne perdit , en lo a i5 jours , pas o,oo5 d'oxigcne. II lie changca jamais au-dela do i.5 en pusete , a la temperaturo de lo k 12 de Reaumur 5 mais il presenta des resultats bien diiferens avec les terres. En voici le tableau : Aluniine , depuis le 17 I'ructidor juscju'aii 4 vendemiaire , deux flacons d'azote pur. Baryte , idem , residu donue 0,08 d'oxygt^'nc : done il y a eu 0,18 d'oxygene absorbe. Alumlne , du 5 au 14 vendemiaire, azote pur. Alumine^ du 6 au 14 vendemiaire, residu, 0,08 d'oxygene. Chaux, du 6 au 14 vendemiaire, residu, 0,20 d'oxigene. Bar-^te, idem , residu, 0,11 d'oxygene. Ces terres Ibrment done des oxides terreux , k moins que I'cau ne contribue a cette absorption de I'oxigene. Le cliarbon a ete I'objet des recherches de plusieurs chi- mistes. Proust a fait voir que la plupart des bois laissoient apres leur combustion dans les vaisseaux fermes a-peu-pres un cinqui^me de leiir poids en residu cliarbonneiix. Mais quelle est la nature de ce charbon ? Guiilaume Henry a fait sur cette matiere un grand nombre d'cxperiences , d'apres lesquelles il conclut que le carbone pent encore etre regarde comme un element, c'est-k-dire, comme un corps dont la composition nous est jusqii'ici inconnue ; mais dont la decomposition est peut- etre reseryee aux travaux d'un cbimiste futur plus heureux. Les docteurs Rouppe et van Noorden ont fait des experiences stir I'absorption de diiferens gaz par le charbon. Delametlierie avoit vu que le charbon absorboit diiferens gaz et en changeoit la nature. Les deux clumistes hollandais out repete ces expe- riences avec beaucoup de soin. lis se sent servis d'une petite boite qui se ferine exactenient. lis ferment le charbon incan- descent , et ensuite il le placcnt sous des cloches remplies de differens gaz qui en sont absorbes en diverses quantites. lis ont observe qu'uii charbon qui avoit absorbe de I'hydrogene ab- sorboit encore de I'oxygene , et qu'il paroissoit de I'eau : d'oii ils concluent que ces deux gaz se combinent , et qu'il y a pro- duction d'eau. Guyton-Morveau a fait de nouvelles experiences sur la com- bustion du diamaiit. Tennant avoit observe que cette substance 56 JOrnNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMTE sini^uliere faisoit detoiiner le nitre comirie le cliarljon : d'ou il avoit conchi qii'cUe etoit du cliarl)on pur. Guyton-Morveau a fait un aiijiareil ingenieiix pour oporer la conihustion dii diajnant sousune cloche remplie de gaz oxygene, par le nioyen des rayons solaires concentres au foyer d'une len- tille. Les diaraans qu'il a employes etoient des octaddres re- guliers. Aux premiers coups de feu le diaraant prend une couleur plombee. II exige , pour sa combustion , une plus grande quantite de gaz oxygene que le cliarbon. On le vit ensuite noir et comme cliarbonncux. . On appercjut distirctement, un instant apres , des points bril- lans , et comme boiiiilonnans sur un fond noir. Les rayons solaires ayantetc interceptes momentaneraent , il parut rouge transparent. La combustion du diamant achevee , on s'assura que le gaz oxygene avoit ete change en acide carbonique ; mais qu'il y avoit jiliis d'acide carljonique que si on n'avoit brulo que du cliarbon. De 1 1470 centimetres cubes de gaz oxygene enfermes dans le ballon , il n'en est reste , apres la combustion , que 10790. 677 ont ete consommes. Ces Cyj centimetres cubes d'oxygene, k raison de loSyy mil- ligrammes, lui ont produit , avec les 199-9 milligrammes de diamant^ 1 1 17. 9ii milligramines d'acide carbonique. Enlin , au lieu des proportions de 0,28 de sul^stance combus- tible, et o,j?. de gaz oxygene observe dans la combustion du charLon , le rapport pour la combustion du diamant etoit de 17.88 de carbone. 82.12 d'oxygene. II en conclut que le diamant differe jusqu'a un certain point ducharbon. 1°. Le cliarbon bri^de a i88" du thermometre centigrade. Et le diamant brule au degre o.'jCS. 2". Une partie de charbon absorbe , dans sa combustion , 2.527 d'oxygene, et produit 3,5y5 d'acide carbonique. Une partie de diamant absorbe un peu plus de 4 d'oxygene , et produit reellcmeiit f> d'acide carbonique. 3°. Le diamant est le pur carbone , pure base acldiliable de I'acide carbonique., 4**. Le charbon ordinaire est un oxide de carbone , c'est-k- dire; irne combinaison de carbone, avec une certaine quantity d'oxy"eue. 5°. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 5? 5". La plomhagine est un etat intennediaii-e entre Ic diamant. €t le charbon ; c'est-a-dire , que c'est du carboiie combine avec une inoindre qnantite d'oxygene que le charbon , et contenant 3 ou 4 centieines de f'er. 6". L'antracile est comme la plombagine , une coniljiualson de carbone avec une petite portion d'oxygene , et 3 ou 4 cen- tieines d'aluinine. Pour prouver de plus en plus que le diamant etoit du vrai carlione , il a essaye de le combiner avec du fer pour faire de I'acier. Efreciivenient il a mis dans un creuset de f'er un diamant du poids de 907 milligrainnies ; il I'a rempli de limaille de fer pesant a grammes, et a expose le tout dans un creuset de Hesse a un grand feu. Les vaisseaux refroidis, on a vu que le f'er avoit ete converti en acier. II a ensuite iait chauffer un diamant avec de ralumlne qui retenoit encore un peu d'acide sulfurique : cet acide a ete change en soufre , et a forme un sulfure , en absorbant de I'oxygene de I'acide sulfurique. Le diamant etoit cou^■ert d'une croiitenoiratre, charbonneuse, etil avoit perdu 58 milligrammes > c'est-a-dire, plus du tiers de son poids. Cette croiite charbon- neuse qui I'entouroit etoit done un produit de sa combinaison avec une portion d'oxygene. Coquebert a examine le hoiiigstein , ou pierre de miel des Allemands. 11 cristallise en octaedre , qui , quoique different de celui du diamant, peut en deriver, suivant Haiiy. Lampadius a retire de cette substance Carbone 0,8000,90 Alumme o,o3 Silice 0,03 Oxide de fer Eau de cristallisation o,o3. II brule avec activite dans le gaz oxygene, qu'il convertit en acide carljonique pur. D'apres ces faits , Coquebert regarde le honigsteln comme line espece de carbone a placer apres le diamant. Ainsi on auroit 1*. Le diamant, ou le carbone pur ; 2°. Le honigsteiu , qui est le carbone avec une petite portion d'oxygene ; 3°. La plombagine, qui est le carbone avec plus d'oxygene et une portion de fer ; Tome VII. NIVOSE a« S. H 5$ JOURNAL DE PHYSIQUE, DC CHIMIE 4°. L'antracite, qui est le carbone avec plus d'oxygene et un peu de fer. 5". Le charbon, qui est le carbone avec encore plus d'oxy- gthie , un deux ctniieine de terre ^ et une petite portion d'liydrogenc. Proust a publie cette ann^e un grand nombre de belles experiences , dont nous allons rapporter ies principales, II a examine Ies cendres de plusieurs vegetaux. II y a reconnu la presence de la manganese quo Scheele v avoit annoiice. Son precede consiste a traiter ces cendres avec le vinaigre. Cet acide se charge d'une portion dcs parties dissolubles. II precipite ensuite avec Ies reactifs ordinaires. II a reconnu que 1". Les cendres dc pin , de calendula , de vigne , de chene- vert, de figuicr, contiennent de la manganese. a.". Les cendres du figuier sont presque toute silice. 3°. IjCS cendres de barides contiennent de la magnesie ^ une grande (juantite de fer, et point de silice. 4". L'indigo contient beaucoup de magnesie. .11 a ensuite calcule la portion de charbon que contiennent divers hois. L'experience lui a prouve que la proportion moyenne est un cinquieme. Cent parties de chene-vcrt lui out donne 20 de charljon. Cent pcirtics do frene , de saule , lui ont donne ly pari is s de charbon. Cent parties d'orme-noir lui ont donne u.5 de cliarbon. 11 fait I'application de ces experiences au charbon de terre; II a trouve que quelques-uns de ces charbons , tels que ceux des Aslurics , d'Andalousie , ne laissent pour residu que 2 et 3 pour 100. D'ou il conclut que dans la translbrmation des ma- tieres vegetales , les autres parties du vegetal ont ete en partie alterees , et qu'il n'y deuieure presque que la partie charbon- neuse. Car, dit-il , ils donnent de 70 a 80 de charbon. 11 pense •qu'ils contiennent presque toujours une porti(ui de soufre inti- mement co.iibinee , ct que c'est ce qui retarde leur coiubustion ; de menie que la lente combustion dcs charlions des niati^rea animales est due au phosphore. II suppose aussi que plusieurs de ces matieres animales , telles que la laine, contiennent du soufre. J II a fait voir que plus I'aclde nitrique est concentre , plus il est legei'. Car ayant prepare de I'acide nitrique tres-pur , il se trouva de couleur jautie, et pesoit iSi. L'eau pesant 100. II en a eu dont la pesanteur specifique etoit i55. En le distillant il devint blanc , se concentra , et sa pesanteur di- E T D' H I S T I 11 E N A T U R E L L E. 6 , minua a chaqne distillation. 11 viut d'aborJ a i5i , t\ i4y > a 147 ) et enfiii i44- Pour avoir dc Toxide d'azotcpur, il faut, ditil , dissoudre du zinc avec iin acide nitrique, qui donne 16** au pese-liqbeur de Bauine. On a de I'azote sans gaz nitreux ; niais si I'acide est a ici' du pese-liqueur , il se degage tuie portion de gaz nitrenx. L'acide nitrique, dont la pesanteur est de 148, verse sur I'indigo , le converiit cii resiue, dissoluble dans I'esprit de-vin. 11 a observe que le niuiiate de potasse etoit deliquescent. En passant un acide dessus ce sel , il se degage du gaz nitreux. 11 mela de ce muriate avec de ralcoliol. II ajouta au melange de l'acide sulfiirique.Ily cut effervescence etdegagementd'etlur nilrique. 11 siippose que c'est I'oxygeiie du gaz nitrique qui s'unit a I'alcohol, et opere cette production-d'ether. Pour le prouver , il versa quatre onces d'alcohol dans un flacon de pinte , renqjli de gaz muriatique oxygene. Le gaz se dissolva tranquillenient et k I'ouverture du flacon , il reconnut I'existence de I'etlicr nitrique. Le rcsidu de I'etlier sulfurique , pousse au feu , ne lui a jamais donne de soiifi e ; mais ayant distille trois parties d'acide sulfurique contie une d'alcohol , il en a retire un gros de charbou d'unc once d'alcohol. II a prouve que I'eau licpalisee , c'est - a - dire , chargee de gaz hydrogene sulfureux , perdoit sa mauvaise odeur , en la battant avec de la poiulre de manganese. Rubin de Celis a tronve du for natil au Perou. Proust I'a examine ; il a trouve qu'Il etoit tres-pur , excepte une petite portion de nickel qu'ii contenoit : ce nickel le rend plus blanc , et diminue sa disposition a la rouille ; il n'altere pas ses autres qualites. Proust a reconnu que le pyrite du Perou , connii sons le nom de mhoir des Incas, n'est que du fer pur allie avec une niatiere chaibonneuse. 11 I'a fait dissoudre dans l'acide ni- trique, et n'a pas pu en obtenir un atome de cuivre. II s'est occupe des oxidations de I'arsenic. Cent parties de re- gule d'arsenic , traitees par distillation avec l'acide nitrique , lui ont donne iSa h i53 d'acide arsenical. Cent parties d'oxide blanc d'arsenic traitees avec le meme acide nitrique , lui ont donne 1 15 d'acide arsenical ; d'ou il conclut querent parties de regule d'arsenic absorbent 33 d'oxy- H 2 Co JOURNAL DE PIIYSIQUE.DE C II I M I E gene pour passer a. I'etat d'acide blanc , et 53 pour passer a. I'etat d'acide arsenical. Hikiire Rouelle avoit annonce qne I'acide marin dii com- merce , contient du suhliine corrosif , puisrpi'il dissout une partie de mercure cjni se trouve dans le sel inar'ui. Proust a \erifie que tout le sel marin d'Espagne coniient /-galeiuent du mercure ; il fait voir que plusieurs aiiciens chiinistcs connois- soient ce fait. Lavoisier a prouve que les liulles etoient composiie? d'liydro- eene et de carbone. Proust oi>serve qu'il se forme de I'huile dans la dissolution de la loute par Tackle sul{'uri(jur ou mu- riatique. Priestley avoit observe que cet air inflammable etoit tres-pesant. Proust a eu lieu d'exauiiner la dissolution en grand de ces fontes ; il a vu que les vases oil elles se f'aisoient etoient engraisses , que I'eau ue suffisoit pas pour les ne- toyer , et qu'il faut y employer I'esprit - de - vin : ce dissol- vant prend alors la meme odeur , et blanchit k I'eau comme line dissolution d'huile essentiello. Le meme chimiste s'est assure que le cliarbon se comLine avcc le posphore, et forme un posphure de charljon. II a dis- tille la portion rouge qui demeure toujours , lorsqu'on passe le pliosphore a la pcau de chamois , a la maniere de Pelletier ; il a obtenu une matiere flocconeuse ^ leg^re , qui s'enllamme aussitot qu'elle a le contact de Pair. II a reconnu que cette sub- stance contenolt toujours du charbon. II a traite ce phospliore avec I'acide nitrique ; il a obtenu du sfl-7, nitreux et de I'acide carbonique, et il n'a plus trouve de charbon. II a cherche a determiner la portion d'oxig^ne contenue dans le muriate d'argent. Voici les proportions qu'il assigne. Argent loo. Oxygene 9 i Acide marin 24 ^ i33 Lememe chimiste a fait des recherches sur le bleu de Prusse, et sur I'etat ou se trouve le fer dans cette combinaison. II distingue, avec Lavoisier ^ deux etats d'oxidation du fer; dans I'un , ie fer contient 0^48 d'oxygene , et dans I'autre, 0,27. II parle aussi de I'oxide de charbon , qu'il dit qu'il fera connoitre. Le meme chimiste , dans un beau memoire sur le cuivre , ET D'HISTOIRE NATURELLE. 6i examine ses diverses comblnaisons. Ce metal , en s'oxiJant , acquiert la couleur d'un brun noir. Cent parties de cuivre ainsi oxidees , pesent 125; elles ont done acquis 25 d'osygene. Cet oxide brun ou noir n'acquiert toutes les belles couleurs qu'on lui connoit dans les oxides rouges , verts ou bleus , que par de nouvelies combinaisons, Nous allons rapporter ses expe- riences. Oxide brun ou noir de cuivre , contient Cuivre 80. Oxygene 2.0. Nitrate de cuivre. 11 en distingue de deux especes, qui scut de couleur verte. L'un , avec le minimum d'acide , contient Oxide noir 6-j. Acide nitrique 16. Eau 17. Le nitrate de cuivre, avec maximum d'acide , contient Oxide noir 2.y. Acide nitrique. Eau. Carbonate de cuivre. Cent livres de cuivre dissoutes dans les acides sulfurique ou nitrique , et precipitees par le carbo- nate de potasse ou de soude, donneiU iSo iivres de carbonate vert de cuivre. Si on le soumet k une distillation graduee , on a dix livres d'eau , laquelle paroit aussi essentielle a la couleur que I'acide carbonique , et il reste 120 d'oxide noir au fond de la cornue. Ce carbonate artiliciel de cuivre contient done Cuivre 100. Oxygene 30. Acide carbonique 46. Eau . 10. Le carbonate de cuivre , lorsqu'il ne contient point d'eau , est d'un beau vert de pomme , nuance de toules les belles couleurs de la malachite , laquelle est un carbonate de cuivre. La malachite naturelle d'Arragon lui a donue , Oxide noir 71. Terres sableuses . i . Carbonate calcaire 1. Acide carbonique. 27. 6i JOURNAL BE PHYSIQUE, DE CIIIMIE Sulfate de cuivre. II y en a egalement de deux esp^ceS ; le sulfate de cuivre sature d'acide , contient , Oxide noir Sa, Acide sulfurique .... 33 Eau 36. Le sulfate de cuivre avec minimum d'acide , s'obtient en versant dans une solution de sulfate ordinaire de la potasse caustique , de maniere qu'il n'y en ait pas assez pour tout pre • cipiter. Ce precipite nage done dans une liqueur qui contient encore du sulfate de cuivre ; il est vert et contient , Oxide noir 68 Acide sulfurique .... i8 Eau i4- Acetate de cuivre. Proust pense avec Lavoisier , que I'acide aceteux ne differe j^oint de I'acetique. Lc •viuaigre radical ne differe du vinaigre ordinaire , qu'en ce qu'il est concentre dans les rapports de 58 a i. Les differences que presente le cuivre dissous par ces acides , viennent de ce qu'il y a plus ou moins d'acide. L'acetate de cuivre avec le maximum d'ncide , contient , Oxide noir 3o Acide acetique 6i . L'acetate de cuivre , avec le mhximum d'acide , contient , Oxide noir 63 "Vinaigre radical 37. Le vert-de-gris est un melange de ces deux acetates. Lorsqu'a I'aide du vinaigre on convertit le vert-de-gris en verdet , on ne fait qu'ajouter h. I'un de ces deux acetates , la quantlte d'acide qui lui manque pour egaler I'autre. Muriate de cuivre. L'artificiel contient , Oxide noir 40 Acide marin 24 Eau 36. Le muriate de cuivre avec le moins d'acide se prepare , en faisant dissoudre le cuivre dans I'eau regale. II s'en separe spontaneaient une poudre verte insoluble dans I'eau ; c'est ce muriate qui contient , Oxide noir 79 Acide muriatique . . . . 12, '- Eau %\ L'auteur a analyse deux muriates natifs de ciuvre , I'un Tenant du Chili , et I'autre apporte du Perou par Dombey. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 63 Muriate du Chili. Sable du Pdrou. Cuivre 5/1 Cuivre 4.68 Oxygene i4| Oxigene " -7 Acide rauriatique 10 Acide rauriatitjue 9 5 Eau 13 Eau i5 Oxide rouge de fer ... 2, Sable \'j. Sulfate de chauxsableux 4- D'ou il a conclu que ces deux mines con tenoient au quintal , Muriate du Chili. Sable du Perou. Oxide noir 76 f' Oxide noir 4o k? Acide muriatique 10 77 Acide muriatique *i ~| Eau 12^ Eau.... 18 -^ Hydrate de cuivre. Les oxides dc cuivre se combinent avec I'eau. Si on Jette du nitrate de cuivre dans de la potasse bien delaiee , et qu'elle domine dans le melange , on obtient un precipite volumineux, et d'un assez beau bleu : c'est un oxide combine avec une portion d'eau concrete. Sa couleur approche de celle du bleu de Prusse. T)e la mine vitreuse rouge , ou oxide natif de cuivre. Cette mine est d'un beau rouge, semblable au cinabre ou a I'argent rouge. Traitee avec I'acide sulfurique , elle a doune , Oxide noir 67 Cuivre en nature.. . . 38 | Sable argileux 4 | Ce beau travail nous eclaire sur la nature des oxides de cuivre. Lorsqu^'ils sont purs, ils sont constamment d'un brun noir. Quant aux couleurs bleues et vertes , qu'on a cru ap- partenir a differens degres d'oxidation , elles ne sont dues , suivant Proust, qn'a une combinaison de I'oxide noir avec un corps connu ou iiiconnu. Thenard a publie des experiences sur les differens degres d'oxigenation de I'antimoine , et sur ses combinaisons avec riiydrogene sullure. 11 croit que I'antimoine est susceptible de se conibineraumoins en six proportions ditferentes avec I'oxig^ne. Combine avec la moindre qu£ ntite d'oxigene , il donne un oxide noir. Avec de plus grandes quantites d'oxigene , I'oxide est maron brun , puis orange , ensuite Jaunc ; enfin , le maximum d'oxyg^ne lui donne une couleur blanche. L'antimoiiie diaphoriiique est vine combinaison de I'oxide blanc avec la potasse. G4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE L'oxide blanc le moins oxide , comprend I'oxide blanc su- blime , ou fleur d'antimoine , celui qui eiitre dans la compo- sition de I'emetique , dans celle du beurre d'antimoine , lequel on ne doit plus regarder comma un miiriate oxygene. Le kermes est un oxide brun d'antimoine , et teuu en dissolu- tion par riiydro-sulfure sulture. Le souf're dore d'antimoine est un oxide orange. Toutes les experiences que nous venons de rapporter font voir que les oxides doivent fixer particulierement I'attention des chimistes ; car les ditlereiites substances susceptibles de se combiner avec I'oxygene, variant suivant qu'elles en absorbent line phis ou moins grande quantite. On a , 1°. Les oxides terreux qui n'ont point encore ate assez exa- mines , at que Humboldt a fait connoltre ; s". Les oxides du carbone ; '6". Les oxides metalliques, qui presentent un grand nombre de varietes , depuis le miniiniitn d'oxidation , jusqu'au maxi- tniim qui est I'acide , tel que les acides arsenique, tunstique et raolybJique ; 4". Les oxides de soufre , de phospliore qui sont dans le memo cas ; 5". Ces memes oxides peuvent se combiner avec I'eau. Proust fait voir que les oxides de cuivre se combinent avec I'earf , ce qu'il appelle hydrates. Nous savions deja que les calamines , ou oxides de zinc , contenoient beaucoup d'eau j c'est pourquoi j'al mis i'eau au jiombre des mineralisateurs. Guyton-Morveau est parvenu a obtenir un petit culot do tun^steme bien fondu. 11 a estime la pesanteur specifique de cctte substance metailique , a 8^3406. Les d'Elhuyar I'avoient estimee 17^6. Chaussier a decouvart una nouvelle combinaison de soufre avec les alkalis ; elle se forme dans les fabriques ou Ton de- compose le sulfate de sonde , en le chauffant fortement avec du charbon et du fer. On pent la former par d'autres proce- des. Ce sel a une saveur fi-aicbe , legerement amere ; il ne s'efHeurit point. Chaussler en conclut que c'est une combinai- son d'livdro-sulture de soude avec un exces de sonde sans acide sulfureux , et norame ce sel liydro-sulfure sulfure de soufre. Lamarck a doniie un nicmoire sur la matiere du feu , consideree comme instrument chimique dans les analyses, II pense ET T)'HISTOIRE NATURELLE. 65 pense que I'actioii du feu clans ces analyses , altere la plupart des corps , et que par consequent plusieurs des produUs qu'on obtient n'existoient point dans le corps analyse. Je ne croirai, dit-il , que les produits que les cliimistes retirent deS corps J etoient veritablement contenus dans les matieres ipi'ils auront analysers, que lorsqu'ils n'emploieront que des iuslrii- mens dont Taction sera luiiquement mecanique. De lA CHIJIIE UES VEGETAUX. Vauquelln a analyse les seves des differens vegdtaux , les- quelles lui out ete fournies par Gels. Voici le resultat deses experiences •. Seve d'orme , ulmus campestris , ijoSg kilogrammes de cette S^ve contiennent : Carbonate de chaux o>795 grammes. Matieres vegetalcs 1,060 Acetite do potasse 9,240. D'autres experiences lui out donne de I'acetite de chaux. II y a aiissi trouve quelques l^geres traces de sulfate et de mu- riate de potasse. Siivz DE HETRE , fagus syhestr'/s. II en a retire , 1°. De I'aclde aceteux libra; 2.". de Tacide gallique ; 3° du tanning 4"- del'acetlte calcaire ; 5". de I'aceilte de potasse. Une autre portion de la meme sdve du hetre avoit une cou- leur rouse assez fbncee. Sa saveur etoit celie du ins de tan , qui a commence a Icrmenter. ba pesanteur specilique etoit de 1,016; elle noircissoit la dissolution de sulfate defer, et precipiloit la dissolution de colic forte. Cette seve a depose , par I'evaporation , une grande qtiantite de matiere brune. Cette matiere pesoit 0,796 grammes, et provenoit de 9,171 hectogrammes de seve. Soumise a la distillation , elle a fourni un produit ammoniacal , une huile epaisse et fetide, et a laisse un char')on dilficile a. bruler. Ce charbon , traite avec I'acide inuriatlque , a donne 0^26 grammes d'alumine pure, et il ne pesoit plus que 0,21 grammes. II jiaroit que cette alumine est formee par la decompositioji d'un sel alumineux contenu dans la seve, Ce sera vraisemblaljleraent I'acetite d'alumine. Seve de charme , carplniis sylvcstris. Cette seve contient I'acide aceteux. Evaporee , elle donne un extrait qui paroit coutenir une petite quautite d'ammo- niac toute formee , de I'acetite de chaux et une matiere co- Jorante. Tome VII. NIVOSE an 8. I e GH JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE SiiVE DE BOULEAU , bctida alba. Cette seve paroit contenir de I'ackle aceteux comme les autres. Evaporee , elle doiiiie un residu syrupeux et Sucre. Mise a (errnenter avec de la levure de blere, elle asiihitinevraie fermentation spiritueuse avec degngement d'acide carboiiique. Le prodiiit distille a doiiiie de I'alcoliol. Cette ternientation est due a la partle sucree. Cependant on n'a jamais pu retirer de cette seve du sucre blanc ct cristallise ; ce qui le porte fortemeut i croire que la matiere sucree rp'ell coiitleiit n'y existe pas i I'etat d'un veritable Sucre, tel qu'il est par exeinple dans la canne a sucre. SiiVE DS MARONNIER. Cette seve , evaporee , a donne beaucoup de nitrate de potasse. £n versant , sur le sel obtenu de cette seve , de racido sul- furique etendu de 3 a 4 parties d'eau , on a senti tres-sensi- hlement I'odeur de I'acide aceteux. Ainsi, il paroit que cette seve contient , conune les autres, de I'acetite de potasse et sans doute de celui de cliaux. Ces experiences prouvent I'exlstence de Taclde aceteux dans toutes les seves examinees. L'acide carbonique s'y trouve egalement , mais ordinairement libre : « II se pent, dit Vauqnelin , en parlant de la seve du lietre , que le sel calcaire arrive dans le vegetal an moyen de I'acide carbonique , et qu'il se forme ensulte de l'acide aceteux (jui , en s'unissant a la chaux , niettroit en liberte l'acide car- bonique, leqnel se trouve libre dans toutes les s6ves exami- nees jnsqu'a present, et qui se degage si abondamment et avec tine espece d'explosion des arbres que I'on perce d'un trou de tariere dans le temps ou la seve nionte^ comme I'a observe Coulomb 35 Dispan a analyse l'acide qui transude sur les feuilles du pots chiclie , cicer. II lui a reconnu des qualites particulieres et entierement differentes de celles de I'acide oxalique. II ne pre- cipite pas sensiblement I'eau de chaux, tandis que l'acide oxa- lique est le reactif le plus sur pour decouvrir la presence de la chaux qu'il preciplte a. I'instant. 11 a donne a ce nouvel acide le nom de cicerique. 11 ne nie pas qu'il ne puissc etre m^le avec une petite portion d'acide oxalique Deyeux neanmoii'S pcrsiste dans sa premiere opinion , et soulient que ce pretendu nouvel acide cicerique n'ost que de l'acide oxalique. ET D'HISTOIRE NATURELLR. 6? Ilumplirey Davy a I'ait voir que plnsieurs plantes contenoient nne quantite consideraljle de silice. Deux morceaux de honnet- canne , espece de roseau , frottes I'un contre I'atitre , donntrit de la lumiore. On ne savoit a quoi attribuer cet ef'fct. II fit pour lors I'analyse de cette substance , et il en retira ime grande quantite de terre siliceuse. Cette terre est si aljon- dante dans I'ecorce , que par le frottement elle donne de la lumiere. Macie avoit prouve que le banibou en contenoit une grande quantite. J'ai fait voir que notre arundo sativa en contienl ega- lement. Girod-Cliantrain , en brulant la conferva canalicularis , a obteuu environ o,o5 de residu calcaire. Vauquelin a retire de I'aluinine de la seve de hetre. Le nieine cliiiniste a retire de la magnesle dans I'analyse de la soude Ainsi , volla I'existence de la silice , de la chaux , de la inagnesie et de I'aluinine bien prouvee chez les vegetaux. iJclieele avoit trouve le manganese dans jilusieurs plantes. Proust en a egalement retire de plusieurs plantes. On salt que le f'er y est tres abondant. II ne paroit pas non plus qu'on puisse nier qu'll s'y trouve queiquefois de Tor. D'un autre cote, on y trouve les trois alkalis et plusieurs acides. ■ DE I-A CHIMIE DES ANIMAUX. Fourcroy ct Vauquelin out fait un beau travail sur I'urine humaine. Voici le resultat de leurs experiences : I'urine fiaiclie contient , suivant eux , dix substances principales. A. Le muriate de soude qui cristallise en octaodre dans I'urine evaporee. B. Le muriate d'ammoniac dont la forme natiirelle d'octaedre est modifiee en cube par son union avec la matiere urinairc particuliere , comme celle du precedent, passe , par la m^me combinaison , du cube a I'octaedre. C. Le phosphate acide de chaux formant le 700 environ de I'urine , rcgarde autrefois comme une terre , se precipitant par I'addition des alkalis , qui lui enlevent son exces d'acide , entrainant toujours une matiere gelatineuse que cet acide tenoit I 3 68 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE en dissolution , troublant lea urines au moment oii rammoniac s'y developpe. D. Le phosphate de magnesia decompose par les alkalis , et donnant sa terre melee avec le phosphate de cliaiix (|ui se depose, devenant sel triple et se separanten cristaux parla forma- tion spontanee de rammoniac. E. Le phosphate de soude efflorescent a. I'air , toujours uni au phosphate d'ammoniac. F. Le phosphate d'ammoniac, surabondant lorsqne I'lirine est fraiche , augmentant heaucoup par la decomposiiion et la formation de ranmioniac , donnant seul du jiliosphore , lors- (ju'on chaufi'e le sel fusible autour ue I'urine , avec du charbon. G. L'acide urique , nomnie tres - improprement d'abord acide iithiqiie. 11 se cristallise ]iar le refroidissement de I'urine , et forme le sable rouge ([ue ce li(juide depose au fond des vases. II est plus abondaiit chez les malades. On le dissout trcs-bieii par I'alkali caustique. H. L'acide benzou[uej plusabondant chez les enfans , facile a obtenir de Purine evaporee en syrop , melee ti un lo^. d'acide sulfuriqiie concentre et distille. . I. La gelatine et I'albumine , Ires-variables en proportion dans les dlverses especes d'urine , se montrar.t en nuages dans I'urine ou se forme I'ammoniac , en fdamens dans I'urine ou Ton jette un alkali, en floccons par I'evaporation de I'urine. Se preci- pitant par le tannin qui sert a en determiner la proportion , occasionnant la prompte putrefaction de I'urine qui les contient abondamment , paroissant etre , par lenr augmentation , la premiere cause de la formation des calculs , et leur fburnissant le gluten qui en lie les molecules, suivant dans leur proportion I'energie ou la foiblesse des forces digestives, de la distribution de la matiere chileuse. K. La matiere urinairo speciale , donnant k I'urine les pro- prletes caracteristiques , la constiuiant veritableinent , lui donnant son odeur , sa coideur^ sa saveur , son alterabilite en ammoniac , en acide carbonique et aceteux , et c'est la plus abondar.te des matieres contenues dans I'urine. Elle forme seule les 53 de ses materlaux. Elle a ete prise improprement pour un extrait savonnenx par Rouelle le cadet. C'est a elle fMi'cstdue la cristallisation presque totale de I'uiine evaporee en consistance de syrop , la foruie solide et cristallisee qu'elle prciid dans cet etat lorsqu'ou y ajoute de l'acide nitrique con- ET D'HISTOIRE NATURELLE. 69 centre , la cribtalKsatioii des innriates de sonde ct d'ammoniac inodiilee , et en quelque sorte inversee ; la premiere dn culje k I'octaedre , et la seconde de I'octaedre au cube. Cette ma- tiere animale pariiculiere que nous nonimons uree fait I'objet d'un inemoire jjarticulicr. II parolt qn'outre ces dix substances , les vcritab'cs et lea constans materiaux de I'urine huinaine , elle contient quelque- fois , mais raremeut et accidentellement , du sulfate de cliaux , du sulfate de sonde, du nuiriate de potasse , de I'oxalate de cliaux et de la silice ; que les unes ou les autres de ces sub- stances , sur-tout les deux dernieres , ne sont que les produits rares de quelques dispositions particulieres et peut-ctre nior- bififjues de I'urine. L'urine fermentee donne neuf nouveaux produits : 1". L'animoniac en exces. 2°. L'acide phosphorique sature par cet alkali. 3°. Le phosphate tie magnesie converti en phospliate ammo- niaco-raagnesien. 4*. L'urate d'ammoniac. 5". L'acide aceteux uni h. I'ammoniac. 6». L'acide benzu'ique satvire du meme ammoniac. 7°. Le muriate de sonde devenu octaedre. 8°. Le muriate d'ammoniac devenu caustique. 9°. Le carbonate d'ammoniac. On pent ajouter encore la precipitation de la gelatine et de I'albuinine operee par I'ammoniac , et qui accompagne celle des phosphates , de maniere que ces sels sont comme la matiere des OS , susceptibles de donner du cliarbon quand on les chauffe. Mais il se trouve dans I'urine une svibstance particullere qui en est la partle la plus abondante j I'auteur I'appelle uree. Void les principales praprietes de cette substance : A. Elle cristallise en masses lamellenses Ijrillantes , conqio- sees de lamelles ou de feuillets jaunatres et serres dans le centre , ou de grains reunis et condenses. Sa couleur est biune , son odeur est urincuse alkaline , sa saveur est piquante et acre. B. Chauffi-e elle fond promptement et avec boursouflement. Elle se volatilise et donne luic odeur atroce. C. Par la distillation , elle donne plus de deux'licrs de son poids de carbonate d'inniuoiiiac. Une petite quantite d'acide 70 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE pi'itssique dc cliarbon et d'aciJe benzo'ique*, et uii sixieme de son poids de muriate d'ammoniac. D. EUe tombe tres-facilement en deliquescence, et forme une masse pateuse. E. EUe fennente tres-difficileiuent lorsqn'elle est seule ; mais si on y ajoute une substance animale gelatineuse ou albnmi- iieuse , la I'ermentation est prompte. II se forme du carbonate et de I'acetite d'ammoniac. F. Si on la mele avec de I'acide siilfurique, elle se convertit lentement en acide acetenx et en ammoniac. G. L'alkali fixe la dissout , et la fait passer a I'etat de car- bonate etd'acetite d'ammoniac. II. L'urinc analysee donne Oxygene C)39 . 5 Azote 0,02.5 . Hydrogene 0,1a. 3 Carbone o,\4-7- II flint remarquer neanmoins que sur les 89 i d'oxygpne , il y en a environ 11 qui appartiennent tl I'eau toute fbrmce , ainsi fiue ?. d'livdrogene ; en sorte que i'azote est reellement son priiicipe dominant , ce qui est cause qu'ellefournit ime si grande quantite d'ammoniac. L'auteur conclut , de tous ces faits , que I'urine emporte la surabondance d'azote , qui se trouve dans I'economie ani- male. Les reins , dit-il , deviennent pour le physiologiste le couloir naturel dt- I'azote, comme les pouinons le sont du car- bone et le foie de I'iiydrogene. Du jaune amer des substances anlmales traitecs par I'acide iiitrique. Welter ayant traite de la sole par I'acide nitrique , pour en retirer de I'acide oxalique , fut fort surpris de n'en point obte- nir ; mais il trouva tl la fin de I'operation un sel soyeux d'lm jaune dore , et se comportant a I'approcbe d'un charbon comme la poudre a canon , en produisant une fumee noire. Cette substance donne des cristaux soyeux qui paroissent octaedresj ils sont solubles dans I'ean et I'alcoho!. lis teigncnt la soie. II tralta la cbair de bosuf par le meme acide nitrique ; il en retira le jaune amer combine avec une autre substance. 11 retira cette seconde substance pure en traitant I'eponge par I'acide nitriijue. Cette seconde substance est sans couleur ; elle est soluble dans I'acide nitrique , ct se laisse precipiter pur I'eau. ET D-IIISTOIRE NATURELLE. 71 Parmentier et Deyeiix ont fait un grand travail sur le lait. lis ont proiive (jue dans une traite , la premiere contient beau- coup moins de creme que la seconde , et la seconde beaucoup jnoins que la troisieme. D E S ARTS. L'art de la teinture est un de ceux qui regoivent le plus de luniieres des sciences , et sur-tout de la cliiniie. Aussi les savans s'en occupent-ils beaucoup aujourd'hui. J. M. Haussmati a examine les effets que produisoient dans la teinture la dissolution d'etain et leurs oxides. « La variete et la solidite des couleurs , dit-il, dependent autant de la quantite d'oxygeiie combine avec ce metal , que des circons- tances oil cette combinaison a lieu. » La meilleure inaniere de faire ces dissolutions est de meler I'acide nitrique avec le sel commun , au muriate de soude , et d'y ajouter ensuite I'etain. C'est h. ce cliimiste que Ton doit la couleur connue sous le nora Ac prime- monsieur. II la faisoit en melant /jS livres de la dissolu- tion nitro-muriatlque d'etain, autant de muriate de soude et 96 livres de decoction de bois de campeche. 11 y treiiqjoit I'etoffe en remuant pendant quelques minutes , apres quoi il la lavoit et I'appretoit. Prenant , an lieu de bois de campeche ^ la cochenille ou le bois defcrnanbouc, on obiiendrade beaux rouges, ainsi qu'un beau jaune en eraployant le bois jaune. II laut , dans toutes ces operations empecher que I'oxide d'etain colore ne se precipite ; c'est ce qu'on fait en ajoutant du muriate de soude ou d'amnioniac , au melange de disso- lution d'etain avec les decoctions colorantes. Ces oxides d'etain paroissent agir par la portion d'oxigene qu'ils lournissent a la niatiere colorante. On connoit aujourd'hui toute I'iiilluence de I'oxygene sur les parties colorantes. Les etoftes treinpees dans le bain d'in- digo paroissent vertes au sortir de la cuve , et elles ne de- \iennent bleues f|ue par la combinaison dc I'oxygene de I'atmosphere. L'encre noircit a I'air par I'absorption de I'oxygene. L'auteur a beaucoup multlplie ces experiences en employant differens acides En voici une fort singuliere qu'il rapporte. « A l'occai>ion de ces experiences , j'en ai repete quelques- UDCS de Pelletier. J'ai ete frappe de I'odeur de phosphore 72 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE (lu'exhale le melange tl'iine once de dissoluiioti iiuuiafique d'etaiii en petit exces d'acidc; avec une denii once d'acide arsenic en liqueur. Ce melange, qui prend d'ahord ime cou- leur jaune transparente , re se trouble (jue peu-ii-peu , et ne repand I'odeur phospliorique que lorsqu'une grande parlie de I'oxide d'etaiu est precipitee. Cette odeur se passe petit jl-pctit pour faire place a cclle de I'hydrogeiie ; en echauHant ce me- lange sur un poele , il devient noir par la rciluction de I'ar- senic. Comme j'ai remarque constamment cette odeur, je serois tente de croire que I'hydrogene se combine par le melange de la dissolution mnriati(pie et de I'acide arsenique , au radical de I'acide niuriatique , pour former le [ihosplu^re dont I'odeur pent bien disparoitre par I'oxygene , que i'oxide d'arsenic lui cede lorsqu'il prend la forme metalli([ue. » Haussman a encore examine la nature de differens prnssiates, relativement a la teinture. Des oxides de mercure ou d'argent, souinis a Taction du prussiate de potasse ou de cliaux acidules par Tacide sulioriqne ou muriatiqvie , ont donne un beau bleu. L'acide arseni(|ue , dans les meines circonstances , donne egalement vni beau bleu. Des etoffes plongecs dans des disso- lutions de platine ou d'or , et ensuite exposees a Taction de la liqueur du prussiate de .potasse ou de chaux , acidules par I'acide sulfurique, donnent egalement un beau bleu. . . . Mais, dit Tauteur , il me paroit que la pliipart de ces bleus sont du prussiate de fer. Le meme cliiinlste a emjiloye la teiiiture de mars alkaline de Stalil daiis les teintures. II fait dissoudre le fer dans I'acide nitiique , et le precipite avec du carbonate de potasse. (.liaptal a examine en chimiste Tart du degraisseur , et il a lait voir qu'il exige les coanoissances les plus etendues en cliimie. II s'agit de connoitre non-seulemcnt les precedes d'en- lever les taclies , nials encore de ne pas alterer la conleur , et inSme de la raviver lorsqu'elle a ete alteree. II donne diffe- rens precedes pour les differentes taches. En voici un qui convicnt , dit-il , dans beaucoup de circonstances. On fait dissoudre du savon blanc dans del'alcoliol ; on mele cette dissolution avec quatre a six jaunes d'oeufs ; on y ajoute pcu-a-peu de Tessence de therebentine , et on y incorpore de la terre k fbulon ; de mani^re k en former des savonnettes d'une consistance convenable. Pour rendre le lustre que le lavage emporte toujours , on se sert d'unc brosse humectee d'une eau legerement gomaiee , E T D' H I S T O I R E N A T U R E L I, T. 73 gomniee, dont 011 a frotte I'etoife. Oa appiique eiisuite une feuille de panic r , un inorceau de diap, et in"i poiJs assez considerable , sous lecjuel on iaisse seclier I'etoffe. Beyer a perfectioiine son glass chord ou furte piano, qui, au lieu de cordes , a des bandes de verre j il en a etendu Je clavier k quatre octaves. Loinet a donne des moyens de faire de bons crayons , qui soient plus ou moins ferines , pins ou moins tendres. On preiul de la sanguine que Ton broie , et que Ton passe a travers un tamis bicn fin ; on la melange ensuite ou avec de la gomine, ou avcc de la colle de poisson , ou avec du savon blanc ; et suivaiit les proportions de ces differens melanges , on obtient des crayons tels qu'on les desire. Pajot-des-C.harmes est parvenu a souder des glaces qui ont ete brisees. II en rapproche bien toutes les parties , et les expose a un leu capable de les rarnollir, au jioint im'on pent les faire passer sous le cylindre, et les etendrc-. II fait dis])aro]tre par ce moyen les bouillons qu'elles peuvent contenir , et ii les decolore. I'ajjbroni a donne nn procede pour blancblr les estampes. II commence par les t'tendre sur un carreau de ', itre, entoure, sur les bords, de cire blanche k la hauteur de deux doigfs , pour former line espcce de bac ; il verse dans ce bac de I'nrine fraiche , ou de I'eau melee avec une portion de fiel de ba-id : les estampes demeurent dans ce bain irois ou quatre jours ; il ote cette liqueur , et y substitue de I'eau cliaude , qu'il renouvelle toutes les trois ou quatre boures, jusqu'i ce qu'elle sorte claire. Lorsque la matiere dont les estampes sont salies est resineuse, on les fait tremper dans un pen d'alcohol ;on en Iaisse ensuite egouter toute I'humidite. On couvre alors I'estampe d'acide mnriaque oxygene par le minium , de la maniere dont nous allons le dire. On met un autre carreau de vitre sur les bords de cire , pour que les vapeiirs de I'acide n'incommodent pas. Les estampes les plus jaunes reprennent leur blancheur en une ou deux heures. On lave alors les estampes differentes fois dans I'eau pure, et on les fait seclier au soleil. Clouet a donne un procede pour convertir le fer en acier fondu , semblable a. celui que fabriquentles Anglais. On sait que pour faire I'acier , on prend des petites barres de fer , qu'on jjiet dans un vase avec des matieres vegetales et animales. On tient le tout k un feu assez vif pendant un certain temps : le Tome FII. NIVOSE an 8. K . 74 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE ler se ramolit , et il se combine avec lui une portion de cUarbon que Ton suppose etre o,20i3 de son poids. Un trente- deuxieme de charbon , dit Clouet , suffit pour i-endre le f'er acier. Un sisi^me du 'poids da fer , donne un acier phis fusible et encore plus malleable ; passe ce terme , il se rapproclie de la fonte, el n'a plus assez de tenacite. Enauginen- taiit encore la dose de charbon, on augmente la tusibllite , et il passe enfin a I'etat de fonte grise. Le fer fondu avec du verre , donne une substance qui a le grain de I'acier. II est doux il la lime. Cliauffe seulement an ronge-cerise , il se divise sous le marteau. li coule dans Tine lingotiere ; maisil n'a pas de durete , quoique trempe. Le charbon ajoute au verre depuis un trentieme jus(pi'a un vingtieme , change les resultats , et donne une substance qui a routes les proprietes de I'acier fbndu. On peut encore i'aire cet acier d'une autre maniere. Oil prend six parties de fer donx , tel que des ro2,nures de clous de ina- rechal. On les met dans un creusct avec deux parties de marbre blano, et deux d'argile, ct on chautfe fortement. On obtient un acier sendjlable a I'acier fondu. On suppose que I'acide carbon ique du marbre , se de- compose , et fournit au fer assez de charbon pour le convertir en acier. Voici le tableau des combinaisons du charbon avec le fer. Oxide de fer et charbon donnent du fer doux. Plus de charbon acier. Plus de charbon fonte blanche. Plus de charbon ..... fonte grise. SI on laisse tomber une goutte d'acide sur de I'acier , il detneure une tache noire , laquelle est due k la portion de- eharbon , qui n'est point attaijuee par I'acide. L'acide, au contraire , ne laisse point de trace sur le fer , qui en est entierement dissous. Vauquelin a exaiitine avec sa sagacite ordinaire I'art de la poterie. Quatre choses , dit-il , influent sur sa qualite ; i". la nature et la composition de la matiere ; 2°. la preparation qu'on lui fait subir 5 3°. les dimensions qu'on donne aux vases; 4*. la cuisson. Les matleres dont sont composees les poteries , sont la silice ,. I'alumine , la chaux et les oxides de fer. La silice fait a-pen-pr^s les deux tiers de la phipart des poteries, depuis 0.66 jusqu'a. 0.80. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 73 L'aluinlne en fait (lepiiis 0.20 jusqu'a. 0.33. La chaiix depuis o,o5 jusqu'a 0.20. Le f'er depuis 0.12 jusqu'a. o.i5. La silice doniie la durete , riiitusihilite , I'inalterabilite. L'alumine donne le liant , la Jacilite de la petrir et de la uiouler. La chaux ne paroit pas utile. Si elle est en trop grande quan- tite , elle rend la matiere trop fusible. L'oxide de fer colore en trop grande quantite 5 il donne trop de fusibilite. Je crois que Wedgwood ajoutoit ^ quclques-unes de ces pote- ries, de l'oxide de manganese. Le melanoe de ces terros doit varier suivant Tusage qu'ou destine a Ja potene. La forme des vases doit etre appropriee a I'usage. La cuisson , la couverte ou vernis , varient egalement. Vauquelin donne ensuite I'analyse des differentes terras employees le plus connnunement. La terre des creusets de Hesse contient : silice 69 ; alu- mine , 21. 5; cliaux , 1 ; oxide de fer, 8. L'argile de Ureux contient : silice , 43-5 ; alumine, 33.2 ; cliaux , 3.5 ; oxide de fer , 1 ; eau , 18. L'argile du pyrometre de Wedeg\TOod, contient : silice, 64.2; alumine, aS ; cliaux, 6; oxide de fer, 0,3 ; eau, 6.2. L'argile des capsules de porcelaine contient : silice , 61 ; alumine , 28 ; chaux , 6 ; oxide de fer, o.5. Le kaolin brut , sur 104 parties , contient : silice 74 ; alu- mine , 16.5 ; chaux, 2; eau, 7. Cent parties de cette terre, traitees par l^'acide sulfurique, ont donne 8 d'alun. Le kaolin lave contient : silice, 55 ; alumine , 27 ; chaux, a ; fer, 0.5 ; eau , 14. Ce kaolin traltepar I'acide sulfurique , donne 0.45 o.5o d''alun. Petunze contient : silice, j^; alumine, 1^-5 ; chaux, 5.5; perte, 6. Cent parties de cette substance, traitees par I'acide sulfurique , ont donne 7^8 parties d'alun. Porcelaine des creusets, contient : silice 64, alumine, 28.8 j chaux, 4-55; fer, o.5o ; perte, 2.77. Traitee par I'acide sul- furique , elle n'a point donne d'alun. K OBSERVATIONS MliTJ^OROLOGlQUES, FAITES TAU SOU YARD, astronoine. T II E R M O ai E T R E. Maximum. Minimum. .iMidj. Maximum a mldi a 2 ''s. a 2^ s. a 2| s. < a niidi fi a 3 s. 7 a 3 s 8 a 2 J s. 9 1 3 s. 10 i 2 i s. 1 1 a niidi 1.2 a 3 is. l.-> a 8 111. i4 i mlfli i5 a 8 m iG a 2 is. 17 a mi(31 iH a midl 1.9 a 2 s. 20 a 2 s. 21 a 2 ^ m. 22 32 i s. 23 a 2 is. 2i hSU. 23 1 s. 26 i 3 j s. 27 a 3 is. 28 i 2 s 2q 1 3 s. 00 a OS. — + 2,5]a7 '■i m 4- 2,.6 a 8 III. -j- 2,2 a 7 ■] m. + 7)'|a 73 m' + 7,8. a 77 m. + ,^5 + 2,2 4-2,1 + 3,1 + 5,0 + 7.7 + 7A + 2,'i + 4.2 + 1,3 '+ 3,2 + S,5I.-i 8 4- 7;iKi 8 ra. + 1,0 a 8 in. 4- 2,0 a 8 m. 4- 1,1 i 7 -; 111. 4- 0,9 a 8 in. 4- 0,9 a 8 111. 4- ii9 a 8 ni. 4- 0,5 L-i 8 ni. — 1,8 i 8 m. — 2,1 i 8 m -^ 3,9'a 8 ni. — 4.0'd 8 in. " 7 a 7 1 m. — o,S 4- 2, .5 + 2>0 4- 2,ti 1,0+ 1,5 a 7 J m. a 7 J m. 37-] ra. a 7 5 m. a 7 7 m. a 7 i m. a 8 m. a inidi a 8 in, a 2 f s. a 7 i m. m. 4- 1,5,4- + ;S2i4- + 2,3;4- + 0,2|4- 6,7 5,i 2,1 — 2,1 4- o,J — Vl+.2,l + 0,'i --}- .1,.^ + 'V2 4- 7.7 + 4,8 4- G.3 + 1,7'+ 1-7 + 2,z;-(-. 4.2 4-0,4)4- 0,7 + 2,-»|+ 2,0 + 2,3;4- 3,2 + ^,'''j+ 7.' ' + I,0|+ 1,7 1,0 — 2,5: — 0,0 — 0,8 — 0,0 — 2,0 — 1,9 — 2,6 4- 0,5 — 4,8 — 2,1 — 3,0 — 2,5 — 7,0|— 4,3 — G,3 — 5.0 — 9,6.— C,3 B A R O M E T R E. Mini m v u. ( aMidi.I !■ 1 i m. 0,4:4- o,- a a 8 a 7 3 2 ^ S. . a 3 's . a midi. . . a 5 s. . a midi . . a 7 J m- • " 7 X ".■'• • a niidi. . a midi. . . a 3 in. . a 2 s. . > 3 .■;. . a 7 \ in. . a « ' a 2 ; a 2 s. a 2 s. a 3 s. a iriidi.. a 8 ni. , a 8 in, . a 8 m. , a midi. . a 3i s. ,a 8 ' ni. . ti 2 S. . a 7 3 m. . 28 28. 28. 27. 28. 2,5 2,3 0,5 11, a 0/1 28. 0.5 18. 1,7 28. 1,6 27.11,3 m. , s 7.6 5,. 7 .5,6 4,8 ,5 1 1,0 ,10,8 -7.8 9.9 10,3 27'i,-9 27.11,8 27.10/) 27. 8,5 27. G,5 27. 5,7 iij. 6,3 27.'o,7 27.11,1 27.11,3 27. .27. 27 27. 27. 27 27 27. 27. 27. 27. a 2 I' J s. 3 2 6. a 3 s. a 7 J ni a 7 inir a 7 2 m. a 8 m. , a 3 s. a 3 s. d 2 7^ S. . a 5 is. . a 8 m. , a 8 m. . a 3 m. a 8 ni. . 28. 2,2 28. 1,8 28. 0,1 27.10,8 28. 0,3 28. 0,4 28. 1,3 28. 1,4 27.10,4 27. 6,0 27. 5,5 2is 2 5,6 4,5 6,7 27.10,6 27.10,1 27. 27. 27. a a a n8 a8 a 7i a 2 -- a zi a 3i a5 a 8 a 8 a4 :i8 a3 JS.. ■ • 27 7.3 m. . . . 27 7,7 m. . • • 27 9,2 m. . -• 27 9,y m. . •• 27 11,4 ,s.. . 2" ,1,6 s. . . • 27. 10,1 s. . ■ 27 7,9 .£. . . 27. b,o m. . . 27. 5,4 m. . • 27. 5,8 s. . . 27. 10,4 m. . . 27. 11,9 s. . • 27. '0,9 28. 2,4 28. 2,2 28. 0,3 27.11,1 27. o,** 2«. 0,5 28. 1,7 28. 1,6; 27.11.2 27. 6,8' 27- 3,7! 27. 3,6; 27- 4,8 27- 7. 27.10,8, 27.10,4; 27- 7,5 27. 8,a 27- 9-i)! 27.10,1! 2 7->»-8, 27.11,8' 27.10,3 27. 8,1' 27- 6,3 27- 5,7 27- 5,9' 27.10,4 27.11,0 27.10,61 RECAPITULATION, Plus grinde ^levntion du mercure. . . 28. a„5i Ic premier. Moindre elevalion du mercurt;. . . . 27. 3,5o le 4 £l(';v3liou moj-cnne 27. 9,01 Pin,'-: grand de,T;rc de chnlciir 4- 77 1« 11 Moiudr'e d.'gfe dc chRlfur — g,6 Ic So Chaleur inoycimo — 1,0 Nonibre de j,;nin; ijesu.x q du convert 18 de pluie 3 ta'aii'aofaai3..ii!2ssK!KTsoaaaBas<,jD6:«KriaiBCnjcnBSBBiBs«3ass,»aii:^tfL^^ i.s2tijaa aa>»BnKwv3BL-l, A L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, Frimaire an riii. Hyg. Vents. I 72,5 2 7'J.o J 79.0 ■i 82,0 5 85,0 6 79.5 7 78,0 8 78,0 9 IIP 10 82,5 11 84,o 12 100,0 1 3 9K,o '4 8fi,o i5 9')° i6 g3,o '7 9^,0 )8 9",o '9 90,0 lO 90,0 21 88,5 22 87,0 2.T 88,5 24 83,o 25 79.5 26 76,0 27 7«,o 28 70,0 29 52,0 00 48,0 N-E. N-E. S-E. S-E. Cilme. Esl. Calme. Sud. N. E-S-E. S-E. Calme. Calme. Calme. N. Calme. E. E-S-E. S-E. Calme. Calme. Calme. Calme. Caline. N-E. N-E. N. N. N-E. KE. POINTS LLNAIRES. E<|uin descend. I.iine pfiigeo, Nouv. Luiit. Pjem. Quart. Efjuin. asceud Lune apogee. Dern. Quart. Erjuia. descend. VARI.ATIONS DE LATM06PHERE. Nuageux el brouillard ; givre le matin, couvert le soir. Ciel couvert. Couverl ; brouillard. Couvert par intcn'allea. Couvert ; brouillard. Brouillard tipais le matin ; beau par intervalles. Ciel trouble ct nuageux ; brouillard le matin. Beau temps; givrc ; brouillard considerable. Quelques nuages ; brouillard. Couvert et brouillard; petite pluiea 6 heures du Soir. Ciel couvert ; pluie abondante le soir. Ciel couvert et brouillard. Idem. Brouillard epals et tres-iumide. Idem . Couvert et brouillard ; pluie le soir. Qaelcjues eclaircis. Qiiclques nuages. Ciel a demi-couvert. Gclee blanche et ciel couvert ; brouillarr' Beau ciel ; brouillard considerable. Idem ; gjvre Ciel couvert. Ciel couvert ; brouillard Nuages et brouillard. Ciel trouble et nuageUx; bro-dlard. Ciel couvert ; brouillard. . Ciel en partie couvert ; "eigc. Couvert par inlervalle" Quclqaee nuages; c-' trouble. R E C A P I T U L A :- I O N. de vent ic de gelee 1-* de lonnerre ° de brouillard ^^ de neige • ' Le vent a souffle du N • • * f"'^- N-E ■ -^ E ■ • • 2 S-E • ■ • • 7 S • • • ■ o SO ■ • ° O . . . . o K-O o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE NOUVELLES LITTERAIRES. Icones et descriptioncs f/ingornni minus cognitorum. Figures et descriptions de champignons peu connus , avec sept plan- ches coloriees , par PuRSOo?. ; a Gottingue cliez Brutkotf; 1800. Persoon , botaniste connu par scs hautes connoissances dans la cryptogamie , vlent de coinincncer vm nouvel ouvrage sur les cliampignons ; la preiniore livraison offVe des representations fideles d'une certaine grandeur peu connue , avec les descrip- tions complettes a chacune, auxquelles sent jointes des obser- Tations relatives ti des individus analogues. L'utillte des figures qui representent ce que nous appelons des pi antes par faites , etant incontestable , il est inutile de deaion- trer conibien il est avantageiix de se scrvir de ce nioyen pour nous mener k la connoissance exacte des champignons. II suffit de considercr particulierement que la noinbreuse fa- nui!e des champignons leuilletes , est d'une substance qui ne leur oermet que peu cle duree , et que , jusqu ici on nest pas _encor(. parvenu a les consei ver de maniere a les bion recon- noitre; d'un autre cote, il y en a de si petits , qu'on ne peut les voir q.'a I'aide du microscope. Ces figures , outre le plaisir qu'elles pi"0>iirent aux amateurs et aux connoisseurs de tons les genres , tant \fyc leurs formes , et specialement par leurs cou- leurs, peuvent tr^core servir d'herbier aitificiel, en remplace- ment d'herbier nat.rel , auqnel il est impossible de parvenir. Synopsis fun gorum ; a'^rege concernant les cliampignons , par , Persoon; a Gottingue, c'^ez ERUTKorF , 1800. Get abrege traite de tous les champignons : Persoon , pour s'assurer par lui-meme de h realite de quelques-uns de ces vegetaux decrits par divers autLurs , comma etant nouvellement decouverts , et pour en constattr la synonimie , prie les bota- nistes qui les ont fait connoitre , de les lui communiquer , ne seroit-ce que pour les inspecter. D'autres botanophiles qui en auioient decouvert ou qui se- roicnt dans le doute sur leurs classifications , sont egalement invites a les lui faire passer , commeolusieurs I'ont deja fait ; in- dependamment qu'il satisfera de son -nieux aux eclaircissemens ET D'HISTOIRE NATURELLE. 79 demandes , il promet en outre de les inserer avec le nom de ceux qui les auroiit trouvcs , dans ce synopsis. London Flora /"a^^/ca ; Flore champetre de Londrcs, conte- nant les figures exactes des plantes , soit utiles, soit nuisibles qu'il faut connoitre dans I'economie rurale , gravees et dessinees par Frederic Nodder , et enluminees sous ses yeux , avec les caracteres scientillques , les descriptions triviales et des obser- vations utiles, par Thomas Martin , 4 volumes in- 8°. L'objet de cette Flore est de faciliter a I'agriculteur les con- Hoissances botaniques necessaires a la synoniinie latine et an- glaise de chaque plante, suivant I'ordre , la classe , les carac- teres generiqties et specifiques en anglais , la plupart du temps d'apres Linneus ; il est ensuite question des ouvrages auxquels on peut avoir recours. Tout ce qui a paru de cette Flore forme 48 cahiers , reunis en quatre volumes, et presente les figures avec les descriptions de i44 plantes. Ce recueil dispendieux n'est pas fini. 8o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE TABLE DES ARTICLES CONTENUS DANS CE CAHIER. M AT H :gM ATIQU ES. P^^g- ^ Astronomie. 4 Fluide Lumineux . 8 PhysiquiJ. lo Air atniospherique i5 Metereologie, \S Gahaiiisme. 18 Zoolo>^ie. 21 Anatomie des animaux, aa Physiologie anbnale. aS Botanique. 27 Thysiologie vegitale. 28 Mindralogie. 33 Cristallograplile. 4^ Volcans. 4^ Fossiles. 4^ GSologie. 46 Ch'imie des m'lneraux. 5z Cli'imie des vi^gctaux. 65 Chimie des aiiiniaux . 67 Z)e5 arij. 71 Observations mctereologlques. 'j6 et 77 Houvelles Utteraires. 78 JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C H I M I E ET D'HISTOIRE NATURELLE. F L U V 1 O S E A K '6. SUR LES OSSEMENS T>E QUADRUPEDES, T ROUTES SUK I.ES CISIES LES PLUS KLEVEES DES PYP.,ENi.ES; Tar Philippe Picot-Lapeyrouse , de I'institut national , iiis- pecteur des mines de la republique . Saussure et Dolomien ont ol)serve des couches calcaires-co- quillieres sur les plus hautes Alpes , et Dolomien en a conclu (jue posterieurement au redresseraent des couches primitives , les Alpes ont ete recouvertes par un manteau calcaire que des accidens inconnus ont dechire ensuite , et dont nous ne retrou- vons aujonrd'hui que des laniheaux. Cette belle observation s'applique auissi aux Pyrenees , et vraisemblabletnent a toutes les grandes chaines de montagnes. A-peu-pres dans le meme temps novis reconnoissions au JMont- Ferdu , cc que la partie la plus centrale , la phis elevee des Pyrenees, est d'une formation secondaire ; qn'elle est visible- ment I'ouvrage des eaux de la mer : qu'elle a accuniule ces masses enormes k une epoque ou diverses families d'aniraaux vivoient dans son sein ; a une epoque encore ou des contineiis etoient liabites par de grands quadnipedes (i). " (i) Voyage au Mont-Perdu. Joufn. des Mines, i5 fructidor an 5. Tome FII. PLUVIOSE an 8. L 8a JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE La (inantite prodigieuse de corps inarins fjii'on trouve sur les plus naiUes somrnites , dans tonte I'eteridue du systeine des laontagnes dont le Mont-Ferdu est le centre , a 341 1,64 metres (i,75i toises) au-dcssus du niveau de la rner , jirouve la pre- miere de CCS dcnx veritiis geologi(|ues ; la seconde est demon- tree par les grands fragmens d'osseniens petrifies de quadrupedes que iron fils , et Frizac, mon disciple, prof'esseur d'liistoire iiaturel'.e i recolc centrale du Tarn, ont recueillis dans les memes lieux, pele-mule , avec des coquilles et des polypiers j j'en ai vu aussi de tres-grands an port de P'ln^de. Mais si tout le monde rcconnoit des coquilles an premier aspect; si les natnralistes les moins exerces ne sauroient hesiter a la simple vue du plus grand nombre de madrepores petrifies , il n'en est pas de meine des fraguiens d'ossemens de quadrupedes. Les notions d'anatomie comparce , necessaires pour prononcer avec certitude sur cette question , ne sont pas aussi generale- ment familieres aux personnes qui s'occupent d'histoire natu- relle; j'enai rencontre plusieurs qui , recouimandables d'ailleurs par leurs connoissances , ont maiiie ces ossemens sans distin- guer leur origine et leur nature ; d'autres ont soutenu que ce u'etoit que des tiges mutllees de giands madrepores arbores- cens. Afin de convaincre les plus incredules , et de mettre hors de toute atteinte un fait aussi important par les consequences qu'on doit necessairement en deduire , j\ai fait peindre j'lar mon fils deux de ces fragmens d'ossemens ; ils offrent des caract^res si scnslbles ; ils conservent encore si parfaitement leur forme essen- tielle, qu'il ne restera plus de ressource aux plus difficiles, pour elever le moindre doute sur leur organisation primitive. Nous n'avons point rencontre sur les bases du sommet du Mont Verda des ossemens entiers. Ce ne sont pour la plupart q le des fiagmens plus ou moins consideral)les d'os cylindriques. 11 est d'autant plus impossiijle de determiner avec quelquevrai- senib'ance I'espece a laquelle ils ont appartenu , qu'il est souvent d'flicile a cause du defaut des extremites, de les rappnrter ^ la plane qu'ils occupoient dans le corps de I'animal. Mais il est facile , avec un peu d'attentlon et uu pen d'habitude de I'ana- tomle , de ne pas les confondre avec des tiges de polypiers. Leur coupe presente si bien d'ailleurs les parois osseuses ; les deux lignes paralleles de leur epaisseur sont si fortement tracees ; leur substance spongieuse est rcstee si intacte ; leurs cavltes sont si biun conservees , qu'il faut etre decide a fermer les yeux a I'evi- ET D'HISTOIRE NATIJRELLE. 85 dence pour refuser de les rtconnoitre. On ne doit pas d'ailleurs se meprendre sur notre dessein ; nous voulons constater uri fait precieux de geologie, et non pas resoudre un prohleme d'ana- tomie coinparee. 11 nous suffit de prouver , et de mettre liors de doute qu'on trouve au Mont-Perdu des ossemens de quadrnp^- des nieles avec des corps marins , les uns et les autres petrifies. QiieUjuefois la cavite meduUaire est entierement libra, sou- Tent elle est reniplle j)ar !a picrrc calcoargileuse micacee, qui constitue les couches de ces ininienses depots secondaires dans lesquelles les ossemens et les corps marins sont encastres. Mais elle se distingue toujours au premier coup-d'ceil, par le seul contraste des caractcres cxterieurs de ses parois. Eneffet, le tissu osseux est toujours plus ou moins converti en silex souvent resinifonne, mordant I'acier , scintillant au briquet avec cette odeur qui lui est propre , se refusant au plus leger signe d'ef- fervescence. Ces ossemens presentent une singularile trop digne de remar- que pour que je puisse I'omettre , quoiqu'elle jne paroisse inex- plicable, Presque tons les fragmens out leurs coupes lisses et point baveuses ; leurs surfaces portent des coclies nettes et pro- fondes , comme si un instrument tranchant, dirige avec, force en eiit eiileve une portion lorsque I'animal jouissoit de la vie. Passons a I'explication des figures qui representent deux frag- mens d'osseraens. Les FIG. 1 et 2; pi. i, representent un fragment d'os cylindrique ; je juge que c'etoit la parlie superieure d'un femur. Sa tete A a ele tronquee ainsi que les trochanters B. La cavite medullaire est parfaiteraent libre dans toute la longueur de I'os; elle se contourne meme un peu du cote de la tete A qui a ete tron- quee. L''animal auqucd ce femur a appartenupouvoit elrea-peu- pres de la grandeur d'un bonquetin. Fig. ?>. C'est un fragment d'une verteljre dorsale ou lombaire. 11 n'est pas possible de la definir exactcment a cause de la tron- cature de ses differentes apophyses. Le corps ^>^J» vertebra est integre, parfaitement arrrondi, et il conserve enrore sa texure osseuse. L'une des apophyses transverses est tronquee a sa base A tandis que I'autre qiii est aussi tronquee, fait une saillie de quinze a seize niillimetres en B. La parlie inferieure ou le plan- cher de la cavite medullaire (^ est bien prouoncee dans toute la longiieur du corps de la vertebre. Elle a ete niise a decouvert par la troncature de la voiite, qui manf[ne en entier ainsi que I'apophyse epineuse.... Je possede plusleurs autres fragmens L 2 84 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE de vertebres de la nieine grandeur, mais moins bieii conserves que celui-ci. On pent estimer que la taille de I'aniinal de la siatvire duqnel cctte vertebre a fait partie , egaloit a peu-pres celle d'un i'ort baudet. Je pourrois ajouter plusienrs aulres fragmens d'os cylindrl- ques plus petits et qu'oii ne peut rapporter qu'a des femurs ou a des humerus ; la partie sujierieure d'un grand os long dont les condyles sont tronques ; d'aufres qui figurent tres-bien les OS du carpe ou du tarse , etc., etc. , etc. Si I'abord du j)Tont~ Terdu etoit moins difficile, on parviendroit , je n'en doute pas, j)ar des reclierclies suivies, a y recueillir des morceaux d'un grand interet. Ceux qiie je viens de decrire sufiisent pour rem- plir le but que je m'etois propose. DESCRIPTION DE L'HYDROPHOBIE ET DE LA RAGE CONFIRMEE, Suivies par B. G. Sagt, directeur dela premiere ecole des mines. De tous les faits dont j'al ete temoin, et de ceux qulm'ont ete rapportes , aucuns ne sont plus positifs , plus memorables que les suivans. Les citoyens Hadoux et Vallon , officiers de sante de I'hospice de Blois en ont ete tt'moins ; ce dernier a donne , pendant plus de deux mois , des soins a la raalheureuse dont on va lire I'liistoire. Le 11 Janvier 1796, un chien enrage s'etoit retire sous le hangar d'une maison du hameau de Villeberlbl pres Blois. Une fiUe agee de 24 ans etoit allee , vers les sept heures du matin , pour prend:yL^||^ois ; le chien se jetta sur elle , la terrassa et la mordit en'^eux endroits , au gras de la jambe dont il em- poitagros comnie un ceiif des muscles j cette jambe off roit quatre oies. J en nstuer une qui avoit ere morclue a 1 aiie : apr pluinee on trouva cette aile trois lois plus grosse que I'autre ; il en sortit de la serosue. Un chien de berger se jetta sur le chien enrage qui le raordit ET D'HISTOIRE NATURELLE. 85 a la levre infcrieure (i). Le berger etonne du bruit , sort de son lit , ouyre sa porte et est aussitot assailli par le chlen enrage qrii le mord au nez et dechire tine partle de sa narine droite. Ce jeune homme repousse ce chien du bras gauche et en est inordu vers le milieu; le berger tombe, le chien se jette sur sa jambe gauche et la mord en deux endroits. Ces evenemens se passoient dans la ferme que j'habitois ; on vInt me chercher ; je lavai les plaies du berger ; jc rapprochai le morceau de la narine par ua bandage , et lui fis avaler quinze goutes d'alkali volatil fluor dans un deini-verre d'eau. Je mis ensiiite sur les plaies des compresses d'eau alkalisee. Le soir je levai les appareils; le gonfleiuent de la plaie du bras etoit en partie passe. Une hemoragie surveniie h. la plaie du nez du berger , et les plaies effrayantes des morsures de la fille me determinerent a envoyer un expres au departeraent de Blois pour I'lnformp'r de ce terrible accident, et lui demander le secours d'homjnes eclai- res ; les citoyens Hadoux et Vallon furent choisis et apporterent les reinedes qu'ils croyoient convenables. Malgr^ un tampon qu'on introduisit dans le r.ez du berger, riiemoragle dura pres de trente-six heures; pendant toutce temps on fit prendre au berger de I'eau acidulee de Rabel ; on lui appliquoit des serviettes imbibees d'eau froide sur la tete et sur la nuque du col. On verra par la suite que I'acide qu'on employa rendit nul I'effet de I'alkali volatil doiit le berger ne fit usage que pendant trois jours. Le malheur voulut qu'il se retirdt chez ses parens, ou malgre la fievre , il ne vecut que de laic caille ; cependant ses plaies se cicatriserent , et au bout de quinze jours le berger revint gar- der ses moutons, ne se plaignant de rien , pas meme des peurs et des sursauts qu'il eprou\oit le jour et la nuit. Quarante-clnq jours apres avoir ete mordu , ce berger f'ut attaque d'hydrophobie sans ({ue ses plaies se rouvrissent. ( I ) J'engageai ce fermier a faire tuer ce chien; il se contenta de le mellre a part, et de lui faire prendre peadint Irois jours une omclstte renommee. Au bout de qninze jours le chien grognoit au lieu d'aboyer ; deux jours apres on s'apper- cut qu'd ecumoit; soncrietoit lamenlable; il rejettoit le manger ; ces syinp tomes precurseurs de I'acces delerminerent a faire luer ce chien. 86 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Le 24 fievrier au soir , en revenaut des champs il se plaignit et cTit qu'il croyoit avoir la fievre; il I'avoit en effet; cependant il mangea un pen de sonpe : la nuit son soiniueil f'ut trcs agite. Le lendemain k onze heures dii matin il in'envoya cliercher et me dit, en me montrant une sonpe epaisse qu'il avoit devant lui : I'eau me repugne. Cependant je fis apporter un deiniverre d'eau dans lequel je mis vingt-quatre gouttes d'alkali yolatil fluor. Je lui presentai le gobelet qu'il prit en fremissant. Son bras se roidit, et tout en disant je ne saurois Loire, il fit effort et avala avec beaucoupde peine en trols fois I'eau alkalisee qui le calma. Une demi-heure apr^s je r^iterai la dose ; I'horreur de I'eau etoit plus forte ; il fit les plus grands efforts pour parveiiir k I'avaler. Ce gar^on plein de courage disoit : je sens ma fin, qu'on ii.'ait pas peur; je reinercie des soins qu'on veut bleu prendre de moi : j'espere surmonter le mal. La seconde dose d'alkali volatil produisit encore un effet sen- sible. Sa peau qui etoit seche , brulante , devint moete. On ne pouvoit approclier la main de la tete du berger sahs lui faire eprouver une vive terreur , qu'il rcsseutoit lors mSrae qu'il elevoit ses mains. A trois heures je lui presentai un peu de bouillon, mais il ne put parvenir a le porter a sa bouche; il pria qu'on n'employ^t ancun moyen pour L'y contraindre, disant que son nez , sa gorge , sa poitrine et son estomac ne pouvoient rien supporter ; ses yeux etoieht hagards ; mais sa ralson n'etoit pas encore troublee. Ce berger partit eprouver* un relaclicment pendant la nuit ; il alia abondamment sous lui, et rendit des matieres vertes. Le matin du 2,6 le berger etoii. pale et foible, cependant il se leva pourse changer, passasa chemise par-dessous ses pieds, de peur de s'effrayer en la passant par-dessus sa tete ; a onze heures du matin I'oeil droit du jeune homme sembia s'eteindre , il de- manda un gobelet pour essayer de boire , mais sa vue le saisit d'horreur, il ne put I'approcher de ses levres ; il rejetla tout ce qui le couvroit , disant qu'il ne pouvoit le supporter. Peu apr^s il dit, je voudrois boire , mais je ne puis supporter I'aspect de I'eau ; qu'on me mette du lait dans une assieite et un chiffon trempe dedans , je le succerai sans voir I'assiette ni le lait , ce qu'il tenta , uiais le fluide approchant de ses levres excita le grincement de dents et des convulsions. L'instant d'apres ilde- manda un chalumeau de paille afin d'aspirer le lait, mais ce fut ETD'HISTOIRENATURELLE. 87 sanssucc^s; dos que lefluide frappoitsa langue , il tomboitdaiis des convulsions epouvantaljles. S'appiochoit-on de lui il etendoit son bras et disoit , ecartez- voiis; parlez has, vous m'elfrayez; aussitut lehoquet le prenoit, il etoit siiivi de soubresaiits : il secrioit , ce hoquet va me laire perir ; je ne puis respirer ; je n'aurai pas la force de les sup- porter : j'ai un poids enortne sur restomac. La fievre ne se ma- iiit'estoit pas sensibletnent. Vers les cinq lieures de ce niSme jour la tete se prit, le berger delira. A six lieures il entra dans une agitation effrayante ; il tenta des'echapper. Des dragees qu'il avoit demandees quelques minutes avant, et qu'il avoit inangees avec une espece de fureur, me flrent craindre I'acces de rage, c'est pourquoi je le fis lier aux qiiatre coins de son lit avec des doubles cordes. 11 etoit re- tenu par le milieu du corps a I'aide d'un drap ploye en quatre et fixe sous le lit par des cordes ; ses bras etoient lies de ma- niere que ses mains pouvoient s'approcher sans se toucIier.Pour parveiiir a le lier, trois hommes forts lui jeterent un lit de plume sur le corps ; on se saisit en meme temps de ses bras et de ses jambes , il fit un violent effort pour se debarrasser , vomit une maliere rougeatre et fetide ; peu apres il urina : I'eau qui s'^chappoit de lui le penetra de frayeur et le fit tomber dans des convulsions terribles. Jusques-la le berger n'avolt ejjrouve que de I'liydrophobie , un delire intermittent et convulsif avec soubresauts et hoquetsj dans les intcrvalles il jouissoit de toute sa raison , mais il la perdit a. dix heures du soir ou il commenca k parler avec une ■vivacite extreme : de demi-quart-d'heure en demi-quart d'heure ses sonsouplutot ses cris etoient aigns, prolonges, lamentables; il se debattoit violeinment , eriiicoit des dents et s'appaisoit. Quand il ne parloit pas il mordoit une cuillere de bois qu'on lui avoit laissee , et frappoit h. grands coups la miiraille avec une de ses mains qui etoit liee lachement; puis il s'agitoit avec vio- lence , parloit avec vivacite et fureur ; pendant tout ce temps il avoit sur les levres gros comme une noix d'une ecume rousseatre qui etoit repoussee par d'autres ecumes melees de sang. Ce malheureux expira a quatre heures du matin, apres avoir reste six heures dans ce terrible acces ; je visitai son cadavre et ne tiouvai rien d'ex^raordinaire k sa surface. L'hydrophobie ou liorreur de I'eau dura trente-cinq heures ; pendant tout- ce tenis le berger eut le rire sardonique, peu de delire, des lioquets avec soubresauts j il ne pouvoit entendre 88 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIMMIE parler liaut ni souffrir qu'on I'approchat , parce qu'on ref'friyolt. Lorsque I'acc^s de la rage se inanifesta, le Jioquet cessa , le de- lire lie qiiitta plus le malade ; il voulolt qu'on lui parlat liaut et qu'on s'approcliSc. II resulte de ces oliservatlons que des que rhydrophobie s'est juanifestee il est impossible de faire passer aucun remede , que I'alkali lui-in8iiie est impuissant , tandis qu'il previent les acci- dens lorsqti'il est pris k temps et que son elfet n'cst pas contrarie. La Idle de Villeberfol qui a ete si cruelleraent decliiree a la jambe une demi-heure avant le berger , en est une nouvelle preuve ; mais elle fit uii usage quotidieri de I'alkali volatjl. Ses pl^^es fiirent pansees suivaiit Tart k I'liospice de Blois. Au bout dg deux mois elle s'est trouvee en etat de reprendre ses rusti(]ii(?f et penibles travaux : elle etoit enceinte de quatre mois; elle a accouche a terme d'un enfant bien portaiit. On pourroit pcut-iStre alleguer que la longue suppuration de la plaie a concouru k la cure de la rage, mais je puis assurer, et les ofliclers de santg de Blois precites I'ont vu , que plusleurs personnes raordijies par des chiens enrages, n'ont eprouve aucun accident en f'aisaii-t usage de I'alkali volatil fluor ; leurs plaies furent traitees avec des compresses d'eau alkalisee , et se cicatriserent sans suppurcr. L E T T R E D E P. B E R T RA N D A G. A. D E L U C. En lisant I'interessant m^moire que yous venez de fournir au Journal de Physique (brumaire an 8), je me suis particulierc- nient attache k vos oljservations et reflexions judicieuses sur I'act'on des eaux courantes , sur les eflets ou la part qu'on leur attribue communeinent dans la formation originelle des gorges et vallees , ainsi que dans la degradation ulterieure de leurs faces ou escarpemens. Cette question est si importante', et les premiers regards que voUs y jetez confirment ou justiiient si bien la maniere pluseten- due dont je I'ai deja traitee moi-meme , que je tiens pour essen- tiel de rapproclier ici mcs idees des votrcs, de les combiner et de nous consulter mutuellement pour, en partant des points deja ET D'lIISTOIRE NATURELLE. Sg deja convenus, arriver ensemble jusqu'a celui d'ou pourra jalllir la lumiere (jn'()U chcrche depiiis si longtemps. Des 7S2, dans tin Essai sur la theorie de la terre , qui est reste presqu'incoiinu , j'avois deja adresse a M. de Saiissure las iiieines objections, les memes raisonnemens par lesqnels vous combattez aussi son opinion d'un pretendu sillonnement dont les eaux courantes nous auroient laisse des marques , encore \isibles , sur quantite de roclies, montagnes et escarperaens qui sont aujourd'luii a sec ct m^ine tres-eleves. II es( done aussi evident a vos yeux qu'aux miens , que Jusqu'a present nos plus habiles geologues sont restes dans I'erreur a ce sujet , et que, comme je le disois , on ne doit voir dans la face de cos escarpemens, que celle d'une vieille muraille dont les assises , soit en bri(pies , soit en pierres , mais de qualites fort dii'ferentes , out ete plus on moins et differemnient rongees , ex- cavees et nierae detruites par les vents, les pluies, les gels, de- gels et autres meteores. Car surement vous ne tenez pas beaucoup k la seconde explication par laquelle vous supposez que cette lace etant I'eftet d'une rupture du haut au bas de la montagne., c'est la partie affaiss^e , ecroulee , etc. , qui en se separant de celle-ci , en a arrache et emporte avec elle les portions qui sem- blent aujourd'liui y faire defaut ou excavation : il est cependant vrai qu'en tout cela il n'y a rien qui ne soit arrive tres-ancien- nement et nieme de nos jours ; mais vous sentez bien qu'il n'a pu en resulter que des arracliemens ou des pierres d'attente et autres brisures tellement irregulieres, que jamais elles n'eussent pu faire Till usion d'un eifet erosif, ni d'une eau courante , ni meme des meteores. Au surplus , c'est avec grande raison que vous refusez aux eaux courantes cette puissance corrodante qu'on leur attribue , et par laquelle on croit trop generalement qu'elles ont sillonne , grave , creuse , non-seulenient la roche qui faisoit leur rive ou f)aroi verticale J mais sur-tout celle "qui faisoit aussi le fond et e radier de leur lit : de sorte que ce sont, dit-on, les fleuves et les torrens actuels qui, avec le temps , ont creuse et les larges vallees , et les gorges etroltes et profondes ou ils se trouvent au- jourd'hui encaisses jusqu'a ri'etre presque plus visiblcs, tels que le Rhone , le Maragnon. . . . Je "me joins done encore ^ vous pour soutenlr que I'cau cou- lante est incapable de parells effets ; qu'elle ne pent ni ronger , ni limer des masses vierges qvii en sont une fois baignees ou hu- mectees , parce qu'alors elle ne pourrou frotter que sur elle- Tome Vn. PLUVIOSE an 8., M go JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE meme; et que d'ailleurs sa gratule fluitlite exclut meme toute iJee d'uii pareil frottement; enfin , que depuis nouibre de siecles on la volt colder iunocemment, quoiqu'avcc graade rapidile , non-seulement sur des roches tr^s-tendres , mais aussi sur des bancs de tnl et meme de glaise ([ui, loin d'en etre aucunernent corrodee , se trouve au contraire comnie plombee , et beaucoup plus ccmpacte k la surface qu'u I'interieur. Mais si les Condainine , les Saussure et tant d'autres ont mc'- connu la vraie cause de ces vallees, gorges et precipices qui doivent frapper d'etonnetnent tout autre que moi ; s'ils se sout trouipes lorsqu'ils ont dit que c'est le torrent ou le fleuve actuel qui les a creases progressivement , du moins ils croyoient et ils ont fait croire que par-la le phenoinene se trouvoit explique d'une maniere satisfaisante ; au lieu que si vous vous bornez a demontrer I'erreur en assurant que ces coupures e.vistoient dvant le torrent , et cpi'll ne les a enfilees que parce qu'il les a trainees toute sfaites (sans nous dire par quelle autre cause); non-seulement vous laisseriez ce grand problenie sans aucune solution, mais j'ose ajouter que vous la rsndriez impossible des que vous en exchiez absolument Taction des eaux courantesj j'ose dire que vous enleveriez a la science geologiquc un des principaux f'ondeniens sur lesquels elle pourra reposer. C'est ce dont j'espeie vous convaincre par les considerations suivantes , qui ne seront qu'une application ou une consequence de voa propres et excellentes idees. 1 . Je commence par etablir que I'erreur ou I'illusion que vous €t moi reprochons aux autres geologues , n'est point en ce qu'ils reconnoissent ici nne action des courans , car je la tiens pour incontestable , mais en ce qu'ils n'y voient que les effets du fi ottcment qui est presque nul , de votre aveu , au lieu d'y voir cenx de la poussee , qui est une i'orce puissante et toujours pro- portionnee , soit k la pente des eaux , soit ^ hauteur de leur retenue. 2. Ensuite , je parts de votre observation qui est generalement vraie , et qui veut que la coupe verticale d'une montagne vierge, quelle qu'ait ete la cause de sa rupture, nous presente une es- pece de vieiix mur brut ou decrepi , et compose d'une multi- tude d'assises qui sent plus et moins dures ou compactes, quel- ques-unes si tendres et meme si molasses qu'elles se detruisent ou s'extravasent , en laissant les masses superieures cavernenses et sans appui , ce qui souvent Jcviont la cause evidente d'un nouvel abattis. E T D ' n I S T O I R B N A T U R E L L E. 91 3. Les cascades abruptes que vous citez, toutes les autres en general et Jans tons les temps , ont et.6 des coupes pareilles , dont le inur de chute pareiliement compose a resiste plus ou nioiiis lon^temps a la poussee des eaux superieures cpii , par les crevasses verlicales et les nioindres polls dans les bancs les plus durs , etablit des fdets qui descendant et travaillent sans cesse dans les uiauvaises assises, tantot en renard et tantot en sy- phon, jusqu'i ce que delayees et chassees entierement , elles necessitent la chute de tOTites les autres. Nous ne pourrions pas nous figurer combien , dans I'Drigine , il y en eut qui furent ainsi renversees i la suite I'une de I'autre, sur le meine couraiit, et qiii toutes ont disparii. 4. Je tiens pour certain, par exeniple, que presque tout le lit actuel du Rhone , en Bugcy , n'a ete excave que de cette rna- niere. Pour le prouver il suf'llroit de la description que vous iaites du lieu oil ce llcuve se perd sous Belgarde ; car il est evident qu'il y avoit la. une de ces cascades, conime vous le jugez vousmeuie, et qu'elle y seroit encore si les mauvaises assises S[ui se trouvoient sous le mur de chute , n'eussent pas ete af- juillees et enlevees par la force d'un syphon ou canal sou- terrain qui est devenu suffisant pour avaler toutes les eaux , plus meme qu'ordinaires : chose encore dont il ne suljsistei'oit plus rien , ou dont personne ne se douteroit sans la solidite et I'e- paisseur d'un banc de pierre qui s^y est trouve capable de se soutenir seul , en voute ou plafond, non-seulement sur la. grande largear du lit apparent , mais bien avant encore sous la masse et sous le poids de ses rives escarpees. II est vrai que ce prodlaieux banc de roche , calcaire comme tous les autr.es , pa- roit regner presque generalement sous le Jura , et qu'on I'y voit egalement en porte-a-faux , tant le long des bords du llliune, k I'amont et a I'aval, que sur la plupart des autres terreins, sur- tont la Valserine qui ne vient confluer au meme endroit de Bidgarde qu'apres avoir longtems coule presqu'en cachette sous ce meme banc. 5. Neanmoins cc banc de pierre n'est pas le seul qui ait donne lieu ^ sendilables accidens. Icl meme, vous avez tres-I)ien re- marque (jue , fort au-dessus de celui-la il y en a encore quelques- autres qui avoient aussi resiste fort longtemps , et dont la chute tardive se manifeste, tant par les arracliemens , corbeaux et naissances du plafond qui restent suspendus , que par les enor- mes blocs ou debris qui en sont tombes sur la couverte du syphon interieur , sans pouvoir I'enfoncer , et qui cependant y ont brave gs JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE jusqu'anjourd'liui I'efl'ort des plus grarides crues du fleuve. II est ineme tres-vrai, coinme vous le dites , que c'est la main des liommes, eiinemis ou eiivieux les uns des antres, qui a achcve la destruction de cepont naturel qui , comnie celui qui suhsiste encore au-dessous , etoit aussi uiie des plus fortes assises du meine mur de chute ; la([uelle ayaiit ete al'fbuillee et isolee par la ineine cause, peut-utre dans le meine instaiit^ne fiit uii pont a sec qu'aprcs avoir forme uii syphon , puis ixn aqueduc a. fleur d'eaii, tel que celui qu'on appelle la Perte du Rhone ; preuve certaine que le courant de ce fleuve etoit d'abord infininient plus voluinineux , et qu'il reinplissoit du liaut en bas toute la gorj^e que nous voyons. ' 6. Enfin ce qui doit lever tous les doutes sur la verite de ce tableau , et ce qui deniontre evidemment les percees souterraiiies qui ont acheve ou menie commence I'excavation de pareilles gorges, lorsque I'abondance et la rapidite des eaux pouvoient encore deblayer et eniporter tous les debris et ecrouleniens a fur et mesure de leur chute , ce sont les deux autres faits naturels et bien plus remarquables que j'ai cites, au^si dans les en- virons ( 1 ) , I'un pr^s de Nantua , I'autre prea d'Orgclet ; car aux yeux d'un bon observateur, tous deux montreront indubitable- ment les ruines, non pas uniquement d'un pont naturel, mais aussi de la masse entiere et de toute la hauteur de la iiiontagne qui restoit perforce pour le libre passage du torrent; monstrueuse arcade 10/, JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Elle se casse avec une faciUte extraordinaire , est trds-peic froide au toucher ^ et tres-lvgdre. 2". Bhaunkoule. W. Houille ligneiise. LUhantraj; lignusus. Elle est en partle d'un noir brundtrc ^ et en partie cUun brun foiice noiratre, Dans la cassure transverse elle est eclatante ; elle n'est au contraire que peu eclatante et nieme en partle seuleinert treni- blotante dans la cassure longitudinale et savoir d'un eclat gras. Sa cassure transversale est d'lui concoide evasS , assez par- faite. La cassure longitudinale au contraire est schiteuse ; cette derniere niontre ordinairenient encore son ancienne texture li- oneuse , mais a un degre beaucoup inferieur aax bois bitumi- neux. Elle prend de l' eclat par la raclure ; elle est tendre , trai~ table. Elle-se casse facilenient. Elle est \>exiJ'roide au toucher , et Idgere. On en trouve k Tracliswald en Suisse. 3". Glanzkohle. W. Houille eclatante ou houille lustree. Lithantrax nitens, Elle est d'un noir de fer qui tire quelqucfois un pen sur le brun ;et n'est que rarement coloree k la superficie, des couleurs de I'acier treinpe. Elle S3 trouve en masse , mais elle est souvent un peu dva- siforme , et a en aneme temps dans son inltirieur plusieurs cavi- tt's effddes a leur extremite. Elie est pour le general dclatante int^rieurementj et quel- quefois m^nie ^e\a.J'ortement dclatante ., d'un dclat mStaltique paifait. Sa cassure est parfaitement conco'ide et savoir pour I'ordi- naire a grandes ^vasures , plus rarement a petites evasures. Les faces de la cassure conco'ide h. grandes evasures sont ordinai- renient de plus un pexi rudes , ouplutot un peu inegales. Ses fragmens sont ordinairenient indetermines a arretes tr^s- tranchantes , et sont en partie en plaques. Elle ET D'lIISTOIRE NATURELLE. Elle est tendre , aigre; se casse avec facilite; un pen sonnaiite en luorceaux minces ; peu /roide qI legere OBSERVATION. - I! est tiL-s facile de confondre cette houille avec un fossile fort rare qn'on trouve ])arnii les pechkolile ou houille jHcif'orme do Braiizrotli , et qui paroit etre une vraie plombagine d'une nou- ■velle espece. II deniande a etre examine avec soin , mais voici les caracteres qui le dilfeiencicnt de la houille lustree. II se consume k feu onvert sans flanime ni odeur; son eclat est aussi vif, mais il se ternit trps-d'iff.cilement : sa couleur est •I'un nfiir parfait , mais elle n'est pas sujette a s'iriser : sa cassure est conco'ide , passant a la cassure feuilletee a leuillets courbes : /"/ est compost' dc pieces separees trds-distinctes , la- melleuses et courljees d'une manlere indeterminee. II est aussi intraitable et sa diiretc est benucoup plus grande. Au chalumeau cette sorte de plombagine decrepite beaucoup et ne se consume que lentement et sans flanime apparente (i). 4°. PECHKonrE. W. Houille piciforme. LitJiantraa: piceus. Elle est d'une couleur noire foncee ; quelquefois d'un noir brundtre func6 dans qutlques fentes qui courent dans le sens de la lonsiueur. (i) Depuis la redaclion de ce mcnioire nous trouvons dans le Journal de Crell., premiere partie, annee i7Sg, une nolice (lirec des Memoires del'dca- demie de Dijon , an^e lyHS) sur une subslance que Morveau a trouvee dans la houilllere dc Rive-de-Gier; elle paroit avoir tous les caracleres de celle que nous decrivons, et nous avons vu avec plaisir que ce savant la regardoit aussi couime une sorte de plombagine. Ce fossile paroit etre le kohlblende ou pseudo-liouiUe de Werner. Tome VIL PLUVIOSE an 8. O joG JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE On la tiouve non-seulement en masse , niais aussi en plaques minces, et quelquclbis rneme sous la forme de morceaux de bois. Iftterieurement et savoir dans la cassure priiicipale ou trans- versale elle est ordinairementybr; eclatante , mais quelquefols aussi seule- ment dclatante , et en general d'un eclat gras. Sa cassure est parfaitement conco'ide , pour la plupart a graa- des evasures , et ordinairement evas^es. Les faces de la cassure sont de plus tres-unies; elle a du reste souvent dans ses Jentes loiigitudinales , un aspect ligneux. Ses fraginens sont indetermines , a arretes assez tranchantes, Elle est tendre , un peu aigr^j se casse facilement y un peu sonnante lorsqu elle est en plaque. Feu /roide au toucher et legere. OBSERVATION. Les rognons de houille isoles qu'on trouve dans les gres de la Suisse, en plusieurs endroits, sont ime vraie houille pici- foiine. ■ Le comte de Razou-Mowski les a fait connoitre sous le noin de houille ligneiise (Histoire naturelle du Jura , t. 2 , p- 74 et suivantes). lis ont cela de remarquable , qu'ils doivent le plus souvent leur origine k des racincs d'arbres bitnminisees dans le "res, coaime le prouvent les vestiges de ces racines. lis se vi- triolisent assca vite a Taction de I'air, et perdent promptement Icur eclat ; leurs pieces separees se delitent par la decompo- sition. Cette houille a une cassure longitudinale schisteuse a schistes epais. Celle qu'on trouve dans les gres a des fragmens qui s'ap- prociient de la forme cubique : elle fait la nuance a la houille colonriaire. . Nousreconnpissons pas encore tousles gites de la houille pi- ciforuie; il paroit cepcndant qu'elle ne se rencontre pas dans les couches tres modernes. Elle accorapagne quclquefois les bois bituaiineux , comnie en Westphalie. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 107 5. Stancenkoiile. W. Houille colonnaire. Lithantrax colutiinaris. EUe est ordinairement d'un noir fonce qui ne passe que ra- rement au noir brundtre. Se trouve en masse et est dclatante dans sa cassure ; d'uii dclat gras. Sa CdiSSVLve eslconcoide a petites Svasures plus on mains par- Jai'.es. Ses fragmens sont indeterminSs. Elle se presente toujours &yec des pieces separdcs , colonnai- res , UTi peu recourbees , courant dans le meme tens , et offre des pieces separces , minces , qui alternent jusqu'au colonnaire tr^s-epais. Les faces des pieces separees sont assez unies , et out ptu d'eclat. Elle est tendre , aigre; se casse avec une extreme facility . Ses pieces separees se separent sur-tout tr^s-aisement. Elle est leg^re. 6°. Kennetkohle. ... Houille kennet. hithantrax kennet. Sa couleur est d'un noir grisdtre. Elle se troiive en masse (et en plaques minces, parallelipf- pedes en Westplialie avec le Lois bitumineux , et dans le Wir- temberg). Interieurement elle a peu d'eclat et un Sclat gras. Sa cassure est ordinairement conco'ide a grandes evasures dvas^es Elle se casse cependant quelquefois , unie , et ^galement dans trois sens qui se coupent assez a angles droits, De ma- ni^re qu'il en resulte des fragmens parallelipipeJes , et pour I'ordinaire des grands fragmens cubiqucs. Raclee elle prend plus d'eclat. Elle cs< tendre ; Tient le milieu entre I'aigre et le traitable. O 3 io8 JOURNAL UE PHYSIQUE, DE CHIMIE Se casscfacilcment, niais elle est cependant ceUe de tout6s /is houill.es qui a le plus de tenacity. Elle e^tjicu frolde au toucher , et legere. OBSERVATION. Le jayet que plnsieurs mineralogistes ont place parmi les bi-' tunics purs, est mis j)ar Werner avtc les liouilles picifoimes (pechkohle). Nous-pensons qu'oti a donnece noui a plusieuis fossiles differens qui se reportent soit a la liouille picilbrme > Soit a 1.1 honiile kcnnet. En eff'et Vallorius le dcfinit ainsi : gigas sp. 9.66. Bitumen durisslmum , puvuin , poUluramadiiiittcns , aquis innatans. La grande dnretii et le^erete de ce fossiie sont les caracteres qui le distiiigiient le plus des houilles keiinet et piciforine. Mais comme \ allerius ii'a pas donne an \\\oX. Aq dureteXa. meine de- termination fixe qui: lui attribue Werner , il est possible que cet auteur I'ait pris ici comparativement , et dans ce cas , il convient i la houille kennet qui est la phis dure des houilles. Quant a. la legerete , ce caractere ne nous semble pas assez dis- tinctif pour en faire une espece a part, puisqne la pesanteur sjiecifique des houilles piciforme et kennet estaiissi tres-prcs de mi lie. Voyons si les autres nouienclateurs nous fburniront des ca- racteres plus tranchans. Mongez repete ^-peu-pr^s ce qu'a dit; Vallerius ; Sage dit que le jayet est moins fragile que la houille, et c'est probablemeiit a (pioi se reduit le durissimum de Valle- rius. Cronstedt noinme le ^■A^ftt gairas sp. a85. Vegetabile li- gneitm. , Uthantrace impregnatuin ; ce qui nous paroit se rap- jiorter evideinment aux houilles picii'orme ou kennet. Le jayet de Gcnsanne se rapproche aussi de cetle derniere. Buffon ne le caracterise que par sa Icgerete. Enlin Vogel dit que le jayet est uu bitume noir , conqiact , dur,recevant le poli , nageant sur I'eau, qui brule avec une odeur bituinineuse , plus fucile- ment que la houille, et laissant nioins d& cendres , caracteres tpii se rapportent a la houille keiinet. Ajoutons a tout cela que le gagas de Wurtendjerg dont parle Vallerius, ne surnage pas toujours sur I'cau ; au inoins nous en avons vu des morceaux qui n'ontpas cette pri)priete. Le jayet des autcurs nfe nous pa- roit done pas separe d'une raaniere trancliantc de notre sixieme ET D'HISTOIRE NATURELLE. 109 Jiouille ni de la cinquierne ; et quoique ce soit ime houille tres- pure, il nous paroit qu'on doit le rapporter k I'uii on k I'liutre de tes fossiles sous-especes. 7^. S CH I E rE R Kon LE. . . . Hoiiille scliisteuse. hi thantrax sch'istosus. Elle est cTun noir Juncd qui quelqiiefois s'npproclie dti noir grisihre ; elle se trouve en w«mi?. Eile est interieurenient ff'c/ar- tante , passant au peu eclatant et d'un eclat gras. Dans la cassure principale elle est schisteuse a schistes droits et epais. Dans la cassure transversale , au contraire , elle est en partie unlc et en parlie concdide irnparfait , et savoir concdide dvasS, Ses fragmens soiit en partie indi'tcrmin^s j en partie en pla- ques. Elle acqiiieit un peu plus d'eclat par Ja raclure. Elle est tendre. Elle n' est pas fort aigre , mais se casse facilement. Elle est legere mais plus pesarite que les sortes precedentes. — 1,47.9. OBSERVATION. Il faut observer que Teclat interieur est eclatant ou la cassure est concoide ; treinblotant ou elle est unie. . . . Nous avons dit que la cassure transversale etolt en partie concoide, en partie unie ; nous avons voulu dire par la que ces deux cassures se trouvoient dans le inenie morceau. Dans le sens de la longueur elle est schisteuse a schistes epals et droits , rareinent courjjes. On la trouve en Angleterre, a Pandcx en Suisse, a Saint-Bel et au BoLirnaud, departeinent du Mont-Blanc. S°. Bl ACTTERKOHLE. W. Houillc feuillctce. Lithaniraxfoliaceus. Elle est d'un noir foncS , cependant dans les fentes elle est plus ordinaireinent coloree de couleurs varices que les autres houilles : elle oflre ime partie des couleurs de la queue de paoa , une partie celles de I'acier trempe. no JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C II I M I E Xyaxis sa cassure principale ellc e&tjhrteinejit c'clatante , ineme quelquefbis d'un ^clat miroite ; dans la cassure transversale elle n'est v^dclatantc. La premiere de ces cassitrcs est plus ou mollis parfaltement feuilletce a feuillets droits; la seconder pour le plus .so7/^-les"tenioignages les phis convaincans , paroissent au premier aspect, deponrvns de vraisemblance. On a vu des per- sonnes sub'tement euihrasees par le simple contact du feu ordi- naire, passer tout-a-coup de la vie a la mort, et leur corps etre rediiit en cendres. Comment concevoir que dans certaines circonstances le feu agisse d'une nianierc tellcment active sur le corps humain , (iu'il le reduise en cendres? On sera tentd d'accorder d'aulant P 2 3i6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE juoins de f'oi a ccs cxemples de comhuslion , qu'ils semWent asspz !rares. J'avoue qu'ils m'ont d'abord paru pen cioyaliles; riiais pour etro invraiseraljlables , ils n'en soiit pas iiioins jircsrntes comme vrais par des homines digues de I'oi. Biancliiiu , Maf'ley , Rolli, Le Cat, Vicq-d'Azyr , et phisieurs savaiis di.stingiies j eii ont apportc des temoignages certains. Est-il d'ailleurs plus sur- prenant d'eprouver cctte incineration , que de rend/e des urines siicrees , ou de voir les os se ramoUir an point de passer h I'dtat de gelatine? Certes , les ef'fets do la coudnistion ne sojit pas plus merveillenx que ceiix du ramoUi^seinent des os et du diabete Sucre. Cctte disposition morbilique seroit done un fldau de plus qui afflig^^roit I'huinanite ; mals en piiysique, les faits etant tou- jours pref'erables aux raisonnemens , je vais reunir ici ceux qui me paroitront avoir des caracteres autlientiques j et de peur d'en alterer le sens , jc les citerai tels qu'ils sont attestes dans les ouvrages ou je les ai pulses. Ou lit dans les Actes de Copcnhague , (|ii'en 1692 , unefemine du pcuple, qui depuis. trois ans I'aisoit abus de li(pieurs fortes, au point de ne vouloir pins de nourriture, s'etant niise nn soir stir unc chaise de paille pour y dorinir, i'ut consuniee pendant la nuit; on ne trouva le lendemain matin, que son crane et les dernieres ariiculations de scs doigts. Tout Ic reste du corps , ajoiite Jacobajus , fut reduit en cendres. Voici I'cxtrait d'un menioiie de Bianchini de Veron'ne , tire du journal anglais ^««//<7/ i?Ci,'^/.s/ participe ariiu:endie. On dit cpie cette iennne avoit ba largeuient dfcs liqneurs s|)Iritueuses en lejouitsance de la iiouvelie tin retour d'une de ses lilies, de Gibialtar. Au reste , il n'y avoit pas de feu dans le foyer, et la chandelle avoit ete brCilee en entier dans la bobeclie du chandelier qui etcit a cote d'elle. On trouva de phis ainires du cad;ivre consiune , les habits d'lui enfant et un ecran de papier qui n'avoit rc^u aucnne alteiiitc du feu. Le vfi- tement de cctte femme etoit une robe de coton. Le Cat , dans un mdnwire sur les hiccndies spontahcs , cite plusieurs autres exeniples de coiidjustions hniiiaines. Ayant , dit- il , passe a Reims quel/jues raois de 1724 a 1726 , je logi;ai chcz, le sieur Millet , dont la femme s'enivroit tous les jonrs. Son menage etoit conditil par une jenne fille fort jolie ; ce que nou3 ne devons pas oublier de faire observer, pour » L'autre exemple cite dans le Journal de Mtidecine (tome 69, page i4o)» s'est passe a Caen , et est ainsi raconte par un clii- rurgien de cette ville , encore vivant, nonime Merille. « Roquis le i du mois de juin 17^2, par MM. les gens du roi , pour faire le proces-verbal de I'etat datas lequel se trouvoit mademoi- selle Thuars, qu'on me dit avoir ete brulee, j'ai observe ce qui suit. Le cadavre avoit le sommet de la tete appnye contre I'un des chenets, 4 dix-huit pouces du contre- feu; le reste du corps etoit obliquement place devant la cheminee : le toutu'etoit plus qu'une masse de cendres : les os meme les plus solides avoient perdu leur forme et leur consistance ; aucuns n'etoient reconnoissables , excepte le coronal, les deux parietaux, deux vertebres lombaires , une portion du tibia , et une portion de I'omoplate ; encore oes os etoient-ils tellement calcines, qu'ils se reduisoient en poussiere par line foible pression : des deux pieds, le droit fut trouve entier et enflamme a sa jonctioa dans sa partie superieure; le gauche etoit plus brule. II faisoit froid ce jour-la : cependant on n'appcr(;ut dans le fover que- deux ou trois petits morceaiix de bois d'un pouce dediametre, brules dans leur milieu. Aucun meuble del'appartcinent n'eloit endoin- niage. La chaise sur laquelle mademoiselle Thuars pai-oissoit avoir ^te assise , se trouvoit a. un pied d'elle et absolument in- tacte. Je crois devoir observer que cette demoiselle etoit extre- mement grasse, qu'elle etoit agee de soixante et quelques annees, Tome ril. PLUVIOSE an 8. Q 122 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE tres-adonnee au vin et aux liqueurs; que ]e jour meme de sa niort elle avoit bu trois bouteilles de vln et environ ua demi- septier d'eau-de-vie , et qii'eiifin la consonijjtion dii cadavre a eu lieu en inoins de sept lieures , quoique selon les apparences, rien n'alt briile autour du corps ([ue los vetemens. » I^a ville deCaen fournitplusieurs autres excniples de ce genre. Beaucoup dc personnes, entre autres un medecin d'Argentan , nomme Boiiffet, auteur d'un Essai sur lesficvres intermitte?ites, m'ont racoute qu'une f'emme du peujile , deineurant place Vil- lers, connue pour etre fort adonnee a la bolsson, fut trouvee brulee chez elle j les extremltes de son corps avoient senlement ete epargnees, et les meubles etoient peu endoininages. Pareil mallieur s'est renouv^le encore a. Caen , sur une vieille feinnie ivrogne. Ceux qui ni'ont raconte ce fait , assurent que I'eau n'avoit pu eteindre le feu dans le corps entlamine. Je ne crois pas devoir donner les details de cet evenement, et d'ua autre a-peu pres semblable passe dans la ineine ville, parce que. ii'etaiit point attestes par un proces-verbal , ct ne in'ayant poini, ete comnmniques par des gens de I'art, lis n'iiispireroient pas la menie confiancc. Cette reunion d'^xemples est done appnyee par toutes les preuves d'autlieniicite qu'on a droit d'exiger pour former le te- jnoignage des liouimes ; car en adniettant le doute prudent de Descartes , il faut aussi repousser le doute unlversel des Pyrrho- iiieiis. La conviction est dans la nmitiplicite et I'uniformite meme des fails passes en des endroils difierens , et attesttis par tant d'liommes eclaires. lis ont un tel rapport entre eux , (ju'on est porte ci leurcherclier la m^me cause , et a leur attribuer les ui^mes effets. 1°. Les personnes (jui ont eproiive h-s effets de la combustion faisoient depuis lonnternps alius de liqueurs spiritueiises. oy . La combustion n' a eu lieu que surdesfemmes. o''. Ces femmes etoient dgees. 4". Leur corps a etd briile non pas spontanemetit , mats ac- cidentellenient . 5°. Les extrdmites de leur corps tcls que les pieds , lis mains , ont ete generalement cpargniies par le feu. 6". Quelquefois I'eau , au lieu d' eteind re le feu des parties embrdsdes du corps, n' a fait que lui donner plus d'activitS. 7*. Lefeu a trdspeu ejidomma ge , et a souvent meme epargnS les objets combustibles qui etoient en contact avec les corps liu- mains dans le moment oil ils bruloient. ET D'lIISTOIRE NATURELLE. jzS 8". La combustion de ces corps a laissS pour residu , des cendres grasses et f elides , uiie suie oiictueuse , puante et tres- penetrantc. Entrons clans I'examen de ces huit observations generales. La premiere idee qui frappe en lisant les iiombreux exeniples de combnstions liumaines que j'ai cites, c'est que ceux qui ont peri victiiues de si funestes ViCCiA.ens etoient presque tous livr^s a la //oisso/i. La feintne dont parlent les Actes de Copenhague , faisoit depuis trois ans abus de liqueurs fortes , au point de ne vouloir plus d' autre nourriture. Marie Clues , depuis un ati avoit a peine passd un jour sans boire au mains une demi- pinte de rum ou d'eau-de-vic d'anis. La feinme Millet etoit sans cesse ivre. Madame de Boiseon tie buvoit , depius plusieurs annees que de I'eau-dc-vie. Marie Jauffret etoit tres-portee a la boisson. Mademoiselle Thuars et les autres femmes de Caen , etoient igalement fort adonnees aux liqueurs. De pareils exces de liqueurs spiritueuses et d'alimens epices devoient aG,ir f'ortemeiit sur les personnes dont j'aiparle. Toiites les parties fluides et solldes de leur corps devoient en eprouver la funeste influence ; car la propriete des vaisseaux absorbans , 'qui est si active dans le corps humain , semble jouer un ties- grand role en cette occasion. On a encore observe que I'urine des buveurs est ordiniirement pen chargee , et de la qualite de celle que les niedecins appellent urine de spasme. II paroit que chez les ivrognes qui font un grand abus de liqueurs fortes , la matiere aqueuse s'ecoule par les voles urinaires , tandis que la partie alkoolique des boissons, presqiie semblable a la partie volatile des aromates , ne subissant point une entiere decom- position, est absorbee dans tout leur corps. Je passe a la secoiide observation generale, que la combustion n'a eu lieu que sur des femmes. Je ne pretends point que les hommes ne soient egalement ex- poses k la combustion j mais je n'ai pu en decouvrir un seul exemple bien constate ; et comme on ne peut marcher d'une maniere surevqu'avec I'autorite des faits , je trouve cette par- ticularlte trop surprenante pour ne pas f.dre nailre quel(|ues re- flexions. Peut-etre a r.^xamcnla cause en paroitra-t-elle assez natnrelle. Le corps des femmes est en general plus delicat que celui des liommes. Le systeine de leurs solides est plus relache ; leurs fibres plus greles et d'une structure nioins ferme , se rom- pent plus aisement. Le genre de vie contrijjue encore beaucoup a augmenter la Iblblesse dc leur organisation. Les femmes livrees 124 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE pour I'ordinaire a une -vie plus seaentaii'f , cliargees des soins interieiirs de la malsou , souvent reiifermees dans des chamlires closes oil dies se trouvent condamnecs a passer des journees entieres sans prendre aucun exercicej sont plus sujettes que les hommes k devenir grasses. Chez elles la texture des parties moUes etant pins spongieuse , I'absorption doit 6tre plus facile; tout leur corps plus aiscnicnt imbibe de liqueurs spiritueuses , doit anssi epronver plus facilenient I'irnpression du feu. De-Ii les exemples inalheureux de comliustion dont les femmcs seules paroissent fournir des exemples ; encore faut-il un tel concours de dispositions physiques et de circonstances , que ces evene- mens , (juoique moins rares qu'on ne pense, ne sont cependant pas tres-cornniuns. La seconde observation generale etablie , sert a donner I'ex- plication de la troisie;nc; je veux dire que La combustion n'a eu lieu que sur des J'emmes dgees. La comtesse de L.csenc asoit soixante-deux ans ; Marie Clues, cinquante-deux ; Grace- Pitt, soixantc ; niadanie de Boiseon , quatre-viugts , et mademoiselle Tliuars plus de soixante. Ces exemples prouvent que la combustion est plus frequente cliea les vieilles feniiues. Les jeunes personnes distraites par d'autres passions, se livrent pen a la boissoii; mais lorsque I'amour , i'uyant avec la jeunesse , lalsse un vide dans I'ame , si I'ambitioii on I'interet, si le gout du jeu on la ferveur religieuse n'y pren- lient la place , c'est ordinairenient I'ivrognerie qui s'en empare. Cette passion va toujours en augmentant A mesure que les antres vont en diminuant, sur-tout cliez les femmes qui peuvent s'y li- vrer sans contrainte. Aussi Wilmer fait il observer que le pen- chant de Marie Clues pour ce vice s'dtoit toujours accru depuis la mart de son mari , arrivee un an et demi auparaxnnt. Pres- que toutes les autres femmcs dont j'ai paile etant egulement maitresses de leurs actions pouvoient , sans craindre aucune cotitrariete, s'abandonner k leur penchant pour la boisson. On a pu observer que I'cinbon point des femmes , h. mesure qn'elies avancent en age, Ics rend plus sedentaires ; etsi ^comaie le remarque Beanmes ( i) , la vie sedeniaire surcharge le corps d'hydrogone, I'effet devoii en etre encore plus sensible cliez les "vieilles femmcs. La danse , les promenades qui formeiit une dis- ( 1 ) Essai du sysleme chimique de la science dc I'liomme. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. . 125 s'pation salutaire pour les jeunes personnes, sont 4 un certain age , interdites autant par la nature que par le prejuge. II ne faut done pas etre etonne si les vieilles feinmes, ordinairement plus grasses et plus livrees a rivrogtierie , souvent iiiiiriobiles coiiiiue des masses inaniiuees , sont plus susceptibles , dans un moment d'ivresse, d'eprouver les eff'ets de la combustion. Peut-etre ne devons-nous ])as aller chercher si loin la cause de ces combustions ; le feu de la cliemiuee , de la chauffrette ou de la cliandelle auroit pu se comniuniquer aux vetemens , les bruler , et bruler ces femmes elles-memes par la disposition par- ticuliere de leur corps. Maffey observe que la comtesse de Cesene avoit I'usage de se frotter tout le corps avec de I'esprit-de-vin. Le voisinage des cliandelles et de la lampe qu'on trouva pres des debris de son corps, occasioruia sans doute la combustion. Cet accident rappelle celui qu'eprouva Charles II , roi de Na- varre. Livre h. I'ivrDgnerie et a des exces de tout genre, ce prince s'etoit fait envelopper dans desdraps treinpes d'eau- de-vie, pour raniiner sa clialeur affoiblie par les debauches ; le feu prit aux draps tandis qu'on les cousoit , et il pei'it victime de cette im- prudence. Outre la combustion accidentcUe , II nous reste a examiner s'il peut arriver des combustions humaines spontanees , comme le pretend Le Cat. ha combustion spontaneeestl'embrdseinent qui auroii lieu dans le corps huniain , sans le contact d'une substance en ignition. La nature off re , il est vral , phisieurs exemples de combustion spontanee dans le regne mineral et vegetal. La decomposition des pyrites, et le travail souterrein qui se fait dans les volcans , en sont la preuve. Les mines de cliarbon de terre peuvent aussi s'enllammer spontanement. On a vu le fou prendre a des tas de charbon de terre deposes dans des cndroits clos. C'est par une fermentation de cette esp^ce , que le liimier s'echauffe quelquefois et s'enibrase. C'est encore ce qui expli que pourquoi des bottcs de loin , recoltees dans un etat d'humldife, et entassees I'une sur I'autre , prennent feu quelquefois. ~Mais Az combustion spontanee ^g\xX.-^\g avoir lieu dans le corps liumain? S'il faut en croire quelques auteurs (1), des feux tres-violens peuvent etre produits dans nos corps par la nature et par des precedes artificiels. Sturmius(2.) dit que dans les ( 1) Epheraerides d'Allem. Observal. 77. (2) Idem, dixieme annee; page 55^ 12G JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE pays du nord, des flammes s'cvaporent souvent de I'estomac des ivrognes. Tiois seigneurs de Courlaiide avoient fait un pari : il s'agissoit de savoir lequel hoiroit le plus de liqueurs fortes ; deux d'entreeux rnoururentsuffoques par une Jlamme sortie violeniiiient de leur estomac. Thomas Bartholin (i)rapporte, sur I'autoritc de Vorstius , qu'un iiiilitaire , ayant bu deux verres d'eau-de-vie , etoit mort apres une eruption de flammes par la bouche. Dans sa troisieme centurie , Bartholin cite encore un accident de cette csp^ce k la suite d'une debauche d'eau-de-vie. Apres tons ccs exemples il reste a prononcer sur les causes accidentelles ou spontanees qui produisent la combustion. La nature prenant mille formes differentes , semble d'abord vouloir echapper a nos observations ; mais lorstiu'on vient a y reflechir murement, autant la combustion, accidentelle semble facile a prouver^ autant la combustion spontanee prescnte d'invraisem- ulance ; car en admettant I'exemple de gens suffbques par les flammes sorties de leur estomac , il y a encore loin de la a I'em- brasement entier du corps. II y a bien de la difference entre ces deuii-combustions et les combustions spontanees tellement complettes qu'elles reduisent les corps en cendres, tels qu'on les a trouves en cette occasion. Ainsi corame on n'a jamtis vu le corps liuniain eprouver spontanement une combustion totale, ces assertions paroissent plulot les produits d'une imagination frappee , que ceux de I'observation ; et trop souvent ii arrive que la nature n'adopte pas dans sa nianiere d'agir, notre ma- rsi^re de voir. Jen'et^ndrai pas plus loin ces observations sur les combustions liumaines ; Je crois qu'il n'est personne, apres cet exanien , qui lie soit frappe du rapport qui existe entre la cause de ce pheno- mene et les funestes effets ([ui en sont la suite. Quelquefois un systeme enibelli des charmcs de rimaginatioii , seduit ; mais ja- mais il ne presente un ensemble aussi parfait. Nous avons d'a- bord vu les faits juslifier les raisonnemens ; les raisonnemens ont ensuite scrvi a expllquer les faits; et la combustion humaine qui, au premier aspect , sendjloit tenir du merveilleux, a pre- sente , a I'explication , le plus grand caractere de simplicile : tant il est vrai que souvent le merveilleux est produit par des (i) Centurie premiere. ETD'IIISTOIRENATURELLE. 127 effets qui f'rappant rarement nos yeux , permettent plus rareinent encore k noire espiit cl'en saisir la cause. Quelques personnes pourroient cependant rejctter sur la per- versite des hommes ce que nous attribuons a tin accident. Peiit- etre , dira-t-on, des assassins, apres aYoir fait perir leurs mal- heurenses victiiiies , pour elfacer toutes traces de leur crime , auroient imbibe le cadavre de quelques substances combustibles qui I'auroient consume. Mais quand I'idee d'un pareil crime entreroit dans le coeur de I'homme, elle seroit d'inipossible exe- cution. Lorsfju'antrefois on condamnoit les criminels au supplies du feu, combien n'emplo-joit-on pas de matieres combustibles pour bruler leur corps? Un garron boiilanger , nomme Renaud, fut condamne dans la ville de Caen, il y a quelques annees, k etre brule \if : il fallut deux fortes charretees de lagots ])our consumer son cadavre, et, plus de dix Iieures apres, on en trouva encore des debris ossenx. Ce qui prouve d'ailleurs que la combustion n'etoit point artificielle , c'est qu'on est souvent ar- rive a I'instant qu'elle avoit lieu, et qu'on a toujours trouve le corps dans son etat naturel. On entra cliez madame de Boiseon au moment ou son corps eloit en feu , et tous les voisins en furent temoins. D'ailleurs les personnes dont j'ai parle, etoient presque toutes d'une condition peu propre a exciter la cupidite, source de tant de crimes. La femme dont parlrnt les Actes de Copenhague , etoit wnefeniine du peiiple; Grace-Pitt ctoit Ax J'emnie d'un inarchand de Poisson; Marie Jauifret , celle d'uii cordonnler ; deux autres femme de Caen, dont j'ai parle , etoient egalement de la classe la plus inferieure de la societe. II est done incontestable que, dans tous les eseniples dont j'ai park- , la com- bustion a toujours ete accidentelle et jamais intentionneile. On voit que ce plienomene n'est pas moins interessant a con- noitre pour la justice criminelle que pour I'histoire naturelle 5 car un injuste soupcon pent tomber quelqutfoi^ sur des liommes innocens. Qui ne fiemiroit , en sc rappelant I'histoire de ce mal- heureux habitant de P»eims qui, ap.es avoir ]}erdu sa femme par I'elfet de liir"co7ubustion humaine, manqua perir lui-memc sur fechafaud, injustement condamnti par un tribunal ignorant ! 11 est etonnant que la police soit au&si indifferente sur de pareilles morts , et qu'on ne s'attache pas a nommer, pour I'examen de tels evenemens , des hommes capdbles d' observer et de juger. Ces visites de police se font plutot par usage que sous les rap- ports d'uti'iite : faut - il etre surpris si la niedecine legale offre encore tant d'incertiiudes? 128 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Mais je sens cpi'il est temps de iii'arreter, de peur de passer les bornes d'un simple essai. Mon but etant moins d'etablir un systeme que de citer des faits et de presenter quelijues reflexions sur les combustions huuiaines , je laisne aux physiologistes et aux chimistes k trailer cette matiere plus en detail. Dans ce siccle oil lis se sont ouvert une route nouvelle , dans ce siecle ou , marchant d'un pas assure vers des decouvertes plus etcn^ dues, ils seuiblent devenus les confidens de la nature, ils de- velopperont avec avantage le pen d'idees que j'ai hasardees sur un phenoniene aussi extraordinaire (juMnteressant. Je me trouverois heureux si ce cote du tableau des funestes effets de I'ivrognerie pouvoit faire impression sur quelques per- sounes , et sur-tout sur les femmes qui en sont les plus deplo- rables victimes. Peut-etre les details el'f'rayans d'un mal aussi epouvantable que celui de la combustion , preserveront-ils les Luveurs de ce vice honteux. Plutarque dit qu'a Sparte on de- tournoit les enf'ans de I'ivrognerie en leur presentant le spectacle d'esclaves ivres , qui , par leurs contorsions hideuses , I'aisoient entrer dans I'ame des jeunes spectateurs un tel mepris qu'ils ne s'enivroient jamais. Cependant cet etat d'ivresse n'etoit que passager. Combien n'est-il pas plus effrayant dans ces malheu- reuses victimes consumees par les flammes, et reduites en cen- dres? Puissent les hommes n'oublier jamais qtie la vigne produit quelquefois des fruits bien amers , les maladies, la douieur,le repentir et la mort ! RAPPORI ET D'HISTOIRE NATURE LLH. 129 RAPPORT FAIT A LA SOCIETY D':6mULATI0N DE ROUEN, SEANCE 1)U 9 PLUVIOSE AN f , 6uR les experiences comparatives de la consomniation du bois dans les fourneaux de teinturiers et autres , avec celle des foiirneavix de construction nouvelle , TAR XES aiEMBRES COMPOSANT LA COMillSSION nS LA SOCIETE. CiTOTENS, Un slecle s'est ecoule depuls que ColI)ert indiqua I'aneantis- seinent des forets coiume un des fleaux qui meiiacoient dans I'avenir le sol de la France; c'est vous dire que le nial est tou- jours alle en croissant , et qu'infaillibletnent il va toucher a son deiiiier tenue. Les forets qui couvroient autrefois de vastes campagnes sont Tenues se perdre dans le gouffre des villes ; elles ont disparu de la surface de la terre pour faire place a des def'richeinens multiplies, conquete annuelle de I'agriculture. Plus la popula- tion a aiigiiiente, pins cette derniere a pris d'accroisseinens , plus aussi on a vu se detruire cette proportion precicuse entre le vegetal qui nourrit I'lioinme et celui qui sert a le chauffer , a, I'abriter contre la rigueur des saisons, et a tous les usages aux- qnels son iivdnstrie le ploie en le faconnant a son gre. D'une extre iiite de la republique i I'autre un cri simultane se fait entendre; ce cri nous denonce , tt la devastation ef- I'rayante des forets, et I'organisation vicieuse du systeme qui les regit; ce cri est entendu de tous les bons citoyens; il a Irappe I'oreille de I'institnt national , celles du ministre et de vos adiniiiistrateurs ; il tient en eveil leur soUicitude et la votre. C'est repondre a ce cri d'alarnie , que de s'occuper des moyens de dliniiiuer la consomination du bois; c'est en qnelqne sorte Tome VII. PLUVIOSE an 8. R i3o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE planter des arbres , ou pour mieux rendre notre idee , c'cst em- pecher qu'ils ne soient trop tot abattus; c'est concourir d'inteii- tion et d'effet avec les aduihiibtrations ccntrale c t inunicipale t'.e celte commune , sans relaclie occupees de tout ce qui est lie 4 I'interet et a la prosperite de la republique. Nous alloiis vous presenter, citoyens , le resnltat de nos tra- vaux.. Le cadre dans lecjuel nous I'avons resserre exolut la pompe et les agvemens du style ; I'exactilude et la c'arte en stront le seul ornement. La disette du bois a. bruler dont est raenacee la ropubliqng sur tous les points , a fixe votre attention d'une nianiere parti- culiere. Vousavez pense qu'il eUiit jiossible de diminuer I'enorme consoinmation de ce precieux combustible dans les iVnirneaux des teinturiers, des imprimcurs de toiles peintcs , des blancliis- seuses et autres manui'acturiers qui en font usage ; -vous avez pressenti qu'en donnant il ces fourneaux une forme nouvelle , tornie qui contraindroit la chalenr du leu a se consommer dans le fourneau meme , autour et au profit de la chaudiere , et qui renq)eclieroit de se rendre trop precipilannnent dans la cheminee, ainsl qu'elle le lait dans les fourneaux orJiiiaires, on obtiendroit une grande economie de bois. Mais vous nianquiez de moyens pour niettre a execution ce louable projct ; vons aviez besoin d'un local, il vous failoit des fourneaux, des chaudieres , des niateriaux et des ouvriers , ou votre bonne volonte restoit inac- tive et sans efiet. C'est dans ces circonstances qiie le citoyen Benjamin Pavie , notre collegue , recommandable par ses connoissances dans I'art de teindre les etoffes , vous oft'rit genereusement son atelier , init a votre disposition tout ce que vous desiriez, et votss donna inenie la faculte de construire de nouveaiix fourneaux de telle forme qu'il vous plairoii ; vous ne pouvicz mieux luien temoi- gner votre reconnoissance qu'cii acceptant ses oflres. Le li) prairial dernier , vous nommates une commission com- posee des ciio^en&LebiumenteX. Vauqueliii, archliectes, JMesaize, pliarmacien et denionstrateur de cbimie , et du citoyen Pavie , teinturier : ensuife, par deux deliberations posterieures , vous avez reuni a cette commission les citoyens riuvbipt , proft sseur de physique txpeiimentale et de chimie ; Gabriel Genais, fa- biicant, correspondant de la commission des arts et manufac- tures , et Delafosse , architecte. Ces citoyens se transpoiterent les 20 et 21 du m?me mois, dans ratelier nouveau du citoyen Pavle , sitae sur la rive droite do ET D'HISTOIRE NATURELLE. i:5i la riviere de Robec, fauxbour" Hilaire ; ils fureiit presens k la construction d'un I'ourncau ordinaire de teintiirier, rpi'il a per- f'ectionne ; ils en firent ensuite construire deux autres sur les dessins du citoyen Pluvlnet ; le citoyen Mesaize en fit anssi construire un , mais ce ne fut (pie le i3 f'rimaire etdans I'ancien atelier du citoyen Pavie , peu eloigne du nouveau. Avant 4e vons presenter le resnltat des experiences faites sur ces differcns fourneanx , votre commission estinie qu'il est i propos de vons en decrire les dimensions, les formes, aiusi que celles des autres fourneaux doiit on fait usage. DESCRIPTION DE DIFFERENS FOURNEAUX. FOUHNEAU HE BLANC HISSE USES. Le premier et le plus connn est cc'ni qii'on noxmne fourne an de blanchissriises. On en fait particnlierement usage dans les buanderies et dans les endroits eloignes des villes oil Ton n'en connoit point d'autres. Rien deplus simple que sa construction , qui n'est autre chose qu'une maronnerie ronde , elevee autour d'une chaudiere qu'elle supporte ; elle en est eloignee dans le bas de deux decimelres ( 4 ponces et plus , scion sa grandeur) ; elle s'en approche pen-a- peu et la joint enfin a lo i 12 centimetres (4 pouces) de son bord. Cette chaudiere est elevee d'environ 27 a 3o centimetres (10 i la pouces) ( c'est assez. souvent le quart ou meme le cin- quieme de la profondeur de la chaudiere) au-dessus du foyer sur leqnel se fait le feu. Le tuyau de la cheminee est rareinenC sur I'entree du fourncau ; il est ordinairement place a l'cp])0.se qu'on appelle le talon. Le feu qu'on fait sous cette chaudiere en chauffe en meme temps le fond et le contour; ensnite il se porta rapideinent dans la cheminee dont il echauffe le tuyau jusqu'a line tres grande hauteur. Les uns ont des portcs, les autres en sont depourvus. Nous designerons ce fourneau par la lettre A. rOURNEAUIIE TCINTIRIER, A UN EVENT. Le second, qu'on appelle vulgairement /o«r/z^<2K de teinturicr, parce que c'est de lui que les teinturiers font usage, consiste en im cendrier , le plus souvent sans jiorte. C'est une fosse en forme de quarre long , bordee de maronnerie; ses proportions R -2. i32 JOURNAL DE PHYSIQUE, I)E CHIMIE soiit arbitraires ; sa longueur s'etend orduiaireinent jusqu'aux deux tiers du diainetre do la chaudiere , et sa largeiir en est le cin(|uienie. Les ouvricrs aiijjellenl c:e ceiidrier le puits diij'our- neaii. II est couvert par des Iiarreaux de fer eloignes les uns des autres de 7 millimetres (3 lignes)j leur longueur, pareilie- ment arbitraire , est souvent de la inoitie du diametre de la chaudiere. C'est sur le milieu de cette espece de grille qu'elle est placee , a la distance d'environ le quart on le ciii'|uienie de sa profijndeur totale. Une niar.oniierie en forme de cloison cir- cnlalre vient salsir cette chaudieie vers le l^as , an tiers ou en- viron de sa liauteur , dans la moitie et meme jusqu'aux detix tiers de sa circonference; le tiers qui n'est pas clos est a qu'ou appelle Vevent , il so trouve au fi.)nd ou talon du fouriieau. La maconnerie laisse au-dessus ile ret event un esijace plus ou moins grand pour le passage de la ilamme , et u'embrasse la chaudiere qu';\ deux decimetres de son bord, ou eusiron a la huitleme par- tie de sa hauteur. On voit par cette construction , que le feu cliauffe d'abord le fond de la chaudiere, qu'il monte par I'event , qii'il parcourt a droite et a gauche , au-dessns de la cloison, les deux deml-cir- conferences , en chauf'iant lateraleinent la chaudiere jjour se rendre ensuite duns le tuyau , toujours place sur I'entree du fourneauj c'est ainsi qu'est construit celui du citoyen Pa vie ; nous le designons par la lettre B. Voila les deux constructions connues dans notre canton et dans ses environs ; s'il en existe d autres , ce ne pent etre que clicz quelques parliculiers qui ne les ont pas rendues publiques. rOUKNEAU A DEUX EVE^'TS. Ce fonrneau, construit d'apres les dessins du citoyen Pluvi- nct, a, comme le precedent , un cendiier sans porte et une grille semblable ; mais au lieu d'un event, il en a deux prati- ques lateralement vis-i-vis I'un de I'autre. Ces deux events ser- \ent d'entree a deux conduits dans lesquels la flaiiune monte obliquement en parcourant un quart de la circonftjrence de la chaudiere vers le fond du fonrneau oil se trouve un autre event. Elle se reunit a ce dernier pour nionter an tiessus et revenir par la droile et par la gauche vers le tuyau ou elle ne pent en- trer qu'apres avoir descendu et monte deux fbis autour de trois languettes vcrticales qui se trouventde chaque cute h. s. >n ]ias- sage, jiour retarder samarchc. La chalear dans ce fourneau , E T D' H I S T O I n E N A T U R E L L E. ilS npres avoir chauf'fe le fond de la chaudi^ie, en parcourt d'abord une demi-circoiiference et ensuite une circonterence entiere ; plus , deux mouvcinens ascensifs et descensifs de chaque c6te avant de se lendre dans le tuyau : nous designons ce f'ourneau sous la lettre C. FOURNEAtJ A TROIS EVENTS, construit d'apres les plans du citoyen Mesaize 11 a , comme Ics deux derniers, nn cendrler, mais avec xine poitc qui ferine exactement. L'opinion de ce citoyen est que tons. les cendiiers doivent en avoir une, parce qu'au moyen do cette parte on augmente ou diniinue le feu a volonte. II a aussi utiegrille, niaislitaucoup plus petite et plus rapprochee de i'en- tree que celle des precedens. On a vu precedeinment que les grilles etoient a-peu pres de la moitie du diainetre des chaudie- res; celle-ci n'en est que d'tnviron le quart j les autres sont jilacees sous le milieu du fond; celle ci est sous son bord , vers I'entree du fburneau. La chaudiere est , coninie celle des autres, placee au-dessus de son foyer, a une distance d'cnviron le quart ou lecinquieuie de sa hauteur totale. La hauteur de la chaudiere, moins la portion scellee pres son bord , est divisee en trois parties ; ^ chacime d'elle est une cloison horizontale percee d'un event dont la largenr est du cinquieme du dianietre. Le premier event est au fond dufourneau; le second au-dessus, a I'oppose centre le tuyau , et le troisierne perpendiculairement au-dessus du premier. On voit , par cette disposition , que la ilamme , apres avoir chaulfe verticalement le fond de la chaudiere , s'in- troduit par I'event du talon , qu'eile monte , se partage et re- vient lateralement chercher une sortie par le second , dans le- quel elle passe pour monter au-dessus ; qu'eile se partage de nouveau pour retourner vers le troisienie par ou elle nionte encore , et revientenfln vers le devant pour entrer dansle tu-\au; dans cette construction la chaleur se croiseet parcourt trois fois la circonference de la chaudiere, au lieu qu'eile ne se croise et nela parcourt qu'une fois dans le Iburneau a un event, qu'eile jie se croise que deux fois et ne parcourt qu'une circonference et demie dans celui qui en a deux. Nous de:ignerons ce four- neau sous la lettre M. Les plans de ces fdurneaux vous ontete presentes parle citoyen Dclafosse, uotre collegne , qui les a dessines et graves a i'eau forte. iS4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE :^xp£riences faites sur ces differens fourneaux. FOURNEAU SANS BVENT, dit fourneau des blanchisseuses , designe au tableau ci-apres , sous la lettie A. ChauJiere remplie d'eau de riviere jusqu'a 0,11 metre (4 polices) de son bord , contenant 1600 litres, 857 pots, niesure de Rouen. Fourneau froid. Tlierinoinetre de Reaumur , k I'air libre et dans I'eau , h. 9 degres. Feu allutne o midi , 10 minutes. Ebulltion de I'eau portee a 80 degres de chaleur , k 8 heures 45 minutes. Diir^c de la chauffe , 8 heures 35 minutes. Refroidlssement pendant les trois premieres heures qui ont suivi I'ebulition , 5 degres. Bols consomme , hetre sec non flotte ( mesure o,4i stere , en 79 morceaux , poids 207 kilogrammes (4^3 livres poids de marc) ; valeur , 5,i3 francs (5 liv. 2. sous 9 den.). rOURNEAU B. A UN EVENT OU FOURNEAU DE TEINTURIER. Chaudiere remplie jusqu'a o^ii metre (4 ponces) de sonborcl, contenant 1898 litres 998 pots, mesure de Rouen. Thermometre k I'air libre et plongedans I'eau, 6 degres. Feu allunie a 2 heures 23 minutes. Ebulition de I'eau portee a 80 degres de chaleur , k 4 heures 29 minutes. Duree de la chauffe , 2 heures 6 minutes. Refroidlssement pendant les trois premieres heures qui out suivi rebulition , 8,3 1 degres. Bois consomme, hetre sec non flotte , o,3i stere; 61 morceaux, poids i54 kilogrammes (3i5 livres) coutant 3,82 francs. ET D'HISTOIRE NATURELLE. .a35 FOURNEAU C. A IlEUX EVENTS. Chaiullere remplie justju'ii 0,11 metre (4pouces) desonbord, 2077 litres (1093 pots). Thermometre dans I'air libre , comma dans I'eau , 6 degres. Feu a Hume a 2 lieures a6 minutes. Ebulition de I'eau portee a fjo degres de clialeur, a 5 heures. Duree de Ja chauffe , 2 lieures 34 minutes. llefroidissement pendant les trois premieres heures qui ont suivi I'ebidition, 6,85 degres. Bois consomme , lietre sec non flotte , 0,26 stere , 63 mor- ceaux pesant ensemble i33 kilogrammes (270 livres) , coutant 3,28 francs. FOURNEAU M. A TROIS EVENTS. Nota. Ce fourneau , construit deux jours auparavant , etoit alors treshumide. Chaudiere remplie a o,»i metre (4 pouces) de son bord, con- tenant i63o litres (857 pots). Thermometre dans I'air libre , et dans I'eau , 6 degres. Feu allume k 11 heures 58 minutes. Ebulition k 2 heures 4^ minutes. Duree de la chauff'e, 2 heures 32 minutes. Bois consomme 0,24 stere en 60 morceaux du meme bois , pesant 119 kilogrammes (-z43 livres) coutant 2,91 francs. C Le refroidissenient n'a point ete observd , parce que le Journeaii n'etant pas encore sec , il futfait de suite une seconde experience pour s' assurer de combien I'e/fet du feu avoit dtd retards. J MEME r O U R N E A U M. Deuxi^me experience , \S frimaire. Menie quantlte d'eau s'elevant a i63o litres (857 pots). Meme hauteur du mercure , 6 degres tl I'air libre, (il fut plonge dans I'eau pendant que la chaudiere s'empllssoit et que le feu s'allumoit ; il etoit alors 3 heures i5 minutes. ) F.bulition, a 5 heur-es 36 minutes. i36 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMlEr Duree de la cliauf'fe , 2 heurcs 21 minutes (1). Bois consomme, o,32 slere en 58 niorceaux, pesant 114 kilo- grammes (-^.34 livres), coulanc 2,85 francs. Le feu se conserva pendant 3 lieuies 24 minutes, et dans cct intervalie la chaleur de I'eau angmeiita au lieu de dimiiiuer , en sortc f|ue 2 lieures 14 minutes apres Tebulition , elle ctoit a 82 dcgres ; le refroidis- sement ne fut, a compter de I'instant oil la chaleur de I'eau fut: retombee a. 80 degres , c'est-a-dire 3 he u res 24 minutes apres le commencement de son ebulition , que de 3,75 degres pendant: ces trois premieres heures. Quolque nousdonnions la preference ii cette construction , nous croyons ccpendant qu'elle ne couvient qu'aux chaudieres de cette grandeur et au-dessus , attemlu que pour celles de moindre capaciie , les conduits caloriques do\e- nus trop petits , poiuTolent s'obstruer j au surplus c'cst une epreuve k faire. Votre commission , pour augmenter le nombre des resultats qu'elle desiroit vous presenter siir cet important objet, a conti- nue de faire de nouvelles experiences sur des I'ourneavix d'an- cienne construction ; elle s'est transportee k I'hospice general de cette commune; elle s'est appuyec de la lettre que les admi- nistrateurs vovis out adressee le 19 nivose dernier , par laquellc ils invitent la societe, dans le cas ou le gouvernement se por- teroit k faire etablir , k scs fiais , des fburneaux inodeies, a. demander que ces fourneaux soicnt construits dans I'hospice , parce que I'avanlage qui en restiltcroit, seroit d'abord au prolit de I'hospice , et ensuite du gouvernement qui fourait aux de ■ penses de cet etablissement. Vos cominissaires se rendirent a I'hospice le 24 du nieme mois, sur les neuf heures du matin , dans I'appaitoment dit /cs bains des hommes , et firent I'experience suivante dans le fourneau destine an service de ces bains. lis observerent d'abord la construction de ce fourneau qu'ils trouverent ^tre exactement celle du fourneau de blanchisseuses, que nous avons cite le premier en ce rapport. ( V oyez sa des- cription.) — lis remarqu^rent seulement deux vices qu'il avoit .{1) C'est 26 minutes cVacceleralion sur la premiere experience, quoiqu'apres cette secondo chauffc le fourneau ne ful pas encore sec. Voire commission eslime cependanl que la cluilcur qu'avoit contracle ce fourneau p^r la premiere rhaulfe , a dii accelcrer cetle seconde d'environ 1 1 minutes , ainsi elle n'a du etre que d.e i5 miuutcs plus proniple que Ui premitri;, de E T D ' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 13/ tie plus que les autres ; c'est , i". rexliaussenieiit de !a cliaudiere an-Jessus du foyer , qui est d'environ moitie de la profondeur de cette chaudiere ^ au lieu qu'il ne devroit etre que du quart, ou meme que du cinquienic; ct , a", que la ma^onnerle etoit eloignee dans le has de la cliaudiere d'environ un quart plus qu'elle n'anroit du I'etre. Ces deux de/auts esscntiels rennis, firent presumer a votre coinniisf.ion que I'air devoit s'introduire dans ces vasies espacesj entre la flanjme et la chaudiere , dini:- nuer I'effet du feu qui ne pouvoit aianquer de s'engouffrcr par la clieminee; c'est pourquoi avant de commencer I'operation , ils placercnt en dehors, coiitre son tuyau, et a une liauteur de i3 metres (40 pieds) un tliermouietre , pour en observer la va? riation lors de I'epreuve de ce fourneau. FOURNEAU UES llAINS^ A I^'hOSTICE GENERAL, Chaudiere remplie dans toute sa capaclte, 770 litres (4o5 pots). Fonrneau froid. Thenuometre k I'air lihre et dans I'eau, a 6 degrcs. Feu allume a 11 heures So minutes, I'eau portee a 80 degres. Ebulition a 2 heures. Duree de la chaufle , 2 heures 3o minutes. Degre de chaleur , observe au thermoni^tre d'en liaut , 14, 5 degres; c'est 8 desres-'i- d'auomentation. Bois consomme, lietre sec non flotte , o,36st^re, pesant 173 kilogrammes (354Hvres), coutant 4>3o francs. Le refroidissement de I'eau ne fut point constate. II est cons- tant qu'il seroit rapide dans ces sortes de fourneaux , si le Ijra- sier immense qu'on y laisse ordinalrement en etoit retire : c3 brasier s'y conserve pendant 36 et mSme jusqu'a 48 heures; ainsi le refroidissement ne doit s'operer qu'eii raison de la diminution du feu. Eulin , pour vous presenter line experience de plus, votre commission jeta les yeux sur le fourneau de la grande chaudiere de la brasserie du nieuic hospice , en clioisissant un jour ou Ton devoit , pour le besoiti de la maisonj faire chauffer cette chau- diere. Ce iourneau est encore de I'ancienne et de la plus vicicnse construction ; c'est le fourneau des blanchisseuses dans sa iiar- tie superieure , car la uiacjonnerie ne comporte point d'eveiit ; luais c'est celui des teinturiers dans la partie.mferieure ', puisqu'il Tome rJI. PLUVIOSE an 8. S i53 JOURNAL D E PHYSIQUE, D E C H I M I E a im cendrier convert d'une grille. Le tuyaii de la clieminee est sur rentree. Les principaux defimts de ce fourneau soiit line ^rilhi trop longue, et dontles barreanx sont trop cspaces , la (.Iiaudiere trop exliaussee au-dessus de cette grille , et uu intervalle trop grand eiitre la macorinorie et la chaudieie. La flammc dans ce fourneau, doit chauffer ensemhle le fond et le contour dc la cliaudiere , jusqu'aux f dc sa hauteur, et re- venir sur Ten tree se jctter dans la cheaiinee. rOURNEAU DE LA GRANnE CIIAUDIBRE DE LA BRASSERIE DE l'hOSI'ICE, EE 26 KIVOSE. Capacite de la" chaiidlere remplle jusqu'a 0,16 metre (6 pou- ces) de son bord, 3521 litres (2798 pots on ly inuids). Feu allunie k 6 lieures 00 minutes du matin. Thermoraetre al'air libre,et dans I'eau au terme de la glace. Ebulition on I'eau a 80 degres , a 11 heures. Durce de la chauffe , 4 heures 3o minutes. Bois consomme^ li^tre et charme sec non flotte, ij5 buches dc 0,81 metre (ou 3o pouces), faisant ensemble 3,09 steres ( c'est YH d'une corde de buches de 3o pouces) , pesant 1,196 kilograinines 2445 livres). Le refroidissemeiit ne fut point observe, pour les memes rai- sons que celles exposees a la suite de la precedente experience. R £ S U M i. Votre commission , citoyens, se borne aujonrd'hui au compte qu'cUe vous rend, parce que les experiences (jui vont I'occuper sur le meme objet, feront la matiere d'uii nouveau rapport; elle ne vous entretiendra done que des remarques qu'elle a faites sur le present travail. Eile csllme J i". que le premier de ces fourneaux, celui qui n'a jias d'event , est tres-prejudiciable a reconomie, que la cons- truction en devioit etre proscrite a cause de sa graude consom- mation de bois. Nous avons vu , par une experience dont nous n'avons pas fait mention dans ce rapport , qu'une chaudiere contenant 3566 litres (1874 j'Ots), adaptee a uu fourneau u deux events, n'a consomme, pour etre portee a ebulition , que 0,34 stere de bois. E T D' II I S T O I R E N A T L R E L L E. ion . pcsant 171 kilogrammes (35o livres), qui n'ont coute que 4}"^^ francs, tandis qvie cettc nieme quaiitite d'eau , cliauffee dans le f'ournrau de la brasserie, auroit consomme 6,5o stere, pesant 256 kilogrammes (Sa.S livres) , qui auroient coute 6,35 iiaucs ; c'est une difierence de plus d'un tiers. Cette difference seroit Liien plus frappante si oil reunissoit les quantites d'eau cliaufiee dans les trois chaudieies des fourneaux sans events , on verroit cju'elles torment ensemble uii volume de 7721 litres (4060 pots); c'est ?.8 muids un quart ; qu'ellcs ont coi\le k chauil'er 3,16 stores de bois pesant 1576 kilogrammes (3222 livres), coutant 3i^,io francs, et qu'en compaiant celte depense a. ceile du precedent lonmeau qui a chaut'ie plus de la iDoitie du meme volume d'eau , moyennant une sonuue de 4)^5 fiancs , il y a une economie dans le bois, de 3,36 stores et de 29,09 francs dans la depense , c'est-a-dire des trois f[uarts. On se persuade aisement de cctteverite , qiiand on considere I'enor- me quantite de chaleur qui s'engloutit , coaiine nous I'avons dit , dans une clieminee dont elle echauffe le tuyau de H,5o degres a une hauteur de i3 metres ; que la flanime de celui de la brasserie s'el^ve de 6 ik 7 metres (19 a 20 pieds) pendant que les clieminees de fourneaux a events restent froides, nieme proclie des cliaudieres. Votre commission estirae que le fourneau k un event est sus- ceptible de perfection. Le citoyen Pavie ayant retreci cet event du tiers au quart de la circonference de la cliaudiere , a fait le premier pas, car les fourneaux moiites a sa maniere , econo- misentdans la depense un sixieme sur les anciens. Ces fourneaaK qui chauffent vivement et qui rcfroidissent de meme , ont sous ce rappo/t , leur utilite particuliere , principalement pour les operations de teinlure. Le fourneau a deux events , construit par le citoyen Pluvinet , merite aussi des eloges a son auteur; s'il cliaufle plus lentemenc que celui a un event, il a i'avantage de conserver sa chaleur ^plus longteinps. Votre commission estime que le fourneau a troisc vents , construction du citoyen Mesaize , est le plus avantageux et le plus parfait de tous , en ce qu'il consomme iiioins debois, jiarce que la flamme y suit une marche plus regnliere, et qu'il est fa- cile k netoyer. 11 est incontestable que, s'il eut ete possible a vos comnrissaires de le faire chaulfer de nouveau, la chanffe auroit e'.eplus vive , puis([ue ce fourneau ii'etoit pas encore sec lors de la derniere epreuve qui' en a ete faite. S 2 i4o JOURNAL DE P H Y S I Q U E , D 1 ■ C II I M I E Dans le cas oir I'on objecteroit a votre coinniission que , poui' la plus grande exaciitucle de ses experiences elle auroit du clioi- sir des chaudieres d'egale grandeiu , eUe rejioiidroit que ces chaudieres ne se trouveut pas dans le nieaic atelier , et qu'clie a ete obiigee de les prendre telles qu'elle les a tronvees; elle a seiileuient en egard h. leurs proportions. II lui reste k prevenir une objection relative a la consoinmatlon des conibustlblcs qu'elles exigent, et a I'econoniie respective qu'elles presentent. Par rapport k ce dernier avantage, nous avons eprouve qu'iine chaudiere de 2077 litres ( 1092 pots) a consomme^ |>our porter ;i t'bulition , 0,28 stere de bois pesant 140 kilogrammes (286 livres), cofitant Ji,83 francs , et qu'une autre contenant '6566 litres (187J pots) sur un I'ourneau de menie construction , n'a con- somme que 0,34 stere pesant 171 kilogrammes (35o livres) coiitant 4,24 francs. On voit par cette comparaison , fju'un kilo- gramme (2 livres) de bois n'a chauffe, dans la petite chaudiere que 14,80 litres, et qu'il en a chauHe 20, 85 dans la grande. Votre commission terminera son rapport en invitant lasociete a. donner au present la plus grande publicite, afin d'engagerles citoyens qui font usage de fourneaux , a rectifier ceux qui en sont susceptibles. Dans le cas oil ils ne se trouveroient pas assez instruits par le present rapport , ils pourront se transporter dans le local tie la societe, a I'ecole centrale, les nonidis, entre six et neiif heures apres inidi , c'est-i-dire a I'lieure de vos seances ; ils y verront les modeles de ces differens fourneaux executes par le citoyen Delafosse , habile entrepreneur-constructeur, qui en a >.• nstruit la majeure partie, et qui a volontairement et gratui- tement prescnte a votre societe ces modeles ; ils y verront aussi les dessins qui en ont ete faits et graves par le citoyen Bruno Delafosse , luUre collegiie et inembre de cette commission, et ils y recevront toutes les instructions qu'ils peuvent desirer sur cet objet. Nous joignons au present nn tableau oil vous pourrez saisir d'un coiip-d'adl le resultat des experiences, et juger de leur luerite. P3g. l40' Tome 7. IF. DiSIC E FOURNE-^_ EMPI BRASSERIE. HOSPICE GENERAL. s. anc. Jffes. nouu. Mes. anc. Longueur d . Larireur. . Hauleur. . Loni^ueur c . L-irgeiir. . Siiperficie. Diotance tli . . du lour Distance de^ouces. aux chap, Diametre dp. 2I. Profondeui; pois. Capacile. -5 pols. Quantitc ddegr^s. Degre du I Temps em]. 3o m. ebulitio Refroidissee. heures.. . . . Bois confOJj livres. Poids. . .) s. Prix. . . . 1,95 metre. 72 pouces. 0,43 met. 16 p. Oj^tG met. '7 P- i,3o met. 48 p. o/i3 met. 16 p. Oj56 met. q. 768 p. q. 0,70 met. 0,49 met. 2,3 1 met. 1,64 met. fiooo litres. 5331 litres. Glace. 27 p. 18 p. 85p. 3L 60 p. 7 I. 3i54 poisi, 2798 pots. 4 h. 3o m. Point observe. 2, .19 stere. 170 more. 1 196 kilogr. 2445 livres. 29,68 fr. 29 1. i3s. 9 d. Pag. 1^0. Tome 7. TABLEAU C O M P A R A T I F. Dl^SIGNATION D E S FOURNEAUX, EVEINTS, EMPLACEMENS. Longueur de leurscendriers. Lari?eur Hauleur. Longueur de leurs grilles. . . L^rgeur - . Siiperficie Di:jtance de la grille a la portc du iburnenu Dislance de la grille oudel'atre anx chaudieres. ....... Diamctre des chaudieres. , . . Profondeur Capacile Quantite d'eau cliaufTee. . . . iJegre du thermomelre Tumps employe pour porter a ebulilion Refroidissement pendant trois heures Bois coHfomme Poids Prix ATELIER j> u CITOYEN PAVIE. B. UN EVENT. A T E L I E Px D U CITOYEN PAVIE. 3fes. Jiouu. Jkfes. anc. 3fes. nozir. Ji/t 0,27 metre. 10 pouc. i,52metre. 56 p. 61. i,og metro. 4° P- ^ '• 1S21 litres. gSypots^. i65o litres 867 pots. 9degres. 8h.5jm 3 degres. o/p sterc. 79 more, aoykilogr. 423 livres. 5,i3 fr. 5. 1. 2s. 9 d. Ouvertdesdeuxbouts. 0,65 metre 24 pouc, i,3o met. 48 pouc. 0,81 met. 3o pouc, 0,54 met. 20 pouc, 0,43 met. q. 600 p. q. C. DEUX EVENTS. ATELIER 1) V ■ CITOYEN PAVIE. dfe3. notn'. BTes. anc. Ouvert des deux bouts. 0,65 metre. 24pouces. i,3o met. 48 p. i,i4 met. 4a p. Oj65 met. ai p. 0^74 met. q 1008 p. q. 0,65 met. 24pouc. o,'j2 met. 34 P- o,3o met. 11 pouc. 1,62 met. 60 pouc. 1,08 met. 4o pouc. 2i4i litres. 11 25 pots. 1898 lit. 9y8pots. .... 6 degres. .... 2 li. 6. HI. .... 8,32 degres. 0,3i5tere. 61 more. i54kilogr. yi51ivres. 5,8:ifr. 3 1. 16 5. 6 d. o,3o met. 11 p. 1,66 met. 61 p. 3 1. 1,10 met. 4i p. 10 1, 2317 litres. 1217 pels. 2077 litres 1092 pots. 6 degres, a h. 34 m, 6,85 degres, 0,26 slere. 63 more. i33 kilogr. 270 livres, 3,28 fr. 3 1. 5 5. 6 d. M. TUOIS EVENTS. ATELIER D U CITOYEN PAVIE. Mes. noiiv. Mes. anc. ofyj metre. o,S2 met. 0,32 met, 0,49 met. 0,55 met. 0,17 met. q. 0,62 met. 0,27 met. 1,52 met. 1,09 met. 1821 litres. i63o litres. 36 pouccs, iz p. 12 p. iti p. i3p. 234 p. q. 23 p. 10 p. 56 p. 61. 4op. 31. 957 pots J. 857 pots. 6 degres, 2 li. 32 m BAINS. HOSPICE GENERAL. Men. noun. Mes. anc. jyjas. nouv. Mes BRASSERIE. K O S P I C E GENERAL. 0,43 metre. 16 pouces. i,i'imet. ^2 p. 0,y^ met. 3i p. 2I. 770 litres. .405 pots. 770 litres. 4o5pols. 6 degres. 2h. 3o m. 3,75 degres. Point observe. 0,23 stere, 5S more. o,36 sicre. .... i 14 kilogr. 254 livres. j 73 kUogr. 55't livres, 2,85 fr. 2 I. 17 s. ,4jju fV. 4 1. 6 s. 1,95 metre. ' 72 pouces. 0,43 met. 16 p. Oj46 met. 17 p. i,3o met. 48 p. 0,43 met. 16 p. o,56 met. q. 768 p. q. 0,7^ met. 27 p. 0,49 met. 18 p. 2,3i met. %5> p. 3 1. 1,64 met. 60 p. 7 I. 6uoo litres. 3i54 pols^. 5321 litres. 2798 pots. Glace. l\h..'So in. Point observe. 2,39 stere. 1 j5 more. 1196 kilogr. 24451ivre5. 29,68 fr. 29 1. i3 s. 9 d. ET D'HISTOIRE NATURELLE. i4i E X A M E N DE QUELQUES OPINIONS DE M. A. HUMBOLDT , CO^TENUES DANS UNE LETTB.E QU'lL A ABMSSEE A J. DELAMtTHERIE , INSEREE UAXS CE JOURNAL (l) , Par G. A. Deluc. Celte lettre de M. Humboldt, ecrite de Cumana dans I'Am^- rique meridionale, au mols de juillot de I'annee derniere , rend compte de son sejour a I'ile de Teneriffe et de son ascension au sommet du Pic. Passant ensuite a des idees generates sur les rapports qu'il suppose qiie les iles Canaries et d'autres groupes d'iles ont avec les continens voisins , il s'cxpri'.ne en ces termes : tcLes Aendemiai>e dernier^ page 433. yf2 JOUR NAT, DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE tion des foimations basiiltiriucs de Lisboniie : que chacun de ces groupes, et cliacua^rfles -lies qui les composent, doivent.leur ori£,ine ;i des cruptlTOS volcaniqiies distinctes , eruptions parti- culleres a chaqiie fond de luer sur lequcl elles ont elsve ces lies : (.[ue ces ilesne soiitpas inieux une continuation des hasa'.tes dcLisbonne, que cenx-ci ne sont une continuation des basaltes d'Irlande, des Hebrides et de THeckla; que tons ces syslenies Ijasaltiqucs soiit provenus d'eruptions particulieres , isolees les lines des autrcs, qui n'ont point eu de foyer cominun. C'est aiusi que le Vesuve a ses eruptions qui lui sont propres ; fine Stromboli et Vulcano out les leurs, et que I'Etiia a les sicnnes. Ces eminences volcaniques ont si peu de liaisons entre elles J (lue quoiqu'a une distance tres rapprocliee , conq)aiative- ment a celle des lies citees par M. Hundjoldt, avcc I islionne , Stromboli et Vulcano sont separees de I'Etna par des luonlagnes calcaires et des niontagnes a mineraux. La distance seule de plu- sieuis cenlaines de lieues, qui separe ces groupes d'lles des cotes- de Portugal , interdisoit cette idee de continuite. La Eoconde partie du passage que j'ai cite, n'est pas nioins extraordinaire. «Les flots, dit M. Humboldt j anienentet jettent de la cote d'Afrique sur les bords de Tenerilfe des granits et des schistcs , dont il est a supposer que les ciraes de I'Atlas sont composees, et qui se prolongent vers les cotes de Maroc. " Les pieries vont an fond, est un adage fonde sur la verite. Ce seroit done apres avoir ete entraini^s sur tout le fond de iner qui separe I'lle de Teneriffe de la cote de Maroc, que, dans rhypotlifc'sedeM. Humboldt, ces granits et ces scbistes , pousses par les ilots , seroient arrives a cette lie. Si par les flots il entend les vagnes , cette agitation de !a mer n'ttant qu'a sa surface, ne pent rien operer sur son fond; et les values nieme , loin d'eniporter et cliarier a de grandes dis- tances, des pierres du rivage de Maroc, elles y repoussent , Sans- doute , comnie sur toutes les cotes , le moilon qui tombe des escarpemens. Si par les flots il entend des courans , ils u'atteignent pas non plus a de grandes profondeurs ; et quand ils les atleindroient , n'etant produits par aucune pente rapide qui determine leur ecroulement, ils laisseroient chaque pierre k sa place, et les travaux contlnuels des insectes maiins contribueroient encore a les y rctenlr. • Qu'on observe ce que peuveut les rivieres elles-memes ^ des qu'unc pente i-apide neles I'avorise plus ; elles cessentalors d'eu- ET D'HISTOIRE NATURELLE. 143 trainerles debris des montagnes d'ouelles tirent leur source, et ce qu'elles tiansportent jiiscjii'a la iner , n'est plus qii'un sable Ires-lin. Ainsi done, sous cjaelijue rapport qu'on envisage ces Jlots de la iner , ils n'ont pu ainener aucune pierre des rivages d'Afrique sur ceux de Teneriffe. En f'aisant lui-ineine ces reilexions , M. Humboldt auroit coiripris que si les pierres "^ju'll a observees sur les bords de cette lie sent bien en etfet des schistes et des granits , et noii pas quelque espece de lave qui en ait I'apparence , ce sont des debris des couches rompues , au travers desquelles les ernp- tions volcaniques souterreines se sont fiait jour , et ont eleve cette lie, coniine tiles ont eleve les lies yoisines et les groupes des Acores et du Cap Verd. Maisje ne suis puis sans quebpie doute, que les pierres dont il s'agit soient bien reellement des schistes et des granits. II peut facilement se glisser des meprises , et ce ne seroit pas les premieres de ce genre , prodvjites par I'apparence de quelqiies laves anciennes , lorsqiie I'observateur n'est pas tres-cxerce. J'ouvre la relation d'un voyage de I'ambassade anglalse a la Chine, et je trouve au chap. IV , qui traite de I'lle de Teiie- riffe , un passage qui semble lait expres pour fixer Tojiinion , en confirmant de la maniere la plus precise ce que je viens d'exposer. Le voici : cc En parconrant I'ile de Teneriff'e , le doctenr Gillan observa que tout ce qui annonce une formation et une origlne volcaiii([ue , est plus midtiplie et plus frappanl dans cette lie qu'ii Madere. Toutes les pierres eparses sur le rivage , tout le sol et les rochers de Santa-Cruz sont evidemment volcaniques. Le docteur examine les pierres qui sont dans )e lit de la riviere , celles qui out servi a batir le pont qui la traverse et celles qui forment le pave du cheniin qui conduit aux montagnes. Toutes sont de la lave com- pacte. . . . Enfin les murs de Laguna et de Santa-(]ruz n'oflrcnt aucune autre espece de p'erre. » Et ces observations enoncees sans exception , sont faites justement sur la cole qui fait face a I'Afrifpie. M. Humboldt dit encore que le Pic de Tenerlffe , immense montagne basaltique, parol t reposer siir de la pierre calcaire dense et secondaire , qui est la memc que celle de sept ou huit cotes, qu'il nounue , ties-eloignees les unes des autres ; et il ter- mine cette enumeration par ces mots : « Voyez avec quelle uni- formiie le globe est construil ! » Yoila encore un de ces elans de I'imagination , qui conduisent i\\ JOURNAL DE PH.YSIQUE, DE CHIMIE larcineiit u. la verite. Peut-on espcrer de la decoiivrir en partant d'niie supposition ? Lcs bases sur lesrjuelles reposerit le Pic de Tiiieriff'e sont au fond de la nier , et par consequent liors de la [lOrtee de iiotie observation ; nous ne j)ouvons juger de ce qu'il est que dejiuis le niveau de la mer. Je nc lai pas vu, mais je jtigerai par ana- loi^ie de ce qu'il doit ^tre. • Cc Piccelejjre est un volcan ; ce fait est generalement reconnu, ft M. Humboldt lul-nie:ue en donne la preuve dans sa narration. De nieiiie done quele Vesiivej I'Etua et toutes lcs iles de Lipari qui sont ou ont ete des volcans , ne niontrent dans lear com- position , depuis leur base , prise a*u niveau de la mer , jusqu'a leursommet, que des niatieres volcaniques , de nieme aussi le Pic de Tenerlfte ne doit etre compose que de ces meines niaii^res. ft cette consequence, (|ui resulte de la seule analogie, est con- firmee par tons les voyageurs instruits qui ont visite ce famenx yoloan. Rien done ne conduisolt M. Humboldt a penser qu'il reposoit sur de la pierre calcaire. Qn pourroit raeme decider d'avance, s'il etoit possible de le verifier, que toute sa base , depuis lu niveau de la mer jusqu'a son fond , est aussi volca- iii(jue. Le docteur Gillan vient encore a I'appui de ces resultats. 11 est dit a la suite du ])assage que j'ai cile : « 11 n'y a point de pierre calcaire k TenerilTe ; la chaux dont on se sert pour batir, est apportee de quclqu'ile voisiiie.« M. Kirvvan a ponse de uieme, d'apres les recits du comte do Eorcliet du pere della Torre, que la base du Vesuve et celle de I'EUKi litoieut de pierres neptunicnin's ; mais j'ai demontre, par des observations plus exactes , que ces recits sont sans ionde- nient(i). C'est ainsi que I'erreur nait et se propage , et que les juogres de la science seroient arretes si des observaleurs plus atlentifs n'avoicnt pas ete dans les meincs coiitrees. J'es[)ere que M. Humboldt ne sera point facliede cet ercamen. Sa Uttre a ete rendue publique , il etoit juste que ses ojiiuions lussent discutees de nieme, et j'cspere encore que cette discus- sion contribuera a les lui faire abandonner. La geologic est une branche si essentielle derhistoirenaturelle et de la physicpie, ([u'on doit tacher , autant qu'il est possible, de ( I ) Cakier de inesjidor dernier , pag. 23 a Sj. la r; T D' H I S T 5 I R E N A T U R E L L E. i45 la garantir des erreiirs ou le manque d'attcntion pent faire toiiiberet a fait tojnijer plusieurs ecri\ains qui se sont occupes de cette science. II est si interessant de connoitre I'histoire de notre ^lohe , de se rejidre raison des revolutions qu'il a subies et de I'eiatactuel qui en est resulte , qu'il ne faut negliger aucune des questions dont in discussion jieut avancer celte cdnnoissance. C'est le but que je me suis [)ropose dans cet examen. Les eruptions volcaniques out joue un si grand rule, qu'il est esscntiel (pie le uaturaiiste geologue soit tres-instrult sur ce phenoaieue, afiu de ne pas irieconuoi're ce qvii lui appaitient, et de ne pas )ra attribucr ce qui ne lui apparticnt point. C'est ce que j'ai taciie de developper en examinant I'opiuion de M. Kirwaii , et (ju indiquant ceile des Lettres physiques et morales sur I'histoire de la terre et de Vhotniae, ou ce sujet est traite avec etendue. Qu'il nie soit permis de rapy)eler a. celte occasion une conjec- ture que je fbriiiai deja en 17-17; e'Je est consignee dans la quarautc-neuvieine de ces lucnics Jettres , page .(47. J'eto's au somiuet du rnont Pelegrin, qui doiidne le Cap de Sainte-Rosalie , pres de Palerme, d'ou je decouvrois tout le groupie des lies deLi[)ari, que je venois d'observeret que j'avois sous les yeux. Je savois , dapres mcs observations , que toutes ces xles etoient volcaniques , et leur figure en forme de cone , de. deux desqueis sortoit de la fumee, me frappoit d;ius ce ino- iiaent. Un trait de lumidre, sorlide cet ensemble , vint m'eclai- rer. Certainement , dis-Je , toutes ces petites lies en groupes, et ces lies solitaires repandues au milieu des mars, ont la menie origine. Voila evidtiament la solution d'une difficults qui a tant emljarrasse jusqu'iri les ecrivaius geologues. Ces iles solitaires et ces groupes d'iles ont ete eleves par des eruptions volcani- ques , coinnie les lies que voila. Des-lors rien n'est plus aise a, comprendre que leur existence et leur position : quand on aura des nr*Aigateurs observateurs et instruits , je no doute pas qu'ils ne reconaoissent la verite de cette conjecture qui rue frappe. — Elle s'est des lors pleineinent verifiee. Ces lies repandues en grand nombre, ^ toutes latitudes , ati milieu des plus vastes iners , sont une sonde nJus sure que des calculs fondes sur une theorie des maree's , l)0ur determiner quelles penvcnt etre les profondeurs de I'oceari. ElUes deposent d'une nianiere evidciite fpie ces profondeurs, loin de pouvoir etre de quatre lieues , en sont a peine la huitieme partie ; et quant au nombre de ces iles, on ajoutc celles qui ne snrjt pas Tome VII. PLUVIOSE an 8. T i46 JOURNAL DE PHYSIQUE, BE CIIIMIE volcaniquesj cette consequence acquiort un noiiveau degre de force. On objectera peut etre que c'est dans les espaces ou il n'y a pas d'lles volcani(|ues que sunt ces proi'oiideurs ; on ne peut pas affirmer le coiitiaire , sans donte , mais I'tspaceest deja blen re- duit ; et Ton est tout aussi fonde k repou die , que si Ton n'y "voit pas dcs lies volcaniques, ce n'est pas a cause de leur 2,rande profondeur, nials parce que le fond nc conJ.ient pas de inatieres inflammables propres a les elever; et I'anaiogie vient i I'appiii de ce raisonnement, daus ce qui est k la poi tee de notre obser- vation. Ce sont nos continens, autrefois le fond des niers ; ils ont de bien plus grands espaces ou il n'y a point de traces vol- caniques , que de ceux oii I'on en decouvre , et leurs cnfonce- mciis et leurs eminences ne presentent rie'n ipii approche d'une telle hauteur. Ainsi nion objection contre uno profondeur de quatre iieues donnee a I'oc^an, tiree des nombreu.ses iles volcani- ques, reste dans toute sa force. Ce n'est pas en considerant une question compliquee, sous une seule de ses faces, ([n'on peut esperer de la resoudj'e , mais en combinant tous les faits qui lui sont relatils et qu'on doit cher- cher a. connoitre. OBSERVATION SUR LA GIOENIA, Par Draparnaud, professeur de I'ecole centrale, ti MontpelUer,' Gioeni, rtaturaliste napolitain , annon^a , dans le temps , la decouverte d'un testacee trivalve tt devant former un iiouveau genre auquel il donna son propre nom (Gioenia). II en decrivit longuement la structure et la maniere de vivrc ; il en il^ssina Ics diverses parties ; en un mot, il n'oublia rien de ce qui pourroit operer la conviction, chez les naturalistes (i). Sur la foi de Gioeni, deux homraes d'un tres-grand merite, Retzius et Bru- giere , admirent I'existence de ce nouveau genre, et le decrivi- reiit, le premier, sous le nom de trlula gioaiiii (2) j le second , ( 1 ) Descript. di una nov. famig. tli teslic. Norpoli i 783 , lab. I , fig- i-i3. (2) Diss, lie aovis testae, generjbus. Tuuda; lyiiS. ET D'HISTOIRE NATUHELLE. i4t sous cc\m\ Ae gioenia sicu/ci (i). Aiijoiirii'liui tons les concliy- liologistes n'ont pu , d'apres de si grandes autorites, qii'adniettre le char sicilien au rang de genres de testacees niultivalves. Eh bien ! ce faiiieux char s'lcilien , ce nouveau genre si anonial , n'est pas memo nn animal coinplet; c'est seulement I'estomac niusculo-osseux de I'animal de roublie {Bulla lignarla , Linn). Cet estoniac est compose d'nn muscle tendineux tres-fbrt , cpii unit trois os de forme irreguliere , et s'attaclie h. leur face in- terne. Ce sont ces os que Gioenia decores du notn des valves de la gioenia. A I'aide de cet estomac qui est tres- susceptible de dilatation et contraction , I'animal de la bulla lignaria pcut avaler d'assez grands testacees ex. en broyer faciiement la coquille. Les deux tubes que Gioeni a appeles trompe ou trachee, et tube excreteur , sont , I'un , une portion du tube intestinal , et I'au- tre roesophage. Je compte publier dans peu un memoire tres- detaille relatif ^ cet objet , et qui contiendra la description et les dessins de diverscs parties de raninial de la bulla lignaria , avec des observations sur sa maniere de vivre. On y verra que la longue histoire du char sicilien, donnee par Gioeni, n'est ab- soluinent qu'un reman, et que cet animal imaginaire , deja trop cSldlire , doit etre efface pour jamais du tableau des tes' tacees. Draparnaud , professeur de I'ecole centrale. Montpellier le g nlvose I'an 8. (i) Encycl. meth., torn, i , p. 5oa pi. 170. T a JOURNAL DE PHYSIQUE, D£ CHIMIE L E T T R- E DE A. M. VASSALLI-EANDI A J. BUNIVA, Professeur de Medecine dans I'Universite de Turin , SUB. l'electricite an I male. MON AMI ET COLLEGUE , Le plienomene electrique que vons avcz observe dans mon electrometre pose sur le dos d'nne bete inalade , au nionient de ses irissonnemcns , ine paroit ere line suite necessaire de la theo- rie electrique geneiale , et des modilications qu'elle eprouve dans I'economie antmale. Voici comment, dans nia lettre sur I'origine de relectricite animale, je crois avoir prouve que dans I'etat de sante i'lioinme, tout coinine les antres anirnaux, a des parties ^lectri(Ries positivement , tandis que d'autres parties le sunt negativement. 11 paroit que dans I'aniinal la partie negative , celle des ex- cretions, estmoins forte que la pariie positive, celle du sang. Or, si I'alteration de recononiie aniujale rei;verse les bornes naturelles de.l'electricite dans le corps , a cause de ia tendance de celle-ci a se mettre en equilibre , elle doit s'ecbapper et se manit'ester preciseinent dans les niomens que les bornes sont renversees ( Journal de Pliysi(pie , messidor an 7) , o'est-a dire lor.sque le A irus altere les parties interieures, ce que prouveiit lesfiisson- neinens; la t'rayeur et les autres passions violentes alterant I'eco- iioinie animale , doivent aussi produire le me ne eft'et Ahisi vous avez vu I'ecarteinent des bandeletles d.ins mon electromeiie pose sur le dos de I'aniuial , soit dans les frissonnemens causes par la maladie contagieuse, soit dans ceux profluit'; par la crainte. "Vous voyez que la nieme theorie vous explique aussi le defaut d'electricite que vous observatcs dans les chats inalades. Je suis persuade que ce defaut n'existcra qa'aprcs ]>lMsieurs jours de maladie , que I'econoniie animale se troiive derangde. A la suite des experiences electiiques que j'ai faites sur I'eau et la glace . E T D' II I S T O r R E N A T U R E: L L E. lit) (Mcmorie della societa italiaiia, torn. Ill) , je les ai repetecs sur plusieurs liquides , ahiraaux et vegetaux,' ainsi que sur diffii- reiiles preparraions de I'eau. L'urine et les humeurs aniiiiales me prescntcreiit le plus haiit degre de difference ^lectrique : vous voycz done que les fails appuient inon opinion. Cependantcomine j'ai.trouve que le sang de ceux qui ont la fievre interniittente est encore ^lectrique positiveinent ( Journal de Physique, germi- nal ah 7), il seroit curieux et utile de voir dans quelles maladies , et k quel degre de ces maladies il perd son electricitei L'elec- trometre ne pourroit-il point servir ])Our distinguer les maladies sans ressource, ou etre, pour ainsi dire, un vitalitometre ? Mais coniljieii nous manque-t-il encore d'experiences pour s'appro- cjier de ce point de perfection de la science electrique? La decou- \erie de relecfricite dans la torpille parut surprenante ; celle de Cotugno, qui eut la secousse electri(|ue d'une souris qu'il anato- misoit, celle de Tonso qui I'eut d'un cliat^ nies experiences elec- triijues sur les rats , paroissoient ne rien laisser k desirer ; mais rimmensite de la nature olfre tou jours de nouvelles recherclies,. ; et aujourd'hui que j'ai trouve I'electricite contraire du sang et des excretions, je vols combien il reste a faire pour require ar Ipur juste valeur les opinions de Gatdini, Bertholl-on , Tressan , Carlieu sur I'electricite animale. Vous avez j^ris la nieilleure route, qui est d'interroger la nature par I'experience ; continuez toujours, etvous aurez la satisfaction d'avoir recule les borxies de la science. I'w JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE VOYAGES DANS LES DEUX SICILES • 1ST- DANS QUELQUES PAaTIES DES APENKINS, Par Spallanzani, professeur d'liistoire naturelle dans I'univcr- site db Pavie; traduiis de I'italien par G. Toscan , bibliothe- caire du Museum national d'liistoire naturelle de Paris, avec des notes du citoyen Faujas-de-St.-Fond ; six vol. in-l!". A Paris, chez Maradan, libraire j rue Pavee -Andre -des- Arcs , E X T R A I T. Ces voyages renferment une multitude de faits interessans en mineralogie et en' geologic ; nous en ferons connoitre plusieurs: En voici iin <]ui est tres-reniarquable j c'est la formation d'une espece de pierre , dans le sein de la mer aupres de Messine. L'au- teur le rapporte dans les termes suivans : A la suite de ces courses sur les collines et les monfagnes des environs de Messine , je fus conduit par I'abbe Grano au bord de la mer, eu face de laville, pour y voir un phenomena plus reel qu^celui des madrepores existant dans le granit , je veux dire une pierre sablonneuse qui se forme dans les eaux , et se reproduit ^ mesure qu'on I'enleve. Fazello a fait mention de cette reproduction; I'explication qu'il en a-donnee se ressent dn siecle oil il a vecu. Saussure en a aussi parle,et ce natura- liste a su en penetrer la veritable cause. De nouvelles vues se sont offertes a moi, je vais les exposer tl mon tour. Cette pierre ne se regenere jamais que sous I'eau ; c'est 1^ qu'on I'exploite pour la faire servir principalement k des nietdes de moulin ; quand les mineurs en ont enlcve un gros bloc, ils sont siirs qu'une nouvelle pierre se formera a la meme place : cette regeneration se fait, non pas subitement, comme I'on pense bien , mais par succession de temps. Si au bout de trois ou quatre ans on visite I'endroit qui a et^ mine , on s'apperroit que le sable a acijuis un premier dcgre'de consistance, mais trop foible pour que le ciment qui en lie les grains resiste ^ 4a pres- siuu du doigt ; il lui faut clix a douze ans pour devenir solide , ET D.'HISTOIRE N A T U R E L L E. i5i et trente pour jouir d'une grande durelc. 11 y avoit alors sur le bras de S.-Ranieii pres laLanterne, etpresqu'en fade de Carybde, une iiieiilc de inoulin d'uii pied d'epaisseur sur six de diameti-c, tiree d'un gros Ijldc de cctte pierre <|iii gissoit a peu de profon- deiir dans I'eau. Je pris pkisieurs eclats qui s'eii etoitnt deta- ches pendant I'operation , et j'cn fis rexanien. Les parties eons- titutlves sont des ecailles de mica, quelqiies particules de schorls noirs cristalises , de I'eldspaths , et (juantite de grains de quartz. Ces trois derniers eleniens ont les angles emoiisses et la figure orbiculaire, a cause du i'rottement qu'ils out eprouve dans' la mer. La pierre etincelle qiielque part qu'ou la frappe avcc I'acicr. On dirolt , au premier aspect . que, ces parties constitutives ne sent si etroitciiient iinies que par la seule force d'agregation , car on n'y voit aucun ciment, ou substance glutineuse qui les lie entre elles ; mais avec plus d'attention, on decouvre que chaque grain est entbure d'une pellicule , au moyen de laquelle il s'est coiiglutine avec son voisin en plusieurs points ; tous fornient ainsi iin corps lie et tres dur. En efl'et , si avec la pointe d'un couteau on detache un grain d'un autre , on apper(^oIt au point de la separation la rupture de la pellicule ^ et les deux grains egaleinent intacls. Souvent la separation s'opere de maniere qu'une moitie de la pellicule rcstant entiere , presente une ca- \ite qui etoit la niche meme du grain. Cette pcUicide se com- pose d'une terre lapidifiee , tres-fine , opaque, de couleur cen- dree, dont I'analyse oft're pour resultat une forte dose de cliaux , avec quekjues parties d'argile et de fer. Considerons maintenant le rivage ou la mer agite le sable mo- bile. Nous n'avons pas de peine a decouvrir sous I'eau les cou • dies de cette pierre fpii sont horizontales , et ont plusieurs pieds d'epaisseur. Les mineurs sont occupes a en detacher de grosses tables, preferant celles qiii s'enfoncent le moins sous I'eau, non que la pierre ne soit egalemcnt bonne a. une plus granJe pro- foBdeur, mais parce que I'extraction en seroit trop difficile, pour ne pas dire impossible. Coxnme il y a toujours entre chaque table une petite couche de juatiere moins dure, on les enleve aisement j sans cela , etsi la pierre ne fornjoit qu'un seul bloc , on ne parviendroit point a en tirer ces grandes tables que Ton emploie a faire des meules de moulin, et a d'autres usages. C'est ainsi que le sue terreux repandii dans les taux du canal de Messlne, s'insinue dans les sables du rivage, s"epaissit peu a peu, s'endurcit , lie et cimcnte les grains , et en fait une pierre solide. J. i52 J-O.URNAL DE PHYSTQUE, DE CHIMIE Ce ciintut imturel jjiodiiit encore des lir^clies et des poiuHngs; II eii forme sur-tout avec de gros fragmeiis d'uiie roclie f'euiile- . lee dout Je ii'ai point vn I'aTialo^ne aiix eovirous de'Mossiiie. EUe resulte de paiticules de qnartz blanc et opaque, et de niicti dore , les nnes et les autres distribuees en doses presim'egalos. C'est dans la direfction des ecaillcs du mica (|ue Ja roclie lend a. se dlviser : le quartz la rend etincelahte malgre la molesse (jiie lui donne le mica. Elle se fond an foiirneau , et se reduit en une scorie noire et vesicnlaire, prodiiite pur la liquefaction du mica : le quartz reste intact ; il acqiuert seidetnent une plus grande blaiicheur. On rencontre souverit des morceavix de cette roclie aglutines ensemble an uioyeil ilu ciment en question, soit sur le rivage , soit dans la mer. '' ''■'/. Les homines destines a. extraire ces pieires de la mer, me ra- contercnt qu'ils avoient quelquefols trouve dans le sable des fleches de fer, des medailles antiques. II y a environ dix ans , m'ajouterent-ils , que nous y avons decpuvert les squelettes en- tiers de deux homines ; quatre ans auparavant nous en avions retire un autre , tous les trois parfaiteiiient conserves dans leur etat naturel d'os j luais personne ne les ayant reclames, et ne sachant nous-memes ce qu'oii pouvoit en laire , nous primes le parti de les briser et de les disperser. — Ce lait me fut coii- firme par plusieurs Kabitans de la ville , et je sus en ui^me temps que le crane d'un de ces squelettes , dont I'ijiterieur letoit en- core occiipe par la pierre sabloniieuse, avait ete achetef jjar tin medecin de.Messine. Faiit-il appiendre au lectenr avec quel cmpressemeiit je courus chez ce medecin pour satisfaire ma cu- riosite , cjuelle fut sa reponse et ma consternation ? « Ce crane, me dit-il , etoit chrz moi , iiiais ma funille ayant pris penr ile cet OS de niort , je I'ai jete par la fenetre. 55 Je voi lois sur-tout m'assnrer s'il se tronvoit reellement dans son etat naturel. Les eclaircissemens que I'aiibe Grano in'envoya par la stiite me sa- tisfirent sur ce point. 11 in'ecrivit que ler. mineurs tie s'efoient point trompes, et qu 'ayant examine lui-mtme un os liumain retire du sable, os qui lui parnt fitrc le crural, il n'y avoit ajiper^u aucune trace de petrification ; reste b. savoir s'il faut attribuer Cette conservation a. I'incgpacite du cirrient, ou plutot h la trop cou'rte xluree de son action , etant vraisemblable que ces squelettes out appartcnu a des Sarrasiiis, quand cette nation coinmandoit ^ Messine. On n'ignore pas qu'ils avoient leur ci- nieliere dans le Ijras de S.-Ranieri, et c'est la. jnsteinent .que se fait rextractlon dela pierre sablonneuse ; elle existebien aillenrs, luais E T D ' II I S T O I R r N A T IJ n E L I, E. i5i mais cct endroit est le plus conirnodc pour sou exploitation , aussi l'a.ppc\\e-t-onj>/'erfedeS.Jla/iieri. EUes'uteiid iion-seulernent Is long des rivages , m:;is dans ie fond dn detroir. Un jour que j'iissistois a la pi^cho du cov.al , Vis-a-yis le village de Face , i six milles an .noid de Messine , je ine mis a examiner les morceaux de rocher que Ic f.let deta- choit du fond do la mer ; tantflt ils etoiont uninis de quelqucs branches de coiail , tantut ils en etoient denues. Le plus sonvent ils ne presontoient a I'exterieur qii'ane pepiniare de zooplii,tes et de petits tcstacees vivans; et dans I'lntarieur qu'un aujas de ces raenies etres prives de la vie, et nieles avec de la terre cil- caire. Quelquefbis cependant Ic filet anienoit des -fraginens de , A'critablo pierre sablonneuse (>liis ou moins line , plus ou iiioins gro^siere. Ces fragmens n'avoient point ete pris errans au fond de la mer; leur cassure toute fraiclie temoignoit assez (pi'ils venoient d'etre ronipus ou detaches du roclicr dout ils faiioieiit partie. On les voyoit converts de raraeaux de zoophytes , ex- cepte a I'endroit de leiir sepanation. Je ne bornai pas nies recher- clies a ces eclihntijlons ; mais sacliant que les pechours avoient chez eux une collection conslde]-al)le de ces fraginens qti'ils ap- pclloient pierres de corail , je I'achetai toute entierc pour exa- miner chaque moiceau au- dedans et au - dehors. La plupart n'avoient rieii de coinmun avec la roclie sablonneuse , mais plusicurs liii appartenoient uniquetnent. Je ne serois done pas etonne que ceite substance pierrcuse , accumulee dans le voisl- nage du Fanal , couvrlr le i'oiid meme du detroit. Si tile se laisse rarement entamer par les filets Ucs corailliers, c'est qu'elle est tres-dure et tres tcnace. Quant ^ sa presence sur les bords du detroit , on ne pent s'em- pecher de la reconnoitre : elle se manifcste depuis Messine jnsqu'a la pointe du Pelore; dans toute cette etcndue , c'est elle seule qui compose Vfs has rochers , les massifs des cavernes et des pctitcs collines baignees ])ar les eaux de la mer. On la trouve toujours, disposee par conches, ici plus dure, plus fine, parce qu'elle s'est formee de sable plus delie ; la , plus friable , plus grossiere parce qu'elle a admis des graviers, des cailloux , des Fragniens de testacees , et autrts matieres heterogenes. Cctte la- pidiflcalion n'est arrivee sans doiite qu'a une epoque oil la iner couvroit ces lieux ; et comme le principe petrifiant est repandu en grande abondance dans le detroit , qu'il paroit tres-actif a la pointe du Pelore, ou lamer n'a pins qu'environ trois milles de large, je ne 'serois pas eloigne de penser que le rivage s'avan- Toine VII. PLUVIOSE.au 8. V i54 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE f;iint insensiljleinent , et gagnaiit chaque annee sur les eaux , la ISicile lie dut un jour se reunii' par ce point a la Calabre. Les liabitans ont vu , pour ainsi dire i!e lei us yeiix, ]a pointe du pliare on rextreinlte du Pelore , durant I'espace des treiite der- iiieres annees, se proloiiger en uicr de plus do deux cents pieds , de maniere que les tn.iiiljleinens do terre a\ant ruine la tour qui servoit de fiir.al , il a f'allu la rebatir plus en avant. On a du se trouver dans la tn^me necessite -X I'egard des autres lours preexistantos sur ec rivage : la derniere detruite avolt ete elevee dans le scizieme siecle , et rapprochee plus pies de la mcr qu'une untie plus ancienne dout les mines gissent aujourd'hul sur un. terreiii plante de vignes . On ne peut pas snpposer que la mer, au moyen do ses cou- rans , et aidee de I'inipetucjsite des vents, puisse jamais detruire et reprendre les sables qu'elie accuinule continuellement a la pointe du Pelore; car ces sables , par la force du principe glu- tineux,se consoIiJent en masses trop dures pour re pas resister h la violence des vagues. Cependant on poiirrolt se laire une objection qu il convient de prevenir tt de detnur«?. II est certain que la detioit de Messine existoit dans la plus haute anliquite^ Or , si dans le court espace de trente ans , ce detroit a subi un retrecissenient aussi considerable au rivage du Pelore, comment ne s'est il pas entiereinent ferme pendant la succession de tant de sie'cles , oil la meme cause a du perpetuellement agir? Cette objection seroit fondee , si les observa'ions locales ne prouvoient qu'^ I'ejioque ou la mer couvroit les collines et les montagnes de Messine, si abondantes en madrepores, le gluten lajiidiii pie ne se raanil'estoit point par des etfets sensildes. 11 est I'acile de s'assurer, qu'a la reserve des bas rocbers (pii bor- dent le rivage, les autres ne sont jioint lies par ce cimeiit, et (lue la pierre sablonneuse, telle que nous Faxons decrite, n'en iait pas partie. On trouve , alaverite, dan^iine petite coUirie, entre les Gravldelle et les Gataratte, un entassement conside- rable do sable qnart/.enx , mais peu ou point aglutine , ce qui prouve qu'il ii'a point ete invest! par le gluten. Concluons de la que ce principe n'existoit point alors dans la mcr de Messine, ou du inoins qu'il n'y etoit contenu qu'en ties-pctite d()se,soit que les caiix n'eussent pas rencontre les bancs proprcs a le lour- nir , soit qii'en les rencontrant elles n'eussent pu les dissoudre k cause de ieur salinite , et se chaiger de leurs pai ticuks atte- ruees. llesuinons ce que nous ayous decouvert jusqu'tl present des ET D'lIISTOIRE NATURELLE. i55 matieres qui composent la Sicile ; elles se reduisent au carbo- nate calcaire , au granlt, au charhon fossile et k la piorre sa- hlonneuse. En consiiiorant bien la position et la direction dii granit, on s'a[)per9oit o i4 i 2 s. -f-4,, i5 a 2 s. + 4,6 a 7im. + 2,2+ 4,5 lo a 1 ss. + 3,8 a8 m. + 0,9+ 3,7 17 a midi + 'tP a 8 , m. + 2,0 + 4,5 iS a 4 s. + 45 •■■' 8 m. -H 7,9 + 3,7 iq a midi + i>A A 8 m. + -4o + 6,4 30 a ais. + 4,2 a 8 m. + 1,0 + o,t> 2. a 2 s. + 4,o i 8 m. + 1,8 + 3,8 22 a midi + ^,5 a 8 i m. + 4,(i + 6;- 23 a midi + 5,4 a 8 m. 4- i,M + 6,4 21 a midi + 6,5'u 8 m. + 2,8 + 6,5 25 a 2 s. + 7,4'^ 7-sm..+ 5,3 + 7,4 aR a midi + 8,oa7|m. + 6^1 + 8,0 27 a midi + 6,5'a 7 i m, + 6,3 + «>^ 28 a a s +io,7a7iJm. + 7,5]+io,5 2q a midi •+TO,i |a-7 im: +- -6;2J+io-,-i oo a uiidi + 97 a 7im. + 6,1 + 9,7 r A II r, o u V A R D , astroiioine. BARO METRE. aMidi. ^..^. ^/v^ Max 1 I M U M M I N I M U M. 1 ails... • 27 11,0 a 81" m. . . 2,7.11,0 a 2 s. . • 27- 11,0. a 8 ni . . . . 27.11,0 a 8 m. . . 27. 1 1,0 ' A 2 i s. . . 27.11,0 a8 im. • 27. 10,7 a midi. . . .. 27.10,7 a 8 m . . 27. 10,6 a 5 s. . . . 27.10,3 a 3 s. . . . 28. 0,2 a 8 ra. . ,27.11,1 a 2 5. . . 28. 1,0 a 7 m. . . 28. 0,6 a 8 iii ' . .■■S..8. 0,5 a 4 1 s. . . 28. 0,2 a midi.'. . 28. 1,5 a 8 m. . .. 28. I.O a midi. . . 28. 4,5 a 7 m. . . -jS. 4,0 a 8 , m. . ■. 28. 5,5 a 51 s. . . 28. 2,5 a 8 ^ m. . 28. 0,3 a 2 J s. . .. 27.11,4 a 8 1 m • 27. 9,0 a 4 s. . . . 27. 8,,3 a 8 m. . • 27. 7,5 a 2 s. . .. 27. 7,2 a 7 r"i- • 27. 6,3 a 2 s. . . . 37. 6,0 a ^i .s.. • 27- 6,8 a 9 5-. ... 27. 6,5 a 9 m. . • 27' 8,5 a 2 , s. ...27. 8,. a 8 .7 m. • 27- 7,2 a 4 s. . . 27. 4.0I a 2i s. . .27. 6,7 ■ a 8 m. . . 27. 5,3 a5i s. . .•2.7. 8 ,6 a 8 m. . . . 27. 8,2 a 8 m. . • 27. 7,4 a 7 5, ....27,. 4,4 a 8 1 m. .27. 5,6 3 2^8. . . . 27. 4,7 a 8 m. . 27. 4,7 a'4'1 s.l' . . . 27. '1,5 a 8' m. . 27. 3,8 a 3 is.' .-. . 27. 3,4 a 7i'm. . .27. 0,7 3; ^ mid . ... 26.',! ij8i a 3 s. . a 7 I m. .■ .27- ; 27. .2,6 ^-7.>i- . . . iay. 2,4 1 • • 27. '6;.j| 5,9- a 3i 5. a 7 ^ in. • 27. 3,8 a 2 s. ... 27. ,>,7 a 7 -s m. . 27. 0,.^ a ,3 s. . . . 2-7. 5,1! a yi m. • 27. 1,7 3 2 .8. ...27. 1,7! ■2y. U,r 27. ii,C 27. 11,C 27- 10,7 27. 10,; 27. 11, c 28. i,< 28. 0,5 28. 28. 4,; 2 3. 2,£ 27- ll,"^ 27. 8,1 27. 3,: 27. 6,c 27. 6,t ^7- «, 27- 5,. 27. 5/ 27. 8,( 27. 6,( 27- 4,* 27. 4, 27. 3,. 26. 11, 27. 2, 27. a, 27- 5, 27. •^r 27. I; RECAPITULATION. Plus grande elevation du mercure. . . 28. 4,3i le 10. Moindre elcivalion du mercure. . . . 20. ii,83 le 23. Elevation moyenne 27. 8,07 U.I grand degre de chaleflr + 10,7 le 28 oiudre drgre de clialeur — lo,3 le 3o Clialtur moyenne +0,1 Nombre de jours lieaiix 5 de couverts 20 de pluie _. . g Nivose an t-iit. t^ POINTS = H Y G. Vents. ?3 LUN.MRr.S. I 66,o N-E. Eune p'!-rigee. 7. 71,0 63,o N. 5 Caliiie. Nouv. Lune. 4 78,5 SO. 5 85,0 Cilrae. 6 90,0 N-E. 7 '50,0 N. K 81,5 0. q S-E. If) io4,o S. ■2o io5,o S-0. 21 104,5 S-O. 22 .01,5 so. 23 U'0,D Est. 24 1 00,0 Sud. 25 100,0 S-E. Equin. descend 2fi 102,0 Sud. 27 102,0 0. 2« io3,o S-O. fort. Dern. Quart. 2q 99-7 SO. 3o 100,0 s. VARIATIONS DE LATJIOSPHERE. Ciel' coir\'ert; il est lombc un pen de neige: Ciel convert; quelques ilocons de "t'life I apres-midi. Ciel trouble et nuageux ;, neige par intervalles. Beau par intervalles. Ciel en partie CQUvert ; givre le matin. Ciel pou vert ; il eat tombe environ 9 Ijgne.s de nctge Eeaii ; vapeurs. - Ciel convert ; n«7Vp"par',iutervalles. Convert ; brouillard. Beau ciel; brouillard a I'liorizon. Ciel trouble le matin; couvert le soir, Pluieavant le jour; verglas;beau par intervalles. Ciel couvert ; pluie dans la soiree.. Beau ciel le matin; engraude partie couvert le soir. Beau le matin et le soir ; tres-couverl vers midi. Brouillard epais) et ciel couvert. ■IJem.- Idem.' Pluie abondante le matin et le soir. Ciel couvert; brouillard epais et tres-liumiile. Iihm. Pluie le soir. Ciel couvert ; brouillard Ires-liumidc. Ciel trouble et nuaj^eux le matin; couvertle soir. Qtielqueseclaircisje matin. P^uie abondante uue grande partie de la journec. Pluieavant lejouret dans la matinee ,' leclaircie le soir. Beaucoup eclaircis. Pluie abondante lematin; quelques eclaircis vers midi. Besu par intervalles. , Ciel couvert ; pluie atondante I'apres midi. RECAPITULATION. de-venf. 2J de ^lee 11 de tonnerre o de brouillard. '. . . . 8 de ntigc 5 Le vent asouffle du N 2 fois. N-E 5 E 1 S E o S « S-O 6 O. 2 N-O o 1^8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE NOUVELLES LITTERAIRES. H'lstoire naturelle , gdndrale ct particul't^re , par Leclerc de BuFFON ; nouvelle Edition, accoinpagnee de notes, et dans la- (juelle les supplemens sont inseres dans le jireinier texte , a la place qui leur convient. L'on y a ajoute I'liistoire raturelle des qiiadriipedes et des oiseaux decouverts depuis la moit de Buffon ; celle des reptiles , des poissons, des insectes et des vers; enfin rhlstoire des plantes dont ce grand naturaliste n'a pas eu le temps de s'occuper. Ouvrage f'orinant uii cours coaiplet d'his- toire naturelle , redigo par C. S. Sonnini , niemijre de plusieurs societes savantes , collaborateur de Bnft'on , pour la partie orni- thologique, et auteur du Voya<^e dans la haute et basse Egypte, Soixante volumes grand in-8 . , imprimes sur beau papier et caractere neuf", avec environ i3oo planches. Les tomes 11, 12, i3, 14, 17 et 18 viennent de paroilre. Afin de remplir dignement una taclie trop etendue pour un seul homme, Sonnini s'est remii k des savans d'un merite dis- tingue. Latreille, associe de I'institut de France, membre dfs societes pliilouiatique et d'histoire naturelle de Paris, zoologisie attache au museum d'histoire naturelle , et I'un des plus savans entomologistes de I'Europe , s'est charge de la partie des insectes. Denys Monttortj geologlste, ^galeinent attache au museum , traitera I'liistoire des vers^ et dans cette classe, les cotiuillages sont compris. Et pour que rien ne manquitt a la perfection de I'ouvrage , les editeurs ont engagece dernier, dont la science en lilstoire naturelle est accompagnee de I'art d'en peindre les divers ohjets , a entreprendre tons les dessins , et l'on sent combien il est important qu'ils suient traces par le crayon d'urt naturaliste. Les dessins de I'liistoire naturelle de Buft'on scront recommences, et ceux de la suite de cet ouvrage seront faJts , autant qu'il sera possible, d'apres iialure : lorsque le sujet vivant ue se trouvera pas a laportee, ils seront copies d'apres les meilleurs maitres. L'on pourra done etre assure qu'une t'oide d'crreurs qui se per- petuent dans les gravures des livres d'histoire naturelle j ne se- ront jamais repetees dans ccliti-ci. Enfin , I'histoire naturelle des plantes sera composee par Philibei t , I'eleve et I'aini de Dide- ET D'HISTOIRE NATURELLE. " i59 rot , et auleur de VJflstolrc naturelle cfu cicl et de la terre , et ■de V Introduction a I'etude de la botanique . Uiie jKireille reunion do talens ne peut qu'etre fln'orable h. cette entreprise litter, lire. Le public pojsedera euJin une hiitoiro naturelle , generale etparticulieie , redigee dans les priiicipcs de Buffon. Le volume onzleme et una partle du douzieine traltent des substances inetallitjues. L'aiitre portion du douzieine volume, le treizieme et le qua- toizieme traitent des pierres et de quel(|iies mines. Dans le dix-sept eine ct le dix huitieine volume se trouve le couiniencement de Ihistoire de rhoniinc. Sonnini ajoute au texte de Buffon des notes interessantes , les- qnelles renferment les nouvellcs dccouvertes. A I'article du dia- inant, par example , il rapporte toutes les nouvelles experiences sur sa combustibilite, faites par Tennant , Guyton-Morveati , et qui prouvent que cctte substance n'est qu'un corps combustible. Nos lecteurs se les rappelleront ^ parce que nous les avons ex- posees dans le temps. A I'article de I'ambre gris , Sonnini rapporte les observations de Sclievediaur, qui regarde cette substance comme la dejection d'une espece de baleine (pliysele?' macroccphalus , Linn.^. Cet animal devore une espece de seche odorante; les dejections de cette baleine conservent I'odeur do la seche et forinent I'ambre gris qui se trouve encore mele des debris de la seche. ( Voyez dans ce Journal , annee 1784 , lememoire de Sclievediaur. ) Sonnini persiste a regarder , avec Buffon , I'ambre gris comme une espece de bilume. A I'article du natron ou soude , il lait voir qu'It s'en trotive nne tres-grande quantite dans les fameux lacs de^ Nitrie en Egypte. 11 rapporte ce qu'il en a dlt dans son voyage : ces lacs Sunt au nombre de deux qui n'en font plus qu'un lorsque les eaux du Nil sont basses ; elle diralnuent ensiiite au point que les lacs ne paroiesent (jue comme des etangs pen spacieux. Alors le terrein qu'elles avoient innonde et qu'eiles laisseut ^ decou- vert , est charge d'un sediment cristalise et du>ci par le soleil; c'est le natron. L'epaisseur de la couche de ce sel varie en raison du sejour plus ou moins long des eaux sur le terrein : dans les endroits (ju'clles ont seuleraent mouilles pendant un temps fort court, le natron ne ])rescnte qu'une le<^eie efflorescence sem- blable a des floccons de ntige. Oa a dit a I'auteur qu'k certaiiies epoques cette substance couvroit aiissi la surface des eaux. \€o J O U R N A I- D F. P H Y S I Q U E , D E C H I M I E Granger raconte ([a'a. la fin d'aoiit, le sel du l.ic etoit congele stir leur surface, et assez epais pour y passer dessus avec ses clia- meanx ; mais au moment ou I'auteur les vit, elles etoient claires et lliTipidcs. Cost principalement an mois d'aoAt que se font les cliarge- meiis de ce nation ; il s'en trouve anssi, niais en inoiiulre qnan- tire, pendant le reste de I'annee : on le decroche avec des ins- trumens de fer, et on le transporte a dos de chameau jusqu'au terrein ou on I'embarque sur le Nil pour etre conci.it au Caire et a Rosette. Son extraction annuelle se monte a pr^s de vingt- cinq mille quintaux. ^vls des editeurs de I'histoire natiuvlle , gSnerale et parti- culicre de Bufion-, rddlgee et augmentce par Sonnini. A ]a suite du Traite de I'aimaut , Buffon a donne des tables tres etenducs de la declinaison fie I'ainuille aiinantee , et plu- sieurs cartes geograpliiques qui en indiquent les variations sur differens points du globe. Cts tables et les cartes, formant un atlas separe^ ne se troiivent dans aucune des editions in-i2 de I'histoire naturelle , iii w^.i-ae dajis tous les exemplaires de I'edi- tion in-4". Quoi([ue cef sortes de matieres n'aicnt pas un egal interet aux yeux de (outes les classes de lecteurs, elles sont d'une trop graiide utiiite h. la plivsique en general, et ^ la na- yigation en particuMer , pour qu'elles n'occupent pas la place qui leur convient dans une edition que nous avons annoncee , et que nous rendrons la jilus coinjilette de toutes. Mais il laut du temps pour graver les cartes (i); il ea f-iut aussi ii I'impri- nierie pour coir.poscr les tables des declinaisons , tt nous avons pretere d'intervertir un instant la serie des volumes, plittot que de suspendrt la publication des livraisons. Nous livr'.ns done a-present les volumes 17 et 18, c'est-a dire le comraencerlient de I'histoire naturelle des aniinaux. Le quin- zieme volume contenant 11 fin du traite de I'aimant, avec la plus grande partie des tables des declinaisons , paroitra le mois prochain ; et quelque temps apres nous publierons le seiziem e (1) Ccs cartes sont confiees, pour resecullon de la'gravure, au clloyen Tardieu I'aiue. volume ET D'HISTOIRE NATURELI. E. 161 volume dans lequel se trouveront le reste des tahles , I'atlas , quelques articles neufs, et la table generale et raisonnee des mati^res renf'ermees dans la theorie de la terre et dans I'liistoire des niineraux. Nous profitons de cette occasion pour prevenir nos souscrip- teurs que nous venons de monter un atelier d'enluiniiiure , et que nous fournirons a ceux d'entre eux qui le desireront , les figures des auimaux coloriees. Les precautions que nous avons prises nous assurent du soin et de I'exactitude qui seront appor- tes k la representation de chaque animal ; et le choix que nous avons fait des ineilleurs artistes , repond de la fldelite et de la beaute desdessins. Chaque volume, avec la figure des aniinaux coloriee , coutera le double de celui dont les raSines figures se- ront en noir , et-il ne paroitra qu'un mois apres ce dernier , a raison du temps necessaire pour colorier. Nous repetons ce que nous avons annonce, que plusleurs figu- res qui ne sont pas dans I'ouvrage de Buffon, se trouveront dans notre edition ; nous avons deja effectue cette promesse, et I'his- toire de I'liomme et des animaux offrira de nouvelles preuves de notre zele a cet egard. Tant de z^le pour rendre notre cours complet d'histoire na- turelle digne de Buffon et de la posterite , tant de ponctualite a remplir, k. ouire-passer ni^tne nos engagemens ; et nous pou- vons ajouter , tant de sacrifices , sont une demonstration evi- dente de notre resolution tres-afferraie de conduire a son terme une entreprise que Ton peut regarder comme I'une des plus vastes et des plus importantes qui ait jamais honore la librairie fratujaise. Les engagemens que nous avons contractes envers le public , nous les renouvelons ici de la manlere la plus solemnelle : les livraisons de notre cours complet d'histoire naturelle n'eprou- veront ni retard ni interruption, et nous promettons de le con- duire a. son achevement et i sa perfection. Notre lionneur , notre interet , tout nous en fait un devoir ; les attentions que nous y apportons seroient une garantie suffisante de la sincerite de notre determination, si d'ailleurs les succes inattendus que notre ouvrage a obtenus dans ces temps de desordre et de calainites , veritable regne des fripons et des calomniateurs , n'etoient pas pour nous un assez puissant encouragement. Les frais plus considerables que va entrainer le plus grand norabre de figures qu'exige I'histoire naturelle des animaux , nous forcent a angmenter le prix des souscriptions, h. commencer Tome Vll. PLUVIOSE an 8. X ib2 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMlE Ju premier pluviose prochain ; il sera, a cette epoque , de 5 francs par volume, pour ceux qiii ii'auront pas encore souscrit. Afin de iloimer aux iiouveaiix souscripteurs toutes les facilites possibles, ils seront les maitres de ne retirer , chaque inois, qu'un certain nombre des premieres livraisoiis , dont les paie- niens partiels pouiront moins les gSner. De la nature de I'homme , et des moyens de le rendre plus lieureux , par P. J. Bachelier d' -iges. Un volume in-8». de 280 pages, impriin^ sur papier carre fin , et caracteres cicero Didot. Prix , broclie, 2 fr. et franc de port pour les departemens , 2 f'r. So c. A Paris, chez F. Buisson , imprimeur-libraire , rue Hiute- feuille, n°. 20. Pichard , libraire, quai Voltaire , n°. 18. Petit, libraire , Palais-Egalite , galerie de bois , n°. 25o. Desenne, li- braire, Palais-Egalite, pres la galerie viuee, L'intention de I'auteur est on ne peut plus recommandable. Prospectus d'un noiisel ouvrage sur la minSralogie , par Augusta Traversay. La science n'esl que le sou%fenir ou des fails ou des idees d'aulrui. Helvetiu». L'ardeur avec laquelle on se livre actuellement en France , & I'etude des diverses parties de I'histoire natnrelle , a deja donne lieu a la publication d'un grand nombre d'ouvrages elementaires ; chaque jour encore il en paroJt de nouveaux, et qui sont tou- jours accueillis avec le nieme empressement de la part du public. L'aviteur en propose un nouveau pour I'etude de la mineralogie, Les inineralogistes , dit-il, reconnoissent deux sortes de systemes ;i". ceux qui sont f'ondes sur I'analyse chiniiquej 2". et ceux etablis sur les caracteres exterieurs. De tons les systemes fondes sur les caracteres exterieurs des mineiaux, j'ai du preferer celui du citoyen Daubenton. Je me suis etudie k reunir dans le tableau methodique des mineraux , si savamment trace par cet illustre et respectable naturaliste , tout ce que j'ai pu me procurer de plus vrai , de plus clair et de niieux expritne dans les ecrits des meilleurs mineralogistes. En disant que les ouvrages de Valmont de Bomare, de Bufibn , de Monnet , de Bucquet , de Sage , de Bergman , de Four- croy , de Delametherie , de Hauy , etc. etc. , sont les sources ou j'ai abondamment puise , je rends un lionnuage a la verite , et qui doit commander la confiance de mes lecteurs. ET D'HISTOIRE N A T U R E L L E. i65 Je ne me suis cependant pas astreint a suivre servilement la nomenclature des mineraux du citoyen D a. u b e nton. J'ai au contraire ajoute k la description des substances qii'il denoinme, celle des aiitres substances connues et decrites par Jes minera- logistes qui ont encore ecrit apies lui. Je joins aussi a I'enon- ciation des caracteres exterieurs de chaque substance , ceus chimiques qui lui ont ete reconnus. On se convaincra f'aciknient que je n'ai rien neglige pour rendre ces Eldmens de mintira- togie assez cotnplets pour qu'ils puissent suffire aux commen- cans , et merae a ceux qui ne pourroient pas se procurer les Guvrages de ssavans. Cet ouvrage qui doit former un vol. in- 8". de 400 ^ 460 pages , sera iinprime en caractere cicero neuf et sur papier carre £n d'Angouleine ; mais ne devant etre publie qu'autant qu'il se trouvera un nonibre suffisant de souscripteurs pour couvrir en partle les frais d'impressioii , nous invitons ceux qui desireront se le procurer , a souscrire chez les citoyens ci-apr^s denommes. Le prix de la souscription est de twis francs cinquante cen- times , pour la Rochelle , ct de quatre francs , pour tous lesde- partemens. On n'acquiltera sa souscription qu'en recevant I'ouvrage. On souscrit k la Rochelle, chcz les citoyens Bouyer fr^res , imprimeurs , rue des Maitresses , n". i5 ; k Paris, chez De- terville , liliraire , rue du Rattoir , n". 16;^ Nantes, chez F. Berjou, impriineur-libraire , carref'our de la Casserie ; 4 Bor- deaux , chcz Lafite , libraire , place Brutus ; h. Poitiers , chez Catineau , imprimeur-libiaire ; a Niort, chez Elie , imprimeur du departenient J et chez tous les libraires de la republique. Rapport du comite des soupes dconomiques , etabli a Geneve. Une societe de bienfaisance a etabli k Geneve des soupes eco- nomiques k )a maniere de Rumford. EUe est parvenue k four- nir , pour environ sept Hards, ou huit k neuf centimes, une soupe dn poids de 24 onces. Deux soupes semblables nourris- sent tres-bien un honune dans la journee; c'est-a-dire , qu'on peut le nourrir pour environ trois sous : nous ferons connoitre ce precede plus en detail. La Flore des environs de Paris , ou distribution methodique des plantes qui y croissent naturellement , faite d'aprt's le sy Sterne de Linnee , avec le nom et la description ae cha- cune en latin et enfran^ais, I' indication de leur lieu natal, X 2 iGi JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE dc lenr durea , du temps de leurjloralson , ile la couleur de Icurs fleurs, ct la citation des auteurs qui les out le mieux d^crites , ouenpnt doruieles nieilleures ftv^iires , par J. L. Tlniillier, liota- niste ; iiouvellc edition, revue, corrigee et cousiderableincnt auginentee. A Paris, chez Tautciir, rue de Bievre , au coin de cello St. -Victor, n". 4''' > ^t cliez H-. L. Perronneau, imprimeur, rue du Battoir; im vol. in-8o. Prix ^6 francs. Cct ouvrage interessera un grand nombre d'amateurs qui s'auuisent a herljoriscr aux environs de Paris ; ils y trouvoront des descriptions exactes des plantes qui y croissent , et une nie- tliode facile pour les reconnoitre. Des signes envisages relativement a leur injluence surla for- mation des idiies , par Pierre Pri.vost , prof'esseur de philoso- phic a I'acadeinie de Geneve , de la societe des arts et de la societe de philosophic et d'histoire naturelle de la raeme ville , de I'academie de Berlin et d'Edimbourg , etc. etc., petit vol. in-8°. grand raisin. Prix 2 fr. , et 2 francs 5o cent., franc de" port, f»ar la poste. Cet ouvrage est un de ceux qui out concouru pour le prIx propose par I'institut. Voici le jugeincut qu'il en a porte : « L'institut national a distingue le memoire n". 2 : ce ine- moire est celui qui apres I'ouvrage couronne , a le plus appro- che du but. » Catalogiis plantarum. in Helvetia cis et Transalpina sponte nasceirtium quas in continuis Jere itineribus in vsum bota- nophilarum collegit et sum/no studio collatione cum celeberri- /norum auctoruni descriptionibus et iconibus facta , rite re- degi'. J. F. Schleicher, Bex. in pago Lemano in Helvetia, in-8°. de 76 pages. Toutes les plantes denommees dans cet herbier ont ete re- cueillies dans les endroits ou elies croissent spontaneinent ; elles out ete sechees avec le plus grand soin , et determinees avec exactitude. Le prix de cent especes choisies est de 10 florins : les cent paquets de semences aussi choisies, ne peuvent etre fournis qu'a raison d'un caroliii , ou ii florins, ^ cause des voyages que I'auteur a ete oblige de faire expres pour les re- cueillir dans leur parfaite niaturite. Schleicher offre en outre des herbiers liclvetiques coraplcts , contenant toutes les plantes suisses connues, qui se trouvent decrites dans les ouvrages de Hallcr , et nieme celles decouvertes ET D'HISTOIRE NATURELLE. i65 depnis. Ces plantes , d'une belle conservation , sont placees cliacune snr ime fenille de papier qu'ii a fait I'aijriquer expres , et qui a la propriete singiiliere de garantir Ics plantes des ra- vages des insectes. La disposition de cet heriiier est calquee d'apres VHlstoria stlrpium de Haller. Ce botaniste s'engage a. suivre le systeiiie botanique que les amateiirs desireront ; quant au prix, il ne pent encore le fixer, niais il sera tres-modere. 11 conserve encore toutes les plantes alpines et des luontagnes designees dans son catalogue , ayant un grand jardin. Le cent de ces plantes enracinees , qii'il pent foiirnir toute i'annee, coutera trois caroliiis , ou 33 florins; mais aussi il doiine quatre exemplaires de cliaque espece , afin de mieux assurer le succ^s de I'einplette. L'on peut s'adresser avec confiance h. J. C. Schleicher , Bex. village Lemann , en Suisse. Tlillosophhw hotanicne novne. Pliilosopliie botanique nouvelle, oil prodrome d'instltntions phytografiques , par Henri-Frederic Link, professeur h. Rostoch. A Goltingue , chez Jean Christian Dietherich J ^79^^ ir.-S". de 92 pages; prix 1 franc 80 centiines. Cette philosopiiie botanique est composee de trois ]iarties ; la premiere renf'crme neuf chapitres ; la seconde cinq, la troisieme quatre : nous allons ialre connoltre succintement ce qu'elle con- tient ; elle commence par des notes sur la composition et la forme des plantes. Le premier cliapitre traite de Icur physiono- raie en general et de leur configuration; le second parle des troncs et des racines , ce qui n\ene le professeur Link a designer les diverses espcces de racines , les changemens dont elles sont susceptibles ; leur duree soit annuelle , bisanuelle et vivace; le troisieme chapitre, divise en trois sections, offre des explications precises sur les tiges, les raineaux et les pedoncules; le qua- trieme , egalenient divise en trois sections , indique ce qu'il est utile de connoitre sur les feuilles , les bractees et Its bourgeons; le cinquicme cliapitre est consacre aux fleurs ; l'on y trouve six sections qui donnent parfaitement toutes les particularites qui s'observent aux calices, aux corolles , aux etamlnes, aux pistils et aux autres parties des fleurs; le suivant partage en deux sec- tions , fait mention de tout ce qui est rclatif au perycarpe et a la semcnce. Cette deiniere stct'.on est un ahrege de I'excellent traite de Gaertner, qui a pour litre : De fructibus ft seiiiinibus p/antarum ; le chapitre septieme a pour objet de faire observer les diverses parties que Ton trouve sur les vegetaux , telles que les iGb JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE poils, les aiguillons, les glandes ; le huitieine explique le chan- gementet les eff'ets qui se remarqiient dans les formes des corps ; le neuvieine et dernier de cette partie contient des considerations universelles sur la physique des plantes. La seconde partie presente , dans le premier chapitre , les dif- ferentes couleurs que Ton observe sur chaqiie partie dont la plants est composee; dans les chapitres suivans il est question de la savcur, des vertus, de I'odeur, del'irritabilite, de I'humeur et matiere excrementielle des plantes. La troisieme partie a pour base I'ordre systematique des plan- tes, c'est pourquoi le professeur Link y tralte des systemes na- turels et artificiels , des genres et des especes. II n'esl guere possible de tronver mieux, en un si petit volume ; les elemens etendus de la botani(jue y sont traces avec autant de clarte que de ])recision : cette nouvelle pliilosophie botanique, fait infiniment honneur ci son redacteur. Recherches sur I' existence du frigorique et sur son riiservoir commuri , par J. P. Bres. Felix qui potuit rerum cognoscere causas. Virgil. Georgic. lib II. A Paris , chez J. J. Fuclis, libraire, rue des Mathurins, hotel de Cluny. Piusieurs physiciens , et particulierenient Muschembroeck , ont dit que le Iroid etoit produit par un fluide particulier , comme la chaleur Test par le feu. L'auteur soutient cette opi- nion qui a cependant ete abandonnee par la pi'esque totalite des physiciens ; et pour la prouver il apporte beaucoup de fails qui lui paroisseat favorables cl ce sentiment et qu'il faut voir dans son ouvrage. Introduction a I'etude de la botanique ; ouvrage ornS de dix planches coloriees , con tenant un discours sur I'accord des sciences naturelles ; un traite complet et compare des organes des plantes et des fonctions de ces organes k toutes les epoques de leur vie, dans lequel les termes d'usage en botanique sont appliques et expliques ; une exposition particuliere des organes des plantes con nues sous le nom de cryptogames : les principcs de I'art de decrire , par Linnee ; des details sur I'habitation des plantes , leurs vertus , leurs usages , \e\\v culture , et la inani^re de les arranger et de les conserver en herbier , Texposition des ET D'HISTOIRE NATURELLE. 167 metliodes generales de Tournefort, Linnee , Jussieu, et des me- thodes pariiculieres des f'ougeres de Smith, des mousses d'Hedwig etde Bridel , des champignons de Bulliard, etc. , avec des tables qui donnent a cet ouvrage la commodite d'un dictionnaire. Par J. C. Philibert; '6 vol. in-b". A Paris, de rimprimerie de Digeon , graiide rue Verte, fauxbourg Honore, n". 1126. Se trouve a Paris, chez Debure aine , libraire de la biblio- theque nationale, rueSerpente, n°. 6. Chez Plassan , imprimeur-libraire , rue du Cimetiere Andre- des-Arcs, n". 10. Chc-z Deterville , libraire, rue du Battoir, n". 16. Chez Fuchs , libraire , rue des Mathurins , hotel de Cluny. Treutell et Wurtz, libraires , a Paris, quai Voltaire ^ et a Strasbourg. Villiers^ libraire, rue des Mathurins , n°. 396. Desenne , libraire , Palais-Egalite , galerie n°. 2. Et chez Bossange, Masson et Besson , libraires^ rnaison et rue des Mathurins. L'accueil distingue que les botanistes ont fait h. cet ouvrage , prouve que I'auteur a su attoindre le but qu'il s'etoit propose. II a deciit avec clarte les diverses organes des plantes; il en a expose les principales fonctions ; il fait connoitre leurs vertus et leurs proprietes generales ; enfin ^ il expose dans le troisierae •volume, les principales metliodes qui sont employees; savoir, celle de Tournefort, celle de Linnee, celle de Jussieu, celle de Smith sur les fougeres, et Cf;)le de Bulliard surles champignons. Son style est anime et fait cherir I'etude de la botanique; cette science aimable faite pour attacher tous les cosurs qui sont sen- sibles aux beautes de la nature. Le botaniste considere les vegetaux sous toutes les faces ; il r^gle la place qui leur convient dans lesystdme general du monde, et leur assigne le second rang parini les Stres organises. II ca- racterise les esp^ces et determine les nombreux rapports d'uti- lite , d'agrement, ou en apparence, de curlosite sous lesquels chacun d'eux peut Stre envisage , leur uombre prodigieux lui fait sentir la necessite de les classer. i68 jouhnal de physique, de chimie TABLE BES ARTICLES CONTENUS DANS CE CAKIER. Sur les ossemens de qiiadrupSdes , trouves sur les cimes les plus ^levees des Pyrenees ; par Philippe Picot Lapey- rouse. Page 81. Description de 1'hydroph.obie et de la rage confirmee , par B. G. Sage. 84. Lettre de P. Bertrand a G. A. Deluc. 88. Analyse de la mtSlanite , par Vauquelin. 94. Description mSthodique des dijfirentes houilles ,par Henri Striue et Vanberchem Berthout. 97. Essai sur les combustions humaines , par P. A. Lair, 1 15. Rapport fait a la societe d' emulation de Rouen , sur les ex- periences comparatives de la consomniation du hois dans les fourneaux de teinturiers et autres , avec celle des Journeaux de constructions nouvelles. 129. Examen de quelques opinions de M. A. Humboldt , par G. A. Deluc. 141. Observations sur la gioenia , par Draparnaud , profesjeur de I'dcole centrale a Montpellier. 146, Lettre de A. M. Vassali-Eandi a J. Buniva, sur I'dlcc- tricild animale. 148. Extrait des voyages de Spallanzani dans les deux Sidles et lyyS et 1778^, dans scs prccienses dissertations sur la preparation des eaux f'roides , sur I'acide aerien , sur I'analyse des eaux en ge- neral , des procedes simples pour f'abriqner , d'apri^s leur examen sqiupuleux ^ les eaux de Scidscliutz , de Seltz , de Spa, de Pyr- TOont, les ciuK/iepatiq ues chvLuies etfroides; ilmontra c|u'urie ana- lyse d'eau mineral e ne pouvoit etre reputee exacte que lorsqu'on avoit leussi a en f'aire une seiublablc dans toutes ses propiietes, en. dissolvant dans I'eau les principes qu'on en avoit extraits; 11 fit voir (|u'il n'y en avoit aucune ^ exceptor de cette conclusion g(^- Tierale; enfin apres avoir indique quels avantages la Suede devoit ri'tireren particulierde la preparation artificielle des eauxfroides, cifies ci-dessus, pour son coaunerce, pour ses pauvrcs malades, pour les progres meme de I'art de guerir, il donna quclques observations sur les bons el'fets de ces eaux factices qu il avoit trouvecs sotivcnt m^me superieures a oelles de la nature dans les liemorilioides , les douleurs arthritiques, les {lev res inter- jTiittentes rebelles. On pent assurer que I'illustre professeur suedois laissa , des-lors , blen loin de lui tons les essais presque informes qui avoient ete donnes jusque-la^ et les theories vagues ou hasardecs qu'on avoit proposecs sur I'analyse des eaux. En 1779 parut I'ouvrage du citoyen Duchanoy , sur I'art de preparer des eaux minerales artificielies , ou le suiet de cette imitation fut traite dans un beaucoup plus grand detail , quoi- qu'il contint ties peu de choses nouvellt-s et differentcs de cclies qu'on devoit deja a Bergman ; I'auteur ofl'rit dans ce traite le premier ensemble sur la fabrication artificielle de la plupart des eaux connucs , et reduisit le premier en systeme suivi cat art dont on avoit presque iiie la possibilite vingt annees au- jjaravant. Ainsi I'imitaiion des eaux minerales fut non seulement creee niais encore conduite prts(jue tout-a-coup i sa perfection dans cette grande epoque de decouvertos et de travaux chimiqnes, comj)rise entre le milieu de ce si^cle et I'annee 1780 , epoque g'orieuse ou la science a change entierement de face en France, et fut comrae posee sur de nouveaux fbndemens. Depuis 1780 , I'art d'iniiter les eaux a rer.u des accroissemena E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 179 successifs et non interrompus; tons les ouvrages systematiqvies de chiinie, sans parlcr des traites nomljreux et ph'S 011 mciins saillans siir les eaux en particulier, presentcnt des fiiits et des resultats ([in ont conduit cette partie de la science a un drgre de perfection oil il semble ii'y avoir presqne plusritn adesirer. On pout done assurer que I'art d'imitcr les eaux est pousse maintenant au dernier degre , et que les chimistes habiles dans les ressources et les jirocedes de leurs manipulations, ne ren- contient plus d'oLstacles dans la preparation de cos lirpiitles. Aussi les phariuaciens instrnits ont-ils repondu depuis virgc ans dans ce genre de travail aux voeux des inedecins assez eclai- res pour ne jias se delier de I'art cliimiqne, et pour croire que cet art a tronye le secret de la nature. Dans les pharmacies bien. tenueson fabrique des eaux de Seltz , dc Sedelilz , de Spa , de Balaruc , de Bareges ; on les I'abrique plus fortes on plus foiljles que celles de la nature; on les prepare au degre d'energie ou de douceur ((ue les indications mediciualesreclament. Mais outre que cette /abricaiion ne pent pas avoir lieu avec la meme fa- cilite ou la ineme certitude dans toutes les pliarinacics , parce que leurs eaqilacemens , les moyens menie de ceux qui les di- rigent ne suflisent pas toujours pour renjplir ce' but , elle n'au- roit jamais pu acquerir cette generalite , cette grandeur utile de ses resultats , capable de reinpjacer I'usage des eaux naturelles et de fournir aux besoins des malades d'une grande et populeuse cite, si des liommes egalement habiles dans ia connoissauce des procedes chimiques et de la mecanique necessaire pour donner a ces derniers toute I'extension , la promptitude et la siirqili- . cite qu'exige une abondante production , n'avoient conca et execute le projet d'etaliUr des ateliers en grand, de veritables manufactures d'eaux minerales artificielles. Parrai quelques-uns de CCS etaijlissemens formes elepuis quehpies annees en France ct a Paris , on doit snr-tout distinguer celui qui yient d'etre eleve au ci-devant hotel d'Uzes, rue Montmartre, par la so- cieie du citoyen Paul et compagnie. Ce citoven qui a fabrique les memes eaux a Geneve avec un grand succes depuis dix annees, et qui d'abortl en societe avec le citoyen Gosse , Iiabile pbarmacien de cette ville , connu par plusieurs travaux utiles, a debite par annee jusqu'a /p mille bouteilles d'eau de Seltz artificielle, a presents dans la seance de la classe ,du26 brumaire dernier, sur la fabrication des eaux minerales , un memoire dont nous allons d'abord rappeler les principaux traits ; nous elonnerons ensuite 1ft description eles i8o JOURNAL D E PHYSIQUE, D E C II I M I E inoycns iiigenieux que nous avoiis vu employer dans I'etablis- seraeiit ou sc faitsa I'abrication; nous passerons de li k I'exauieii des eaux artificielles cjvii en resultant ; nous y joindrons quel- qnes observations sur leur nature et sur leurs proprittts coni- parees , qiielques remaiques sur certaiues ameliorations dont cllos nous paroissent susceptibles ; enfm nous terininerons ce rapport par los lesultuts que les faits precedens nous auront f'our- nis , et par Ics conclusions que nous proposerons a la classe. § 'J.. Notice du menioire du cltoyen Paul et compagnle. L'exposition des avantages que Geneve a deja retires de I'cta- hlisseuient d'une f'abrique d'eaux uiinerales artidcielles , fait depuis dix ans dans son enceinte , forme la premiere partie de ce menioire; a rimitation simple de ces eaux par laquelle le citoyen Paul a commence, ont succede des modifications dictees ]>aries medecinsde ccttc ville , et sur-tout 'a preparation d'eaux gazeuses plus chargees (jue celles de la nature. Get etablissement peut fctre regarde commeune pliarmacie pneumatique, en raison de I'txtension et de la variete des produits que les proprietaires y ont successivcment ajoutes. On n'apporte jjresque plus a Ge- neve d'eaux minerales, et celles de la manufacture ont deja ete exportees. Quaiante a cinquante niille bouteilles de ^ de litre en sortent annuellement. Ce premier succ^s a engage la societe a former un etablissement pareil a Paris ; on y prepare neuf es- peces d'eaux minerales artificielles. Les resultatsdes observations deja f'ites sur cliacune de ces especes se reduisent aiix donnees suivantes. . 1". Les eaux de Seltz ont ete ntilemont employees dans les catharres, les rhumatismes, rasthme, les maladies bilieuscs et putiides; elles agissent coimne diuretiijues et antisceptiques , iiieme a I'exterieur; elles reussissent dans les spasuies de I'es- tomac ; elles facilitent la digestion; on les boit avec du sirop j dn lait, du vin, Le citoyen Paul les prepare de deux manieres relatives tl I'extraction de I'acide carbonique ; dans I'nne 11 est di'gage de la craie par I'acidc sulf'uri(pie ; dans I'autre il est se- pare par le leu; le prejnier donne a I'eau une apreie due a la petite portion de I'acide sidfuriipio et une projiriete irritante ; Je second ne comnumicjue rien de semblable a I'eau , et peraic t de I'administrer dans les maladies ou I'irritation seroit k craindre. 11 fibrique de plus ayec I'un ou avec I'mitre de ces gaz des ET D'HISTOIRE NATURELLE. i8i eanx cle Selti^ I'ortes ou I'oibles, suivaiU la proportion d'acide qu'il introduit. 2°._ Les eaux de Spa, chargees comme celles de Seltz, d'une grande proportion d'acide carbonicjue, sont distiriguees par la presence du for fju'on y ajoiite : aiix proprietes des premieres elles rennissent la (|i]a]lte tonique et de stoinacliifjue de ce metal. 3". Les eanx alkalines gazeuses , tres-recommandees en Angle- terre dans la gravelle et le calcul , apportent en eflet , dans les doiileurs (j^iii accompagnent i'un et I'autre de ces maux, uii sou- lagement tres - niarqne qui "pouiroit etre attribue, suivant les auteurs du memoire , ik la qnalite dissolvante que ces eaux commuiiiquent aux urines. lis la ctoient propre a remplacer I'alkali cauitique et le reraede de Stephens. Les malades doivent en prendre tous les matins deux ou trois verres coupes avec le kit. 4"- Les earx de Scdclitz les plus faciles a iiniter ont les pro- prietes purgatives et fondantes , parfaitement seuiblables a cellos de la nature. 5". Les eaux osygcnees contenant a-peu pres la moitie de leur volume de gaz oxygene, sans saveur particullere , et que le ci- toyen Paul a le premier fabriquees d'apresles vuesJes medecins de Geneve, ont repniuhi parfaitement h. leur attente et meritent la pkis grande attention de la part des gens de I'art j elles ra- iiiment I'aiipetit et les forces , excitent les urines , rappelknt les regies , calment les spasaies de I'estomac et les acces liysteriques. Le Journal britannique contient une suite interessante d'obser- vations sur leurs bons effets. 6". Les eaux hylrogenees contenant le tiers environ de gaz liyJrogene , sont caliuaiites, utiles dans les fievres avec quelques symptomes iiiflammatoires , diminuant alors la frequence dii poiils, dans les doideurs dts voies urinaires , dans quelques affections nerveuses et dans les insomnies. 7". Les eaux hydro-carbonees ne diflcrentpas esscntiellement des precedentes. 8". Les eaux hydro-sulfn reuses preparecs avec le gaz hydro- gene mele de gaz liydrogene suliure en petite quantito , ont I'odeur et le gout d'oeufs pourris, et ressemblent aux eaux tlier- niales saiTureuses ; elles sont diaphoretiques, fondantes, reso- lutives , ti^s avantagcuses dans les obstructions , les jaunisses , les affections du mssentere. On peut les varier beauconp par la proportion du gaz. Leur usage exterieur merite autant d'atten- tion de la part des medecins , que ieur emplol a I'intericur ; i82 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE chargees dc beaucoup de gaz hyJrogene suUure, elles deviennent precieuses en lotions et en bains , dans Ics maladies psoriqnes j en douches elles reussissent dans les ulceres de maiivais carac- tercs. Elles reuiplacent tr^s-avantageuseinent I'usage des eaux thennales pour les nialades doiit les moyens ne perinettent pas dds voyages dispendieux. Les ^uteurs du nietiioirc le terminent par deux considerations egaleinent iinportantes; I'une a pour olijet le point de vue eco- riouii(|ue , I'argent exporte pour le prix des eaux, retenuen France , et celui des etrangcrs , attire dans notre pays ; I'autre est relative aux resultats utiles il la science (jue les procedes eni- })loyes a la fabrication des eaux leur paroissent susceptibles de burnir. Telle est la substance du memoire presented I'lnstitut; il est ecrit avcc la simplicite et la precision qui conviennent a un pareil sujet. § 3. Vracedes su'is is pojir la fahri cation nrtific'iellc des eaux ; description de I'ctahlisscmeiit oil on les prepare ; dose des matieres diverses qn'on y dissout. La commission , sur I'invitation de la compagnie du citoyen Paul, s'est transportee dans I'atclier ou Ion jirepare ces nou- velles eaux artificielles, et qui est situe maison d^Uzes , rue ISIontniartre i elle a d'abord etc i'rappee de la simplicite des ap- pareils , dc I'ordre qui regne dans leur disposition respective , des moyens ingenieux employes pour se procurer I'eau , pour la filtrer entre le premier reservoir et celui d'oia elle est puisee pour etre mineralisee, de la perfection des machines pour obte- nir les gaz et sur-tout I'acide carbonique , soit par la calcina- tion du carbonate de chaux , soit pour son degagcmcnt, par le jiioyen de I'acide sulfurii|ue , et sur-tout du mecnnismc rapide par lequel les gaz sont comprimes et condenses dans le liquide qui les re^oit. Par-tout elle a reconnu les ressources d'une me- canique eclairee ,associees a I'exactitude des procedes chimiques ; par-tout elle a etc frappee de'la difference qui existe entre cette fabrication en grand , et la pctitesse , on pourroit presque dire la mesquiiierie des pratiques emp'oyees jusqu'a present pour la preparation de ces liqiiides. Les machines de I'atelior que nous decrlrons , sont disposees dc maniere a fabriquer a. la Ibis plu- sieurs centaines de litres d'eaux minerales, et a leur donnerla plus Ibrte coniine la plus unilorine encrgie. L'auteur de ces procedes et de ces manipulations vitiles, en^- ET D'HISTOIRE NATURELLE. i83 tierement au courant de toutcs lesvarietes d'appareils employes dans les laboratoires francais pour decouvrir et montrer toutes les proprietes des fluidcs elastiques, et leur influence siir les plie- noinenes chiiniques de la nature , seudjle avoir consacrerensem- ble de ces machines .\ des rccherches exactes, tant il amis de Sagacite dans I'invention , et de precision dans I'cxecution de ses moyeris. Sans vouloir decrire ici en detail les machines em- rloyees dans I'atelier de fabrication des eaux , machines dont auteur desli'e reserver la coniioissance u. sa coinpagnie , sur-touC par rapport au niecanisme de compression qiii fait le principal appareil de son invention et qui nous est reste cache, la com- mission croit devoir au moins donner une idee generale des principanx precedes mis en usages dans cet atelier , afin de faire connoitre a. la cla?se les soins et les lumiercs qui dirigent cctte importante fabrication. Ce qu'elle va entendre sufFira pour en faire juger le merite et I'avantage , mais ne suffira pas pour en permettre ou en dieter rexecution. La commission remplira done ainsi et ce que la classe attend d'elle , et ce qu'elle doit a I'auteur du mecanisme dont le resultat I'occupe. Ueux genres d'appareils ega)ement simples, ingenicnx et pons* Ses jusqu'a une perfection (|ui deviendra tres-utile meme dans nos laboratoires de rccherches , sont destines a I'exlraction et an degagenient du gaz ; I'un pour ceux que le feu doit developper ^ I'autre pour les fluides degages par I'effervescence. Le premier est un cylindre melallique traversant un fourneau, et muni a ses deux extremites , de tous les ajustages n^cessaires , soit pour voir ce qui se passe dans son interieur h. tous les temps de roperation , soit pour recueillir, transporter , mesurer, laver et purifier les gaz une fois degages. La vue et la marche de cet appareil montre a. I'observateur tout ce que la chimie moderne a imagine de plus exact et de plus utile pour I'extraction et la connoissance des fluides elastiques. De I'extreniite de cet appa- reil separe en deux ]>ar une cloison , et oft'rant , d'un cote, le fourneau et le cylindre , de I'autre, les reciplens mnnis de tout ce qui assure le recueillemcnt , la mesure et la purification des gaz; par.-tout des tiiyaux mobiles qu'on pent allonger, raccourcir, elever , descendre, diriger a volonte , et qui portent les gaz dans une pompe d'ou ils sont relbules dans des tonneaux solides ou la dissolution dans I'eau filtree qui y arrive d'un autre atelier voisln , par une condulte particuliere , s'opere a I'aide de la pression et de I'agitation. Ce preinier appareil est applique i\ i'extraction des gaz acides , carl>oniques , oxygenes et hydrogenes. i84 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Le seconil genre d'apjiareil consacre anx developpemens des fluides elasti(|ues par I'eff'ervescence , est encore plus simple (\ue Je premier. Quoique semblable a ce qu'on connojt dejadansnos laboratoircs , et consistan"^ en un vase nmni de tubes et do ro- biiiets , le citoyen Paul y a porte une perfection , une simplicite , un6commodite qui rendent cette operation et plus facile, et plus pronipte, et plus sure qu'elle ne I'a encore ete jusqu'ici. Sa fabrication f st si exacte qu'il ne se perd rien , que tout le gaa est recutilli , qne les matieres en eifervescence ne se boursouf- flent jamais asscz pour arrivcr jusque dans la premiere eau tra- versce par le gaz j que tout , jusqu'au temps et k I'espace est eiiqiloye a profit. Le mecanisme qui produit cet effet est en meine teiiqjs d'une siujplicite qui etonne et qui annonce dans son au- teur vine graiide habitude des procedes , et une coniioissaiice aussi profbnde des inconveniens reconnus dans les machines usitees, que de ce qui restoit a y ajouter. Le gaz fourni par ce proct'de est aspire par la ni^me pompe et porte dans les meraes toiintaux de dissolution que celui qui est le produit du feu. Quant a. la jnacliine de cotiqiression dont la structure et le mecanisme ne nousont point ete communiques^ et dont I'auteur et sa compagnie se reservcnt entieremrut le secret , nous nous coiUenteroiis de dire qu'elle remplit son but de la uianiere la f)lus desirable , puisque les eaux gazeuscs diverses , fortes ou bibles que nous avons vu preparer, coiiticnnent plus de fluides elastiques , meme de ceux qu'on salt n'etre pas dissokdiles dans I'eau au moins sans pression , (\ue toutes celles qu'on a faljri- quees jusqu'aujourd'liui. Nous avons vu prej^arer en moins de deux Jieures dtux pctits tonneaux d'eau de Seltz, soil a^ec le gaz acide carboni(|ue extrait par le feu, soit avec le meme gaz retire par I'acide sull'urique. Cette operaiicn siiujile dans toutes ses parties, n'entraine ni dilllcultes , iii irregularite , ni perte de temps. La proprete ia plus grande regnedans toute sa continuite.' Les matieics salines et fixes qui doivent faire partie de quel- qucs-unes de ces eaux , et sur-tout de celles de Seltz , de Sedelitz , de Spa, etc. sont placees toutes dosees , bien melees et en pou- dre line, dans cliaque bouteilie, avant de remplir celle-ci de I'tau g;izeuse, au moment ou Ton va la tirer du tonneau de fabrication. L'art meme de tirer le liquide gazenx de ces ton- niaux, est aussi perl'ectionne ipi'il peut I'etie. Le sifllement et le bruit, ainsi que la fiacture de quel(|uesunes de ces bouteilles, k I'instant ou I'on y enfouce le bouchon , annoncent assez au spcctateur de celte operation , que I'cau gazeusey est surchargec de ET D'HISTOIRE N A T R E L L E. iS5 de cegnz, et (jiie iiialgre la perte ineviiable qui sVii fair , Icliqui Je en coiitient heaucoup plus (|u'aucune eau artificiLlle n'eu a conteiiu jus ju'ici. A cette notion sur les proceJes nouveaux dont le citoyen Paul se scrt j)our dissoiiure le gaz Jans I'eau, 'a coniiuission croi.t devoir joindre I'enonce des diverses matieres qui constituent phaque eau uiinerale fabriqnee dans I'etablisseiQeiit dont ellc rentl ci extraitt s d'urie note retuise par la co:npa£,uie du citoyen Paul, sur ia deiiiande des couunissaires , sont indiquees pour cliaque bouteille contenant 6,11 hectogrammes d'eau (ou 20 onces). 10. L.'eau de Scicz forte conticnt par bouteille , Acide carboniqne extrait par ref'fervescence 5 f'ois son volume. Carbonate de chaux ... . 21 centigrammes. (4grains). Maguesie 10, 5. (2 grains). Carbonate de sonde. .. . 21. (4sirains). Muriate de sonde \\5,-j. (2^^ grains). 2". L'eau de Seltz douce contient, Acide carhonique extrait par le £e\\ et mele d'un pen de gaz hydrbgene 4 fois son volume. Les quatre sels. . . aux mcnies doses que la preceJente. 3°. L'eau de Spa ccntlent , Acile carbonicjue par I'eflervescence. 5 fois son volume. (-arbonate de chaux 10, 5 centigrammes 2 gralnsj. Magnesie 21. (4 grains). Carbonate de sonde.... 10, 5. (2 grains). Muriate de sonde 0^2 (i grain). Carbonate de f'er . ...... o,i> ( ^ grain ). 4°. L'eau de Spajhrte, Composee comnie la precudente, contient le double de f'er. Tonic VII. VEInTOSE an 8. A a iSS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE 5°. L'eau alkaline gazeuse contlent , ■ Acidecarbonifjue, parl'effcrvescence , 6 fois son volume. Carbonate de polasse , 800 centigrammes. ( 144 grains ), 6". L'eau de Sedelitz contient , Acide carbonique plr I'effervescence , 5 fois son volume. Sulfate de magnesie , 80a centigrammes. (i44 grains), 7". L'eau ojcjgdnde contient , Gaz oxygene. — Moitie de son volume. B**. L'eau hjdrogence contient ^ Gaz hyJrogene. — Uu tiers de son volume. (J". L'eau hydro-carbonee contient , Gaz liydrogene carbone. — Deux, tiers de son volumev 10°. L'eau hydro-sulj'urce foible contient , Moitie de son volume de gaz liydrogene mSl^ de j- de ga^ liydrogene sulfure. 11°. L'eau liydro-sulfuree forte contient, Moitie de son vohime de gaz liydrogene melee de \ de gaz liydrogene sulfure. § 4 • Exaiiieii dcs eaux fabriqui^es dans I' etc citoyens Paul et compap;nie. •hablissenient des citoyens I'auL et compe. La commission ne s'ost pas contentee de visiter le nouvel eta- Llisseraent des eaux niincrales artllicielles et d'assister a leur faljrication ; elle a era devoir en examiner le resuliat, et elle s'est fait reniettre pour cela une sufiisante quantilc de cliacnne de ces eaiix preparecs par les procedes indi(pies. Les bouteilles bieu lioucliecs, scellees et cachetees , ont ete portecs de I'atelier ET D'lIISTOIRE NATURELLE. 187 cles citoyens Paul et compagnie, oi\ les eaux avoient cte prepa- rees la vciile, dans le laboratoire de I'un de nous, et nous avons procedc a lear examen , non pas avec toute I'exactitude (]u'on. a coutiime de inettre a I'analyse d'une can minerale inconnue, car ccttc precision eut ete employee a pure perte, inais avec des soins suffisans pour nous assurer de leur nature. Void co que ces eaux nous ont presente trois joiirs apres leur transport, ■et apres avoir ete gardees dans un lieu frais et K I'ombre. Les bouttilles d'cau de Selz, sur-tout de celle que les auteurs noniuieut eau de Scltz forte, ont offert une effervescence, un Ijouillonnenicnt et un siiilement considerable k I'instaiit oil elles ont ete deb;;uchees ; le bouchon en a plusieurs fois saute avec Ijruit ; des jjulles tres-abondantes de gaz s'en sent degagees pen- dant plusieurs lieures. En decomposant cette eau avec precision jiar I'eau de cliaux, la ipiantite de preciplte rjue nons avons oblcnu nous a indique im pei'i plus de trois Ibis son volume de gaz acide cai ijonirpie. Les reactifs y ont iaditpie la presence des sels qui y eioient dissous. 11 en a ete de raeine de I'cau do Scliz foible ; elle cnntenoit nn pen moins de gaz que la preceilcntc, quoiqn'elle prcseutat le sil'Hcment ct le bouillonneraent accouturnes ; quoique le bouchon eut saute tie dtssiis une de ces bontelllcs. L'eau de Spa forte avoit noirci son bouclion ; 011 y voyoit nager quelqucs legcrs flocons jaunatres. Pctillante et inousseuse, elle avoit une saveur fcrrugineuse bien marquee; elle roz/gissoit avec la noix de Galle. L'eau de Spa fc^ible , plus piquante et plus acidule que !a precedente , avoit un goiit moiiis meta!li(pie et se coloroit moins p ir I'acide galiiquc ; on y voyoit aussi des flocons jam.ies legers. L'eau alkaline gazeuse, beaucoiip moins moussevct; que les precedentcs et d'une saveur doucatre, contenoit deux fois ct d. mie son volume d'acide carbonique. La presence de I'alkaliy etoit aiinoncee par tons Irs reactifs possibles, et sa puissance d'affjiblir I'acidulite y etuit extreiueniint mar(piee, sur-tout en conlparant celto eau a celles de Seltz et de Spa. L'eau de Sedelitz , aux proprietes d'eau gazouse, -^reunissoit les caraciercs bien proiiouces d'une solution de sulfate dc rna- gnesie. Les eaux oxygen ecs , liydrogeiiees , Iiydro-catbojiees , neclif- feroient que ties-peu par leur .<:aveur et toutes leurs proprietes , de l'eau ordinaire. 11 n'y a eu ni siflleinent quand on les a de- bouchees , ni elfi-rvcscence bien sensiljle quand clles ont prls A a 2, i83 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMrC Jc contact tie I'air. Elles n'ont iiioiitre aucune analogie mar- quee avec des eaux gazeiises. A peine out elles laisse degager spontanemcnt ([uelqucs ctntiai^ties cnbes de gaz oxyg^ne ou liy- drogfhie , et cllcs n'ont prodidt sur aiicun reactif des elRts assoz seiisiblcs pour qu'on put y reconnoitre ainsi la presence de deux gaz dont elles avoicnt ete i;npiegriees par la pression. Cepcndaiit Ja petite portion de ces gaz (jiii en a ete extraite n'avoit point suLi d'alter.itioji ; celle de la premiere avoit les c.iracieres de gaz oxygene, et celle de la scconde , les proprietes dii gaz hy- drogenc assez pur. Liifiu les eaux liydro-sulfnrees sans agitation et sans bnllcs , comnie les precqdentes , etoient un peu louclies , d'une odeur fetide qtioique foible ; I'acide nitreux et I'acetite de plomb y ont manifeste tres-seiisiblciuent la presence du soufre ; le precipite iburni par le premier de ces reaciifs a ete plus marque dans la forte que dans la foible. Tons les ])henc'nieiics qui viennent d'etre enonces , tons les caracteres decrils se sont cgalement rencontres dans ies princi- ])ales cspeccs des eaux tin citoyen Paul , specialement dans cclles de Scltz, de Spa , ainsi que dans ses eaux oxygenees , liydroge- jiclS et hydio-sullurees ,^ eiivoyees depuis plusieurs iiiois de Geneve et gardees dans unc cave de Paris, a I'exceyuon de la qiiantite de gaz acide carbonique des pieniieres qui e oit sensl- bleintnt moins grande , niais cependant a uiie proportion moins foible qu'on ne lauroit cm, car nous avons encore trouve deux ibis et deiiue son volume de gaz dans les eaux acidules, dans I'cau de iJeltz forte. § 5. Onseiyations sur les pracedcs dc fabrication et sur la nature de ces eaux. La visite do I'etablissemcnt , I'li-spection des appareils da ci- toyen Paul , la couimunioatioM qu'il nous a donnee de ses re- celies^ponr Its eaux faciices , et i'exaitieu de ces eaux fabri- (juees par lui tl Geneve ct a Paris , receiues et deja aiicieunL-s , iioiis oit conduit a queitp.ies retitxLons que nous croyous u.ile de couniumi(pier a la classej ellc ont pourobjet, soit les pro- cedes ger.eraux employes par I'auteur , soit la nature speciale do cbaiuric dc ces eaux en particulicr j elle ont pour' bsit quelques modiliciilioiis ou ameliorations dont ces liquides ai tilieicls ont paru susccpllbles et qui peuvent influer sur le succes qu'elles doivcnt avoir dans le traitement dts maladies. ET B'HISTOIRE NATURELLE. iSj 1". Quoiqn'il ii'y ait mil dotite que ks machines et les soins employes par le citoyen Paul iiiipregnent I'eau d'vire plusgrande fjuantite de gaz que celle ([ue Ton y a introduite par les niaui- pulatious ad()|)tees juscju'ici, il nous est generaleuient et rons- tamnieut arrive de trouvcr beaucoup mciii's de gr.z par rexauien de ces eaux que I'auteur ne I'a indiijue. INous ii'en coiiclurons pas que le citoyen Paul ne parvienne pas en efiet k condenser dans I'eau jusqu'ii six fois son volume de gaz acide carboniqne, et que Ja precision de son procedi^ et la force de sa machine coniprimante ne liii ait donne le uioyen d'obtenir ce resullat coniiue ctlui de s'assurtr positiveincnt de son exilence ; nials rotis en' tirerons cctte induction egalement vraic , que ces eaux eprouvent des perres continucUes et succcssives soit au moment oil on ya])pli(jue le bouclion et celui ou on le sce'le, soit meme en les gaidant, soit enfin a I'instant nienie ou on les debouche , ce que la violence coiuUnsation du gaz siiue sous le ijouclion et le saut rapide et bruymt de ce!ui-ci annoncent. II fii lit observer neannioiiis qu'en extrayant les gaz de ses eaux par le inoyen de la pompe et par I'lndustrieux tnecanisme qu'il a construit pour cet eff'et dans son laboratoire , on obtient plus de fluide elastique (]i;e nous ii'en avons eu par notre procede ; niais nous avons des motifs de croire que uialgre sa pratique ingeiuonse ]V)ur degnzer ses eaux et mesurer lour gaz, il y a qiielqius sour- ces d'erreur , que la precipitation par I'eau de cliaux on I'eau de Larite en olJre moins. Au reste cttte reflexion geneiale, ia seule que nous nous perniettrons sur le travail du citoyen Paid , con- sidere dars son ensemble, ne peut qu'inlluer rn bien dans le jugeuif nt qu'il fai't en porter , comme nous aliens le faire voir en pailant de chaciue des eaux factices en |iarticnlier. "J-". L'eau de Seltz forte artificielie , (juoique tontenant moins de gaz. acide cailji'uique lorsqu'cn fexamine cliimiqumitnt que lorsju'on vieut de Pen iinpregncr, en est ccpendant encore cliar- gee d'une quaiitite plus considerable que celle qti'on v a inseree jiisquici. Bergman et loiis les auteurs qui Tout suivi ne parloieiit tout au plas que d'un voluMie egal ou un pen stiperic ur a rclni de i'eau J dans celle du citoyen Paul on en trouve constainment plus de Irois fois le voluuie de I'tau. Aussi cctte proportion qui rend ce g.iz surabcndant toujours pret a s'exhaler, qui domie a I'caii dc Seltz factice une propriete inousseuse si vloienle, pei.t-eile etie regiMdee comme superflue pour la qualite niedi- Ciiia'e de cette tan. Deux fois son volume de gaz suffiroit en- core pour la renure supericxire a celle dc la nature. Les n.ala- i!)o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C H I M I E des ne jiremient pas h. beancoup pres tout le gaz conteuu dans Teaii aciclule lactice du cltoycn Paul ; il s'eii degageunt- granJe partie quand on debouclie les bonteillcs, uiie autre en sort qnand on verse I'caii et successivement quand on I'dvale aussitut (jn'elle est introdulte dans I'estornac. A la verite cette qnalite piquante et mousseuse est generalement agreable et recherchee specialeaieiit pour les usages economiques ; et quoiqu'elle ne suit pas indispensable pour I'adiuiiiisfratid'n medicinale , on ne pent ([ue louer raiiteiir il'avoir trouvi^ I'ait de la donntra son eau iaLticc. Nons ne pensous pas de nieaie sur I'addition du carbonate de cliaux et de la magnesia dtms I'eau de beltz arti- iicielle. Nous croyons avec Bergman que ces sels terreux, sans etre aussi nuisibles que le pensolt le celebre prof'esseur sue- dois , et sans donner les obstructions (|u'il en redoutoit , ii'ajou- tent au- nioiiis aucnne bonne qualite a cette eau , peuvent nieine diininuer celle qn'elle tieiit de ses autres ijrlncipts. o°. C'est une tres-bonne idee que la fabrication de I'cau de Seltz douce avec I'acide carbonique extrait par le feu. 11 est certain que cette eau n'a p'bint I'es} ece d'aprete et doit porter inoins d'irrilatiou qu'on en reniarcjue dans celle qui i. st prepa- ree avec I'aclde carbonique degige par I'effervescence. Les deux reilexions sur la surahondance d'acide et sur les sels terreux , sont applicablcs a cette espece comnie S la precedente. ISous observerons de plus qu'il scroit peut-etre a. desiter que cette eau ne contint pas lo gaz lijdrogene que I'auteur y indi(pie , et (jue counne rorigine de ce gaz est tres-bic-n coinnie , il poui- roir. facileinent I'eviter en subsiituant a son cylindie de ler uu cylindre de tcrre , a la craie qu'il enij^loiPj du marbre blanc on du spatli calcalre en poudre; alors I'eau tpi'il verse dans I'inte- rieur et dont il a si bicn reconnn rir.flucnce pour le dcgagement facile et prompt de Tacide carbonique, ne donneroit plus nais- saucc au gaz hydrogene dont nous parlous. Nous devons dire DCaniiioins ([ue nialgre notre reiuarque, qui n'a pour but que le dernier point de perfectionnement dont le procedo de fabritatiou est susceptible, ne doit ^tte cc nsideree que comiue pen inipor- tante pour la nature et la bonne qualite de I'eau de Scltz, douce artlficielle. 4". Dans Its deux especes d'oau dc Spa factlces du ciioyen Paul , nous avons toujours trcuve un prtcipilc iloconeux de carbonate de Ccr , lualgro la surabondaiice d'acide carbonique qui y est contenue, I'auteur y ajoute cependant le fer jar lin precede exact et bien enteudu. 11 met dans la bouteille, avant ET D'lIISTOIRE N A T U R E L L E. igt cle la reniplir d'eau gazeuse , et avec les scls, tine solution de fer dans I'ean acidule dort ia proportion lui est connue et doiit il varie la dose suivant qn'il veut fabriquer de I'eau de Spa forte on foible. La precipitation du fer ne pent etre due rjn'a la ineparation anterienre de cette dissolution, et il sera fort aise de I'enipecher, soit en preparant pins tard la solntioti ferrngineuse J soit en suppriniant les deux sels terreux an moiris inutiles , qu'il y fait entrer. Au reste , inalgre le depot partiel de fer, la (juantite qui en reste dans I'eau, la sareur metulliqiie qu'elle conserve, la couleur qu'elle prcnd ayec la noix de Gcille , siiffisent pour lui doniier les proprietes medicinalcs qu'on y Gonnoit. 6". L'eau alkaline gazeuse du citoyen Pqiul , n'est sans doute prcparee par lui aveo le carijonate de potasse , (]ue j^our lui donner exactement la meine nature que celle de l'eau mepliitl- one alkaline de Home , s'l einp'oyee en Angleterre et si recom- niandee par le docteur In2,enboiiiz dans les affections calcn- leuses. Cepei.'dant les eaux alkalines gazeuses de la nature sont toutes des dissolutions de carbonate de sonde avec exces "d'acide carbcniqne. L'eau de Vichy, Teaii de Bard, et plusieurs eau:o du Puy de-Dome et du Mont-d'Or sont decc genre; si les me - decins vouloient faire pieparcr des eaux parfaitement seaiblaliles a celles (jne nous indlquoris, il scroit fort aise au citoven Paul d'apj)orter cette lej^ere modification a son precede , de sidistl- tuer le carbonate de sonde au carbonate do potasse. Cela n'em- peclieroit meiiie pas qn'il continuiit k fabriquer l'eau alkaline acidule de potasse , si I'art contlmioit k la reclamer pour le trai- tenient de (|uelqnes maladies calcvdeuscs ; car il n'est pas permis de cj'oire, dans I'etat actrel de raiialysc animaie, qu'un carbonate alkalin soit uii remtde fondant pour les calculs formes d'acide nrique ou de phosphate de chaux ■, et ces deux espcces de con- cretions sont les pins frequentes de toutes. 60. Quoique l'eau de Sedelitz que nous connoissons a Paris ne coiilieime pas abeaucoup presune proportion d'acide carbonique qui se rapr^che, en aucune manicre, des cinq volumes de ces gaz iniroduits dans son eau factice par le citoyen Paul, cette addition conseillee sans doute par des horames de Part , ne pent pas avoir d'inconvenient ; il seroit d'ailleurs f icile , ace physi- cien , dele diminuer ou de le suppiimer, si tel etoitlevceu dts inedecins de Paris, comrae illeseioit de varier ct d'angnicnter la projiortion du sulfate de mngnesie, pour rendre cette eait plus forte ct plus purgative. Peut-etre seVa-til bon encore que igi JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE Ic citoyen Paul ajoute k son eau de Sedelitz factice, la petite pro- portion de muriate de magnesie qu'on a trouve dans ci'lle de la nature, etqui.en raisou de sasaveur piquaiite et forte, nous paroit devoir etre coinptee pour quelque chose paruii ses j'rin- cipes aclifs. 7". La fabrication de I'eau oxygenee et la dissolution du gaz oxygene dans I'eau , a la moitie de son volume par le nioyen d'une lorle presslon , est une veritable et importante decouverle ; elle interetsc aulaiit la physique que la medecine ; nous ne doiitons ])ns meiiie qu'elle ne devieinie quehjue jour tres utile dans plu- 'sieurs arts, qu'elle ne puisse en meme-temps conduire a I'ex- jilication de quelques plienumenes uaturels, encore peu connns. Nous observerons a cet egard , que cette eau n'est pas , k ce qu'il paroiit , une veritable dissolution du gaz oxygene , qu'il paroit n'y etre que condense, renfcrme et retenu par une pression forte, qu'il s'en stpare facilcment par la diminution et la cessation de cette pression , et que c'est pour cela sans doute qu'il ne nous a pas ete pennis d'en extraire raeiue le tiers de ce que I'auteur en annonce. Quoique la saveur et les autres propriety's de I'cauainsi oxygenee semblent ne pas dilferer de celks de I'eau commune , il n'est pas pennis de lever de doute raisonnable sur les eliets que les medecins de Geneve en out obtenus et tpi'ils ont decrit avec soin dans plusi,eurs numeros de la Bibliotho pie britannique ^I'occasion de la medecine pneumatique moderne. D'apres ce que I'un de nous a xieja recueilli sur cette j)artie de la chitaie medicinale dont il s'etoit le preiu'er occupe , piusieurs annees avant messieurs Rollo et Cruishauck qui semblent avoir ouhlie ou meconnii ses rechcrches et sea idees d?ja anciennes , nous so/nrnes persuades qne I'eau iuipregnee de gaz oxygene pourra devenir un des remedes les plus puissans , et une des ressourccs les plus utiles de Part de guerir ; f|u'elle po\irra rem- filacer dans quelques cas les acides, les oxides, les sels metal- iques relalivemcnt a leur action oxygonante , ou les aider , les soulenir, dans cette action j enlln f|u'il y a beaucoup de choses a falre sur cet objet, qu'on ne doit ejicore voir que comme 8'\ Quant k I'eau hydrogenee et hydro-carbonee, malgre les es- perances assez bien fondees que les medecins de Geneve en a\oient conrues, et d'apres lesqrelles le citoyen Paul a ete en- gage a en tenter la fabrication , le peii de gaz hydrogene qui se condense dans I'eau et radherenceextremement i'oible qu'il con- tracte repondent pariaitementau peu d'effcts que les medecins' en ET D'HISTOIRE NATURELLE. njZ en ont olitenus ; mais cela ne nous portera point k proposer la suppression de ces deux especes d'eaux 9.rtiliciclles. Le temps seul peut apprendre ce qu'il sera permis d'espererde leurs usages; et Ja theorie des fluides elastiqucs en moutrant J'hydrogene op- pose a. I'oxygene dans ses vertns , aniionce qu'on nedoit pas re- iioncer a les employer, jusqu'ci ce qu'on ait constate leurs veri- tabli-'s proprietes. 9°. Enfin les eaux sulfureusesnous ont paru , en general , trop pen chargees de gaz liydrogene suHure; ce dernier n'y est <|u'as- socie an gaz liydrogene pur , et n'en forme que— pour les eanx foiljles et le '- pour les eaux sull'ureuses fortes. INous ne crovons pas non jilus qu'il soit necessaire d'inserer ce dernier gaz dans I'eau avec le gaz liydrogene simple ou pur; celui-ci, comme on sait, ne s'y dissout pas ou ne s'y condense foiblement qu'a la faveur dune grande pression. II ne peut que diminuer la disso- luljilitedu gaz liydrogene sulfure qui seul est assez soluble dans I'eau. Bergman a propose d'imiter les eaux sulfureuses par la seule addition du gaz liepatique ou liydrogene sulfure , et au- cun cliimiste n'a propose depuis lui d'associer le gaz liydrogene a celui-ci. On pourra d'ailleurs varier la proportion du gaz liy- drogene sulfure et la porter boaucoiip au-dessus de celie qui est anoiicee dans le memoire du Citoyen Paul. Les indications que le medecin voudra remplir par les eaux sulfureuses fac- tices , dicteront a cet egard ce qu'il sera convenable de faire ; les moyens du citoyen Paul sont plus que suflisans pour les remplir toutes. § 6. Resume et conclusion. Loin de vouloir presenter les observations qui viennent d'etre fiites , comme des objections ou comme une critique, nous ne les avons destinees qu'a. montrer avec plus d'eclat et de de- veloppement toute I'utilite et toute I'extension que peut per- luettre I'etablissement dont nous avons ete charges de reudre compte a la classe, Ces remarques doivent servir a prouver eii meme temjis le cas que nous faisons de ce nouvean travail et I'estime que son auteur a su nous inspirer. Mais pour qu'il ne reste aucun doute a cet egard , nous cruyons devoir terminer ce rapport par I'expose des avaiitages que promet la fabrication nouvelle d'eaux mlnerales factices ot qui doivent motiver la con- clusion par laquelle il sera tcrmine 1"^'. Depuis que lachimie a determine la nature, l.i proportion Tome Vll. VENTOSE au 8. E b i9i JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C II I M I E ties princi[ies et snr-tout clus gaz Jissous Jans les eaux tnlnera- les , I'art possede tous les moyens ile les iuiiter par une fabri- cation artificielle. Les procetles des citoyens Paul et conpagnie prouvent qu'ils sont entiereincnt au courant de ccs iiioyeiis et qu'ils contiennent toutes les ressources fj[ui sont au pouvoir de I'art. a°. L'etablisseraent nouveau fait a Paris pour cette fabrication, offre un atolier blen snperieur k ce qui a ete connu jnsqu'ici ; ce Jie sont plus les petits moyens ordinaires des laboratoues de cli^inie J ce ii'est plus le produit d'une experience resserree et genee en quelqiie sortepar des inilliers d'autres experiences : c'est tine reritable phannacie pneuniatiqne , una manufacture ou les meraes operations faites avec beaucoup de soin et en grand , con- duisent constamment a un resultat identique. 3". Aux precedes connus, mais insuffisans des laboratoires, le citoyen Paul a substitue une luacliine coinprimante qui introduit dans I'cau non seulement une quantite de gaz acide carbonique trois fois plus considerable que celle iij'on y avoit inseree jus- qii'ici, ruais encore dcsfluides elasti(|ues (]ui - i\'oient eteregardes comrne totalcment insolubles. 4"- Les eaux de Seltz et de Spa, fabriquees dans Ic nouvel etablissement J sofit beaucoup plus fortes et beaucoup superieures a celles qui avoient ete preparees dans les j)liariiiacies et les laboratoires de chiinie , au uioyen du nouveau precede de com- pression que I'auteur a employe pour saturer I'eau de gaz acide carbonique. L'eau de Seltz douce prt paree avec I'acide carboni- que extrait de la craie par Paction du feu, a reelleinent sur celle qui contient cet acide retire par PeffervcscencCj I'avantagc d'etre beaucoup moins irritante et de conyenir dans des cas oil cette derniere seroit pUitot prejudiciable. 5". Les eaux oxygenees et liyirogenees sont de nouvelles ac- quisitions tres-//«^orto«^e5 pour I'art de guerir. Elles piomettent de plus ^ la physique et a la chi uie de nouveaux moyens de recherches et peut-etre meme a Tag' icuhure ef aux arts des instru- jnens precieux autant que de tres-utiles resultats. 6°. Les eauxde Scdclitz, les eaux sulfureuses artilicielles sont entierement semblables a celle de la nature. y°. Les fabrications des diverses especos d'eaux mlnerales , ou inedicinales par les precedes du citoyen Paul , sont susceptibles d'amoliorationSjde mollifications, de varietes facilesa obtenir; on pent a I'aide de legers changemens dans les precedes et les doses ET D'HISTOIRE NATURELLE. lyS cle matlere dissoutes dans I'eau, augmeiiterou dimitiuer, adou- cir , luoderer ou aiguiscr en fjuelque sorte leurs effets. b". L'etablissenient nouveau dans I'enscmble des lesnltats fjn'il fournit , ofl're a I'art de gnerir , nne serie de preparations medi- camenteuses qui peuvent remplir line f'oule d'indications variees, et suffire avec tres-peu d'antres secours etrangers, ati traitement ou a radoucissement d'un grand liorabre de maladies. 9°. La composition des eaux minerales factices, devcniie facile et donnant tout k la fois de grandes quantites de ces liquides inedi- camenteux , les malades indigens ^ les hospices trouveront desor- niais dans les produits de cet etahlissenient pliarniacentique , des ressources qu'ils ne pourroiont point obtenir faule des moyens de faire des voyages dispendieux, ni meme se procurer dans les eaux minerales naturelles transportees a grands frais de leur source a Paris. io<*. Enfin cette preparation d'eaux minerales artificiellcs, faite assez en grand pour en fournir a un grand nonibre d'individus a la fois , est propre a creer pour Paria et pour la France , une nouvelle branche d'industrie utile tout a la fois aux habitans de la republique , par les medicaniens qu'elle leur fournit , au coin- merce^ par les sommes dontelle previent I'exportation , par celles qu'elle doit attirer de I'etranger , k la prosperite nationale, par les produits de tout genre qu'elle y fait naitre. En consequence la counnission penseque la classe des sciences physiques et mathematiques de I'lnstitutdoitdonner I'approbation la plus distinguee aux procedes des citoyens Paul et corapagnie poiir la fabrication des eaux minerales artificielles , et declarer qu'ils ont parfaitemcnt rempli I'objet qu'ils s'etoicnt propose , de tournir a la medecine des medicaniens comparables et souvent meme superieiirs aux eaux minerales naturelles. Bb % 196 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE E X A M E N Des differens remedes qui out ete employes dans le traitement de la rage , Par B. G. Sage, clirecteur dc la premiere ecole des mines. De tous les maux qui affligent riiumanite , la rage est le plus terrible. Les acces du delire furieux cpi'elle produit centuplent ses i'orces. II est rapporte dans le journal de Henri IV , par I'Etoile p. i83 , ' mit avec ses deny mains un cliien en pieces etl'elrangla, en- « core qu'il le mordit, puis, ayant advise un ane,serua dessns « et avec ses dents lui arraclia la queue. » II paroit que la salivepeut communiquerlarage. M. Herman (1) i-apporte qu'une fiile qui avoit soigne un jeune homaie qui etoit mort de la rage, avoil eu I'Jmprudence d'esstiyer la sallve de ce nialnde avec ses doigts et quelquefois avec son niouchoir ; cette fiUedevini peu-a-peu roveuse, melancoli([ue ; elle pleuroit et rioit par intervalls, se plaignoit de sufloqueniens nioincn- tanes el d'un serrement dans le gosler, comme si on cut voulu I'etrangler; cessymptomes etant accompagnes d'autres qui carac- terisent la rage , M. Herman traita cette lille par les frictions mercurielles , moyen pratique avec succes par Desault. Le docteur Mitie altiihue le bon effet des frictions mercu- rielles dans la rage , a I'alkali volalil que le mercure degage du ( 1) M. Herman a public en 1778 , a Slrasbourg, vne disserlalion sur la rage. ET D'HISTOIRE N A T U R E L L E, 197 sel ammoniac phosphorique contenu dans la limphe ties ani- maux. On pretend qu'on pent gnerir de la rage en faisant usage , pendant neut" jours, de six hlancs d'oeuf ineles avec line ciiilleree a bouche de coquiljes d'huitre calcinees , qu'on cuic ensemble CQnioie lorsqu'on prepare desoeuf's brouilles. La chanx eteinte est un alkali terreux. Le roi de Prnsse acheta en 1777 d'un paysan de Silesie un remede centre la rage , et ordonna qu'il s'en trouvat tonjours de prepare dans les pharmacies, et que les chirnrgiens en fussent- toujours pourvus. La base essentielle de ce remede est le scarabee mSloe ; cet insecte est noir ct molasse ; lorsqu'on le touche , il fait sortir de ses articulations une humeiir grasse et brune, ce qui I'a fait designer sous le nom de scarabee onctueux. Cet insecte se trouve au printenips dans presque tons les pays. On donne au nieloe lenom de scarabee des niarechaux , parcG qu'ils en preparent \\n onguent vesicatoire , en broyaut trois cents de ces insectes dans une livre d'huile do laurier. Pour preparer le remede antihydropnobique de Prnsse , on prend vingt-quatre scarabees meloe conserves dans du niiel, deux gros de bois d'ebene, un gros de serpentaire de Virgiuie, iin gros de limaille de plomb , vingt grains de mousse de fiesne, quatre onces de theriaijuo et un pen de miel oil I'on a conserve les meloe. Pour conserver les nieloe on leur coupe la tete et Ton met aussitot leur corps dans du miel. La dose de cet opiat varie suivant I'age et le sexe de ceux qui en doivent faire usage; on en prend une seule fbis la dose en deux gros pour les hommes , un gros et demi pour les feinmes , un gros pour les enfans de douze ans , et Ton di- ininue la dose suivant I'age. On donne quatre gros aux bojufs, le matin et autant le soir ; on les fait jeuner ving^-quatre heures. II est recommande rpTapres avoir pris ce remede on reste doiize heures au lit , aliii de pruvoqner la sueur; il laut i ester ce meme teuqis sans boire et vingt-quatre heures sans manger. 11 est encore recommande dans I'observation prussienne de bruler la cliemise que le malade aura portee pendant la sueur. On prescrit de 'aver les plaies avcc du vin et du vinaigre , dans letjuel on a mis du sel , et de les panser ensuite avec Tongnent basilicum ou du benrre sale. ig8 JOURNAL D E PTIYSIQUE, DE C HIM IE Si ce remeile reusslt , on doit attriliucr son effet au scarabee meloe qui a les proprietes des cantharides. On a cru preserver de la rage par les immersions dans I'eaii de la mer. Anibroise Pare avoit declame contre I'abus qu'il y avoit de regarder ce nioyen coinine curatif ; tous les physi- cions en ont egaletnent reconiiu rinutlliie , inais le vulgaire Ci'oit toujours a Sijn efficacite. Les faits suivans sent propres a faire cesser toute esp^ce de doutes : deux invalides f'urent niordus par un chien enrage ; I'un avoit des niorsures au visage et a la tete , I'autre avoit ete iiiordu k la poltrine, et n'avoit (pie I'incision produite par une scule dent, qui avoit traverse le ceinturoa de cuir et I'habit de cesoldat, de sorte que la salive ayant ete essuyee , cette plaie ii'etoit pas plus dangcreuse qii'une piqiire. Ces invalides ayant deniande i aller k la mer , M. Sabbatier fut charge de les conduire a Dieppe, oii Ton tint ces malades k genonx en chemise dans la mer fort pres du rivage. Deux horunies forts leur deprimuient latete lorsque la vague vcnoit ^ et on la Itur faisoit passtr par dessus tout le corps, ce qu'on coiuiima pendant iieuf Jours. De retour k Paris , riuvalide qui avoit ete grievement blesse eiit un acces de rage dojit il mourut. L'autre invalide n'eprouva rien , parce que le ceinturon et I'habit avoient essuye Ja salive et que la dent n'avoit fait que percer la peau de la poitrine. Des medecins celebres , Tissot , Lassore , Blais , Belleteste pnt employe avec succes I'alkali volatil dans la rage. cc La gazette de -France du mardi 4 "'fii ^779 > ^^ Carmont K en Andalousie le 27 mars 1779 , dit (pi'nn berger ayant ete « niordu par un chien enrage , I'hydrophobie coimnenra a s'an- cc iioucer. ]3om Candide Trigneros , medecin , mit sur la mor- « sure une conipresse trempee dans I'alkali volatil fluor, et , « avec I'approhation (le dom Joseph Mexia , des socitjtejs de me- et decine etpatriotiijue de S('ville , ordonna au berger de boire « pendant quatre jours douze gouttes d'alkali volatil fluor dans « trois onces d'eau , ce qui lit disparoitre les syinptomes de « la rage. » M. Noguerez , cure de Passy-'es-Paris , m'ecrlvit le 7 aout 1778 une lettre dans laquelle il me rendoit coiiipte de la ma- niere dont il avoit gu(?ri do la rage le nomme Olivier, jardi- iiier, Icquel fut mordu au doigt du milieu par un chat enrage; quelques jours avant , clans la nieme maison , un homme , qui ET D'HISTOIRE NATURELLE. 199 ■avoit ete mordu par le meme chat , avoit eu plusieurs acces de rage dont il etoit iiioit k I'hotel-dieu. Ce lie fut que vingt jours apres avoir ete morda quelesom- meil d'Olivier fut trouble par des agitations violentes, pendant lesqnelles il deliroit ; eveille , il avoit les yeiix hagards. Le cure fit prendre a. ce jardinier quinze gouttes d'alkalivo- latil fluor dans un verre d'eau ; il vint trouver le cure le lende- niain, et lui dit qu'il avoit dormi paisiblenient toute la miit. Lc cure lui fit prendre pendant deux jours dix gonttes d'alkali volatil dans un verre d'eau. Olivier a joui depuis d'une bonne sante. J'ai employe avec succes Talkali volatil fluor jiour prevenir la rage. OBSERVATION Sur le cautere actuel employe pour la morsure des animaiix enrages , par le meme. Un des plus celebres cliirurgions de Paris, le citoyeu Pelktan a insere dans les papiers publics , qu'en brulant avec un fcr rouge la partie mordiie , et en la plongeant ensuite dans I'eau iroide , on prevenoit les etfets du virus Iiydrophoblque. Ce fait m'a rappele qu'un garde de chasse dc Tile Adam fit plusieurs fois I'cpreuve suivante en presence du feu prince Conti : il se faisoit 1 jordre au bras par un chien enrage , saupou- droit la morsure de poudre a canon , y mettoit l^ feu et entou- roit son bras de linge mouille. Ces morsures n'avoient aucune suite. J'ai ete temoin d'une experience semblable faite k Blois par un limonadier pres le pont ; il fut mordu a. la main par un ciiien enrago ; il fit aussitot briiler de la poudre a canon sur sa plaie , qui n'eut aucune suite. Voici la tlieorie de ce fait important : la brulure decompose le tissu animal et developpe de I'alkali volatil qui est reporle -dans la circvdaiit)n et neutralise le virus hydropliobique. L'alkali volatil lluor agit avec la plus grande efficadite et previent les etfe's de la rage ; il sufllt d'en mettre sur la plaie ct d'en faire usage , apres I'avoir etendu de beaucoup d'eau. JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE NOTICE SUR I. ES SOUPES A LA RUM FORD, £tablies ^ Paris , rue duMail, No. 16. Les utiles etnblisseraens de chai ite que Rumford avoit foncles 'k Munich out troiive beaucoup d'adinirateurs et quelques iuii- tateurs ; Londres et Haaibourg possedent deja de seifiblables institutions 2)our subvenir i la nourritiire de leurs paiivres. La Bibliotheqvie biitannique a fait connoitre en France les inte- ressans travaux de llumford ; graces aux jumieres qu'elle a fait iiaitre , on a imite les etablissemens de Munich h. Geneve. Le succ^s de cette entreprise a stimule les esprits. Lausanne, Neuf- chatel, Marseille possedent actuellement de pareilles fondations ; on s'en occupe i Lyon ; on vient eiifln d'en fonder une k Paris. Depnis le 21 pluvlose , il se distribue, rue du Mall , n°. 16, 3oo lations de soupe ; chaque ration pese 24 onces (734 grammes ) et coute six liards ( 7 centimes et demie ). Les nom- breux avantages de cet etablissement peuvent se classer sous trols points : avantage de pieparer la iiourriture en commun : avantage dans la construction du fourneau : avantage dans la composition de la soupe. Le premier point est si evident , qu'il est ijiuliie dc le dcve- lopper; il renfcrine recononiie dans la niain-d'opuvre , dans les achats des denrees , dans le temps a employer , dans le combus • til)le , etc. Cet avantage est tcl que , dut-on meme ne faire aucune autre amelioration , il y anroit encore du gain a preparer la nourriture en connnun. La construction du fourneau muhiplie cet avantage; sa per- fection est telle qu'aucunc chaleur ne se perd pendant rope- ration, et que la soupe se conserve chaude long-temps apr^s que le feu est e'eint. La flamme frappe d'abord le milieu du fond (^e la chaudiere , puis faitun tour horizontal sous la zone circulaire qui comprend le reste de ce meme fond ; elle circule encore dans un canal trace en spirale autour des jmrois de la •haudiere , d'oii elle \a enfin chauffer un reservoir qui contient re£v« E T D' II I S T O I R E N A T U R E L L E. * 201 Veaxt n^cessalre pour remplacer celle qui s'evapore penJantla cuisson. Cette eau en vapeur , qui s'eleve de la cliaudiere k soupe , traverse un vase rcmpli des poinaies de terre destinees a !a soupe du leiidemaiu , ct fa cilite leur preparation. 1 a cliau- diere est garnie d'un double fond pour diniinuer le danger de bruler la sovipe; un registie dcmi circidaire , applique au ccn- drier , et uiie bascule dans Ic tuyau suiflsent pour regler la combustion k voloiite. L'avantage de ce fourneau est tel , qu'environ 5o livres ( 24 7 kilogrammes) de bois sec suifisent pour teiiir en ebulitlon '600 rations de soupe pendant 10 litTires ; ce qui fait , au prix actual, moins de lo sols j)ar jour pour 3oo soupes ; taiidis que dans un des jilus grands hospices de Paris, on depense i5 francs de bois pour 5oo bouches; ce qui fait un profit de 18 a 1 , en. faveur de la methode de Ruuiford. A I'arniee , on donne 4 livres ( a kilogrammes ) de bois i cliaque soldat pour cuire sa soupe ; ce qui feroit un gain de 20 a 1 . L'utilite dont pent etre cette construction, non-seu- lement aux soupes, mais aux teinturiers , aux blanchisseurs , aux baisneurs , aux salpetriers , etc. nous a eneases k en f'aire une description et uneiigure qui est jomtc a cette nolice. La composition in^me de la soupe oif'ie de grands avantages. L'orge et la pomme de terre en forraent la base , avec une graine leguminetise telle que pois , f'eves , lentilles ou haricots. On y ajoute un pen d'oignon ou de hareng , ou de celeri pour I'assaisonner; on y met enfin du sel et suffisante quantite d'eau. La longueur de lii cuisson donne a ce melange une qualite nutritive bien superieure a toutes nos soupes ordinaires ; eile est tres saine et tres-agreable. Au moment de servir la soupe, on y jette un peu de pain grille tres-dur , qui force a la mas- tication et qui prolonge le plaisir ; chose, dit Rumford, qu'il lie faut point negliger. Une ration suflit amplemcnt pour un repas. Tels sont les avant.^ges des soupes a la Rumford, consider 'es en elles-iTiemes; mais considcrees comme instilution de bienfai- sance , il faut faire sentir les avantages qui doiveiit en resulter pour la classe la plus ncmbrcuse de la societe et dont les moyens d'existence ne sont pas en proportion des besoins, aussi bien que pour la societe en general. Dans la liste de ces avantages , il faut placer au premier ran I'economie etonnante du co'iibustible. Si nous ne craignions pas d'entrer dans trop de details , nous pourrions parler ensiiite Tome I'll. VENTOSE au 8. Cc & 2ya JOURNAL D E PHYSIQUE, D E C H I M I E till giin que fcroit la societe en goneral , par reconouiie de la ina'in-d'ocuvro et par ccUe des denrees , si cette instituiion de- vcnoit nenerale. Nous nous Ijornerons a rappeller soiiiinairemeut les pripcipaux polats de vne. Prenons les iiidividus des dlverses clisses de la societe, toures gagnent a cette institution. L'in- digent est sur d'y troiiver une nourriture solide et agreable, au tnoindre prix possible. Le paiivre Iionteux , et c'est sur-tout ctlai fpii nierite I'attention des Ijlenfaiteurs , trouvo un secours important et qui , par hi forme sous la(|uelle il se presente , le dispense de deinander et ne blesse pas sa loualjle vanite. L'ou- vrier^sans travail , ct mallieureusement cette classe est nombreuse autour de nou9, partlcipe aux avantages de la nouvelle insti- tution. Le pere de faniille , dont la fortune gene'e suffit a peine pour suijvenir aux besoins de ceux qui I'entourentj peut , en tloii'iant a ses enRms cet aliment sain et nourrissant , satisfaire a leurs autres besoins. L'homme qui est au-dessus du besoin , dont le coeur est ouvert a la bienfaisance , et qui auparavant re pouvoit faire que peu de bien par ses legeKS aumones , achete des souscriptions de soupes , les distribue auxindigens, t;t double alnsi sa jouissance , eu augmentaiit ses bienfaits. Nous somines loin d'avoir epuise la liste des homnies auxquels les soupes a la Ruaiford peuvcnt etre utiles. Pouripioi n'yferai- je pas entrer les grands manulacturiers qui pourroient etablir chez eux des chaudieres de soupes et nourrir leurs ouvriers a un pri.t tres-modique ? Et combien d'etablissemens publics se- roient susceptiblcs de cette amelioration ! Les grands hospices , les depots de prisonniers, les casernes sont de cenombre. Ceux juemes qui sont charges du respectable soin de jioiirvoir a la uiisere desindigcns, trouvent ici un moyen d'y subvenir, plus sur et moins abusit que la plupart des autres moyens employes. C'est done aux coinites de bienfaisance a prendre en serieuse consideration I'etablissement des soupes a la Rum ford. Pourquoi chaque comite n'auroit-il pas une sembhiljle cliaudiere, on deux ou trois , seion le noinbre de ses pauvres ? C'est dans I'espoir d'eiiconrager ces etablissemeiis , que cclui de la rue du Mail a ete ibnde. C'est dans ce but que nous avons cru convenable de lui donner la plus grande publicite possible; c'est dans ce but que nous invitons les ruembres des divers comites de bienfaisance a venir s'assurer par eux-memes de la qualite de la soupe , et que nous donnerons a ceux qui seront tentes d'imiter cet etablisse- ment toutes les directions q\ie nousdevons, soil k notre courte experience, soit sur-tout a un des lueinbres du comite des soupes E T D' II I S T O I R E N A T U R E L L E. 2o3 econoraiqvies Je Geneve, le citoyeii Senebier, meiubre de I'lns- titut national. Pour parvenir aux heurenx effets que nous venons de faire entrevoir, la methode de distiibution est d'line grande im- portance. A Geneve , on a iiibrujue des jettons qu'on vend dans des bureaux particnliers et contre lesfjuels on a des son- pes; mais cette meiliode , qui pent sulflre dans une petite vilie, etoit presfjue impossible ici oil tout est perdu dans la io'ule ; tantot on n'auroit eu a. distribuer que quelqucs sotipes,et tantor, il seroit venu trop de dctnandeurs. On a pcnse qu il valoit mienx avoir des cartes siir Icsqu .-lies est inscrit le jour du luois. On vend ces cartes par soui.criptions , par decades ou par mois. l.a premiere coi'ite 16 sous , et la douxieme /j5 sous. On s'abonue au local meme. Le comite de Lienfaisance de la division du Mail , qui a puissamment contrlbue a la i'orniation de cet ctablissenient, s'cst aussi charge de i5o souscriptions qu'il distribue a ses pauvres. Tous les avantages en faveur des soupes.a la Rumford , que nous venons d'enunierer, sent applicablcs i toutes les conimunef ; mais on concoit facilement que plus la ville est grande , plus ellecontient ile pauvres , plus aussi les riches sont eloigu'is d'eux et pen diposes a les soulager, plus les secotirs publics sont dilfi- cilef. a hic-n administrer ; en sorle que cet etablisseinent double d'utilite. Puibsent ces considerations etre de quelque poids aux yeux de ceux qui , par leur fortime , leurs talens ou leur amour del'liunianite^ sesont acquis de la consideration et de I'intluenco dans leurs communes ! Que la depense ne- les effraye point. Lc-s IVais d'etablissement s'elevent ^ environ 820 fr. , et les autres de-penses sent couvertes par la vente des soupes. Ceux qui desire- ront de plus amples details , pourront consulter les Essais econo- viiqucs sur la conduite du combustible , du comte de llitmford , inseres dans la Bibl'iatlieque britannique , et reimprimos ^ part , chez ]\Iaiiget , a Ger^iive. ISote A. Construction du fourneau. Consultez la planchc premiere , qiai montre la disposition de ce fourneau dans les proportions convtnables : I'echelle iudicpie les proportions de la figure avec notre fourneau. C c 2 20i JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Le feu est place sur nnc grille do fur de-io pouces(27 centim. ) cl(! diairietre (3). Ccttc grille est soiitenue par im pot de terre cuite(2) place au-dessous. Ce pot, saiisfoml, doiine j^assage aiix cendres qui vout to;nber dans le ccndrier (n". i). On lesen retire jiar I'ouverture laterale du cendrier : cette ouverture a uue ports defer qui s'ouvre et se ferine commc a rordiiiaire et qui en outre a au milieu un deini-cercle tournarit qui est susceptible d'etre plus on moins ouvert , et qui par-la, sert a moderer la combustion ou a la hafcr. Le numero ( lo) represente cette porte isolee. Le nu- mero (4) indique une seconde ouverture laterale qui donne dans le foyer et par laquelle on introdnit le bois. On voit, au numero ( 5) la cliaudiere eile-meme : cette chau- di^re est de cuivre etame , et elle a un double fond au-dessous , alin d'cmpecher la soupe de bruler. La flainrAe vient frapper le fond de la chaudiere au milieu, iait un tour ( la) dans un ca- nal circulaire, menage sous le ibiid de la chaudiere: de-li elle s'eleve et iait encore un tour spiral autour de la chaudiere, ainsi que les lignes pointees de la grande figure le representent , et comme on le voit encore dans le n". i3. Les canaux dans lesquels circule la llamme, sont raenages dans la nia^onnerie. Ce tuy lu a 7 pouces ( 19 centim, ) de largeur sur 3 5 (^ 9 i centicn. ) de hauteur ; mais il iaut faire attention qu'ils sont un peu plus largcs dans le bas que dans le haut et que leurs angles doivent etre arrondis , sans quoi la flamme va s'y jcter et ne frappe plus la chaudiere. La cliaudiere est garnie tl'un couvercle ( 11 ) a charniere dans le milieu. Ce couvercle est de bois double de fer-blanc. Le bois sert h contenir la chaleur; le fer blaiic empeche le bois de pourrir. Dans la partie dormante du couvercle , on a menage des tfous par lesquels s'exhale la va- peur de la soupe. Au-dessus de ces trous, est placee (6) une caisse de for-bianc avcc un fond grille : c'est dans cette caisse qu'on met lespommes de terre destiness a la soupe du lendemain. L'action de cette vapeurest dc les imbiber d'eau et de les rendre plus laciles a peler. Une cheminee de fer-blanc (7), placee au- dessus de ces poinines de terre, revolt la vapeur. Lorsqiie lallam- mc- a acheve le tour spiral ascendant qu'elle fait autour des parois "de la cliaudiere, elle sort du fourucau par un tuyau de cuivre qui blentot traverse une petite chaudiere (8) D E PHYSIQUE, D E C H I M I E La recette est moins importautc peiit-etre i connoitre que los precautions iiccessaires pour que la soupe rcussisse. Je vais les dccrireen detail , toujonrs en snivant les directions de Geneve. La veille dti jour ou Ton vondra faire la sonpe, on pelera les pommes de terre et on les pesera. A 7 heiires du soir , on les mettra dans la cliandiere avec un pen d'cau et du feu an fourncau, jusqu'i ce qu'elles se reduisent en pidpc. On liilte ce moment, en remnant ce melange avec une spatiile de bois. Cette operation dnre une lieure. A 8 licures, on met toute I'eau qui a ete pesee proportionnelle- ment au nombre des rations que Ton vent avoir. Alors on veise I'orge. Get orge doitetre inonde et concasse sous la meule : on ne le verse qu'apres I'avoir trempe dans I'eau et I'avoir lave dans une eau nouveile. Alors on fait bouillir le melange jusqu'4 lo ou ii lieures , en ayant soin de remuer frequemiuent , pour eviter le goi'it de brille que la sonpe contracte assez facllement sans cela. Depnis ce mo- nient , on n'entretient plus le feu, et on laisse la sonpe se miton- ner avec la clialeur qu'eile a accjuise. A 7 heures du matin, on rallumele feu, et on entretient I'ebu- litloii jusqu'a ii ou i2 heures, et alors la soupe e.^t cuite. A 8 ^ lieures, on y jette la graine legumineuse qu'on a choisie. Cette graine pent etre des j)ois, dcs lentilles , des feves ou des hari- cots : ces derniers paroissent produire la meilleure soupe. Avant de les mettre dans la chaiidi^re, ils ont ete ecrases pour que la puree se fasse convenablement. l.a graisse de boeuf et les oignons se mcttent dans la chaudiere au uioment ou Ton retablit rebidition,°c'esl-a-dire a 7 hemes, du matin. Le sel se met une deiui-hcure ou une heure avant la fin de la cuisson : on le met par petiles pincees , et entre cliacune, on remue le melange. On rcm[;lace successivement I'eau qui s'evapore avec celle de ja chaudiere auxiliaire, de manieie que le volume de la soupe , soit, ton jours le menie. ;■ A midi , commence la distribution , et elle dure jusqu'k 3 hexi- res. On met dans un vase particulier une certaine quantite de sotqie , et avec une poche niesi'ree , on la distiibue aux deraan- deurs. G'est dans ce moment qu'on y jette le pain grille. Ce pain doit etre fabrique expres : ce sont de petits carrelets de croiJte • tfos dure. Les heures de la distribution pourront etre changees si on s'appercoit qu'elles ne conviennent pas aux ouvriers. ET D'lIISTOIRE NATURELLE. 207 Kote C. Nous devons terminer cet ecrit en temoignant notre rccoiinols- sance aux personnes qui out bien voulu nous fournir d'utiles renseignemens , et sur-tout aux niembres du bureau de bienf'ai- sance de la division du Mail, qui nous ont puissamment secondes de tous leurs nioyens. C'est un litre de ])lus qu'ils se soiit acquis a Festime publiqne, a laquelle ils avoient deja droit par leur ex- cellente administration et le bien qu'ils ont repandu autour d'eux. Ce sont les citoyens Gel'in , president ; Cottart , secretaire; Fichu , Vignon et Kertzen ; Bazille , Badlri et Bourdin , ad joints; Le- sage f Gardanne , officiers de sante. EXTRAIT DUN MEMOIRE S U R LES ESPECES D'ELEPHANS VIVANTES ET FOSSILES , Par le citoyen Cuvieu, Lu a rinstitut national le premier pluviose an 4 > et imprime dans le second volume de la classe des sciences mathemati- ques et physiques. Ceux qui ont traite de I'liistolre naturelle des elejdians ont toujours regarde ces animaux comme appartcnaut a la ineme espece , et ceux qui ont eu occasion d'en dissequer ou d'en dc- crire le squelette, n'ayant jamais compare leurs oljservations k celles de leurs predecesseurs , n'en on point remarque les diffe- rences, ou, s'ils en ont appcr^u, n'en ont point recherche les causes. Cependant on savoit que les ^lephans d'Asie sont considera- Mement plus grands et plus forts que ceux d'Alrique ; qu'ils airaent les lieux sees et les hauteurs dont I'air est pur ct serein , tandis que les africains habitent dans les bas-fonds et pres des bords des rivieres. Enfin les Asiatiques ont su de temps imme- doS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE morial apprivoiserles elejilians qu'ils preiinent dans leurscliasses el les faire servir, soit a la gvieare , soit ti d'autres travaux : les elcphans d'Afriqiie, au coiUraire, n'ont jamais ete doinptes ; et on ne les cliasse que pour se nourrir de Icur chair, pour leur enlever leur ivoire , ou pour se debarrasser de leur dangereux voisinage. On pciisoit f[ue tontes ces differences provenoient de la nature du cliinnt ou de la civilisation des liabitaus, et on n'iinaginoit pas qu'elles tlussent a I'espece ineme de ces aninianx. Quelques naturalistes , notauiment Camper , Brugraans et le citoyen Faujas, ont remarque depuls peu d'annees des differen- ces considerables entre des dents molaires qu'ils savoient appar- tenir toutes a des elephans, et de-la sont nes les premiers soup- ^ons qu'il pouvoit y en avoir plusieurs especes. Nous nous etions occupeslongtcinpssans succes, le citoyen Geoffroy, professeurde zoologie au Museum d'histoire naturelle ,et moi^ dans un travail que nous avions^ntrepris en commun sur I'histoirG deS quadru- pedes , d'ajouter a ces premiers indices , lorsque la conquete que la republique et les sciences naturelles ont faite de la collection du prince d'Oran2;e , ci-devant stadhouder de tloUande , est \enue les completter, eta change les soupcons en certitude. Cette collection contient les S()uelettes de deux tetes , dont I'une appartient a un elephant deCeylan, et I'autre k un ele- phant du Cap de Bonne-Esperance , et qui presentent des carac- teres speciiiques frappans. Comnie je ne pense pas qu'on en ait public aucune description comparative , je vais commencer par vous la donner, afin de servir de point ^xe duquel je puisse par- tir pour des recherches ulteiieures. Coniparalson des tetes d'elcphans de la collection stadhou- derienne. La tele de I'elephant de Ceylan, quoiquc plus grande^ appar- tient neanmoinsa un individu plus jeune , puiscpie ses suture* sont beaucoup plus apparentes. Ceci s'accorde avec les obser- vations faites sin- les inuivldus vivans. Mais toutes les proportioais de ces deux tetes difft^rent aussi. Coiisideroiis d'abord leur face laterale en, les appuyant sur ies molaires et sur les bords des alveoles des defenses : I'ar- cade zygoinatique se trouve , dans I'une et dans I'autre, dans une situation a peu pres horizonlaie. Ce qui frappe le plus, c'est le somoiet de la tSte, qui s'eleve dans celui de Ceylan en une maniere E T D' H I S T O I R E K A T U n E L L E. aocj maniere de double pyi-amide , et qui est prcsque arrondl dans celiii du Cap. Ce sonimet repond k ce qu'on appclle dans riiornme et dars les autres aniinaux I'arcade occipitai.e. L'espaco situe derriere cette arcade n'est sans doute si enorme dans I'elephant , que pour foiiTiiir au ligaaicnt et aux muscles cervicaux ^ des attaches pro- portionnees au poids de la masse qu'ils ont a soutenir'. Quoi qu'il en soit , la difference de ccs sommets vient de ce que la ligne frontale est beaiicoiqi plus inclinee en arrierc dans I'elephant du Cap que dans ceiui de Ceylan : elle fait dans le premier, avec la ligne occipitale, un angle de ii5" , ct dans le second il n'est que de 9o«. De Iti ont du naitre toutes les differences qu'on remarque entre ces deux profils,- et dmit nous allons enoncer les principales. ( Voyez les planches ). Dans I'elephant du Cap, la hauteur verticale de la tete est a peu pres egale a. la distance du boat des os du nez aux condy- les occipitaux ( comme 33 a 32) ; dans I'elephant de Ceylan , !a premiere deces ligiies est de pies d'un quart plus grande (commc 2.4 a 19). La plus grande dimension de la tete, qui va du Lord des alveoles des defenses au sonimet, est b. une ligna qui lui est perpendiculaire , et qui va du bout des os du nez au bord antefieur du trou occipital, dans I'elephant de Ceylan, comme 26 k 14, c'est-a dire presque double ; dans I'elepharit du Cap , comme 21 a 16 , ou un peu moins d'un quart plus grande. Outre ces differences dans les proportions, il y en a dans les contours. Le front de I'elephant de Ceylan est creuse en courbe rentrante et concave , et a un sinus remarquable dans son milieu ; celui de I'elephant du Cap est au contraire convexe et unl. L'ar- cadequisepare les alveoles des defenses deceux desdcnt-; mo'aire^, est plus etroite et plus elevee dans I'elephant do Ceylan^ plus large et plus surbaissee dans ceiui du Cap. Le trou sous-orbitaire ' est plus large dans I'elephant de Ceylan ; dans Cfilui du Cap il ressemble plutot a un canal qu'a. un simple trou. La fosse tempo- rale est plus ronde dans I'elephant du Cap, et Tapophyse qui la distingue de I'orbite est plus grosse que dans celui de Ceylan , ou cette fosse a un contour ovale. Si nous considerons ces deux tStes par leur fiice arttericure, nous y appercevrons des diiferences tout aussi frajipaates. La plus grande longueur de cetre face , piise du somniet au bord de I'alveole, est a sa plus grande largeur, prise entre les apophyses post-orbitaires du frontal , comme 5 a 3 clans I'elepTiant tome VII. YENXOSE an «. D d 210 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE deCeylan^ et coinme 3 a 2 dans I'elephant du Cap. L'ouverture du nez est k pcu pies au milieu de Ja face dans I'elephant de Ccylan ; cUe est plus eloigneed'nn ciiiquienie du bord del'alvcole que du sonimet de la l^te, dans I'elephant du Cap. Les arcades zygoma tirjuessont plus saillantcs dans celui-ci que dans rautrc. La face posterieure do ces deux tetes ne presente pas des caracteres inoins differens. Dans celui du Cap elle est terminee superieureinent jiar une courbe deinielliptique, et sa base est forince par deux lignes en angle tres-ouvert ; dans celui de Cey- lan Ics cotes sont en arcs coiivexes , et le haut en arc legerement concave. La hauteur des ailes du spheno'ide dans I'elephant de Ceylan fait plus des trois quarts de celle du plan occipital , tan- dis que dans I'elejjiiant du Cap elle n'en fait pas k beaucoup pres la moitie. I>'extremite posterieure des arcades zygoniatiques est piescjue de niveau avec les condyles occipitaux dans I'elephant du Cap , et dans cehii de Ceylan elle est beaucoup plus longue. C'est par leurs iaces inferieures que Ics cranes des deux ele- phans se distinguent de la maniere la plus saillante et la plus tranchee. Les couronnes de leurs dents inolaires sont si differen'- tes, qu'il sera desormais impossible de les confondre. Mais, avant de les decrire, il est bon de faire connoitre quel* ques particularites sur le nombre , la structure et la maniere de croJtre des molaires des elephans; outre qu'elles sont curieuses , elles nous seront utiles dans la suite de ce memoire , et elles pre- vicndront aussi une multiplication erronee des especes. La premiere de ces remarques a pour objet leur nombre : elle appartient au celebre Pallas. Les jeunes elephans n'ont de chaque cote qu'une seule molaire, quatre en tout ; mais il y a dans une cellule du fond de la machoire un germe qui se fait jour avec le temps, et pousse , en se developpant, la premiere dent en avant. Pendant ce temps I'elephant a huit molaires; mais celte premiere dent, a force de s'uscr, s'ebranle et tombe liientot, et I'aiiti'e, ciolssant toujours, finit par en obliterer enti^rement I'alveole : alors I'elephant n'a de nouveau que quatre molaires. Laseconde use aussi par degres sa couronne. Mils les premieres dents sont toujours facihs a distinguer : elles sont pluscourtes, et ont plusieurs racines coniques et distiuctcs, tandis que les secon- - des les ont toutes unies en un seul corps seiublable aun coin, qui n'est retenu dans I'alveole que 2>ar les sillons et les crenelures que produisent ces racines ou ces tubes coUes h cote les uns des autres. ET D'HISTOIRE N A T U R E L L E. an VoiL\ ce queditM. Pallas. II me paroit que cette succession de dents peutse repeter plus souvent ; car j'ai encore trouve des germes dans les niaohoircs de ceux qui avoient deja leurs buit inolaiies. C'est dans ces germes qu'oii decouvre clairement la stiucture propre aux dents d'elephant. Cliacune de ces onormes molaires me paroit un compose d'line qnantite de dents partielles toutes coniplettes , toutes munies de leur substance osseuse etdeleur substance emailleuse, ayant leurs raciiies propres avecles ouvertures ordinaires pour les vaisseaux et les nerfs. Ces dents partielles sont applaties et placees a la file lesunes des autres, dans toute la longueur de la grosse dent; inais elles s'etendent chacune dans toute sa largenr : elles sont soudees ensemble par un ciment d'une nature partlculiere. Taut que ces lames restent dans la cellule Ju fond de la mtichoire, leur extremite n'etant point usee est entieremcnt d'email , et presentc une suite de pointrs obtnses, separees par des sillons. A mestire que ces dents parolssent hors de la genciv^,les pointes s'emous- sent,s'usent, et sont reinplacees parautant depetitscercles d'eniaril pleins dematiere osseuse, et separespar le ciment. Lorsque la dent est usee encore plus avant , les cercles se coufondent , et forment des figures oblongues, plus ou moins alongees dans le sens de la largeur de la dent totale. Enfin, comme le ciment et la inatiere osseiise sont d'unc nature plus tendre , ils se creusent davantage , et I'emailse trouve former, sur la snperilcie de la dent generale, des ligncs saillantes qui denotent les coupes des dents partielles qui la composent. C'est par les figures que forment ces lignes que les dents des deux e^peces d'elephans different ^videmment : dans celui du Cap, elles representent deslosanges, dont le grand diametre , ou le transverse , est au petit , ou longitudinal , comme 2 et de- mi ou 3 ^ 1. Les bords de ces losanges sont peu courbes et nullement festonnes : il y en a huit ou neuf dans cliacune des mi laires. Dans I'elepliant de Ceylan, au contraire, les lignes d'email representent des ridsans etroits et transversaux, dont les deux bords snnt paralleles et ployi's en festons tres-nombreux et tres- petits. Leur nombre va jusqu'a douze, et meme au-dela dans les molaires des adultes. Les deux tstes de la collection stadhouderienne presentent aussi quelques differences dans les defenses : ccUes de I'elepliant de Ceylan soiitplus longues k proportion de leur diametre , et , Dda 212 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE outre leur combure en arc, elles sont le^eremeiit tordues; mais nous n'oserions af'linner que cela soil {general pour I'espece, et lion particiilier a riiidivkln. Je cvois qii'aiicnn natnraliste, apres avoir lii'cette description comparative que j'ai laite avec tout ie soin et I'cxactitude dont je suis capable, et dont les pieces originales existent dans la collection d'anatoniie comparce dii Musenm, ne pourra douter qti'il ii'y ait deux espcces bien distinctcs d'elephai'S. Quelle que puisse etre rinflucnce du cliinat pour faire varier les aniruaux, elle ne va sureinent pas anssi loin : et dire qn'elle peut chancer toutes les proportions de la charpcnte osseuse et la contexture intime des dents, ce seroit avancer que tons les qnadrupt'des peuvent ne deriver que d'une seule espece ; que les diftierences qu'ils presentent ne sont que des degeneratioiiS stic- cessives : en tin mot, ce seroit rcdniie a rien toute I'histoire na- tnrtdle, puisqne son objet ne consisteroit qu'en des formes va- liabJes et des types f'ugfice?. Ce point une fois bien constate , il s'ai;iroit k present de decider plusieurs questions qui paroissent s'elever. D'abord cha- que espece est-elle propre a une contree? L'elephant du Cap existe-t-il seal en Alrique, et cekii de Ceylan en Asie, ou cliaque espece est elle repandue dans 'es deux pays ? A cet Cjoard , je dois observer que , selon plusieurs voyageurs, les elephans de la cote de Mozambique se rapprochent beaucuup de ceux des Indes par la grandeur et les habitudes; de plus j'ai vu chez le citoyen Poisson;iier un crane d'elephant assez semblable a celui de Ceylan , et qu'on lui a dit venir d'Afri- qne : n^ais , d'un autre cote, ceux de la cote de Guinee et du Congo sont semblables a ceux du Cap. Ci lui que I'Acadoniie des sciences dissequa a la fin dn dernier sieclej et dont on conserve le squelette au Museum, est de la nie/ne espece : il venoit du Congo. Une seconde ipiestion est celle-ci : N'y a t-il que ces deux esp("ces-la ? ou s'en tiouveroit il qui I'ussent distinctes de I'une et de I'autre ? Les rccits de quelqucs voyageurs , et d'antrcs indices^ sembleroient le faire croire. Le crilne appartenant au citoyen Poissonnier ( i ) se distingue de notre crane de Ceylan en (i ) n est aujourd'liui dani la collection du Museum d'liisloire naturelle auquel il a etc cede pnr le citoyen Herman , celebre prof'esseur de Strasbourg, c^ui en a\oit I'ait I'accjuisitioo. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 2i3 ce que son front est convexe , et que ses defenses n'ont qvie qiiel<[ites ponces de longueur, larnlis ([ue dans celui de Ceylan, qui est plus petit , eJles ont pres de deux pieds. J'ai aussi vu une inol;iiie d'elej.hant qn'on ne peut gnere rapporter ni k cehii de Ceylan , ni b. celui du Cap : son caractere particulier est que la coupe de ses laines donne un triangle tres-obtus ou un deini-Iosange. Enfin on pretend en HollanJe qu'il y a dans I'lle de Ceylan une espece particidiere d'elephant nain , qui n'atleint guere qu'^ trois pieds de hauteur; on assure nieme que Tiiidividu qui est dans la collection dn stadhouder est de cette espece, et qu'il est adulte , quoiqu'il egaie a peine un veau de trois mols : raais ce ne sont 1^ que des oui-dire vagues. Cette question sur le noiubre reel des especes d'elcplians ac- tuellement existantes reste done indecise ; il n'y en a que deux de constatees, et nous ne pouvons que recotnmander I'examen des autres aux naturalistes voyageurs. Tout le tnonde sait qu!on trouve en Russie et en Siberle un grand nombre d'osseuiens tr^s-remarijuables par leur grandeur, enfouis a peu de profondeur , et encore assez peu alteres. M. Pallas assure qu'il n'est en ce pays aucun fleuve un peu con- siderable , sur-tout lorsqu'il coule en rase canipagne, qui u'en ait le long de ses bords. Le peuple de ces contrees croit qn'ils proviennent d'un animal qui vit sous terre , a la maniere des taupcs ; il raconte qu'on a trouve quelquefois ces os encore f'rais et sanglans , niais que I'animal ne se laisse jamais pren- dre vivant. II lui donne le nom de niammouth , et I'on en re- cherche avec soin les cornes, qui ne sont autre chose que des defenses seniblables a celles des elephans , et coinposees de inSmed'un ivoire qui se peut employer dansles arts. Les voyageurs plus raisonnables , Gmelin et Messer-SchmiJ , ont regarde ces os comme provenant d'elephans. Ce dernier I'a etabli en fait , par une comparaison suivie ; et Je citoyen Dau- benton , qui n'avoit vu pour lors qu'un femur et un humerus , a ete de la m^me opinion. M. Pallas dit que le cabinet de I'Academie de Petersbourg en possede trois cranes eriticrs et plusieurs fragniens , et qu'ils sont tout-a-fait semblables a ceux des eiepbans d'aujourd'lmi, et jiar la forme totale , et par la structure des dents. Cependant , si nous devons en juger par les fragmens rpie nous possedons , et par la figure que Brcy^ne en a donnee dans 2i4 JOURNAL DE PHYSIQOE, DE C II I M I E les Transactions philosophiques , n". 44*^ > pl^i^che I''"''^. , il y a dcs differences assez considerables. Les branches de la machoire infVrieure fonnent un angle bien, plus ouvert que dans I'elephant de Ceylan ; la base du triangle isocele qu'elles represeiUeut , est h. sa hauteur coinine 4 a. i : elle lui est egale dans I'elephant de Ceylan. Le canal qui la teruiiiio est plus ouvert j sa largetir ^gale sa longueur : elle est moiudre dans I'elephant de Ceylan; il s'aiguise en un bee plus long et dirige en bas. La hauteur des branches est plus considerable , eu ^gard i leurlargeur; leur contour est presque droit par en bas, tandis qu'il est fort convcxe dans I'elephant d'Asie. Enfin les dents inolaires du inaiumouth , quoique forraees de lames analogues a celles de I'elephant de Ceylan , les ont plus minces, plus rapprochees, plus nonibreuses etraoins festonnees. Ces differences ont ete observees par moi-ineine sur deux machoires inferieures trouvees aux environs de Cologne. Quant au crane, je ne le connois que par la figure de Brey- ne : il ressenible beaucoup a celui de I'elephant des Indes ; mais les alveoles des defenses sont deux fois plus longs, proportion- nellement avec les dimensions de la tete , que dans I'elephant des Indes, et lis restent unis I'un a I'autre dans tout ce proJon- gement : c'est ce qiii explique pourquoi la machoire inferleure du mammouth est si obtuse. Je crois done pouvoir prononcer que le mammouth diffi^re par I't'spece, des elephans de Ceylau et du Cap que nous con- noissons aujourd'liui. Ce n'est pas seulement en Slberie qu'on en trouve des os ; toutesles contrees de I'Europe en ont otfert en differens temps , eten dernier lieu on en a trouve en Allcmagne une machoire en- tierement semblable k celles qui se trouvent au Museum : elle a ete decrite et figuree par M. Merk , conseiller du landgrave de Hesse Darmstadt. On salt combien les geolog'stes ont ete feconds en Jiypoth^- ses pour expliquer comment on trouve si abondamment dans le nord dcs ossemens d'animaux qui n'habitoient que la zone torride. Je crois qu'on feroit un grand pas vers la perfccfioa de la tlieorie de la terre , si on parvenoit k prouver qu'aucun. de ces animaux n'existe plus anjourd'hui ni dans la zone torride nl ailleurs. Je crois avoir ^tabli du moins que nous n'y connoissons pas I'original du mauuiiouth. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 2i5 Je yais en montrer un autre exemple qui appartient aussl an genre de I'elephant , et qui trouve par consequent ici sa place iiaturelle. On trouve dans divers endrolts de rAinerique septentrio- rale les ossemens d'un tres-grand qvmdrupede que les sauvages appellant le pere aiix bceuts. Le preriiier European qui en ait decouvert, est un offici'er fran^ais nouiine Lougueil , a qui des sauvages remirenten 1739, un ties grand femur, une defense et quelques dents raolaires , qu'iis avoient trouves , avec jjeaucoup d'autres os , sur les bords d'un marais peu eloigne de rOhio. Ces depouiiles sont encore aujoiird'hui au Museum d'hlstoire naturelle. Notre venerable coi}frf're Uaubenton , ayant compare ce lemur a. celui de I'elephant, les trouva assezsemblables pour faire croire qu'iis appartenoient k la meme espece. Les dents molaires lui parurent semblables a celles de Thippopotame. 11 supposa done, dans un memoire lu a rAcademie en 1762 , que les S(]uelettes de ces deux especes d'animaux s'etoient trou- ves dans rAtiierique septentrionale. 11 se pourroit cependant , observe-t-il avec sa prudence ordinaire, que ce fnssent les de- pouiiles d'une troisieme espece qui reunit des caracteres com- muns a ces deux-la. Cette derniere conjecture s'est verifiee par la suite, comme nous I'allons voir. Un autre Francais , nomme Fabrl , en 1748 , et tin Anglais norarae Crogham , en 1765 et 1766, trouverent des os et des defenses pareilles , mais toujours accompagnees de ces grosses molaires qui avoient paru analogues a celles de I'liippopotame , et jamais d'aucune molaire d'elephant. Piusieurs autres personnes ont reru , en France et ailleurs , de ces differentcs parties, sans qu'on ait jamais vu de molaires d'elephant venues d'Araerique ( 1). Franklin, alors en Angleterre-, et le lord Shelburne, recu- reiit , vers 1768, diflerens morceaux de depouiiles de cet ani- mal de rOhio ; il y avoit , entre autres choses , la moitie d'une machoire inferieure, avec la branche montante , le condyle et toutes les parties caracteristiques, quise trouve aujourd'liui dans (1) M. Aufenrietli, professeur d'anatoniie a Tubingen , m'annonce cependanf avoir trouve en Amerique des dents qui s'approcheni, par leur conformation, de celles de i'elephant d'AJFrique. 2i6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C II I M I E le Miiseiini Lriianniqiie. Sa rtsseuiblaiice avec i'tlepliant ne ]aisse aucuii doute qu'elle n'ait a]iparteiiu a. un animal scmljla- Lle , in'ais elle est garnie de inolaires toiites diff'erentes. A deiui-usees, telles que les avoit viics le citoycn Dawhcn- ton en 1762, elles ont en effet queLjue rapport, quoiqu'eloi- gne , avec cellcs de r]ii|ipopo!anic , par les ligures de douljles lusanges que leur couroitiie presciite; mals lors.|u'elles sont en- tieres, elles n'ont qiie dcs poiiitcs grosses, mousses , rarigees par paire , et partageant la couronne en collines «t en sillons transversaux. Quoique le citoyen Daubi^nton ait aussi decrit , dans le donzieine volume de VHistoire naturelle , de ces dents dans le dernier etat , et qu'il les ait regardees comme apparte- iiant :\ une cspece diiferente , la serie que nous en avuns au- jourd'luii au Museum , ou on pent en suivre toutes les degra- dations , ne laisse aucun doute sur leur identite. Les pointes mousses de leur couronne avoient fait penser a William Hunter que I'aninial qui les portoltetoit d'espece carnivore ; mais Camper a bien deinontre le contraire par le defaut de canines et le manque d'incisives il la machoire infericure ( 1 ). 11 ajoute f|u'il est tres-vraisemblable cjue cet animal avoit un cou assez court pour supporter la masse enoruie de sa tete et de ses defenses ; que par consequent la nature lui avoit donne une trompe sem- Hlable a celle de I'elcphant pour prendre ses alimens. 11 n'est done pas douteuK que raninial dont on trouve les depouilles sur les bords de I'Oliio , n'ait ete du genre de I'ele- pLant : aussi M. Pennant n'a yias balajice d'en laire une espece sous le nom d'e/ep/ias amcr/ca/ius , ipi'il suppose exister encore dans I'intcrleur de I'Amei ique septentrionale. , Mais cette hypothese n'expliqueroit pas les depouilles f|nl se sont trouvees dans divers licux de I'ancien continent. M. Pallas en a recucilli plusieurs dents en Slberic , et il y en a au Museum une enorme veniie de la petite Tartarie. Voici ce qui me paroit rosulter de tons les faits exposes jns- qu'ici; 1". I'animal dont on a trouve les depouilles en Canada, est du genre de I'elcpbant. 2°. 11 diflere , par I'espece, des elephans d'aujourd'liui et du mammouth. (1) Cel liomine rL-lcibre a rliange depuis d'opiiiion a cc sujet, dans un me- nioire que jVsamincTai incessamiuent. 3°. Ses ET D'HISTOIRE NATURELLE. ai; 3". Ses caract^res sont , que les lames de ses molaires sont plus epaisses et Liens moins nombreuses; que leur comonne p'^^sente seulement tiois ou qiiatre paires de grosses pointes mousses , qui s'usent moins "vite que dans les eleplians ordinaires ; que lors- qu'elle est usee, on y voit trois ou quatre paires de losanges ; que ces dents sont de tres-peu plus longues que larges ; que cet animal, sans etre plus haut que les elephans d'Asie ou d'Afrique , avoit les os plus massifs et plus epais. 4"- Cette espece a vecn dans TAmerique et dans beaucoup d'endroits de I'ancien continent. 5°. Enfm on n'en a retrouve aucune trace parmi les quadru- pedes qui existent de nos jours. E S S A I SUR LE PERFECTIONNEMENT D E S ARTS CHIMIQUES EN FRANCE, Par J. A. Chaptal , de I'institut national et conseiller d'etat. E X T R A I T. II se prepare un nouvel ordre de choses , qui sera tel que , si nous Savons le diriger , la France se placera d'elle-meme au premier rang panui les nations manuiacturieres. II me paroit qu'il y a trois moyens d'y parvenir ; Lc premier de tons consiste k former 'ties faijricans eclaires. Le second se borne a rendre la fabrication plus economique. Le troisi^me a pour but d'indiquer aux fabricans les empla- cemens les plus convenalJes aux divers genres de fabrication. Tome FII. VENTOSE an 8. E e ai8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE SECTION PREMIERE. Moyens de former des fabricans. Jadis en France coinme chcz tontes les nations ou les arts de fabriqiie sont comptcs panni les elecnens de la prosperite publique, il etoit permis aux parens d'un jeune honiine de le iiiettre , pendant un certain noinbre d'annees convenu , k. la disposiiion d'un clief d'atelier, qui, a son tonr etoit tenu de I'instruire dans tons les details de sa profession. Cette garantie recipro(jue etoit stipulee dans un acte public , qu'on appeloit contrat d' apprenti ssa ge . Des idces de liberie inal entendues ont rompu ces liens sacres par lesquels un jeune liomme f'aisoit le sacrifice momentane de ses forces en ecliange des connoissances qu'on lui donnoit. 11 se preparoit de boiuie lieure a soulager ses parens , a servir sa patrie , a elever ses euflms , et acqiieroit cctte piecieuse inde- ])eudance qui repose sur le sentiment de nos forces ou la realite de nos services. A la verite ces cpntrats d'apprentissage n'ont ete ni abroges ni proliibes par aucune loi connue ; mais au niilien des riunes dans lesquelles nous avons -vecu ; du sein mcme de la subver- sion de tous les principes ; dans ces inoinens ou , aux seul mots iionce f'ormellement aujourd'hui celtc garantie. Et il ne sut'fit pas de porter des peines contrecelle des deux parties contractantesqiupourroitenfieindre les conditions du traite ; il faut encore que I'tleve qui deser- teroit la maison de I'institiiteur soit puni et repousse de tous les at< litrs. Mais I'el^ve sortant de I'atelier 'ans ime ou deux seances, apres lesquelles on ne connoit ni l'art des manipulations, ni le clioix des niatie- res, ni la disposition des ateliers. Tout s'est borne, danscepeu d'instans consacres a la description du plus coniplique de tous les arts , a lier <|iie]ques idees sur le principe colorant, les inor- dans et la nature d'nn assez petit nonibre de inatieres tinctoria- les. Ainsi la chiiuie donne la clef des operations de l'art; niais ne s'occupant pas assez de details dans I'enseignenient public , elle ne parviendra jamais 4 former un artiste. C'est cet etat d'itnperfection dans I'enseignement qui fait que I'artiste, n'y trouvant jamais les developpemens qui lui sontne- cessa4res, nieconnoit les rapports de la science avec sa profes- sion. C'est ce qui fait encore (pie la tlieorie et la pratique , qu'un interet commun devroit confondre, ruarchent sur deux lignes parnJleles et n'avancent que lentemcnt, parce que leu.r nature les rend inseparables. Le seul moyen qu'a le gouvernement de s'acquitter envers les artistes , de la dette sacree de leur education , c'est de for- mer pour eux des ecoles d' instruction-pratique qui repondent i la grandeur et a I'interet de I'objet. Je crois qu'il lui est possible d'attelndre ce but , en formant quatre grands etablisseniens qui embrasseroient la presque to- talite des operations qui appartiennent aux fabriques. Le premier auroit pour objet les travaux de la teinture , impression sur toile et preparations animales. Le second traiteroit des metaux et de leurs prdparatiojis. Le troisieme /^roi/ connoitre les terres et leurs usages pour la fabrication des poteries : il s' occuperoit en meme temps des travaux de la verrerie Le quatrieme apprendroit a former les sels , a extraire les acides et les alkalis , a distiller les vins , les plantes aroma- tiques , et d combiner les paT^ums. Pour organiser convenablement I'instruction pour toutes ces parties , il faut d'abord s'occuper des dispositions generales qui sont applicables a toutes ; apres quoi nous descendrons aux conditions particulieres que cnacune d'elles exige. ET D'HISTOIRE N A T U R E L L E. 2ai Dispositions gSnSrales. Je comprends dans le nombre des dispositions generales , I'emplacement et I'Drganisation interieure de chaijue etablisse- ment , dans tout ce qui a rapport h. renseignt-inent et a I'ad- ministration. L'etabiissement d'une ecole-pratiqne suppose la libre et en- tiere disposition d'un vaste batiment dans lequel on puisse de- velopper tout le systeme d'enseignetnent necessaire. Les professeurs seroient nommes par le gouverneinent , sur la presentation d'un jury compose de trois nierabres qui f'ornie- roient un conseil aupres de lui. Ce jury surveilleroit I'ensei- gnement dans toutes les parties de I'institution , et assureroit i'execution des reglemens qui seroient faits k ce sujtt. Independaminent des professeurs destines h. I'enseignement , je crois que chacun de ces etablissemens doit avoir une adminis- tration etrangere a I'instruction , et chargee specialement des achats , des ventes , et generalement de tout ce qui conccrne I'economie interieiue de la maison. Cette administration doit avoir un chef nomme par le gouvernement , qui seul deliberera avec les professeurs sur les divers objets qui interessent le ma- teriel de I'enseignement. Tous les jeunes gens qui se destineroient a une profession , seroient admis a recevoir I'instruction dans ces ecoles nationales ; les seuls litres qu'on pourroit exiger d'eux pour y obtenir leur inscription, se borneroient k une attestation de bonne conduite, de la part de I'administration du lieu de Icur domicile. Dispositions particidieres. Sans doute (lue I'oraanisation de tous les etablissemens dolt etre une par les principes; mais leur nature tres-ditferente ne- cessite des modifications qu'il est important de faire connoitre pour retirer de chacun d'eux le plus grand avantage possible. Ecole de teinture et de preparations animates. Cette ecole nous paroit devoir etre plac^e a Lyon. II est d'a- bord reconnu que c'est la position la plus favoraljle a la teinture : quoique le midi presente plus d'avantages pour celle des cotons, les approvisionncliiens sont assez faciles i\ Lyon pour ne jias u'2i JOURNAL DE PHYSIQUE, D H CHIMIE sepaicr et d^sunir des genres de teinture dont le rapjirocliemetit doit produire de tres-heureux efFets. Cette premiere partie de I'ecole pourroit Stre divisee en trois sections, dont I'une auroit pour objet la teinture des soies ;\a. seconde, celle des 1 antes ; et la troisieuie, celle des Jds et cotons , de ineme que leur impression. Chacune de ces sections anroit un atelier particulier , dans lequel seroient disposes les appareils necessaires a I'art. Chacune d'elles preseiitant des details infinis, des precedes propres qui exigent des appareils particuliers , seroit enseignee separeineiit. Mais conime il y a Leaucoup d'analogie entre la teinture en sole et celle des laines, entre la teinture des cotons et cello des fils , je pense que deux professeurs seroient suf- fisans. La seconde partie quia pour objet les preparations animales, exige pareillement deux professeurs; I'un qui seroit essentielle- incnt charge d'expliquer tout ce qui a rapport aux operations sur les cuirs ; taiidis que le fiecond auroit pour objet de faire connoitre plusiei:^«*i operations qui fornient toutes aiiiant de professions distinctcs , telles que L'art de fabriquer les colles , de travailler I' i voire , la corne et les os ; de Jeutrer les poils , d'extraire et de purifier les huiles et les graisses ; de fabri- quer le beurre et le fromage , de preparer les viandes, etc. Ecole des travau.v mStalliques. Celle-ci ne doit etre qu'une extension de celle des mines qui existe aujourdliui. C'est dans Paris (pie je conserverois tout ce qui tient a I'enseigncment general et k radininistraiion. Coinme I'importance et I'etendue de celte belle partie des arts exigent qu'on mulliplle les (icoles-praliques de perfeciion- iieiiient sur les divers points de la republique , je desirerois qu'il s'en format une dans le ci - devant Berry , ou dans le comte de Foix, pour y enseigner et pratiquer en grand Injabri- catian des acicrs , celle des limes , des scics et des faulx. J'en placerois deux autres a Paris, dont I'une auroit pour hut d'ins- truire s: r l'art de I'etamaoc , de la dorure , et generalement s\ir tout ce qui a rapport a I'alliage et an depart des rnStaux ; tandis que I'autre s'occuperoit de l'art de Jiler les nietiiux, de les malleer, de les limer , de les coulcr , de les laminar, de les oxider , etc. ET D'HISTOIRE NATURELLF,. aaS Ecole de poterie et de verrerie, L'ecole de poterie et de verrerie scroit etablie h. Sevre. Le bel etablissement do porcelaine qui y existe a ete le ber- ceau de toutes Ics dc'couvertes comme de tous les talens en ce genre : mais axijourd'hiii qii'il a rempli sou but, aujourd'liui que d'autres rivalisent de perfectiou avec lui , je croiruis indi- gne de la nation de f'aire pour lui de uouveaux sacrifices , si je ne voyois pas un moyen facile de le rcndre ^ sa preruiere destination. II pent de nouveau servir d'ecole , et acquerir ^ la poterie grossiere de nos cliinats, la superiorite qu'ont acquise nos porcelaiues. Ce second objet est, sans contredit, d'un in- teret aii moins egal au premier , puisqii'il est un besoin pour toutes les classes de la soclete. L'etablissement de Sevre est tel , que I'instruction pourroit y etre etablie presque des aujourd'liui. Sa position est raeme tres- favorable, puisqu'elle se trouve au centre des terres les plus propres i ces travaux , et deja, pour la plupart , employees a. cet usage. La partie de la verrerie y seroit moins avantageusement pla- cee : mais comme il est utile de reunir ces deux objets, et que Sevre pr^sente dtja I'^tablissement d'une belle verrerie, je ii'hesite jias \ y fixer ce dernier etablissement. Ueux profcsseurs STiffiroient pour ces deux parties. Ecole d'halotecknie et de distillation. Cette ecole ne saurolt etre plus avantageusement situee qu'a Montpe'llicr. Le commerce des vins , liqueurs et parfnras s'y alimente des productions territoriales ; la proxiniite de I'ltalie €t de la mer y rend le soufre et le salpetre tres-abondans : le voibinage des salines, la fabrication du vert-dc-gris , du sel de saturne, des creraes de tartrc et de la sonde, I'csploitation peu eloignee deplusieurs mines d'alun et de coupcrose , fomicnt une telle reunion d'avanrages, qu'on ne pourroit sans injuslice pre- it5rer auoun autre emplacement. tttte ecole demanderoit deux profcsseurs ; I'un ne s'occu- peroit que de \z. fabrication des acides (tels que eau forte , huile. de vitriol', esprit de sel , vinaigre , etc. ) et de leurs combi- naisons les plus importantes avcc les bases terreuses , roetalli- g^^ues et alkalines. Le second professcur ne traiteroit que de I'art aai JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE du distillateur et des combinaisons et melanges des produits qui en proviennent avec les divers excipiens , ce qui enibrasse les professions du liqucuriste , Ax\ parfumeur , etc. Les avantages de ces sortes a'etablissenieiis ne peuvent utre revoques en doute que par les homnies essentielleiiient etrangers aux arts ou indifferens a leur prosperite. Et, s'il pouvoit s'en trouver encore qui ineconnussent le pouvoir de la science sur la pratique , il me sutfiroit sans doute de leur presenter les exem- ples snivans. La fabrique de Sevre fiit le berceau de I'art de la porcelaine en France : en tres-peu d'annees les ouvrages qui en sortirent exciterent I'admiration de toute I'Europe. Ces progres rapides furent le fruit des connoissances dont le gouvernement entoura cet etablissement k sa nalssance ; et les resultats iramediats de I'instruction qui a ete portee dans ces ateliers , furent , d'une part, la gloire pour la nation de posseder le plus bel etablis- sement de porcelaine connu en Europe , et de I'autre^ I'avan- tage d'ouvrir au commerce une nouvelle branche d'industrie. Les temps oii la fabrique d'armes a et^ etablie a Versailles , sont encore plus pres de nous, et deja nous y possedons les artistes les plus distingues de I'Europe. Qui pourra croire qiie les corps du genie et de rartillerie fraurais f assent parvenus au degre de superior ite qu'ils ont atteint , si des ecoles pratiques ne les avoient prepares h. I'exer^ cice des fonctions importantes et ditficiles qu'ils etoient appele? a remplir ? SECTION IL Moyens de diminuer le prix des produits dej'abrique. C'est sans doute beaucoup d'avoir organise I'instruction, mais ce n'est encore 1^ qu'une partie des devoirs que le gouverne- ment a a remplir pour assurer la prosperite des fabiiques. Ce n'est pas tout que de planter un arbre, il faut encore ne pas retouffer par une culture mal entendue. Si une mauvaise loi sur les douanes ne produisoit qu'un mal pnssager , nous adoucirions les momens desastreux de son exe- cution parl'csjioir d'en obtenir tot ou tard la revocation; mais ]cs traces qu'elle laisse apres elle sont ineffagables : non-seule- jnent elle ruine la fabrication par le manque force d'approvi - fcionnemens ou de consommation , mais elle oblige I'etranger a s'ouvrir ET D'HISTOIRE NATURELLE. 22J s'ouvrir d'autres debouches , a contracter d'autres liaisons , a fabriquer les nxemes produits, a nous enlevir nos metiers, nos artistes, en un mot, a faire ciiiigrer notre industrie manufac- turiere. II me seroit aise de prou\er qu'une taxe trop forte ota- blie raoraeutaneuient sur i exportation des ciiirs prepares en France, a mine les fabrlcans du midi. Tous les efforts du gouvernement doivent tendre a faciiiter les approvisionnemens des fabriques, et a assurer la consomma- tion des produits manufactures. On peut done etaljlir , comme axiomes de commerce et corame regie de conduite pour le E,ouvernement, les principes suivans : 1°. II doit etre libre au f'abricant de s'approvisionner de toutes les matierespremieres de son industrie , dans tous les pays oil ces mati^res lui presentent plus d'avantages , soil par le prix, soil par la qualite. 2". Le gouvernement doit rendre libres I'entree et la circu- lation de toutes les matieres premieres des fabriques. 3°. Les produits manufactures doivent jouir des memes avan- tages pour I'exportation. 4". Le gouvernement doit imposer le fabricant, et affrancbir presque de toute redevance, les materiaux et le produit de son industrie. II ne perdra jamais de vue que la loi qui surtaxe les marchandises en tarit la consommation. Le gouvernement doit se rappeler sans cesse que I'artiste , livre a ses propres forces , ou contrarie dans I'exercice de sa profession, peut a peine fournir a sa subsistance ; et que^ dans ce cas, une imposition, quelque foible qu'on la suppose, est toujours prelevee sur ses besoins ; tandis que favorise du gou- vernement , tant pour ses approvisionnemens que pour ses de- bouches , il peut fournir une imposition enorme par le simple abandon d'une portion de son superflu. Mais il ne suffit pas au gouvernement d'encourager les fa- briques par les moyens que je viens d'indiquer ; il faut encore , pour qu'elles prosperent , qu'elles puissent concourir avanta- geusement avec celles des pays voisins; et , sousce dernier point de vue , nous allons les conslderer au dehors et au dedans de la France. Ce n'est pas , ainsi qu'on I'a cru assez generalement , en pro- hlbant I'entree des produits etrangers , qu'on donnera de I'a- vantage a. nos fabriques nationales. Cette prohibition entraine avec elle trois inconveniens majeurs. Le premier , c'est de frustrer I'etat d'un revenu de douane. Tome ril. VENTOSE an 8. F f 2aG JOURNAL BE PHYSIQUE, I)E C H 1 1\I I E Lc second , c'est de piescnter nii appat a la contrebaiule. Le troisieme, c'est de ne plus olli ir de stimulant a remulation de nos labricans. Ain.si , d'apres ces considerations , je veux cpie les produlis deg fabriques etrargeres viennent concourir sur nos pruprcs marches avec ceux de nos fabrLpjes iiationales. Mais coiiiine le gonverncmoDt impose lefabrlcant fiantjais , il est de toute justice qu'il impose la faljrication etrangere , et je pense que lo droit d'importation ne doit pas s'elever au-dessus de 12 a i5 pour cent de la valour coniinerciale , si Ton veut allier tous lesinterets. Mais pour que nos produits manufactures puibsent concourir sur tciis les marches de rEurcpe avec ceux des autres nations, il faut pouvoir rivaliser avec dies sous le douljle rapport du ^/7a;etdcla qualite; c'est- a-dlre , qu'il faut iixireaussi bien et a aussi has prijc. . 11 n'est peut-etre pas d'objet de fabrication qu'on ne puisse executor en France avec une aussi grande perfection que dans les aiitres pays. Nous trouvons parrai nous des artistes qui peu- vcnt le disputer en merite aux premiers talens connus de I'Eu- rope ; mais la masse de nos artistes est pen Instruite, et il arrive de-k'l que generalement on fait moins bien. Je vols d'abord deux causes puissantes qui tendent 4 propager cet etat d'imperfection ; la premiere , c'est le defaut ({'instruc- tion, dans les artistes ; la secoude, c'est \q manque de goiit dans le coiisomniateur. L'execution du projet d'enseignement que je propose remedie a la premieie de ces causes, et piepare une heureuse revolu- tion pour la seconde. En effet , a mesure que les luniieres pene- treront dans les ateliers, la routine et les prejuges disparoitront : la perfection apportee dans les travaux formera peu a peu le gout du coiisominatcur : car le gout se forme par la vue cons- taiite d'objets parfaits , oupar la lirequentationd'artlstes lastruits. S E C T I O N I I I. Des emplacerncns qui conviennent aux divers genres de Jabrication. Personne n'a meJite profondemcnt sur les arts sans se con- vaincre que les produits de I'industrie out un sol et des, climats qui lour sont essentiellement affectcs. .; . ^\ '\ Pour fixer nos idees d'une maniere pins precise sur le pou- fi T D ' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 227 voir des localites iiar rapport aux faliriqucs, je crois que nous pouvoiis , pour le uioment, les diviser eii trois classes. 1°. Ceiles qui ont pour objet les travaux sur les substances animales et vegetales. 2°. Ceiles qui travalllent les metaux on les tcrres. 3°. Celks qui ont pour but la fabrlcyon , c'est qu'on n'a pu en leunir qn'une parlie des avantagcs. Si nous portions le meme examen sur les fabriques d'etofle? de laine, on de fd , nous trouverions par-tout la coiirirination des memes principes : nous verrions la fabrication des etoffes grossieres generalement etablie dans les licux meme ou en crois- sent les premiers niateriaux , tandis ipic la confection des tissus fins qui demande du clioix et de la variete dans les inatieres, <(ui exige beaucoup de main-d'ocuvre et plus d'liabilete dans les divers travaux , a pu s'etablir presqu'iudistinctement sur tous les points. Dans le premier cas , la matiere premiere fait pres- que tout : dans le second , !a fa(^on forme elle seiile la pres- que totalite de la valeur de la marchandise : ici le transport de la matiere premiere n'est rien eu egard au prix de I'objet fabriquej la , elle est tout. Ainsi , les fabriques de toiles et draps grossiers se sont etablies et prosperent dans les campa- gues , tandis que celJes des toiles et draps fins existent loin du pays natal des niatieres qui les alimentent. D'ailleurs, nos dra- peries fines se sont labriquees jus(ju'ici avec des laines etran- geres ; et, des-lors, le transport des matieres premieres peut se faire presque indistinctement sur tous les points de la repu- blique , sans que le prix de I'etoffe s'en ressente. Cette derniere consideration nous explique pourquoi les fa- briques de coton se sont etablies avec succes aux deux extre- niites de la France , a Rouen et a Montpellier. Mais il nous reste encore a reehercher comment il est possible que les pre- mieres de ces fabriques aieiit pu prosperer ^ I'egal de celles du midi , lorsqu'il est prouve q\ie la position en renclierissoit extraordinairement la teinture : en effet, la garance , la sou- de , I'huile d'olive , le savon , qui forment les materiaux de cette teinture , se recoltent ou se fabriquent dans le midi , et il est bien plus dispendieux de les transporter £i Roiien , que d'y transporter les colons deja teints , puisque le coton con- somme, pour la teinture, quatre fois son poids de ces matie- res premieres. La cause qui dans le nord me paroit avoir ba- lance les desavantages de la localite , c'est sur- tout I'economie introduite dans ces fabriques par I'adoption des mecaniques pour la filature. Cette economic a ete constamment de lo 5 i5 pour loo. Une seconde cause qui se lie naturellement i la premiere ET D'HISTOIRE NATURELLE. a^g c'est la qnalite meme de la filature qui, ibnnant des fils Lien plus unis , a ciee line fabrication plus part'aite. II est un principe dont nous trouvons par-tout I'appHcation , c'est que Jcs arts clc fabrirpie doivent conipenser par la niain- d'auvre , I'indnstrie ou la superiorite des prodnits , la defaveur des localites. II faiit pour qn'ils prospercnt la ou les approvibioii- nemens sont dispendieux , efiacer , pour ainsi dire , le prix de la matiere premiere de la liste des elemens sur lesquels s'etablit le calcul du prix d'un produit de manufacture; or, cela n'cst possible que pour les objets susceptibles d'acquerir une grande valeur par une fabrication tr^s-soigiiee. Par excmple , la terre de Limoges servant k la confection d'une poterie grossi^re , ne pent etre employee que sur les lieux; mais , devenant la base de la porcelaine , il peut etre avantageux de la travailler a une grande distance. Ici les frais du transport disparoissent devant cette foule de travauy delicats par lesquels doit passer cette terre; et il est possible que ces travaux ne puissent etre convenablement executes que loin du sol qui la foiirnit. L'irifluence des localites est sentie jusque dans les operations preparatoires des etoffies : les blancliisseries demandent un sol humide et une atmosphere chargee de vapeurs. Les fabri(|ues de toiles peintes ne prosperent point dans les climats trop chauds et sur des terreins arides : les couleurs y sont seches et tcrnes. Les papeteiies exigent des eaux vives et pures. Les couleurs ne recoivent ni la meme teinte , ni le m^nie eclat dans des eaux differemment charejees. Je pourrois multiplier les applications , mais il suifit d'avoir pose les principes. Les fabriques Cjui ont le travail des metaux pour objet, ont aussi leurs localites marquees : nous pouvons diviser celies ci en ateliers defonte et travaux de perj'ectitmnement. Les ateliers de fbnte dont les produits presentent une valeur peu elevee au-Jessus de ceile de la matiere j)remiere , doivent etre etablis de manicre ^ rendre faciles les ajjprovisionnemens du combustible et du metal. Si nous voyons prosperer au milieu de Paris quelques ateliers de fonte, malgre le vice apparent de la localite, c'est que cette immense commune reunit en elle-nieme des avantages qui font disparoitre I'inconvenient des localites ; i". les approvisionne- mens en vieux metal s'y font u bas prix ; a", la consornmation du produit sur les lieux est presque assuree; ^i". les artistes peu- 23o JOURNAL D E P II V 3 I Q U E , D E C H I 3T I E vent faiie executer sous leiirs yeiix les ouvrages clout ils ont bssoin. Nous voyons, par la mei);e raisou , s'y inaintenir avec succes ties Verreiies en verre noir , paice que les debris de vei're et la charree y sorit si abondans , que leur prix uierite a peine d'mtjer en compte dans les frals. d'approvisioniieiuent. Cts avantages permetteiit aux entrepreneurs d'acheter le com- bustible a des prix bieii plus eleves que par-tout ailleurs. On peut encore considerer les etablisseniens de ce genre, formes au milieu d'une graiule commune et dans 'e foyer des sciences et des arts , coniiiie uiie ecole extreineiuent utile, nou- seulenientpour s'y former dans les travaux du meme genre^ mais pour y executer des Uiodeles sous les yeux des artistes eux-iueines. Que de machines ingenieuses seroient restees en simples ptojets , si I'inventcur n'avoit j as trou\e a cote de lui les moyens de les executer? Nous pourrions ranger dans la meme classe , eu egard a notre objet, plusieurs genres de lidjrication , tels que Vacieration , la cloj.tnison , le lam'uiage , etc. lei le pouvoir des localites est encore tres-marqud : I'acieration , par exemple , trouvera des avantages a cote des bonnes mines de fer , attendu que I'artiste a qui riiabitude a appiis a distinguer le ter le plus propre a son oiq'et , pourra plus aisement obtenir et f.iire pro[)arer la qualita qu'il desire. On voit avcc peiiie qu'un des premiers ctablisse- mens qu'on ait fait en France pour conveitlr le fer en acier, ait ete place a Amhoise , qui ne presente aucune ressource locale. Les ci-devant provinces du Berry et du conite de Foix nous pa- roissent offiir des avantages, par la nature de leurs fers et I'ajjonclance du charbon, qu'aucunc autre partie de la republique ne jiaroit ponvoir leur disputor. On m'olijectera ^ sans doute , que les Anglais , pour qui ces sortes d'etablissemcns foru:ent une ressource si puissante , acieivut des fers etrangers; mais c'est a. la superiorite de ces fers provenant de la province de Roslagie en Suede, que nous devons rajjporter cetto preponderance dont leurs aciers jouissout sur toules les places de I'Europe ; et il sullit de savoir que si la France, ou une autre nation devenolt adju- dicaiaire de ces fers, les Anglais verioient echapper de leurs mains la princijiaie branche de leur Industrie. Les travaux ulterieurs qu'on execute sur les raetanx, me pa- roissent un peu muins dependans des localites, a mesnre que la main-d'oeuvre dcvicnt plus considerable : le prix d'achat pri- initif et I'article du combustible lueritent n oius d'altentiou ; et des lors la reussitc d'un ctablissemcnt doit etie calculeo sur de E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. , '-i-ii rouvelles bases ; ici c'est la facilite dans Its travaux, I'econoniie daiib la iiiain-d'ceuvre et la ceriitude d'une coiisouitiiatlon assiiree, qui cU)ivent former les eleinens de noire calcul. Ces trois avan- taj^es peiiveiit se presenter reuiiis dans line graude vilie : les prtniicrs n'existent que dans les canipagnes. Dans toutes tes suites de travaux , il I'aut toujours distinguer avec soil! ce qui tioiit a la mode d'avec CC' qui .appartient a. des qiiaiites de perfection qni nesont pas siijcttes a la versati- lite dii caprice du consoniinateiir. La bijonterie , la clincaillerie appartiennent de droit an pveuiier genre ; la serrin erle est du second ; et I'liorlogerie participe de relui-ci par ia jj.ise de son travail, landis que pour les ibrnies elle est assujettie u la niolji- lite du premier. Tous les arts dent les prodiiits fecoivent rinfluence des mo- des passageres , doivent etre etablis dans le foyer menie oti siegent les individus qui les provoquent , les dirigent on les cliangent. Conime dans sa niarclie rapide ^ la mode n'a genera- Jcment d'autre guide que le cajiricc , I'artiste doit ttre sans cesse a cote d'elle pour en epier tous les mouvemens ; il doit elre legcr comma elle, et ne pas porter dans ses travaux cctte suite, cette confiance , ces combinaisons dont elle se joue. II est un autre genre de fabiiques qui n'a ete introduit cliez nous avec qnelque fruit (jue depuis fort peu de temps : c'est celui des preparations salines. Les Anglais et les IloUandais etoient en possession de nous fournir tous les objets de ce genre j mais aujourd'liui ces sortes d'ateliers se sont multiplies cliez, nous avec profusion ; et nous ne doutons pas qu'a mesure que les connoissances cliimifjnes deviendront plus generales , ces etablissemens ne se perfectionueiit et ne fournlsseiit a tous nos besoins. Toui(^s pes iabrl(jues ont pour objet rextraction des acides et des alkalis , et leur combinaison avec diversts bases. , Les acjdes les. plus employes dans les arts sont le stilfurique , lenitiique, le uiuiiati([ue et I'acoteux. Le suilurique ne se labri(juc en France que depiti.s quelqucs annees. La base de cette fabrication est le soufre ; il vient presque tout de la Sicrle ; ce qui lixeroit dans le niidi la veri- table position, des etablissemens de.cet acide , si la grande con- sonimation qui s'en fait dans les tabriqucs de toilcs peintes etablies dans le nord , et la difficulte de le transporter, n'en rendoient la fabrication plus avantageuse a cote meaie de I'attlier qui I'emploie. 23a JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE C'est peut - ^tre pour cette Jerniere raison , que la distilla- tion des eaux fortes a etc repandue sur divers points de la Fran- ce : niais tons ces etablisseinens ont ete contraries jusqu'ici par les dispositions d'une loi cpii f'eroit la home de la Trance si elle n'etoit rapport^e. Cette loi , du i3 fructidor an 5, pro- hibe I'importation et la vente du salp^tre dans I'interieur , et oblige le commerce de s'adresser a la regie nationale des sal- petres pour en obtenir ce sel si necessaire dans un grand noiu- bre d'ateliers. La regie nationale le delivre a un prix quadru- ple de celui de I'lnde dont les faljricans etrangers s'approvi- sionnent 5 de sorte que, par le fait, cette loi ruine les etablis- seraens nationaux en leur interdisant tout moven de concourir avec les etrangers. Je sais Ijien que les partisans de ce despo- tisme en mas(juent toute I'horreur , sous le pretexte magique de la surete pul^lique : raais la sureto publiqiie est-elle done menacee en Angleterre , parce qu'on permet au fabricant d'a- cides d'acheter le salpetre de I'lnde ? Que le gouvernement francais s'assure de ses approvisionnemens en salpetre , et de sa fabrication de poudre dans des ateliers qui lui appartiennent , je ne vois la que sagesse et pr^voyance; mais , qu'il mette i'existence et la fortune de tous les ouvriers d'une profession i la disposition de la regie et de ses delegues ; qu'il interdise leur libre approvisionneraeiit ^ cinq ^ six branches d'industrie qui s'alimentent de salpetre; qu'il force le commer^ant de I'ln- de a fuir nos ports pour aller vendre son lest de salpetre h. Londres ou k Lisbonne ; qu'il marque sur le vaste sol de la republique les seuls points sur lesquels on pourra exploiter du salpetre : je ne vois Ik que deraison , tyrannic, ineptie. Et, si le gouvernement francais ne se hatoit de rapporter une loi ega- lement contraire a la liberte et a I'interet du couunerce , je le proclamerois le plus tyrannique de tous les gouvernemens. La formation de I'acide aceteux est spontanee , et tous les soins se dirigent vers les moyens de prevenir la degeneration des vins, bien loin de la provoquer. Cependant la consom- mation de cet acide est telle dans les arts , qu'il importe dans beaucoup de cas de pouvoir le fabriquer : en HoUande et en Angleterre , d'oii nous viennent les ceruses , les blancs de plomb et les sels de salurne, oivt.obtient le vinaigre par la fermen- tation des grains : dans le nord de la France, on peut ten- ter de semblables moyens ^ et nous approprier , par-la, la fa- brication de tous ces produits tres-employes dans les arts. Les sels les plus employes dans les fabriques, sont la cou- perose , ET D'HISTOIRE NATLfRELLE. 2:55 perose, I'alun , le sel de saturne , les muriates de inercure, etc. L'etnplacement le plus convetiable a la faljrication des premiers , est determine par le lieu ou existent les mines qui fourriissent cesscis: luais , lorsqu'ou les forme de toutes pieces, aiiisi (jue les derniers , c'est toujoiirs a cute de I'atelier oil se fabriqueiit lefi acides qu'ou d(jit s'etablir, Teis sont les principes sur lesquels je crois qu'on pourroit fonder la prosperite de nos talniques en France; &X. , une fois que le Gouvernement les aura consacres, il doit se Lorner a. en devenir le conscrvateur. .J>AWtMi»ttH»'.ti»i«HIM»^ta'ik tfll^ m^MCTl ll l »«UiU iHl!!lBJWJW I PE L'ACIDE COBALTIQUE. Par LoL'is 1! r u o n a x c l l i. EXTRA IT. Van Mens a publie , dans les Annales de cliimie , un me" jnoire de Briignatelli sur cet acide. Ce savant cliimiste exami- noit les combinaisons de I'amrnoniaque avec les nietaux , les" quelles il appelle ammoniures. II tourna principalement seS recherches sur les ammoniures de cobalt. II avoit observe qiie le precipite forme par I'ainmoniac dans la solution de nitrate de cobalt, se redissolvoit dans cet alkali. II a recueilli de ce precipite sur un filtre ; I'a lave et fait secher. Sa couleur ctoit foncee ; il a verse sur ce precipite de I'amino- niac liquide : au bout de vingt-quatre heures la liqueur avoit pris une couleur rouge fbiicee , et le prccij^ite etoit totalement dissous. II a ensuite pris de I'oxide gris de cobalt , vulgairement ap- pele saffre , qu'il a melange avec I'aminoniaque : il y a eu dissolution. Dans le produit il se trouve un nouvel acide. Void les prin- cipaux -caracteres cjui le distinguent. 1 De se presenter sous une forme concrete, et de ne point se volatiliser au feu. Tome VII. VENTOSE an 8. G s. 234 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE 3 D'iivolr tauiot uue couleur rouge , tantut jauiie-pa.le, et une autre fois, d'etre prive de toute couieHr. 3 De n'avoir aucune odeur. 4 D'avoir iin gout acide piquant ;, non desagreable. 5 De teiudre en rouge vif Tinfuslon de tournesol. 6 D'etre parfaitement soluble dans I'eau. 7 De decomposer tousles sulfures d'alkalidont il precipitc le sou I re. 8 De precipiter rammonlure de cuivre en vert-clair et celul de zinc en b!anc pur. 9 De precipiter le sidfatc de cuivre en la nieme couleur que raminoniure de ce metal. 10 De precipiter le nitrate d'argent en blanc. 1 1 Le nitro-muriate d'etain de meme. 12 Le nitrate de niercure en jaune de paille clair. i3 L'acetite de jjlomb en blanc. 14 De ne point alterer sensiblement les dissolutions d'or et de platine. i5 De preciiiiter I'eau de cliaux en un coagulum blanc , insoluble dans I'eau et dans un exc^s d'acide. 16 De precipiter les acetites et muriate de baryte. 17 D'etre separe de I'eau de sa scilution par I'alcohol. 38 Employ^ comnie encre sympathique , de ne point so colo- rer en vert ou en bleu comme les dissolutions de cobalt, mais de brunir et ensuite noircir le papier lorsqu'il est un peu for- tenient ^chaulfe , comine cela arrive avec les antres acides. 19 De former avec la teinture de noix de galle nouvellement faite, im precipite jaunatre abondant. 2.0 De donner, avec une solution saturee de soude , un sel irregulier , transparent , soluble dans I'eau et ron deliquescent. 21 De former, avec la potasse , un sel cristallisable en cris- taux Carres, transparens et fixes a I'air. ■ 2'.t Avec I'amtnoniaque, un sel soluble dans son acide. 33 Avec la baryte , un sel opaque difficilement cristallisable. S u r P L E M E N T. La presence d'un acide dans le saffre m'avoit fait suspecter que cet acide pourroit bien etre de nature arsenicale ; mais ce doute disparut bientot , en confrontant les caracteres d e I'un et de I'autre acide. 1 ) L'acide arsenique ne precipite point les dissolutions d'ar- ET D'HISTOIRE NATURELLE, 2"* gent, comme le fait I'acide cobaltique. 2) L'acide arsenlque precipite I'eau de chaux ; cet arseniate est redissous par l'a- cide , ainsi que par une nouvelie quantite d'eau de chaux. Le contraire arrive avec i'acide de cobalt. 3) L'acide arseni [ue ne decompose pas, comme Je fait l'acide cobaltique, ie muriate et I'acetiie de baryte 4- ) L'acide arsenique est soluble dans I'al- cohol , qui precipite l'acide cobaltique sous une forme concrete. II restolt a savoir si l'acide retire du saff're existoit tout for- me dans cet oxide , ou s'il est produit par Taction de rammo- niaque. Comme l'acide de cobalt est tres-soluble dans I'cau , j'ai fait bouillir 6 livres de saffre dans 8 livres d'eau pendant un quart- d'lieure, et j'ai filtre le liquide tandis qu'il etoit encore chaud. Ce qui passa etoit transparent et sans couleur; mais manifes- toit un gout sensible. Je fis evaporer le liquide , en prenant la precaution de couvrir le vase avec un morceau d'etoffe de soie. Lorsqii'il lut redult a moitie, il devint trouble, mais sans quo la substance qui se separoit pariat sensiblement coloree. Je con- tinual I'evaporation jusqu'a ce qu'il ne restat plus qu'un tiers du liquide 5 alors je le retirai du feu. II se deposa une raatiere tres blanche , que le contact de I'air transforma en tres-beau rose Je separai cette matiere et la recueillis sur un filtre. La liqueur passee avoit une couleur jaune clair , et etoit parfaitement transparente. Elle manifestoit un gout aclde bien aecide, rougissoit la teinture de toiirnesol , decomposoit promp- tement I'eau de chaux , les sels de baryte et ceux d'argent , se precipitoit avec I'alcohol , etc. En un mot , elle se comporta en tout comme l'acide cobaltique obtenu par les procedes prece- demraent indiques. Le depot rouge reste sur le filtre n'avoit aucun gout, et co- loroit l'acide muriatique en tr^s-beau vert. C'etoit de I'oxide de cobalt pur. Cet oxide se dissolvoit en grande quantite dans son acide , et en etoit precipite a mesure que celul-ci se conctntroit. L'acide que I'ammoniaque avoit separe du safFie, se trouvoit done tout forme dans cette substance. II reste encore a s'assu- rer quel est positivement son radical. En attendant, j'ai cru devoir lui conserver le nom d-'acide cobaltique. G^a OBSERVATIONS METEOROLOGIQUES, FAITES PAR B o u V A R D , astronoiiie. smaa o THE R M M E T R £• BAR M E T R E. 3 Maxim v m. M I N I tl IT M. aMidi. M A .X 1 H M. MiN 1 M V M. aMiui., 1 a midi -^ 6,2 a?''!'".-!- 0,0 + 4,2 a 2 " s. . . • a/ 8,2 a 71' Jin ■ 27. 7,1 27- 7,9 3 a 2 ■'s. -|- 1,6 a 7 :; m. + 2,8 + 1,5 a midi. . . 27.11,0 a 7 ^ m. . . 27.10,8 27.1 1,0 4 a 2 s. -1- a 10 |m.-|- 1 ■', a 7 ^m. 4- 3,2 a 7 Tin. -j- 2,3 + 0,3 + 2,3 a 7 i in. . 37 m . . 27.10,0 27- 7,4 27. 9,5 27. 7,0 2,5 a midi. . . . 27. 7,0 5 a niidl + •1,?, a 7 ■'; m. -+- 2,1 + 4-2 a 2 i s. . . 27.11,2 a 7 i m. .. 27.10,'i 27.11,2 6 a midi + «,2 4 7im. + 5,8 + 8,2 a 7 i m. • 27- 9,5 a '*J- s.. . . 27. 8,7 .... 7 .i 3 s. -j- ii,8 a 7 i m. 4- 6,8 + 8,2 a inidi. . . • 27- 9-4 a 7 J m, -■ 27. 9,4 27. 9,4 a a midi -|- b,o a 7 s m. + 1,5 + 6,0 383 m. . . 28. 0,3 3. i> s. . . 27.1 1,2 27.11,8 fi a 2 s. -I- f.,0 a 7im.4- 2,3 + 4,8 a 7 i m. . • 27. 6,7 a 2 .s. . . 27. 5,5 27. 5,7 lO a midi -|- o,o a 7im. + 2,9 + 5,0 a 2 i s. . . 27. 6,1 a 7 ), in. . . 27. 5,5 27. 5,9 1. aSis. H- 4,0 ;'i 71m. — o,H + 3,6 a 7 i ra. . . 27. 6,5 a 2 i s. . . 27. 6,0 27. 6,3 12 42^5. + 5,5 a 7 im. + 2,7 + 4,8 :\3 s. . • 27. 7,8 a 3 i m. . . 27. 6,0 27. 7,2 i3 a midi + 7.'' a 7 im. + 0,7 + 7,4 a 8 s. . 28. 0,6 a 7J;m. ..27.11,9 28. o,5- i4 ri midi + 7,6 a + 7,3 a 8 m. . 27.11,8 a midi. . .. 27.11,5 27.11,5 i5 a 2 s. + 7.1 a 7 J 5. + 2,4 + 7.0 a midi. . . 28. 5,5 a 7im.. . . 28. 2,7 28. 5,3 iG a 2 is. + 4,5 a 7 -5 m. — 0,2 + 3,4 4 midi. . . 28. 2,5 3 2^8. . . 28. 2,1 28. 2>5 37 a 2 1 s. + 0,4 a 8 m. + G,2 + a,* a 8 m. . . 28. 2,0 a 2 J s. . . . 28. 1,5 28. 2,0 iM a 2 is. + i,o n 7^ m. — 1,3 + 0,8 :. 7 \m. . . 28. 1,1 a 2 J s. . . . 28. 0,6 28. 1,1 iq a midi -j- ".4 h j\ in. — 3,1 + 0,4 a midi. . . 28. 0,7 a 10 s. . . 28. 0,5 28. 0,7 2o a 2 -; s. + 1,2 a 7 i m. — .5,9 + 0,. a I \ ni. . . 28. ",1 ays. . . 27.11,4 27.11,8 21 a 2 f s. + 2,5 a 7 m. — a,i + ',3 a 7 ni. . . 27.1 1,0 a 3 s. . . . 27.10,1 .... 22 a 2 1 s. + 2,3 a 7 i m. — 0,(1 + 2,0 a2i s. . 27. 9,s a 7 i m. . ■ 27. 9,3 27. 9,3 23 a midi — !,• a 7 im. — 1,8 — 1,1 a niidi. . • 27. 8,4 a 7 i m. . . 27. 8,5 27. 8,4 2't a 2 s. -j- 2,2 a 74 111. + 0,1 + 2,0 + 1,7 a 2 s. . . 27. 7,8 a 7im.. • ■ 27. 7,1 27. 7,5 25 a 2 1 s. + S,o a in. . . . a midi . 27. 9,6 a 2 1 s. . .. 27. 9,5 27- 9;6 2(i a 2 is. + 2,8 a 7 r, m. — 2,2 + 2,4 a 3 s. . • 27->i,7 373 m . .27.11,2 27.11,7 2- a 2 i s. + 5,8 a 7 i m. + o,8[+ 5,o a 7 ^ m. . . 27.11,6 a 2i m. . . 27.11,3 27.11,5 aS a a i s.' + 7,6/^ 7 ill!. + 1,6 -t- 6,7 a 7 \ m. . • 27- 9>o 3 2^5.. . • 27. 7,9 27. 8,6 2(1 a midi + 5,5|a 7 i ill. + 2,5 + 5,5 a midi. . • 27. 8,9 a 7 i m. .. 27. 8,8 2 7- 8,9 So a 1 s. + .0 a 7 f m. + 2,5 + 6,5 ayi m.. »7- 9>9 a 1 s. . . . 27. 9,6 27. 9j7 RECAPITULATION. Plus f^rande elevation du mercure. Moindre eievalion da mtrcure. . 28. 27. 3,3o Ic i5. 5,5o le 10. Pin MoinJre d ElKvalion moycnne 27.10,40 grand degre de.clialcur + 8,8 le 7 — 3,9 le 20 [rre de chalear. Clinleur nioyenne + 2,5 Konibre de jours bc.iux \x de cOuverls i8 de phue 4 A dater du 7 de ce liiois, on a fourlie a I'hygromelre, sCn de fTxer I'humidite moyenne a idrgres, an lieu qu'elle etoit auparavant a 80 degres ; c'esl-a-dire cju'oii a ole 3o degree I chaque observalion. 5o dESA^BbfiZS ^7^:m.=n7aeyTr^«^^^CiC■■»=r^ A LOBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, PL uviose an tiii. c Hyg, Ve NTS. 53 V) 1 ci4,5 0. fort. Z 89,5. Calme. 5 9i;5 Calrae, 4 ii)5,o S. fort. 5 io5,o Calrae. 6 1 0(),0 Slid. 7 jc6,o Slid. 8 8.2,5 a-o. q 8a,o s. 10 81,5 s. II 85.Q S. fort. 12 85,o S. i3 82,0 0. i4 87,0 0. 1.") 81,0 ^•-o. i6 81,0 ,N.- 17 76,0- N-B. i8 65,o N-E. iq 4«>o N-ii. i!0 60,0 IV-E. 21 6t,o r;-E. 22 63,0 N-E. ^.S N-E. 2t N-E. • 25 JO,C' N. 26 76,0 N. 27 •86",o SE. 28 76,0. N-E. zq 6G,o N. 3o .7-^'° S-E. POINTS LfNAIRnS. Nouv. Lune. Zqiiin. jscend. Prem.'Ouarr. Lune apogee. P'eine Lune. Equin. descend iuae perigfe. ' i.v ■;>■. '. Dern. Qoart. VARIATIONS D E I,' A T M O S P H E R E. ■ .._:, i-i ._j .Jl ■■• J ....- Beau le ma lin, gelee; del a demi-coiiverl le restc du j our. Cielvaporeux, brouill. etgivre; nuajes I'lpres-inidi. Beau temps ; brouillard ie matin; couverl le soir Pluieabondanteavaiitle jouret presi|ue toule la jour n. Ciel couverl; broiullard. Ciel.couverf ; 'broulllatrd le soir. Phiie fine une parlie de la journee. Beau le itiatln;ciel nuageuxet vapoxeux I'apres-miJi. Pluie fine , prcsque continnelle. Btaiicoup d'eclaircis dans la soiree. Nusgcs a riiorison; forte gelee blanchej plule le soir. Cicl rouvert. Ciel a demi-couvert. Ciel couvert. , Qnclfjues nuages. ' Erlaircis le matin ; couvert I'apres-midi ; broiiillard.- Quelqiies eclaircis; Ivruu.llard. Ciel noageux le matin ; a demi-couvert I'apres-midi. Ciel nuageux et trouble. Idem. I Jem. Ciel couvert toule la journee. Ciel couverl ; neigc \ ers 6 heures du soir. Verglas", pluic fine dans la matinee-. ^ ■ Ciel couverlde matin ; beau depiiis raldi jbrouillard. Ciel trouble'el en'partie couvert; brouillard epais. Ciel convert ; brume le matin , beau le soir. Ciel trouble et a demi-couvert. Ciel trouble c( couvert aux trols quarts. Convert par intervalles ; brouillard ; ciel vaporeux. RECAPITULATION. devcnl 27 , • de gelee;. 12 de lonnurre o de brouillard. .... 10 de neige 2 Le vent a souSle dn N 4 ''^'*' N-E. . 9 E o SE 2 S 7 SO 1 3 N-0 1 b58 journal de physique, de chimie NOUVELLES LITTERAIRES. Socidt^ d' agriculture , sciences et arts, du di^partement de Seine-et- ISLarne , sdante a 3Ieaux. PROGRAMME. La societe propose pour objet de son prix : Uii plan a' education raisonne pour des ecoles qui seroient consacrees principalement aux enfans destines a L' agriculture. Les memoires seront adresses francs de port, sans nom d'au- teur , mais portant une sentence ou devise , au citoyen Carangeot , secretaire perpetuel de la societe, ou liii seront reniis avant le i5 nivose an 9. On y joindra un billet separe et cachete con- tenant la sentence ou devise , avec le nom et I'adresse de I'as- pirant. le prix consiste en une medaille d'or de la valeur de i44 francs , et sera adjuge dans la seance publique du i5 germinal en 9. Experiences sur la circulation observde dans Vuniversalitd du s\ Sterne vasculaire , sur les phenomenes de la circidation lan- ouissante , sur les mouvemens du sang , independans de I'ac- 'tion du cceur , sur la pulsation des artdres , par le professeur SrALLANZANi. Ouvrage traduit de I'italienj avec des notes , et precede d'une exquisse de la vie litteraire de I'auteur , par J. TouRDES, docteur en medecine de I'universite de Montpellier; un vol. in-Bo. avec une planche. Prix 4 Irancs, et 4 francs 25 centimes franc de port. Paris, cliez Maradan , libraire, rue Pavee-Andre-des-arcs^ n°. 16. Nous ferons connoitre cet ouvrage interessant du celebre professeur de Pavie. La vie de cet illustre savant se vend separement ; I'auteur, le niedecin Tourdes , I'a beaucoup connu; il y decrit avec toute la. chaleur de I'amitie les rares talens de ce grand homme , et y fait connoitre ses divers ouvrages. Les Amours des Tlantcs , Poeine en quatre chants , suivi ET D'HISTOIRE NATURELLE. aSg de notes et de dia/osrues sur la poesie , ouvrage tradult da I'anglais de Darwin , par J. P. F. Deleuze. Kivunt in venerein frvndes , omnisqiie vicissim Felix arbor amat , nittanl ad mntua palmce Fa;dera , populeo siispirat populus ictu ; Ei platanl platanis J alnoque assimilat alnus. Claudian, Epith. A Paris , de rimprimerie de Digeon , grande rue Verte, faux- Ijoiirg Honore , et se vend a Paris , cliez Deburre aine , rue Serpente , n". 6 ; f uchs , rue des Matliurins ; Desenne , au Palais Egalite , et chez I'auteur, au Jardin des Plantes ; un vol. in-12. Prix, 3 francs hroche. L'aniour, ce sentiment impetueux qui, chez les animanx, est mSle de taut d'amerturne , n'offre aux plantes que des plaisirs purs. L'auteur -peint avec sensibilite les amours des diverses plantes. Ici c'est un scul man qui a plusieurs femelles : la , c'est unefemelle quia plusieurs maris; ailleurs , le raari et son epouse ne reposent point ensemble, mais sent sur diverses parties de la ni6me plante : plus loin ils se trouvent sur des plantes dlfferentes. Le savant traducteur , qui est un excellent botaniste , a en- riclii le texte par des notes interessantes sur les plantes diverses dont parle I'auteur , sur les parties de leur fructification , sur la maniere dont s'opcre leur reproduction... Ce charmant ou- vrage doit done interesser un grand noraJjre de lecteurs. Tableau dii commerce de la Grece , forme d'apres une annSe moyenne', depiijs 1787 jusqii'eri ^joj , par Peeix- Beau jouii , ex- consul en Giece. A Paris, de I'iinprimerie de Crapelet , a vol. in-8'"'. Le commerce de la Grece fait une partie considerable du commerce du Levant. L'autcur developpe tons les avanlages que pourroit en retirer la nation fian(^aise. II donne plusieurs details int»?ressans sur la geographic de ces pays si fameux , sur leurs productions naturclles, sur les moeurs des habitans , sur leur iiidustiie , sur leurs arts : il interesse done et I'ami des arts , et le politique , et celui qui se livre a Petude de la nature. 2^0 JOURNAL DE T II Y S I Q U E , DE C HIM IE T A B L E DES ARTICLJSS \C'OWTEN HS.fliViK S CE CAHIER. [Analyse de la pierre de tonnerre , par C. Berllwld. P;^g- 169 Rapport sur les eaux minSrales artificielles , fabriqudcs a '■■Paris par les c'ltoyeni Wicolns Paid et compagnle. • x-jj Escamen des dijfirens remedes qui ont ctti employes dans le ■ traitement de la rage , par B. G. Sage. ig6 Notice sur les soiipes a la liuiriford , par Delcssert et De- candolle. 200 Extrait d'un mdmoire sur les espbces d'cl^phans vivantes et Jbssiles , par Cuvier. 207 Essai sur le perjectionnenient des arts chimiques en France , par- J, A. (ihaptal. 217 jDe I'acide Cobaltique , par Louis Brugnatelli. 23i Observations metiorologiques . 236 et 287 Houvelles litteraires. aSb V ^'e/it V JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C H I M I E ET D'HISTOIRE NATURELLE. GERMINAL an 8. RECHERCHE S SUR LES VOLCANS, Capres les princ'ipes de la chiniie pneumatique ; Par Eugene - Melchior - Louis Patrin , membre associe de riiistitut national de France, de la societe d'agriculture et d'histoire naturelle de Lyon , etc. Ce Mdmo'ire a Stc lu a I'Institut , dans la sdance du premier ventose an 8. fLcs notes oat ete ajoutces aprcs la lecture.) II est temps de rapprocher la geologic de la physique et de la chimie. Humboldt, Ann. de cliim., torn. 27. Les theories qu'on a donnees jusqu'icl des plienomeiies vol- caniiiues, sont fort ingenienses sans doute; mais leurs auteurs nieiiies, en ont reconnu rinsufFisance , et ont avouo qu'il y avoit dans ces plienomenes qnelque chose de niystericuoc. Dans ces derniers temps Spallanzani , Sencbier et quehjucs Tome VII. GERMINAL an 8. H h 342 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE autres savans , eclaires par la nouvelle chimie , out recoiinu f[u'il y avoit decomposition d'eau dans les volcans : il est mal- heureux que ces hoiinnes celebres n'en aient pas donne une theorie complelte , fondee sur des prlnclpes aussi luiuineux. Je vals , i I'aide de ces principes , reclicrcher I'origine des volcaus , et tenter rcxplicatioii de leurs principaux plienoinenes ; celte entreprise est tres difficile, et je me tromj)eiai plus d'une ■ I'ois; mais je crois an nioins qne raes reclierclies , sous ce nou- vean point de vue , nc seront pas tout a-fait inutiles. Lc phenoniene qui a tonjours le plus singulierement embar- rassc les observateurs , c'est la production intarissable des laves. Mais la belle hypothese du citoyen Laplace (i^JT^oi/z/ora dus\s- Icme du monde , torn. 2. pag .3oi , i/i-ii°,), suivant laquelle le globe terrcstre et les autres corps planetaires , ont ete formes par la concretion d'cn fluide aiirilbrnie emane du soleil , nie semble jetter un grand jour sur ce phenomene. £n effet , si les maliercs les plus solides qui composent la masse de la terre , ont ete dans un etat de iluidite aerifornie , on pent aussi concevoir , k I'aide de la chimie pneumatique , f^iio les niatieres solides vomies par les volcans , sont dues a des substances gazenses devenues concretes. La rosseinblance frappante qui existe entre la plupart des laves et les roches primitives , a souvent enibarrasse les plus ha- biles observateurs ; ils conviennent que , sans le secours de* circonstances locales il seroit impossible de distinguer certaines laves graniticjues et porphyriques d'avec les porphyres et les granits de premiere formation. Dans les laves comme dans les roclies primitives les attrac- tions electives des molecules integrantcs ont produitdes cristaux plerreux , d'apres les loix de la nature qui ont ete si savamment interpretees par le citoyen Haiiy. Et cette identite de composi- tion des roches et des laves , me semble prouver evidemment qu'il y a eu identite dans le mcKle de leur formation (1). ( 1 ) Je ferai ici quelques remarques a I'occasion des cristaux qui se trouvenf tlans les laves ; suivant les aneieimes theorieson supposoit qu'ils avoient precxiste clans les roches dont les laves elolent , disoit-on , coinposees. Mais cetle suppo- sition entrainoil des difliculles extremes , et Ton trouvoit a cliaquft pas des faits conlradictoires ou inexplicables On voyoit, par exemple , des laves qui imitoient parfailement le granit , et dont, par eonsequmtj tous les elemens etoient cris- inllises. Or , il est bien difficile de concevoir qu'une matiere oil rien n'cst en nision , oil tout est oiistallise, puisse avoir de la iluidite, sur-tout quand on con- E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 2't3 Mais comment s'operent les phenomenesvolcaniques , et quels sont les fluides qui y concoureitt? Pour resoudre cette question , il taut se i appeler d'abord quelle est I'organisation de I'ecorce de la terre. Les geologues savent que le grauit (jui s'etend k una profoii- deur inconnue est presque par-tout recouvert par des couches schisteuses primitives , qui souvent alternent avec des couches de granit. sidere que dans la cristallisalion confuse du granit , tous les cristaux so confcn- dent et se penetrent mutiiellement. Spallanzani parle d'une lave dont la masse est presque entiereinent coniposee de rrislaux groupis de feld-spatli ; niais comment ces groupes de cristaux pouvoient-ils se niouvoir , sans un fluide qui leur strvit de viihicule; et comment les crislaux ne se seroicnt ils pas egriseset entieremcut deformes par le frotlement ? On voit des laves oil le quartz paruU avoir cle fluide , et qui contiennent des aiguilles de schorl el des prismes hexaedres de mica ; cepcndant on sail qu'il n'y a aucune compardison entre la fusibililc de res substances et cellc du quartz. Les cristaux de mica sont d'ailleurs tres-difliciles a consorver, par la facilile avec laquelle leurs feuillels se separent ; et cetle mul- titude incroyable de priimes isoles de schorls volcaniques qui tombent comrne la grele pendant les eruptions, et qu'on trouve en si grande abondance dans les cendres du Montc-Iiosso au pied dc I'Etna; comment concevoir qu'ils aient ete tn meme temps si compleltcment depouilles de leur gangue , et si parfai- tement conserves eux-memes, qu'ils n'ont perdu ni la vivacile de leurs angles, ni le brillant de leur poll ? II me paroit , d'apres ces difficullcs et une infinite! d'aulres , que ces cri.itaux ne sont point preexistans aux laves , mais que ce sont des substances qui, en passant de I'etat aeriforme a une consislance solide, par I'effet des atlraclions , ont pris une forme reguliere , comme nous voyons dans nos laboratoires le soufre se sublinier en vapeurs qui forment ces petils crislaux connus sous le nom de Heurs de soufre. La seule diflerence, c'e t que dans nos pelites operations , les cristaux sont microscopiques , et que dans les grands ateliers de la nature ils ont un volume plus considerable. II est probable que le fluide eleclrique qui joue un si grand role dans les volcans, contribue pour beaucoup a la formation de ces cristaux isoles. Suivant les obscrvalions iXAldini ( Ann. de chiinie , torn. 2g) , I'eleclricite a la propriele de modifier la forme ex- terieurc des corps : c'est elle qui donne a la neige , lanlot la forme etoilee , tanlot une forme globuleuse, etc. On sait d'ailleurs que les phosphures et ks phof'phates mis en fusion, prcnnent subitement une forme polyedre, et jc par- lerai ci-apres du rapport qui exisle entre le fluide electrique et le phosphore. J'ajouterai enfin , relativement aux cristaux des laves , que robservateur Bii. Que I'acide muriatique enlove I'oxigene aux exiles nie- talliques, et deviant acide muriat't que oxygdne. 3". Que le gaz hydrogene est enllainnie par le gaz muriatique oxygene et par I'etinceile electriqne , et que le gaz hydrogene phosphore detonnc par le said contact de I'air. 4". Qu'une conilsinaison d'iiydrogeiie, de carbone , et d'un peu d'oxyf;cnc forme de I'huile , et (jue cette huile modiiiee par I'acide suli'uricpie , devient un bituine. 5". Que le phosphore est de tous les corps combustibles celui qui fixe le plus I'oxygene. 6o. Que le charbon a la propriete de decomposer I'eau , k une temperature un peu elevee. Rappelons nous maintenant que tous les volcans en activite , «ans exception, sont dans le voisinage de lamer, et qu'a. me- 5Ure qu'cUe s'est eloignee des autres, ils se sont eteints. C'est done dans les eaux: de la mer qu'il laut chercher leur I'elude de la nature , et qu'on les regarde comme plus propres a retardrr la niarclic de la science qu'a lui faire faire des progres; et rien n'est plus vrai en general ; inais quand ces conjectures sont fondees sur des analogies et sur des rapprochemens de fiils , et dc grands fails geologiques, je ne pense nu'lement qu'elles soient inutiles et qu'on doive les proscrire Elles etendent les vues do I'observateur, et lui i'ont remarquer des rapports qui lui auroient echappe. Je n'ignore pas que I'observation exacte et simple des faits , est ce qu'il y a de plus precieux pour la science; j'en ai tellement senti Timportance , que c'est pour recueillir des faits, que j'ai consacre a des voyages les dix plus belles an- nees de ma vie : j'en ai pnsse liuit a parcourir les immenses chaines de monta- gnes de I'Asie borcale , dcpuis les nionls Ou/al , jusqu'au-dela du meridien de Pelcin ," et j'ai recueilli tous les faits relatifs a I'hisloire de la terre , autant qu'il m'a ete possible. M-iis que diroit-on d'un homme qui passeroit sa vie a tirer peniblement des materiaux de la carriere, sans jamais se balir une cabane. Las de me trainer sur des tas de pierrcs , j'ai essaye dc construire un edifice : le plan peul-etre en est bisarre et la construction peu solide , mais I'imagination du moins peut s'y pro- inener un instant, et la vue des materiaux places dans un certain ordre , peut lui f lire concevoir un arrangement plus heureux. Si I'cdifice s'ecroule , sa chule n'ecrasera personne , et les materiaux pourrnnt elre employes dans un edifies plus solide. ET D'HISTOIRE NATURELLE. ai/ aliment principal ; -et cet aliment nie paroit etre I'acide muria- tique. C'est entre les tropiques que les eaux Je I'ocean sont plus cliargecs de scl qvie par-tout ailleurs , et c'est aussi entre les tropiques qu'existe I'irumense inajorite des volcans brulans ( i ). Au Perou la seule province de Quito en a seize qui vienncnt de ravager une immense etendue de pays. Onconnoit les vol- cans des Antilles, ceux des i!es du Cap Verd, de la mer d'A- frique et des Indes; on connoit ces ilcs nombreuses de la vaste mer du Sud, qui Ibrment une zone volcanique qui accompagne I'equateur dans une etendue de plus do i5o degres de lonnitude. Les volcans pen iiombreux qui se trouvent a de hautes lati- tudes , tels que ceux d'Islande , du Kamtchatka , du Mont Saint- Elie pres dvx detroit de Cook; et dans I'hemispLere austral, ceux de la terre de feu , sont tous precisement sur le passage des courans gcneraux de Tocean , qui portent les eaux de I'e- quateur vers les poles , de sorte que ces volcans participent a la forte salure des eaux des tropiques. A I'egard des volcans d'ltalie , ils sont dus a une circonstance tres-particuhere et qui prouve d'una inaniere frappante I'emploi que les volcans font du sel inarin. La mediterranee , sept fois plus etendue que la surface de la France, perd par Tevaporation, incoraparablement plus d'eau qu'elle n'en rccoit par les fleuves , ct pour retablir i'cquilibre rompu par cette deperdition , les eaux de I'ocean (commel'ob- serve Buffon) y couknt avec une tres grande rapidite par le detroit de Gibraltar, et lui apportent journellement une immense 3uantite de sel qui, une fois entre, n'en ressort plus. II y a one iongtemps que le bassin de la mediterranee seroit comble de sel inarin , si les volcans des Deux-Siciles , .places au milieu de cette mer, ji'etoiejit la pour en operer la decomposition. J'ai dit que les couches schisteuses avoient eprouve des frac- tures plus ou moins frequentes ; c'est par ces fissures, ou elles (i) Quand cet article a ete lu, le ciloyen Laplace a fait la remarque imporlanle que , dans le foleil , 1 1 meme ( si je ne me trumpe ) dans certaines planeles , les ♦aches qu'on y observe sont toutes dans le voisinage de I'equateur. II paroilroit done que c'est a une cause plus generate que celle que j'assigne aux volcans dc la lerre , que leur existence seroit due. Je feral toujours volontiers le sacrifice de mts opinions a la decouverte et meme au simple soupcon d'une verite qui leux seroit conlraire. 2'4$ JOURNAL D E PHYSIQUE, D E C 11 1 M I E jiresmtent !a ti;mcUe cle lours feiiillfS , ijue les couches sous- mariues al'sorbent , et le lluicle niuiiatiqiie dont elles sont al)reu- "vees , et les divers fluidcs de I'atmosphere que les eaux leur trausuiotteiit. L'acidc iimrjatique , suivant le citoyen FoTircoy {^Chim. , torn. 2 , p. ■T.Sb') , parolt ^tre libra a la surface de la nier , et cet acide , en efiet, s'y forme journellement ; il semble done ■qu'otaiit plus pesaatque I'caa, tine partie au moins^ pent arri- ver jnsqu'aox couches scliistenses , sur-tout quand eiles te trou- veiit a peu de proibndeur (i). (i) J'observcrai , a I'occasion de I'acide marin, que si la cliimie jette un grand jour sur certains fails geologiques , la geologie , a son tour, pcut founiir aux chimisles d'ujiltis sujels de meditation et leur preparer de grandes decouvertes. Le citoyen Dolomicu , Pallas et d'autres observaleurs , ont reiuarque , coinnie un fnil general el sans exception, que les sources salees et les couches de sel £cinine, sout conslaniinent accompagnces d'une tres-grande quantite de soiifre , soit pur et solid j coniine en Sicile , oii il forme des couches de dix metres d'epiisseur, soit combine avcc I'oxygcnc , dans les gypses et les argiles. lime semble done que cette constante association du soufre ct du sel marm , dans le sein de la terre , annonce tnire ces deux substances une prodigieuse affinite ; iiiais conime le soufre, soit pur, soit a I'etat d'acide sullurlque , se rencontre Ires-ficqnemnient sans etre accompagne de sel inarln , tandis que celui-ci ne se presenic jamais sans le soufre, il semble que ce dernier contribuo essentielle- njent a la generation de'l'autre : c'est un probleme que la nature propose aux chimistes. J'observcrai encore que les nitrates sont toujours arcompagnes de muriates ; on le remarcjue sur-tout dans les nilriercs de la Pouille , oil maiutenant les les- sives donncnt autant de muriate de soude que de nitrate de polasse. Et M. Hum- boldt dit expressement qii'il a observe , dans les vastes plaines de la Cnjavie , que I'acide muriatiqite s'y forme dans i'atmosphere lout cnmme I'acide nitrique. Si j'osois citcr mcs proprcs observations, je dirois des deserts de la Siberie ce que dit M. Humboldt des plaines de la Cujavie ; tout annonce que le sel marin £c fonne journellement dans les lacs de ces deserts. Ces lacs sont dans des plaines sans borncs; a peine ont-ils une loise de profondeur : leur fond est par- I'ailcmrnt horizontal et convert d'une argilc noire qui infecte le foie de soufre. tons les ans ces lacs se renqilisEcnt a nioilie de I'eau des phies ct des neiges fondues ; dans I'ele ils se dessi'chent et leur fond est cduvert , dans les uhs , d'unc croute de muriate de sonde; dans les autres, souvent tres-voisins , d'une croule de sulfate de magnesie. To.us les ans on enleve la croute de sel marin, et I'annee suivanle il s'cn lro,uve une pareille ; si on ne I'euleve pas, un an , dix ans spres il n'y en a pas un alome de plus. On ne peul pas .loupconner que des sources salees ali- mentent ces lacs ; voici un fait qui paroit le demontrer, independamment de mille autres circonstanccs. Deux riviere*; immenses, VOh et I'/j-^/c/ic , prennent leur source , a peu de distance I'uue de I'autrc , dans les monlagnes primitives dc Mais E T D' II I S T O I 11 E N A T U R E L L E. aio Mais cet acide, fut-il engage dans une base alkaline ou ter- reuse , I'acide suifiiri(jiie f|ui ai)Onde dans Ics schisles I'cn au- roit bientot dcbarrasse. Ces schistes contiennent de I'acide siil- furicjue lilire , dont j'expii>]uerai ci-apres la formation ; lis con- tiennent ded suil'ures metaliiques , plusieiirs sulfates, dcs oxides de fer, de manganese , etc. , et beaucoup de charbon , ainsl fjue I'a observe M. Humboldt. Des que I'acide niuriatiijue est introduit dans ces schistes, il y dipouille de leur ox\gene les oxiiles inetalliques , et devient acide niuriati L'auteur ajoute {p. 122) : « Le Stromboli est le seul volcan connu (pii ait d'aussi fre(juentes erujitions. . . La fermentation dcs autres augmente progressivenient. . . ; ici remption se fait sans pouvoir etre prevue. . . II senible que ce soit un air ou des vapeurs inflammables qui s'allument subitement , ct qui font; explosion eVi chassant les pierres qui se trouvent sur Icur issue. " Ces taits si bien decrits prouvent , ce me sendjle , 1". (jue Its feux du Stromboli sojit entretenus par une cause toujours rc- naissante ■. car il repugne a la raison de supposerque ces erup- tions si anciennes, si legulieres, si contiiiutlles , soieiitduesa des agens qui s'epuiseroient sans se renouveler. 2.". Que les masses pierrcuses sont instaHfanement formees par le contact de I'air, a-peu-pies comme le gaz iluoriquc-sili- cenx forme su!)iteirieiit du quariz par le contact dc I'eau. II se- roit en eftel bicn dillicile de concevoir par quelle magie, de sept en sept minutes il se trouveroit toujours , i point nonnne , la meme quantite de matieres pierreuses prates a etre vomies par cette bouclie qui se referme aussitot ; et il est encore remar- quable que cctte emission de masses pierreuses ne change rien a la ibrnie regulicre de ccttc bouclie qui a la figure d'un en- tonnoir termine en has par une pointe. 3°. Que le foyer du volcan est a une tres-petlte profondenr , ET D'lIISTOIRE NATURELLE. 255 puisqu'il n'ya aijsoluincnt ni conimotiors, iii bruit soiitcrrains^ et que d'ailleiirs les pierrcs lancees decrivent des rayons tres- divere^ens ; car on sait qu'une pi^ce d'artillerie ecarle d'aiitant plus la' miiraille , qu'elle est plus coiirle. 4". Que le lluide electricjiie est un des principaux agons des volcans , puisque c'est dans les temps orageux , et pendant riiiver que les proxisnies volcaniques augtueatent dc frequence et de force. J'ajouterai , rclativement a la profoiidcur du foyer des volcans en general , et aux pretendus goufires qu'on suppose exister sous leurs crateres , que tout cela paroit purement ideal. J'ai deja parle des lacs qui sont dans les anciens crateres ^ et dont I'exis- tence detrait absolument I'idee de ces vastes caverncs creusecs par I'iinagination sous les rnontagnes volcaniques. Ces caverncs sont supposees avoir fourni et fouriiir encore la maticre des laves avec la niatiere meine qui compose leurs parois. Mais comment des parois fusibles ne se raniollissent-clles pas par Taction ie ces fiiux etcrnels J dont on les dit chauf'f'ees ; et comment ne s'ecrou- lent-elles jamais sur elles-memes , etant cliargees sur-tout, du poids immense d'une monta"ne. Qu'on demande 'k un verrier i . . . ,., ". . ^ p , ., , ce qui arriveroit, s il construisoit son loiir avec la matiere meme dont il fait des bouteilles : assuremeut il repondra que bientot le four couleroit en verre de toutes parts ; que la voute s'affaissc- roit , que tout se conf'ondroit , et que la masse vitrifiee etouffe- roit complettement le feu. II faut done en revenir a. cette idee simple, que les volcans ne sont , comme les fontaines , que des emanations de fluides sans cesse renouveles. Lenr bouclie n'est autre chose que le sou- pirail , ou plutot I'assemblage des soupiiaux et des interstices des feuillets sclilsteux , par oil s'echappent les dllierens gaz , dont une partie s'enflamme et se dissipe dans I'atmosphere , et Tautre se condense en coulees de laves , comme nous voyons les Fontaines des Aljics former , pendant I'liiver , des coulees de fdacc. Ces deux fdits nie paroissent avoir une tres-granJe ana- ogie. Les interstices qui ont donne le passage aux differens gaz , peuvent bien se dilater i un certain point, par les explosions reiterees ; mais ils ne forment jamais que de legers viJes , qui sont bientot comldes par les maticres memes des ejections, quand le volcan vient a s'eteitidre ; et alors les eanx de pluie et de neige en se rassemblant au fond du cratere, y forment un lac , amoins qu'il ne se trouve quel que crevasse dans cet amas de maticres 25(5- JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE solidifiees , qui forme le conedont le cratere occupele somraet. Jt! sais que Biifron , qui adniettoit I'existence des gouff'res vol- caniques, a dit qu'il s'etoit f'ornie des lacs a. la suite de quclqnes trcral)leinei)S de terre ; rnais ces lacs n'ont al)Soluinent rien de coiinnun avec les volcans. N'a t-on pas vu des montagnes en- tieres abimees , et des lacs formes suliiiemeiit dans les Alpes ? Saussure et d'autres observateurs en citent plusieurs exemples. N'a-ton pas vu , dans ce iiecle , se formtr subiternent le lac de Lourde , ail pied des Pyrenees : ccpendant iii les Pyrenees ^ ni les Alpes , ne prescnteiit auciin iiidice de volcans. Je I'erai voir ailleurs que les lacs en general, sent dus a I'af- falsscment des couches pierreuscs qui ont ete excavees par des courans d'eau souterrains. Qiiand une fois le vide existe , un troiiiblcment de tcrre peu deteriiiiner un affaissement qui aiuoit eii lieu de Ini-menie un peu plus tard. Je sais qn'on a bcaucoup parle de villes englouties ; et il n'est que trop certain que Lisbonue , Messine, Lima, et beaucoup d'autres cites, ont ete renversees, detruites par des secousses de tremljleinens de terre; mais elles ont ete si peu englouties dans des gouffres , qu'on les a ixconstruites sur le nieme sol. Hcrciilanuin et Pompcia sont devenues souterraines ; rnais ce n'est pas parce que leur sol a ete abiiiid ; c'est au contraire parce qu'un nouvcau sol est venu couvrir i'ancicn , comma ceia arrive toujoiirs dans les contrees volcanisees. Je sais, et j'ai cprouve moi-meme, que dans quebjues en- droits le terrain rcsonne sous les pieds , dans le voisinage des volcans ; mais c'est toujours qnand on marclie sur leurs ejec- tions , ou mille causes ont pu produire des cavites accidentellcs ; mais on n'obserye jamais ce rttenlisscnient quand on est snr I'au- tiijue sol. Eloignons done absolument toute idee de gouffres et d'abiines creuses sous les volcans; ils ne sont que le fruit d'une imagina- tion eHrayee et de notre amour pour le uierveilleux. Le volcan de Strombuli oflJe encore un phenoniene aussl cii- ricnx qu'instructif , et qui est du , comme les autres , a une operation chiniique : c'est une fontaine qui sort du milieu des cendres et des scories ; ecoutons le citoyen Dolomieu. « Je des- cendis la montagne , dit-il , en courant sur les cendres mouvantes dont eileest couverte. . . Jecotoyal une decliirure considerable. . et je vis. . . que I'interieur de la montagne est forme presqu'en- tierenient de cendres et de scories.... Je rencontrai a inoitie hauttur, une source d'eau froide, douce, legere, et tresrbonne i boire . . . E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. aS; boire. . . Cette petite fbiitaiiie, dans ce lieu trcs-cieve, an milieu des ceiidres voicaiiiqiies , est ties - remarqnabla : elle ne peut avoir son reservoir que dans una pointe de montagne isolee , toute de sable et de pierres poreuses , matieres qui ne peuvent point retenir I'eauj puisquVlles sent perineahles a la I'umee ; d'ailleurs , comment se peut-il que la cnaleur interieiire et I'ar- deur d'un soleil brulant, ne dissipent pas toute I'liuniitiite et toute I'eau dont peut s'etre abreuve, pendant I'hiver ce souiiuet de montagne {Lipari , p. \io] . n II est aise de voir , d'apres les decouvertes de la nouYelle clii- mie , que cettc source, dont I'origine etoit introuvable dans I'ancien etat de la science , est due a une formation d'eau chi- mi(jue et subite. Les deux gaz liydrogene et oxygene s'ecliappent avec les autres gaz , de riaterieur du volcan : une poiiion de ces deux gaz se rencontre , detonne , et forme I'eau de la source. L'aiitre portion va sortir separement par la bouche du volcan ; riiydrogene s'echappe sous la forme d'une flainme rouge, et I'oxygene est fixe sous forinc solide , coinme je I'ai dit ci-dessus. II reste maintenant une grancle difiiculte aresoudre; c'est la presence du for si abondaininent contenu dans les laves. Pour expliquer sa formation , j'jii recouis k une hypothese qui est fondee sur une puissante analogies et qui d'ailleurs ren- droit raison de plusieurs phenomenes qu'on n'a pas encore es- pliques. Nous avons vu , d'apres la belle tlieorie du -citoyen Laplace , que la terre a; ete fotmee par un lluide emane du soleil ; et cette thoorie est aussi conforme aux faits geologiques, qu'aux lois de I'astronoiuie. l^'etude que j'ai faite de la structure du globe ter- restre m'a appris que depuis le sommet des montagnes , jusque dans les profondeurs des mines , toutes les matieres qui com- ])Osent I'ecorce de la terre , ont du etre dans un etat de dissolu- tion parfaite , et qu'elles se sont consolidees graduellenient et par couciies. Aussi cette grande conception da citoyen Laplace me paroir-elle bien moins une hypothese que I'liistoire meme de la formation de notre globe. Or ce fluide qui, par sa concretion, a forme le globe ter- .restre, etoit certainement \vn fluide metallijere : cela parolt prouve , non^seuleiuent par le fer qui est si abondamruent re- pandu sur la surface de la terre , mais encore par les obser- vations et les experiences de Maskeline et de Cavendish , qui nous apprennent que la pesanteur specifique du globe terrestre est double de la pesanteur specifiqixe du cristal de roche. 11 Tome VII. GERMINAL an 8. Kk 258 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE est done au moins vraiscmblable (jne le noyau de la terre est en grande partie nietalllquc, et sur-tOMt Icrragincux , coinme I'annoncent les plienonienes generaux du magnetisms. Mais, s'il eraana jadis du soleil un fluide inetallifere aussi aliondant , il doit exister encore ijuchpie legcre emanation seni- ])lable ; car la nature inodifie liieu ses operations, jnais je doute qu'elle les interroiiipe jamais complettement. Je dirois done que ce liuide , ce prlncipe metallique , est absorbe , conirae les autres fluides , par les couches schisteuses j qu'il y forme le fer dont elles sont toujours remplios ;* qu'il Jorme egalement le fer des laves; et enfin qu'il concourt avec le phoaphore i lixcr I'oxigene sous cette forme torreuse que lui donnent toujours les substances metalllques. L'existence d'un partil fluide n'est iinUement <-himerique : elle est nieme prouvee d'une maoiere direete par une experience de M. Humboldt, qui a reeueilli dans les mines des gaz qui- contenoient du fer en dissolution. J'ai aussi frecpiente les mines , et j'y ai vu que tout est pe- retre d'un fluide extrcmement fiigace , qui a tin coup-d oeil gras , line odeur assez penetrante , et qui rend friables les pierres les plus dures , quelques instans encore apr^s qu'on les a tirees de leur gite^ j'en ai fait I'epreuve , meme sur des gemmes , et j^ai brise avec f'acilite des. topases et des. prismes d'aigues-marlnes d'un a deux ponces de diametre,que je conserve encore dans ma collection. Quelques mineurs ont appelle ce i\\i'v\e spiritus meiallonim : des lionimes qui passent leur vie a suivre, a flairer les traces de la nature^ peuvent quelquefois la prendre sur le fait. Je me demande inaintenant , si ce fluide emane du soleil avec la lumiere re ponrroit pas se decomposer comme elle : I'ensemble de sa substance formero'.t la niatiere ferrngineuse , conane I'ensemble des rayons lumineux forme la lumiere in- colore ; les autres metaux seroient le produit de sa decompo- sition . Mais quel est le prisme qui decompose ce fluide ? e'est , jus- qu'^ present , le secret de la nature. Peut-eti'e le calorique et la Inmiere sont-ils ses agens principanx, ear c'est entre les tropiipies cui'on trouve la plus grande variete d.e sulislances metall'ques , et la moindre quantite defer. Au contraire , plus on s'eloigne de Tequateur, et plus le fer devient abondant , k m( sure qiic les metaux precieux deviennent plus rares. La presence de ce gaz metaliifere pourroit cxpliquer la colo- E T D' II I S T I R E N A T U R E L L E. aPg ration des corps organises : plienoinene , dont la cause est si penconnne. 'Elle expliqiieroit la forma tir.n des fdons metalHques , par I'at- traction que les schistes arglltux exerceioient sur ce fluide , c\\u seroit cnsuite reiini en masse, et modilie dans leur sein par le jeu des attractions particnli-res. On sait que ces scliis^e • sont le gite ordinaire des lilons metalliques ; et I'un de nos plus liabiles chiinist''S a obsorve que I'affinite de I'argile pour les nietanx est si grande , qu'il est infiniinent rare d'en trouver qui en soit exenipte. L'existence i'un gaz me'ta/Hqr/e- duns ratmosphere ne pa- roissoit point impossible ;i Lavoisier, alnsl qn'il le (lit lonnel- Icment dans ses Elemens de cliiinie ( t. i-, p. 255. ) k roccasion de I'acide inarin , oil de Cf'debres cbimistes ont soup^onne tin principe melallique ; et je feral ici un rapprochement de fajts qui semblent prouver en mSrae temps, et la presence itniver- sello d'un fluide metaHlfere , et son iniluence sur la formation de I'acide muriati(|ue. J'ai dit {|ue I'cau de la mer devcnoit d'autant plus salee , qu'on approchoit davantage de I'equateur (i). Voici , d'apres Inghen-Housz , la progression de la salure des eanx de I'ocean : les mers du nord condennent -'- de leur poids de scl marin ; la mer d'Ailemagne ~ ; la mer d'Espagne -'- ; et Tocean des tropiques depuis -'- jusqu'i j {^exp.surlesveget. p. 284.) Or j'observe en meme temps , que c'est precisement dans un sens inverse que se fait ['augmentation des metaux. Entre les troplques , les substances metalliques sont varices, et il y en a ( 1 ) C'esl un fait que vient encore de reconnoitre M. Humboldt, dans sa tra- ver&ce a Ciim-tni.; et ion obser\ alion presente meme une circonslance reniarqua- ble; c'esl qu'il a trouve une brusque diminulion dans la saluro de Toeean a la hauleur de 18" de lalilude boreale, precisement a I'instant oil eon vaisseau pas- soit dans le voisinage des ilcs du Cap Verd , qui sont remplies de volcans. Des qu'il a depasse ce point, la salure de I'ocean a cunlinue d'acquerir une augmen- tation progressive. Je crois pouvoir aitribuer cello anomalie au voisinage des vo'.rans qui ab orboidnt une grande partie du sel marin. Je dirai la meme chose a I'occasion de I'eau de la mer analysee par Bergman : clie avoil ele prise aux Canaries a 5oo pleds de profondeur , et il a trouve qu'ello ne conknoit que -^ de son poids de muriate de sou le. Cela nc me_paroit point etonnant; celte eau baiguoit le pied du pic de Tencrifle, I'un des plus puissaus volcans de la terre. • K k 2 -ib'o JOUR^iAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE cle precieuses ; niais en total, leur masse est peu considerable j et J dans le langage de la nature , pour (|\u I'or et le f'cr sont egaux, on pent dire que la zone torride est aussi pauvre-en. nu'taux , que les regions polaires r.ont pauvres en sel uiarin ; inais, ii niesnre qn'on s'eloigiie de I'equateur , les niatieres me- talliques angiuentent en niat,se : tout comme en s'eloignant des poles , le sel niai'in anginente en abondance. I! sembleroit done (|ue, conformernent au soupcon de qiielques cliimistes , le principe metallisant entre dans la composition de I'acide mnriatique. Pr^s de i'equateur , ce prini.ipe concouit a forujcr btauconp de se! marin , et uiie petite masse de inetaux. Vers le nord au contraire , il formeroit pou de stl dans la mer , mais il satuieroit de fur , des chaines entieres de montagnes. La grande affinite de I'oxigeiie pour le radical de i'acide marin seadjle coufirmer ^a nature inetalli(|ue ; et les experiences de Proust qui trouve toujours un gaz mercuriel dans le muriate de sonde , sont une preuve de plus. Ces fails annoncent que la nature a prJs les moyens les pins efficaccs pour fixer I'oxigene a la bouclie des volcans , sous la forme terreuse que lui donnent toujours les substances me- talliques. II me reste a parler de cette singuliere esp^ce de volcans appelles volcans vaseux ou volcans d'air et de boue. Leurs plieuomenes ont les memes causes que ceux des volcans igni- vonics J mais elles v sont moins developpees ; ce ne sont en quelque sorte , que des embrions de volcans. lis n'en sont que plus instructifs pour i'oliservateur ; car, ainsi que les ebauches d'un artiste nous font connoitre quel est son genie, de meme les ebauches de 1^ nature peuvent, par fois , nous apprendre quelle est sa marche. Ces phenomeiies sontassez frequens -. Spallanzani a decritceux de Modene connns sous le noin de Salses : Pallas a observe ceux de Crimee, et le C. Dolomieu ceux de Macaluba, pres d'Agri- gente en Sicile. Voici ce qu'en ditcet excellent oi)servateur : « Le sol de tout le pays est calcaire ; 11 est rec'ouvert de montagnes d'une argile grise et ductile qui contient assez sou- rent un noyau gypseux. Le ha'^ard a place au milieu de celle de ISIacaluba une source d'eau salee; elles sont en tres-grand noinbre dans un pays ou les mines de sel gemme sont tres- communes. {Nota. Sans la presence de tout ce sel marin, le plienomeneque va decrire le C. Dolomieu n'existeroit pas. ) Cette inouiagne a base circulaire peut avoir i5o pieds d'eleyation . . . E T D' H I S T O I R E N A T U R E I. L E. afii Elle est teriiiiiiee par line plaine uii pen convexe , qui a un deinl-iuille de contour. . . On y voit un grand noinbre de cones tronquis : ils portent k leur somniet de petits crateres en forme d'entonnoirs. . . Le sol sur leqnel ils reposent est une argile grise dessechee. . . qui recouvre un vaste et immense goufire de boue. . .11 s'cleve a chaque instant , du fond de I'entonnoir , une argile grise delayee , a surface convexe. . .Cette buUe , en crevaiit avec biult, rcjeite liors du cratere I'argile qui couie, a Ja ma- niere des laves j sur les llanos du monllcule j I'iiitcnnitience est de 2 ou 3 minutes. « Je trouvai , ajoute le citoyen Doloniieu , sur la surface de q>ielqiies-unes de ces cavites, une pellicule d'huile bitumhieiise , d'une odeur assez tbrte , que Ton confbnd souvcnt avec celle du soufre. . . Cette inontagne a ses inomens de grande fenncn- tation , oil eile presente des plienoinenes. . . qui resseniblent a ceux qui annonctnt les eruptions dans les volcausordinaires : on eprouve, k une distance de deux ou trois milles , des secousses de tremblemens de terre , souvent tres - violens. . . II y a des eruptions. . . qui eleventperpendicidaireiuent , quelquefois k plus de 200 picds une gcrbe. . . d'argile detrempee. . . Ces explosions se repetent trois ou quatre fois dans les vingt-quatre ,]ieurcs. . . ; elles sont accompagnees d'une odeur fetide de foie de soufre. . . , et quelquefois , dit-on , de fumee. . . « Mais, ajoute le citoyen Dolomieu , je reconnus que le feu. . . ne produisoit aucun des phenomenes de cette inontagne; et que si, dans quelques eruptions, il y a eu fumee etchaleur, ces cir- constances nesont qu'accessoires. . . Dans les environs. . . il y a plusieurs monticules oil Ton voit les memes eftets , mais en pe- tit. . . ; on les nomme Macalube'.tes (Lipari , p. i53 a i68^. » D'apres ces observations du citoyen Dolomieu , on volt qu'il y a la une grande abondunce de sel marin ; qu'il y a du petrolc , du gaz hydrogene sulfure, et beaucoup de matieres terreuses vomies. Mais ces matieres sont en quelque sorte indigc&tes; il leur manque en grande partie , I'agent le plus actll des volcaiis, le fluide electrique, dont les couches calcaires sont de mauvais conducteurs. Les phenomenes des volcans vaseux de la Crimee et des Salses de Modene , sont^ de tout point semhlables il ceux de Itlacahtba, Mais ce qu'il est.important sur-tout de remarqucr , c'est que les circonstances iocaks y sont exactement les memes : par tout le sol est calcaire; par-tout le sel marin tr^s-abondant ; par tout il y a du petrole et de I'liydrogene sulfure ; par tout enfm , la 262 JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C HIM IE teire vdniie estuiie argile grise-bleuatre, oil Spallanzaiii a trouve les ineines elemens f[ue Bergman a trouves dans le basalte : bcau- coiip de silice ; de raluinine , de la cliaux , de I'oxide de fer , etxm pen de n]aonesic : et Ton sent aisenient que I'idenrite de composition de ccs deux sid)stances , n'est pas un elf'ot du liasard. Les volcans vaseux de iSIacaluha sont fort anciens : Strabon et Solin en parlent , mais le passage de Solin m'a singulierement ■froppe. c. La campagne d'Agrigente, ditil , vomit des torrens de liinon ; et , tout ainsi que les eaux dcs f'ontaines ne cessent d'alnnenter les ruisseanx, de merae ici iin sol inepuisable tire eteinellement de son sein une matiere terreuse qui ne tarlt ja- mais. ■>•> jlgei- agrigeritluus eructat I'unosas scaturigines ; et , ut venae fontium siiffic'iunt rUis subministrandis , ita , in hdc Siciliae parte , solo ■ nunquam dejiclcjite , aeternd rejectione , terrain terra evornit. Solin a qui celte comparaison dtoit inspiree par la force de I'eviilence , etoit loin d'en sentir I'admirable justesse. II ne pou- voit pas se douter que ces ejections terreuses fussent fonnees de toutes pieces , par une operation chiinique parlaitenient sem- blabie h. celle qui produit cette portion de I'eau des riiisseaux qui est fournie par les pluies electriques ; car crtte eau a ete sul)itement formee d'hytlrogene et d'oxygene ; mais- ici, au lieu d'liydrogene il s'est presente a I'oxygene une autre base, (telle que le principe nietallique qui paroit contenu dans I'acide ma- rin ), et au lieu de former de I'eau , roxygene a forme uUe subs- tance tc-rrense. Les montagnes d'arglle qui couvrent tout le pays, snivant I'observation du citoyen Doloniieu , sont evidemnient le produit de ces eternelles ejections Aont parle Solin ; et je demande d'oii I'on voudroit que fussent ^enus les materiaux de ces montagnes, si Ton rejette I'origine que je lenr attriiiue. Laterre nui a ete observee par M. Humboldt, dans I'eau des pluies electriques , et qiu est , ainsi que cette eau meme , nn pro- duit chimique , donne lieu d'esperer que la chimie etla physique parviendront a /17//C de la terre , de tovites pieces, comme elles sont parvenues a composer de I'eau. L'un sera aussi merveilleux que I'autre, mais assurement ne le sera pas davantage. Quand on compare ces volcans, habituellenient vaseux , ices Eruptions boueuses qui ont lieu quelquefois dans les volcans ordinaires , comme on le voit au Vesuve, et comme on vicnc E T E' II I S T O I R E N A T U R E L L E. a63 cle le voir au I'eion , d'apres le rapport de Cavaiiilles , on re- connoJt que c'cst un memo efl'et du aux nieincs cavises; dans I'un et I'autre cas le fluide elcclrique s'est trouvo en propoitiou trop foible avec les autrcs gaz , pour tout enllammcr, et pour donner aux ejeciions une consistance plus solide. Le contraire arrive dans les lies de la zone torride ; tons leurs volcans rejettent des matieres vitrifiees , et notainment une im- mense quantitede picrres ponces qui couvrcnt quelquefois I'ocean dans nn espace de plusieiirs cpntaines de lieue;. : phenoiuene qui est dij a I'abondance du iluide electrique qui luur est conti- nuellement fourni par les trombes si frequentes dajis ces para- ges. J'observe en meme temps que ces ejections ne contiennent presqile point de ler ^ par une suite de la cause gencralc qui fait disparoitre ce metal dans le voisinage de I'equateur. C'est aux eruptions vaseuses des volcans sous-marins , que me paroit due la fonuatioji des chaussees basaltiques , et de ces enor- mes couches de glaise grise-bleiiatre , on la silice , nuoique do- minante , est si intinrement coiidDinee , qu'elle n'ote rien a leur ductilite. Les basaltes contiennent les memes elemens que ces glaises ; ils sont comme elles sans melange de corps etrangers ; leur pate n'a point les souflures des laves ; il me seniijje done qu'on pent les regarder coifime un produit de la voie hurnide , et qu'il n'y a d'autre difference entre les chaussees basajtiques et les grandes couches de glaises , sinon que les unes saturees d'acidecarbonique , ont e|)rouve une cristallisation plus ou moins confuse qui ieur a donne de la solidite; (car comme I'obscrvc un celebre chimiste , il v a toujours cristallisation quand nu corps passe de I'etat lluIJe a I'ctat concret. ) D'autres ejections privees de ce gaz carbonique, sont demeurees dans leur etat de molesse, et forment les couches de glaise. L'identite de ces deux substan- ces est prouvee par la decomposition des basaltes qui se conver- tissent en argile par la seule desunion de leurs parties. Ce fait a ete remartjue par tons les observateurs ; et le cito-yen Fanjas a si bien reconnu l'identite des argiles et des ejections volcani- ques , (ju'il dit formelleinent : « Je suis convaincu que bitn des matieresqu'on a prists pour des argiles naturelles. . . , ne sont qtie de veritables productions volcaniques , alterees ou decom- posees ( Vivarais , p. 192). » Cela est parfaitcment exact, sur - tout a I'egard des petites couches d'argile plus ou moins melees de matieres etrangeres; mais les grandes couches dont I'epaissenr est enorme et I'homo- geneite parfaite , il me sendale qu'tlles ont du 6tre immediate- aC^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE iiieiit vomit;s lejles (ju'elles simt : si elles etuient le [iruduit d'unc decoiapositiou lento cC graduee , il seroit bicn extraordinaire (ju'on n'y trouvdt pas uii seul grain de sable etranger. AprL'S avoir parle des volcaiis vaseux , je dois faire mention d'un autre phenomena curieux , decrit par le citoyen Lalande , dans son Voyage d'lialie {-torn. 2, in-\!>'>. p. i36). Ce phenoinene est d'autant p.us interessaut, qu'il fait en qutlque sorte , la contre-partie des volcaris vaseux. Cc sont ks feux de Fietra ^1/rt/rt , dans I'Appennin. « Le phis beau spectacle , dit le citoyen Lalande , que la phy- sique oH're dans ces montagnes , est le feu de Pietra Mala. . . Le terrein d'ou cette £amine s'exhale, a io ou 12 pieds en tout sens ; il est sur le penchant d'nne montagne a mi- cote. . .'Cette flaninie est bleue en certains endrolts , rouge dans d'autres... L'odeur de cette flamme sembloit tenir un peu du soutre , ou plutot de rhuile de petrole. . . Madame Laura Bassi me disoit qu'elle y trouvoit une odeur approchant de celle qu'on apper- coit dans les experiences d'elcctricite. 11 est vrai , ajoute le cit. Lalande , que quand le temps est dispose au tonnerre , la flamme de Vu'tra Mala redouble de vivacite, ce qui sembleroit indi- quer quelque rapport avec le feu electriqne. « Nous voili done assures, d'apres cette observation precise du citoyen Lalande, que c'est sur- tout au fluide electriqne qu'est du le phenomene de Pietra JMala. 11 est vrai que Spalianzani y a truuve l'odeur du gaz hydrogene ; Ferber , I'odt-ur du petrole, et Dietrich , l'odeur de I'acide muriaiique ; mais tons ces obser- ■yateurs out egalement raison , car ces divers lluides concourtnt tons en elfct , a la formation de ces feux , et ils peuvent y do- niiner alternativement. Neanmoins le fluide ekctrique est I'agent principal : I'obscrvation faite par le ciioyen Lalande, que ces feux angnientent dans les temps orageux , ne laisse aucun doute i cct egard ; et comiue alors il y a des averses, la decomposi- tion de I'eau est plus consideraljle , en meme temps c|ue le fluide electriqne est plus abondant;et ces deux circonstances concou- rent a I'augmentation des feux. ■ L'acide muriatique se trouve bien certaineit^ent k Pietra Mala, car Dietrich , dans ses notes sur Ferber, dit qn'il en a retire par la distUlation de la terra argileuse sur la([iielle paroissent les flammes ; mais il n'y est qu'en petite quantite , et il paroit qu'il lui fautj comme a I'acide nitrique, une terra alkaline pour excipieut. A Macaluba , au contraire , ain«i qu'aux Salses de Mod^ne et de E T D ' II I S T O I R E N A T U K E L L E. ifJ.'i et tie Crimee , ou le sol est tout calcaire , Ics slIs ir.uriatiqucs sont tres-abondaiis ; tandis <|ue le lluide clectriqite, pen attire i)ar des couclies calcaircs depourvues do inetaux , n'y joue fju'un oible role. Voila pourtjuoi Pirtra j)la/a , pauvre en oxigene, mais abondant en lluide electriqiie, n'a que des leux et point d'ejections terreuses ; et fjue les Sa/ses, riches en oxygene, mais panvres jn fluide electriijue , n'out que des ejection^ terreuses et prcsque point de feiix. On pourroit dire que Pietra j\lala a I'ame d"un volcan , et que JMacaluha et les Sa/ses n'en out que le corjis : leur reunion Ibrmeroit un volcan ordinaire. Si, par malheur, qnelqn'evenement venoit a fracturer les conches calcaires de Macaluba , et a donner ainsi au fluide t'lectriqne un acces inimediHt aux schistes f'erru"ineux qui leur scrventde base , il me paroit probable qu'il s'v eiabliroit un vol- can igiiivome. Par une raison contraire, Ton parvicndroit peut-etre a faire cesser, oa du moins a ditninuer considerableinent les funestes clfcts des volcans, si Ton pouvoiten ecarter le lluide electrique , par de puissans conducteurs prolonges a de grandes distances ; ou bien interdire , par des Jetees de Pouzzolane , rinfiltratlon de I'eau de la iner dans les couches scliisteuses qui sont a leur base 5 ce qui ne seroit peut-etre pas impossible, sur-t-out quand la place ou se fait cette infiltration est indiquee d'une nianiere precise , cnmme elle Test au pied du Vesuve , par le petrole qui s'eleve^ du iond de la mer , pres du fort de Pietra-Bianca (1). J'observerai en passant , que c'est ce petrole , sans cesse forme (1 ) Breislak , qui cit d'ailleurs un tres-liabile observaletir, suppose que ce Petrole vicnt d'uii immense reservoir de bilumo place sous le Vesuve , et qui fournit ralimeiit a ses leux; mais des entrepreneurs qui feroient des rouilles pour exlraire ce bilume , a coup sur ne seroient pas plus haureux que ceux qui, an commencement de ce siecle, firent des Iravaux immenses pour trouver les bancs de selgemme qui, suivant eux , deroit nlimenter les sources salees de Bex era Suisse. Tous leurs Iravaux n'sboutirenf qu'a trouver un rocher de gypse. En lisant, I'histoire de ces travaux , il me sembloit voir ceux d'un homuie qui clierche- roit un mairasin de goudron sous une Toret de pius , ou une source de limonade au pied d'un citronier. Dans tous ces cas, on devroit sc rappeler rallegovie ile la poule aux ojufs d'or : c'est par I'effet d'unc circulation continuelle de divers fluides , et par le jeu des allractions eleclives que se forineni journellemvnt , dans le sein de la lerre, les substances qui en sorlent et celles qui y demeurent ensevelics. Tome ril. GERMINAL an 8. L 1 2Cr, JOURNAL DE PHYSTIQUE, 1) E C HIM IE a la Ijase sous-ii.ariiic des volcans, qui ilomie raineituiiie aiix e:iux (le la iner. Le petiole (jiie foiiniissent les volcans etcints ^ Ubt I'ef'ttt continue des nieuies causes qui proJuiseiit celui des volcans brulans. , Jo ne m't'tendr.ai pas sur les tremblemons de terre; il me sem- ble fiicile do concevoir l\^^c les tluides acrifoinies tloiit j'ai parle ft (]ui reniplissent les iiuersilces des feuillets schi;sti"jx (jul s'e- tcntlciit , (]uel(|iief'ois sans interruption, a des distinc;es cnsi- deialiles , vcnant a s'enflainnicr , [)ar les detonnations electj'i^|nes qui se coninmniquent de proche en proche, avec la rapidite de I'cclair, doiveiit donner a ces couclies pierreuses des commotions presque simultanees dans des lieux in^me fort eloignes. RESUME, Tous les volcans en activite , satis ex ce]>tion , sent baiones par lamer,, et ne se tronvent que dans les parages ou le sel marin est le plus a bond ant. Les volcans de la mediterranee absorbent cclui que les eanx de I'ocean y apportent sans cesse , jiar Ic detioit de Gibraltar. Les coLiclies schisteuses primitives sont le laljoratoire ou se pi-eparent les maieriaux vo!cani([ucs , par une ciiculation con- tinuelle de divers fluides ; mais ces couches elles-memes ne four- nissent rlen de leur propre substance. La spliere d'activite des volcans pent s'etendre an loin dang, ces couches; mais ils n'ont d'autre foyer que les sonpiraux par ou s'echappent les gaz, dont une partie se dissipe dans I'atmos- pliere , et I'autre devient concrete par la fixation de I'oxigene. I.,a concretion de ces fluides est analogue a la concretion des matieres primitives du globe , stiivant la theorie du citoyen La- place , et les attractions elcctives y determinent de meme la formation des cristanx pierreux. Jjfs paroxisines volcanioiios sont prnportionnes pour la force et la duree, a I'etendue dts couches srhisteuscs oii sesoutaccu- :nules les fluides volcaniques. Ces fluides sont, 1". h^acfcte muriatiqtie (^x\i enleve I'oxygene aux oxides metal- liques des schistes , ettlevient acide muiiatiqiie oxygene. 20. Uoxygene de ratinosphere qui remphice continuuUement dans les metaux celui qui leur est enleve par I'aLide muriatiqne. 1''°. Le gaz carboni que nic origine , ([u'ils ne soient les nieines matiercs ou ele- mens granitiquGS ou vitreux, mais disperses et pele-niele ; soit parce que la petrification des granits, gneis, etc. , etoit restce iiiille ou imparfaile , soit parce qu'elle lut brisee et pulverises paries {lots qui stratifiereiit tons ces dobris , soit en galet, soic en sables qui se sont petrifies de nouveau. Eufinj ce sont , en plus giaiide partie , ces pierres fjue j'ai appelees molaccs , les- (]uelles 'ne so trouvcnt jamais que dans un pays granitique , et dont le principal eleinent est la dendre qui , avec ou sans quartz, a pu recevoir une petrification anssi forte que cello du'vrai giei a paver, quoi(pi'elle ne soit oidinaireincnt qn'une pierre de taille , fjuclipief'uis ineme trcs-tcndre , inais toujours ties-refrac- taire , comine vous le reuiarquez bien , et comme doit etre la ccndrc plus que toute autre terre ; j'oserois m^ine dire , exclu ■ sivement, tant par elle-ni6ine, que par ses emanations. Tout cela nous conduit a une remarque tres-importante en elle-meme, et en ce c[u'clle devient la demonstration de m;s livpotlieses : c'est que le calcaire vierge, cette terre qu'on pent ajipeler, selon moi, la terre universelle, ne se retrouve plus datis ce pays-ci , pour y avoir ete , soit totalement ddtruit par le feu , soit au moins denature et rendu meconnoissable , en prenant toutes les formes , apparences et qualites des schistes ou bitu- miiieux, ou ardoiseux, oti quartzeux , etc. Car si vons le voyez, .si vous le citez encore qncbpie ])art, ce n'est que comme rnarbre Vcine ct colorcj.or pareil calcaire ne peut elre lui-meme qu'un E T T">' - 1 s T O I R E N A T I? R E L L E. S71 Scliist'^ li ai.is.si perdu, son liorisoiitalite piiinitivc , et piiisijiv . irouve itioiiis [".erverti cjr.e dans (|u:iiiiite ti'aii- tres sc'cii.st^-s , nu/iris- pencitre d'infiltiatioTis et mixtions etranj^e- res, il I'ftst encore asicz pocr qu'il vous ait jiaru char^o d'alu- mine et de rnagnesie, jiisqu'au point melne tie n'etre plus tal- cinalile. Ce fait et cet argnrlaent me serrdjient docisii's. D'apres toutes ces oljservations , voiis jugez bien qii'il y au- roit dt> grands cliangemens a faiie dans le sysietae cliruiiologi jne qni termine votic taljleau , et (pi'cn snpposant se|it cpoqnes pmu- la formation dts difierentes especes de pierrrs que vous distin- gue^ ici , il faudroit que cet ordre de succession fut prcsqn'cn- tierement renverse. Il n'y a (pie les gr^s quartzeux. et autres qui soient censes etre bien places a la dernicre epoqne ; car on no pent voir dans tons que les deljris de terres et de pierrcs , qui eloient deja delruites et disst'niinees , lorsqu'elles fiircnt roa- gregr'es coinme nous les voyons; les tmes a I'etat d'arrenace y^r les eaux courantes qui les out stratifiees en grandes couches pa- ralleles , les autres k I'etat de jetrsse , par les vents ^ les iiicen- dies , les ernptions , enfln par tout autre agent ou vebicule que I'eau; et d'ou par consequent il n'a pu resulter que des petrifi- cations en blocs ou en roches isolees , ou en grandes masses concretes, toutes sans aucun signe de couches ou de deliis. Or, conune ces dernicres canses et ces derniers caracteres ap- partiennent at^ vrai granit , et le rangent necessairement dans la classe des gres jetisses ou en roches, Ton devroit done lo renvoyer aussi ;\ la scpti^me et derniere epoque , si d'ailleurs on ne savoit pas que les jetisses ^ et n;eine les arrenaces peuvent dater de tons les ages postciieurs a retablissemcnt d'une pre- miere terre , ptiisqu'ils I'ont remplacee plutut ou yilus tard , et qu'ils peuvent etre sa premiere , deusieme ou troisieine con- V ersion . Mais, quand meirte 11 fandroit lalsser a A'otre granit et a ses analogues , la primordialite absulue que vous luiassigncz ,(bicii moins sans doute ]iar conviction que par deleieiice a un dogme q^ie vous trouvez generalement corisacre, ct que je tiens pour superstitieux), je ne poarrois jamais placer les houilles et bitii- nies immddiatement apr^s Uii, dans la seconde epoque ; puisque je ne peux les voir quo comineun residu (juelconcpie desctres or- ganises, lesquels eux-memes ne peuvent avoir ete qu'uiio pro- tliiction du calcaire ; et puiscpie vous ne faites paroitrc celui- ci qu'a la ciiiquietne ou sixieme epoque, mSme bien apres les schistes et ardoises. 27i JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Ce dernier anachronisme est celui qu'il importe le plus de rclever, car il paroit avoir etc la cause de tous les aiitros , et de toutGS les fausses theories de la terre qui ont pai'u jusfju'a. present. La raison et ranaiooie medisoieiit deja que les schistes ne sont ]5oint anterieurs an calcaire , lorsque I'experience ra'a dcmoiitre qu'on lie pourroit tout au plus que les dire contempo- roius : car, parcxeinple, dans le Bouloniiois j'ai atteiitivemcnt observe des schistes niarbreux et houilleux; dans les Alj)es , pres les mines d'AUcmont, j'ai suivi egaleinent certains gneis ou schistes quartzeux, micaces , et nieme tres-inetalliqucs ; la^ jeme suis bien assure tjue le nicine filon et la ineine couche, e}i se prolongeant dans la meme direction ou contipuite, perdent peu- a-pou , quelquefois lueine assez bnistjuement , et leur grande in- clinaison, ct leurs coulcurs et qualiLes luinerales; jus(ju'a n'etre plus qu'un maibre , puis enhn un calcaire blauc et horisontal , c'est-h-dire , la craie piu-e qui (remarquons-le bien) n'est jamais inclinee ni coloree. La nieme observation a ete faite depuis par d'habiles inineralogistes .ciui I'ont aussi annoncee conime tres- importante; niais les gcologucs paroissent n'y avoir pas fait assez d'atlention (i). Car d'apres cela , cette pretendue ante?^orite des schistes sur le calcaire, nc pouvant s'appliqucr au premier etabJissement de leurs masses qui fut commuii ou sinuillane, ne pourroit done plus s'entendre que du temps ou ils furent distingues par une mineralisation dillereiite. II faudroit done dire qu'ils etoient tous schistes, mais que par des causes ou circonstances ulterieu- res , ils ont pu devenir calcaires en se depouillant, les uns de I'argile ovi du bitume ; les autres, du mica, du quartz , etc. , tous en redressant leur inclinaison ! !! Mais autant cela est ab- suide et impossible , autant sans doute vous trouverez naturel et vraisemblable de conclure tout le contraire, en disant avec mot (pi'ils etoient tous le calcaire pur ou originel , et que tous le seroiont encore aujourd'hui , si plusieurs masses n'avoient pas souff'ert de grands bouiverscmens et delitemens ; si ensuite , et peut etre aussitot, elles n'eussent pas ete inondees par quantite de sels liquides et etrangers qui, les trouvantdans cette nouvelle posture , avec leurs couches dressees debout , et leurs tranches (i) Cependaiit c'est un fait que vous-mtime semblcz reconnoitre et allesterj pngcs aSi— a85 dc voire Mdmoiie. toutes E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. uf6 tontes beantes, les out infiltrees puis iiiiii(5iali^e^'S, a toute pro- fondeur et de toiitcs inanieres possibles ; ejilin, que tons ces nouveaux sels ne passent pour y etre originels et ideiitiques, que parce qu'il n'est pas en notre j)ouvoir de lessen extraire sans de- triiire entierenient le compose. Et ce qui est deja si vraiseniblaljle iie vous parcltra-t-il p.!s evident? si d'ailleurs , il est prouve que les grands et terribles plienoni^nes qui seuh auroient pa causer cles eff'ets et creer des substances aussi eiranges a. I'ordre et a I'etat priinitif^ out reelleinent existe ; qu'ils ont agi (^a et Ik en temps et lieux ditfe- rens , quel |uefois avec tant de force et de furic ^ que leurs la- vages y sont encore aitestes par nonibre d'autres faits ou teraoins irrecusables et independans de ceux qu'on vicnt de voir. Or, c'e.it ce que je crois avoir mis liors de doute , paries details justifica- tifs de raon systeme general de geologic, sur Jesquels j'ose ap- peler toute votre attention ^ avant de juger la valeur de toutcs les reflexions ci-dessus. J'ose meme en appeler aussi aux nonibreuses et excellentes observations inineralogiques que vous avez f'aites sur d'autres pays graniteux , notaniment sur le pic du Midi^ Icsquellcs (ainsi que celles publiees par DolomieUj sur les Alpes et les Vosges; par Rainond et Lapeyrouse ^ sur le Mont-Perdu et autres cinies des Pyrenees) parolssent etre autant de preuves ou d'argumcns en ma faveur. Je vous laisse a en faire I'application , tant aux deux premieres hypotbeses des antiques incendies et tremble- inens de terre que je viens d'etablir , qu'a un autre phenomerie qui est encore une des bases essentielles et distinctives de mon svsteme ; je veux dire vine debacle de la mer universelle lors- qu'elle couvtoit encore la totalite ou grandepartie des plus liauts continens : autre catastrophe incontestable qui achevera de vous donner la cause ou I'explication des plus grands fails naturels, et meme de toute la geographic physique. En cffet , ce fut un torrent subit et furieux qui , entrainant au- tant de terre que d'eau , a tellement sillonne, ravine et isole les hautes montagnes, que restaut sans appui et toutes trenipees , lorsque leur poids se trouvoit encore double par la scule emer- sion , elles or.t iiecessairement f'arde et ponsse au vide, eboule ou glisse en ilescendant ilu iiaut de la chaiiie dans la gorge la plus creuse ou la plaine la plus basse : c'est bien aussi ce que vous y avez observe; mais vous le voyez et I'exprimez d'une nianiere fort difFerente , lorspi'avec Sausstire et presrpae tons les geologues modernes , vous dites aa contiaire, que ces couches Tome VII. GERMINAL au 8. M m •jy^ JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE se relev'Gnt , et qu'cllcs teiulent systematiqnement du bas vers. ]e centre de la chalne. Voiia done de grands et nouveaux cul- biitis cjni, dans les masses dcja boulversees par les trembleaiens, sans doute ineiue dc,ja mineral isees en p;irtie par les prodiiits du fen, ont tellcment agrave et CMinpli{jne les premieres inclinaisons vX courbures , qa'il en est rcsii'.to tous les accidens que vous re- u:arqucz , entre autres ces piis et replis si e'tonnans entre qr.el- (|ues couches qui se pressoient et se froissoi^nt mutuellenient , mais dont la force , la durete et l.i ]>esanteur etoicnt alors fort inegales. Ce torrent, tontefois , nc iut que mouientane, et ces- sant bientAtde crenser;, arracher eLemportcr, finit par rrstitucr toutes ces especes diiferentes de depots arienaces, c'est-a-dire ,. confondus on alternant, tant entre eux que dans leurs couches, tels que vous les avez vus stratUids jiresque liorisontalement sur les masses qui lui avoient resiste , ct indistinctement sur celles qui soiit on de calcaire natif ., ou de schiste fort incline, ou nienie de granit, de gneisj de trapp , etc. : noiiveau problenie ou vienncnt echouer aussi toules les autres theories. Enfin , c'est encore a vos gi aiides connoissances en physique et en chiinie que j^e veux en appeler sur la nature et I'origine \ 176 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI M IE antres le sel ijuartz qui a aiissl. conle et penetre^daus ies inSines ou dans d'autres scliLstes , mais moins loin et inoiiis protunde- inent, parce qu'il ne pouvoit Stre ni aussi chaud, iii aussi fliiide que ic-s liuiles I'a voiiiit ete. Demon cole, je coiiviens qu'aujourd'hiii le plus habile ob- servaitur ne ])Ouiioit verifier ces fairs , ni peut-etre meine croire a leur possibilite, s'il ne se ligure pas a quel point , dcpuis ce temps, la foraie et I'etat des lieux out pu etre changes par les ravages d'un torrent qui , apres avoir dechire, separe , et les graiiits vrais ou faux, et les schistes quartzevx ou biruiuineux^ a fini par les remplacer ou les replatrer , en reconiblaut une partie des fosses et vallees qu'il veaoit d'y creuser ; de sorte que non-seuleiiient quantile de ces ujasses n'existent plus in- termediairement , pour avoir ete detruitcs de fond en comble, mais que grand nonibre d'autres qui ne sont qu'eventrees ou mutllees , dctruisent egalement toute apparence de continuite et de relation, parce qu'elles restent ignorecs sous les nouveaus atterissemeris qui les cachent. Coinme ce dernier fait n'a point echappe a votre vue pernante, il devroit, ce me semble,^vous f'aire entrevoir et conclure tous les autres faitsqui, au surplus , ont tellenient frappe mcs sens et ma raison , que je les tiens pour evidcns , tout inouis qu'ils sont, tout incroyables qu'ils puissent paroitre. ET p'HISTOIRE NATURELLE. 277 L E T T Pl E S StJR LES GRANDS HIVERS, ADRESS^ES Au Citoyen Cotte, I'un des Conservateurs de la Bibliotheque nationale du Pantheon , etc. , Par Jean-Hekri van Svyinuen, Professeur h. Amsterdam. L E T T R E T". Sur les rudes Jiivers en general , et celui de 1709 en particiilier. L'hiver dernier, aussi remarquable par I'lntensite du frold que par sa duree et ses reprises, menie encore au printemps , a fait souvent la matiere de nos conversations pendant que j'etois a Paris. Vo us savcz , mon respectable ami, que j'ai re- grette alors plus d'une fois de n'etre pas a meme de considter le recueil que j'avois fait sur cette matiere , il y a phis de vingt ans , \ I'occasion du froid rigoureux de 1776 ; recueil qui contient le resume et la discussion de toutes les observa- tions thermometriques que j'avois pn me procurer sur les rudes liiversdece siecle, et des differentes observations physiques qu'oii a faires pendant leur cours. \'ous avez desire que je reprenne ce recueil, et que je tiie ces observations du long oubli , an- 27** JOrjRNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIF. quel je paruissois les avoir condainriees , regrettant que le fruit cle tant de recherches restat sans utilite, ou que mSine il piit so perdre par la suite des tcinjis : vous savez de quel poiJs sont clicz nioi vos couseils et vos exhortations , et coini)ien je suis eiiiprcsEu h. satisfaire, autaiit qu'il est en inon pouvoir , a tout ce que vous desirez : c'est bien le nioins que je puisse faire pour vous teiiioigner ma reconnoissance de I'ainitie que vous avez jiour moi depuis tant d'annees, et dent vous in'avez donne des preuves si satisfaisantes j si mnltipliees et si cheres k inon cceur pendant mon sejour a Paris. Je vous enverrai done snccessivenient ccs observations, et je vous laisse le inaitre d'en i'airc tel uf-age que vous jugercz couvenable, et d'y ajouter tout ce que vous croirez propre a en auguienterl'utilite. Mais en revoyant mon nianuscrit^ que je n'avois pas pris en. mains depuis plus de vingt ans qu'il est compose, j'ai senti plus ([ue jamais comljien cette tache de donnerune liistoire des rudes Livers est difficile. L'expression meme A'hiver rude est bien vague, et ne sauroit ne pas I'etre ; tel hiver merite de porter ce nom par le degre excessif de froid qu'on ressent, ou que le therniometre indique : tel autre le merite encore, quoique le I'roid soit moins vif , par la longue duree de celui-ci : un troi- sieme par les funestes effets qu'il produit sur les vegetaux , et sur tout ce qui ticnt a I'agriculture ; efi'ets qni dependent sou- ven t beauroup plus de caiisesconconiittantes que de I'aprete m^me de la gelee. 11 faut enfin faire attention au climat , et ne pas juger imiquement par les effets , mais par ce qu'ils peuvent avoir de reraarquable ou d'insolite. Un froid qui geleroit nos rivieres de nianiere a permcttre de se servir dela glace coniine d'un grand cheuiin , et qui les conserveroit dans cet etat , sept ou liult seniaines de suite , seroit assurement un froid rare ; mais il ne Test pas a Petersbourg : I'etoit-il dans ce pays, en 'Ailemagne, dans les Gaules , il y a quelques siecles? car on salt que les cliinats des pays que nous venons de nommer , ainsi ([ue celu! de I'ltalie, se sont beaucoup adoucis. On a public des recherches intercssantes. sur ce sujet dans les premiers volumes du Journal de physique ; et je rrgrette qu'on ne les ait pas contiuu(ies : ce seroit, mon respectable ami, un travail digne de vous. Vous troviverez , et dans la bibliotheque confiee a vos soins, et dans les autres bibliotheqnes de Paris, tout ce qu'il faridia de materiaiix ; et I'habitude ou vous etes de discuter les oJiscrvations de physique avec soin , jointe ;"l votre patience cl u votre sagacite^ sont de surs £arans de I'cxactitude de votre ET D'HISTOIRE NATURELLE. 273 travail. Quancl je lis par exemple dans I'histoire ( 1 ) que , lorsque, sousle regne de Diocfetien , Constance Clilore , depuis euiperenr , faisoit la guerre aux nations germaniqnes , une quantltti im- mense de Gerinains passant le Rliin glace penetre dans I'ile des Bataves , je ne serois pas parte de placer par cette seule raisort I'hiver de cette annee-la au rang des rudes hivers , parce que le climat de \a. Batavle et de la Germanie etoitalors bien dif- ferent de ce qu'il est aujourd'hui. II faut enfin avoir egard aux circonstances locales , qui peiivent avoir change , ct rendent aujourd'hui tres-rares des elfets qui I'etoicut bien moins autre- fois, et qui pouvoient avoir lipu alors par un degn; de I'roid Lien plus foible qu'ils ne le peuvent aujourd'hui. II faut ac- tuellement un froid rigoureux , d'assez longue duree, accoui- pagne du concours de quelques circonstances , pour que le golie nomuie \e. Zuiderzee , en latin le lac Flaus , du nom d'une des bouches du Rhin, lequel se dechargeoit par-la. dans I'ocean , se gele de maniere k permettre qu'on le passe h. pieds , en traineau , ^ cheval , etc. Encore nelepasset-on actuellemenc qu€ 1^, ou il est le plus etrcit , des cotes do Frise aux environs de Stavoren, aux cotes de la Nord-HoUande ccnme a Enkhuxsen^ etc. Dans les siecles plus recules , il est souvent fait mention dans la description de la notice d'hivers rigoureux , qu'on I'a passe en entier; mais ce golfe etoit certainciuent bien plus petit j il s'est augmente peu a pen : la passe entre la Nord-Hollande et rile du Texcl n'existoit vraiseuiblablement pas avant le treizieme si^cle : les autres entre le TexeleX. le VUc , entre cette iie et la voisine , etc. ^toient alors bien moins considerables j elles se sent successivement elargies , ce qui , joint a I'agran- dissement du lac ou du golfe meine , rend les conimunications de celui-ci avec le grand ocean plus libre , sa congelation plus difjGcl-le , le passage sur la glace plus rare et plus hasardeux , etc. Voycz , je vous prie , corabien il y a de circonstances a peser avant qu'on pulsse prononcer; ce n'est pas enacctmiulam siin- plement les faits qu'on fait faire des progres a la pbvsiquej c'est en les discutant. La critique n'est pas moins necessaire en physique qu'en liiterature ; et peut-etre est-il plus c\ regretter qu'on ne pense ordinairement , que I'usage , et peut-etre meme ( 1 ) V. Hisloire des Empereurs romsiiDS , par Crei'ier , liv. XXVIII , loin. 3, pag. 261 , et en hollaadais , Vaderlundsche hi'iturie, torn. 1 , pag. aai. a8o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE \ esprit tie cette belle science ne soient plus gudre dans le goiit dii siecle, ; et cet ouhli a meme tine influence f'uneste sur des objcts bien autrement iinportans fjue celui que nous traitons dans ce moment. Eiifin iin liiver pexxt etre rude dans un pays , et ne pas I'etre dans d'autres ; et c'est sans doute a la reunion de toutes ces causes que je viens d'articuler , qu'on doit attribuer les dispa- rites qu'on trouve dans \es O-wtQurs , chroniqueurs , Justorlens , etc. qui , en recueillant des f'aits , out fait I'enuineration d'iilvers rudes. Le celebre Pingre a cru devoir pnblier dans les inein. de I'academie pour i7<5r) les observations (|ui ont ete faites sur ce sujet par Bouillaud : c\\q& ont pour objet les aniiees i655 a j656 , 1657 a 1 658 , 1662, k i663 J 1670 , 1676 a 1677. De toutes ces annees , je ne trouve marquees dans tin recueil hoUandais sur les rudes hivers , que les annees i655 et 1670 (1) ; il est dit de la premiere que le t'roid etoitsi vif, qu'a Wisinar on voyoit arriver des chariots charges et atteles de quatre chevaiix, de la distance de cinq ou six milles d'AUemagne , ce qui n"avoit ete vu de !)ien des annees; que dans le pays de Meklenbourg les puits etoient getes jusqu'au fond; et qu'en BoliSme le t'roidavoit ete tres-rigoureux , plusieurs personnes ayant ete trouvees gelees sar les grands chemins. M. Pingre a lait une remarque fort sage sur CCS SOI tes de faits ; il est dit dans le nieme recueil que I'hiver de 1670 fut tres rude par-tout; qu'on passoit le grand et le petit Belt a ])ied et en traineau sans ^ucun danger, et que meme il gela foitement en Italic. I.e citoyen Messier a egalement fait mention de qnelqiics rudes hivers daiis les raemoires de racademle pour ijjO; il ne cite de toutes les annees dont parle Bouillaud que la seiile atiiieo 1670; et en outre les annees 1392,1422, i458, 1468, 1594 > 1608 J 1684, 1690; detoutes ces annees , je ne trouve que la seule annee 1608 dans nos recueils hoUaudais. La gelee commcn^a en Hollande le 19 decembre 1607 et dura jusf[u'au 26 ; ello reprit le 1 Janvier 1608 et dura jusqu'au iS , ipi'll de- j^ehi pendant trois ou quatre jours ; eile reprit encore et dura tout le mois de fjvrier. Toutes les rivieres, rEscautmemej le golfe Zuiderzee , enun mot tout I'ut gele, et roii passoit toutes ces eaux a pied , i cbeval , en voituie. Je pense que les \\ , (1) HislorUcli Vt'ihaal van Ilari^ JJ'inlers r^i". Amsterdam, lyii.. i5 E T D' H I S T O I R F. N A T U R E L L E. iSi i5, 1(5, 19 Janvier out ete les joins du fVoid le plus vif. Le printemps fut tres froid ; je iii'etendrois trop si je copiois la re- lation entiere. Mais pendant ce iiieme intervalle de 1092 — 1700, il y a cu bien d'auti-es liivers rudes ; je trouve rpi'eu lisiint I'histoire de France, par Mezerni , j'en ai note deux oiitrc celiii de 1608 ; savoir celui de 1670 a 1071 , dent il dit : « I'iiiver fut si rudedepuis la fin de noveinbre ue iS/o jusqu'a la lin dii niois de I'evrier en suivant , que durant ces trois luois entlers il tint les rivieres gelees a passer le cliarrois,et brula les arbres fruitiers, meaie en Languedoc et en Provence, jusque dans les racines. » Et I'hiver de .i544> donf il dit : « La froidnre ctoit si extreme qu'elle glacolt le vin dans les niuids ; il le f'alloit coupor a coups de liache, ct les pieces s'en vendiiient a la livre. » Or , nous Savons que les vins se gelent entro le 5^. et le lo*^. degre du thennometre a mercure divise en 8d degres : mais il aura fallu un froid plus fort (jue celui-li pjur les rednire ainsi en grosses masses solides. Pent-etre, et meme vraiseaiblablciuent se trouvera t-il d'autres notices de granJs liivcrs dans jMezfal ; il fau'lroit le parcourir dans ce but-ia ; ce que je ne puis faire h. present. On trouve encore dans la description de Paris , par Felibien , S volumes in-folio, la notice des deux annees suivan- tes, 1408, 1434 : « L'hiver de i\o?> , est-il dit , futle plus cruel -qui eut ete de]iuis cinq cents ans ; il fut si long qu'il dura de- puis la Saint Mai tin, jusqu'il la fin de Janvier, et si apre que les racines des vignes et des arbres fruitieis gelereiit. Tontes les rivieres etoient glacees, etles voitures pasioient stir celle de Seine, 13- gelee coinnienca le dernier de decembre i433, et con- tiiiua pendant trois mois moins neiif jours : la gel'ie reconimenQa vers la fin de Mars , et dura jusqu'a Paques qui toinljoit cette annee au 17 d'Avril. 33 Nos recuoils hollanJais iont mention de ce meme hiver, en observant que le froid n'etoit pas si exces- slvement rude, mais que ce qu'il y avoit de plus remarquable est, qu'il neigea pendant quarante jours de suite; particularity qui se trouve egalemeiit, mais dun ton nioins persuasif, dans I'endrolt de la description de Paris que je viens de citer. Ccs memes recueils font mention de pbisieurs autrcs lilvers tres-ri- goureux. Je ne vous citerai que les annees (1) 554 > 670, 717 , ( 1 ) J'ai lire ceri d'un recueil Lollandais deja cits , dc I'ouvrige de Hi.'i'ln^. Tome VII. GERMINAL an 8. >" a 2^2 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMlE 763, 82.4 y 8.59,864, 881, 913, 922, 928, 992, 994, 1022,' 1125, 1143, i'49, i2o5, 120(5,1304, laSo, i25i, i25y , 1287, 1295, 1023 J i36i , i385, 1391, 1399, ^4-^4 > 1442 » 1457, 1464 > 14*'^^ > 1480, 1482, i5o3 , i5ii^ i5i4 , 1643, ihSs. , 1554, i568 , 1675, 1608, 1620 a 16-2.1, 162.1 k 160.-2. f i6'j5 , (1670, 1684 i^'tes plus hant). 11 ne seroit peut-etre )ias inutile d'entrer clans quelques details sur quekjues-uns de ces- hivers , et de discuter jiisqii'oil ils meritent le noin iM L'. vers ru- de s ; rnais je ciains d'etre trop lon'^. Cependant j'ajuuteiut iin mot sur uiie particiilarite reniarquable des hivers de 1667 et 1674, ne lut-;e que pour faire voir que les reprises de gelees et les fioids tardifs que nous avons eprouves cette annee en le- vrier , en mars, et meme au commencement d'avril, ne sent pas sans pxeuiplc. Ea 1667 il coinmenca \ geler tres-fortement le 16 de mars par un vent piquant de nord-est; le bras de mer noniuie i'Y, qui passe devant notre villa, fut pris le 1.7; le 18" on alia sur la jilace de I'Y, d'Ainsterdam a Nord-HoUande : le golf'e nomnie Zuiderzee fut enlierement gele ; plusicurs vais- scaux se tronvercnt pris au milieu des glaces. Le 2.5 et m^me le 26 au matin on passoit encore la glace de 1' Y ; ce ne fut que le 2.C) que les glacons se detacheient sur le banc nomme le Pam~ pus ; et meme le premier aviil on niarchoit encore sur une lisiere de glaces dn Zuiderzee, pres d'un village nomme Uitdain. — - Iin 1674 il commenca a geler tres-fortemtnt au commencement de fevrier : le Zuiderzee sp gela entieroment; le 16 mars on le passa sur la glace, a pied, a cheval et en traineanx , entre Sta~ voren et Eiikhuisen. Un degel fort lent commenca le 12 de mars. Le 3 d'aviil les vaisseaux etoient encore entoures de glacons , et le 4 du meme mois on alloit encore a patins sur le lac Ae, Haarlem Quant a I'liiver de 1684, tjiii ^ *^'^^ tres-iigoureux dans ce pays, je remarqiierai simplement qu'oii trouve dans le numero 16S des Transactions philosophiques , torn. 14, p- ']66 — 790, des observations tres-detaillees sur rinflueiice que le grand fioid a eu sur difterens genres d'arbres. JMais quand nous parviendrions par une discussion exacte de tons les iaits^ a une conno'^ssance plus intime de ces rudes hi- vers , toujours nous sera-t-il impossible de deterjniner le verita- intilule Tafe reel van hanle JVinters ,\w-?>" . h.a-L^\.. 178!, ainsi que de I'Histoire dc Frise , par Ip'^lusemius, E T D' H I S T O I R E N A T U R £ I. L E. 283 ble dcgre de frdid , faute d'observations thermoinetriques. Les annees de ce sii^clo seront a cet egard plus favorables , e;race a rinvcntioii da tliermometre. Mais encore (juel cahos adebrouil- ler que ccs oljservations thennoinetri'|ues , tantot parce (|n'on a einplciye des thermoinetres ilout I'erhelle ne porta pas de points fixes ; tantot parce qu'oii n'a pas detaiile comment ces points fixes out ete determines, ce qui rend la reduction des thermo- inetres a esprit-de-vin aux thermometres a m^ercure tres-dilficile , souvent incer taine , qtiolquefois impossible. 11 faut done dans J'exaiiien des observations , commencer par I'cxamen des ther- mometres , rt cette consideration m'a cnsage , il y a vingt-deux ans , a puljlier mon Traite des thermometres. Vous ctmnoissez cet ouvrage-, et je sais que vous regreltez avec nioi qu'il neso'.t pas plus repandu ; et de fait, j'ose dire, sans craindre qu'on ui'accuse de vanite, que cet ouvrage devroit ctre rcgarde coiiunc clnssiqite , et indispensablement necessaire a tons ceux qui sent dans le cas de comparer et de reduire des observations thermo- metriques , jusqu'au temps ou quehjne physicien en aura public iin autre nieilleur et plus complet , ce qui ne seroit pas diliicile : moi-nieme, grace aux lumieres que j'ai acquises depuis que cet ouvrage est impriii;e, grace i la correspondancc que j'ai euesur ce sujet avec le citoyen G aiiss'iii , de Montpellier , aux experien- ces nouvelles qui onr ete faites depuis, je pourrois, dans une seconde edition , pcrfectionner mon travail, lui donner un plus grand degre de perfection , le completter a quelques egards, et le rendre et plus utile et plus digne de I'attention des phvsiciens. Qiioi qu'il en soit, je me servirai de cet ouvrage pour la reduction des thermoinetres dont on s'est servi dans les observations que je vais vous presenter succcssivoinent. J'enqiloierai le grand ta- bleau de 27 thermometres qui y est joint , et que vous avez bien voulu reiniprimer dans vos memoires de meteorologie, et j'aurai sur tout I'attention de ne pas confondre le tliermometre a esprit- de-vin avec ceux de mercure. Enfin , comme il est important de conserver les observaiions originales , telles qu'elles sont, je vous les communiqucrai telles que les autcurs les ont donneesj inais je les reduirai a deux thermometres a. mercure : au ther- mom^tre divl-:e en 8o degres entre la glace , for dan te et I'cau boulllante , tliermometre qu'on nomnie iiuproprement tliermo- metre dePieaumur , mais qui nc ressemblc en rien a ceux de cet excellent physicien. Je I'ai nomme et le nommerai encore, car c'est son vrai nom , tliermometre de Delt:c : j'y ajouterai la re- duction au tliermometre centigrade , qai place o a la glace N n ■?- iSi JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE fondante et loo h. I'cau bouilUnic; theraiometrequr se troiivesur inon talileau ;m ii°. 8, sons le noiii tie thennomelre de Sudde , car c'cst celui Jont on se sert tk'ji'ii.s longteuips dans ce royauiie, on lie Lyon, paice que M. (.'hristin , cle Lyon, I'a egaleineiit propose. Voici quels sont les hivers de ce siecle que je crois devoir pla- cer au rang des rudes hivers : 1709, hiver qui lait epoque ; 1716, 1729: 1781, 1732, — 174O1 hiver qui fait epoque ; 1742, 1745,1746, 1747, 1748, 1749, 1761, 1754, 1755 ,_ 1757, 1708, 1759a 1760 : c'est ici que iinit le travail que j'avois lait il y ^ 30 ans : 1768 , 17(^7, ^7^^^ ^ll^t '^"^ mois de novembre et de- ceiiibre , ^ cause d'lin froid trespiecoce , dont j'ai doime la des- cription dans le Journal de Physique : 1776, hiver qui fait epo- que et que j'ai decrit en detail: 178^, 178^, 179;, ^79^ '■ il fiiTuIra voir ce que i'hiver de 1799 — iSco et la fin de 1800 pour- ront encore offrir de reuiarquable. Tous les hivers que je viens d'articuler ne sont pas egalement interessans , egaleiueut rigou- reux , egaleriient universels ; inais ils presentcnt tous des phe- 11 omenes digues cL'atiention. Je vais les examiner successivenient; je ne me contcnterai pas de vous coinmnniqucr ce que j'avois inis jjar ecrit il y a vingt ans ; niais je reverrai ce travail, et je le completterai dans les endroits on il en aura bcsoin , et ou des observations parvenues depnis a nia connoissance , ou des ou- vrages (jue je suis a jjortee de consulter actucllement, me mettront en etat de le laire. Je commence par le ceiebre hiver de 1709. Hiver d r 09 I. Observations Thermomctiiques, 1". En France. Je ne coniiois d'observations faites en France, que celles de Paris et de Montpellier. Pour Paris nous avons trois classes d'observations; i". celles qui ont ete faites a I'Observatoire, par la Hire lui-iiieme , d'apres le therinornetre qui porte son noni , et qui dtoit susjiendu dans line tour dccoinerte de I'Observatoire, a Tabri du soleil et du vent. Ce thermometre etoit a I'l S])rit-devlii , ct I'alt , si je ne iTie trorape , par Htibin , celebie einaillenr : et voici Ici observa- tions faites u la pointe du jour (1). (i) Man. de I'Acad. 1710 , -p. I'lo et suiv. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 285 Tlienn. dc la Hire. Reduit au tlierm. a mere. Reduil an therm, a mere. de Deluc. ccnticjrade. Le 5 Janvier ^i -H 6. y ■+■ j.S 6 3o — i.i — 1.4 7 22 — 6.1 — '/.6 10 9 — 14-4 — ^^ i3 5 — 17 — 21. 25 iv} 5 — 17 — 21 .26 Le tliermoiiietre est un peu reraonte les jours suivans : iiiais il reviiit le 20 6 — 16.4 — 20.4 21 5 - — 16.5 — 20.6 4 Ensuite le froid diminua peu h. peu. La gelee recommenca en fevrier, maiselie fut bieii moins forte qu'en Janvier. Le i3 mars il gela encore tres-fbrt : le therinometre etant a 24 ( — 4.9 de Deluc. — 5.8 centigrade). Enfiii M. la Hire aj'oute que depuis 46 ans qu'il se servoit de ce thermometre , il ne I'avoit jamais Vu descenclre aussi l)as : « Je trouve seulement , dit il , dans nies registres , que le 6 fevrier 1695, le thermometre etoit desceiidu a 7 parties ( — 10.6 Deluc. — 19.5 centigrade) dans le meme lieu ou il est a present, et le fioid dc cet luver-la qui avoit com- mence en 1694 , a ete regarde comme un des plus grands qu'il ait fait il y a longtemps. — J'ai encore observe queiquefois ce thermometre a i3 parties , mais assez rarement. " II ne s'agit que de reduire cs thermometre a des thermometres connus aujourd'hui : et vous savez que plusieurs bons pliysicicns s'en sont occupes J et Jerniereinent encore le celebre Messier , dans son beau Memoire sur le ii-oid de ijjO. Vous savez egale- ment que cette comparaison n'a pu se faire qu'au raoyen du thcr- mometrede Pieaumur , qui a ete mis pendant quelques annees e:i observation avec celui de la Hire-, iipres avoir lu et revu tout ce qui a ete fait sur ce sujct, et discute les experiences des com- missaires de Tacademie (1) , ceiles de Messier et celles de BeauniS , dans le beau Memoire sur les thermometres qu'il vient de publier (2;, et qu"on a bien lieu de regretter qu'il ii'ait pas (i)Mem. de I'arad. ^JTJ. (2; Opus( uks cLimlques ; in-S"., cli. 6. p. 211 — a/S, 286 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE ^te aJopte par racadeinie dans le temps qn'il y a eie lu , et iin]ninie dans ses Meuioires ; je ne trouve aucune raisoii de me dcpartir de !a comnaraison que j'ai f'aite dans mon Traite des theiriioinetfL's , enlre ce thfirinomotrc de la JJii'ect le vrai tlier- mouietre de l\6aumar , et d'etablir q'le les 5 degres du therino- iiielre de la Hire revicnnent a — i5 du vrai thermoinetre de lleauinnr; ce qui d'ailleiirs iie s'ecarte pas beancoup des i4t\> ou ^e i5 degres etablis par JSlcssier, ni des i5~etablis par le meine , d'apres une autre serie d'observations , on du milieu i5~ cntre ces deux resultats , fii des i5 \ qui resultent du travail des commissaires dc racadeinie. Les discufsions ou je pourrois entiersovit du rcssortde la thermonietrie j dies occuperoient trop de place ici, et pourrontetreijiserees dans une seconde edition de men Traite des ihermometres^ si jamais je suis appele i en don- iier aine. Mais il s'agit de rappeler ces — iS" du vrai thermonietre do lieauniur , c'est a-dire de celui qui a ete construit d'apres les ]5]incipcs etalilis par Reaumur meine , principes sur les(pielr, on s'cst si fort rclaclie dans la suite , (ju'ii en est ne une confusion qu'on a bien de la peine a demeler , si tant est qu'il soit possible ide le faire, et que j'ai iiouime par cette raison vval therniometre de Reaumur (i) avxx degres d'un therniometre k inercure : et je m'en ticns encore a la comparaison que j'ai doiinee d'apies le travail de Dcluc , et qui est celle que j'ai placee ci-dessus , par anticipation, si vous voulez, a cote dts observations m^me de la Hire. Beaumr,i et Beaume a reconnu par une experience immediate que ces 3^ serapportent a -- 170 des tliermometres en 80 parties, sans qu'il y ait un quart on tout au plus un demidegre d'incer- titudc. II suit du travail de Beat; me , sur ce second thermonietre de la Hire , (pie la grailnation de ce thorinonukre dilfere de ccUe du thermoinetre employe ])ar la Hires. I'Observatoire. Mais ce ii'est pas de cela qu'il s'agit ici. (1) Traite sur las tliermometres , p. lOO ct sulv. E T D' H rs T O I R E N A T U R E L L E. 237 Nous ignorons clans q\iel fjiiartier de Paris ce thermometre a ^te observe ; niais on voit qii'il iriarquoit le menie degre que celui de I'Observatoire ; or, le thertnometre de I'Observatoire n'etant pas expose alors a nn air parfaitement lil)re , a du iuar- quer uii degre de f'loid moins consideraljle (pa'il ti'aiiroit fait s'il eiit ete niieux expose , aussi a-t-on conslamnient vu nn ther- mometre de Beuumur place en dehors , sc tenir plus has que celui qui etoit plate en dedans de la tour, et qui nous a servi de terme de couiparaison ; la difference a ete en Janvier 1743 , de — 12°. 1 a — 14°.6; c'est-a-direde 2°^; en Janvier 1740 de 10'' a ii", c'est-"i-dire de 1". Et par nn milieu de toutes les observations , la difference a ete de 1" ^; ainsi il n'est guere doiiteux qu'un thermometre de UeluCj a mercure , expose en 1709 an dehors de la tour de I'Observatoire , n'eut indique pendant ie grand froid de 1709, 18" k io"i. M. Ditcrest (1) nous a conserve une observation faite en 1700, sur un thermometre de M. Deville , expose a une fonetre dans la rue Saint-Martin. Thermometre qui inarqvia alors -^^ an dessus de o. J'ai discute ce qui concerne ce thermometre dans mon Traite, p. 214 j et si les donnees de M. Ducrest sont exactes ce degre de froid o^ repondroit a — 26 du thermometre de M. Ducrest , ce qui revient ii — 15 \ du thermometre de Dehic , et a --19 du thermometre centigrade, et donne un degre de fioid moin- dre de 1 ^ que celui qui a etc indit|xie dans la tour de I'Obser- vatoire par le thermometre de la Hire , ou meme de 3° Que celui qu'auroit indique a I'Observatoire un thermometre parfai- tement isole. Car cette difference peut tres-bien avoir lieu , vu la difference des tjuartiers ; rhi\er dernier le thermometre a mer- cure de jMossy , que j'observois rue de Lille, pres la rue dcs Peres , difteroit souveut de cette quantlte , du thermometre ob- serve a I'Observatoire. Je ne connois pas d'autres observations faites a Paris , que les trois dont je vlens deparler, a moins (ju'il ne s'en trouve quel- ques-unes dans un meinoire que Parent a donne sur cet hiver 1709, dans le JMercure de Trevonx , pour fevrier 1711 , sous le titre A' Observations et de Reflexions sur ['extreme froid de 3709. Je ne suis pas a meme de consulter ce journal ; ayez , mon respectable ami, la bonte de le faire , et d'ajonter aus observa- (i) Ada. h-Ai-etica, tome 3; p. bi. a8H JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C II I M I E tions (lont je vous fais part, celles que vous tiouverez k I'eiidroit iiidique (i). Outre les observatipns qui ont ete faites a. Paris , nous avons encore Ctlles de Montpc-llier , laites les unes par M. Gautcron , les autres par le president Bon , toutes sur le tliermoinetre d! Amontons : thermonietre qui etoit a csprit-de-vin , et dont j'ai dontie, avec tout le soin dont j'etois capable, la comparaison uu thermometre de Reaiunur , dans mon Traite des thermo- nit'trcs , p. 140 et suiv. ; et ce thernionietre est le n". 20 sur inon grand tableau. Pardon si je vous retivoie si souvent k oet ouvrage ; niais puisqu'il faiit bien connoitre Ics tberinometres dont on s'est servi, il faut ou vous y renvoyer , ou eiitrer ici a cbaque moment dans des discussions thermometriques qui ni'entraineroient dans (1) Nate du cltoyen CoTTr,. Voici ce que j'ai trouve de plus inlercssant dans ce Memoire. Le froid com-- 5TH nca presque subitement dans la nuil du 4 au 5 Janvier : apres trois jours de gelee , Iffs puils , les caves, les aqueducs et les eaux de la Seine fumercnt au poijil d'obscurcir I'air. Cetia fumee cessa apres luiil ou di\ jours de gelee ; les eaux At la Seine seules conlinuerent de fuiner pend;mL loule la duree du froid. La Seine comiiienca a charier le qu.itrierae ou le clnquierae jour de la gelee ; lesglacons s'arrclerent aux arches dc quelquesponts ; iis y firenl prendre la riviere aupjintque les vollures la traversoient. Mais dans les endroits oil les glacons lie se reunirent pas, les eaux demeurerent loujours fluidos sans se glacer , comme depuis les pnnls Nolre-Dame ct le pont Saint-Michel , j usque pres de Neuilly : les bords de la riviere seuls et le voisin^ige des piles des ponis elolent gelea , quoique les fleuves les plus rapides de France eiissenl ele entierement prls. M. Parent nc rapporte aucune observation de ihermomelrc qui fixe le degro du froid. II p'lrle des eff'tite que la gelee a cause sur lesvegelaus ct les mineraux; il y a eu beaucoup de personnes qui ont eu des membres geles; il remarqucj que la mortalile fut tres-grande a Paris , et sur-toul a FHotel-Dieu, pendant la duree de ce froid. II rapproche des eil'ets de cc rude hiver, ceux qui ont eu lieu a Pnris en 1608 ct en 1GG9. La gelee de i 709 a dure 18 jours, du 5 au 24 Janvier; pendSnt loaf ce temps le biromeire a toujours monlc; a celle epoque il descendil, el le thermometre coinmenca a renumler; le degcl se declara le meine jour.par un grand brouillard, el le vent lourna au inidi. Le froid qui avoil commence a la nouvelle lune et qni avoil fini a la pleina lune, recomnienca en fevricr a I'epoque de la nouvelle lune; nnis celle reprise n'eut pas de suite V'na nouvelle reprise eut lieu au premier quarlicr; la riviere chiria de nouveau ; le degel complel, accompagne de beaucoup de pluie, ne se derlara que plusieurs jours aprea la pleitie lune. M. Partini cssaie , dans le re,?le dc son memoire, de faire voir le rapporl des diUci-intes temperatures avec les syzigies et les quadratures de la lune, il chcrohe a cxpliqucr ce rapporl d'apres la llieorie des marees et leur influence sur I'dimospliere, saijs doute a faire varier les vents. des ETD'HISTOIRENATURELLE. 2 des longueurs, et dans lesquelles d'ailleurs je iie pourrois que repeter ce que j'ai dit dans mon onvrnge. Les obser-vations de M. Gauteron se trouvcnt iiicidemment dans le memoire de ce physiclen , sur les Evaporations des liquides pendant le grand froid , enfin dans les memoires de rAcadeinie pour 1709 , p. 45i ; et il j'aut bien reniarquer qu'on ne peut en I'aire qu'un usage subordonne , parce que le therraometre etoit place dans im ca- binet expose au nord, et les vitres du caliinet toujours fermees. Les observations du president Bon se trouvent dans le, preinier volume des Memoires de I'academie de Montpellier. Ces obser- vations ont ete faitesa 8 lieures du matin, eta 2 li. i apres-midi , sur un tliermometre expose a I'air libre au nord , et a I'abri des rayons, soit directs, soit reflechis du soleil. On avoit eu quelques jours de gelee en decembre ; elle a repris la, nuit du 6 au 7 de Janvier , et n'a pas discontinue jusqu'au 2,3 soir que le degel a commence. Yoici I'extrait de ces observations (1). Jours et hcures. Ther. delaHire.Ther. deDeluc. Ther. centigrade. Vents. Le 7 matin . . 52° . o . -o. Nord. soir. 52°. 10. . . . — 4 — 5 duSauraatin 51°. 5 — 3.7 — 3.2 S-S-0. auioaumat. 5i.2 —3.9 —4.8 N-0.Ie9. leios. 5i.3 — 2.6 -'-3.2 S-0. neig. le 11 matin.. 49-5 ---12.9 — -16.1 O. beau. soir. 49 -lo^-- • — 10.5 ---13.1 le 12 matin.. 5o —10 —12. 5 ..^ ^ , soir. . 5i .4^ -3.1 -3.9 N-O.beau; lei3raatin.. 5i.4 — 3.3 — 4-i S-0. soir . 5i . 5 —2 .6 ---3 .2 le 14 matin,. 5o.5 --7 -7 --9.6 soir. 5i.ii — 0.4 — -0.5 •'^' lei5 matin.. 5o.5i — 7.6 -9.5 ^ soir. 5i.4. -3.3 -4. 1 b-O.neige. le 16 matin.. 50.55: — j .6 —9.6 N. beau. soir. 5i .3 --3.7 —4.6 le 17 matin. . 50.9 — Ji.a —7.8 soir. 51.4.. —3.3 —4.1 N- le 18 matin. . 5o. 10 —S .7 — 6.9 soir. 5i —5 —6.^^ ^"'^s'^- (1 ) Ces sous-divisions ne sont pas des parties decimales, mais diwddcimalen. Tome VII. GERMINAL an 8. O o le 19 inaliii. . .'10. . — 10 . . — 12.5 son- . 60. 10 . . ..-5.7.... . . . . — 6.9 le 20 matin . . 5o. 8... ..—6.6... ...—8.2 soir. 5o. 11.. . ..—J. 3... ...—6.6 le 21 matin. . 5o. 9... ...—6.2... ■■■~-7-7 soir. 61. ..—4.1. .. . . . — J .1 le 22 matin . . 5i. . 9^-- 1 ... — 1.2 soir. 61. 2.. . ..-4. 1... . . . —5 .1 le 20 matin. . 5i. 6... ..—2.6... . . . — 3 .2. soir. 6i. ii^.. . . — . 2 . . . . . . — .3 ago JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Jjurs et heures. Thcr. de laHire. Tlier. dc Deluc. Ther. centigrade. Venls. NO. Ouest. NO. N-0. 'S-O.pluie. Le plus grand froiJ a done ^te de i3" a-pen-pres du thermo- metre ordinaire , oude 16 du centigrade :iToid vraiinentexcessif pour Montpellierj et qui, quoicjue plus foil)le qiie celui qui a eu lieu a. Paris, de 4 a 5 degres , est peut etre , proportionnel- lement au climat , plus fort; et M. Gauteron observe qu'on sentoit dans ies maisons les mieux chauffees un froid ciiisant , car le thernioraetre place , coinme nous I'avons dit , dans un ca- binet dont les vitres etoient fermees, a indique , la nuit du 10 an 11 , 5i ~ : ce qui est &, 4 6 du therinonietre ordinaire , ou a 5 J du centigrade , et prouve combien le froid avoit penetre dans I'interieur .des maisons. Mais on voit par la comparaison des observations de Paris et de Montpellier , que si la gelee a com- mence plutot a Paris, et que le froid y etoit deja violent lorsque la gelee. ne faisoit que commencer a Montpellier ; que cependant le tres- grand froid a eu lieu dans cette ville deux jonrs plutot qu'a Paris , et qu'il y a repi is aiissi un peu plutot. En ievrier, la gelee a repris a. Montpellier corame a Paris : savoir, les Bet 9 foible ; les 26 et 26 plus foriement : le thermoinetre etant parvenu ces jours-l^ a 5i rj et 5i — , c'est-a-dire a -- 4 i et a-- 3.3 du tliermomctre ordinaire , et a -- 5.6 et — 4- 1 du centigrade. Entre le 9 et le 25 il y a eu des jours fort doux , et le meiuoire de M. Bon ne nous marque rien du tnois de mars , ce xjui fait croire que le froid n'a eu rIen de remarquable alors. Obsdrvons neanmoins encore, i"^. que M. Bon a reduit les 5 degres du tliermomctre de la Hire , observes a Paris , au thennometre d'Amontons, savoir a 4^ - ft 7 5 donn.nt 5 parties ; ce ipii re- vient a un pen au-dessuus de 17 du thennometre k mercure : ce qui est aussi la reduction que nous avons fiiite ; et 2°. que M. Bon ayant expose , le 11 de Janvier, a I'air libre une grantle jatte ETD'HISTOIRENATURELLE. 291 pleme rl'un viii excellent <,'t tressijiiitueiu: , elle f'ut converlle en glace eu nioiiis de huit niinutes , et que I'uiine et d'autres li- queurs gelerentaussi proinpteinent. 2". Ohsenations en Ilollande. II s'en faut de beaucoiip que nous ayons poui' la repu!)lique batave des observations aussi exactes que celies de Paris on de MontpelHer. Voici a quoi se reduit tout ce qtii en est parvenu h. ma coniioissance. BoERHAAVE rapporte dans sa chiniie (1) , qii'il a vu la liqueur du theriuonietre de Fahrenheit se tenir pendant le froid tres- rigoureux de i'annee 1709, dans le Jardin botanique , a 5 degres a-peu-pres; voil^ ce qui paroit an premier abord bien clair , bien positif j et cependant j'ose dire que cet endroitexige quel- ques remar(iues. D'abord if n'est pas douteux que ce tliermom^tre ait ete d'es- prit-de-vin; car outre qu'on n'en faisoit pas d'autres dans ce temps- la , le mot liquor dont .Boerhaave se sert , et ce qu'il ajoute ensuite (2), ([ue I'alcohol s'est condense par le froid na- turel de 1709 en Islande, jusqu'au premier degre du meme ther- mometre dout il paile , demontrent la chose. Mais quelle etoit cette echelle, et comment avoit-elle ete graduee ? Boerhaave en parle comme de I'echelle ordinaire , ovi 96 indique la clialeur du sang ; 32 la glace fondante , ze7'o le froid produit par un me- lange de glace et de sel ; en un mot , corame si c'etoit le tlier- moinetre de Fahrenheit, que j'ai notnme dans mon traite , nou' veau thermom^tre de Fahrenheit , et qui se trouve dans mon. tableau, sous le nf>. i3; auquel cas ces 5 degres revienuent ^ tres-peu-pres au 3° du thermometrea mercure , ou a — 12" du thermom^tre de Deluc , et a -- i5 du centigrade. II se pent que Fahrenheit ait'fait des-lors des thermometres ^ pareille echelle , pour quelques physiciens ; mais ils n'ont commence i etre assez generalement connus que quelques annees plus lard. Son echelle ^toit precedemment differente, comme je I'ai fait voir i Icndniit cite; et j'ai place au n". 12 de mon tableau I'aticien thermometre de Fahrenheit : mais quand Boerhaave auroit observe celui- (i) Elem. chim. tract, de igne , exp. 4. cent. 4. p. 85^ edit Parisietu: (2) Ibid. Exp. 5, p. 89. Oo 2 ag'a JOURNAL D E PHYSIQUE, D E C H I M I E ci , et I'auroit r^duit dans ses eleaiens \ I'echelle conrme alors , Ja chose revieiidroit au meme , parce que ces deux ecliellcs sont concordantes. Un auteur hollanaais , M. IDui/i {i) , qui a dccrit avec soin le grand liiver de 1740 > se trompe evidemmeut en rap- portant que Boerhaave auroit employe en 1709 un therinom^trs a mercurc : et que par la suite il auroit trouve ce thermometre imparfait. Boerhaave ne fait aucune mention de cette derniere circonstance ; du reste, quand on soupronueroit que ce ther- moftietre a esprit- de-vin a ele gradue par la clialeur du sang et la glace seulement , (ce que nous sommes fort loin de croire , parce que I'ancienne cclielle de Fahrenheit n'a pas ete graduee ainsi, comme je I'ai prouye dans mon traite), et qu'il eut par consequent ete ce que j'ai nommey<27/:c tliermometi-e de Fah- renheit , n°. 1 , et qui fait le n". 14 de mon tableau ; ces 5° ne reviendroient encore qu'a 2". 2 du thcrniometre ^ niercure de Fahrenheit f ou ^ i3 ~ du thermometre de Deluc , ou 16,90 du centigrade; et , il est remarquable que le Iroid de 1709 a ete plus foible en Hollande qu'a Paris et meme a Montpellier. Ainsi je nesais d'oii I'auteur de I'ouvrage hoUandais intitule Histoire naturelle de la Hollande , a tire ce qu'il dit, que ie froid de 1709 a ete en Hollande de 10° au-dessous de o , echelle de Fah- renheit ; je suis persuade que ceia n'a pas eu lieu. Nous n'avons aucun detail touchant la grandeur thermom^- trique du froid en differens pays ; si ce n'est qu'on trouve les observations suivantes dans un recueil hollandais que nous avons deja cite; mais I'auteur n'a rien dit sur I'endroit ou les obser- vations ont ete faites ; sur I'instrument, sur I'observateur : toutes les autorites y maiiquent ; aussi crois-je inutile de faire aucune reduction. i5janv 28. 20 janv 28, aS janv 6. \6 19. 21 14. 26 18. 17 6. 22 34. 27 19- 18 5. 23 8. 28 .33. 19 10. 24 ^- 29 34. Nous remarcnierons seulement que selon ces observations, le plus grand froid, qui est celui nientionne par Boerhaave ^ auroit (1) Aanmerhingen over drie strenge TVinters , p. i5 ; ouyrage in-8°. publie en i74ci, et que uous eiterons frequeioment. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 293 eulieu vers les 18 , 24 et zS ; cependant les 11 et la dont il n'est pas parle ici , le froid ^toit deja violent. 11 auroit ete encore bien fort les 26 et 27 : cependant suiyant des observations imprimees , etsuivant d'autres eciits que je possede en inanuscrit , le degel au roit commenceet k Haarlem , et a Piotterdarn, elk Ereda, le ?-5 au soir. D'apres les observations non thermoraetrlques qu'oh possede , I'hiver de 1701) a eu en Hollande quatre periodes : savoir, hnit jonrs de gelee endecembre 1708 , qui ont eu lieu du 6 an 14. La gelee a repris le 5 Janvier au soir tres-subitenient , et a dure du 5--25 : le froid a ete escessif les 7,8, 9, 10, 12, i3, 17,18, 19, 20, 21 , 23, 24, les vents etant est, nord-est. Le 26 il a com- mence subitemtnt h degeler par un vent de sud. II y a encore eu ]8 jours de gelee en feviier , snr- tout du 18 jusqu'a lafm du mois. Le 20 les canaux etoient pris de reclief , et dans cet intervalle on trouve tonjours dans les observations cette note : froid piquant. En mars il a encore gele 14 jours, k differentes reprises : les ca- naux etoient libres en quclques endroits le 18, quoique le 20 les glac^ons permirent encore de passer la Meuse sur la glace vis- a-vis du village Ysselmonde. J'aurois fort desire de pouvoir trouver pour la republlque ba- tave d'auti'es observations tlierinometriques precises, mais je n'y ai pas reussi; k leur defaut j'ai eu recours k cedes qui pouvoient du moins me fburnir des limites : et cedes faites k Franeker en 1708, parle professeur Andala , sont de ce genre. Vous con- noissez les observations que j'ai faites moi-nienie dans cette ville pendant i3 ans, et qui in'ont ser\i a en determiner le climat. Andala se scrvoit d'uii tbennoinetre a esprit-de-vip , place sans doute k I'air libre , ou du moins k un air assez libre , comme les variations diurn^.s de chaleur Texpliquent sulHsamiaent. L'e- chelle marquoit zero gvl has , et 100 au haut, et la liqueur a baisse en 1709 deux on trois fois jasqn'k 8 : le froid ordinaire , dit Andala , ne I'a fait desccndre qu'a 20 : la plus grande clialeur observee pendant sept a hnit ans , I'a fait inonter deux fois a 86. Eniin Andala a poblie son Journal entier depuis octobre 1709, jusqu'en mai 1712 (1), ce cjtji ra'a mis k meme de voir qu'il com- mence a geler , qu'il gele un pen , qu'il fait de la gelee blanche (1) Ces observations se Irouvent d3«s deux ouvra/^es qui sont pre?qu'entiere- menl ini:onnns Enjourd'hni : I'un puraphiasi^ in principia rnrli%ii Vvanc. 1711, in-'i". L'aulre^ disnertalionum philosvp/iicarum texlus , ibid 1712, in-4"« 394 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE nu;ind le tlierinoiiictre indiqiie 3-2 ou 33 Supposoiis done, je vous prle , que le point de con^elatioti soit a 02 ^; ce c|vu repoii- dra k 33 du tliermometre de Fain tnheit ; ou. piutoi pour decou" vrir tout de suite les crreurs qui s'tusuivniii nt , si ji.^ ini; irompe la dessus , soit Sa.S+ar le point de congelation. Soit 3a -t- f, le deare du therniomr tre de FiiliriTheit , auqnel repoml la gian- de chaleur de 86 du thnniometie i\^ Aiidala , et j'aurai cette pro- portion : 86 --- (32.5 + ar) c'est- a- iliie 63 5 + a: nondjre de degres A' Andala conttnus entre la congelation et le plus grand chand observe : sent ayf nombre de degres du thermo- rnetre de Fahrenheit contenus dans le m^nie iiitervalle: comine 32.5 -^x — 8 01124 ^ — "^ nonibre de degres d'^wc/t/ /a contenus entre la congelation et le i'roid de 1709 : a 2 notulire de degies contenus sur rechelle de Fahrenheit entre la congelation et le froid de 1709 rapporte a cette echelle : Done 2 = f X (3!^±JL\ ^ 53.5 ■+■ x) 1". Supposons d'abordx^ro, c'est-a-diro que j'aie eu raison de rapporler le point de la congelation, par'ou j'entends ici pour abreger celui de la glace I'ondantea. 323: etnous aurons 245 ^ — 53.5'^ ' Soit f successivement. egal ^64, k 58 , a 54 ; c'est- a- dire, supposons que la chaleur de 86 observee par Andala soit rappo r tee ou \ 96'^ de Fahrenheit , chaleur qui peut-etre n'a jamais eu lieu en Frise, a I'air libre , (et qui reviendroit a 28 i de Deluc) a 90 , k 86, et nous aurons 2 =^29.3 ; ou k 2.6.6 , oa k 2.4. -y . c'est-a-dire que le froid de 1709 aura ete sur I'echelle de Fahren- lieit k 3.7 , ou a 5.4, ou 7.3. La premiere hypothese est visi- blement fausse ; la deuxieme pent avoir lieu : la chaleur de 86 a ete observee par Andala le 17 juin 1711 : la veille , le 16, la plus grande chaleur de cette annee-la a eu lieu k Paris, etle therniom^tre de la Hire indiqua 73 et demi (ce qui revient k 85 et dead de Fahrenheit ou 23 trois quarts de Deluc) ; sur quoi la Hire observe <■<■ ce quine marque pas une fort grande chaleur, puisque j'ai vu monter le thermoiuetre jusqu'a 80 » (1) ; mais la chaleur peut avoir ete plus forte a Franker , et le degre 90 au- (1) 'Mim.de VAcndimie , 1712. ET D'HISTOIRE NATURELLE. agS quel Je I'al rapportee , est sure:nent une clialeur excessive ; et Ton voit par la que le froid pouvoit bien n'avoir pas ete a Fran- keer plus graiitl qu'i\ Leiden , et avoir ete aux environs de 5°. a". Mais je puis m'etre troinpe en snpposant que la congela- tion etoit a 32 et deini sur le theruionietre A'Andala : si je me suis trompe en exces , et qu'il faille le placer au-dessous de 82 et demi , ae sera, negatif : z. en deviendra plus petit j et le froid de 1709 aura ete inoins fort que je viens de I'indiquer. D'ailleurs ces observations consignees dans le registre A'Andala repugnent a cette supposition. Si je m'etois troaipe en defant x serolt posi- tif , z deviendroit plus grand. Supposons done que la congela- tion soit i 34 (et les observations n'admettent pas d'hypothese plus sure) , arsera =: 1 .5 : done r; = f 5^ = 3 : et ;: sera (dans les menies suppositions que ci-dessus) := 82 , ou a 29 , ou a 27 : tt le froid de 1709 auroit ete de o , de 3 , ou de 5 : determinations dont la premiere, conune je I'ai dit , n'est pas admissible. La' seconde est la inoins improbal)le : je crois meine pouvoir I'ad- mettre ; et je pense (ju'en reduisant I'observation A'Andala a 3 degres d'un theruionietre a esprit-de-vin de Fahrenheit , nous ne nous ecarterons pas de la verite. Mais ceci ne sul2t pas ; il faut encore rapporter ce degre au tliennometre a mercuro. Ici , comma nous sommes partis du point de congelation, etdepoo, notre thermometre pourroit se reduire sans erreur sensible , k un thermometre qui auroit ete gradue d'apres 96 et '62 sur un. thermotnctre a niercure : et consequemmeiit il sera tres-appro- chant de ce que j'ai norame fauj: tJiermomctre de Fahrenheit ^ no. 1 ; et ces 3° repondent a o du thermometre a mercure : ce qui se rapporte a 14 ^ ou environ du thermometre de Deluc , et i 18". 4 du centigrade. Vous voyez par la que le froid aura ete plus fort a Paris qu'a Lcide ; et vous savez^ par lues observations , fjue cela a lieu or- dinairement : niais vous voyez que qiielqu'hypothese qu'on em- brasse, il aura toujours ete moindre qu'a Paris. U etoit impor- tant -> Je repete cette experience dans mes cours publics depuis 3o ans; je cite meme un fait remarquable que voici : « ayant laisse dans una bolte une aiguille aimantee ^ cote d'un morceau d'ar- gent corne; I'ayant oublie pendant un an , j'y trouvai, en ou- vrant la boite , du sel martial fluide, et I'argent entierement (i) CormiKrcium Litter Nouimbergicum^Xi'^. I'j^Q -J ^. 121. !<■ reporte ET D'HISTOIRE NATURE LLE. 297 reporte sous forme metallique , reconvert at eiitrcmele d'ochre uiartiale Ijiune, produite par unc partie de Taiguille aimantee qui avoit ete entierenient dissoiite , et dent il ne restolt plus que la cliappe de cuivre jaune, rouillee. Je vous envoie , iiion cher Delametherie , uii fragment Je ce morceau d'argent corne reduit par le fer. L'analyse et I'expJoitation que je fis de ces cinquante-cinq marcs d'argent natif , meles de plus d'un tiers d'argent corne , tn'ayant fait connoitre que I'ainalgame etoit un nioyen tres-insuf- fisant pour en extraire tout I'argent , je fis passer au niinistere espagnol le resultat de ines experiences, en iudiquant que la mine bien boccardee et tainisee devoit etre melee avec de la li- maille de fer et trituree avec le raercure et I'eau pour I'amalganie. J'ignore si Ton emploie ce moyen, mais Je n'eus d'autre reponse que la connoissance qu'il avoit ete dorine une cedule pour ein- pecher qu'a I'avenir on laisse passer des mines chez I'etranger. MOYEN DE DETERMINER AVEC PRECISION LA PRESENCE ET LA QUANTITY DE SOUFRE ET D'ARSENIC CONTENUE DANS UNE MINE , Par B. G. Sage, directeur de la premiere ecole des mines. La torrefaction on le grillage d'un mineral developpe, decom- pose I'arsenic et le soufi-e qu'il contient; mais la terre dii metal se calcine et s'einpare d'une portion d'acide et d'eau qui aug- mentent son poids^ de sorte qu'on ne peut prononcer au juste sur les proportions de soufre et d'arsenic que le mineral contient. D'ailleurs , ces deux substances brulent simultanement ; la tor- refaction est done insulCsante pour preciser. La distillation de deux parties d'acide vitriolique avec une de mineral pulverise, qui contient du soufre et del'arsenic combines avec des substances metalliques, fournit le moyen de determiner Tome VII. GERMINAL an 8. P p 2g8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE a\ec precision Ja yuantite de soufre et d'arsenic qu'ils contien- iient. II passe d'abord de I'acide sidfureus qui rait de la decompo- sition du nietallisateiir (i) et de I'acide vitiiolique ; le stiulVe se deeage sous fortiie citrine ^ et i'arsenic sous funue de cliaux blan- che. II reste dans la cornue le vitriol nietallique oalcin^. J'ai obtenu par ce precede dc la mine de cobalt sulfureuse et arsenicale , Chau'x blanche d'arsenic 36. • Soufre citiin. . . ■ i5. 5i. Ces substances servoient h. minerallser le cobalt , a lui donner la prnpriele d'effleurer en vitriol de cobalt dans un lieu huinide; ce sei est soluble dans I'eau , c'est en quoi il dilF(^re de I'eftlo- rescence lilas arsenicale de cobalt. Ayant traiie de la m^nie maniere la mine de Kupfernickel (2), il a passe de I'aciJe sulfureux , du soufre citrin et de la chaux blanche d'arsenic ; il restoit dans la cornue de la cliaux verte de Kupfernickel en partie vitriolee. La mine de Kupfernickel sulfureuse et arsenicale que j'ai em- ployee etoit sans gangue , etrecouverte d'nne efflorescence d'un vert sale ; son tissu interieur etoit d'un gris tirant sur le rouge. EUe a produit par quintal , Soufre 3 Arsenic 22 Kupfernickel 76 (1) Le metallisatei* est congenere des huiles, des gralsser. ; c'est le mume aci- dimi , puisque salure de plilogisliqiie et combine avec moins d'eau , c'est le meme acide qui est combine avec lej terres raetalliques, qui forme les scls qu'on nomme chaux melalliques. (2) Nickel des Suedois , des Francais cuprum niccoli. Niccolum*, Wallerii , ce celebre raineralogiste dit: wide minera Nickel suiim nomen haheat incgrttim est, forsan Nickel hoc idem indicat quod spurium velfalsum. ET D'HISTOIRE NATURELLE. ajc) , EXPERIENCES Propres a faire connoitre que la mine rouge de plomb cristallisee de Siberie , lie contieiit point de fer, mais de I'antimoine, Par B. G. Sage^ directeur de la premiere ecole des mines. Jean Gallob Lehmann a parl^ le premier de la mine rouge de plomb de Siberie , dans une lettre qu'il a adressee de Peters- bourg a Buffon , en 1769; il m'engagea k la traduire : je I'ai in- seree page 211 d'un ouvrage que j'ai publie en 1769^ sous le titre d'Examen chimique de dif'ferentes substances minerales. Lehmann avoit reconnu que I'acide marin s'emparoit rapide- ment de la couleur dela mine rouge de plomb , et qu'il devenoit d'un vert emeraude ; que ce qui restoit au fond du matras etoit d'un bean blanc. Voyez la page 217 de mon Examen chimique ; mais il etoit reserve a. Vauquelin de determiner que cette cou- leur etoit due k une substance metallique particuliere qu'il a retrouv^e dans Temeraudcjle plomb vert de Siberie , lerubisjle beril; il a cru devoir la nommer chrome , du mot ^rec, croma, couleur. Vauquelin avoit d'abord , concurremment avec Macquart , publie, en 1789, que la mine rouge de plomb cristallisee de Siberie contenoit par quintal , Plomb 36 livres. Oxygene 87 Fer' 24 Terre alumineuse. . . 2 99 ."oo JOURNAL DE PHYSIQUE-, DE CHIMIE Vaufjueliii dit , clans sa derni^re analyse , qu'elle contlent par quintal , » Plomlj 3(S Acide chromique '6^ Fer 24 Alumine. rrm 2 99 On ne peut refuser i Vanquelin beaucoup de sagacite, beau- cotip d'exactitude ; inais comment a-t-il pu annoncer qu'un mi- neral contient le qiiart de son poids de fer , tandis qu'il n'en contient pas : a-t il ete entiaine par ce que Lehmann a publie. Les experiences suivantes font connoitre que la mine rouge de plomb cribtallisee de Siberie, contient pr^s de la moitie de son poids d'antiinoine ; ainsi la mesure de I'analyse de ce mine- ral sera par quintal , Antiinoine 4^ Chrome. . f N'ayant pu separer avec precision le PloiTib. . y plomb, je ne precise que la quantite Alumine / d'antiinoine. JJsus et imp'igrne simul experlentia monies paulatim docuit pedotentim progredierites. Lehmann dit que la mine rouge de plo'ub ne s'est trouvee qu'en Siberie , pres Catherinneboiirg ; son gite avoisinoit des mi- nes de cuivre , de plomb et d'argent. Cette mine n'a point de filons particuliers qui lui soient propres ; on en trouve sur du quartz martial , sur de la mine de fer iiepathii|ue , sur de la galene. Cette mine rouge de plomb cristallise en prlsmes tetraedres rhombo'idaux, tronques obliquement aux extremites; quelquefois ' termines par des sommets diedres ; la couleur de ces cristaux est d'un rouge orange; rompus ils sont transparens , rouges et brillans comme le realgar ; mais leur surface est ordinairement couverte d'une efflorescence jaune orange. Si on expos" sur un charbon au feu du chaUimeau , de la mine rouge de plomb, elle noircit , fpnd avec bruit, tt produil nne masse noire pnr-euse , opaque , qui n'cst pas atiirable par i'ai- mant. Si cn.roiuinue ii la laisser exposee au feu, le plomb et rantimoine s'ixhalent et laissent sur le charbon uiie aureole prolongee d'un blanc jaunatre. ET D'HISTOIRE NATURELLE, 3ol Apres avoir tenu rouge pendant nne demi-heure clans un test cent grains de cette mine de plomb cristallisee , ils ont pris et conserve une couleur rouge de rubis , ne se sont point sensible- inent deformes , n'ont point diminue de poids. J'ai encore tenn le test expose au feu pendant une heure , les cristaux rouges de plomb sont devenus noiratres k leurs surfaces, sans diminuer de poids; les ayant pulverises, ils ont pris la couleur du jaune de Naples , et sont propres aux experiences comme la mine qui n'a pas ete exposee au feu. J'ai coupelle dix grains de cettc mine avec vingt parties de plomb; le bassin de la coupelle penetre de feu ^voit une belle couleur rouge nacarat qui cliatoyoit en vert emeraude. Aucune substance metalliqije n'offre rien de pareil , ne laisse le bassin de la coupelle empreint d'un beau rouge brun. Cette mine de plomb ne contient point d'argent. L'effet de I'acide marinsur la mine rouge de plomb cristallisee ^st relatif k sa concentration ; j'ai mis de ces cristaux pulverises dans un matras ; j'ai verse dessus donze parties d'acide marin que j'ai etendu de trois parties d'eau ; je I'ai tenu en digestion sur le feu; cette mine s'y est dissoute en partie, eta procure une couleur jaune fonce a I'acide, lequel ayant ete concentr^ par revaporation , est devenu vert emeraude. J'ai verse sur une atitre portion de ces cristaux de I'acide marin purifie (i), il a dissous .i cbavid , le plomb, le chrome et une partie de I'aiitimoine ; il a pris la plus belle couleur verte ; il s'pst prccipite par le refroidissement de petits cristaux de sel stibie (2) , en laujes blanches , carrees , transparentes ; ce qui res- toit au fonddu matras ayanteteepuise de plomb et de chrome par I'acide marin, etoit d'un blanc grisatre : ayant rassemble ces cri'^taux et le residu , je les ai seches sur un papier gris ; ils pe- soient pres de moitie de la quantite sans qu'il soit arrivi aucun accident. Ces f'aits jettent dans des perplexites, mais ils ne sort decisil's qu'autant qu'ils sout joints aux autres signes , tels que les yeux liagards, rouges, pulverulens , la marche incertaine , la queue trainante , les oreilles basses, la bave ^ la gueule, etc. On regarde comma une annonce assez certaine( (^u'un cliien est enrage lorsque les autres chiens fuient "k son aspect. Cependant Sage a vu un chien sain accourir et en provoauer un autre qui etoit enrage. ;, Les cliiens ne sont pas les seids' animauxsuSceptibles de rage spontanee J les loups y sont vraisemblableraent sujets; les hora- liies eux-m^mes n'eji sont pas exempts. Les symptuiiies de la rage communiquee aux hoaimcs ne sont pas tous ctinstans ni les uieuies ; les essentiels m'ont paru , I'horrour de I'eau et de toiito buisson j douleur au caidia et qui . obtenu par I'alkali volatil. Macrpier a cite d'apres un auteur , la vertu du vinaigre ; robservatlon seroit d'awtaiit plus precieuse, que le rernede auroitgiieri la rage dans ion acces ; et c'est Iti verita- blement la pierre de touche ; un remede ne sera iiicontestable- mciit specilicjue qu'aulant qu'il aura reussi k cctte epoque. Ce ii'est pas toutefbis qu'ou doive nicr les vertus prophilactiques. Tel reniede peut pievenir un inal , sans etre en etat de le vain- cre quand il est developpe et i son dernier tenne, mais pour qu'il in<:pire une confiance convenable , il faut un grand nombre de faits constans , et confirnies par une lougue suite d'annees. On ne peut pas se dissiniuler que I'histoire theorique et prati- que de la rage ne soit encore couverte de beaiicoup d'obscu- rite. Les rcmedes sont equivoques , et les observations ne sont point concordantes. Les niedtcins ont hasarde des assertions gratuites qui jettent neanmoins dansde grandes perplexites. Peut- on aisement cioire que la grifie seule d'un animal enrage , sans qu'il y ait la raoindre plaie , et qui n'a enleve que I'epiderine , ait communiciue la rage ? Estil fonde d'attribuer un acces de rage a une morsure faite virgt ans auparavant, comme s'il n'etoit pas connu qu'il y a des hydrophobies spontanees ? Est- il raisonnable de pretendre que dos enfans concjus dans I'inier- valle d'une morsure a la matiifestation de la rage , seront sujets a la inanie , a I'hypocondne ? N'est-ce pas assez d'inspirer d'ef- froyables alarmes aux parens, sans transmettre encore de pareil- les inquietudes a leur posterite. En enuuierant les diff'erentes manieres qui peuvent commu- niquer la rage , il eut ete convenable d'annoncer en meme temps les faits qui en different et servent a diininuer lesfrayeurs. S'il est vrai que la bave re^ue sur la peau entiere ait donne la rage, il ne Test pas moins qu'il y ait des observations con- traires j si on est devenu enrage pour avoir mange de la chair, du sang , du lait des animaux hydiophobes , il est certain que d'autres fois on I'a fait impunement. J'ai appris et je crois que le celebre et savant redacteur du Journal de physique a ete temoin ojuiaire du fait , qu'une fdle hydrophobe mit dans sa bouche et macha un niorceau de poire qu'flle rejetta ensuite dans I'idee qu'on vouloit I'empoisonner. . . Povir Ten dissuader, un de scs parens le ramassa et le mangea en presence de tous {es assistans . Peut-on douter que cette poire ne fut penetree de ET D'lIISTOIRE NATURELLE. 009 la sallve de rhydrophobe ? cependant nul accident n'en a re- sulte. II est incontestable qii'il faut admettre ces faits rapportes par de graves aiUeiirs : mais il est tout aussi necessaire de ne pas passrr scMis silence Jes observations opposees; entre un grand nc nil)re on doit distlnguer celles de ces anatoniisles qui ne de- vinrent point enrages (juoiqu'ils se fussent blesses avec les scal- pels qui servoient k leur dissection. II est difficile de presiimer qu'ils ne se fussent pas inocule le virus hydrophobique. La consetjucnce qui rcsulte des observations pour et contre , n'est pas difficile k tirer ; elle est toute en f'aveur de ma con- jecture, Elle expliqiie pourquoi I'un est a I'abri et I'autre victi- me 5 les rem^dcs vantes meritent peut-etre moins de confiance que Tespoir d'etre du nombre de ces heureux individus que la nature a garantis et qu'elle n'a pas disposes k la communication de la rage. Je ne pretends pas inslnuer par la que toute crainte soit frlvole, et qu'il faille s'abandonner au bonlieur possilile de sa constitu- tion et negliger les moyens dont la prudence fait line loi ; je n'ai d'autre but que de moderer de trop fortes alarmes. Si j'avois a trailer plusieurs hydrophobes a la fois, je ne ne- gligerois sur aucun d'eux. les metliodes usitees , mais j'ajouterois aux uns I'alkali volatil de Sage, et pour les autres le vinaigre de Macquer ; dans une maladie aussi desesperante on ne sauroit faire trop d'essai. J 'en ai fait un qui ne m'a pas reussi , mais dont il n'est pas inutile de parler ; c'est de I'electricite. L'hydro- phobie se range assez probablement dans le genre des convul- sions , et j'ai epronve ipie dans certaines circonstances I'electri- cite quoiqu'irritante de sa nature , etoit un excellent antispas- modique. C'est sons ce rapport que je donnai pendant deux heures de tres-legeres commotions k un hyJrophobe. L'effet en fut d'abord etonudiit ; tousles syiuptoiaes se mitigerent, a I'ex- ception de I'horreur de I'eau, et de I'abonJance de I'expulsion. J'interrompis I'operation pendant une heure , tons les accidens reparurent aussi-tot ; je recommengai I'electrisation , mais le calme qui m'avoit flatte en coinmencant ne se reproduisit plus, le malade s'affoililit par degre et mourut dans les vingt-quatre heures avec une fennete et une presence d'esprit que je n'aurois pasangure. II n'eut dans aucun temps ni envie de mordre,ni le plus leger delire. 11 en tut a peu-pres de menie de^ deux autres malades; cependant une eprouva quelques disparates; elle eut aussi moins d'horreurde la boisson. La duree de son acces ne 3io JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE fut que de quelqiijes heures ; elle perit subiteinent dans une syn- cope . Qui>i jiu' Ja more des liydrophobes ue soit pas oiilinaiie- ment si prompte , elle n'en est pas iiioias coinmnnpinent inevi- table. Cette cruel le maladie a coutunie.de se j oner des efforts de I'art. Les nialheurs qui viennent d'arriver a Paris prouvent combieu les meilleures methodes sont peu rassnrantos ; les tra- vaux ne seront cependant pas en pure perte. On a dit-on , re- cueilli une grande quantite de salive avec laquelle on peut f'aire des experiences utiles sur la nature du virus et sur sa com- munication; peut-etre fourniront-elles des idees qui mettront sur la vole de I'antidote desire. Heureux le medecin a qui la providence le decouvrira '. en comblant le vceu de I'liumanite , son nom sera place au rang de ses bienfaiteurs les plus signales. O B S E R V A T I O N S Sur la decomposition de I'acide nitreux fumant, par le moyen du charbon , Par, B. G. Sage, directeur de la premiere ecole des mines. N'importe la substance qui a fourni le charbon : ce qui cons- tltue sa partie combustible est essentiellement la meme , c'est-a- dire , de I'acidum pingue pur , sature de phlogistique. Si je dis de I'acidum pingue, c'est que le charbon resulte toujours de la decomposition des graisses , des huiles. Le charbon ne pourroit-il pas etre coiisidere comma gaz inflam- mable concret qui n'a besoin que du concours du feu et de I'eau pour se convertir en fluide elastique aeriforme inflammable , ce qui est demontre par I'expsrience. Les charbons different par la quantite de terre qu'ils contien- nent ; elle se trouve dans le rapport d'un cinquanti^me dans le charbon de bois de chene qui a ete employe dans les experien- ces. La houille ( i ) ou charbon de terre pur contient un trente- troisieme de terre. ( I ) La houille resulte da la carbonisation du bois par le raoyen de I'acide ET D'HISTOIRE NATURE LLE. 3ii Les OS ties .inimaux convertis en chaibon cortieiineiit Lean- coup de sel phosphi^reux a base de terra absorb nite f i). Qiioi(|vie racifle qui constitue le cliarbon soit cssenticllement le ineuie, cependaiit il est plus ou inoins adherent au principe infldiuiiiable , suivant la naiure de la suiistance qui a produit It! charbon. Dnns celui du sucre_, le phliia,istiqni^ rst tetlenient in- carceiedans I'aciluin pingue , cpie jc n'al pu I'incinerer. Le charbon qu'on obticnt apres avoir lessive le residu de la distillahon de la cr^iue de tartre (a), s'incinere avec une telle facilite, qii'ori pent le regarder comnie une espece de pyrophore. II snffit de lo cbaulFer dans une ciillh r de Rron d'argout, a la- quelle on iinprinie une clia!ciir d*env!ron c( nt rinquante degres [lour qu'il s'etnbrase : il continue a bruler avtc activite. Le charbon le plus legef est celui qii'on obtient par la com- bustion des huiles essentielles. On le nomine noir de fiimee. II est gras et onctueux. La suie est un melange de charbnn, de sel ammoniac et de ma- tirre huileuse m^lee d'uii peu d'alkali fixe. Lorstju'elle s'est agl'itinee , elle est connue sous le nom de bistre , et ofire une coulour brune ^ la peinture. Pour operer la decomposition de I'acide nitretix par le moyen du chaibon , je mets daas un gobelet a cu rond une once d'acide nitreux fumant, marquant quarante degres k rareometre. Je prtTJette a plusieurs reprises sur I'acide trois gros de charbon pulverise et chaufte : il s'embrdse par parties , rejette des etin- celles et s'elance en gerbes de douze a quinze pouces qui se siiccedent, s'epanouissent et retombent a la manieie des bon- qaets des fenx d'artifice. Cette experience offre en petit les ger- • bes oil aigrettes etincellantes (jui sortent quelquefois du Vesuye. Le feu qui resulte de la deromposition simultanee du charbon etdel'acide nitreux, est assez fortpour longir ei fond.e le vene. vitriolique qui s'empare de I'eau, de I'huile , de I'alkall et d'une partie du fer de \i substance ligneuse. (i) La terra des os est la base de la ferre calcaire , qui est, a proprcment par- ler , UQ alkali ebauche. (2) La creme de tartre, separee par la distillation de I'acide et de I'huile qu'elle conlit-nl , lai-se une matiere rharb'inneiise qui produit par la lessive un peu plus du <|tiarl de son poids d'alkali fixe pnr. Le cliarbon qui reste pese le Irento deuxieme de la treme de tartre ; iiicinere il laisse la moilie de son poids de terre calcaire. 3ii JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Dans cette experience I'acide nitreux est enti^rement convert! en gaz dephlogistique. Le feu ne pouvant resulter que de la decomposition, simulta- nee de quinze parties de gaz inflammable et de quatre-vingt- cinq d'air vita! , il est evident que I'un et I'autre se ferment. Le gaz inflammable se produit par la decomposition du char- bon , qui est favorisee par I'eau de I'acide nitreux ; lequel acide se convertit en gaz ou air vital (i) par le concours du phlogis- tique des charbons. QuoJque je fasse depuis plus de quinze ans , dans mes cours , la decomposition du charbon par I'acide nitreux, je n'ai cepen- dant determine que cette aanee, les proportions de charbon ne- cessaires pour decomposer completteuient I'acide nitreux fumant. Ce qu'il y a de remaiquable dans cette experience, c'est qu'il ne s'exhale pas d'acide nitreux en nature. E X T R A I T D'UNE LETTRE DEM. BLAGDEN, Sur la decomposition de I'acide muriatique, et sur les divers degres de chaleur que produisent les rayons solalres. Le savant secretaire de la societe royale de Londres , Blagden,' ecrit , en date du 27 mars , a son ami Bertholet , qu'on vient de faire en Angleterre des decouvertes de la plus haute importance. La premiere est la decomposition de I'acide muriatique par le moyen de I'etincelle electrique. On n'a point donne de detail sur les procedes qu'on a employes, ni sur les resultats qu'on a ol)tenus. Bertholet a aussi fait des travaux particuliers sur le nieme objet. (1) Si je n'emploie pas le mot oxygene , c'est qu'il s\gn\i.e fils de vinaigrier. Oxis , oxidos , engrec, signifie vinaigrier; Diogene sigaifie fils de Jupiter j Arthigene , ills du dief. Quoiqu'on ET D'HISTOIRE NATURELLE, Si3 Quoiqu'on ii'ait pas encore rendu publique toute la suite de ces travaux interessans, nous croyons pouvoir annoncer qu'ils prouvent que I'azote est un. dos principes do I'aciJe muriati- que. Mais nous ferons connoitre en detail la suite de ces experiences. La seconde decouverte qn'annonce Blagden, est cclle qu'a faite Ilcrschel , sur la nature des rayons solaires. Ce celebre as- tronome a fait passer un rayon solaire dans une chainbre obs- cure, et I'a decompose a la mani^re ordinaire, par le moyen du prisnie. II a place des thermometres tressensibles sous clia- que rayon prismatique ; ct 11 a vu que la clialeur que chacuu de ces rayons produisoit etoit en raison inverse de leur refran- gibilite, ensorteque le rayon violet le plus refrangible de tons , donnoit le moins de clialeur , et le rayon rouge qui est le moins refrangi-ble donnoit la plus grande clialeur. II a observe encore qu'un thennometre place immediatement au-dessous Ju spectre solaire , c'est-a-dire, au-dessous du rayon rouge , moiitoit plus haut que celui qui etoit expose au rayon rouge lui-meme. Par consequent le maximum de clialeur qu'a produit ce rayon solaire est hors du spectre solaire. Tome yil. GERMINAL an 8. R r OBSLRVATIONS METEOROLOG IQUES , FAITES T 11 E R M O M E T R E. Maximum. Mini mi- m. a Midi. 1 a midi + 8,8 +I0.7 +)o,5 2 a 2 ' Slaa 4 a I T 5- a 1 3. aa is. midi aa^ s. a 2 s. 2 s. 2 S. a 2 ^ s. midi midi a 2 s. 3258. I 2 s s. a2 is. a midi a 2 s. h midi a 2 is. a 2is. a 2 s. a 8Sn. + ')7'l-|- 5i,8 a6fm. + ^,5+ g,8 a 6 ] m. -|- a,o + 9,8 1 •".■ ■• - + '.^,7+ C|.7 -+-ii>,S a 7 J m. -+- i,SH- i|,5 ■ ' + 2,oU- a A 1' A 11 B o u V A R D , astronoine. B A R O M E T R E. M.\xiMiiM. Minimum. aMidi, a 6 im. + 7,'-' — -0,1 2,0 a frl in. a (i jjn, a I3 J m. — 1 « ali im. 5,1 i 7 m. a 9 1 s. a (; im. a S i m. ;i (i Vra. ■i 6J;ra. ;t 2r> a midi 27 a 2 1 s. 28 a 2 I s, ag a midi + 2.-1 + 1-^ + ''S ■■ -f- 2.5 .•! 7 111. -}- i,8ja G |m. -j- 'i,l a 6 ^ s. + 9,7 a in. -|- i|,o a m. + 5,5 i 6 i m. 4- 8.0 a 6 m. 4- 10,5 1 a 7 s ra -(-12,2 a 6 m. -|- (),i ,a 8 m. + 2,8 a 8 m. -|- /(.-■''a C m. — 5,8; a 6 m. + (JjOJa tj — 5,5 — 5,5 — 3,0 — 1,0 — i,S — 1,5 -^ 4,0 — 5,3 — >,7 — 5,4 — 1,5 + -I- • + 2,5 + 1,0 + '■%<> + 2,1 + 2,5' 111. 0,5 2,1 2,G 1,6 + 2,7 +- 2,5 + 2,.i + 0,''i 0,3 + 0,8 + 1,0 + 4,1 + ».9 + 9.0 i- 5.5 + 4,8 + 8,V +10,3 -I- 6,1 m . 111. . H- 1,8,+ 2,7 4- 2,2;+ 2,3 -h 1,51+ 3,8 -t- ■J,o\+ 5,0 a8\ i 8 a 5 37 a 2 a2l a ,5 ^7\ ^ 9 a 7 in. a 10 s. a midi a 2-j i a6i '*7^ a2i a 2:^ s. . a 7 ni. a 7 T, m. a. s. . G 'r m. 27 '■?■ 27. 27. 27. 27. 27. 27. 27 m. . s. 37 ^ m. a midi. a midi. a 2 a 8 a 2i s. a Cf s. . a 7 m. m. 7,8 7,2 7,0 2,9 3,8 6,8 7,2 8,G 27.1 1,4 27.11,5 27. 8,5 27. 9,0 27. 8,6 27. 8,7 27. 8,3 27. 4,1 . 27.11,8 27.11,1 27. 9,3 27. 6,7 . 28. 0,0 . 27.10,^ • 27. 7,5 ■ 27- <>'' . 27.11,.:! , 27.11,1 27.10,1) • ='-7-ii,7 , 28. OjO a 2 k ^ s. . 27. J,.i a 2 s. . . 27. 7,2 a niidi. . . . 27. (i,8 a 2 s. . . 27. 2,2 a 7 m. . . 27. 2,9 a 8 5 m. . . 27. 6,5 37 ni. ... 27. 6,8 a 2i s. ... 27. 8,3 a 7 I m. . . 27. 8,9 a 7 1 m. . . . 27.10,5 a 2 s. ... 27. 9,2 a midi. . . . 27. 7,1) a G i ill. . . 27. 8,8 a 6 im. ... 27. 8,5 a 9 3 s. . . 27. 8,5 a 2 i s. . . . 27. 8,0 a 7 m. . . . 27. 3,5 .i 6 3 ni. . . 27.1 1,1 a £ a midi. . . 27. 8,3 3 9"! 27. 5,9 a 2 i s. . . 27.1 1,5 a 2 \ s. . . 27. 8,6 a A 2 s. . . . 27. g,i a 8 111. . . . 27.10,8 a 2 Jt s. . . . 27.10,8 a 9 . m. . . 27.iB,5 a 6 ra. . . . 27.1 1,3 3258.... 27.1 1,8 ^7- 7,'-' 27. 7,2 27. 6,8 2,2 3,6 27. 27. 27- 7," 27- 7,0 27. 8,0 27- 27- 9>''; 11,1 10,8 27. 27. 7,9 27. q.O 27. 8,6 8,3 27- 27. 8,0 27. 5,5 27- 27- 10,3 27. 8,3 27- 6,6 n,9 27. 27 3'^, 27 7P 27 9A 27. 11, 0| 27 11,0 27 io,5| 27. 11,5 27 U;9 RECAPITULATION. Plus grande elevation du mercure. . . 28. o,o5 Ic 22. Momdre eliivalion du mercure. . . . 27. 2,20 le 4. Elevation mo^'cnne 27. 7,10 Plus grand degre de chaleur ~{- 12,2 le 25 Moindre degre de clialeur — 5,4 Ic 18 Cliaknr moycnne -f- 3,'i Nombre de jours iieaux 9 de couverls at de pluie ^ ^ l«»i^.»rfj.»»T«j.....rr>^.^c»w>.-,.a M.»vraMiw:t-g^*M r . -,ryiTr«-iT,-«J-rar«'?J lg ''r^ft"ff jV -TI F ' W s r . V'vy ir K^f A L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, Ventose an j-iii. aja&BsaauWiJiiifctM i ijumBua aan; ^ G Hyg. Ven t 3. ?3 ■ J 60,0 Est. 2 57,0 Est. 5 65,o S-E. 4 62,0 W-E. 5 Caline. G G/jO N-0. 7 70,0 N. 8 5o,o N. 9 48,5 N. lo 5(),5 N. 1 1 68,0 N-O. 12 71,5 N. \i 72,0 0. i4 64,0 N. fori. i.-S 35,5 N. Foi-r. i6 44,0 N-E. fori. 17 7'.5 N-E. iH G5,o C'jtme, iq 71,0 S-E. uo (55,0 S. 21 78,0 0. 22 77.0 N. 2 J 71,0 N-E. V. t G7,5 E. 26 76,0 Calme. 2G 68,0 N. 27 GG,o N. , 28 6G,o N. zq 52,0 N. 3o GG,o N. POINTS LUNAIPvES. '.■luin. .i<;rcnd. Nouv. Luiic. Lune apog-^-e. rrcm. Quart. Eqain.dpsceiid, Pieine Luiie. Luae ptiigce. Dern. Qu.irt. VARIATIONS D E l' A T M o s p H i; n n. Ciel trouble eta demi-couvert. Quelques nunges; brouillard le matin. Cifl iiuageux. Ciel Iroulilc ; brouillard , couvert ca graude parlii-. Cicl nuagcux. Ciel couvert. Brouillard le matin; quelques eclaircis. Ciel couvert. Couvert par inlervalles; quelquesfloc.de neige le mat. Neige i;ne parlie de la journee. Ciel a demi-couverl; brouillard le malin. Neige le matin; brouillard et nuygeux le soir. Ciel couverl; quelques flocons de neigej brouillard. del nuagcux; brouillard. hhm. Idem. jS'eige par inlervalles ; brouillard. Ciel couvert par inlervalles. Neige le malin, ciel couvert. Ciel couverl; brouil. epais et Ires-humide le matin. Ciel couvert ; pluie I'apres midi. Ciel couverl. Ciel trouble et couvert aux trois quarts. Cicl a moilie couvert. Ciel trouble et en pnrlie couvert. Ciel couvert et brouillard. Idem. Ciel couverl. Ivuages, vapeurs et brouillard. Pluie melee de neige le mat. , eclaircis au lev. du so'. RECAPITULATION. devent 27 de gelee i5 de lonnerre o de brouillard 14 de neige 7 Le vent a souffle du N i5 N-E 4 E o S-E 2 S X SO o 3 N-O 2 fois. rw\'m\ntm jT-njoi^'-^"*"^* J5i6 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHI HIE i iwwjiiMi i i i i iii n i ni iii ujm i wiuuLii i jyOUVELLES LITTERAIRES. Lerons d' anatomic comparde cie G. Cuvifr , in:mbre de I'lns- t'ltut national , professeiir an college do France , et )i. I'ecole ceiitrale du Pantheon, etc., recueillies etpubliess sous ses yeux par C. Dlmbril, chef des travanx anatoini'jues de I'ecole de medccine de Paris, 2 vol. jn-8°. Tom. I. contenant les organes du mouveinent. Tom. II. contenant les or<^ancs des sensations. A Paris, chez BaiiJouin , iinpriaieiir del'lnstitut national des sciences et des arts. L'aratomie comparee doit jeter un grand jour sur la connois- sance des fonctions des divers organes des anlnianx : elle eclaire la physiologie et rectifie les consequences trop precipitees fju'cn avoit cru ponvoir retirer de quelcjues organes. Nous rendrons un compte jjIus dutaiile de cot excellent ouvrage. D'ix sept articles relatifo mix maladies des dents, oil Von. ddmontre que les signes de beaiicoup de maladies fitiqiientes son t places a la boiichc , que I'inspection de la Louche fait con- noitre la couslitution iniiividuelle et la source des nwiladies. Tlieorie niise en pratique pour le traitement des dents et desi- gnation des maladies aux(jucjlle3 clle est applicable; par Louis Latorgue, cx])ert dentiste , re^u au college de chirnrgie de Paris. Prix, 1 fianc o decimes , et 2 francs 5 dcci:ries franc de port , un vol. in-o°. A Paris, chez I'auteur, rue des Fosses-St.-Ger- niaiii-desPres , n°. 7 , prcs le carrefour de Bussy ; CrouUcbois , lilirairc, rue des Mathurins; Desenne^ lihraire, Palais-Egalite. L'auteur traite des differeiites n;aladies des dents , et des moyens d'y remedier. Manuel cosmcHique ct odoriferant des plantes, ou traite de toutes les plantes qui peuvent servir d'ornement , de fard et de parfunis aux dames , auquel on a joint la qua tri erne ddition de la Toilette de Flore , y compris la traduction anglaise , contenant les difi'erentes manieres de preparer les essences, pom- niades, rouges, poudres, fards , eaux de senteur , bains aro- E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. ^h\^ matiqnes et [>ots-poui'iis : les appiets diiieiens du tabac, et les precedes qn'oii pent employer pour enlever toutes sortes de la- ches. Ouvrage utile aux parf'urneurs, baigneurs ct autres per- sonnes cliargees de la direction des toilettes , par J. P. l^ucn'oz, aiitciir de tlillercns omrages de medccine humaine et veteri- naire , d'histoire iiaturelle et d'econoniie champetre. A Paris , clitz I'aiiteur, passage des ci-devant Jacobins de la rue Jaccjiies , n". 499 > Puclis, librairc, rue des Malliurins, n°. 334; Bernard, libraire , quai des Augustins, n°. 37 , et les principanx libraires des departeaiens et de I'Europe. An 8 , un vol. in-B". Cet ouvrage interesse un grand nombre de lecteurs. T)e la peste ou epoqiies mimorahles de ce Jleau , etles moyens de s'eu prdsfrver; par J. P. Papon, ci-devant historiographe de Provence. A Paris, chez Lavillette et compagnie, au bureau de la Bibliotheque des romans , rue St.-Andre-des-Arts , n°. /i^f, , 2 vol. in- 8°. L'auteur deja connu par plusieurs ouvrages, decritavec beau- coup d'exactitude les moyens employes pour se preserver de la peste. 11 fait i'histoire des lazarets et des reglcmens qui les con- cernent: il expose les moyens dont on se sert pour le traitcment des pesliferes dans les hopitaux, pour en purifier I'air. . . . Cet ouvrage devient d'lin grand in'eret dans un moment oii les com- munications avec rOiii;iit doivcnt faire a^jprehendsr qu'ou en apporte cette terrible maladie. Zoographie des diverses regions , tant de I'ancien que du nouvcau continent , oflrant, avec la notice geograpliitp:e de cha- que contree, riiistoire naturelle abregee des mainmiferes et des oiseaux (pii en sont originaires ou qui s'y sonl naturalises , classes d'apres le systeme de Linnee , et inJiques tout-a-la fois par les denominations de cet auleur et par celles qontonnes a la me- thode de Lacepede , qui a ete suivie dans Is dei nier arrangement des galeries du Museum d'histoire naturelle de Paris. Ouvrage accompagne d'un atlas , dont les cartes renferinent les noms et les figures des animaux places dans les regions nieiues qulils habittnt. "^^rar L. P. Jauffket , mcmbre de plusleurssocietes savantes rt liiteraires. A Paris, au bureau, rue de Vaugirard, n**. i,ioi , derriere I'Odeon. An 8. On sait que l'auteur travaille depuis longtemps pour I'instruc- tion des eiiiansj dans ce nouvel ouvrage il sc propose de ieur aiS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE apprpiiJre I'liistoire des aniinanx niammil^res et celle dcs oiscaux, en Icur indiquaiit les diverses regions que cUacun liahlte. Cette inaniere, ([ui est celle de Zimiiic rinnmi , fixe Javaiitage I'atien- tion du jeune liomme : il voit sur la carte I'aniiiial qu'iletudie et le lieu oii il reside. Le Conseixaleiir de la saute , journal d' hygiene et de pro- pliylactique , par les citoyciis BrioNj medecia de la ci devant ■nniversite de Montpellier, aTicien professeur d'anatouiie, an ci- devant college de Lyon, etBni.i-AY, ancicn meilecin des ariiiees. des Alpes et d'ltalie, avec cette epigrapho exlraite de Taclte : Tons nos conscils , toiites nos actions dohcnt se diriger vers la sant^ des hommcs. Pendant les annees 1703 et 1784, le professeur Brion a pu- blic un ouvrage periodiquc, dedie aux atuis de I'humanit^^, sons le titrc A'Essai de jucdccine theoriqne ct pratique , dont j'ai alors rendu compte ; ce rocueil entre autres articles interessaiis et utiles, truile de I'exercice, des alimens , de la demence on iiabecillite, de la melancolie, de la nasta'gie , de I'hydrophobie, ayec des observations tneteorologi qnes. Les deux jiremlers niunoros de ce journal d'hygi^ne nous Font presager (jue cette fcuilie periodiijue reunira les suffrages des connoisseurs, et que sa continuation obtieiidra un plein succes. Histoire naturclle , generate et part'icuUcre , par Leclerc de EurroN , nouvelle edition accompagnce de notes , etdans laqncUe les supplemens sont inseres dans le premier texte , i la place qui letn- convient. L'on y a ajonte I'liistoire naturelle des qna- diupedes et des oiseaux decouverts depuis la mort de Bnffon , celle dcs reptiles, des poissons , des inscctes et des vers ; enlln I'liistoire des plantes dont co grand naturaliste n'a pas en le temps de s'occuper ; ouvrage formant un cours coraplet d'histoire- naturelle, redige par C. S Soniki , nierabre de plusieurs societes savantcs. A Paris, chez Dufart , imprinienr-libraire ; rue des Noyers , n". aa , Bertrand , Jiinaire , rue Montmartre , j;". j i/j, a cote des diligences. Tomes i5 , 19 , 20 , 21, 22 , aS. Cette grande entreprise se continue avec activite , et on na neglige rien pour lui donner tout le degre d'interet que peuvent exiger les souscripteurs. Le tome quinzieine contient des tables tres-etcndues sur lade- clinaison et i'inclinaison de I'aiguille aiaiautee. E t D' 11 I S T O r R E N A T U n E L L E. Sig Le tome scizio.-ae cjui jiamitia iiiccbsauiuicnt , reiil'ermera un expose succinct de la inineralogie. Les tomes dix-neuvieme , vingiieiiie et vine,t-7inieme ferment riii.stoiie de rhouiine. Sonini a fait des addliions interessautcs a rarticle des varieles dans I'espece, liuniaine , et a celui de la doscrlj)tioii de rhoumic, Les rouies vingt-Jeuxieme et vingt-tiolsleaie traitent de I'liis- toi*« des qiiadnipeiles. Soniiii a iait des additions aux articles chcval, hosuf, brebis, clicvre , cocliou et chien. 11 rajiporte que le cochon pst eniploye conime bete de trait dans quelqucs cantons de TEcosse , et ipi'iL n'est pas rared'y voir un pciit clieval , un ane et un cochon atleles a la uieaie cbarruo. Aristote et Pline ont dit qu'il y avoit des coclions sollpcdes ; Sonini rapporte que Gesner et LinnKus lu'.-aieuie disent en avoir vus. 320 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE TABLE DBS artici.es contenus dans ce cahier. Bcc7ierc7ies si/r les volcans , d'aprcs les pnncipes de la ch'imie pneumatique , par Eugene- MelcJiior-houis Patr'in. Pag. 241 Lettre de Bertrand , a Duhamel Jils , sur La litho-mineralo- gie. 268 Lettre sur les grands hlvers , par Jean-Henri van Swinden. 'j-jj Note sur la reduction de I' argent cornd par le contact dufer , par B. G. Sago. 2tj6. jSloyen de determiner avec pfiicision la presence et la quantitS de Soufre et d' arsenic coiiteiiue dans une mine , par B. G . Sage. 2.<)j Experiences propres a Jaire connoitre que la mine rouge deplonib crista I Usee de Siberie , ne contient point de fer niais de I'an- timoine , par B. G. Sage. 269 Lettre sur le Vitalitomiitre d' Antoine-JSlarie Vassalli-Eandi 3o3 Reflexions sur L'h^drojdiobie , par Carmoy. 3o5 Observations sur la decomposition de I'acide nilreuxfumant , par le moyen du charbon , par B. G. Sage 3io Extrait d'une lettre de M, Blagden , sur la decomposition de I'acide muriatique , et sur les divers degies de chaleur que produisentles rayons solaires. 3 12 Observations JMeteorologiques. 3i4 et 3i5 JSIouvelles littdraires. 3 16 JOURNAL DE PHYSIQUE, D E C H I M I E ET D'HISTOIRE NATURELLE. D E S MORCEAUX DE FER TRAVAILLi; DE MAIN D'HOMMES, ET DES ORNITHOLITHES TROUVES DANS LESCARRIERES DE MONTMARTRE; MEMOIRE EPISTOLAIRE D'ALBERT FORTIS, A J. CL. DELAMETHERIE. §. I. Morceaux de fer travailld , et ornitollthes annonces comma trouvds dans les g^'pses de Montmartre , a de grandes pro-^ fondeiirs. Vous m'encotu^gez , mon clier et savant ami, a vous com- muniquer les developpemens de quelques observations marginales que j'ai faites , dans ma retraite , ^ votre bel ouvrage de la Thdorie de la terre , et que je fais successivement , pour tuer men temps , aux caliiers du Journal de physique, Vous en voila un echantillon. ^I'article des terreins gvpseiix , qui contiennent souvent Tome VII. FLOR^AL an 8, S s 3a« JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE des OS fossiles , et qiiclquefois aussi Jcs coquilles (cLint vous lie balancez pas a croire que Ja formation date de la lueiiie epo- tjue que cello des autres couclies coqtiillerei) , vous rapportea deux faits tr^s curieux, et doiit les consequences pour I'liistoue de iiotre espece et des arts do premieie neeessite, seroieni de la pins grande iin[iditaiice , si Ton pouvoit ncn-seulement prou- ver qii'ils sont exactf incnt vrals , niais aussi qu'on les a tronvos accompagres de tontes les ctrconstances absolument requises pour en constat(r la date recnlee. lis'agit ( toni. 2 ., p. 206) des «nior- ceaux de fer travaille par la main des houimes ^ qu'on a ren- contres an milieu des couches de g,ypse , k plus de 5o pieds de profondcur, dorit I'uii avoit la forme d'une espece de clef, de- crite et figuree par feu Lan7anori , dans le Journal de pliysique (mois de decemhre 1780) ; I'autre est la raoitie d'un fer a cheval depose dans le Cdhlntt des mines, a Paris. » Dans le meme ouvrng^, e\\ y^vXawX. ii.e& debri s d' animaux fos- siles , vous dites que « Ton a aussi trouve a Montmartre des oi- scaux au milieu des blocs de gypse, dont on ne connoit pas les aiialogBes. » Duprem-er des deux faits vous tirez la consequence que " la for nation de ce gypse est posterioure k retablissement es societes d'homints ou d'aiitres etres qui employoient les me- taux. " Le fait des oisc aiix S'-rvirojt (!e nieuie k piouver I'existcnce de cette giande facnille a I epoque de la formation du gypse de Montmartre au fond de la mer. En partant d'une pleine cotifiance k la ver*-cite des deux ex- poses , vous aycz tres-bien raisoune. Lc premier de ces faits, s'il eroit litteralement vrai, prouveroit d^-i?!? nranisre victorieuse ]a grande antiqulte, non-st-ulcment de I'espece , mais aussi de I'etdt social des hommes ; quoique , depuis quelque temps, plu- sieurs naluialistes se soient avises d'en douter. Je vous ai deja avoue formelleinent que je suis du nnmSre; jnais dans le m^me temps je vous ai fait ma declaration solemnelle que c'est parce que , JM.squ'i present, il ne m'est pas arrive de rien voir ni sur les montagnes, ni dans les cabirs.^ts, qui ;;;e prouve, par un seul exemple bien cons ate , I'aniiquite du genra humai'i , contempo- raine a celie des poiasons, des te-stacees , dcs ampliybies', des grands qtiadrup^des nnidoi^ues ( mais non identiques) aux espe- ces (pie nous connoissoiis , dont les resfes se trouv nt dans les couches de pierres calcaires firles, dans les vases marines, qui souvent sont enci're pliis prof -.nd'Mni'nt siratiiiees, et dans les diiferentes concretions pierreuses , sabionneu6cs , schisteuses , ;i ET D'HISTOIRE N A T U R E L L E, 3a3 gypsenses , etc., qui ont ete originairement deposees et COnso- fidees au fond cles ancienncs mers. §. II. Raisons generales d'en. doiiter. II s'en fautbien. que je ticnne irrevocablemeut ^ mes opinions; au contraire , je ne laisse jamais echapper I'occasion d'en ret'or- nier que!qufcS-unes. J'ai ete meme attaque, il y a cinq a six ans, par un hel esprit, soIt-Jisant nataraliste^ avcc assez d'imperti- nence : parce que je ne soutenois pask cette epoque les meines opi- nions que j'avois adoptees il y aquarantcans : et je n'aipastrouve qu'il rueritac I'honneur d'uns reponse. Tout honn^te liomine , qui s'occupe rlncerement de la recherche des verites physiques , doit etre dispose a madifier et h. abandonner meme tout-a-fait, s'il le f'aut , les opinions qu'il reconnoitroit mal fbndees. Ce n'est done pas ma fautc u\ je n'ai encore rien va qui me fasse croire a I'an'iquit.^ de la race ht^aalne, dans le sens que je viens d'exposer. J'ai ciierche dans les cabinets d'histoire naturelle les mieux potirvus qnehja'anthropoiithe tire de Tinterieur d'une couche orlginaire, bian et dueuient reconnu par d'habiies ana- toraistes, et dont la decouverte aurolt ete faite par un geologue veritablement habi'e , qui so seroit trouve en etat do rendre bon compte de la natuie ct d^s circoustances dss couches qui I'auroient renferme. Mes recherches n'ont abouti qu'a me con- ■yaincre que teas les csseir.enr incontestablsuipnt hinnains passes a I'etat de veritable petri£cation , de mineralisation , ou simple- ment fossiles , ont et.-i liouvea isoles et nc tenant^ aucane gan- gue pierreuse stratiiiie. Kundmann trouva .son os fibulue petrifie dans une urne sepulchrale ; Scheuchzer des vertebres cbangees en pierre a quelyues pouccs sous t'srre au pied d'un gibet ; les galeries des aaciennci mines echin en a vu de m^les avec les osseraens de majuj:rc-u:h, et avec des lames de fer , dans le district dc SbnbirsK ; d'autres ont ete trouves dans des cavernes, iricrustes de st• tul'au , dtnt les surfac s se docoinpr-'-ent aiseiuent, telK s q'le celles de Costogg'a et de Lnii;ignnn dans !e "''iceniin , C(::nine de niibc autrc^ cndic'ts scnibla.jlcs, le rempHsmge se fait k Yue d'oeil par la recristaiiisatiou dg in terre caicaire sous 528 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE la forme df spath ou de stalactite. L'eauysuintedecliaque couche chargee des atoines crayeuxqu'elle en a detaches ; sa surface s'e- tend et se multiplie par reparpillement des gouttes qui tombent, ou par le decoidement qui roule le long des surfaces inclinees , avec une rapidite proportionnee a. leur pente ; I'evaporation s'ac- croit j I'abandon des atomes terreux se succede sans interruption ; les cristaux se forment , s'entrelacent, se resserrent. C'est de cette manierequ'avoiteteenveloppe, parune succession d'incrustations pierreuses dans un veritable albatre ou marbre secondaire stalac- titique , ce diamant travaille de main d'hommes , dontparle Alex- andre d'AIexandre , qu'on trouva de son temps en sciant un bloc pour des orneinens a faire k un palais de Naples (i). C'est aussi par ce mechanlsme bien simple qu'un serpent engourdi k la tem- perature froided'une grotte souterreine , ou le hasard I'auroitfait tomber,et qu'un crapaudnaturellement paresseux,habituellement assoupi , peuvent avoir ^te enveloppes vivans dans une concre- tion tofacee , terreuse , d'abord susceptible de ceder k quelques lourds mouvemens de nutation des prisonniers , et qui ensuite seroit devenue solide et vraiement pierreuse par I'entrelacement des cristaux. Vous savez qu'on a rendu compte k I'Academiede Berlin , en 1782 , d'un crapaud vivant trouve au centre d'une concretion de cette espece, au fond des mines du Mansfeld; et qu'on a parle en France, vers 1766 , d'un serpent renferme dans un bloc de pierre de 20 pieds de diametre, trouve en Lorraine, qui mourut peu de minutes apres , soit par I'impression brus- que de I'air, soit par celle de quelqu'outil de fer, que Touvrier lui aura un peu trop rudement applique. Non-seulement une clef , un morceau de fer a cheval , mais des oiseaux , des qua- drupedes, des hommes qui tomberoient morts ou meme vivans dans le fond d'une crevasse dont les circonstances favoriseroient le remplissage , seroient bientot incrustes, et au bout de quel- ques annees, de quelques mois peut-etre, se trouveroient cla- qnemures au centre d'un bloc pierreux, sans que le phenom^ne put sembler fort important aux yeux d'un geologue accoutum^ a parcourir des souterreins naturals , et k r^nechir en silence sur le travail non interrorapu de la recomposition des pierres. Cette mani^re d'incrustation n'avoit pas echapp^ aux ancienso bser- vateurs , qui se seroient bien gardes de la donner comme une U) Alex, ah Alex, genialium dieritm , lib. 5. concrdtioji ETD'rtlSTOIKENATURELLE. Sag concretion lente de la nature , et executee h. une e[0 ue recnlc'e. PHne , en parlant des carritres de gypse specultiire , dit que la petrification s'y opera en si peu de temps, que « dans le coiirs d'un seul liiver les csseinens des animanx qui y stroienitombes, se trouvent avoir leurs cavites reiuplics de gypse (i). §. IV. 21 est impossible qu'il se trouve dufer en etat metalJi- que amis urie couche forniee sous la mer. La clef , qu'on a pretendu avoir ete trouvee k 80 pieds de pro- fondenr , n'existoit plus lorsque Lanianon en a donne la descrip- tion et la figure sur parole ; mais il resulte du dessin et de ce qu'il en dit, d'apres la relation du carrier, qu'elle etoit encore en etat metallique et tres-bien conscrvee dans sa forme, sans au- cune concretion pierreuse qui s'y fut attachee. Ce seul expose devoit lui suffire pour en conclure que ce niorccau de fer ne pouvoit jamais avoir ete trouve dans une couche consolidee sous les eaux de la mer. Tout le fer , qui se trouve expose A. Taction immediate de I'eau salee, se decompose dans tr^s-peu de jours, et passe d'abord a. I'etat d'oxide; cette terre martiale se delaye et s'unit progressivement au sable , h. la vase, aux petits coquil- lages, qui en prennent la couleuret en restent compenetres. Les £,ros clous de fer, les morceaux de tole , les vieux canons de I'usi! , tout le fer qui tombe dans la mer commence a subir cette decomposition des le premier jour par I'action de Tacide muria- tique. II se forme en peu de mois une aglutination heinatitique autour du ferj et la place qu'il occupoit reste tout-a-fait vide h. la fin de sa dissolution et de I'aglutination qui en est residtee. Un clou de I'epaisseur de quatreacinq niilliiuetrcS devient un cylindre raboteux , qui en a dix fbis autant au bout de quelque temps , et ne se laisse casser qu'avec beaucoup de difficulte. J'en ai vu dans tons les ports et les chantiers de I'Adriatique , d'oii les peclieurs en retirent souvent en balayant les fonds avec leurs filets. D'apres ce qui arrive au fer dans I'eau de la mer, il est bien demontre que la clef dont Lamanon a donne la figure, et dont vous avez semble faire beaucoup de cas , comnie d'un monument (1) Quum ferce deciderc in piifeos tales . medulla; in oi-iibui eoiitm , post imam Jtyemem in lapidin naluram Jiguinntur. Plin. (list. nal. lib. 36, parag. 45. Tone l^II. FLORLAL au b. T t 35o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE de I'ancienneto des arts et cle la societe , ii'y a ja nais ete plongee. Pour peu i.|u'eile y eut rcste subinergee , sa decomposiii n totale et I'aiualgaination de sou fer avec Ic gypse, anroient evi lieu ; il faut ii'avoir pas la inoindre idee de ce (jui arrive au fer, dans I'eau salee , pour croire qii'une clef puissey avoir rtste sous la meme forme (pie I'art Ini avoitdonneej et fpie le gypse n'aurolt pas ete iutluieinent compenetre de sa siihstiirre inelallique reduite a I'etat d'oxide. Cast uue sorte de Ijonheur pour cette celebre piece, qii'elle ait e!e perdue tout aussitot que tiree dufond de la carriere de Montinartre ; puisqu'apres avoir figure comme un ruojiument de la plus graiide importance, elle se trouveroit con- damnue a rentrer dans I'igiiolile obscurite de la vieille ferraille, d'ou il aurolt mieux valu ne la jamais tirer. §. V. Descr/piion du morceaii de fer a cheval trouvd dans les carridres de Montniartre . Le jugemcnt un peu severe que j'avois d'abord porte contre la clef aiinoiicec par Lamanon comme tm corps Stranger pris dans le gyp^e a une e[)0([ue tres-reculec , ne pouvoit pas me laisser de grandes dispositions a la facilite vers le morceaude fer ^ cheval que Ton a trouve a 5o pieds de la surface dans les memes carrieres , et que I'on conserve au cabinet des mines. Heureusement je pouvois le voir ^ I'exarainer avant d'en pro- noncer mon opinion. Ij'aimable , lionnfite et savant citoyen Sage, qui preside k ce magnifique etablissement, a bieii voulu me per- mettre non-seulcment de le voir a mon aise , mais aussi de I'em- porter pour le faire dessiner cxactement sous mes yeux. Le cit. Sage m'ayant paru tres-peu convaincu de la grande antiquite du morceau en question , et sincorement interesse ^ la decou- verte de la verite, je me trouvai, avec le plus grand plaisir , en pleinc liberie de dire ce quej'en petisc. Vous voila une des- cription minutieusement exacte de ce aiorceau ; je crois qu'il devie.at indispensable d'etre minutieux lors>|u'il s'agit de detruire la base d'une errcur accieditee. Lafig. A de lap'anclie I"", cl-jointe , represente la moitie d'un fer a cheval ien, mon cher et savant ami, que des naturalis- tes qui me valent cent fois , ne Croient pas plus que moi a ra/z- Zf^f^/te'des ornitholithes , malgre les temoignages multiplies des rhapsodistes. Je me flatte que vous n'y croirez pas nonplus dor^- navant. Salut et amitie fraternelle. F. 342 JOURNAL DE PHYSJQTJE, DE CHIMIE M O Y E N D E determiner la quantite de soufre et de fer que contlent la mine jaune de cuivre, . Par B. G. Sage, directetn' :de la premiere ecole des mines. . La couleur de cette mine est d'un Jaune vif qui tire sur celle de I'or ; qn remarque souvent sur sa surface du rouge pourpre •yiolace et du bleu verdutre chatoyant , ce qui lui a fait donner le noiri de injne de cuivre queue de paon ou. gorge de pigeon ( i ), ] vL^. forpiede cette mine jaune de cuivre est ]e tetraedre equi- lateral et sea varietes. Autaiit ces cristaux reguliers sont rares ^ rpncontrer , autant cette ruine est commune en masse solide , compacte , informe, quelquefois lamelleuse; on en trouve de superflcielle sur les empreintes de poisson scliisteuses d'Eisleben. et de Mansfeld. J'ai dit dans le second vol. de ma Mineralogie , page i.Z\ , que la mine jaune de cuivre contenoit toujours du fer et du soufre en plus ou moins grande quantite; je suis parvenu a les deter- miner par les experiences suivantes : La mine jaune de cuivre que j'ai employee etoit sans gangue ; je I'ai pulverisee dans un mortier de cuivre. Quatre cents grains de cette mine ayant ete exposes ^ la tor- refaction dans un test qui a ete trop ecliauffe, la mine s'est fondue et a produit une masse jaune, compacte , brillante, vio- lacee dans quelques endroits de sa cassure. Cette mine n'etoit point h. I'etat de matte , c'est-i-dire , en masse noire coinme elle le devient lorsqu'on la torr^fie en grand. Ayant grille quatre cents grains de mine de cuivre ^ un feu propie a. la tenir rouge dans un test, il a fallu quatre lieures pour en degager tout le soufre ; il est reste une poudre d'un brun (i) La mine jaune de cuivre exposee a la vapeur du gaz hepathique , se colors a^n;i. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 643 Doiratre , composee de chaux de cnivre tt de fier. Le barreau aimant^ passe dans cette cliaux niixte , en est retire avec une houpe de f'cr. La niiiie jaune de cuivre ne perd pas sensibjcincnt: dc son poids par la toirefaction ; cependant le soxifre iirule ct s'exhale en acide sulfureiix j mais les metaux en se calcinant augmentent de poids par I'acide et I'eau qui s'y incarcerent : le combustible fburnit I'acide, et I'air decompose foiirnit I'eau. J'ai determine la quantite de fer contenue dans la mine jaune de cuivre J en mettant un quintal fictifdc cette mine torreliee en digestion k froid, dans del'alkaii volatil; j'en ai rerais surcette cliaux jusqu'a ce qu'il ne se colorat plus en bleu 5 le ^cv est reste au fond du vase sous forme d'une poudre ijoiratre , laqiielle lavee et dcsscchee est attirable par Taimant. Cc fcrpesoit la moitie de la mine que javois mise en digestion avec I'alkali volatil. J'ai degage le soufre de la mine jaune de cnivre en la distll- lant avec deux parties d'acide vitriolique concentre ; il a passe de I'acide sulfurenx, en meme temps le soufre s'est subliaie sous forme citrine, et s'est fondu dans le cou de la cornue. Detache , lave et pese (1) il repi-uscnte le cinquieme de la mine jaune de cuivre ; cette proportion est la meme que celle du soufre qui sert a mineraliser I'antimoine ; le bismuth, le cobalt. Le residu de la distillation de la mine jaiine de cuivre et de I'acide vitriolI<[ue , ayant ete lave , filtrd , evapore, a produit en premier du vitriol martial en beaux rhombes; il avoit une teiijte bleuatre due au cuivre. La mine jaune de cuivre peut etre decomposee par I'acide ni- treux a vingt six degres, tpii dissout avec effervescence le cuivre et le fi?r , et prend une belle couleur verte. 11 faut faire digerer a plusieurs reprises de I'ac'de nitreux sur la mine, jusqu'a ce qu'il ne se colore plus et que le soufre soit au fond du matras sous forme d'une poudre blanche , qui retient quelquefois un peu de fer. Ayant reduit la mine jaune de cuivre avec trois parties de flux noir et iin cinqnienie de charbon , elle a produit par quintal trente livres de cuivre friable, en partie attirable par I'aimant. (1) En (lefa1r|uanlU qmntite do foufre que decompose I'acide vitriolique, dont ijuarante decoinposent une de eoufre qui passe en acide sulfureux. 844 JOURNAL DE PHYSIQUE, BE CHIMIE Cette reduction est vorace , puisque celte mine contient par quintal, Cuivre 4° Fer 4° Soufre 2o C'cst I'alkali fixe dn flux noir qui dissout du ciiivre ; de sorte que si on tentoit la reduction de ce metal sans ajouter de char- bon , on courroit risque de ne pas obtenir de culot. O BSERVATION Scju le passage de la terre animale ou terre absorbante a I'etat de terre calcaire (i). Par B. G. Sage , ^ directeur de la premiere ecole des mines. r La cendre produite par les os brules est blanche et compos^e de plus de deux lid's de terre animale et d'une partie de cette ineme terre combinee avec I'acide phosphorique. Elle produit par la lessive une assez grande quantite de matron, dont le feu a, isuivant toute apparence, separe I'acide phosphorique. La cendre des os doit etre consideree comnie un sel phospho- rique avec exc^s de terre animale. Cette cendre privee de natron par la lessive estinsipide, insoluble dans I'eau; mais le sel phos- phorique devient soluble si on le degage de I'exces de terre ani- male avec laquelle il est combine , ce qu'on opere par I'acide vi- triolique : il laut quatorze parties de cet acide concentre contre vingt-quatre de cendres des os ; moins elle est calcinee k blanc, plus on en retire de sel acide phosphorique vitrescible ; il s'y trouve dans le rapport du tiers. Ce sel compose de terre animale (i) La terre calcaira differe de celle des os , en ce qu'elle est composee d'aci- dum pingue et d'un execs de terre animale ; la calcination la reduit en chaux, ce qui n'arrive pas a la terre des os qui est un sel phosphorique avec execs de terre animale. Lenom dephcphaie calcaire donne a la lerre des os est par consequent impropre. et ET D'HISTOIRE NATURELLE. 345 et d'acide pliosplioriqiie , peut etre decompose par I'alkali iixe qui en precipite iin sel phosphoreux caicairc insoluble. Ce ca- ractere d'iiisoliiliilite sert k faire connoitre qu'il y a de la diffe- rence eiitre la tene aniinale et la terre calcaire, puisque le sel acide phosphorl(|ue a base de terre auimale, est soluble dans I'oau ; vitriue il jiroduit une masse pellucide leg^renient cyanee , tandis que le sel phosphorique a base calcaire , produit par la fusion un vcrre blanc deuii-transparent , cristalUse a. sa surface en espece de dendrites. Six onces de sel acide phosphorique vitrescible desseche en pate molle , out exige quatre onces d'alkali fixe du tartre poiir ^tre decompose ; le precipite blanc lave et desseche pesoit niie once six ^ros. Les iessives evaporees ont produit trois onces cinq gros de tar- tre phosphorique ; ce sel expose an feu dans un creuset , se lique- fie, se boursoufHe et fond. Si on Ic verse sur une plaque de ler , il a la transparence du verre tant qu'il est chaud , et devienc blare et opacjue en refroidissant. Ce sel fondu est sapide et solu- ble druis I'eau : il perd par la fusion les trois huitiemes d'eau de sa cristallisation. Dans la decomposition du sel acide phosphorique vitrescible par Talkali fixe, il y a plus de uioitie de 1 alkali decompose , puis- qu'on n'obtieiit que trois onces ciiii] gros de tartre phosphorique qui contient les trois huitiemes d'eau. La portion de I'acidum pingiic, principc de I'alkali fixe (i) qui se modilie en gnz acide niephitique esttrespetite ; cet aciduiii plngue se coiiibine avec la terre anitnale , et constitue de la terre calcaire , latprelle se saturc d'acide phosphorique , el forme le sel insoluble dont je viens de parler. (i) Toutesles fois que I'llkall fixe est empluye a lu preciplUlion d'une suljs- t;incc, il y a une partie (le I'alkali qui se decompose et dont I'acidc et la terre font piirlie de la substance precipil^e. Le mercure degage de I'acijj nitreus par I'alkali fixe en ofi're I'exemple; si on dislille ce precipite, il se sublime en sel raer- cariel , .■mi generis. La terre de I'alkUi reste au fond de la cornue. Tome VII. FLOREAL an 8. Xx ■^tS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE EXPERIENCE Propre a faire connoitre la quantite d'acide du Sucre (i) que contient I'esprit-de-vin (2) , Par B. G. Sage , directeui de la premiere ecole des mines. Urbain Hierne , chiiniste suedois , a le premier indique que lorscju'on decomposoit I'esprit-de-vin par I'acide nitreux , on obtenolt du residu refroidi un sel ; il etoit reserve k Scheele de faire connoitre qu'il etoit congeii^re de I'acide du Sucre. J'avois regarde depuis longteinps I'esprit-de-vin comine un sa- von acide , puisque i'ether et I'huile du vin qui le composent sont miscibles a I'eau. L'acide du sucre est le medium d'union , ct s'y trouve dans une proportion assez considerable. Je ne suis parvenu k la determiner exactement qu'apres avoir varie et mul- liplie I'experience ; voici celle k laquelle je me suis arrete. Je mets dans une cornue de verre une partie d'esprit-dc-vin et trois parties d'acide nitreux a trente-deux ilegres; j'adapte k la cornue des balloris en(iles que je ne lutte pas; j'echauffe un pcu le bain de sable dans lequel j'ai place la cornue. C'est envi- ron au trentieme degre du tbermoraetre de Roaufuur que le me- lange se decompose ; il se produil une effervescence accompagnee de gios bouillons et de vapeurs de gaz nitreux rutilant ; en meme temps I'ether passe avec explosion dans le recipient et parfi:me le laboratoire : il faut que la cornue soit assez grat^de pour con- tenir douze fois plus que le melange qu'on y a introduit. (1) L'acide du Sucre est connu dans la nouvelle nomenclature, sous le nora d'lirije o::alique ; inais pourquoi ne pas parler fraucais? Pourquoi ne pas lui Liis- ser le nom d'acide du sucre , puisque c'est dans ce sel que cet acide est le plus abonilant, puisque seize parties de sucre produlsent des parties d'acide concret. (2) L'esprlt-de-vin rectifie est nomme improprement par les chimisles neolo- gues] ali-o/iol. Gemot, dit Trevous , est derive du mot arahe /-(»/, qui si^nifie vendre, subliie , diminuer, reduire en poudre impalp'ible j il ne pent done etre appriiable qu'aux corps solides. Les philosophes doivent mellre dc la precision el de I'exactitudo dans leur langagc. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 5^7 L'ether s'etant ainsi degage on entretieiit le feu sous le bain de sable , et Ton continue la distillation jusqii'a ce qu'il ne reste plus qu'environ le trente-deuxi^ne du melange ; on laisse alors refrojdir le bain de sable , et Ton trouve au lond de la coinue de beaux cristaux 'd'acide du Sucre en prismas tetraedres , sous iin peu d'eau acide. Seize onces d'esprit-de-vin rec'ifie m'ont produit una once un gros vingt-quatre grains d'acide concret de sucre. Lorsqu'il est en combinaison avec l'ether et I'huile essentielle du vin , il neu- tralise leur odeur ainsi que les liuiles qui le rendent volatil. Ce qu'il y a de remarquable , c'est qu'il brule avec elles, puisque la combustion de I'esprit-de-vin pur, faite a I'air libre , ne laisse rien. Quoique le terme de I'eau bouillante soit necessaire pour dega- ger du vin I'esprit inflammable , il n'y existe pas raoins en na- ture; il m'y paroit doublement engage par une portion de tartre qu'on retrouve dans le residu de la distillation du vin. La cha- leur agit aussi vraisemblablement sur une matiere glutineuse semblable h celle qui est dans la lie du vin ; des qu'elle s'est separee et epaissie , I'esprit- de- vin se degage , se volatilise. Lorsqu'on distille un melange de parties egales d'esprit-de-vln et d'acide vitriolique concentre, on resinifie , on charbonne I'huile essentielle de I'esprit de-vin ; on debarrasse l'ether de ses liens. Cette espece d'liuile essentielle surchargee de phiogistique est inalterable par les acides, et peut etre consideree comme le gaz inflammable fluide dont il a en effet toutes les proprietes. Xx « 54S JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE SECONDE LETTRE DE J. II. VAN S WIN DEN, rRorESSEUR a Amsterdam, All citoyen Cotte, I'hii des Conservateurs clc la Biblioth^cjue natlonale du Pantheon , sun LES GRANDS HIVEflS. H I V E R D E .709. Observations falies en ylngleterre. M. Derham a donne une bonne dissertation sur le froid de 1709 (1), et il a fait des comparaisons utiles. Le tliermometre dont il se servoit des 1697, mais qu'un accident a lirise le 22 Janvier 1709, etoit k esprit-de-vin et expose a I'air libra. Or, le 3o decembre 1708, v. st. dont on se servoit encore en Angle- terre ; c'est-a-dire , le 9 Janvier 1709, n. st. le thermomelre de Derham a ete k 44 > c'est-i-dire a un degre pres au iri6me point anqnel un melange artificiel de sel et de glace , on de glace ej d'esprit-de-vin I'avoit fait descendre un jour froid. Cette seule indication nous suffiroit, quand meine nous n'en aurions pas d'autres , pour constater , au inoins d'une inaniere pr(ibaLle , la marche de ce therinometre : inais nous les avons , et cela n'est pas inutile, puis'|ue cet instruiuent a scrvi aux observations de 1699 et 1708 , qui ont ete publiecs : j'ai donne ailletirs (2) la re- ductioji de ct: thermoraetre a cclul de Fahrenheit , es[)rit-de-vin : et si on vouloit le rednire au tliennouietre ^ inercure , c'est le no. i3 de mon tableau qu'il faut clioisir. A I'occasion de cette lettre , j'ai revu mon travail sur ce thermometre, et je n'y trouTe fl) Phil, transact., n°. .024, vol. 26, p. 454et£uiv. (a) Traitu des therm. , parag. 226 , 227. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. S-iO rien h changer. Les observations de Boerhaave (i), celles de FahreriheitVn'x in^nie (2) et celles tie Braun. (3) conconrent toutes a placer ce 43'" degre dn therm, de Derham , au zero de Fah- renheit, et par conseijuent aux emirons des 165 — \a,\i\e Deluc , ou de 17,8 du ceniigrade. Le 9 de Janvier a ete k Upminster ou M. Derham observoit, le jour le plus froid : les trois jours suivaus et precedens le therinometre a eie a 9 heures du matin : Jours. Derham. Fahr. Cent'g. 6 66 i5 7 . . . . 76 22 .... 8 58 .. . . 10 . .. Jan vier. 10 ^a-peu-pres ... 52 6 . ... 11 . ... 63 14 • • • 12 54 7 .. .. J'observe que M. Derham a remarque que quoique I'hiver de 1684 ait ete plus long, le froid de 1709 a ete plus vif, et que le meme therinometre, observe les grands hi vers precedens, s'est tenu rnoins bas qn'a I'epoque actuelle. Ces observations thermometri(|ues sont les seules que je sache avoir ete faites en Angleterre : et elles prouvent que le froid y a ete nioins vif qu'en France, ct ii-peu-pres egal k celui qu'on a ressentl en Hollande , ou meme un pea plus fort : ce qui est tres-rare. Berlin. M. Gr'tschow a public (4) les observations faites par le celebre astronome Godefroy Kirch : je possede en outre le journal ma- nuscri t de 31. Kirch , continue apr6s sa mort par sa veuve ; on n'y trouvepastoujoursles observations thermometriques : iiiais je vais compulser et joindre aus. observations que M. Grischow nous a fait connoitre, ce qui meparoitra utile. Le therinometre etoit a la ve- rite a esprit de-vin , et sans echelle comparable : niais M. Gris- chow en a fait une comparaison immediate {5) a I'ancien ther- (j ) Elem. chim. p. 86 , edit. Paris, (2) Phil. 'J'rans. , n". 182. 5) Nou. Comm. Petr. XI , p. 294- 4) Ali.icellanea Berol. , VI, p. 3l3 '5) lb. p. aSa. 35o JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE moin^tre de Fahrenheit : elle laisse a. la verite quehjue chose a deslrer, mais il est impossible de se procurer actuellement des renseignemens ulterieurs : j'ai fait usage de cette comparalson ailleurs (i) j elle me mettra a meme , au moyen de mon grand tableau, de r^duire ces observations au therroom^tre k mercure ordinaire, et au centigrade. 6 janv 7 9 •• 10 11 Kirch. . 5 .35 .... 11 .... . 8 . 6 Deluc. 12 . . . . . . . . 10. Q ... Centigrade. .. i5 . .. i3.6 ... 11.2 ... i3.3 .... ... i3.3 1... . . 16.6 ... 16.6 Au haut du B.i J... ... 10.1 12 . .lOur . , ... 12.5 -J... ... i5.6 Au haut du 8.1 j... . . . 10. 1 • jour 19 21 ....... 22 . . n ... 8.7 • • • • / . . . 10.4 • . . • . . . 12.5 . . . 0.7 . . . 16 ... i5 6 En date du 9 , M. Kirch marque deja que journellement on entend parler de gens qui sont morts de t'roid , soit des sentinelles en faction , soit autres : et en date du 10 il ajoute n'avoir jamais vu le thermometre aussi bas : que lorsqu'il demeuroit encore k Guben (dans la basse Lusace) , il a vu une fois son thermo- metre a 8, et que c'etoit un tioid excessif ; vraisemblablement c'est de I'hiver de 1695 qu'il entend parlier. — On voit que le degre de froid observe cette annee k Berlin , est ^-peu-pr^s le meme que celui qu'on a observe en Hollande ; et il est remar- quable qu'il est moindre que celui qui a eu lieu k Berlin en 1716, 1727 , 1781 ou 1740 > ce qui n'empeche pas que I'hiver de 1709 pris dans son ensemble , ne puisse avoir ete plus rigoureux. Dantzick. Boerhaave dit dans ses Elemens de chlraie , que le thermo- metre de Fahrenheit y a ete vu k 1 degre au-dessus de zero : ce (i) Traiti des thermometres , p. a 13. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 55i Tapport me paroit inexact : niais M. Hanow (i) a publie des observations detailiees , faites par M. WMch sur I'aiicien ther- moiiietre de Fahrenheit. Le troid a ete excesslf a Dantzick : car, 1°. du 3 au 12 de Janvier , il a ete chaque j(jur au mains au 90 de I'ancien thermom^tre de Fahrenheit, ce qui revient k zero du nouvcau J de I'actuel , et consequemment a 145 de Deluc , ou 17.8 du centigrade : je dis au mains , car il paroit par ce que M. Hanair ajoute, que I'echelle de ce therinometre ne s'etendoit pas au delude 90 : et qu'iiarrivoit de-la que I'observateur re no- toit pas les degrcs quand la liqueur etoit parvenue au-del^ de ce point; 2°. que le therraometre a encore ete au moins au ui^me point les 19 , 20 et 21 : que les autres jours il a ete rarement (en le rapportant tout de suite aux thermometres usites aujour- d'hiii) plus has oue 9 de Deluc, ou n •j du centigrade; 3°. que quoique le therinometre ne soit pas parvenu au-dessus de la glace avant la iin de mars , et que le Iroid ait ete extremement vii'en fevrier, sur-tout le 21 (D>;luc, 10.6, centigrade iS.z) et les 23, 24,25 : que le therinometre a ete entre 16.7 et 12.1 de Deluc. Tout le inois de mars a et^ d'une rigueur extreme , jusqu'au \j , n'y ayant pas eu de jour que le thermometre n'ait ete au-dessous de 7 de Deluc (8 \ centigrade) , sur-tont Ic 8 qu'il a ete k ii.3 de Deluc (14 centigrade), et le 16 qu'il a ete ^ 11.7 de Deluc ( 14.6 centigrade ). Je n'ose transcrire ici les ob- servations de peur d'entrer dans trap de details. Malheureuse- ment le journal de M. Kirch, K Berlin , ne renferme (|ue peu d'observations thernioinetriquts correspondantcs. 11 y est seule- uient fait mention de grand froid : mais ce que nous venons de dire sulfit pour prouver I'intensite et la duree extraordinaire de cet hi^'er , ainsi que les differences qu'il y a eu en diffierens endroits , et pour la rigueur , et pour les epoques , et pour la duree du grand froid. Kiel, Koenigsberg , Hambourg. On trouve dans le premier volume des Miscellanea Beroli- nerisia une notice des plus grands froids observes par M. Rechen depuis 1679 — 1709 inclusivement : les observations ont ete faites a Kiel ; malheureusement I'echelle du thermometre n'esc pas (1) Dins un ouvrage allemand trci-iDieressant , iSe/itn/jei^en »'oniVaft R R E. II suit du detail dans lequel M. Derham est entre , i". que le froid a ete plus vif en Angleterre , sur-tout dans les parties m^- ridio;iales, qu'en 1684 ; 2.°. que le froid a ete tr^s-rigouroux du 5 au 0.5 de Janvier, surtout les 10 et i3 : que du 2.5 au 3i il y a eu un 'aux degel , et que la gstee a repris le 01 par un fort vent d'ouest : et ijiie du 17 de fevrier il y a eu jusqu'au 17 de niars de fortes gelees accompagnees de beaucoup de neige 5 3°. Que les eaux out ete gelees a une profondeur considerable, quoique M. Dcrha/n doute qu'elles I'aient ete aussi profonde- ment que dans le long liiver de 1684 : et que la Tamise I'a ete beaucoup inoins ; 4° que le froid a ete beaucoup plus foible dans les parties septentrionales de I'Aiigleterre et en Ecosse : et meme riiiver a ete peu rigoureux dans ce dernier pay; ; il n'y a eu ni lacs ni rivieres de geies : I'liiver y a cependant ete long , quoique la gelee n'ait pas ete forte : et Boerhaave Ta.Y>YiOr\.e aussi que le therniometre de Fahrenheit est descendu en Irlande a zero , ce qui fait i4j de notre thermonuaitre ordinaire , ou 17.8 du cen- tigrade : ce qui iie dolt pas etre, ce nie semble j un froid bien considerable pour un climat aussi septentrional. Lc froid a aussi ete bien plus foible en Irlande qu'en Angleterre, inais plus fort qu'en Ecosse. H O L L A N D E. II y a eu qualre epoqnes de fiold ; i". en dccembre 1708: 2°. du 5 Janvier au 2.5 : le degel du 2.5 fut aussi subit que la repiise du froid fut [)ro:T!pte le 6 : car le malin il faisoit un tenqis fort doux , et a 5 heurcs le froitl rigoureux commenga; 3°. gelee lorte les huit preuiiers jours de R^vrier : et /\°. du 20 au 23 de mars. Les vents d'est et de nord-est ont ete les pliis fVe- qiiens : des le 19 d • janvior la M;use etoit gelee du village de Maa:lan Islu'is jus pi'a la Briel , ce qui'n'avoit pas eu lieu en J684 ■• le 19 on traversoit le laciiomuie Zuiderzee (IcicusJIevusJ, ETD'HISTOIRENATUTxELLE. 355 de Stavoren a Enkhuisen , en traiiieau : on alloit m6me k patins de Harlingiie a Amsterdam. En avril il y avoit encore beaucoup de flagons dans le Z ui derz^e . ■ Allemagne et pays die nord. M. JVoIfi\\y\se , dans la dissertation que j'ai cltee plus haul , ce rigoureux liiver en phisieurs periodes : nous ne ftrons men- tion que de ceiles qui nous paroissent les principales. 11 avoit peu gele au mois de decembre : la nuit du 12 au i3 il y eut rniti violente temjwte d'un vent d'est. M. Der/iam remarque qn'on ne s'en est pas apperru en Angleterre : il gela les premiers jours' de Janvier ; inais le 4 il survint un degel accompagne de tem- pete et de grosse pluie : le 6 un vent de nord - est amena de la neige et le froid intolerable qii'on a eprouve jusqu'au 2.5. Le temps fut assez doux les premiers jours de f'evrier : niais le I'roid reprit avec force du 9 fevrier au 17 de mars : et le i3 avril lut le premier jour d'un temps doux. La ville de Dantzicket les environs paroissent avoir ete dans la region ou le froid s'est fait sentir avec le plus de force. Les ob- servations thermometriques rapportees ci-dessus, prouvent com- bien il a liiit froid en fevrier et en mars : le degel ne commenca que le 3i , et M. Buynius , de Dantzick , a tenu note , que le 8 d'Avril la Baltique; etoit encore couverte de glaces , aussi loiit que la vue , aidee de lunettes d'approche , pouvoit s'etendre. Le froid a ete excessif "k. Riga : en avril la gelee continuoit vigourcu- sement i Stokholni : et le 21 du mois la Baltique n'etoit pas encore navigable sans danger. En Danemarck le froid a ete violent, et ou a marque de Copenhague, que le froid y cgala a-peu-prcs le degre du froid artificiel (1) : en avril tout etoit encore convert de glaces : i Hambourg il paroit y avoir eu dcs intervalles ; en general , on seroit tente de croire que le froid a ete plus fort au centre de I'Allemagne , coiiime a Francfort , a. Cassel , que dans les parties plus borcales de ce vaste em- pire. {\)PMlos. trans, nS. 3a4j p, 458. ya 556 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE Fhance. Italie. On trouve siir le froid de 1709 assez de details dans les Me- raoircs de rAcademie pour 1709, pour 1710, p. 44° ^ alnsi que dans les Memoires de I'Acad^mie de Montpellier , t. 1 , p. 92 , pour que nous puissions nous dispenser de nous etenilre sur ce point. Deux phenomenes reniarquables ; I'un , que le plus grand froid a eie accompagne a Paris, d'un vent de sud; I'autre , que ]a Seine n'y a pas ele enti^reinent gelee , n'ont pas echappe k la Hire , k Homberg , a Fontenetle. La Garonne a ete gel^e ; le Rhone etoit reinpli de glacons qui s'y etoient accumules a 12 pieds de hauteur : I'c^tang de Thau, d'ailleurs orageux , a ete enliertinent gele. On alloit sur la glace , de Balaruc a lloussigny, et a Cette : il y cut un degel le a3 de Janvier : un autre le 26 de fevrier , qui I'un et I'autre Etoient accoinpagnes de rliumes epi- deniiqnes. Le froid a ^te excessif en Suisse , merae en decembre 1708 : et jl senible qufe les reprises et les diminutions aient toujours pre- cede ce qui a eu lieu en Anglcterre (1). II est facheux que le therniometre dont M. Scheitrer s'est servi ne fournisse pas assez de donnees pour le rapporter ^ des eclielles connues. On a mar- que qu'ii la fin de Janvier on passoit la glace des lacs de Cons- tance et de Zurich avec des voitures chargees : mais la glace avoit disparu au commencement de fevrier. Le froid n'.i pas ete moins violent en Italie : I'ambassadeur d'Angleterre ^ Florence, marquoit k M. Dcrharn , que le 10 de Janvier le froid etoit a-peu-pr^s au degre extreme; c'est-i-dire , que la liqueur du thermometre dont on se servoit, indiquoit ti- peu-pres ce dernier degre ; que la mer etoit gelee sur les cotes de G^nes. La mer adriatique I'etoit en entier , phenomene qu'on disolt alors n 'avoir pas eu lieu depuis 859. Le froid se lit sentlr egalemcnt a Romfej a Naples et en Espagne. On se plaignoit en Janvier a. Cadix , et en fevrier i. Bilbao, de la rigueur de la gelee. On n'a qu'^ lire les deiails publles par Derham et par la so- civ>te de Montpellier, pour sentir combien les aibres et tout ce qui tient au regne vegetal ont souffert par des hivers aussi rudes : (1) Phil, trans, n". 321 , p. Sat. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 35? Duhamcl et Bujfon sont d'avis (i) que I'liiver dont nous parlons a eii les suites les plus desastreuses et dont on appercevoit encore ]es effets vingt-cinq ans apres : car on trouva alors dans beau- coup d'arbres des phenomenes qu'll ^loit impossible d'attribuer a d'autrcs causes. Au reste, on sent que ces degats doivent avoir ete tres-differens en difftrens endroits , selon que les ar- bres etoient plus ou moins abrites j selon qu'il y etoit survenu des degels interreediaires. Les observations de Scheurer et do Derham servent de preuves. Le froid a fait perir beaucoup d'hoinmes en differens pays , et il a eu un effet remarquable sur les oiseaux de passage : plu- sieurs sont venus se retugier dans des climats plus dotix oil on. n'etoit pas acoutume ales voir, ni en si grand notnbre, ni en pareille saison. M. Derham en a fourni une liste. Ne pouvant copier ici tout ce qu'il dit sur ce sujet , et sur tout ce qui a rapport aux effets de ce froid rigoureux , je prends la liberte de vous y renvoyer. Tel est, mon respectable confrere, I'abrege des recherches que j'ai faites sur I'hiver de 1709, qui est peut-etre par sa ge- neralite, par sa rigueur et par sa duree , le plus violent que nous ayons eu jusqu'ici dans ce siecle ; il est du moins un des plus remarquables. A mesure que nous avancerons nous trou- verons des observations plus detaillees , et elles rendront I'his- toire des autres hivers rigoureux plus interessante et plus ins- tructive. (1) SiippUm. a Vhist. natur. , in-12, tome 4, p. 3o. 358 JOURNAL DE P H Y S I Q U E , DE CHIMIF, COMPARAISON DES TEMPERATURES PROBABLES De cliaque constitution lunaire , annoncees dans I'armuaire mhteorologique , pour I' an 8 , avec les temperatures obser- vees de ccs constitutions pendant les six premiers inois de la mcme annee , Par L. CoTTE, I'un des Conservateurs de la Blbliotheque nationale du Pantheon, etc. Le cltoyen Lamark partage chaque mois lunaire en deux constitutions ; I'une qu'il appelle co«ii/to^/o« hoi'eale , couiprend le temps que la lune emploie ^ parcourir I'liemisphere boreal, depuis I'equinoxc ascendant jusqu'iirequinoxe descendant : cette epoque , suivant ce savant , doit etre marquee par un temps liumide ou pluvieux; pen de froid : par des vents qui soufflent des regions du sud et de I'ouest j et par I'abaissement du mer- cure dans le barometre. La scconde constitution s'appelle austmle; c'est le temps ou la lune parcourt I'liemisphere austral depuis I'cquinoxe descen- dant jusqu'a. i'equinoxe ascendant. Les probabilites pendant cette epoque sont pour un temps sec , ordinairement froid; pour des vents qui soufllcnt des regions dii nord et de Test, et pour I'as- ccnsion du merciire dans le barometre f 7 cn^s I'annuaire me- teorologique pour I'an 8 ). L'obscrvation a depuis fait de'couvrir au citoyen Lamark une cause d'anomalie qui tient tl I'epoque des quadratures de la lune avant ou apres les lunistices : dans le premier cas , la cons- titution atmospherique est troublee ; dans le second cas, die marche assez regulierement. Chacune de ces epoques est de irois mois. Pendant les premiers trois mois de cette annee, les qua- dratures tomboient apres les lunistices ; les constitutions out done du etre telles qu'elles ont ete annoncees : le conlraire a du arriver dans les trois autrcs mois oil les quadratures prece- doient les lunistices. Nous entrons en germinal dans un trimes- ET D'HISTOIRE NATURELLE. SSg tre favorable aux probabilites annonceesi la premiere constitu- tion de ce niois a bien marclie. Dans im grand nienioire que le citoyen Lamark a lu a I'Acade- niie des sciences il y a plus de vingt ans , et dont j'ai donne I'ex- trait Aa.iisnicsmemoires surla meteorologic, tome premier , page 2o5 , il a-\oit deja annonce cette sorte d'influence lunaire sur ia direction des vents etsur la icarche du barometre; inais il con- sideroit la revolution de la lune sous un autre point de vue; il la rcpresentoit allant dans la premiere epoque du tropique du capricorre au tropique du cancer; ou du lunistice austral an lunistice boreal ; et dans la seconde epoque, parcourant et des- cendant I'espace compris entre le tropique dii cancer et celui du capricorue , ou entre le lunistice boreal et le lunistice austral. Sous ce dernier point de vue ,il .consideroit la lune toujours ascendante dans la premiere epoque, et toujours descendante dans Ja seconde ; au lieu qu'actuellement chaqiie constitution est marquee ou partagee entre une marclie ascendante et une marclic descendante de la lune, ou de I'equinoxe au tropique , et du tropique a I'equinoxe. D'apres ces deux nianieres de considerer le mouvement mens- truel de la lune , j'ai fait des recherclies dans mes registres d'ob- scrvations , dont je piiblierai les resultats dans ce journal. Je me borne aujourd'hui a rapprocher les temperatures oljservees pendant chaque constitution lunaire , des temperatures annon- cecs comme probables par le citoyen Lamark; j'y joiiidrai la marclie du thermometre et du barometre pendant chaque cons- titution : c'est le resultat des observations ineteorologiques faites avec ia plus grande exactitude par le citoyen Messier, pendant les six premiers mois de cette annee. Temperatures probables. Temperatures ohservees. Constitution australe , du 7 au 20 vendcmiaire. Vents dcnord,denord-ouest Vent sud- ouest. — Temps et peut-Ltre de nord-est qui se- doux; couvert le plus souvent : rent plus comrauns que d'aa- assez pluyieux. tres. ■ — Temps un pen froid ; le plus souveiit sec. Ciel plus ou moins couvert, et meiiie beau temps. SCo JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Temperatures pi'obahles. Constitution boreale., du 21 venddiniaire au 4 brumaire. Vents de sud , de sud-ouest plus communs que d'autres , et peut-etreviolens. — Temps plus souvent convert, peut-etre plu- vieuxj en general plus humide que sec , et dangereux sur nos iners. Constitution australe , du 5 au 17 brumaire. Vents denord, denord-ouest et peut-etre de nord-est, qui soufHeront principalemeiit. — Temps clair , beau , plus sec qu'humide , peut-etre un peu iioid : brouillards vers la fin. Constitution boreale, du 18 brumaire au premier Jrimaire. Vents de sud, de sud-ouest ou d'ouest qui soufHeront plus ou moins fortement , mais qui seront plus communs que d'au- tres. — Temps le plus souvent, convert , peut-^tre pluvieux dans le commencement : brouil- lards. Constitution australe, du 2, au i^yrimaire. Vents des regions du nord plus communs que d'autres. — Temps froid j ciel souveut de- Tempdratures observees. Vent sud-sud-ouest. — Temps calme , assez doux ; couvert ; pluies frequcntes. Vent sud-ouest. — Temps doux , humide j point de brouil- lards. Vents sud-ouest et nord-est. — Temps doux, d'abord cou- vert et humide , ensuite serein et sec. Vent sud-est. — Temps froid d'abord , doux ensuite , sec et en partie couvert. couvert : E T D' H I S T I n E N A T U R E L L E. 36i Temperatures probables. Temperatures obsenees. couvert : des gelees pourront avoir lieu. Constitution boreale , du \S au 2.Z frbnaire . Vents de sud-ouest, onest , et quelquefois de nord-ouest. — Temps couvert , froid et tres- humide ; neiges ou gei^es vers la fin. Constitution australe, du i<) frimaire au 1 1 nivose. Vents de nord-ouest et de nord qui varieront irreguliere- ment. — Temps souvent decou- vert; gelees fortes : vers la liu temps neigeux. Constitution boreale, du 12 au 2.6 nivose. Vents de sud-ouest et m^me d'ouest qui varieront irregulie- rement, et peut-etre avec me- lange de vent de nord. — Degel ou temps pluvieux, froid et hu- niide , et peut-etre mixte et Ventnord-est. — Tempsfrold; le plus souvent couvert, aveC brouillards. Ventnord-est. — Tempsfroid ; gelees fortes ; le plus souvent couvert avec neiges. Vents sud et sud-ouest. — Degel , temps couvert , doux , humide , avec brouillard. Constitution australe , du 27 nivose au 2 - 0,3 — 2,0 3,0 — 4,.o 1,3 — 0,5 0,2 — 7>2 3,0 BAROMtTRE. Plus grande elevation. P. L. 28.3,40 4,95 1,00 i,5o 4,92 1,12 Moindre elevalio n. P. L. 27.4,65 io,5o 6,55 0,-3 6,70 4..i3 28.4,.j5 27.0,70 Elevation moyenne. 27.10,95 28. 1,38 27.10,08 7;19 28. 0,42 27.10,12 27.10,74 enclre son jngement sur ]a theoiie du C. Lamark , 'I'oi'i; 7, page 362. MARCIfE DU TICERMOMfeTRE ET DU BAROMtTRE PENDANT LES COXSTITLTIONS. CONSTITUTIONS A U S T R A L E S. CONSTITUTIONS BOREaL LS. / I'oyuEs (I r s fONSTITI'TIONS I'll 7 auao vvni)^- iiiiiirB, . . I)ii i au 1 7 lirii- fitiiirpt l)u a ail 14 fri itinirn I III ai| rrininiro *<> I I ItlVMIC. I)ti j-T ni\t^lo au i| jil«i\ l>u t-\ |iliivii'i»o on li Mnl«'"0 I l)ii J I vt'iitAx' nti ' 3 gcTiiiiital n«>> 'J 11 IK Mo M I 1 It I.. 11 A H I) M 1 1 II I riu> graade • litlcar. Moiodrc rhatcur. I). i',o 13,0 «.« 11,0 10,5 10,5 III' CbaUur . Pliu grandr : Moiadn moyvssc* n. f.,j - It." I - s^ - 1.9 1 1 .7 1 — 1 ' .0 lc.,.i — Si 4.1 clrTalioa. r I. i.ia • A* 1^ 4,0 a«.$,IU« ^l^atioa. P I. »7-r.': Ma 11,93 »/.' Elrralaon Boyansr. I' U UvJ7 10,92 ■iK.lfix 17. 8, TO 9.i» ii.S<> L P O Q U E S n ■» I, Til in MOM I. 1 K 1. K \ 11 O M 11 I! Ptut graadc CONSTITUTIONS. rhalear. Il'i »i TrTi<)fin'iaira I II* an ir«. . I).i iS an aM rri- mair*"- . . > * Du II au a6 ni- vo*« Du 10 au 3^ plu- Vlf'n." .... |Im 7 «u -io «rB >7-*i<> i- . 10,8' >loindra rhalaar. ilitVLT » l«.o 5,5 7.4 IJ/> — 0,0 6.0 7.0 — 7.» - 04 7X> — ».o 5.0 — 4." i.i o.? ~ *,S o.t t%fi — r.a Outtar noyvfinc- n. riui gnnilal Moindro ^Uvalion. ^Uralio n P. I. «8.3,ko 4,9i 1.5a 4.9> i,ia il.Vji >7 4,'''.< to,io • i.-t 8,70 . 1.1 27.0,73 RUviiioii iDo^onnF. 17.10,9.1 j8 I.3H a7.10.5N •7.10,11 a?. 10.7 1 Jo Iniiisr on Icclcur Ic »oiii ilc fiiirc Ici comparaisont ct tic tircr Icj roitM-qucnccs. Jc I'cngagc ii auipcnJre »on jiificnient itir la ihcoric du C. I,ainark , jusciii'a ic (jM'il ail puliiio ics nouvcUcs consijcrationi qu'il doit d respcricaco. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 36J NOTES SuR les degres de froid observes k Paris et ailleurs , pendant riilver de I'an 8 (1799 a 1800). Par L. CoTTE, I'un des conservateurs de la Blblloth^que ra- tionale du Pantheon, des socletes d'histoire naturelle , de medecine et d'agriculture de Paris j de la societe d'eraulation d' Abbeville j de la societe meteorologlque de Manlieim. Les observations ont ^te faites a Paris , 1°. a I'Observatoire na- tional , par le citoyen ]\Iecha'in , avec un tliermometre a mer- cure suspendu a un arbre sur la terrasse de I'Observatoire , au lever du soleil ; a I'Observatoire de la marine , rue des Mathu- rins , hotel de Cluny , par le citoyen 3Iessier, avec nn tliermo- metre h. mercure divise en 85 degres du point de la congelation k I'eau bonillante : j'ai reduit ces observations h. I'echelle de 80 degres ; 3". dans la rue de la Vieille Estrapade, qui est le point le plus eleve de Paris , avec un thermometre d esprit de-\in, do trois pieds de longueur, construit en 1762, par Cappl , sous les yeux de D. Bedos de qui je tiens eel instrument precieux. Les observations de Bruxelles ont ete faites avec un thermo- metre h. mercure , par le citoyen Focderle , qui s'occupe depuis longtemps d'observations georgico meteorologiques : il m'a com- munique aussi les obsrevations faites k Prague. . Le citoyen Mechain m'a communique les observations faites a Tarbes par le citoyen Darigos. Enfin M. van Swinden, ce'ebre professeiir de physique, etc. k Amsterdam , a eu la complaisance de in'envoyer les observa- tions qu'il a faites dans cetteiville. • * Zz a oSi JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE PARIS. JOURS Du Mors. OBSERV. OBSERVATOIRE Rue cle la DE LA MARINE. ViEILLE EsTRAP. 1799. AN 8. NATION. , ii» r-"*^ x_-.*n Decemb. Frimaire. Heures. Deg. de fr. Heures. d. de f. 19... 28.... -7,56 8 mat. — 6,8.. l.dus. — 7,0 20. . . 29.... — 7,0% Id. . . . -6,3.. — 7,0 21 . . . 3o.... — 10,00 Id.... — 9,4. . — 9.6 Nlvose. 1 — 5,c7 22. . . 6 mat. _ 5,2.. -5.2 23... 2. . . . — 6,56 8 mat. - 5,8.. -5,5 24... 3.... — 8,16 Id.... — 7y7-- — 7,0 2.5... 4..-. — 2,72 Id.... -2,8.. — 2,7 2.6... 5.... - 7.56 Id.... — 6,6.. -5,9 27... 6.... — 2,00 Id.... — 1,0. . — 1.7 28... 7.... — 9.12 8i.... -9,4..- 'ro'l's — 8,4 29... 8.... — 3,5o 8 mat. - 4.3.. L.dus. -4.5 3o... 9.... -3,36 Id.... — 3,3. . -3,0 3i... 10. . . .| — 11,04 7 mat. — 10,3. . — 9,2 1800 Janvier. 1 . . . 11 —10,88 7imat. —10,3.. -9>5 2, . . . 12. . . . — 0,16 Id.... — . 1,1.. -0,5 d... i3.... H- 2,56 8 mat. — 0,0.. ■+■ 1,1 4... 14.... Pluv. -H 2,l6 Id.... — 0,0. . -+- 2,0 22. . . 2 . . . . — 2,56 7 mat. -2,8.. -1,8 2.0... 3.... — 3,36 8 mat. — 2,0.. — 2,0 E T D' H I S T I R E N A T U R E L L E. -305 T A R B E S, BRUXELLES. JOURS DU MOIS. Heures. d. de f, JOURS DU MOIS. Heures. d. de f. 1799. AN 8. lygy. AN 8. Dec. aofrim. 29 65 mat. — 7,9 Ddc. 3i niv. 10 8 m... — 8,7 35 niv. 4 I^d.. . . . . — 6,9 2 s. . . . — 5,7 28 7 Id..... — j,^ 1800. 10 ;S.. — 10,4 Janv. 1 11 8 ra. . . — 5,5 29 8 6im... — I2j3* 2 12 degel. 105S. . — 10,5 Fev. i2pluv.23 8111... — 6,7 27 vent. 8 — 4)0 PRAGUE. 28 9 — 6,2 Mars. 1 10 — 6,'j Dec. 25) niv. 8 6 m. au has de 6 i5 4,2 laville — 19,5 7 16 — 7,7 au haut de la 8 17 — 7,2 ville. — 21,0 p 18 — 4,0 10 197m... 9^2 PETERSBOURG. — 26,0 as.... -h 3,5 ARCHANGEL — 36,o n 20 2 s. . . . h- 7,0 BRUXELLES. AMSTERDAM. Dec. i61rini. 25 8 mat. — 4>o Dec. 28 niv. 77m... — 10,2 17 26 — 5,7 29 8 minuit. — 5,3 18 27 — 3,2 3o 98m... — 14,2 19 28 — 6,0 niidi. . — 10,0 20 29 — 8,7 8 s — 1 5^5 21 _ 3o — 8,7 3i 10 matin. — 9,8 22 niv. 1 — i,'j Janv. 1 11 — 8,0 23 285m.. 5,7 2 12 /\,'J 2 3 — 7,0 8 18 - Ai'] 24 3 8m... — 5,2 10 20 — 1,3 27 6 — S,^ 28 7 11, o 2 s. . . . — 7,0 (*) 11 est bien etonnant que le thermomelre solt descendu plus bas n Turbea qu'ci Paris. 3GG JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE M. van Swinden observe (|ue la cliiite du therinonietre , de minuit du 8 nivose au matin du o , est tr^s remarquable. Un observateur , ami de M. van Swlnden, qui a observe pendant cette nuit , d'heuie en beure , a remarqne que le thcrmom^tre a commence a baisser k ime heure du matin ; la cliute du mercure a ete d'un degre et demi ou un dcgre par heure , et de deux degres et demi entre 6 et 7 heures du matin. Lc regne constant des vents du nord et de Test , depuis trois mois, est aussi un phenomenc remarquable dans une saison ou les vents sont ordinairement variables : et cette Constance de vents n'a pas empeche le i)arometre de varier bcaucoup, et de descendie souvent fort bas : peut-etre soufiloit-il un autre vent superienr ;i celui qui influoit sur nos girouettes ; mais il a rare- nieut prevalu dans notre region basse de I'ataiosphere. ANALYSE DU PYROXENE b'ARENDAL EN NORVfiGE, Faite au laboratolre de la maison d'instructlon pour reiploitatlon des mines , Par le citoyen W. Rous, de Geneve. Cette pierre , qui a ete envoyee de Copenhagne sans la spe- cifier, ni avoir donne de ( 1 ) renseignemens positif's sur sa situa- tion geologique , a ete nommee nielanite par quelques person- nes : elle doit etre regardee comme une variete de I'espece pyroxene. "^ Le citoyen Ilaily ayant mesure avec le goiiiometre les angles formes par les diff'erentes faces de plusieurs prismes cristallises d'une maniere assez nette , les a trouves, a tres-peu de chose pres , egaux ^ ceux du pyroxene. (i) II en a ete donne a la collection du conseil des mines, par M. Ingversen , danois , comme venaat d'Arendal en Norvege. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 067 Sa durete est mediocre, I'acier la rave facilement : elle est parfaiteinent opaque; sa cassure est lamelleuse , nette et bril- lante. Elle se fond au chalumeau en un email noir sans boursouf- flenient. Le barreau aimante n'eprouve , k son approche ^ (]u'nne le- g^re deviation Le noir tirant un peu siir le verdatre est la couleur qn'elle affecte en masse; broyee , sa poussiere est d'un vert asscz clair; Sa pesanteur speciOque est 3.6, tandis que celle diW. pyr'oxhie des volcans est communenicnt 3.2. Cette difference pourroit etre due ^ la pi'esence du fer et du manganese, un peu plus abonJans dans cette pierre que dans le pyroxene de I'Etna , et a I'absence de la magnesie , rempiacee par une plus gran- de proportion de cliaux. Les differens echantillons de cette pierre presentent un grand iiombre de lames appliquees les uues sur les autres , et d'une contexture tres-serree. La masse est parsemee de groupes de cristaux prismatiques plus ou inoins reguliers; ces prismes sont des liexaedres. L'in- cliiiaison des faces donne des angles tres-eloignes de ceux que presentent les cristaux A'am-phiiio/e , quoique le premier aspect fit rapporter le pyroxene de Norvege ;\ cette espece. (^) 100 parties de cette pierre ont ete broyees et converties en une poussiere d'un vert clair : traitees avec /^oo parties de potasse au creuset de platine , apres une licure de feu , le me- lange est entre en fusion pateuse. La masse refroidie se presen- toit sous une apparence homogene sans boursouftleruent ; sa cou- leur ctoit d'un vert fonce : delayee dans I'eau, elle a conseine la meme couleur, cequifaisoit presumer la presence de I'oxide de manganese. Tout a ete dissous dans I'acide luuriatiijue ; la dissolution etoit couleur fauve rougeatre. ( B) Cette dissolution a ete evaporee h. siccite pour en chasser I'acide muriatique en exces, et precipiter la siiice. La matl^re a siccite redissoute dans I'eau aiguisee d'acide muriatique , et filtree, a laisse une masse gelatineuse, qui, dess^chee et cal- cinee , a ete reconnue pour etre de la siiice. Cette siiice ctoit pulverulente , tres-blanche , et pesoit 45 parties. C ( ) Dans la liqueur filtree il a ete verse de I'ammoniaque , laquelle y a produit un preci()ite aboudant, floconneux et rou- geatre, lequel a ete separe de la lir^ueur surnageaiite par la fil- tration. 3C8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE (D) Celle-ci a donne, par la potasse caustique , unprecipite blanc et floconneux. Par I'evaporation et la concentration , le precipitc s'est encore augniente. Recueilli et calcine, il pesoit 3o.5 : c'etoit de la cliaux. L'on a examine cette chanx reJissoute dans de I'acide mti- riatique , afibibli d'abord avec quelqnes gouttes d'acide sulfu- rique , leqnel n'y a forme aucun precipitc , ce qui prouve qvi'il n'y avoit pas de baryte ; puis par de rainmoniaque, pour re- connoitre la niagnesie que la chaux auroit rctenue ; mais Ton n'a pas non plus obtenu de precipitc. ( E ) Le precipite obtenu (experience C) par rainmoniaque, a ete mis dans une dissolution de potasse caustique , et celle- ci poussee a ebidlition pour reprendre Talumine et la separer des oxides nietalliques presumes. C F J Sur la dissolution de potasse caustique ( au prealable saturec d'acide nitrique, lequel avoit fait paroitre un leger pre- cipite aussitot redissous par I'exces d'acide ) , l'on a verse du carbonate de potasse sature. Le leger precipite de carbonate d'a- luinino forme a ete calcine : I'alumine pesoit 3 parties. (G) Les oxides nietalliques de I'experlence ( E) , calcines , cut pri'i une couleur briin ibnce : leur poids etoit de 26 parties. La j)re3ence du manganese ayant ete indiquee par la couleur verte de la matiere (exp. A. ) , ils ontete redissous dans I'a- cide rauriatique. Durant la dissolution qui a ete faite k chaud , il s'est manifestement degage de I'acide muriatique oxygene. T,a dissolution saturee par le carbonate de potasse neutre , il y a eu un precipite qui etoit du carbonate de fer. La liqueur surnageantc , flltree , etoit tres-claire : chauffeea ebulition, ellc a laissc paroitre des ilocons blanchatres qui , recueillis et calci- nes au rouge, pesoient 5 parlies; leur couleur etoit grisatre, C'litoit de I'oxide de manganese , resseniblant parfaitement h. la mine de manganese oxidee, apr^s que l'on s'en est servi pour en obtenir du gaz oxygene par le feu. (//) Ces 5 parties de manganese dcdultes des 26 qxie pesoit le precipite ( G ) , il reste 2 1 parties pour I'oxide de fer. Mais comme ce n'est pas a I'etat d'oxids rouge brnn que Ic fer se Irouve dans le pyroxene , mais seuleraent a I'etat d'oxide noir , ou vert , ce qu'indique sa couleur , ces 21 parties ne represeu- tent reellement dans la pierre que 16 d'oxide de fer. II E T B' II X S T O I R r. N A T i: R E L L E.. SGg II resnlte c!e ces experiences, que loo parties du pyroxene d'Arei)dal en Norvege sont coiiiposees de {B) Silica 45.0. (/)) Chaux do. 5. (jF) Aluinine 3.o ( G ) Manganese 5 . o (//) For 16.0 Perte o . 5 Tot A L 100, o. OBSERVATIONS. L'analyse du pyroxene de I'Etna en Sicile, publiee dans le n". 39 du Journal des mines, a donne , Silica 62 . 00. Chaux i3.:io. Alumine 3 . 33. Oxide de fer 14. (>6. Oxide de manganese .. . 2 00. Magnesie 10 00. Perte 481. Total 100 00. On remarquera que dans la variete du pyroxene qui se trouve en Norvcge , les proportions de fer , d'alumine et de manganese sont, a tres-peu de chose pres , les nieines que dans celui de Sicile; mais qu'il y adela difference entre celies de la silice et de la chaux , et que la magnesie n'y a pas ete reconnue. Si le pyroxene de Norvege eut contenu cetta terre, c'est avec le man- ganese qu'elle eiat du ^tre melangee , comnie dans les expe- riences 5 et 6 de l'analyse du pyroxene de I'Etna , oil le preci- pite de manganese et de magnesie pesoit 12 parties. Dans l'ana- lyse du pyroxene de Norvege, ce raSme precipite ne pesoit que 4 -5 a 5 parties : 11 avoit tous les caracteres du manganese oxide Tome VII. FLOREAL an 8. Aaa 370 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE M E M O I R E S U R LA MANIE PERIODIQUE o u INTERMITTENT E, Par Ph. Pikel, Professeur k I'Ecole de medecine de Paris. I. On peut c'lter les acces de manie , consideres dans divers individus , comine nn exeinple f'rappant du peu de progres qu'a fait la medecine , pendant une suite de siecles , sur Talienatioti de I'esprit , dont la coniioissance d'ailleurs n'inleresse pas tnoiiis ]a philosophie morale et I'histoire de rentendement humain. Aretee se borne k dire que la manie periitdique est susceptible d'uiie guerison parftdte , si elle est bien traitee , mais qn'elle est suje;te k dcs rscliutes par le retour du piintcmps; par des ecarts du regime on dcs enipoi temens de colore. Coelius Aurclianus en caraclerise mieux les acces, en faisant noter la rongeur des yeux, le regard fixe , la distension des veines , le coloris des joues , et iin surcroit de forces; mais que d'objets I'un et I'autre laissent k desirer ! ou plutot ne reste-t il point a rejirendre I'histoire en- tic^'re des acces de manie, a faire connoitre la saison ordinaire de leur retour, leurs causes, leurs signes precurseurs, lenrs symptoiiies , leurs periodts successives , Uui s formes variees , leur duree , leur terminaison , les indices qui doivent faire esperer ou craindref II etoit bicn plus facile de compiler que d'observer, de donncr de values theories que d'ctaldir dcs f'a'ts poiitifs; aussi des autenrs sans nomljrc , tant anciens quemnJernes, se sont acquittes dignement de ceite taolie, et on a ecrit sans cesse sur la manie, pour ne se livrcr cpi'k de vaines repetitions et an sterile langage des ecoles. Los hi:^toires particulieres (ju'on en trouve dans les recueils d'observations, ne sont que des faits isoles, ou la vraie niethode deicriptive est egalement negligee, et les au- E T D' H 1 S T O I R E N A T U R E L L E. Zyi teurs n'ont eii guere d'aiitre \n\\. que de faiie valoir certains re- m^dcs (i) comiue si le traitement de toute maladie , sans la con- noissance exacte de ses syniptomes et de sa inarche, u'etoit pas aussi dangereux cjii'illusoire. II. L'hospice de Bicetre, con fie i mes soins, h. titre de mede- cin , durant I'an 2 et I'an 3 de la repiibliqiie , ra'ouvrit un vaste cliamp pour poursuivre dcs reclierches sur la manie , connneii- cees a Paris depuis quelques annees. Quelle epoque d'ailleurs plus favorable que cello des plus grands orages de la revolu- tion , toujotirs propres a donner uue activite brulante aux. pas- sions, ou plutut k produire la manic sous toutes ses formes r Les vices du local de I'liosplce , une iustabllite continuelle dans les administrations, et ia diliiculte d'obtenir souvent les objets ne- cessaires, furent loin de me rebuter. Je trouvai un tres-lieureux supplement dans le zele , I'intelllgence et les principes d'huma- nite quiauinioient ie'ooncierge^.un des hommes les plus cxperi- inentes dans I'art de diriger Jes insenses , et le plus propre par sa fermete courageuse , a maintcnir un ordre invariable dans riiospice. Ce sont ces circonstances qui , bien plus que le frivole essai que j'aurois pu /aire de rouveaux remedes, donnent du prix a mes oljservations ; car, dans la manie comme dans beau- coup d'autrcs maiadies , s'il y a un art de bien admiiiistrer les medicamens, il y a un art encore plus grand de savoir souvent s'en passer. III. II est curieuxde suivre pour ainsi-dire a I'oeil , les effets de I'influence solairesur le retour et la marche du plus grand nombre des acces de manie , de les voir se renouveller durant le mois qui suit le solstice du printemps, se prolonger avec phis ou moins de violence duiaiit la saison des clialeurs , et se ter- miner pour la plupart au declin de I'automne. Leur dnres est renf'ermee dans une certaine latitude de trois , quatre, cinq mois, suivant les varietes de la sensibilite individuelle, et suivant quo la temperature dcs saisons est acceleree, retardee ou inter vertie; (1) Je dols ciler , pour exemple, un resullat d'observations fdles il y a enviroH I rente annees , dans un hospice d'insenses ri Vienna en Aulriche, c'est-.i-dire dans une des villes de I'Europe oil la medecine moderne a ele cullivee avec le plus de succes. Le docleur Lautlier, medecin de cet Iiospice, ne nous parle que des essais de certains remedes, et des guerisons qu'il a operees , sans rien deter- miner sur I'hisloire , les differences , les especes de la manie ; ce qui est se raettrc lu niveau de ceux qui exercent I'empyrisme le plus aveugle et le plus borne. Aaa 2, 073 JOURNAL D E PHYSIQUE, D E C II I M I E les insenses de toule espece niaiiifestent en outre une soite d'ef- fcrvescence passagere et des agitations turnultueuses a. ra])pro- che des oragcs on par tin temps tres-cliand , coinine k 16 , 10 de- gres oil au-dossiis , an ihenriometre de Reaumur. II laarchent a. pas precipites ; ils declament sans ordre ct sans suite; s'einpor- tent pour les causes les plus legeres, on meme sans cause , et poussent ks vocilerations les plus bruyantes et les plus conluses. Mais on doit se girder de f'aiie une lot geuerale et de conclure que le renouvfllement desacces de mania est lou jours I'eflet de la clialeur ataiosplierique. J'ai vu trois insenses doiit les acces se renouvelloitnt seuleuient aux apjiroclies del'liiver, c'est-a-dire , aiis premiers f'roids du mois de brumaire. Ces acces se calmolent toui-a tour durant I'iiiver , lorsque la teraperiture se soutenoit qiielques jours a 10 ou 12 degres au-dessus du terine de la glace, et ils se renouvelioient alternalivement plusieurs fois durant la saison rigoureuse Je puis citcr aussi deus exemples d'un chan- gemeiit total pour les cpoques des acces. Deux insenses les eprouvoiciit constammeut an retour des chaleurs; I'un depiiis trois, I'aiitre depuis quatre annees ; mais depuis I'annee deruiere ils lie les eprouvent plus qu'au declin de I'automne et an retour du froid. A quoi tient done cette disposition nerveuse au rcnou- vellemenc des acces , qui semble se jouer des lois generales, et qui est susceptible d'etre excitee le ])liis souvent par la sai.sou des chaleurs, ct quelquef'ois par une temperature opposee ? Que devieniient alors les priucipes de la medecine de Brown , sur Tac- tion du i'roid et du cliaud , et sur le caractere de maladie silienique qu'il doniie a la mauie ? IV. Je viens de tracer la marclie generale que suit la nianie perlodique irreguliere , c'est-a-dire, celle dont les acces peuvent etre renouvelles, non seuleuient suivant les changemens et la temperature des saisons , mais encore par d'autres causes etraii- g^res, comnie des emportemens de colore, des objets propres a. rappeler le souvenir des causes primitives de la manie, la bois- son des liqueurs spiiitaeuses, ou bieii la disette tt le defaut de iiourriture, ainsi que je in 'en siiis assure j)ar les cibservations les plus constaiites et les [»lus reiterees. On remarque dans les hos- pices une autre mauie periodique reguliere, nulleiuent asscrvie aux vicissitudes de la saison , ou aux causes diverses qui viennent d'etre rapportees , r'nais dont les acces se renouvellent en suivant des periodes invariables , par une disposition interne qui ne nous est connue que par ses effcts. Celle-ci est bien inoins fdciie a gueiir que Tau^rej elle est aussi mollis frcquente, puisque dans ETD'HISTOIRENATURELLE. 373 trois recenseiiiens successifs que je fis de tous les insen^es de riiciSj'ice de Bicetre, diirant I'aii 2 de ia republiqiie, ponr avoir dcs teniits uioyens , je tiouvai que snr le iioinbre total de 200 , il y £n avoit 02 qui eprouvoient une nianie periodique irrcgu- liere , el 5seu!euieiit une nianie periodique reguliere. Un de ccs deriiicrs avoit charjue- annee un acces de trois mois , tjui linis- soit vers le milieu de I'cte. Los acces de nianie d'un second sem- Lloitnt siiivre L- type de la lievre tieice , puisqu'il jouissoit cons- tamnient dun jour de calme : un troisieaie insense etoit dans un. etat extreme de iureur , seukinent duraiit quinze jours de i'an- iiee , et il etoit cala e tt jouissoit pleinement de sa raison durant onze mois et demi. Je puis eiilin citer I'exenqjle de trois insenses, dont les acces se rcnouvciloient constauuncnt apies dix-liuit mois de calme, et dont la duree etoit de six mois revolus ; le caractcre ] articulicr des acces de ces derniers , etoit de n'<.lhir aucun trouble, aucun desordre dans leurs idees , aucun ecart extravagant de I'imagination ; ces insenses repondoient de la ma- ni^re la plus juste et la plus precise aux questions qu'on leur pioposoit, niais ils etoient doniines par la f'ureur la plus f'ou- gueuse et par un instinct sanguinaire , dont ils sentoient cux- lueiues toute I'horreur , mais dont ils n'auroient point ete les inailres de repriiuer I'atroce impulsion, sans les obstacles d'une leclusioii severe. Comment concilier ces faits ayec les notions que Locke et Condillac donnent sur la folie , qu'ils font contister ex- clusivement clans une disposition a aliier des idees incompatlbles par leur nature, et a prendre ces idees ainsi alliees pour une verite reelle ? V. Ce seroit toinber clans I'erreur ^ rjue de croire que les di- verses especes de manie tienncnt a la nature particuliere de leurs causes, et qu'elle devient periodique, continue ou melan- colique, suivant qu'elle doit sa naissance a un amour mallieu- reux, a des chagiins domestiques, a une devotion poiteejus- qu'au fanatisme , a des terreurs religieuses ou a des evenemens tie 'a revolution. Mais des informations exactes sur I'etat ante- ricur des insenses, et robscrvatioii des affections maniacjues qui leur etoient propres , ra'ont pleinement convainca qu'il n'y a aucuiie liaison entro le type particulier ou le caractere speci- fique de la manie, et la nature de I'objet qui I'a fait naitre , puisque parmi les niaiiies periodiques que j'ai observees , j'eu trouve dans lues notes quelqnos unes qui tiennent a ime passion ■violente et niallieureuse , d'autres a rambilion exalteo de la gloire, certaines a dcs revcrs de fortune, ou bien au dclire 5/1 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE d'line devotion extatique ; enfin qiielques-autres aux elans d'un patriotisme hrulant , niais le plus souvent depourvu d'un juge- nient solide. La violence dcs acces est encore independante de la nature de ces causes, et paroJt tenir a la constitution de I'indi- vidu on plnlot aux divers degres de la sensibilite physique et morale. Les honimes robustes et a cheveux noirs, ceux qui sont dans i'age de la vigueur , et qui sont les plus snscept'bles de passions vives et eaipoitees, seniblcnt conserver leur caractere dans leurs acces, et deviennent quelquefbis d'une fureur et d'une violence qui tient de la rage. On reiuarque moins ces ex- tremes dans les acc^s des liommes a cheveux chatains et d'un caractere doux et niodere ; leurs alfections maniaques ne se de- veloppcnt qu'avec une certaiiie rotcnue et avec niesure. Rien n'est plus ordinaire que de voir les honuues a cheveux blonds toinber dans une r^vasserie douce plutot que dans des emporte- luens de fureur , et finir par une demence d'imbecillite qui dc- vient incurajjle. C'est assez dire que les homines doues d'une imagination ardejite et d'une sensibility profonde, ceux qui peu- vent. eprouver les passions les plus fortes et les plus energiques, ont une disposition plus prochaine a la nianie ; reflexion triste , mais constannuent vraie , et bien propre ii interesscr en fiiveur des malheureux inssnses. Je ne puis que rendre un temoignage eclatant a leurs qualites morales. Nulle part , excepte dans les romans, je n'ai vu des epoux ])lus dignes d'etre clieris, des peres plus tendres, des amans plus passionnes, des patriotes plus purs et plus niagnaninics , que dans rhos]>ice des insenses , dans les intervallc'S de raison et de calme, ct I'honnne sensible peutaller chaquc jour y jouir da t|uelque scene attendrissaiite. Vi. La nature des alfections propres a donner naissance ci la mania p^riodique, et les affinites de cette maladie avcc la me- lancolie et I'hypccondrie , doivent faire prcsunier que le siege primitif en est presque toujours dans la region epigastrique, et que c'est de ce centre que se propagent , coinme par une espuce d'irradiation , les acces de nianie. L'examcn attentif de leurs signes precurseurs donne encore des preuves bien frappantcs de I'timjiire si etendu que Lacaze ct Bordeu donrcnt h. ces I'orcis epigastriques, et queBnlfon a si bien pelnt dans son histoire na- turelle ; c'est meme toutela region abdominale qui seuible entr(U' bien'.ot dans cet accord sympathiqiie. Les insenses , au prelude des acces, se plaignent d'un refserreinenl dans la region de I'cs- toiiiac, du degout pour les alimens, d'une constipation opiniatre, des ardours d'entrailles (pii leur font rcchcrcher dcs boissons ET D'lIISTOIRE N A T U R E L L E. 375 rafraichissantes ; ils eprouvent des agitations, des inqiiietudes vagues; des terrenrs panlques, des insomnies ; bientot apres le desordre et le trcidjle des Idees se marque au-dehois par des gesles insolites, par des singularites dans la contenance et les mouvemens du corps , qui ne peuvent qne i'rapper vivcrnent nn ceil observateur. L'insense tient quelqnefois sa tete elevee £t ses regards fixes vers le ciel ; 11 parle k voix basse ; il se proniene et s'arrete tour-^-tour avec un air d'adiniration raisonnee , on nne sorte de recueillement profond. Dans d'atTtres insenses , ce sont de vains cxces d'une liumeur joviale et des eclats de lire iinino- deres. Quelquefois aussi , comine si la nature se plaisoit dans les contrastcs , il so manifeste uiie taciturnite sombre , une effu- sion de larines sans cause connne, ou memo nne tristcsse con- centree et des angoisses extremes. Dans d'autres cassia rongeur presqne subitc des yeux , le regard etincelant, le coloris des Jones, une loquacite exuberante font presagcr I'exploslon pro- chaire de I'acces et la necessite urgentc d'une etroite reclnsion. Un insense parloit d'abord avec volubilite, il ponssoit de fre- qnens eclats de lire, il versoit ensuitc im torrent de larraes; et I'experience avertissoit Je le renferrner proniptement : car ses acces etoient de la plus grande violence, et il nieltoit en pieces tout ce qui tomboit sons ses mains. C'est par des visions extatl- qnes durant la nuit que prelndcnt sonvcnt les acces do devotion mania(|ne; c'est aussi quelquefois par des rCves enchantcurs et par une pretendue apparition de I'cibjct almc sousles traits d'une beaute ravissante, que la manic par amour eclate quelquefois avec fureur , apres des inter valies plus ou juoins longs de raison et de calme. VII. Celui qui a regarde la colere comme une furenr ou ma- nie passagere {^ira Juror Iwevls est) , a expriine une pensee tros- vraie , et dont on sent d'autant pins la profondeur, qu'on a ele plus a portee d'observer et de comparer nn grand nouibre d'ac- cto de nianie , puisqu'ils se inontrent en general sous la foniie eu de nourriture. On parle d'un hopital de Naples, oii une diete severe et propre a extenuer I'insense , est un des fondemens du trailenient. 11 scroit difficile de remontcr k I'origine de ce principe singutier, ou plutot de ce prejuge destructeur. Une inalheureuse experience qui a ete la suite des derniers temps de disettc , n'a que trop appris , a Bicetre , que le defaut de nourriture n'est propre qii'a exasperer eta prolonger la manie, lorsqu'il ne la rend point mortelle (i). D'un autre cote , un des symptumes le pins dangereux et le pins a craindre durant cer- tains acces , est le relus obstine de toute nourriture , rei'as que j'ai vu quelquefois se prolonger quatre, sept, ou meiiie quinze jours de suite , sans perte de la vie , poiirvu qu'on fournisse une boisson copieuse et frequeiite. Que de moyens nioraux , que d'expediens ne faut il point alors employer pour triompher de cette obstination aveugle. La Constance et la facilite avec la- f|uclie certains insenses supportent le froid le plus rigonreux et le pins prolonge , semble siipposer un degr^ siiigulier d'iiitensiie dans la chaleur animale , qu'il seroit curieux de connoltre au thermometre , si I'experience en etoit possible dans tout autre (i) Avant la revolution la ration jourmlicre dii pnin etoit seulenicnl d'lme livre et deniie; li dislnbulion en eloit faite le matin, ou plulot elle cloit devOrefe a I'lnstanl , et ime partie du jour sc p issoit tnsiiite dans une sorte de deli.e fame- liquc. En I7y2 celle ntion fut portee a deux livres, el la distribution en etoit laile le matin, a midi el le soir , avec une soupe soigneu?emcnt piepariic; c'eet inns doule la cause de la diEcrence de la mortalite qu'on rcmavque en f isant un Televe txict des i^gi.slres. Sur 1 10 in'enscs recus d.iiis I'hospice en 17^1-, il en Eiourut 57, r'esl-a-dire plus de la muiiic. Le rapport ful Ue g5 a i5l en 17S8; au contraire, durant I'an 2 et Tan 3 de la rcpublique, il n'cn est mort <]iic le Luilieme sur le nombre lolal. 3;-i2 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE temps que dans celiii dii caline. An luois dc nivose de Tan 3, et diirajit certains jours oii le thcnnoinetre indiquoit lo, 1 1 el jus(]u'a. i6dcgres au-dessous de la glace^ iin iriseiise ne pouvoic garder sa couverture de laine, et il restoit assis en chemise sur le parquet de sa loge j le matin, i peine ouvroit-on sa porta qu'on le voyoit courir en chemise dans I'interieur de I'liosplce , prendre la glace ou la neige a poignees^ rappliquer etla laisser fondre sur sa poitrine avec une sorte de delectation , et comme on respireroit I'air f'rais durant la canicule. Mais d'un autre cote , combien d'itiscnses ne sont-ils pas vivemcnt alfectes par le froid , uienie durant leurs acc^s'r Avec quel einpressement gene- ral ne les voit-on point se precipiter en hiver dans les chauffoirs! Et n'arrivet-il point chaqueiinnee des accidens par la conge- jalion des pieds ou des mains, lorsque la saisou est tres rlgou- rense ? XI. Les reciprocites singulieros ou la corrcspondance entrcles afieciioiis morales et les fonctions de I'entendement , ne se mar- (juent pas niolns au declin et a la terminaison des acces , que durant leur cours. L'insense meconngit souvent sonetat, et de- .inande ^ contre-temps d'etre rendu a la liberie dans I'interieur de riiospice, corume s'il n'y avoit rieii a craiiidre de sa foiigue cniportee; et c'est alors au survciilant de donner des reponses evasives , sans clicrcher a le conirarier et a le rendre plus fu- rleux. D'autres f'ois l'insense apprecie avec justcsse son etat , demandc lui-meme qu'on prolonge sa reclusion , parce qu'il se sent encore dotnine par ses pcnchans imjjetueux; il semble en calculer fruidement la diminution progressive, et il iadique sans se :neproadre I'inslant ou il n'y a plus a craiudre de ses ecarts. Que d'habitude, de disceruenient et d'assiduite ne f'lut-il point de la part du surveillant, pour bien satslr tontes ccs nuances ? Les acces qui , apr6s avoir dure avec plus ou moins de violence durant la saison des chaleurs , et qui se tenninent an declin de I'automne (HI), ne peuvent qu'amen^r line sorte d'epuisement qui se marque par un sentiment general de lassitude, un abal- temcnt qui va quelquefois jnsrpi'ii la syncope, une conliis:on extreme dans les idecs , et dani quclques cas un etat de st'-qumr et d'insensibllite , ou bien une luorosite sourbre et la plus pro- fonde melancolie. Souvent I'inserise rcste e'tondu dans son lit et sans mouveraent; ses traits sont altercs et son pouls foible et deprime. Cust alors que le concierge a bcsoin de redoul)ler de surveillance, sar-tout dans les iroids rigoureux , pour empechcr 'lue l'insense ne succouiLe dans cet etat d'atonie. On est oblige E T D' II I S T O I R E N A T II R E L L E. 383 lie rechaul'fcr, de lui doniier quelques cordiaux^ d'etendre sur hii trois on quatre couvertures de laine. Si ce chaiigeaient brusque arrive pendant la nuit, il pent deveiiir mortel par le defhnt de secours , ce qui doit engager un surveillant zele k i'alre des ron- des frecinentes a I'epoqne des premiers froids , et c'est ce qu'ou fait re^ntieremeiit dans I'hospice de BicStre. Un prisonnier au- trichien tut conduit dans ctt hospice , a litre de nianiaijue, et resta deux uiois dans une agitation violeiite et continuelle, clian- tant ou criant sans cesse , et niettant en pieces tout ce qui toni- boit sous sa main. li eprenvoit d'aiileurs une telle voracite qu'il mangeoit jusqu'a quatre livres de pain par jour. Sa manie se calma dans la nuit du 3 au 4 Iwumaire de Fan 3. Le matin on le trouva raisoniiable, raais dans un etat extreme de debilite. On lui donna a manger , et il fit quelques tours de promehade dans les cours. Le soir, en rcntrant dans sa logo , il dit cj.lOu- ver un sentiment de troid , et on cheicha k rechaulfcr en mul- tipliant les convertures de laine. Dans la ronde que le coucierge iit qnel(|ues lieurcs apres , il trouva cet insense mort dans son lit, dans la position qu'il avoit piise en se couchant (1), La mcme unit i'ut egaleiULUt funeste a un autre intense , malgre I'attention qn'avoit eue le surveillant de faire des roudes Ire- quentes. XIL L'homme eclaira se garde de devenir I'echo d'une opinion g^nerale : il la discate, et si les falts evidens et bien rapproches donjient un resultat contraire , il laisse les autres se comp'.aire dans Icur erreur^ et 11 n'en goiate que mieux la vcrite. Qu'im- porte done qu'on repetc sans cesse que la manie ne se guerit jamais; que si ses acccs dlsparoissent pour un temps, ils ne peuvent luanquer de se reproduiie : que tout traitement est inu- tile et illusoire ? II s'agit de savoir si cette opinion , generalement accreditee, s'accorde avec les fails observes en Angleterre et en France dans les hospices bien ordonnes. Pourquoi confondre les .suites de I'iinprevoyance avec les effets d'une application eclai- lee des vrais priucipes ? La sensibilite profonde qui constitue en general le caractere des manlaques , et qui les rend susceptibies (i) Je Irouve, dan&le journal de mes notes , que le mois cle vcndemiaire de 'an 3, avoit cte tempcre, et que le 29 du mem e mois Ic ihermomeire indiquoil S degres au dessus du la gUre. Le J brumaire le vent passa au nord , on sentit un froid assez vif; et le Icndtmain matin le tbermomelre indiquoil a peme un degre audessus de la glace. 384 ioURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE d'emOtlons les plus vives et de chagrins concentres , -les expose sans doute k des rechutes; inais ce n'est (m'une raison de plus de vaincre ses passions suivant les conseils de la sagesse , et de fortifier son atne par les niaximes de morale des anciens philo- soplies; les ecrits de Platon , de Plutarque , c!e Sene.|ue, de Tacite , les Tusculanes de Ciceron, \audront bien inieux pour les esprlts cultives, quo des f'orniules artislement combinees, de toiiiques et d'anti-spasniodiques. Lors raeine que ces reniedes nioraux ne peuvent etre mis en usage , la meilecine preservative et t'ondce sur des principes eleves , n'apprend-elle point k prendre des precautions k I'approclie de la saison des chaleur , a. produire ime lieureuse diversion par des occupations serieuses ou des tra- vaux peniljles durant Jes intervalles de calme, a compriiner pen- dant le retablissement, les travers et les caprices des insenseri par une fennete inflexible et un appareil de crainte , sans cesser de prendre en general le ton de la bienveillance et les voies de la douceur : k proscrire tout exces d'intemperance, tout sujet de tristesse et d'emportemcnt j a prolonger enfin , autant qu'il est necessaire, le sejour de I'insense dans I'hospicc, et a prevenir sa sortie preraatuiee (i). L'experience a confirme depuis long- temps I'utilite des mesures de prudence pour rendre les rechutes extremement rares ou presqiie nulJes. Je puisattester, par exein- ple , que sur vingt-cinq guerisons operees a Bicetre durant I'an 2 de la republique , il n'y a eu (jue deux rechutes causees , I'une par I'ennui et le chagrin , et I'aiitre apres cinq annees de reta- blissement, par line tristesse prof'onde, et qu'on peut regarder comme la cause primitive de la manie. XIII. On aitne k planer avec Stahl , au-dessus de cefte raede- cine philo- pharmaceutique, herissee de f'orniules et de petits moyens , et k s'elever meme dans la manie, a la consideration gencrale d'un principe conservateur , qui cherche k repousser toute atteinte nuisible par une suite d'ef'forts Iieureusement com- bines , de meme que dans les fievres. Une affection vive, on. (i)On nc doit point confondre les recliiiles produiles apres une sortie de I'lios- pice, cxigee par les parens de I'insense, ct malgre les conseils que lenr donneiit les pcrsonncs experimenlees ; on ne doit point , dis-]e, les confondre avec celles qui suivent nne sortie revetue des formes legales : les premieres sont plus Irc- qucntesj et on voit certains insenses revenir a plusieurs reprises a I'ho&pice de Eicetre. M;iis ce n'est puint la ce qu'on ajijiellc une gucrison; c'est une mipru- dence dont les suites avoient ete calculees, et qui ne lait que raieux ressorlir les vrais principes. pour E T D' II I S T O I R E NAT U R E L L E. 3SJ pour parler plus generalement, un stimulant qnelcontiite , agit f'ortenient sur le centre des farces epigastri({ues (V), y prochtit une coinmolion profbnde (jiii se repetesiirles plexus abdominatlix, eil ilounatit lieu i des rVisserremens spastnodiques , a une consti-' p-ation opiniatre , i des ardeurs d'entrailles ( VI). Bientnt apr^s il s'excite une reaction generale plus ou moiiis forte , suivantla sensibilite individuelle; le visage se colore, la circulation de- viant phis animee; le centre des forces ep>igastri([ues seuible re- cevoir one impulsion secondaire d'nne route autre nature que celle qiii etoit primitive (V), la contraction musculaire est pteine d'energie; il s'excite le plus souvent une fougue aveugle et une argitation incocrciblc; I'entendement Ini-ineme est entraind daiis cette sorte de d^sordce apparent ou plutot'dans cet enseiuble de Uiouvemens salutaires et combines (VII). Ses fonctionss'alterentj' Ou plusieurs k la fois , qu partiellement , et quelquefbis elles' redoii blent de vivacite. C'est ail milieu dece trouble tumultueux. que cessent les affections g-istriqnes ou ahdominales, apres une diiree plus ou nioins prolongee (X) : le cahnc succede , et amene en general une guerison d'arttAnt plus solide que I'acces a f?te plus violent , coniine le d'emontrent les observations les plus reiterees. Si I'aec^s est ati'-dessous du degre d'energie necessaire; la m^i.re scene peiit se rendu veller dans un ordre peri6dique (XI) , mais le plus souVent les acces'a^lh^i repetes diminuerit d'intensite, et finissent par disparoitrre. Sur trente-deux insenses avec inanie periodique irregnliere , vingt-neuf dtit ete aiiisi gUeris ; l^s uns par une suppression proinpte. Its autres par une' diminution progressive des acces ; Ifs'-'autres trois ont continue d'eprouver des acces de plus en plus:violens , et ils'orit fini par y suecom- ber : ce qui suppose qu'un vice organique ou nerveux a mis obstacle au developpement des lois generates. Et ne reti'ouvons- nous point des exceptions analogues dans les fievres , soit inter- mittentes , «oit continues ? Je puis alleguer encore d'autres laits sans replique , en faven'r des elfets salutaires des "acces de uianie. J'ai vu cinq insenses , depnis I'age de dix-hult jiisqu'a vingtcinq ans , airivcr a liic^tre avec une sorte d'obliteration des facultes de I'eniendement J ou ce qu'on peut nomincr une demence d'ini- becillite ; ils sont restes dans cet etat^ Irs uns trois m^is , les autres six ou sept mois, et quelques-uns meme plus d'une annce. Apres ces divers intervalles, il s'est produit dans -chacun une sorte de revolution interne et spontanee, qui a amene un acces unique des plus violens durant quinze, vingt, ou tout au plus "vingt-cinq jours, et tons ces insenses oiitrecoiivre I'usage de la Tome FJI. FLORE AL an 8. C cc 386 J O U R N AL ; D E P H Y S I Q U E , D E C H I M I E raison..Mais il paroit que ce n'est (jue dans i'age de la vigiieur rt de la jc'unesse qti'il pout s'oxciter mtqi sorte tie reaction aussi' ina,ttenduo ct aussi favorable, puisipip je ne puis citcr qu'un seul- exQnvpl^ seuiblablo, arxiye -vers la quaianlieme annee de I'age. J^ d«mande inainteijiant si tout uiedeci,n qui chercheroiti guerir i\e pijfeils accQ^, rie.m.eritei;oit point d'etre mis a la plat;e de Tin- . Sfiise lui-m^mer C'est lo,rs,queles acces s'exaspei-ent pour la dviree e,t la -i^'iuicnce , et lorsque la manie periodique, reguUere ou ir- regijliere, nienace.de devenir t'uneste ou de degeuerer en nia- niujCQntinue, qu'oi^.dpic cljieirchjer des.secours puissans dansl'u-, sage des. ;bains , des, douches , de ^opi^in,ldu cauiphre et autres {^i/^i-sp^srnod,iques dont I'expciience seaible avoir niorjtre I'effi-; cacite', uiaisdout.il reste a constater les etfets par des observa-, tioiisJMSiteset precises , iiieme d'apr^s les vnes de la niedccine qB Brown; car I'esprit fipndqur et les pcarts briUaiis dessyste- ijjfs,,.,sei,'yent. qiielquqfois jl 'plfiPfl^r dfs elans ;au. genie, ^ti si "V'^ulielinpnt n'eut point .existe, i|]est douteux qu,e SttiliJ^^uf q^, tc'iin, une ,snperlorite aussj fnar,c|ii6e en niqdecinjB. ,-,, ,,, pnlri ••.'■••f'. . Qn deplor«f le.sprt de I'espec^ Jiurnfine , quand on songe 4 la iiequence, aux causes multipliees de la manie , et aux circons- tances saps nonibre (jui ppuyent etre.pontKaii'^S iL.ceux qui.l'e-, prouvent J meme dans le§ iifstjjiutions 1^=^ ,pLi)Sjt;^^nreusf;iuent or- gajijseejS. V^^trOJ^.qne ciiaqMpjiijseiise S;9lt ga^-|<,y,(^|ans,uj\^ etrfljte. Inclusion par Sf^ fanal[e ? C'es,^ op^poser ,up qbstpicle etoruel a son ijelablisseiueiit— Consar.re-t-p(^ des, asy,(es publics i des rasseiji- bleinpiis nonibreux d'iiisens^s , et rennif^,on tovsjes a vantages du site , cle.l'etendne et de Ja slJstrilxntionjdp Jpcal,. que dc qualites rares , quel z^le ,' quel discern^tntint ,, qiiel heureux melange d'une feniiete imposante et d'un ccejiir compatissant et sensible lie faut-il poiiit avreaient ]a medecine, que I'art recherche de f'aire des t'orniules elegantes. Mais les clif- ficultes ne semblcnt-elles point redoiibler des I'entree de cette carriere , ])ar I'etendue et la variete de connoissances accessoi- res , necessaires a acquerir ? Le ruedocin peut-il rester etranger 41 I'histoire des passions humalnes les plus vives , pnisque ce sont-la les causes les plus frequentes de ralienatlon de I'esprit ? Et des lors ne doit-il point etudier les vies des homnies les plus celebres par I'anilntion de la gloire , I'enthousiasme des beaux- arts , les austerites d'une vie cenobltique , le delire d'un amour malheureux ? Pourra-t-il tracer tontes les alterations ou les perversions des fonctions de I'entendement humain , s'il n'a profbiidement medlte les ecrits de Locke et de Condillac , et s'il ne s'est rendu fainiliers leurs principes ? L'hiitoire de 1;^ inatiie n'esi-elle point liee avec toutes les erreurs et les illusions d'une credulite ignorante , les miracles, les pretendues posses- sions du demon , la divination , les oracles , les sortileges ? Pourra-t-il se rendre un compte severe des faits sans uonibre qui se passeront sous ses yeux , s'il se traine servilement dans des routes btttues ;, et s'il est egalement depourvu d'un esprit philosophlque et d'un desir ardent de s'instiuire ? Pvousseau , dans un acces d'humeur causlique , invoque la medecine , et lui dit de venir sans le^medecin ; il eut bien niieux servi I'hu- inanite , en faisant tonner sa voix eloquente centre I'imperilie preso:uptueuse , et en appelant le talent et le genie a I'etude ae la science qu'il importe le plus d'approlbudir et de bien con- iioitre. OBSERVATIONS SUR LE.MU.S TYPHLUS., Par le C. Olivier. Le citoyen Olivier a presente dern'i^rement a I'lnst'tnt le petit quadru]iede nomnie par les Grecs Spalax ou ^-Ispalax , (|u'on avoit jusqn'u present confondu avec le /"(//^i^ des Latins, la taupe des Fraiirais, malgre la difFerence que present;; nt toutes les par- tics de Icur corps, malgre que I'un soit reel lament avengle , et que I'autre jouisse coniplettemeat de la faculte de voir. Cette E T D' H I S T O I R E N A T tJ R F, L L E. 58: passer, lisez brider. OBSERVATIONS MTiTEOROLOG IQUES , FAITES r A n n o r V A R D , astronomc. T II E R M O M E T R E. I3ARO METRE. Maximum. Minimum, a Midi.? Maximum, 1 a midi a a 2 'a. 3 a 2 s. 4 a 2 s. 5|a 2 s. 6'a I f s, a 2 3 s. 7,. , 8 a 2 :; s 9|i25 s 10 a 2 s: J 1 a mid a midi a 5 s. a 2 is. As- 2 S. 2 ^S. 2 S. a 2 s. a 2 ^ s. 2 Is. a 2 is. midi 32 i S. a 2 s. a midi a 3 s. + 7.^ i 4- 8,z a + 9,4 a. +i2,oa + 12,3 a +io,7a +11,7 a +15,5^3 + 12,5 a + 9>7ja + 9,7,a +ii,o'd +i2,5!a +I2,fi'a + i3,5'a 4-17. 'ja 4-17.2 a +16,9 a +11,SU +11,3 a + i4,2 a + .1,5 +12, ,5 + »«,3 +21,0 + 17,4 +i3,.5 +i3,9 + i5,o a 6 I'm. 6' m. 6 m. 6 m. 6 m. ejiTl. m. 6.1 ra.. 5 .j m. .'' i m. 5 i 111. 6 in. 5;i m. 5>). 5 i in. .'i.im. 5 ^ m. 5 ^ 111. 5 j m. 7 m. 5i HI + 1,9 + 1,0 + ''t,7 + 1,7 + 2;5 + 5,0 + ' . + 5,y H- 4.9 + 6,8 + 8,0 + 8.5 + 11.7 +12,0 9;5 + n,5 + 3,0+12,6 + 4,0+12,2 ^,0+ 9'7 3,0+ 9,7 + 4,1 + 4,3 + ^,0 + 4,2 + 5,0 + 7,0 + 8,8 + • ■ + 7>o + 8,0 . 5 1 ni. m. . ,5 111. G 111. 7 m. , 5 ^ m. + 9,7 +1,2,2 12,0 + 12,G +i'i,CI -l-i<5,9 + 9fi +11,0 + 11,2 +11,3 +12,2 + i4,9 +20,0 +17,4 + 6,0 +12,.^ + 8,51+1 2,G + '5,5+12,9 + 8,8 + 7,5 a midi. . a 8 S11. . a 8 m. a 8 111. a 6 m. a 8 111. . d 6 I ir a 2 i s. n midi. a 7 1 111. a 3 s. a (i 111. . a 3 s. a 5 ^ 111. a midi. a midi. . a 8 i s. a 5 i m. a 6 111. . a 7 m. 3 2-, s. a 2 -, s. . a 2^ s. a 2i s. . a 5 m. a 8 m. . a 2 a midi. a 7 a5 28 1,0 . 28. 1,8 27.11,4 ^7, lO, I 27. 9,6 .27- 9,^ 27. 6,0 27. 7,1 27- 9,6' 27. 8,1 27. 5,5 27. 7,8 27. 8,6 27.11,1 27.11,2 27. 8,7 . 28. 0,6 27.10,9 , 27. 9,3 27. 8,9 27.10,5 27.10,5 . 27.11,8 28. 1,0 , 28. 0,0 s. m. 27. 27. 27- 27. 9,0 6,4 0,7 11,8 27.10,5 M I.N I 51 UM. a 7h Jm. a 9 5 s . a 2 s. . a s. . 3 2. s. . a 2 i s. '. a 2 k s. . a 6 i ID. a 7 J m. 3 2 S. . a 8 m. . , a 2 7, s. . a.i/lm. . 3 2 S. . . a5im.. a 7 I m. a 2 7 s. . a 7 5 s- a 2 s. . . . a 2 i s. . , 37 m. . a 7 m. . a midi. . . .i t> I III. i 2 i s. . a 2 .-i. . a midi. . a 6 m. . . u 25. s. a 5 s. . . 28.' 0,3 28. 0,1 27.1 1,0 27. 9,3 2'7- 9,0 27. 5,3 . 27. 6,4 27- 9,0 . 27. 6,5 27- 4,7 27- 6,9 .;27. 7,6 27.10,8 . 27.1 1,0 27.1 1,8 27.11,3 27- 9.5 ^7- 9. 1 27. 8,1 27. 8,5 , 27. 9,8 27.11,8 . 28. 0,3 .27.11,/! • 27. 7,9 . 27. 6,6 . 27.10,2 . 27.10,5 27. 9,3 aMidi 28. ■28. 127. 27. 27- 27. 27. ?7- 27- 27. 27. 27- 27- 27- 28. 27. 27- 27. 27- ^7- 27- 27- 27- 27. 27- 27- 27- 27. 27. 1,0 1 11,2 10,2; 9,6 9.5 5,3' 6,8 9,6 7 5,3 7,2 8,3, 10,0 11,2 o,5j 11,5 10,4, 9,2 8,3J 10,4; 10,0 11,8, 0,9^ 11,9 8,2 6,3 10,7 11,5 9,9 I RECAPITULATION. Plus grande elevation du mercure. . . 28. 1,82 le 2. Moiiidre eliivalion du mercure. ... 27. 4,72 Ic u. Elevation moyenne. ..... 27. 9,26 Plur, grnnd degre de cluileur. . . :'. + 2l,o le 26 Muiiidre dugre de clialeur. ..... + 1,0 le 2 Clialcur moyenne. . . . . +11,0 Nombre de jours beaux 9 dc converts 21 de pluie 13 V A L'OBSERVATOIRE NATIONAL DE PARIS, Germinal an riii. w POINTS c5 Hyc. Vents. 3 w LUNAIRES. 1 68,0 N. 2 70,0 0. 7, 72,0 Caline. Equin. ascend. 4 55,0 Est. Nouv. Luue. 5 55,0 S. fi S. 7 77,0 S-E. 8 68,0 S. Lune apogee. q 60,0 s. in 5G,o S. fort. 11 68,0 0. 19. - 35,0 vS-O. Prem. Quart. 1.^5 72,5 N-O. i4 62,5 s. 15 62,0 0. i6 64,0 so. 17 58,0 s. 18 51,7 Calme. Equin. descend. ") . . . S. fort. Pleine Lune. ■JO 68,0 S.fort. Lune perigee. 21 49,0 0. ■2 ■J 56, 0. ■>3 68,0 SO. 24 76,0 SO. fort. 25 70,0 S-O. -?fi 48,0 S. fort. Dern. Quart. 27 66,0 S-O. 28 55,0 0. 29 3o 56,o S-O. 56,o S-O. VARIATIONS DE l'ATMOSPHERE. Ciel couvert. Ciel trouble ; gelee bhmche etbrouil. le m. ; couv. le s. Temps bniineux toute la journee. Beau le matin; nuagcux le soir. Superbe. A dcmi-couvertlemalin; quelquesgouttes d'eaua 1 h. Pluie fine par intervalles. Beau le matin et le soir; couvert a midi. Ciel couverl ; leger brouillard ; nusgeux le soir. Quelques eclaircis le matin; pluie presque tout le soir. Quelque."! eclaircis; petite pluie le soir. Beau cielle matin; couvert I'apres-midi. Pluie avant le jour jusqu'a 7 h.; beaucoup d'ecl. le s. Ciel couvert; brume le aoir. Ciel a moitie couvert. Ciel couvert. Ciel nuageux et trouble. Ciel trouble et nuageux. Couvert par intorv. avant midi; pluie abondante le s. Beau dans la matinee ; f)luie continuelle I'apres-midi. Ciel a df'nu-couvcrt les trois quarts du jour; pluie les. Pluie fine le matin ; beau par intervalles le soir. Pluie fine par intervalles. Ciel couvert. Ciel trouble et nuageux. Ciel a demi-couvert. Quelques eclaircis. Pluie une parlie de la matinee. Quelques eclaircis. Couvert le matin ; a denil-couvert lo «oir. RECAPITULATION. de vent .28 de gelee o de tonnerre o de brouillard & de ncige o Le veiit a souffle du N 1 fois. N-E o E 1 S-E » S !0 S-O 8 6 N-O 1 Ddd Sgi JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE NOUVELLES LITTERAIRES. OEuvres diverses concernant les arts et les sciences , par J. B. JuMEi.iN , in-S". de 96 pages, avec deux grandes planches conienaiit 3o figures servant k I'explication dij texte. Prix 1 fr. 5o cent. A Paris, chez des Essarts, libraire , place de I'OJeon , Fuclis, rue des Matliurins , et Levaclier, rue du Hurpoix. Le citoyen Junielin so propose de publier successivement d'autres caluers 5 celui-ci contient^ 1°. une theorie du mouve- ment de rotation en general , ct son application aux mouvemens de la toupie j a^. une opinion sur lemagnetisme animal ; 3° quel- ques idees sur le perfectionnement des forges ; 4°. iin prospec- tus d'un plan d'education d'un genre tout-a-fait nouveau pour les enfans depuis I'age de trois ans jusqua dix. Ce caliier est termine par la description d'une machine a battre le bled , in- ventee en Angleterre, et par I'explication de figures representant des serrures de coiubinaison. Traite h'lstorique et pratique de I' inoculation , dans lequel on a lait entrer les articles les plus importans de I'ouvrage de Grandoyer ; on y expose les avantages et les regies de conduite relatives , non-seulement ^ la facilite de cette operation , mais encore au traitement de la petite verole 5 on y indique les moycns d'empecher {'extension de la contagion variolique , et Ton y propose un plan d'instruction generale par canton , par les ci- toyens Francois Dezoteux et Louis Valentin, docteurs en me- decine , de plusieurs societes ; avec cette epigraphe : II n'y a d' exempts de la peiite verole , que ceux qui ne vi cjuartier de la Sorbonne ; in-\% de 126 pages pour la traduction franraise, et 76 pour le poeme latin. Prix 2 francs , et 2. francs 10 sous , franc par la poste. Nous ne clterons de ce poeme celebre et connu, que la dedl- . cace de Cailleau : « Je dedie , dit-il, ^ I'illustre societe de me- decine , chirurgie , pharmacie de Bruxelles , pour la reniercier de m'avoir adiuis dans son sein , cette nouvtUe edition d'un medecin-poete , qui , dans uu ouvrage admirable , et sous un titre en apparence frivole , mais qui renipiit toutes ses promesses, a cliante en langage des dieux, et toujours en presence de I'au- gf -.te Minerve , i I'exemple d'Homere et du vieiilard d'Asora, la plus utile et ia plus aiuiable des sciences ; I'art de perfection- ner I'espece liuinaine et d'unir a un beau corps une belle aaie. >» Bordeaux, ce 2 pluviose an 7. Recreations tirees de V Histoire naturelle , traduites de I'allemand , de JM. fVilheini , ministre de la parole de Dieu , a Augsbourg , par le traducteur du Socrate rustique^ tome pre^- mier de la classe des insectes. A Bale, chez Henri Haag , 1798 et 1780; /«-8°. de 09. { pages. Prix 10 francs 10 sons, avec ^6 planches enlumlnees. Ce volume infiniment inslructif pour les eleves qni etndient I'histoire naturelle, ouvre, par une introduction relative a I'en- tomologie ; suit une table d'instruction sur les coleopteres , et enfin des descriptions sur les principaux insectes , avec leur re- presentation d'apres nature, parfaitement bien coloriees. line manque au premier volume qu'une tajjle latine et irancaise des especes qu'il renferme. Histoire de laji^vre qui a regne dpidemiquement & Grenoble pendant les mois de venddmiaire , brunaire ,fr'rmair-e et nivose Ddd a" ■SgS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE de la pr^senle annce , par le citoyen Trousset , doctenr en jncdecine de la f'aculte de Moi)tj)cnicr , professeur de physique et de chimie a. I'ecole centrale du departement de I'ls^re , ins- jjecteur descaux ininerales de ce departement, inedecln de I'hos- pice civil de la commune de Grenoble , et membre ou corres- pnndant de plusieurs societes des sciences et arts. A Grenoble , chez J. L. A. Giroux , imprimeur-libraire , place aux Herbes , in-'ii'i, de 91 pages. L'histoire de cette maladie epidemique qui a fait de grands ravages dans la commune de Grenoble , est imprimee par I'ordre de I'administration centrale du departement de I'lsere , afin de la repandre dans toute la republique , attendu que cette fievre y est traitee sous tous les aspects , et que le traitement a repondu a I'attente des ofiiciers de saute. Alanuel de I'ofjicier de santS , redige et public par Jean- Jacques Martin , m^decin , professeur de I'hopital militaire d'inbtruction de Strasbourg , partie pharmaceutique. A Paris , chez Villier, libraire, rue des Mathurins, n<>. 096; iii-'6'^. de 3o2 pages, Prix 3 francs 10 sous, et 4 francs, franco par la poste. Ce manuel estime par les gens de I'art , sera suivi de plusieurs autres sur les parties essentielles de la medecine. Le savant j)rofesseur qui en est I'auteur a deja doniie des marques qui lendent a reculer les liinites de la science. Disquisitio sy sterna muscorum frondosorum sueciae , adjectis descriptlojiibus et iconibus novarum specierum , in -8". A Stras- bourg, chez Amand Koenig , libraire, 1800. Prix 5 francs. Nous devons cet ouvrage au savant voyageur naturaliste SwARTz , auteur de la Flore des Indes occidentales. Flore de la ci ■ devant Auvergne , ou Recueil des plantes ohsenties sur les montagnes du Vuy-de-Dome , du Mont-d' Or , du Canial , etc. , seconde edition , augiuentee de plusieurs genres et especcs , avec les caracteres , la description , la duree , Id temps de la iloraison et la maturitii des fruits, la station , et toutes les phrases des auteurs presentees en latin, traduites en francais , pour I'utilite des eleves; par A. Deiarbre, medecin, correspondant des ci-devanl societes de medecine et d'agriculture de Paris 5 de la ci-Jevant societe des sciences, arts et belles let- ET D'HISTOIRE NATURELLE. Sg; Ires cle Clermont-Ferrand ; inembre d'icelle et de la ci-devant academic de Dijon; ancien proiesseur de botanique au Jardin des Plantes de Clermont-Ferrand ; deux vol. in 8". A Riom et k Clermont , de I'imprimerie de Landriot et Roussct, imprimeurs- libraires, an 8 (1800). ]Noiis avons rendu compte, dans les nouvelles litteraires de ce journal, du mois de septeinbre 1794* P^-g^ 32.1 de la premiere edition de cette charmante Flore. Celle qui fait robjet de cette notice en est tout-a-tait difterente. La preface jious fait connoitre succintement I'Auvergne; avant la nouvelle division de la France elle etoit d'une tres-vaste eten- due ; sa supcrficie avoit 89 lieues en longueur sur 19 de largeur. Une partie est en plaine , ou il se trouve quelques marecages ; I'autre est un pays de montagnes. On pent considerer cette con- trde dans sa gcneralite, comma un superbe cabinet d'histoire iiaturelJe ; si on gravit ces montagnes , si on les considdre avec un esprit philosophique , on y apperroit des produits qui jeitent le spectateur dans une sorte d'enthousiasme : il est tente de croire que la nature a produit ces espaces pendant ses moniens de caprices , et dans un paroxisme de convulsions. Chaque ob- jet s'y presente coniine un jeu de sa puissance; des sominets sourci''oux , jadis des crateres de volcans, ou des inonceaux de matieres heterogenes que les feux souterreins ont lances dans leur violence ; ces somniets couronnes de torets vigoureuses , ou couverts d'une verdure dont la vegetation annonce I'excel- lence du sol et la purete de Fair. Ces montagnes coupees par des vallees , airosees par des sources ct des ruisseaux d'une eau vive, entretiennent des pres emaillcs de fleurs , dont les environs culti- ves iournissent aux haiiitans du voisinage les grains necessaires il Icur subsistance. Ailleurs^ ce sont des vallees profondes et des precipices en quelque sorte impenetrables meine aux rayons du soleil, ou la neige se conserve depuis plusieurr. siecles. Ces con- trees inontagneuses elf rent presque par- tout les traces et les effets des plus aftreux embrasemens. Si le philosophe mineralogiste trouve dans cette vaste contree si amples matieres a. ses reclierches et a ses reflexions , il ne s'en presente pas moins au botaniste ; ses difterens sites lui offrent des jardins delicieux , oil la variete des vegetaux saiisfait ses desirs et accroit son emulation. Aussi chaque annee de savans curopeens eiilreprcnnent des herborisations interessantes ; ils gravisseiit les montagnes avec niie religieuse curiosiie, franchis- sent les inarais , parcoureat les plaines pour y aJaiirer et con- 3y8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE teinpler les z'ichesses vegetales et ruinerales , y recueillir avec profusion les productions de la nature. Leprofesseur Delarbre a fait des incursions botaniques pendant bien des annees , dans toutes les parties de la ci-devant Auver- gne ; personne n'etoit plus en etat que lui de nous donner I'inventaire complet des plantes que cette province contlent. II s'est forme une methode qui lui sert de guide dans ses cours de botanique annuels; elle n'est assurenient pas sans utilite pour les eleves ; elle leur forme une sorte d'introduction k I'etude dii systeme sexuel et des families naturelles. II est indubitable que des elemens clairs , gradues dans leur developpement , presentes avec nettete et precision , sont le moyen le plus propre k applanir la difficulte , a preserver du degout , a hater \e progres de la science. C'est la facilite de la methode qui fait naitre , qui fixe I'attention , qui hate le desir, et qui enfin , peut inspirer ce gout si desirable , ce gout qui n'est autre chose que le sentiment du vrai , et le talent de le placer dans le jour le plus propre k le niontrer dans toute sa force , son energie et sa beaute ; pour y parvenir on ne sauroit trop siuiplifier ses divisions et les presenter de maniere que I'en- sendjle soil forme par des chainons qui se trouvent comme lies naturcUement. La methode de ce savant et ancien professeur, est etablie sur la fleur et le fruit, en trois coupes divisees en neuf classes, qui coinprennent les fleurs monopetales et polypetales ; apetales et cryptogames ; en fruits superieurs et inierieurs. Cette methode suppose la connoissance des fleurs et des parties dont elles sont composees. Quant a I'ordre adopts dans cette belle Flore , on trouve la traduction fran(jaise des phrases sjsecifiques et carac- teristiques de Linna;us, de Tournefort , de Gaspard Bauhin et autres auteurs. L'indication de la duree des plantes : le temps de leur iloraison et de la maturation de leurs fruits; leur station , retymologie des noms. Ce recucil est adresse aux jeunes eleves afin do leur faciliter I'etude interessant de la botanique , par la simplicite et la brievete d'une methode , qui leur est presentee par un ceiebre naturaliste plus que septuagenaire. Apres la preface qui estinfiniment instructive, sulvent Ics classes qui ouvrent par des observations en forme de prolegoui^ncs, qui scrvent a developper les diverses sections de chaque classe. 11 ne nous reste plus qu'i offrir quelques notices tiroes du corps de cet ouvrage. Independamment d'une synonymic latine et francaise clioisie. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E: Sjg le professeur Dclarbre a qiielqnefois change les nonjs pour ad- mettre iine nomenclature plus touchante et plus prononcee. Parmi les plantes indigenes au departemunt , nouvellement decouvertes , qui ne sont decrites par aucun botaniste , on ob- serve le verhascum glabrum; le professeur Delarbre en avoit envoye la graine qui a ete ensemencce par le redacteur de cct article, dans le Jardin national des Plantes , de Nanci, et cela sans succes. \J aconitum 'willemetianum ; le savant auteur de cette Flore , assure qu'il saisit avec erapressement cette occasion pour temol- gner au professeur Willemet , de Nanci ^ sa vive reconnoissance des services essentiels qu'il a bien voulu lui rendre, lors du re- tablissement du Jardin botanique de Clermont , sur-tout de la maniere obligeante avec laquelle il s'y est prete. Le professeur Willemet , reconnoissant de I'honorable attention de son savant confrere , lui fait ici ses sinceres remerciemens ; des lionneurs analogues lui out ete rendus par le citoyen Godefrin , relative- ment a un grameii inedit , qu'il a nomme poa willemetlana 5 et Necker, premier botaniste de I'electeur palatin, de Manheim, lui a consacre un genre singenesien du nom JViUemetia. L'on remarque encore parmi les plantes inedites , Vasperula celticu , ou asperule du Cantal , \a. jasione Icjevis , Vaconitum hiimile et plusieurs f^taques. Les anciens ont pretendu que lorsque la fleur du caillelait ja.une {galium verum , L.) repand beaucoup d'odeur, elle an- nonce un orage , et que son odeur est encore plus suave lorsque I'iris ou arc-en-ciel paroit. L'cxperience demontre quand le sol des prairies produit beau- coup de la plante nommee crete de coq {rhinanthus cristagalli, L.)> les recoltes ne sont point avatitageuses. Le solcil {heliantftus annuiis , L.), est origlnaire du Perou et du Mexlque. On cultive cette plautf : ses semences servent ^ nourrir la volaille ; on en retire de I'huile dans quelques cantons. Aux champignons deleteres , le professeur Delarbre oppose I'emetique et I'ether. ioQ JGURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE TABLE DES ARtrCLES CONTENUS DANS CE CAHIER. Des moi'ceaux de for et des or?iitholithes trouvds dans les car- ri^res de Montmartre , par Albert Fortis. Page 3a i Moyert de determiner la quqntite de soufre et de for que con- tient la mine jaune de cuivre , par B. G. Sage. 34a Observation sur le passage de la terre animale ou terre absor- bante a Vetatde terre calcaire , par B. G. Sage. 434 Experience propre afoire connoitre la quantitd d'acide du sucre que contient V esprit-de-vin , par B. G. Sage. 846 Seconde lettre de J, H. van Sirinden , sur les grands hivers. 348 Comparaisoit des temperatures probables de chaque constitution lunaire , etc. , par L. Cotte. 358 Notes sur les degres de fooid observes u Paris et ailleurs pen- dant I'hiver de Van 8 , par L. Cotte. 363 Analyse du pjroxdne d'ArandalenNorvdge ,par W- Roux. ^66 Mdmoire sur la manie periodique ou intermittente , par Vh, Pinel. 370 Observations sur le mus typhlus , par le citoyen Olivier. 388 Lettre de van Mans a J . C. Delamctherie , sur les principes constituans des alkalis fixes. 390 Observations meteorologiques. 0^2 et 893 JSlouvelles littdraires. 894 -F/ffr^al an 8 ■ Sa/f/iie Se&er raison que sa mangeoiie est elevec et profonde. Le clieval arahe ne connoit point le foin , ni la nianiere dont il est dis-trijiue aiix chevaux en Europe : sa nourriture consiste en cirq a six livres d'orge , poiJs dc marc , qu'on lui donne au coucher du solei!. Cette habitude le rend infatigable ct patient toijte la jour- nee. Sous les tentes , on I'ainuse le jour avec de la paille d'orge coupee. II s'ensuit , par ce que je viens de dire, qu'un cava- lier arabe, portant en croupe soisante livres d'orge, parcourt le desert I'espace de dix jours. Des dattes et quelques livres de farine de froment dont il se sert pour iaire son pain sont sa iiourriture : il se sert pour cet effet d'un vase de cuir ou de bois. Une outre , passant en travers sous le ventre et attachee de chaque cute de la selle, abreuve lui et sa jument. Les Arabes coinmencent k faire raonter avant deux ans leurs chevaux par leurs enfans : il se connoissent parf'aitement , puisqu'ils sont eleves sous la menie tente. Us ne leur donncnt que dejix allures , le pas et le galop. On leur coupe la crinie- re , et on leur rase la queue pour qu'elles se fouriiissent da- vantage. La selle porle en avant a cause de la position du cavalier j, qui tient les etriers assez courts : clle differe beaucoup de celle des M,t.mlouks du Caire , ettres peii cic cclle de notre cavaleric legere. II ne ni'appartient pas de decider ici quelle est I'espece de selle qui donne au cavalier la uieiHeure assiette ; niais en cxaininant les armes des Arabes du desert, il paroit que leur luaniere de monter leur est avantageuse. Us se servent de ja- velots qu'ils tiennent sous la cuisse , de lances et de sabres. Le maniement de ces trois amies les oblige de se soulever pour s'en servir avec succes. Les A.rabes , comme tout le monde sait , font la gijerre en attaquant et en fuyant. Leur position en sclle leur donne la f'acilite de se courber sur le cou de leurs jutnens ^ pour eviter la lance et le javelot. lis les accouturaent k courir a toutes jainbes , et k s'arreter court, pour pouvoir se retourner sur- le-champ, et presenter la lance h I'ennemi. Un des premiers nic- rites des jiimens arabes etaut de savoir fuir a propos , ils les font poursuivre , lorsqu'elles sont jeunes , la lance sur leur crou- pe. Elles sont tellement accoutumees a ce manege , que lors- qu'elles sentent un cavalier apres elles, il ne faut que leur lacher la bride pour les faire disparoitre. La lance du cavalier arabe est un banibou de la Chine , noueux, b%er , et elastique , de douze pieds de long , tennine E e e a .',o4 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE jiarun ferpointu et bienacercj au-dessousdu quel estunehouppe do soie noire : elle n'est point iininoljiic dans ieur mains comine celledenos anciensgucrriers ; lors([u'ils attaquent, il la tienneiit u uii tiers du I'er, la lancent en la laissant glisser entre leurs jrains sans cependant s'en dessalsir. Le cavalier arabe est si svelte qu'Il s'elance k clieval en se soutenant siir sa lance. Les Arabes ont une tres- bonne coutume pour uialntenir et conscrver les pieds de leurs chevaux : lorsqu'ils ont fait quel- que course J et que ranimal est en inoiteur, ils ne I'attachcnt jamais qu'ils ne Taient fait promener douceaient a la bride un boil quart- d'lieure; ils la lul laissent ensuite une heure ou deux attacliee a la selle avant de lui donner a manger. Les Arabes ont un talent particuUer pour faire concevoir les jumens : lorsqu'ils s'appercoivcnt qu'ellcs entrent en chaleur^ ils les montent trois a. qnatre jours de suite, pour les fatiguer, et diminuent Ieur ration pour les affoiblir ; ils se conferment au sentiment de Buffon : ce natural iste pense que les femelles les moins vives sont celles qui retiennent le mieux. Les Arabes gardent des etalons pour les jmnens ; ils sacrifient des chevaux de quatre a cinq ans a cet usage. En general , Ton lie fait pas saillir les chevaux de mouture : ils deviennent trop mutlns lorsqu'ils seutent les jumens. Les Arabes preparent la jinnent avant de lui presenter I'etalon : apres I'avoir attacliee par les pieds de devantetdelcriee deceux de ilcrrierelemarechalprendiininorccandesavonqu'ilintroduitavec le bras dans le vagin de l.i juinent; il le lave aussi profondement qu'il pent, et redresse I'eiitree de la niatrice, si elle se trouve tortueuse. L'on m'a nie;ne assure nn fait que je me refuse a croire , c'est que lorsqu'ils s'appercoivent qu'une jument est sterile , ils sortent la niatrice hors du vagin , raclent de petits points noirs qui s'y trouvent , et quelquefois nienie recousent de petits trous. Aussitot que I'etalon a quitte la jument, on jette sur la croupe de celle-ci un baquet d'eau fraiclie, et on la promene au galop. On s'apperr.oit k trois ou quatre mois si la juniont est pleine. Volci ce (jue j'ai vu pratiquer : on presente le flanc de la bete au soleil , et , lorsqu'il est echauf'Je _, on lui jette de I'eau fraiclie s ir le ventre , k I'origine de la cuisse. La contractiop qu'epron- ve la mere dans ce moment se propage a la niatrice j et fait remuer le fetus. ET D'HISTOIRE NATURELLE. 4o5 Chaque Arabe a son cheval et I'entretient k pen <1e frais. Le prix varie suivant la fjtialite : Ics communs se vendent depuis 5o ir. , monnoie de France , jusqu'a 120 , lorsqu'ils sont jeunes; ceux de race vorst de 1^000 a 10,000 francs. Pour les jumcns , toujours d'un tiers phis cheres que Ics chevaiix , ccllcs d'un grand prix ne se vendent pas pour Tordiraire enti^remcnt : le maJtrese reserve ie ventre, c'est-a-dire la premiere portee, coin- nie je I'ai dit plus liaut. Les chevaux arabes 5 , 6 , ont des noms qui ne presentent aucune signification particuliere. Les Arabes Sauimalous E T D' H 1 S T O I R E N A T U R E L L E. . 'log Sammaloiis ( i ) font la contrebande cle natron au lac n". 6, et le portent k Alexandrie. On trouve do I'ean douce, plus oti nioins potable , en creusant le long des lacs, sur la pente du cole d" Nil. Pendant trois mois de I'annee, I'cau coule abondammcnt 41a surfarce dutcrrein. Les eanx croissent jusqu'au commencement de pluviose ; elles decroissent ensuite , ct quelques-uns des lacs restent entiere- ment a sec. L'etat physique des lacs est esscntiel a remarquer. Les bords des lacs, k Test, sont decoupes en petiis golfes, ou I'eau transude et se forme en Fontaines , comma a la naissance des v-iilons; elle s'echappe ensuite en petits ruisseaux, qui se rendent dans le fond des bassins. La partie du terrein supe- rieure aux sources occupe, au lac n°.3 , que nous avons plus particuliereiuent observe , une largeur d'environ 200 metres , recouverte de cristaux de sels , h. travers lesquels s'eleve , en assez grande quantite , cette espece de jonc plat dont on se sert pour les nattes communes. Le terrein occnpe par les sources a y8 metres de largeur. II regne ensuite au bord du lac une lisiere de natron de 3i metres. Le lac a 109 metres de largeur et 5i4 de longueur ; sa pins grande profbndeur est d'un dcmi- inetLc ; le fond du lac est de craie , melee de sables. Les eaux de ce lac seulemcnt sont de coideur de sang. Tel est l'etat physique du lac n°. 3 , du cote du Nil. Le bofd oppose du bassin du lac touche aux sables arides ; il y croit tres- peu de joncs, et il ne paroit pas qu'il y arrive de I'eau douce, l^es eaux rpii aliinentent les lacs viennent-elles du Nil , en pene- trant lentement cette masse de trente milles d'etendiie qui separe la vallee du Nil de celle des lacs, et suivant la com- binaison des deux pentes vers le nord et vers I'ouest ? ou bien abandonnees a la resultante de ces deux pentes , arrivent-ellcs de la tete de la vallee, qui, comme nous le verrons plusbas, doit sc rattacher a la vallee du Nil, dans le Faiouui r La scconde opinion , quoique la plus naturelle , ne paroit pas admissible , parce qu'il est certain que les eaux qui affluent dans les lacs sortent des pentes de la rive droite , qui les dominent. Il (i) Les Snmmalous sont , commc les Arabes Djeoi'iabys , dont nous pnrlerons plus bas , pasleurs et hospilabers. lis ont trois chefs, doiit le principal est le cheykh Solcimnn-Abou-Demen. Cette tribu peu,t clre coniposee do 1,000 hmnmes, et avoir 40 chevanx. JoOTf- r/A.PRAIRIAL an 8. Fff 4io JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE y a tres - pen de sources sur la pente opposee , et celles qui existent se trouvent a une grande profoiideur. La premiere opinioji est fondee snr ce quo les hausses et les baisses des eaux du lac sont regnlieres , et arrivent toutes les aniiees a une epoque qui a un rapportk-peu-prc'? constant avec I'epoquede I'inondation. Analyse des eaux des lacs. — Les eaux des lacs contiennent des sels qui different, nienie dans les parties d'un meme lac qui ont peu de commvinlcatlons entre ellcs ; c'est toujours du muriate de soude^ du carbonate de soude , et un peu de sulfate de soude : le carbonate de soude doraine dans lesuns, et it mu- riate de soude dans les autres. Ilparoit, d'apres I'etat physique du terrein. , que le carbonate de soude est entraine dans ces lacs par I'eau des foutalnes dont nous avons parlc,et par les eaux de plule : cela explique pourquoi les sels s'y trouvent dans des proportions si varices. Les eaux d'une partie du lac n". 3 et celles du lac n". 4» sont colorees en rouge par une substance vegetoaniiuale. Lorstpi'on fait evaporer ces eaux , le sel marin , qui cristallise le prenucr , reiient cette couleur rouge, et acquiert I'odeur agreable de la rose. Le citoyen Bertliollet pense qiie la formation de la soude est due a la deconqjosltlon du sel marin operee par le carbonate de chaux que I'onretrouve dans laterre humlde oil se tait cette de- composition. La presence de I'liumidite est absolument neces- salre pour la decomposition du sel marin , et Ton a vu qu'elle ne mantiuoit pas. Quant a la plerre calcaire, elle est en grande abondance entre le Nil et les lacs , ainsi que dans la vallee , oil elle se montre en roche , ou sous la forme de craie. Exploitation du natron. — L'cxploitation des lacs de natron fait partie de la ferme du Terr/liieh, dont le canton ( i ) est comprls dans les nouvclles llmitcs de la province de Djyzeh (2). (1) Le cnnlon de Terraueli cnmprend six villages : Abory'at, qafr-Daoud , Terranth , L^gmat, Hatagbc, Abounichabe. (2) Sous les beys, la ptoviuce de Djyzeh eloit limilee au nordp.nr le Djcsr-cl- Ecoiied, ou Digue noire , qui la separoit de la province de B^hliyreh. Elle s'etend xnaintennnt ju&t]u'au \'illage d'Aboulgraoue. Le Djesr-el-Ecoued traverse la plaine depuis les dunes oil il s'appule, jusqu'au Nil. Celle digue a vers son exlremlle, pres du village d'Ouim-dynar, des ponls pour I'ecoulcmcnt des enux de I'inonda- tion. Les eaux relenuestont le temps qu'on veul par le Djesr-el-Ecoued, readent la plaine qu'elles ferlilisenl , du plus riclie produit. E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E, 'ii» Le transport du natron ne se fait que dans I'interva-He des semailles a la recolte. Les karavilnes s'asseniblent a Terraneh* Chaque karavane est ordinaireuieiit de cent cinqinuite chameaux et de cinq a six cents Sues. Elle part, avec sou escorte , au coucher du soleil , arrive iiu jour, brise et charge ie natron , et repart de suite. La ka- ravane , au retour, s'arrete a mi chemin ; elie fait du feu avec le crotin des anes et des chameaux du voyage precedent (i). Les hornmes d'escortc et les couducteurs hoivent le cafe , fument la pipe, et se procnrent un peu de pain en delayant de la farine dans un plat de bois, et faisant cuire la pate sur les charbons. Le commandant de Tescorte place ses postes , pour se tenir en garde contra les Arabes ; le reste de la karavane dort quelques heuresj on se remet en route, et Ton est de retour a Tenaneh le matin du troisieme jour. On estiuie que chaque karavane transporte six cents qanthars de natron de 4^^ uqahs ( 2. ). Terraneh estl'entrepot du natron. On I'embarque k ce village; il est expedie a Rosette , d'ou on I'envoie a Alexandrie , et de la en Europe ; ou bicn on le fait rcmonter au Caire ou il est vendu pour etre employe a blanchir le lin et dans la fabrication du verre (3 ). On compte un dixionie de dd'chet sur la matiere, occaslonne par les versomcns et la dessication. Les fellahhs des six villages de Terraneh patent leur myry en transport de natron. Lorsque , par la presence des Arabes , ou par d'autres circons- tances, I'exploitation du natron souffre des contrarietes , les fellahhs paient onze parahs ( 4 ) pour chaque qanthar qu'lls au- roient ete tenus de transporter. (i)Le niGnque de combustibles determine toujours les karavanas qvil se succe- dent duns le desert , a s'arreter aux campemens de celles qui les ont precedees. (2) L'oqali est de qualre cents dragmes, ou de deux livres et deinle poids de marc. (3) On trouve au Cairc une autre espece de natron apporlee par les Gelab , negres d'Arfour et de Sennar , et que Ton emploie dans la preparation Ju tabac d'Egyple, en le melant avec ce dernier pour lui donner du monlanl. Le citoyea Regnault a fait I'analyse de ce natron; il a trouve qu'il contenoit plus de muriate* dc soude que la plupart des echaulillons que nous avons rapporles. (4i Vingt sous de Fraace valent vingt-huit parahs. Fff a 4i2 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE Le natron se vend en Egypte line pataque de 90 paralis le qaiithar de 36 oqahs. L'acheteur paiele transport par eau. Le fer- laier tbiirnit la poudre et le plomb pour I'escorte des karavaiies. Cette escorte consiste en 60 homines artnes qu'on appelle Basciat, et dent le f'ermier paio egalenient le salaire. La ferine du natron etoit une veritable gabelle. Les villages (jui possedoient des etablisseniens oii Ton eaiployoit cette niatiere etoient obliges d'en adieter tons les ans au fennier une quantite xleterniinee. La dil'liculte de penetrer a la vallee de Natron avoit eloigne toutes les occasions d'observer les lacs , en sorte que leur ex- ploitation n'etoit dirigee sur aucune regie. Les bords des lacs soiit recouverts , comme nous I'avons deja dit^ de masses de cristaux auxquelles on ne louche pointy et don t on pourroit ce- pendant tirer un grand parti ; car il y en a une immense quantite. On n'exploite dans ce nionieiit que le lacn". 4. Les hommes en- trent nuds dans I'eau , brisent et arrachent le natron avec une pince ronde , en fer, du poids d'environ 60 livres, formee d'une part en champignon , et terminee de I'autre en pointe aceree ; et ils ne font aucune attention a celui qui est aria surface du terrein et qu'on pourroit enlever avec beau(;oup moins de peine. C'est un spectacle assez bisarre de voir ces Egyptiens noirs ou basanes sortir blancs de sel de cette operation. Commerce du natron — La mise clans le commerce du natron dependoit egalement d'analyses qu'on n'etoit point en etat de faire , et d'une sorte d'aclivite et de soins dofit on ne se piquoit pas dans un pays oii les gains de I'industrie etoient en proie aux avanies des goavernans. On laissoit subsister dans le natron le melange de difFerens sels avec la soude, principalement ce- lui du scl marin , d'ou il resultoit tine augmentation de poids prejudiciable au transport. D'un autre cote, les fabricans de Marseille se plaignoient (pi'ils eprouvoient des pertes conside- rables en ce que les chaudieres s? deterioroient par les cuites. On commenc! it k regretter la soude d'Alicante; et I'Egypte ^toit au moment de perdre ce debouche en Europe, lorsque la guerre survint, et rendit les communications plus difricilcs. . C'est dans les annees 1 788 , ^9 et 90 , qye les negocians de Marseille , se livrant k I'engoument d'une speculation nouvelle , iiiiporterent eu Fiance une ciiiantite considerable de natron, dont une partie est restee dans leurs inagasiiis. L'expoftaiion du natron a I'etranger avoit lieu sur Venise , la France et rAngleterie. Les demandcs pour la France et I'An- E T D' H I S T O I R E N A T U R E L X E. 4i3 gleterre etoient a-peu-pres les meines. Venise ne tiroit que le cinquieme de ce (jui etoit dcmande par le commerce des deux autres pays. Le citoyen Regnault s'occupe d'un objet blen essentiel, celui de separer en grand la soude contenue dans le natron , afiri de I'offrir au commerce dans son plus grand etat de purete ; ce qiii en augmentant de tres pcu les frais d'exploitation , doublera , avec les memes moyens , les prodults et la valeur de la soude. Dans quelques especes de natron , le sel niarin se trouve compris entre tleux couches horisontales de soude, ensorte que le pre- mier pourroit etre en quelque sorte detache par une operation mecanique. Le commerce du natron , dans I'Egypte dcvenue colonie , de- pendra done de deux considerations essentielles. 1°. De la libre exploitation des lacs. Cette exploitation sera favorisee par des escortes, par des dispositions militaires , telles que le retablissement du Qassr, I'occupationdes couvens cophtes etc. , et parce que les Arabes, mieux connus, seront moins k craindre. 2". Du choix et de I'epuration du natron. Les etablissemens pour I'epuration du natron devront etre fails dans les endroits les plus rapproclies des lacs , tels que le Qassr de Terraneli. Troductions des trois rc'gnes dans la vaUce — Les lacs de na- tron possedent sur leurs bords des roseaux , des joncs plats en tres-grande abondance, et d'autres productions du regne vegetal ; le verd de ces plantcs contraste d'une maniere piquante avec la blancheur des cristaux de sels , et la couleur terne et arise des graviers du desert. On voit pres des lacs, le roseau ^ tige elevee ( i ), la statice sans feuilles ( 2. ) , le tamarisc de France ( 3 ) , I'armoise mariti- me (4)> Icjonc epiueux (5 ), et la massette a larges feuilles (6). Cette plante europeenne, qui croit en France dans les etangs, est une des plus abondantes au bord des lacs de natron. On y trouve le gremil a feuilles etroites ( 7 ) , le zygophilLum a fleurs (ij Arundo maxima , Fors. (2) Statice aphilla , Fors. (3) Tamarist' gallica , Fors. (5) -irtemiaia marilima , Lin. (5) Juncu.1 spinosus , Lin. (6) Typha latifolia 3 Lin. (7) Lithospermum angusttfoliuin , Lia. 4i4 JOURKAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE blanches ( i ) , \a. firgonia k feuilles ternees ( 2 ) la suaeda vera ( 3 ) , espece de soudo , aiusi appelee attendu que les Arabes la nomment souhed. On y volt aussi quelques palmiers qui s'ele- vent peu , forinentd'epais buissons, etne portent point de fruit. Nous avons trouve^ un peu au-deliidu dernier lac, nne vingtai- ne de pajmiers hors de terre , reunis confusernent en un tas, et qu'on diroit avoir ete arraclies et fracasses par un mouvement \iolent. Les diverses especes d'animaux n'y sontpas tr^s-nombreuses. On y volt , dans laclasse des insectes, la pimelieepineuse (4 )» le carabe varie (5), la founni ordinaire, uiie grosse fourini ^ ailes, et une espece de moustiqne dont la piqure occasionne des enfliires considerables. Dans la classe des testacees , le co- limacon de la petite espece. Dans celle des quadrupedes , le cameleon et les gazelles; ces dernieres se decMent k I'empreinte de leurs petits pieds fourcliiis qu'elles laissent sur le sable. Nous avons reconnu , parmi les oiseaux , la poiile d'eau , le canard et la sarcelle; ces oiseaux y sont en tres-grand nombre , sur-tout au dernier lac, qui est le raoins frequente. On ne trouve dans la vallee des lacs de natron aucuns rcstes d'anciens nionumens. Nous n'avons vu , au-delii du quatrie- me lac, que reinplacemeut d'une verrerie que nous avons re- connue k ses debris de touriieanx en briques , et a des fraginens de scories et de verre dans diiTcrcns etats. Le local ou elle etoit situee fournissoit aboridauiinent les deux niatieres propres i\ ia fabrication du verre, le sable quartzenx ct la soude; et le bols pouvoit ne pas etre aussi rare dans la vallee qu'il y est aujour- d'hui. Nous ne satirions a quelle epoque rapporter nn parcil etablissenient. Une medaiile , ou nne piece de nionnoie que nous y avons trouvec^ auroit peut-etre pu nous donner quelque indication ; niais elle etoit oxidee au point qu'ii n'a pas ete possible d'y rien dechiifrer. (») Zjfgophyllum album , Liu- ('2) l'\igonia scabrii) Fors. (3) 'SucEcla vera, Fors, (4) Pimelia niuricata, (5) Qarabiis vayifgatusi ET D'lIISTOIRE NATURELLE. 4i5 §. II. Topographic de la valice du Fleuve-sans-eau La vallee du Fleuve sans-eau esl a I'ouest de celle des lacs de Natron j ces vallees contigues Tune a I'autre ne soiit separees que jiar une Crete ; il y a una Jieure et demie de chciain des deux cuuvens h la va'iiee voisinc. La vallee du Fleuve-sans-eau est enconibreD de sables , et son bassin a pres de trois lieuesde devoloppemeut d'liii bord a I'autre. On emploie ^o minutes a descendre par une pente assez reguliere dans le fond du bassin , au-dessous des sables. Cette vallee est sterile, et il n'y paroit point de sources. Nous y avons trouve beavicoup de bois petrifies, et nonibre de corps d'arbres enliers dont quel(jues-uns out dix-huit pas de longueur. Les corps d'ar- bres et les fraginens qui se sent uiontres a notre vue ne pa- roissent pas avoir ete mis en ceuvre ( i ). La plupart de ces bois sent entierement agatises, d'autres semblent moins ayances dans leur cristallisation ; alors ils sont enveloppes d'une croute tres- epaisse , tres-dure, et ce qui formoit la matiere du bois se separe en f'euillets. Nous avons egalement trouve dans .ce bassin une verteijre de gros poisson qui paroit inineralisee , ce (ini ajoute une nouvelle probabllite a celle , comme nous le verrons plus bas, 3ue les eaux couloient dans cette vallee, et qu'elles contenoicnC es animauy qui y vivoient. Outre les bois petrifies, on voit , principalenient sur les pentes de la vallee , du quartz roule qui vient surement de tres-loin , du silex et des pierres sillceuses, du gypse , des cristallisations quartzeuses formees dans des cavites , especes de geodes, des fragmens de jaspe roule , des fragmens de roclie k base de pe- trosilex verdatre , des Jaspes dits cailloux d'Egj'pte, etc. La plu- f)art de ces matieres appartiennent aux montagnes priinitiyes de a haute jEgypte. Ces matieres n'ont pu etre amenees que par les eaux du KU. II y a done eu anciennement une communica- (i)Lepere Sicard (Letlres cdlfianles ) assure qn'on Iroiivc dans la vallee da Fleiive-saBs-eau des jnals et des debris de navircs pelriiies : nous n'avons rien appercu de tout cela; il est vrai que nous n'avons vu qu'un endroit de la vallee. Granger, dans la relation de son voyage en Egypto , pretend que ce que Ton prend communement pour du bois petrifie n'en est point. Les echantillons que nous avons rapportes ont si bion le caraclere de bois petrifie, qu'its out paru Icls aux yeux les moins exerces; et d'habiles naluralisles , qui les ont exjuiiiies avec £oin, en oat porle le meme jugement. •iiG JOURNAL DE PHYSIQUE, DE C HIM IE tion cntre le Nil et le Baliharbelu-m§ , et par consequent entre les deux vallees : il n'y a pas de raison pour que cette derniere coininunication n'ait plus lieu ; nous allons fonder son existence sur d'autrcs considerations. La direction de la vallee du Fleuve-sans-eau est la memo que celle des lacs de natrdn. L'opinion generale est qu'en remontant ces vallees on arrive dans le Faioum , et qu'en les descendant on laisse k droite la province de Maryouth (i) C'est la route que sui vent assez generalement les Arabes errans pour aller faire leurs incursions vers la haute Egypte. La direction de ces vallees fait presumer que leur point d'atta- che est a I'endroit ou se trouve indi'que le lac Moeris (a) j et que leur debouche correspond au golfe des Arabes. La grandeur de la vallee du FJeuve-sans-eau , sa direction, et ce que les historiens rapportent du lac Mceris, nous portent k croire que ce reservoir n'etoit autre chose que la t^te de cette vallee, qui avoit ete diguee naturelleineiit paries sables ou par la main des hommes , ensorte que le lac Moeris auroit ete forme et non point creuso. Cette opinion est d'autant plus probable , qu'eu reilechissant sur la topographie du pays , on a bientut lieu de se convaincre qu'un reservoir creuse au-dessous du niveau du sol de I'Egypte rendroit les eaux qu'il recevroit inutiles a ce sol , (i) Maryouth est a qualrc lieues oiie.st d'AIexxiidrie, vers la mer. Vn dutachc- mcnt de cavaliers-dromadaires peut s'y rendre en deux heures et demie. On troiive a cet endroit trois puits profonds et bien cntrelenus, qui sont alimcnles par le.-. eaux do pluie. On appercoil dans le voisinnge rjuelques ruines et des tombeaux d'Arabes, ornes d'amulcttes. (Ces amulclles sont des versets du Qoran, conlenus dans de pelits sacliets de cuir suspendus par des fils au-dessus des tombeaux). Le territoirc de Maryoiitli touclie aux coUines par oii se terminent les monls I/ybiens. Le sol est uii lerrein d'ulluvion parcil au sol de TEgyple; il doit par consequent sa formalion aux eaux du Nil qui y arrlvoient aoirefuis. Lorsqu'il pleut il croit quelques herbes a Maryouth , ce qui fait que les Arabes, principalement les Djeouabys, y aecourent avec leurs troiipoaux. Lcspuils n'ctant entretenus que par la pluie , I'eau , dans les temps de secheresse , s'y rennuvelle lenlemenl. Maryoiilh est frequente par les Arabes, a cause de son voisinage d'Alexandrie, et parce que cet endroit se trouve a Textremite de la ligne de puits qui avoisine le desert, en remontant la pi-ovince de Bahhyreh. Cette ligne passe a Zaousil , EUauche, Derche, kabr-el-Mara, EUahouio, etc. La ligne dont nous venons de parler se lie aux lacs de natron par Ellauclie. D'Ellauche , en traversant le plateau qui scpare les deux vallees, on se rend, dans une joiirnee , vers I'extremilu nord des lacs, a deux montirfiiles voisins, qs'on ajipelle Ics deux Mamelles. (2) La reconnoissance de celle partie , que les circonslances ne nous onl pas permis de faire, est la clef de la geologie de I'Egypte. et ET D'HISTOIRE NATURELLE. h\r et nous avons fait voir que ces eaiix alusi reteiiues , seroieut. plutot disposees a couler vers le Bahhar-bela-me que dans I'inte- rieur de la vallee du Nil. Pour que ces eaux pussent etre utiles a la partie iiiterieure de I'Eoypte , il fauJroit an coiilraire que le bassin du laC, au lieu d'etre creuse, fut forme par des digues superieurcs au terrein nalurel, afin d'avoir, apres I'inondation , «n volume d'eau iupericur au sol de I'Egypte. L'existence du lac Mteris et I'objet qu'on lui attribue communement deviennent done fort douteux , et seront peut-etre toujours un probl^me. Si nous osions hasarder une idee , nous dirions que I'etendue et le developpement du bassin du Nil dans le Faiouni ne sent tlus qu'a I'ouverture du Balihar-bela-mo, qui se presente obli- quemcnt. Le p6re Sicard, et, d'apres lui, Danville, marqucnt le bassin de cette ancienne branche se dlrigcant vers le lac Moeris, mais ils laissent le point d'attache vague et indeterniine, et ils donnent au lac Mceiisdes proportions d'une grandeur demesu- ree par rapport a la iargeur duBabhar bola-me. Si I'opinion que nous venons de presenter n'ett qu'une conjecture, il paroit du nioins resulterde la reconnoissance que nous avons faite, qu'il a existe de grands cours d'eau dans riiiterienr des deserts, et qTi'il est tres-probable que'le Nil se separoit en plusieurs bran- ches ^ la hauteur du lac Moeris ; que la branche actuelle, comme nous I'avons observe ailleurs , couloit meine en dedans du bassin, le long des coUines de la Lybie , aiiisi quale prouvent les te- moignages des auteurs , et les traces d'un berceau ou bas-fonJ consideral)le qui legne le long de ces collines, et qui n'a pu ^tre forme que par un grand courant : j'ai retrouve ce berceau dans toute I'etendue de la province de Djyzeh, sur un espace de Irente lieues. 11 y a apparence qu'il se prolonge plus avant en remontant, et peut-etre jusqu'i I'origine du canal de Youcef, c'est-k-dire jusqu'au point ou il est a croire que le Nil a ele detourne pour etre porte sur la rive drolte : c'est dans le fond de ce berceau que coulent les eaux du Bahhar-Youcef (i). Ainsi , d'apres les temoignages de I'ancienne histoire de la terre , qui sont ecrits a la surface du sol de I'Egypte , il paroit , 1°. Que le Nil , et plus vralsemblablement une partie des eaux (i) Ce caml qui, dans la province de Djyzeh, porta d'aborJ le nom d'£l-Iel)cne, puis celiii d'Elassera, reprend clans U province de iJjhliyreli, le noin de Balihar- Yoiicef, qu'i'. a dans la liaule Egyple. Tome VII. PRAIRIAL an 8. Ggg -iiS JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE dc ce lleuvc , coiiloit dans rintericiir dcs deserts de la Lybie, par los valiees de Natron et du Fleuve-sans-eaii ; 2". Que les eaux fiirent rejetees dans la vallee actuelle : on cxpHquera pcut-etre par-li pourquoi, du temps d'Herodote , les eaux de I'inondation s'clcvoient a i5 condees , tandis (jue , du- temps de Maris, elles ne s'elevoient qu'k 8, et que, de nos jours elles ne vent qua 18 condees ; 0°. Que le Nil , apres cette operation , coula en entier le long des colliiies de la Lybie , et forma le berceau que Ton voit dans la Lasse Egypte, et dans une partie de I'ilgypte moyenne ; 4°. Que le Nil fnt rejete sur la rive droite , et que cette epo- que preceda immediateraent la disposition rcguliere des sept brandies du Nil , et la formation des Delta. ( Voyez le memoire sur le lac Menzaleh). 6°. Les temolgnages geologiques qui attestent les faits prece- dens confirment en outre ce que nous avons dit dans le merae memoire , queles eaux du Nil out une tendance a se porter vers I'ouest, tendance indiqnee en Egypte conimeelle Test dans un autre pays, pour tout autre point , par la topographie generale du terrcin. 11 s'ensuit de ce dernier principe , qtie le projet qii'avoit Albu- querque de frapper I'Egypte de st^rilite, en detournant le cours du Nil , eut ete plus ])raticaljles'ii eut rejete les eaux de cefleuve dans les deserts dc la Lybie, plutut que du cute de la Mer-rouge comme il en avoit le projet. La vallee du Fleuve-sans-eau n'est pas le point le plus eloi- gne , dans cette partie, ou I'on penetre dans I'interienr de I'A- frique : les habltans du Terraneh vont couper au-Jeli de cette vallee des joncs epineux , que la tribn des Arabes Djeouabys leur transporte dans les villages. On vend ces joncs aMenouf [i). (1) Menoi'if, dans le Delia, vis-a-vis Ttrrancli, a deux lieues de la branrlje de Roselte , et a quatre rle celle deDainiclte, sur le bord orienlal du csnfil de i^ara'oimyeli , qui traverse obliquemeni la parlie sud du Delta , depuis la branrhe. de Damietle jusqu'a celle de Rosette. Ce canal est ferme , du cole de la branche de Damietlc, par la digue dite de Fara'ounych. C est par la digue et le canal de Fara'ounych qu'on peut elablir une ;uste_ repartition des eaux , de maniere que les provinces , a Test el a I'ouest du Delta jouisscnt dcs mf"mes avanlagi-s. Une administration eclairee pen' aiaenient ri-m^edier aux dcsordrcs que la cupidilc et rignor.ince de I'ancien gouvcrncmenl: avoicnt produils, en fav'orisant les provinces de Mansoiirah et de Dainietfe aux dcpens de la province dc Baliliyreh , qui, par le manque d'eau , est reduite en tres-grande partie a un veritable desert. ET D'HISTOIUE NATURE LLE. 4 On en trouve ijuelcjuetbis dans le moilon qui , separei do la pierre, etant restes longtemps exposes a I'action de Pair j one subi une sorte d'anatoniie ; les pores paroissent alors coniine au- tant de petits trous, aussi rapproches les uns dcs autres que les cellules des gateaux de cire des abeilles. La seconde espece est plus allongee eC plus mince ; sa surface convexe est profbndeiuent striee dans le sens de sa Jongueur ; elle est de meme ties-poreuse , inais ce n'estque dans les indi- vidus qui onl ete longtemps exposes a Taction de I'air, que les pores paroissent et ferment de petits trous, aussi nombrcux que dans I'espece unie. Sa forme ressemble k celle de quelques iel- lines , et ses stries a celles de la carne nommee vieille ridee. L'une ct I'autre espece out deux individus de cotes opposes , comme les valves d'un bivalve. Je joins a. cette description le dessin de ces deux fossiles repre- sentes de grandeur naturelle , et dans leurs diverses circons- tances. La partie rapide de la montagne, elevee au-dcssus de la ligne des rochers caicaires , est une breche coinposee de petits galets calcaires, de fraginens de roches quartzeuses et micacees, et de granit rouge; espece de granit qu'on trouve le moins dans la partie granitique des Alpes qui nous ayoisinent. Les couches de cette b;eclie, comme celle des gres , out leur tranche sur cette meme face de la montagne, et les unes et les autres sont rapi- dement inclinees sur la face opposee , qui plonge dans la vallee de Boege. J'ai trouve dans les debris de cette breche , un fragment de pierre calcaire fort interessant; il est tel qu'il en a ete separe sans alteration. Ce fragment, qui a trols pouces ct demi en carre , est la petriiication d'un madrepore rameux , dont les ex- tremites sont en relief sur l'une des faces. 11 ne pent etre , ainsi que les galets calcaires, que la relique de couches qui existoient dans la mer lorsqu'elles couvroit nos continens. Ces couclies s'y decomposerent en moilon , et ces fragmens avec les corps luarins qu'ils renfermoient, disperses sur le fond, ont forme, reunis a d'autres fragmens de couches quartzeuses et graniliquesj la bre- che de cette montagne, Ceux-ci n'ont pas subi de longs frottemcns, car tous les fragmens que j'ai pris a la breche meme , ont encore le vif de leius angles. Les galets calcaires sont d'une pierre tlif- ferente de celie des rochers qui forment la ligne sur le Ijord de la plate- forme. J'ai cherche avec soin dans les endroits de cette breche que ^■A JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE j'ai parcourus , si je decouvrirois quelijues corps n.-arins contem- porains k sa f'onnallon ; j'y ai trouve le fragment d'une petite Jiiuire, et I'on voit Jans la portion de la breche qui est restee adherente au madrepore rameux mentionne ci dessus, le frag,- ment d'un dentale. Ainsi le mont Voirons , qu'on avoltlongtemps neglige, comme sterile en productions tjiii pussent intercsser le geologue et le litliologiste , en renferine au contraire beancoup , qui par lour nature, leiir position et leur enseml^le, offrentun vaste champ h leurs speculations. II n'est pas facile de se rcndre raison d'un etat de ckoses aussi compiique; le fll qui pourroit conduire dans ce labyrinthe est: trop souvent rompu. Cependant il en reste assez pour guider dans quelques parties. On voit evidemment que cettc montagne, comrne toutes les autres^ except^ les volcans, n'est une eminence que par I'affais- sement de ses cotes. Ses couches rapidement plongeantes dans la valleede Boege, et leur coupe sur la vallee du lac, en sont une preuve. On ne peut pas se refuser non plus ci regarder la ligne des rocliers calcaires, comme etaut les sommites de cou- ches qui forment le noyau de la montagne. Ces couches , avec leurs corps marins, furent dciposecs les premieres ; celles de gres , puis celles de breche leur succederent et les ont couvertes. On peut done concevoir cjue lors de raffalsseraent des cotes de cette eminence, la fracture et la chute des couches supe- rieures de la breche snr sa face occidentalc, mlrent k decouvert les sommiles des couches calcalres , et Iaui- choc les rompit ; d'ou est resulte le derangaineut si varie des couches de ces sommites. C'est beaucoup de poavoir se faire ainsi une idee plausible des apparences de cette montagne. Quant aux assises de pierres roulees ([ui couvrent sa base , si I'on n'eu observoit que dans des positions semblables a- cede de notre vallee, on pourroit croire qu'elles sont dues aux eaux lluviales ; inais on eu rencontre en trop de lieux dans des posi- tions dii'terentes , et dans de trop vastcs etendues , pour n'etre pas conduit k les attribuer a une cause plus geiierale. EUes fu- rent etendues ainsi, tres-vraisemhlablement, par les courans de la mer, lorsqu'clle abandonna les contlnens actuels pour pren- dre ia place des condnens ancleiis qui s'enfoiicoient et ([ui ont disparu sous ses eaux, de dessus la face do la icrre. Catastrophe dont nous trouvons le recit dans la Genese , et qu'on ne peut abandonnex sans tomber dans dc graudes erreurs. II est peu de systemes E T D' H I S T O I R E N A T U R E L L E. 425 systetnes de ce genre oil Ics erreurs soieiit plus inultipliees que dans celui Je ieu M. de Buifon , et cependant c'est celui qui , dans son temps , obtint le plus de credit, et qui nuisit le plus a la confiance qu'on doit au recit de Moise , dans son histoire du deluge. Explication des figures. Fig. 1. Represente le bufonite uni dans sa grandeur naturelle , sur la surface duquel on decouvre les pores qui paroissent comine vine multitude de points , distribues dans un certain ordi'e regulier. Reaiplis par la substance pierreuse, ils sont d'une teinte plus claire que le corps dii bufonite. ■ Fig. a. Est un individu du cote oppose, moins grand, et ayant la meme porosite. Fig. 3. Le meme, vu par-dessous , qui presente ses bandes sue- cessives , concentriques au bord circulaire. C'est le cote ad- herent au palais du poisson. Fig. 4- Est un de ces bufonites anatomises par Taction de Tair, oil les pores paroissent comme nne multitude de petits trous tres-rapproclies les uns des autres. Fig. 5. Fragment, vu a la loupe, pour mieux decouvrlr les pores et leur coupe longitudinale. Fig. 6. Fragment d'un meme bufonite coupe transversalement , et poli , oil I'on decouvre I'arrangement longitudinal des po- res , et des couches qui s'appliquent successivement les unes contre les autres. Fig. 7 et 8. Sont les deux indlvidus opposes du bufonite strie. Anatomises par le temps et Taction de Tair , ils montrent des pores en aussi grand nombre que le bufonite uni ; mais iis ne paroissent pas dans les individus qui n'y ont pas ete ex- poses. II etoit inutile de le representer dans cetetat : la fig. 4 Gn donne une idee suffisante. Tome VII. PR ATRIAL an 8. Hhh 4af» JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE M E M O I R E SUR LES INSTRUMENS DE LA VOIX DES OISEAUX, Par Cu viEn , membre de I'Institut ; Lu a I'Institut , les \\ , 16 et 7.\ Jlordal an 6. AVANT-PROPOS. Plusieurs physiciens ont chcrche a expHquer le mecanisme de la voix humaine ; raais quoiqu'ils aient fait nn grand nombre d'oljservations precieuses, ils n'ont pu encore reduire les phe- nouienes que ces observations lour out presentes sous les lois d'une theorie certaine ; et leurs resultats ont ete si peu satis- faisans , que Ton est encore aujourd'hui partage sur la nature de I'instrument vocal , et que les uns le regardent coinme un ins- trument a vent , et les autres comme un instrument a cordes. Je crois que cette incertitude vient d'une part, de ce que les anatomistes n'ont pas assez connu la nature des instrumens de musiqiie , et de I'autre , de ce qu'ils ont porte leurs recherches immediatement sur la voix humaine, qui est la plus compliquee de toutes , et la plus eloign^e par sa nature et par ses effets , de tons les instrumens que nous fabriquons , et dont nous pou- Yons determiner les lois. Lesonseulde la voixdes oiseaux , meme de ceux qui roni la plus belle et la plus variee, nous annonce une plus grande sim- plicite dans les organes qui la produisent , ou plutot nous ap- prend que ces organes ressemblent davantage a nos instru- mens musicaux ; car puisque nous savons fabriquer ceux- ci de inanierc qii'ils imitent tort bien cette voix, on doit presu- mer que les organes qui la produisent aiiront avec ess instru- mens une analogic qui nous permetlra d'y appliquer nos con- noissances physi jues; et on doit esperer de plus qu'en marcliant ainsi, du simple au compose, et du prochain k I'eJoigne, on ET D'HISTOIRE NATURELLE. 42? parviendra a appliquer ces memes connoissances a I'cxplicatiun de la voix liumaine, la plus difficile k expiiquer de toutes. Avant d'entrer en mati^re , je vais rapporter ce qui a ete fait sur cet objet avant mon present memoire. ARTICLE PREMIER. De ce qui a ete fait jusqu'ici par les anatomistes j sur la voix des oiseaux. Casserius s'est borne a. donner la figure de la trachee art^re dans le dindon. Perrault a consacre un article de son Traite de la mecanique des anitnaux, k quelques reniarques sur la voix des oiseaux. II y observe que dans les oies ct les canards ce n'est pas le larynx (jui forme la voix , mais des membranes mises en un autre la- rynx qui est an has de I'dpre arttre. II n'a point generaliiC son observation , et il n'a point donne de description anatomique des parties. Herissant y dans le volume de I'acaderaie , pour 1/53, a parle aussi des organes de la voix des oiseaux. II etend a tons les oiseaux I'existence du larynx interne , mais il ne decrit que celui de I'oie , celui du canard , et la trachee artere du garrot. Ce que Vicq-d'Azyr en a dit dans les memoires de I'acade- uiie , pour 1779, est extremement imparfait : il divise les oiseaux en trois ordres seule-Tient ; 1°. ceux dont le larynx inferieur est depourvu de muscles; 2°. ceux dans lesquels un muscle serre et applati le recouvre ; 3''. ceux ou la traclie artere se contourne en differentes famous. II assure que I'organe des oiseaux chan- teurs est le plus simple de tous. On verra bientut conibien il s'en faut que cette division soit juste, et cette assertion exacte. M. Block, ichtyologiste, dans un memoire intitule liapsodies, c'est-^-dire melanges ornithologiques , insere dans le trolsi^me volume des naturalistes de Berlin , a donne beaucoup plus de details sur les larynx inferieurs , que tous ses predecesseurs en- semble. II les decrit , ainsi que les trachees , dans les grues , les coqs de bruy^re , les harles , les garrets , les sarcelles , les ca- nards , pillets et siffleurs , le millouinan , le morillon , la sar- telle d'ete , le corbeau et la corneille On volt qu'il s'est atta- che sur-tout k ceux dont les dilatations lui presentoient des ca- racteres remarquables. II a cependant indique en gros les muscles II h h ■>. 4a8 JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CHIMIE du larynx inferleur dn corbeau ; niais il n'a rien dit sur les fonctions de chaque partie. J'ai puljlie inoi-meme, dans im des premiers numeros du Magasin encyclopediijue , un memoire sur le larynx inferieur des oiseaux; il comprcnd un grand nombre de descriptions ana- toniiques , et sur-tout ccUe de la conformation des oiseaux chan- teurs , qui n'avoit point ete developpee auparavant. Mais je n'y parle point des autres organes de la voix ; je n'y donne presqne aucniie physiologic, et d'ailleurs , j'ai f'aitdepuis ce temjjs-la un grand nombre d'observations nouvelles. Ainsi le iii<^moire que je vais vovis lire ne peut point etre re- gard4 cp;npie superflu , dans I'etal actuel de la science. Article •! I. Du lieu oh se forme la voix des oiseaux. Les geometres qui ont traite des instnnnens a vent , ne se sent pas cxprimes nettenient sur la condition necessaire pout qu'il s'y forme un son. Cependant il ne suffit pas d'y souffler pour en produire un. Quclque forme qu'ait un tube , on ne pro- duira jamais de son si Ton y soufile a j)leine ouvertnre ; on ne produira qu'un transport de I'air en masse, qui ne se t'era pas plus entendre que le vent en pleiiie campagne , lorsqu'il ne ren- contre aucun corps <]u'il puisse niettre en vibration , car il pa- roit que le vent par lui-meme , ne produiroit point de son s'il ne rencontroit point de corps susceptible d'etre mis en vibration par les ebranlemcns qu'il lui communique. II est d'ailleurs bien reconnu que les parois meme de I'instru- ment ne sont point les parties vibrantes ; car la matlere dont elles sont composecs , et la maniere dont on les serre ou les empoigrife ne changent rien ni au ton , ni au timbre. Euler , quia seul traite de cette question, qui est de premiere importance pour mon objet , paroit croire qu'il laut pour pro- duire un son dans un instrument a. vent ^ qu'une lame mince d'air , rampe contre uiie des parois de cet instrument , et corn- prime, en s'y introduisant la colonne d'air qui y estcontenue. Celle-ci, selon lui, en se retablissant , se dilate et se contracte alternativemcnt , par wn mouvement qu'il compare aux vibra- tions d'une corde; ct il est certain qu'en almettant celte liypo- these , le calcul donne des resultats qui s'accordent parfaitement avec I'experience ; uiais sans parler des autres diflicultes que ET D'HISTOIRE NATURELLE. 429 presents cette mariiere de concevoir les vibrations, on ne voit pas que dans les trompettes , les cors et les aiitres iiistruuicns pareils , la lame ou le filet d'air qii'on y introduit, rampe contre unedes parois , puisqu'on le pousse directement vers le milieu du tube. En examinant les embouchures des divers instrumens k vent, il paroit que les vibrations s'excitent dans I'air contenu dans I'in- terieur d'un tube, tout comnie dans Fair exterieur , c'est-a-dire qu'il y faut I'intervention d'un corps elastique que le souffle du joueur ebranle , et dont les vibrations se communiquent ii cet air de I'interieur du tube; ou du moins un corps anguleux quelconque, contre lequel I'air se brise , en y passant avec violence , et qui se mette lui-meme en etat de vibration. Dans la ilute k bee on fait penetrer une lame d'air qui va frapper etse fendre contre le bord tranchant d'une lame de bois qui est menagee dans la premiere ouyerturc nommee ia coche. Dans I'espece de tuyau d'orgue , noinme tuyau k bouche ou a flute, on voit la meme chose, mais il y a de plus dans I'inte- rieur , une lame transversale k bord tranchant nomme bizeau , contre laquelle I'air frappe perpendiculairement avant de se fendre contre la lame de la coche. Dans I'espece de tuyau d'orgues nomme y^//^ d'anche , I'air n'entre Jans le tube (ju'en de[)larant une lame elastique de me- tal, qui prend aiissitut un mouvement alternatif propre a doniier un son. Dans les hautbois , et les instrumens analogues , I'anche est forniee de deux laiues entre lesquelles I'air est chasse avec force , comme un coin , et dontil ebranle le bord tranchant qui est liche dans le tube de I'instrument. Dans les trompettes et les cors-de-chasse , les levres qii'on est oblige de serrer I'une contre I'autre , et de roidir, semblent reiii- plir T'office des anches des instrumens precedens; c'est meme par leur prolongation ou par leur raccourcissement qu'on rend les sons graves et aigus. • Le tuyau ne ])aroit done point produire de son par lui-meme , et 11 ne fait que modifier , diriger ou augmenter celui qui est produit il son embouchure par le corps sonore qui y brise I'air, et qui communique ses vijjrations a I'air contenu dans le tuyau, comme il le leroit ii I'air exterieur. Mais il y a cette difference, que I'air admetet transmet des vibrations de toutes les viiesses, et par consequent des sons de toutes les hauteurs ; tandis qu'un tuyau d'une longueur donnee, 4"a JOURNAL D E P H Y S I Q U E , D E C II I M I E no peut transmettre qu'une certaine suiie de sons , qui sont au plus grave d'entre eux , conime les nombres naturels 2,3, 4 » 5, etc. , sont k I'unite , et qu'on nomine les sons harmon'iques de ce son le plus grave, lequel s'appelle le son fondamental. Cela pourroit venir de ce que I'alr libre peut etre considere comme un assem- blage de tuyaux extieinenient longs, dont le son fondamental est extremeinent grave , et de ce que tous ceux que nous pouvons apprecier et distinguer sont ses multiples. Ce principe pose , si nous comparons I'organe vocal des qua- drupedes avcc celui des oiseaux , nous appercevrons bientot la difference de leur nature. La trachee artere des mammif^res est un tube continu , sans aucuii retrecissement , ni sans aucune lame susceptible de vibrer, excepte k son extremite superieure ou est la glotte. Le son ne se fbrmant qu'a Tissue de la trachee , ce tuyau ne peut servir k le modifier ; il ne peut etre compare qu'au tuyau du soufflet de I'orgue , ou ^ tel autre canal qui ameneroit I'air ^ I'embouchuro de I'instrument ; et la seule partie de I'organe vocal des raam- mifi^res que novis puissions comparer au tube d'un de nos ins- trumens a vent, c'est celle placee au-devant de la glotte; je veux dire la bouche et la cavite nazale. Or , en considerant non - seulement la dissimilitude de ces deux cavites avec tous les instrumens qui nous sont connus , niais encore les moyens presqu'iiifmis que nous avons d'en chan- ger la longueur, le diametre, la figure et les issues, moyens qu'il est presqu'iinpossible de determiner assez exacteinent pour en tircr des consequences physiques, on ne s'etonnera pas des difficultes que presente la theorie de notre organe vocal. Dans les oiseaux , il y a au has de la trachee , a Tendroit ou elle se partage en deux pour penetrer dans les poumons, un retrecissement dont les bords sont garnis de membranes suscep- tibles de tensions et de vibrations varices; en un mot il y a Ik vine vraie glotte pourvue de tout ce qui est necessaire pour former un son. Sa description anatoraique fbrmera I'objet d'un des articles suivans. Et ce n'est pas seulement par I'inspection des parties que je me suis assure de ce fait; I'experience me I'a confirme. Experience premiere. J'ai coupe la trachee artere d'un merle vivant , k-peu-pres au E 1 D' H I S T O I R E N A T U R £ L L E. 43 1 milieu de sa longueur , et j'ai secoue I'oiseau d'une maniere qne je savois devoir le faire crier dans son etat naturel ; ses cris ont ete tres - sensibles , quoique beauccup plus foibles qvi'au- paravant. Experience II. J'ai fait la m§me operation sur une pie ; elle n'a pas cesse de crisr , et ses cris n'ont ete ni moins forts , ni nioins aigres qu'auparavant. On a ecarte et bouche ce qui restoit de la tra- chee superieure, et cela n'a rien change aux sons qui ont conti- nue pendant dix minutes, jusqu'a ce qu'un caillot de sang, qui avoit bouche I'orifice fait par la section , ait etouffe I'animal. Experience III. On a fait la meme operation h. une canne , elle a crie avec autant de force, et avec le meme timbre qu'a I'ordinaire. On lui a bouche la portion superieure de la trachee, et on lui a lie fortement le bee , afin d'ater tout soupron de commu- nication avec la partie inferieurc ; les cris n'ont diminue ni en force , ni en nombre. Enfin pour rendre I'experience complette, on lui a coupe tout a fait le cou. Elle a marche quelque pas , et lorsqu'on lui a donne des coups, elle a jete plusieurs cris qui quoique plus foibles que ceux qu'elle rendoit lorsqu'elle avoit sa tele, etoient neanmoins tres sensibles. Ces experiences prouvent bien clairement, ce que I'anatomie faisoit presumer, que la voix des oiseaux se forme au bas de leur trachee art^re. II resulte de la que cette trachee artere n'est pas un simple tube conducteur de I'air , mais bien un veritable lube d'instrument, €t conducteur du son. Aussi a-t-elle ete beaucoup plus soignee par la nature dans les oiseaux que dans les quadrup^des : elle y est composee d'an- neaux entiers ; elle peut s'allonger et se raccourcir davantage, et sur tout d'un oiseau a I'autre elle eprouve de grandes diffe- rences dans sa longueur respective , dans ses circonvolutions , dans la mobilite, dins la consistance de ses anneaux, dans la figure, etc., et chacune de ces circonstances influe sur la voix. Dans les raammiferes , au contrairej ou la structure de la trachee ne peut rien charger a la voix, elle est d'une structure ■iSs JOURNAL DE PHYSIQUE, DE CIIIMIE trcsuniforrae. En revanche le larynx superieur des oiseaux , qui n'a d'autre office que de fernier plus ou moins exactement rorifice superieur de la tracliee , est beaucoup plus simple que celui des mammileres dans lequel reside la principale fonction , celle de faire naitre le son. Articx.e III. Idee gdndrale des divers moyens par lesquels les oiseaux font varier le son. D'apres c.e qui a ete dit dans I'article precedent, I'instrunlejit vocal des oiseaux est un tube , a remboucliure duquel est une anchc membraneuse , ou pour parler plus exactement encore, deux levres qui representent celles du joueur de cor-de-chasse. Cette anclie , que je decrirai plus en detail par la suite, est un repli de la peau interieure des bronches , dont le bord libre et elastique est dirige vers leliaut; et les oiseaux ont pour I'or- dinaire un nombre plus ou moins grand de muscles qui peuvent raccoui-cir cette membrane ou I'allonger , dans le sens de sa hauteur, et la tcndre ou la relacher dans le sens transversal. Certains oiseaux ont jusqu'a douze muscles destines k cela; d'au- tres n'eu ont que deux j il y en a de presque tous les nombres interiiiediaires. ' Get allongement et ce relaclieinent rcndent le son plus grave ; le raccourcissement et la tension le rendent plus aigu; a ces deux sources de modifications se joignent les changemens de largeur de I'ouverture , et les differentes vitesses de I'air qui en resultent. Mais tant qu'il n'y a que I'anche de changee, et que la longueur de la trachee et I'orifice superieur restent les memes, les variations des sons seront bornees aux harmoniques du son le plus grave. Ainsi en appelant ut , ce son le plus grave produit par le plus grand allongement et retrecissement possible de I'anche , roiseau ne pourra donner en la raccourcissant , que I'octave ou Vut en dessus , la quinte ou le sol de cette octave , la double octave , sa tierce ou mi et sa quinte, sol , la triple octave , et ainsi de suite, en prenant toujours les sons dont le premier sera 'une aliquote , et cela aussi haut que la voix de I'oiseau pourra monter. U ne pourroit done donner que ti'es-peu de notes dans les octaves ET D'HISTOIRE NATURELLE. 4^3 octaves basses ; et ce ne seroit que dans celles qui sont tres- elevees, qu'il pourroit en donner beaucoup. Mais il a rer.u de la nature deux raoyens pour suppleer a celui-la. Le premier , c'est le •raccourcisscnient de sa trachee artere. Comme les sons fondainentaux sent eu raison inverse de la lon- gueur des tuxaux, en raccourcissant sa trachee artere d'un neu- vienie, et en laissant I'anclie dans son plu^grand prolongemeiit, il produira" la seconde majeure du premier son, ou le re de la plus basse octave. Alors il produira ,sans changer la trachee de longueur , et en raccourcissant seuleraent I'anche , tous les sons liarmoniques de ce re ; c'est-iidire le re et le la de I'octave au- dessusj le re , \efa et le la de I'octave suivante, avec quelquea temperamcns , et aiusi de suite. Ensorteque, en variant d'un neuvieme seulementla longueur de sa trachee, €t en cornbinant co mouvenient avec celui de I'anche , I'oiscau pourroit chanter quaire notes dans la seconde octave , et cinq dans la troisieme , dont il ne luimanqueroit que \